07/06/2015

Guillaume Vierset Harvest Group - Au Bravo

Première bruxelloise pour le nouveau projet de Guillaume Vierset : Harvest Group.

Il s’agit, ce soir au Bravo, d’une remise en jambe, d’un try out, avant la sortie officielle de l’album Songwriter prévue officiellement à Liège (13 juin à l’An Vert) puis à Comblain en juillet et au Marni en octobre seulement.

guillaume vierset,yannick peeters,yves peeters,mathieu robert,marine horbaczewski,bravo

Est-ce le succès prolongé du LG Collective (dont Guillaume est également leader) qui aura retardé la sortie de l'album enregistré en aout 2014 déjà ? Peut-être. En tous cas, si Guillaume Vierset a pris son temps (à raison sans doute), c'est bien à l'image de la musique qu'il propose.

En effet, inspirée de Neil Young (un peu) et de Nick Drake (beaucoup), ce jazz, un peu folk un peu pop, aime s'alanguir sur des tempis calmes. Et pour rendre au mieux ces ambiances americana (qui évoque parfois l'esprit Brian Blade et son Fellowship Band ou Bill Frisell de Big Sur) le guitariste s´est entouré d'un line-up original et de tout bon niveau. On y retrouve en effet Mathieu Robert au soprano, Yannick Peeters à la contrebasse, Yves Peeters aux drums et Marine Horbaczewski au violoncelle.

Cette sobre musique, mélancolique et lumineuse à la fois, doit certainement une grande partie de sa réussite à la sensibilité de chaque musicien, de leur grande entente et, bien entendu, d’une grande écoute mutuelle. Outre le jeu d’une belle souplesse de Guillaume Vierset, ce sont les cordes du violoncelle, mêlées à celle de la contrebasse, qui donnent une saveur particulière à l’ensemble. Parfois à l'unisson, parfois en contrepoint, les deux filles de la bande colorent les atmosphères de ce glacis nostalgique et légèrement ténébreux. De son côté, les interventions plus âpres, assurées par le soprano d’un Mathieu Robert irréprochable, amènent une pointe d’acidité bienvenue. C'est ce côté doux-amer, sucré salé qui fait tout le charme discret de cette musique. Les compos originales de Vierset («Songwriter», le superbe «Around Molly», «First Act» ou encore «Enough» qui a les honneurs du premier Real Book belge) n'ont rien à envier à celles de Nick Drake («Time As Told Me», «Pink Moon»…). On y retrouve le même esprit, et on se laisse bercer et emporter par cette musique toute et nuance et délicatesse.

guillaume vierset,yannick peeters,yves peeters,mathieu robert,marine horbaczewski,bravo

Alors, les morceaux s’enchaînent, en un seul set, pour ne pas briser l’ambiance ouatée qui s’est installée peu à peu. Si tout est assez feutré, jusque dans le drumming caressant de Yves Peeters, «Red Moon» ne manque cependant pas de fermeté rythmique.

Et puis, soulignons aussi les arrangements, maîtrisés et équilibrés, qui permettent aux musiciens de s´exprimer tour à tour, en solo ou en duo, et amener ainsi le juste relief dont cette musique a besoin.

 

 

Un bon premier concert qui se savoure avec bonheur dans l’intimité d’un confort simple.

A+

 

19/04/2014

Collapse - Bal Folk à l'An Vert - Liège

 

Le nouveau Collapse est arrivé.

Nouveau disque (Bal Folk, chez Igloo), nouveau son et nouveau line-up.

cedric favresse,alain deval,jean-paul estievenart,steven delannoye,yannick peeters,igloo,l an vert,collapse,pelzer jazz club,hot club de gand,archiduc

En effet, Cédric Favresse (as) - co-fondateur du groupe avec Alain Deval (dm) - a laissé sa place à Steven Delannoye (ts, bcl). Yannick Peeters (cb) consolide la sienne (elle n’était pas sur le premier album du groupe mais joue avec lui depuis bien longtemps), tandis que Jean-Paul Estiévenart (tp), lui, est toujours bien fidèle au poste.

Avec Bal Folk, l’orientation musicale se focalise, semble-t-il, un peu plus encore sur la jeune scène new-yorkaise. Collapse se libère un peu de l’esprit Ornette Coleman du précédent album, pour coller un peu plus encore à l’actualité du moment. Le jeu est encore plus ouvert, plus mordant, plus énergique presque, et toujours autant avant-gardiste.

Cette alchimie n’est pas pour déplaire à Jean-Paul Estiévenart, sans doute l’un des plus exposés dans cette formation.

Cela ne déplait certainement pas non plus au nombreux public réuni ce samedi 22 mars au soir, à l’An Vert à Liège, pour la présentation de l’album.

La musique de Collapse est décomplexée. Le quartette n’hésite pas à faire sauter les frontières et à oser les mélanges avec des musiques et des rythmes parfois bien éloignés du jazz. Si la musique est très écrite et souvent complexe, elle n’empêche pas l’ouverture à de longues et sinueuses plages d’improvisations.

