10/01/2018

Daniel Romeo - The Black Days Session live au Sounds

Il n'a pas son pareil pour déplacer les foules et remplir les salles, Daniel Romeo. On peut les compter sur les doigts d’une seule main, ceux qui arrivent à remplir à ras bord le Sounds trois fois de suite. Et puis, il n’a pas son pareil non plus pour chauffer une salle : en deux claquements de basse, la machine est lancée.

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Ces jeudi, vendredi et samedi derniers, notre intenable bassiste présentait son album (enfin !!!) «The Black Days Session». Cela faisait trop longtemps que l’on attendait un disque de Daniel Romeo, cet éternel insatisfait (il doit pourtant y avoir dans sa cave des bandes incroyables jamais éditée, malheureusement pour nous) ! Son dernier disque, «Live At The Sounds and More» (enregistré au Sounds en 1998) datait déjà de 2003 !

Et voilà que, fin décembre 2017, il sort, presque sur un coup de tête, un double album ! Un vinyle, qui plus est ! La grande classe.

«The Black Days Session volume 1» - ce qui nous permet de rêver à une suite (?) - rassemble des morceaux écrits ou enregistrés dans une période émotionnellement difficile (les amis sont éternels, pas les hommes), mais l’énergie, la sensibilité et l’enthousiasme sont bien présents. Daniel sait qu’il n’y a rien de mieux que le partage pour passer au travers des coups durs.

C'est donc avec une équipe au grand complet (Arnaud Renaville au drums, Eric Legnini au Fender, Xavier Tribolet aux claviers, Christophe Panzani au sax, Nicolas Gardel – qui remplaçait «au pied levé» Alex Tassel - à la trompette, David Donatien aux percus et Lorenzo Di Maio à la guitare) qu'il présentait cet excellent album que je vous recommande vivement !

Deux morceaux, funky en diable, pour commencer ! Une basse galopante qui entraine tout le groupe et laisse directement au trompettiste et au saxophoniste plein d’espaces pour exécuter des solos qui montent vite en intensité. La musique tourne et le groove permet à chaque musicien d’improviser. C’est du funk - du «stinky funk» - et du jazz, c’est ça la marque de fabrique de Da Romeo. Ça démarre fort ! Alors on calme un tout petit peu le jeu - sans vraiment le calmer - avec «Serenity» qui fait un léger clin d'œil d’intro à «Lonely Woman».

Et puis, ça repart. Les souffleurs répètent un motif lumineux et solaire. Pas de temps mort. On monte les paliers sans faiblir.

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L'écriture de Daniel Romeo est quand même sacrément bien torchée. On connait le bassiste comme un exceptionnel grooveur, mais ce serait dommage de ne le cantonner qu’à cela. Il faut entendre comment les riffs, les mélodies, les rythmes, les break s’enchaînent et s’entremêlent. C’est bourré d’idées et plein de reliefs. C’est super bien ficelé. On module les temps forts et les temps suspendus (toujours tendus) et puis on laisse éclater des bombes groove incandescentes.

David Donatien et Arnaud Renaville – coups de caisse et de cymbales impeccables de bout en bout – se lancent dans une fight amicale éblouissante. Puis c’est Lorenzo Di Maio qui ne laisse pas le temps au précédent morceau de se terminer pour jeter des riffs funky et propulser le groupe sur un «Fat Cat» jubilatoire. Il lâche des solos hallucinants, entre blues et rock, entre B.B. King, Al McKay et Carlos Santana.

Dans la salle archi bondée ça ondule, ça danse, ça transpire, ça frotte.

Christophe Panzani, aussi à l’aise au ténor qu’au soprano, enfile les chorus. Et l'intensité redouble sous les coups de basse, de batterie et de percus. Ça pulse et ça sonne monstrueux ! Eric Legnini, qui a déjà pas mal éclaboussé de son phrasé fiévreux une bonne partie du concert, est littéralement poussé par le bassiste qui lui fait face. Et on monte encore dans les tours ! Et Xavier Tribolet remet une couche électro-cosmico-funky par dessus tout ça ! Folie furieuse…

On a droit au magnifique et lumineux «Onika», aux ultra-dansants «Pali» et «Escro», au touchant «Vincent». Les nuances, les pleins et les déliés rendent cette musique sensuelle, émotionnelle, excitante, frissonnante.

