10/02/2018

Tournai Jazz Festival - Day 4

Day 4

Et nous voilà déjà samedi 3 février, la journée la plus chargée du Tournai Jazz Festival.

Dès neuf heure du matin, les organisateurs proposaient un brunch musical dans une boulangerie, puis une rencontre avec Stéphane Mercier et Igor Gehenot à la librairie Decallone, une projection du film Manneken Swing, une conférence sur le jazz belge avec Marc Danval au conservatoire, les expos de Fred Médrano et Philippe Debongnie au Fort Rouge, un dîner concert au Comptoir 17, un autre au Bièrodrôme avec les Atomic Ladies. Bref, c’était Jazz sur la ville !

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Tout cela pour nous mener au premier concert de la journée (encore et toujours sold out !) de Rhoda Scott à la Halle aux Draps, sur les coups de 17 heures.

Julie Saury, souffrante, a laissé la place à Thomas Deroineau derrière les tambours. Le Lady Quartet est donc devenu un Lady Trio Plus A Man. Au sax alto et à la clarinette, ce n’est pas non plus Lisa Cat-Berro comme annoncée, mais Aurélie Tropez. Par contre, Sophie Alour est bien présente et Rhoda Scott aussi, plus en forme que jamais !

Et ça swingue dès le premier morceau avec le très boogaloo «We Free Queens», titre éponyme de l’album qui fait sans doute aussi un petit clin d’œil à Roland Kirk.

Rhoda Scott, toujours pieds nus, toujours souriante et d’humeur très blagueuse entraîne son groupe avec énergie. Ça respire la bonne humeur et le bonheur sur scène comme dans la salle. Le groupe est soudé et la musique s’en ressent. On laisse de l’espace, on improvise, on fait monter le groove et les titres s’enchaînent. «Valse à Charlotte» ou «Que reste-t-il de nos amours» balancent voluptueusement au son graineux du ténor de Sophie Alour (aah, cette façon de «laisser traîner» les notes est divine). Sur «You’ve Changed», d’Ellington, c'est Aurélie Tropez qui démontre toute la richesse de son jeu, virevoltant et fin. «Joke», «I Wanna Move», «Moanin'» ou encore « What I’d Say » qui demande la participation du public, font chaque fois monter le groove d’un cran. Carton plein ! Voilà un premier concert plein d’énergie, de rires et de frissons qui nous comble de bonheur.

Petit break avant d’aller retrouver Stacey Kent sur la même scène.

Entourée de son équipe habituelle, son saxophoniste et mari Jim Tomlinson en tête, la gentille chanteuse propose ses chansons jazzy parfaitement mises en place. L’esprit est très cocoon, très ballades, parfois un peu de bossa ou un peu chanson française. Le moment est détendu, délicat et… sans surprise. Stacey chante de sa voix de jeune fille, ne la poussant jamais trop loin, restant dans le même registre du début à la fin. Elle n'est pas du genre à prendre des risques. Tout est propre, lisse et confortable. Pas de place au hasard. Le public apprécie mais, personnellement, je m’ennuie pas mal…

Dans le Magic Mirrors, sur la Grand Place, il y avait nettement plus d'ambiance et ça bougeait nettement plus. Pourtant il s'agit d'un tout jeune groupe d'élèves, encore au conservatoire (classique) ou à l’académie qui, passionnés par le jazz, ont monté un combo : The Outsiders. Et ils n’ont pas froid aux yeux ! Bien sûr il y a encore plein de petits défauts partout, mais il y a tellement d’enthousiasme, une déjà belle façon de se présenter, du groove et du swing que l’on ne peut que les encourager. Et certains solistes ont déjà pas mal de personnalité : Bastien Wibaut (as, baryton) ou William Delplanque (tp), pour ne citer qu’eux. Encore quelques années, un concours ici ou là et... on devrait entendre parler de l’un ou l’autre à l’avenir !

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Avec Didier Lockwood aussi ça déménage. Je craignais un peu le Lockwood fusion-electric-ambiant… Mais, heureusement pour moi, ce ne fut pas le cas. Avec Gary Husband (dm), Darryl Hall (cb) et Antonio Farao (piano), le violoniste français propose un jazz explosif qui renoue un peu avec la tradition (moderne). D’emblée, le curseur est positionné sur «tempi enflammés» ! Le groupe enfile les thèmes sur un rythme soutenu. Et chacun y va de sa «performance», tout en restant soudé au groupe. «Quark», «Positive Life» ou «The Ballad Of Pat & Robin» sont boostés par une rythmique bouillonnante. Antonio Farao est de tous les coups et, lorsqu’il prend ses chorus, la température monte encore. Le touché est vif, puissant et brillant, le pianiste enfile les arpèges et les accords avec une clarté et une vitalité éblouissantes. L’instrument gronde véritablement sous ses doigts.