Et l’on peut dire que nos quatre musiciens, qui débordent d’imagination, en profitent au maximum.

Ce soir, on entre vite dans le vif du sujet et les deux premiers morceaux (une impro libre et «Lump») sont plutôt rudes et enlevés.

cedric favresse,alain deval,jean-paul estievenart,steven delannoye,yannick peeters,igloo,l an vert,collapse,pelzer jazz club,hot club de gand,archiduc

Yannick Peeters alterne pizzicatos énervés et caresses fermes à l’archet. La trompette d’Estiévenart ne craint pas d’aller chercher des sons hauts perchés, presque déchirés, à la limite de la sortie de route. Steven Delannoye est comme un poisson dans l’eau. Son solo improvisé en ouverture de «Reboot» donne vite le ton et les couleurs à ce terrible morceau. Les phrases sont souvent courtes et incisives, elles montent rapidement en intensité, un peu comme lorsqu’on grimpe un escalier en sautant une marche sur deux, puis sur trois, sur quatre…

Derrière sa batterie, Alain Deval, auteur de la plupart des morceaux, crache un jeu foisonnant, éclatant et tranchant. Toujours attentif, toujours prêt à relancer ses comparses ou à les laisser complètement libre.

cedric favresse,alain deval,jean-paul estievenart,steven delannoye,yannick peeters,igloo,l an vert,collapse,pelzer jazz club,hot club de gand,archiduc

«Hopscotsch» (une compo de Delannoye), joue avec les crissements, les souffles, les râles, les frottements. Le morceau, bruitiste et presque abstrait, se transforme petit à petit en une marche lente, traversée de mélodies presque baroques, de brisures free rock. Tout est contenu, tendu, contracté, comme sous pression.

«Lente» (écrit par Yannick Peeters, cette fois) est très intimiste et se dessine par petites tâches enrobées du son d’une trompette feutrée mais toujours légèrement abrasive.

Et puis on se lâche finalement avec le titre qui donne le nom à ce sulfureux et excellent album, «Bal Folk». La trompette crie, le drumming part dans tous les sens, le sax se faufile et se défile, la contrebasse claque. Et... on le subodorait, mais là, c’est sûr, on vient de passer de l’autre côté de l’Atlantique, on est à New York, dans une petite salle au croisement le l’Avenue C et de l’East second Street. Le moment est intense.

L’interaction entre la trompette et le sax fonctionne à merveille et quand les souffleurs laissent un peu de champs libre, ce sont la contrebasse et la batterie qui s’y mettent. Les lignes mélodiques se croisent et s’entrecroisent. Les rythmes se cassent et se reconstruisent.

Collapse maîtrise les tensions, évite l’explosion, capte l’attention.

Ce soir on a assisté à un véritable concert de jazz très actuel, plein de feu et d’idées. Plein de nuances et d’urgence. Si le disque montre clairement de quel bois se chauffe Collapse, c’est sur scène que le groupe se libère totalement.

Alors, ne ratez surtout pas leurs prochaines prestations (à l’Archiduc très bientôt et au Hot Club de Gand et au Pelzer à Liège plus tard…)!

 

 

A+

 

 

 

 

 

 

 

16/09/2013

Festivals d'été (Part 3) - Gaume Jazz Festival 2013

 

Vendredi 9 août, je gare ma voiture au bord d’une petite route de campagne. Je ne suis pas le seul.

Au loin, du jazz résonne.

Dans le très joli parc du Centre Culturel de Rossignol, quelques tentes blanches, semblabes à de grands tipis, entourent un grand chapiteau… blanc, lui aussi.

gaume jazz,gaume jazz festival,tutu puoane,nathalie loriers,tineke postma,anne paceo,eve beuvens,marine horbaczewski,yannick peeters,kapok,nordanians,tin men and the telephone,citizen jazz

L’air est doux, le ciel est encore lumineux.

Je suis au Gaume Jazz Festival.

A l’honneur au programme cette année, le jazz de femmes et le jazz de Hollande.

Tutu Puoane, Nathalie Loriers, Tineke Postma, Eve Beuvens, Anne Paceo, Marine Horbaczewski, Yannik Peeters

Kapok, Nordanians, Tin Men & the Telephone

Et plein d’autres très bonnes surprises.

Le compte-rendu complet, à lire sur Citizen Jazz.

A+

 

11/03/2012

Jazz Tour Festival à Hannut

 

Joli succès pour la deuxième édition du Jazz Tour Festival au Centre Culturel de Hannut.

Ce n’était ni à l’habituel Henrifontaine ni à la Salle Jean Rosoux qu’il se tenait, mais bien au Centre de Lecture Publique, pour des raisons pratiques.

cc hannut,unexpected 4,bas cooijmans,vincent thekal,jeremy dumont,armando luongo,thomas champagne,didier van uytvanck,guillaume vierset,nicholas yates,cedric favresse,yannick peeters,alain deval,jean-paul estievenart,chrystel wautier,ben sluijs,quentin liegeois,boris schmidt,antoine cirri,michel mainil,alain rochette,jose bebeur,xavier lambertz

Et sur les coups de 16 heures, ce samedi 3 mars, pas mal de curieux et d’amateurs étaient déjà présents pour écouter Unexpected 4.