Alors, avant le rappel, le boss se paie enfin un solo dont il a le secret. Bouquet final !

Quel groupe de folie. Quelle soirée. Quel bonheur ! Quel funk de fun !

Après le disque, la tournée ?

 

 

Merci à ©Christophe Danaux pour les photos !

 

A+

 

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26/05/2008

Maalouf - Naïm au Cirque Royal

Le Cirque Royal est quasi complet ce soir.
Il faut dire que le plupart des spectateurs sont venus pour écouter Yaël Naïm.
Comme mes filles, par exemple.

Moi, j’étais venu principalement pour la première partie, pour Ibrahim Maalouf.
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Sur scène, le trompettiste franco-libanais est entouré de François Merville à la batterie, Youssef Hbeish aux percus, Eric Löhrer à la basse électrique, ainsi que d’un guitariste et d’un joueur de kanoun dont je n’ai pas retenu les noms.

Le son de la basse est hyper saturé sur le premier morceau, ce qui gâche pas mal le plaisir.
Le groove est pourtant bien là. Entre ethno-jazz et électro.

Maalouf revisite alors «Shadows», façon dub-reggae, avant de poursuivre avec «Diasporas», morceau titre de son récent album. Le trompettiste recherche les rythmes tribaux, aidé par l’excellent percussionniste. On sent l’envie de jouer à l’énergie. Et la salle répond avec enthousiasme.

Contraste ensuite, sur le morceau suivant, avec le son capiteux, voire étouffé, de la guitare.
L’ambiance reste cependant chaude et moite.
Maalouf échantillonne quelques notes, mélange l’Orient et l’Occident.
Puis, il demande au public de chanter une mélodie qu’il enregistre en vue de son prochain album.
On le sait, Ibrahim aime jouer avec les sons et les bruits qui l’entourent pour créer un monde musical bien à lui.
Attendons le résultat.

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Après une brève pause, Yaël Naïm, et son fidèle compagnon de route David Donatien, investissent la scène avec un groupe où l’on reconnaît, entre autres, Laurent David (guitare) mais aussi un certain Xavier Tribolet, aux claviers (et parfois à la batterie aussi), qu’on a déjà vu aux côtés de Daniel Roméo ou encore Mimi Verderame et Bart Defoort

Entre ballades folk et pop acidulée, la jeune franco-israélienne déroule avec beaucoup d’humour, de sensibilité et de talent ses chansons.

Yaël Naïm possède une voix d’ange.
Elle est capable de monter dans des aigus avec élégance, de tenir la note avant de revenir vers un chant plus velouté, presque grave. Ça me fait penser parfois à Mara Carlyle.
Tantôt à la guitare, tantôt au piano, elle enchaîne les morceaux.
Elle reprend ainsi «Toxic» de Britney Spears que l’on préfère, et de loin, à la version originale.

Elle chante en hébreu («Si vous entendez de grrr et des brrr, ne vous inquiétez pas, c’est de l’hébreu», prévient-elle avec humour), mais aussi en français (chanson dans laquelle Tribolet injecte un son très «vintage» aux claviers).

Et après le méga tube «New Soul», la chanteuse et son complice David Donatien chauffent encore un peu plus la salle en lui demandant de chanter un tonitruant final.

Belle soirée.

Je comptais aller voir Ibrahim Maalouf le dimanche suivant à la Cathédrale Ste Gudule, en compagnie de Murcof et de l’Ensemble des Musiques Nouvelles.
J’ai bien eu l’occasion de discuter un peu avec lui avant le concert, mais… un cafouillage sur la liste de presse et un service d’accueil (?) assez intransigeant m’ont empêché de voir ce magnifique (j’imagine) concert…

C’est con, mais c’est comme ça.

A+