Et si «Good Morning Lady Sun» commence tout en douceur, il évolue rapidement en un groove furieux. Darryl Hall malaxe les cordes et Gary Husband donne la pleine puissance, excité par le leader qui se contorsionne devant lui, comme la muleta que l’on remue devant un taureau. Emporté par son enthousiasme, le violoniste n’hésite pas non plus, comme Lisa Simone la veille, à descendre dans la salle et à aller communier avec un public électrisé. Même le «Blues Fourth», en rappel, n’est pas moins intense…

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Pas le temps de souffler – surtout que l’on a pris un peu de retard sur l’horaire – et l'on se retrouve pour le dernier concert, au Magic Mirrors, avec Eric Legnini.
Il est déjà tard, mais le public répond présent.

Le pianiste belge (parisien d’adoption) présente son excellent album Waxx Up avec Franck Agulhon aux drums, Julien Hermé (à la place de Daniel Romeo) à la basse, ainsi que la merveilleuse chanteuse new-yorkaise (qui est née au Canada) Michelle Willis.

Alors, bien sûr il faut «re-chauffer» la salle et ce n’est pas si simple après le concert de Lockwood. Mais la musique soul, aux accents groovy, R&B et Hip Hop, et la maestria de Legnini ne tardent pas à produire leurs effets. Le son est chaud et enveloppant. Les coups de baguettes du batteur, sur les peaux ou les pads, sont aussi secs que vibrants.

«Black Samouraï», qui sonne à la façon blaxploitation, est une entrée en matière efficace. Michelle Willis monte ensuite sur scène et donne un supplément d’âme aux «Sick And Tired», «I Want You Back», «Riding The Wave» ou «Night Birds», écrits pour elle ou pour les autres chanteuses invitées sur l’album. Sa voix est à la fois envoûtante et solide. Sa présence sur scène a quelque chose d’hypnotique. Et pourtant, on balance de la tête, on accompagne les rythmes de claquements de doigts et de tapements de pieds.

Sur scène, Legnini a trouvé un son approprié et différent de celui du disque – très produit – ainsi qu’une énergie particulière. Il laisse donc pas mal d’espaces aux impros (les siennes au Fender, sont quand même assez magiques) et aux solos (celui d’Agulhon est magnétique).

Big up, Waxx Up !

 

 

Il est bien plus d’une heure du matin, la salle est encore bien remplie et tout le monde semble vraiment heureux des quatre jours et nuits de jazz proposés par des organisateurs et des bénévoles qui n'ont jamais ménagé leurs efforts pour mener à bien un festival qui compte de plus en plus dans le paysage musical belge.

Bravo et merci à eux !

On se retrouve à Tournai l’année prochaine, sans faute, avec autant de plaisir.

Merci à ©JC Thibaut pour les images.

 

 

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08/02/2018

Tournai Jazz Festival - Day 3

Day 3

Vendredi, cela commence vers 18h30 sur la scène du Magic Mirrors avec le trio d’Igor Gehenot, et c’est déjà sold out !

L’ambiance est feutrée, intimiste et le public est attentif. Sur le battement lent de la contrebasse de Viktor Nyberg et les légers coups de baguettes sur la batterie de Jerôme Klein, Igor dépose des accords dilatés au piano, tandis qu'Alex Tassel souffle la mélodie du lunaire «Moni», puis de «Sleepless Night», plus crépusculaire encore.

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J'avais vu les débuts un peu hésitants du groupe avant l'enregistrement du disque (Delta chez Igloo) qui, à sa sortie, m’avait plutôt convaincu. Depuis, le quartette a beaucoup joué et la cohésion s’est renforcée. Le jeu d’Igor a, lui aussi, beaucoup évolué. Finesse, espace, groove, il ose tout et tout lui réussit. Il s'affirme et s'impose, sans en faire des tonnes, de façon toute naturelle. Il apporte toujours des idées neuves à son jeu et à l'ensemble du groupe.