Les lauréats du concours  du Festival Dinant Jazz Nights 2010 – que j’avais eu l’occasion de voir à la Jazz Station – présentaient un nouveau line-up. Il ne s’agit pas d’un changement radical mais l’arrivée de Bas Cooijmans à la contrebasse, à la place de Vincent Cuper et de sa basse électrique, change quand même l’optique du groupe. On sent l’ensemble encore plus ramassé et une nouvelle dynamique se dessine. L’incisif Jeremy Dumont (p), dont l’entente avec Vincent Thekal est évidente, ouvre souvent les espaces. Le drumming d’Armando Luongo se veut toujours enflammé. Avec l’arrivée de Cooijmans, ils pourront sans doute se lâcher encore un peu plus et sortir d’une voie qui reste parfois encore un peu sage. Car, c’est clair, on imagine aisément que Unexpected 4 en a encore sous le pied.

Le trio de Thomas Champagne ensuite, sur sa lancée d’une année “anniversaire” (le groupe fêtait ses dix ans en 2011 avec une longue tournée dont j’ai palé ici et ), se présentait avec un invité: le guitariste Guillaume Vierset. Ce dernier aura l’occasion de se mettre plusieurs fois en valeur (notamment sur “One For Manu”) et de démontrer un jeu d’une belle sensualité non dépourvu d’accents plus mordants. Guillaume Vierset travaille actuellement sur une relecture des compositions de musiciens liégeois (Jacques Pelzer, René Thomas et d’autres) qu’il présentera au prochain festival Jazz à Liège avec des musiciens… liégeois. On est curieux et déjà impatient d’entendre le résultat.

Après ce très bon set, intense et bien équilibré (Champagne (as), Yates (cb) et Van Uytvanck (dm) s’entendent à merveille pour faire monter la pression), c’était au tour de Collapse de montrer de quel bois il se chauffe.

Le groupe de Cedric Favrese (as) et Alain Deval (dm) prend décidément de l’assurance et propose un jazz des plus intéressants. On (ou “je”?) a fait souvent le parallèle entre la musique de ce quartette et celle d’Ornette Coleman. Bien sûr, on y sent l’esprit, mais il faut bien admettre que Collapse arrive à s’en détacher et à créer sa propre vision. Entre post bop et free, éclaboussé de klezmer et de musiques orientales, le groupe explore les sons, ose les couinements et les grincements avant de se lancer dans des thèmes haletants. Le travail - faussement discret - de Yannick Peeters à la contrebasse est souvent brillant et d’une telle intelligence qu’on aurait tort de ne pas le souligner, car il est réellement indispensable. Les longues interventions de Jean-Paul Estiévenart sont en tous points remarquables : il y a de la fraîcheur, de la dextérité et toujours une énorme envie de chercher, de prendre des risques et d’éviter la facilité. C’est cela qui est excitant dans ce groupe - à la musique à la fois complexe et tellement évidente - c’est cet esprit de liberté qui flotte et se transmet de l’un à l’autre. A suivre, plus que jamais.

Dans un tout autre genre, Chrystel Wautier livrait son dernier concert de sa série “Jazz Tour”. Entourée de Boris Schmidt à la contrebasse, de Quentin Liégeois - très en forme - à la guitare et de Ben Sluijs - toujours aussi fabuleux - au sax et à la flûte, la chanteuse a ébloui le très nombreux public. La voix de Chrystel fut, ce soir plus que jamais, parfaite. Avec décontraction, humour et sensibilité, elle nous embarque à bord de ses propres compositions ou nous fait redécouvrir des standards (de “Like Someone In Love” à “Doralice”) sous une autre lumière. Elle chante, elle scatte et… elle siffle même ! Et là où cela pourrait être, au mieux ringard et au pire vulgaire, elle fait de « I’ll Be Seeing You » un véritable bijou. On appelle ça le talent.

Retour au hard bop plus « traditionnel » pour clore la journée, avec le quartette de Michel Mainil (ts). On sent dans ce groupe, qui a déjà de la bouteille, une certaine jubilation à jouer pour le plaisir… même si cela manque parfois de fluidité dans l’ensemble. On remarquera les belles interventions de José Bedeur à la contrebasse électrique (je me demande toujours pourquoi ce choix « électrique » dans un tel contexte ? Mais cela n’engage que moi), la frappe « carrée » d’Antoine Cirri et surtout le jeu très alerte et précis d’Alain Rochette.

Il est plus de minuit, Xavier Lambertz et toute l’équipe du CC Hannut peuvent être heureux, le contrat est plus que rempli. Rendez-vous l’année prochaine.

A+

 

17/09/2011

Belgian Jazz Meeting - De Werf, Brugge

Bruges, De Werf, vendredi 2 septembre, 20 heures.