Avec un son limpide et feutré à la fois, Alex Tassel est le partenaire idéal. Souplesse dans les enchaînements, brillance dans les relances, ses lignes mélodiques sont d’une maîtrise et d’une précision assez incroyables. La rythmique est, elle aussi, parfaite : à la fois discrète et indispensable. «Abysses», nocturne et tout en retenue, précède un «Start Up» nerveux et tendu, puis un «Jaws Dream», hyper groovy…

Le set est très bien ficelé, ménageant intelligemment les temps forts, pleins de fougue, et moments plus intimes. Et puis il y a aussi, semble-t-il, une volonté de simplifier le jeu (en apparence) pour laisser toute la place à l'émotion. Il n'y a pas à dire : ça touche juste !

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A deux pas du Magic Mirrors, la Halle aux Draps a également fait salle comble. Archi comble, même !

Belle comme une prêtresse, dans sa cape jaune, entre sari et tunique, soutenue par une sacrée rythmique (Sonny Troupé aux drums, Reggie Washington à la basse électrique et Amen Viana à la guitare électrique) Lisa Simone impose sa présence d’emblée avec «Tragique Beauty» qui résonne comme une incantation.

La voix est sublime, pleine de soul, de gospel, de blues. Pas besoin de le cacher, c’est bien la fille de sa mère, dont elle chante le rageur «Ain't Got No, I Got Life». Puis, elle lui rend hommage avec le poignant «If You Knew», comme pour dire : «OK, je suis la file de Nina Simone, mais je suis aussi et surtout Lisa !». Et elle danse et elle bouge et elle occupe toute la scène avec grâce. Elle joue avec ses musiciens, les entraîne sur des chemins plus blues encore, plus jazz, plus rock aussi. Elle invite le public dans son «World» et communique avec lui en toute simplicité et sincérité. Lisa fait le show sans jamais jouer la diva. La voix et les paroles suffisent amplement au discours, pas la peine d’ajouter d'artifices !

Et l’excitation monte encore. Les riffs de Viana se font hendrixiens, la basse de Washington cogne de plus belle et Troupé se déchaine sur ses fûts. Alors Lisa Simone descend dans le public, va serrer les mains et embrasser les gens, tout en continuant de chanter avec ferveur. La salle est hystérique et c’est juste magnifique.

Quelle générosité. Quelle grande dame. Quel concert !

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Retour au Magic Mirror où le saxophoniste Stéphane Mercier a réalisé un tour de force, bien aidé par l’organisation qui a relevé le défi : inviter douze musiciens à jouer en live son album «Duology».

Avec intelligence, Mercier ne se «contente» pas de faire défiler la crème de nos jazzmen belges les uns après les autres. Non, il combine, mélange, fusionne.

Ainsi, après son duo avec Charles Loos, Nathalie Loriers les rejoint sur «Samsara». Puis, c’est Nic Thys qui ajoute sa basse sur «Alone Together». Entre la souplesse de jeu du bassiste et le touché merveilleux de la pianiste, Stéphane Mercier se sent pousser des ailes.

L’inimitable David Linx est là aussi. Avec beaucoup de générosité, dans un chant unique, il échange avec le guitariste Jean-François Prins.

Chaque morceau révèle ses petits moments de frissons. Jean-Louis Rassinfosse et Paolo Loveri réinventent «Louis», puis Bruno Castellucci vient prêter main forte à une section de souffleurs de rêve (Daniel Stokart, Toine Thys et Fabrice Alleman) pour un «Serial Series» énergique. Derrière le piano, on retrouve cette fois Vincent Bruyninckx, toujours inventif.

Presque au grand complet, le combo entame un très mingusien «Jazz Studio» dans lequel Daniel Stokart prend un solo fougueux !

D’une série de duos, on est passé à un big band ! Tous les musiciens sont là pour un énergique «Don’t Butt In Line» en forme de bouquet final. Stéphane Mercier a réalisé son rêve... pour notre plus grand plaisir.

Et hop, voilà une véritable journée de jazz totalement réussie…

 

 

A+

Merci à ©JC Thibaut pour les images (et la vidéo).

 

 

 

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02/02/2018

Tournai Jazz Festival - Day 1 and 2

Day 1

C’est dans le très joli et très cosy Magic Mirrors, installé sur la Grand Place, que s’ouvrait ce mercredi 31 janvier la septième édition du Tournai Jazz Festival.

Une mise en bouche plutôt festive - c’est le cas de le dire avec le «concept» Frit Jazz (une frite offerte à l’achat d’une place) - avec trois concerts au menu.

Et pour le plus grand plaisir des organisateurs (voire même leur surprise), c’était sold out !

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C’est la chanteuse Elia Fragione, que j’avais vue lors d’une précédente édition en 2014, qui a l’honneur d’ouvrir les festivités.

Ce soir, elle est entourée de trois excellents musiciens. Il y a d’abord Lorenzo Di Maio, présence indispensable, jeu clair et vif, aussi inventif dans les blues que dans les registres plus pop ou funk. Ses attaques sont franches, son phrasé est fluide et il étonne lors de chaque intervention. C’est sans doute l’un des meilleur guitariste belge actuel. Il y a aussi le batteur Fabio Zamagni, habitué des scènes jazz et pop (Typh Barrow, entre autres) et le multi-instrumentiste, arrangeur et producteur (allez écouter le très beau disque de Chrystel Wautier) à la contrebasse, Cédric Raymond.

Le répertoire oscille entre jazz, blues et parfois même une pointe de pop. «How We Love» de Gretchen Parlato, «Its A Good Day», «Love Me Or Leave me» ou encore «Miss Celie’s Blues» sont délivrés avec un bel aplomb. Il y a aussi une belle revisite de «Off The Wall» (Michael Jackson), un peu de bossa («Samba em preludio») et une excellente version de «Precious» (Esperanza Spalding). Elia a du charisme et elle rayonne sur scène. La voix est fine, claire et affirmée. Il y a du soleil dans son chant… et surtout du swing ! Elle contrôle avec beaucoup d’élégance ses inflexions bluesy - parfois canailles, parfois mélancoliques, parfois sensuelles - sans jamais appuyer aucun effet. Et en plus elle scatte ! Bref, c’est de la fraîcheur et du talent. Un talent avec qui il faudra compter à l’avenir.

Place ensuite aux Bandits de Belleville qui viennent, comme le nom ne l’indique pas, de Gand et qui sont cinq : Florian De Schepper et Jonas De Meester aux guitares, Jelle Van Cleemputte à la contrebasse, Pablo Golder au bandonéon et Margot De Ridder au chant, clavier et glockenspiel pour enfants. Sur une base swing manouche, le groupe mélange les traditionnels («Hora lautareasca») mais aussi les standards («It Don’t Mean A Thing»), la chanson française («Le jazz et la java» de Nougaro) et quelques compositions personnelles dont le très drôle «#Swing» ou un léger «Upside Down» inspiré sans doute de «On The Sunny Side Of The Street». Un beau spectre de styles, assuré avec conviction et une belle présence sur scène de la chanteuse au joli grain de voix. Alors, avec bonheur, on clappe des doigts, et on tape du pied.

Mais le plus «festif» reste à venir avec le groupe du nord de la France, Zazuzaz, qui rend hommage aux orchestres des années ‘30, ceux du Cotton Club et de Cab Calloway. Mais aussi à Boris Vian.

L'orchestre, qui se présente comme un big band informel, n'est pas venu seul mais avec une belle bande de danseurs attifés comme à l'époque (les membres de Danses & Cie). Et c’est parti pour swinguer, danser et chanter. Jonathan Bois, au piano et au chant, Jessy Blondel au sax et toute la bande ne ménagent pas leurs efforts pour installer une ambiance qui monte rapidement. «Just A Gigolo», «It Don’t Mean A Thing», «On n’est pas là pour se faire engueuler», «Sing Sing», un madison… Tout y passe ou presque et le public, ravi, participe avec entrain. Idéal pour clôturer avec le sourire cette première soirée.

Day 2

Pour le second jour, qui affichait complet également, on se partage entre jazz, un peu de variété et un peu de pop.

Du jazz d’abord avec le quartette du tromboniste Phil Abraham qui propose un set plutôt transitionnel joué avec beaucoup d'élégance et de raffinement. Un «Charlie et le pam», plutôt bop et un «Watermelon Man» revisité tout en mystère, permettent à chaque musicien de profiter de beaux espaces.