C'est le Belgian Jazz Meeting.

Pas facile d’ouvrir ce genre de concerts. Une grosse demi-heure, à tout casser, pour démontrer à un public de professionnels (organisateurs, journalistes, agents et autres producteurs venus des quatre coins de l’Europe et même des States) de quoi on est capable.

Alors, c’est Rackham qui s’y colle.

Toine Thys (ts, bc) réactive son projet jazz, rock, ethno-pop, folk (appelez ça comme vous voulez) et présente son nouvel album (et son nouveau line-up). Benjamin Clément (eg) fait toujours partie de la bande, mais avec l’arrivée d’Eric Bribosia (Keyb), Steven Cassiers (dm) et Dries Lahaye (eb) – remplacé ce soir par Axel Gilain – le groupe délaisse un peu le côté agressif pour n’en garder que l’énergie. On se balade entre jazz et pop gentille dans laquelle on retrouve des atmosphères western à la Ennio Morricone. Les interventions (intentionnellement ringardes ?) de Bribosia au Wurlitzer déstabilisent un peu tandis que celles de Benjamin Clément étonnent. A revoir début décembre à Flagey, CC Amay et Gand pour la sortie de l’album «Shoot Them All».

de werf, belgian jazz meeting, rackham, toine thys, benjamin clement,

Plus à l’aise et excessivement bien rodé, «Voices» de Nicolas Kummert fait un tabac. La fusion entre rythmes africains, jazz et chanson est parfaite. Au risque de me répéter, «Voices» est sans doute l’un des plus beaux projets actuels. Ce soir, et comme souvent, Alexi Tuomarila (p) fut magistral.  Ses envolées, à la fois lyriques et rythmiques, font étinceler des mélodies ciselées. Hervé Samb (eg) injecte des effets subtils et groovy avec une justesse incroyable. Soutenu par une rythmique d’enfer (Nic Thys (b) et Lionel Beuvens (dm), éblouissants), Nicolas Kummert «n’a plus qu’à» chanter, souffler et faire chanter la salle. Magique.

Changement de style, ensuite, avec le duo Jereon Van Herzeele (ts) et Fabian Fiorini (p), qui remplaçait le batteur prévu initialement et malheureusement malade, Giovanni Barcella. Mais les deux musiciens se connaissent bien et il ne faut pas longtemps pour qu’ils mettent le feu avec une musique très improvisée, inspirée autant par Coltrane que Ayler. Jereon plonge le sax dans le piano que Fabian fait gronder comme jamais. Explosif et puissant.

Pour continuer dans le même esprit, c’est le trio de Manu Hermia qui monte sur scène et nous emmène en voyage. Et c’est Manolo Cabras (cb) et Joao Lobo (dm) qui nous mettent sur la voie avec une longue intro hypnotisante. Tantôt à la flûte, tantôt au ténor ou au soprano, Manu Hermia transcende les thèmes. L’interaction entre les trois musiciens est lumineuse. Ils peuvent ainsi laisser s'exprimer toutes leurs idées. Et personne ne s’en prive. Fureur, retenue, transe et plénitude, tout s’enchaîne avec une indéniable maîtrise. (Un p’tit rappel ?).

C’est le quintette du pianiste Christian Mendoza qui conclut cette première et roborative soirée. La musique est plus écrite, sans doute, et un peu plus complexe aussi. Ce qui n’empêche pas de laisser aux souffleurs, Ben Sluijs (as et fl) et Joachim Badenhorst (cl), de beaux espaces de liberté. Ici, les thèmes prennent le temps de se développer, d’emprunter des chemins sinueux et de s’enrober d’ambiances étranges. Une musique qui demande de l’attention pour en saisir toutes les nuances. Mendoza mélange les couleurs, ravivées par le drumming nerveux de Teun Verbruggen et laisse parler ses acolytes, les relance, les invite sur d’autres pistes. Un véritable esprit de groupe où tout doit être à sa place pour que ça fonctionne. Et ça fonctionne !

Samedi, sur les coups de 20h., on remet ça avec le trio de Pascal Mohy, avec Sal La Rocca (cb) et Antoine Pierre (dm). On connaît le toucher délicat  et romantique du pianiste, mais on se surprend lorsqu’il se réapproprie «Hallucination» de Bud Powell de fougueuse manière !  Et ça lui va tellement bien. Mohy continue son travail en profondeur sur «l’art du trio», façon Bill Evans, et peaufine son univers impressionniste. En laissant un peu de côté sa timidité, Mohy peut encore faire évoluer ce trio et en faire un groupe phare dans son genre. (Avez-vous déjà écouté le dernier album de Bill Carrothers au Village Vanguard, avec Nic Thys et Dré Pallemaerts? Ça pourrait être une bonne piste).

de werf, belgian jazz meeting, rackham, toine thys, benjamin clement,

Pas timide pour un sou, lui, aussi déluré dans son attitude que dans sa musique, Fulco Ottervanger décloisonne les genres avec ses Beren Gieren. Influencé par la musique contemporaine, le rock ou les valses désuètes, le set est incisif et nerveux. Le groupe joue avec les rythmes, les casse, les éparpille, les recolle. C’est parfois tellement éclaté qu’on a du mal à s’y retrouver. Mais de Beren Gieren parvient à capter l’attention. Fulco est très percussif et s’amuse avec les contrastes puissants et ni Lieven Van Pee (b), ni Simon Segers (dm) ne calment le jeu. Encore un peu flou dans les intentions mais diablement prometteur.