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Fabien Degryse d’abord, dans un jeu à la Grant Green fait merveille. Le phrasé est souple, virtuose, précis et tout en rondeur. Sal la Rocca, solide pilier, à la contrebasse très mélodieuse et ondulante, soutient et lie l'ensemble avec autant de souplesse que de fermeté. Aux drums, Thomas Grimmonprez distille un groove de velours, en jouant des balais ou simplement à mains nues. Autant dire qu'avec cette équipe, Phil Abraham se balade avec sérénité. Le jeu est lumineux, avec juste ce qu’il faut de sensualité et d’humour. Pas de glissando ni de growls, mais un jeu pur et bien dessiné qui donne toute sa force aux mélodies. «Esquisses», une ballade qui rappelle un peu Michel Legrand, «New Orleans Comphilation» qui plonge dans les racines du jazz ou un «Oui, mais bon» swinguant doucement, nous font passer un très agréable moment de jazz capiteux.

Devant la Halle aux Draps, une file énorme s’est formée pour assister au concert de Michel Jonasz en duo avec son pianiste Jean-Yves d'Angelo. Jonasz et le jazz, c'est un malentendu. Tout cela à cause de sa «Boîte de jazz». Ce soir, on a donc droit à un best of de ses chansons tristes délivrées avec une pointe d'humour («Lucille», «Super nana», «Du blues, du blues, du blues» et autres «Je voulais te dire que je t'attends»).  Il y a bien un court interlude blues (celui du «dentiste»), un peu de samba et un morceau de boogie au piano... mais de jazz, point.

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J'étais un peu sceptique aussi quant à la programmation de Sacha Toorop dans un festival de jazz. Mais le chanteur pop-rock à l’univers intriguant et très singulier s’est entouré des musiciens de Music For A While. Et sur la base des chansons de Toorop, l’extraordinaire pianiste Johan Dupont a revu quelques arrangements. Et voilà donc qu’il insuffle un petit air de liberté dans ce canevas bien précis. Il faut un peu de temps pour s'en rendre compte mais, au final, ça fonctionne. Bien sûr, il ne faut pas s'attendre à un swing effréné, quoique, sur certains titres, Jean-François Foliez (cl), en particulier, se fend de quelques échappées improvisées bien tranchantes. Et puis, on décèle ici et là une pointe de blues, un peu de jazz folk. Et derrière, André Klenes (cb), Martin Lauwers (violon) et Stephan Pougin (dm) font plus qu’assurer. Belle surprise.

Alors, maintenant que le festival est lancé, on s’apprête à déguster la suite avec impatience.

A+

Merci à ©JC Thibaut pour les images.

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02/01/2018

On commence par quoi ?

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Janvier 2018 va être chaud.

Ce n’est pas une prévision météorologique mais un constat jazzistique.

Quoiqu’on en dise, en matière de jazz en Belgique, on est quand même bien gâté. Il suffit de regarder l’agenda de Jazz In Belgium pour constater qu’il y a, chaque jour, des concerts de jazz à Bruxelles, en Flandre ou en Wallonie. Et encore, certains ne sont pas annoncés (parce qu’ils s’organisent en dernière minute, parce que certains organisateurs n’ont pas encore le réflexe de les signaler, ou parce qu’ils oublient…) ! Merci les clubs, merci les musiciens...

Il y a donc les clubs et puis, il y a les festivals.

 

 

Par ordre d’entrée en scène, il y a d’abord le Brussels Jazz festival à Flagey.
Du 11 au 20 janvier, il n’y aura pas moins de 25 concerts parmi lesquels on notera ceux de Archie Shepp, Jasper Høiby, Tony Allen, Soweto Kinch, Kurt Rosenwinkel, Uri Caine, mais aussi Mäâk (qui fête ses 20 ans !), LABtrio, Enrico Rava, Stijn Cools Book Of Air, Shabaka Hutchings ou Matthew Herbert !

Il y aura des projections (Django, Just Friends) et une expo des dessins de Pieter Fannes, et Yann Bagot qui présenteront leur livre : Jazzconcerten op papier.

 

 

Simultanément, à deux pas de Flagey, au Théâtre Marni mais aussi au Senghor et à la Jazz Station, se tiendra la quatrième édition du River Jazz Festival.

A partir du 12 et jusqu’au 27, ce sont Richard Galliano, Nicolas Kummert avec Hervé Samb, Fabian Fiorini et Yves Teicher, Thomas Champagne, LG Jazz Collective, Steve Houben, Anne Wolf, mais aussi Marc Ribot en solo et Or Bareket en quartette qui feront vibrer les trois scènes ! Et celui qui aura l’honneur de suivre le Maelbeek (l’ancien ruisseau qui reliait Ixelles à St-Josse et qui a inspiré le nom du festival) et de se produire le même soir dans les trois lieux avec trois projets différents, n’est autre que Tuur Florizoone.

Et ici aussi, il y aura des expos (Jorge Gonzalez, Horacio Altuna et Gani Jakupi, auteur du merveilleux «Roi invisible»), des conférences, des concerts pour enfants et des projections.

Mais vous êtes peut-être plus attirés par le jazz manouche ? Pas de problème, sinon peut-être celui de votre agenda très chargé. Rendez-vous à Gent, Antwerpen, Bruxelles, Charleroi, Liège et d’en d’autres villes et villages de Belgique (demandez le programme ! ) pour les Djangofolllies !

Lollo Meier, Minor Sing, la famille Cavalière et son Jazzy Strings, Tcha Limberger, Samson Schmitt et bien d’autres viendront swinguer près de chez vous.

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Et pour terminer cet excitant (épuisant ?) mois de janvier, direction Tournai pour son septième Jazz Festival (du 31 janvier au 4 février) !

Partagé entre la Halle aux Draps, le Magic Mirrors et le Conservatoire (rassurez-vous, tout cela tient dans un mouchoir de poche, autour de la Grand Place), on aura droit à une vingtaine de concerts !

On y verra Lisa Simone, Rhoda Scott, Stacey Kent et Michel Jonasz. Mais aussi Phil Abraham, Elia Fragione, Sacha Toorop, Didier Lockwood, Igor Gehenot, Eric Legnini et son Waxx Up et une carte blanche à Stéphane Mercier qui sera entouré, tour à tour, de Nathalie Loriers, David Linx, Jean-Louis Rassinfosse, Bruno Castellucci, Paolo Loveri, Fabrice Alleman, Vincent Bruyninckx, Nic Thys, Daniel Stockart, Toine Thys, Jean-François Prins, et Charles Loos… Wahoo !

Et bien sûr, pendant ces cinq jours (et nuits), il y aura des animations dans la ville, des expos, des projections…

Quand je vous disais que ce sera chaud…

 

A+

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20/02/2017

Tournai Jazz Festival 2017

Privé des habituelles salles de la Maison de la Culture, à cause de travaux, le Tournai Jazz Festival se devait de trouver un nouvel endroit pour sa 6ème édition. Quand on sait que les salles de spectacles ne sont pas légion dans cette ville, ce n’était pas gagné.

Face à l’adversité, certains auraient jeté l’éponge, mais c’était sans compter sur l’énergie et l’enthousiasme débordant d’une équipe de bénévoles dévouée au jazz et à la bonne cause (rappelons que la plupart des bénéfices sont reversés, via le Fifty One Club, aux plus démunis).

C’est donc en plein centre de la ville, sur la Grand Place, que le festival s’est installé. Et pour cinq jours ! D’une part sous le beau chapiteau du Magic Mirrors et d’autre part à la Halle aux Draps. Le résultat : carton plein ! Le public tournaisien – et même celui venu de bien plus loin - a répondu présent, et le festival a affiché complet du mercredi au dimanche.

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Comme chaque année, les organisateurs avaient alternés concerts de groupes locaux, belges et internationaux. Ce sont les français de Polvèche Quintet qui ont d’abord partagé la scène avec les tournaisiens d’Uncle Waldo et de Glass Museum.

Le lendemain, c’est l’Âme des Poètes qui a émerveillé le Magic Mirrors avant de laisser la place, à la Halle aux Draps, à CharlElie Couture. C’était, pour ce dernier, le seul et unique concert en Europe. Concert bien légitime dans le cadre de ce festival , quand on connaît l’excellent album blues « Lafayette » que le célèbre chanteur français, expatrié à New York, vient de sortir. Et, en trio, ce soir, on peut dire qu’il a conquis tout le monde.

En fin de soirée, Récital Boxon, emmené par la chanteuse Maïa Chauvier, bousculait un peu le public avec ses chansons engagées à la poésie incisive, dans un mélange de jazz, de folk, de rock et de spoken words. Un groupe à suivre.

Vendredi, déjà le troisième jour !