Et puis c’est Joachim Badenhorst qui relève le défi d’un solo à la clarinette basse, ténor ou clarinette. Malheureusement, je n’en verrai qu’une partie. Pas facile, dès lors, de plonger en plein milieu de cette musique exigeante et sans concession. Badenhorst, travaille sur le souffle et la respiration. Le cheminement est complexe mais devient vite obsédant et passionnant. La technique au service de l’inspiration. Badenhorst ne laisse personne indifférent. La performance est impressionnante.

de werf, belgian jazz meeting, rackham, toine thys, benjamin clement,

Au tour de Collapse de montrer de quoi il est capable. Ça démarre en trombe avec ce jazz franc inspiré d’Ornette Coleman. Ça trace. Entre Cedric Favresse (as) et Jean-Paul Estiévenart (tp) les échanges sont éclatants. L’un fait crisser son instrument tandis que l’autre le fait chanter avec un sens du placement et de la tonalité impressionnants. On regrettera peut-être, dans ce contexte particulier de «meeting», la série de solos de la part de chacun des musiciens, qui aura tendance à faire légèrement chuter la tension. Collapse en a sous le pied, on a hâte d’entendre la suite.

Hamster Axis Of The One-Click Panther, est aussi remarquable par son nom que par sa musique. Pas facile à cataloguer, les anversois ne se mettent aucune barrière. Emmené par le remuant et expressif batteur Frederik Meulyser, Hamster (faisons court) oscille entre post-bop et échappées free. Sans se prendre trop au sérieux, le groupe affiche une solide technique et permet à Bram Weijters (p), Andrew Claes (st) ou Lander van der Noordgate (ts) d’exprimer une multitude de sensations. Signalons aussi superbe prestation de Yannick Peeters (excellente aussi avec Collapse), qui tenait la contrebasse en remplacement in-extrémis de Janos Bruneel

On prend un verre, en s’abritant de l’orage, sous les tentes dressées dans la rue du Werf. On rencontre d’autres journalistes, des organisateurs, on s’échange des adresses. On discute avec les musiciens. On se félicite de cette entente entre wallon, flamands, bruxellois. On rit (jaune) de la situation politique de notre pays… mais comme disait Roger De Knijf, présentateur de l’événement : «Here, we don’t speak flemish, we don’t speak french, we only speak jazz».  Et on se donne rendez-vous pour le final, dimanche midi avec Rêve d’Eléphant Orchestra et le dernier projet de Tuur Florizoone: Mixtuur.

de werf, belgian jazz meeting, rackham, toine thys, benjamin clement,

Rêve d’Eléphant Orchestra, au grand complet, avec ses trois batteurs/percussionnistes (Michel Debrulle, Stephan Pougin et Etienne Plumer), et son sens de la dérision et du surréalisme nous gratifient d’un show exceptionnel. La grande classe internationale. Les musiciens se promènent avec une aisance inouïe dans cette musique tellement personnelle qu’on ne lui trouve pas de référence. Une musique jubilatoire, festive, déjantée. L’écriture est ciselée, chaque musicien apporte une pièce indispensable à l’ensemble. Benoist Eil (g), Alain Vankenhove (tp) ou Pierre Bernard (fl) interviennent par touches, avec un sens inné du collectif. Michel Massot, toujours aussi époustouflant, passe du trombone au tuba avec autant de bonheur. Un orchestre de rêve ! (Pour… mémoire )

de werf, belgian jazz meeting, rackham, toine thys, benjamin clement,

On termine en faisant la fête avec Mixtuur! Mixtuur, parce que Tuur Florizone, bien sûr, mais aussi parce qu’il s’agit d’un projet qui met en lumière ces enfants congolais nés du mélange belgo-zaïrois qui n’a pas laissé que de bons souvenirs dans les années soixante. Alors sur scène, on retrouve quatre choristes africaines, un joueur de balafon (Aly Keita), des percussionnistes (Chris Joris et Wendlavim Zabsonre), mais aussi Laurent Blondiau (tp) et Michel Massot (tuba)… sans oublier Marine Horbaczewski (cello) et bien sûr, Tuur à l’accordéon. Et, de cette mixture sort une musique parfaitement équilibrée, qui mélange les cultures musicales (africaines, européennes, classique, chanson, jazz ) sans jamais plonger dans un extrême.

Quoi de plus beau comme symbole pour conclure ce Belgian Jazz Meeting ?