Le Magic Mirrors est l'écrin idéal pour la musique scintillante, groovy et poétique de Lorenzo Di Maio. Le quintette du guitariste a sorti un premier album (Black Rainbow) très réussi qui a été salué par une presse belge et internationale unanimes. Ce soir encore, le groupe démontre tout son potentiel et ses qualités. Du groove d'abord avec « Lonesome Traveller », puis le nerveux « No Other Way » dans lequel Nicola Andrioli (p) et Jean-Paul Estiévenart (tp) surenchérissent de maestria. Les doigts du pianiste s'affolent sur le clavier pour provoquer le trompettiste qui n'attend que ça. Estiévenart invente, malaxe, tord, étire et hache les notes avec un appétit féroce. « Black Rainbow » ou « Détachement », tout en douceur et en esprit americana, laissent divaguer la guitare chaude et languissante de Di Maio, soutenue par la basse sensuelle de Cédric Raymond. On ressent chez ce denier le côté multi instrumentiste qui lui permet de sortir des plans auxquels on ne s’attend pas. Il joue vraiment avec le groupe. C'est un peu pareil pour Antoine Pierre aux drums, qui découpe, précède ou construit, presque abstraitement, les thèmes en gardant une pulsation précise. Avec le très milesien « Open D », boosté par un intenable Nicola Andrioli au Fender Rhodes, suivi du jubilatoire « Santo Spirito », Lorenzo Di Maio Quintet conclu un concert de grande efficacité.

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Le temps de traverser la Grand Place et nous voilà à la Halle aux Draps. Soulignons le travail remarquable sur l’acoustique faite par toute l’équipe de techniciens de la Maison de la Culture. Pas facile, en effet, de sonoriser la cour intérieure couverte, d’un édifice tout en pierres datant de la Renaissance. Mais l’endroit est sublime et se prête, ici aussi, merveilleusement bien à la musique toute en atmosphère d'Anouar Brahem. Le oudiste, accompagné par Björn Meyer à la basse, Klaus Gering à la clarinette basse, François Couturier au piano et par l’Orchestre de Chambre de Wallonie conduit par Frank Braley, entame un long morceau contemplatif dont il a le secret. Le tunisien reprend principalement le répertoire de son album « Souvenance », sorti chez ECM en 2015. La basse électrique, au son très mat, fait écho au oud, léger comme le vent. Tandis que les cordes déroulent un tapis ondulant et mouvant, la clarinette basse sonde les mystères de la mélancolie. Le piano quant à lui, dialogue sobrement avec l’orchestre et amène une pointe de fraîcheur. Nous sommes à la croisée de la musique arabe, du jazz et du classique. Quelques rares interludes improvisés des solistes permettent les transitions bienvenues entre les morceaux qui, malgré leur éblouissante écriture, semblent parfois s’étaler juste un peu trop. On voyage dans un grand paysage harmonique, jamais grandiloquent ni étouffant, on plane et on se recueille presque. Il faut remarquer et saluer aussi la qualité d'écoute d’un public subjugué, respectueux, attentif et très enthousiaste. Ce qui est toujours agréable.

La transition est parfaite entre la musique d’Anouar Brahem et celle de Quentin Dujardin et Ivan Paduart, qui présentaient « Catharsis » en quintette, dans un Magic Mirrors noir de monde. Ici aussi, il s’agit de tirer un trait d'union entre la musique méditerranéenne, défendue par le guitariste, et le jazz plus affirmé délivré avec vigueur par le pianiste. Au duo de base, s’ajoutent le magnifique trompettiste Bert Joris – qui vient de sortir une perle avec le BJO - le bassiste électrique Théo de Jong et le batteur Manu Katché. Ici, c’est le groove et le swing moderne qui prennent rapidement le dessus. « Délivrance » puis « Far Ahead » donnent le ton. Les échanges sont vifs mais nuancés. « Retrouvailles » est plus intimiste et la guitare de Dujardin est bien mise en avant. Le jeu est fin, équilibré et brillant. Tout comme Paduart, Dujardin ne cherche pas nécessairement les accords complexes, du moins en apparence, mais essaie toujours de faire passer l'émotion au travers d’un jeu subtil et vivant. Associés au son enrobant mais toujours limpide de Bert Joris, les morceaux délivrent toutes leurs saveurs, à la fois épicées et sucrées. Entre Manu Katché, au jeu sec et tendu et Ivan Paduart, plus aérien mais aussi parfois très percussif, l’entente est parfaite. La musique bouge, se transforme, se déplace. Le jazz se mélange aux rythmes hispanisants et dansants, voire funky, comme sur un « Human Being », par exemple, dans lequel Théo de Jong fait éclater tout son talent avant que Katché ne conclue la soirée d’un solo époustouflant.