A+

06/01/2010

Eve Beuvens Noordzee - Sur Citizen Jazz

Après le frère… voici la sœur.

Dans la famille Beuvens on est tous musiciens car, si je ne me trompe pas, le papa a, lui aussi, tâter d’un instrument de musique (le sax ?).

Eve est pianiste. Avec son frère Lionel à la batterie, Yannick Peeters à la contrebasse et Joachim Badenhorst (qui est plus souvent aux States que chez nous) au sax et à la clarinette basse, elle a sorti un très bel album (chez Igloo) que j’ai eu la chance de chroniquer.

C’est ici, sur Citizen Jazz.

 

eve noor-2


Très très bonne écoute…

 

A+

 

14/12/2008

Igloo, trente ans, rien que du bonheur.

On avait mis les petits plats dans les grands pour fêter les 30 ans d’Igloo.
Le Théâtre Marni avait fait le plein et l’on y croisait du joli monde.

En attendant l’article à paraître sur Citizen Jazz bientôt, je vous fais part de mes coups de cœur de la soirée…
0001

J’ai bien aimé le sourire de Greg Houben quand il m’a vu au bord de la scène.
Et puis, j’ai bien aimé son nouveau trio, sa manière d’intégrer la pop dans le jazz.
«For No One» des Beatles, par exemple, est une belle réussite.
Tant mieux, parce que les Beatles, pour moi, c’est sacré !

J’ai bien aimé le sourire et l’accueil de Christine Jottard, attentive à ce que tout le monde soit content.
002

J’ai bien aimé les sourires et la complicité entre Etienne Bouyer et Cécile Broché.
L’album «Soundscapes» est passionnant de bout en bout et leur mini-concert de ce soir était subjuguant. Cette musique que l’on pourrait croire «difficile» est en fait très accessible  tellement elle est intelligemment composée, arrangée et jouée.
Le résultat est éblouissant.
Et bien sûr, j’ai bien aimé aussi la conversation avec Cécile en fin de soirée.
003

J’ai bien aimé le concert solo de Mathilde Renault.
Son univers un peu baba…
Son envie de chanter malgré sa voix cassée.
004

Je n’ai pas aimé, mais j’ai adoré, les quelques morceaux qu’Eve Beuvens nous a présenté ce soir.
Je pense qu’elle a vraiment trouvé un son et une voix particulière avec son trio.
Et ce n’est pas facile de se distinguer avec une telle formule.
Les compositions sont inspirées, subtiles et d’une telle fraîcheur !
La connivence entre Eve, Lionel et Yannick se ressent tellement dans cette musique que celle-ci en ressort plus forte encore.
Magnifique.
005

J’ai bien aimé l’attitude cool de Joost van Schaik, préparant sa batterie pendant que Jules meublait.
Et bien sûr, j’ai bien aimé le trio de Pascal Mohy.
Musique de velours aux reflets brillants. La classe.
007

Et puis, j’ai beaucoup aimé le trio de Thomas Champagne.
Ça cogne, ça trace, c’est terriblement actuel.
Et l’album tient toutes ses promesses.

Et puis, j’ai aimé revoir Jos Knaepen ! Et Christine et Jean-Pierre et Laurent et Philip et André et Babila et Uxia et Georges et Morgane et Nicolas et Fabrice et Mélanie et Jacobien et… et… et…
006

Quel bel anniversaire.

A+

03/09/2008

Bernard Guyot au Brassages

 

Le Travers a trente ans

Que faisiez-vous, il y a trente ans ?
Vous vous rappelez ?

Jules Imberechts, lui, s’en souvient très bien: il créait, sans vraiment s’en rendre compte, l’un des clubs les plus influents de la scène jazz Belge et Européenne.

Jules Du Travers !
C’est ainsi qu’on le connaît et qu’on l’appelle dans la sphère jazz.
001B

Les trente ans se fêteront au théâtre le Marni, qui abrite depuis quelques années déjà les restes (bien conservés finalement) de ce club qui n’a pas pu survivre aux règles impitoyables de l’économie.

Il faut dire qu’à l’époque, Jules, et son acolyte Philippe De Visscher, pensaient plus à se faire plaisir qu’à gagner leur vie sur le compte du jazz (c’est possible ça, d’ailleurs ??).

Avec 49 chaises (une de plus et il fallait avoir les autorisations des pompiers pour pouvoir "exercer") et avec des noms aussi illustres que Archie Shepp, Joe Henderson, Paul Motian, Joe Lovano, Art Ensemble Of Chicago ou encore Hermeto Pascoal, comment voulez-vous qu'ils s'en sortent?

... Je reviendrai sur cette incroyable histoire l’un de ces jours.

Pour l’instant, le Travers «Emotions» (comme il a été rebaptisé) fait son festival au Marni, à partir du 4 septembre (avec Kevin Mulligan et Philip Catherine en ouverture) jusqu’au 12.

En prélude à cet évènement, Jules a imaginé, avec l’aide du saxophoniste Bernard Guyot, de faire revivre quelques thèmes écrits par des grands noms du jazz belge en l’honneur de ce club mythique et de son patron.
002B

Rendez-vous à Dongelberg, au Brassages, pour la générale, avec le sextette formé par le ténor.

Charles Loos au piano, Yannick Peeters à la contrebasse, Wim Egermont aux drums et, outre Bernard Guyot, deux souffleurs: Jean-Paul Estiévenart, au bugle et à la trompette et Stéphane Mercier à l’alto.

Un premier set entre lyrisme et bop, sur des compositions de Guyot ou de Charles Loos, dont un magnifique et sensible morceau
en hommage à son père, aux relents de marching jazz, gospel et blues (Mais quel est son titre ??).

Le deuxième set est consacré entièrement au Travers avec trois morceaux écrits en son temps par Frank Wuyts («Jules Le Noble»), Benoît Louis («Julius Traverius») et Charles Loos déjà («Travers»).

Mais il y aura aussi une suite en quatre parties, écrite récemment et tout spécialement pour les trente ans du club par Bernard Guyot: «À Travers tout».

Partie swinguante d’abord, pleine d’optimisme et d’insouciance.
Une seconde partie plus feutrée, où les saxes se font caressants, chaleureux, presque sensuels. Le thème est serpentant, ondulant et puis, tout à coup, il devient tourmenté sous les attaques rageuses de Charles Loos.

Il évolue ensuite vers l’inquiétude… voire le fatalisme.
Dans cette troisième partie, Jean-Paul Estiévenart, au bugle, évoque les réveils difficiles et une certaine idée de la gueule de bois…
Mais finalement, le quatrième mouvement redonne espoir.
Tel le Phénix qui renaît de ses cendres: une mélodie lumineuse voit le jour.

003B

C’est toute l’histoire du Travers qui vient de défiler en une petite vingtaine de minutes.

Et c’est un petit bijou.

Vous aurez le droit d'entendre à nouveau ce très beau moment de jazz très évocateur vendredi, au Marni, lors de la deuxième soirée du festival. Ne ratez pas ça.

D’ailleurs, je vous y donne «rendez-vous», comme on dit dans ce théâtre…

A+

16/09/2007

Eve Beuvens - Théâtre Marni

Il y a des années que je me promets d’aller écouter le trio de la pianiste Eve Beuvens.
Mais chaque fois que l’occasion se présentait, j’avais un empêchement.

a
Cette fois-ci, je n’ai pas raté cette opportunité.
Il faut dire, à ma décharge (si, si…), que ce groupe ne tourne pas énormément non plus…
Heureusement, dans le cadre des «rencontres jazz» au Théâtre Marni, Jules Imberechts a eu la bonne idée de programmer le «nouveau» trio d’Eve (son frère, Lionel Beuvens a pris la place de Jérôme Colleyn).
Du côté de la contrebasse, pas de changement, il y a toujours Yannick Peeters.

Connaissant Eve, pour l’avoir vu jouer dans différentes formations ou lors de jams, je m’attendais à entendre un trio évoluant dans un esprit Evansien.
Bien sûr on entend, ici et là, quelques influences du pianiste américain, mais, plus d’une fois, le trio s’en éloigne et va plutôt flirter du côté d’un Eric Watson ou d’un John Taylor.
Pour preuve, et pour souligner l’apport de ce dernier dans la démarche musicale d’Eve, le groupe reprend, en fin de concert, un morceau du pianiste.

«Compo 2», écrit par Eve, est d’ailleurs un peu pensé dans cet esprit.
Un peu lunaire, assez intimiste, gardant toujours une délicatesse vacillante, une stabilité quelque peu trouble.

Sur d’autres morceaux, les musiciens n’hésitent pas à ouvrir encore un peu plus le jeu, à improviser de manière assez libre. A oser s’aventurer dans l’inconfort, à créer de surprises. Comme sur le passionnant «Bij Mij» écrit par Yannick Peeters, qui joue les silences et les structures «flottantes».

Les moments intenses - comme pour «North Sea» où Eve joue avec la matière du piano (elle fait craquer le bois, fait crisser les cordes, grincer la pédale, créant ainsi un univers minéral, frissonnant et mélancolique) – se succèdent aux instants plus romantiques et lyriques.
On retrouve alors parfois un touché à la Brad Mehldau ou un groove à la Esbjorn Svensson de la bonne époque (du temps de «From Gagarine’s Points Of View» ou «Good Morning Susie Soho», par exemple).
b
Quelques standards sont intelligemment revus et arrangés, comme «Everything I Love» de Cole Porter ou «Alone Togheter». On perd par contre un peu le fil sur «All The Things You Are»…

Avant le très «soul» et joyeux «Little Scorpions», il y eut, à mon avis, un des plus beaux morceaux de la soirée : «Fragile» (écrit par Lionel).
On sentait là tout le potentiel du trio. La musique passait entre les musiciens tel un fluide. Chacun ajoutant sa touche. Un dialogue merveilleux s’installait entre eux.
Excellent.

On sent que ce trio est en train de se découvrir petit à petit un langage personnel.
Et ça, c’est plutôt intéressant.
Alors, tenez-le à l’œil et à l’oreille.
Moi, en tout cas, c’est ce que je vais faire. En espérant ne plus être contrarié dans mon agenda…

A+

15/08/2007

aNoo et T&T au Brussels Summer Festival

Alors, dit-on « Brussels Summer festival » ou « Euritmix » ?
Bon, apparemment, on dit « Brussels Summer Festival ».

Dimanche soir, après un week-end chargé, j’ai réussi à aller écouter, Place d’Espagne, aNoo et T&T (alias les frères Thys).

01

Dans le joli chapiteau tout en bois et vitraux du Magic Mirror, c’est d’abord Anu Junnonen à la voix frêle, entourée de Tuur Florizoone à l’accordéon, d’Yves Peeters à la batterie, de Yannick Peeters à la contrebasse et de Dree Peremans au trombone qui vient nous servir ses fraîches compositions.

Avec eux, on voyage dans un pays imaginaire, entre valse, folklore pop et jazz.
La musique, souvent emprunte de mélancolie, m’évoque l’image de glaciers qui fondent. Une sorte d’abandon, même si l'on y trouve toujours un groove léger en soutien («Luckless Lands Of The North» ou «Little Girl»).

Bien qu’on sente parfois de légers fléchissements dans le chant (faut dire qu’elle ne choisit pas la banalité non plus), on reste subjugué par Anu lorsqu’elle entame a capella «Shining Hour».
Le trombone emboîte le pas et se calque sur le chant. L’accordéon vient illuminer la mélodie. La chanteuse est éblouissante dans ses vocalese.

Puis, Tuur invente le vent qui souffle.
Il invente le ressac de la mer.
On échoue alors sur les plages finlandaises qui permettent à Anu de chanter dans sa langue maternelle («Armahan Kulku»).

02


Le drumming souple et groovy d’Yves Peeters fonctionne parfaitement avec le jeu vif, mélodique et enrobant de la bassiste.

Le groupe n’hésite pas non plus à chercher des pistes plus aventureuses, à se perdre dans des chemins non balisés. Ensemble, ils découpent un morceau jusqu’à le mettre en pièce pour mieux le reconstruire. Et s’offrir une musique presque dansante.
Puis, le batteur propose différents tempos en intro de «Cherry Tree» avant que le groupe ne revienne, pour le rappel, avec un étonnant mais superbe «Everybody’s Got To Learn Sometimes» de ces bons vieux Korgis.

L’album de aNoo est sorti sur le dynamique label Home Records.

Si vous n’avez pas froid aux oreilles, offrez-vous ce joli frisson.

04


En deuxième partie de soirée, ce sont Nick et Toine Thys qui venaient présenter leur dernier projet : T&T.
Au contraire de ce que peut faire penser le nom de ce quartet (car c’est un quartet: Jacques Piroton à la guitare et Owen Hart à la batterie), il n’y a rien d’explosif ici.

Oh, bien sûr ça ne manque ni de nerf ni de swing, mais ici, tout est dit avec finesse et agilité.
Sans pour autant s’imposer à tout prix, la contrebasse de Nick est bien mise en avant sur certains thèmes. Mais les espaces sont bien gérés, l’esprit de groupe est prépondérant et la musique circule avec fluidité.

06


Le jeu de Toine (sax) semble aussi assez apaisé. On dirait parfois du Dexter Gordon ou du Rollins. Avec, en plus, cette pointe de jazz actuel qui nous vient de New York.
Une sorte d’énergie contenue.
Est-ce dû au drumming très personnel d’Owen Hart (qui trouva mieux ses marques au fil des thèmes, d’ailleurs) ?
Au jeu de Nick qui a passé pas mal de temps dans la grosse pomme ces dernières années ?
Ou simplement au jeu vraiment exceptionnel de Jacques Piroton ?

Piroton m’étonne à chaque fois. Il possède un touché unique.
Il dose parfaitement ses effets. Jamais il ne tombe dans l’excès ni le mauvais goût (pas comme certains, à la crinière épaisse, venus d'Outre Atlantique... Suivez mon regard). Ici, ça groove, ça invente… bref, ça joue.

05


Quelques ballades («Year», «Alice and Mary» (??)), un peu de blues («Strange Meeting» de Bill Frisell), une relecture assez swingante de «Viking Two» (que l’on connaît dans la version tonitruante de Rackham), un peu de calypso («Thirthy-One The Thenth» (??)), ou encore un excellent «Emergency Staircase» au groove hypnotique et tout en aspiration: voilà un beau mélange qui fait la richesse de se «nouveau» groupe.

Espérons d'ailleurs qu’ils auront encore souvent l’occasion de jouer ensemble, car lorsque l'on entend leur reprise (explosive, pour le coup !) de «It’s About That Time» de Miles, on se dit qu’ils en ont encore sous la pédale…

A+