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Samedi, ça ne fait que commencer !

Le pari était plutôt osé de programmer le premier concert de samedi à 15 h30. Mais, bonne surprise : même si le Magic Mirrors n'est pas rempli au début du concert, il se comblera très vite pour accueillir le Heptatomic de Eve Beuvens ! Voilà qui confirme une réelle curiosité et un engouement certain du public tournaisien pour le jazz. Au fil du temps, le projet de la pianiste a pris du corps. A l'esprit migusien qui en avait surpris plus d'un lors de sa création au Gaume Jazz en 2013, Heptatomic semble y avoir ajouter une pointe George Russel, de Lennie Tristano ou même peut-être de Gunter Shuller. Toutes ses influences, conscientes ou pas, nourrissent un jazz moderne, acéré et franchement jubilatoire. La musique est angulaire mais ne manque certainement pas de swing. Elle rebondit, elle fonce, elle attend, elle recule pour mieux sauter. Et c'est tout bonus pour les solistes. Sam Comerford (ts), Grégoire Tirtiaux (as) et Jean-Paul Estiévenart se relaient tour à tour pour emmener la musique toujours plus loin. Benjamin Sauzereau inocule l’ensemble de riffs diaphanes dans un jeu très personnel, quant à Manolo Cabras, faisant claquer les cordes de sa basse et Lionel Beuvens à la batterie, ils assurent une rythmique des plus efficaces. Mélangeant nouveaux et anciens thèmes, Eve Beuvens et sa troupe arrivent à capter l'attention du public et à rendre toute cette émotion, énergique ou fragile, avec assurance. Bien équilibré et bien pensé, entre complexité et sensibilité, le set se prolonge par un rappel auquel Eve elle-même ne s'attendait pas, prouvant ainsi la qualité du projet et l’intérêt du public pour celui-ci.

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Vers 17h30, la Halle aux Draps a fait le plein pour accueillir le duo du pianiste Jacky Terrasson et du buggliste Stéphane Belmondo. Ceux-ci présentent le très intimiste album « Mother » sorti l'année dernière. Entre ballades originales et standards, joués sobrement et avec une pointe d'humour, la musique berce l'auditoire avec bienveillance. Il faut un petit temps pour que le concert trouve sa voie, mais quand l'inspiration vient, on sent les deux musiciens totalement complices. Ils n'hésitent pas à parsemer les thèmes de citations. Ils déconstruisent et remontent à leur façon des airs que l’on connaît presque par cœur. Le duo mixe les moments de mélancolie et les moments de totale désinvolture. Le jeu de Terrasson est à la fois romantique et rythmiquement ferme. Belmondo n'hésite jamais à désamorcer la tension qui risquerait d’envahir un peu trop la musique. Du coup, après l’émouvant « You Don’t Know What Love Is » et surtout « La chanson d’Hélène », délivrés avec une sensibilité à fleur de peau, « Les valseuses », « Fun Key » ou encore « Pompignan » se dégustent avec un plaisir non feint.

Sur les coups de 19h 30, la salle est archi comble lorsque Kyle Eastwood monte sur scène. Le démarrage est explosif et ne donne aucun doute sur l'objectif de la musique que le contrebassiste défend. « Proceco Smile » et « Bullet Train » déboulent avec furie. C’est clair, Eastwood veut, comme il le dit lui-même, payer son tribu à la musique des années ‘50, celle des Blakey, Morgan et Silver. Loin d'en faire une simple copie, Eastwood et ses compagnons insufflent un son bien actuel et décomplexé. Quentin Collins à la trompette et Brandon Allen au sax se relaient pour faire monter l’intensité. Ça y va à l'énergie. Franck Agulhon fouette et frappe dans un pulse toute maîtrisée ses fûts, tandis qu’au piano, Andrew McCormack distille des phrases bop bien senties. Le leader impressionne aussi dans son jeu à l’archet, sur « Marrakech » notamment. On le préfèrera à la basse acoustique qu’à l’électrique, qui est pourtant son instrument de prédilection. En effet, la version de « Dolphin Dance » un peu trop respectueuse et « Letter From Iwo Jima » en duo basse électrique et piano, font légèrement baisser l’enthousiasme. Après ce passage un peu plus faible et d’autres moments presque trop pop, le groupe reprend des forces avec « Caipirinha » et un « Big Noise From Winnetka » enflammé. Quant au « Boogie Stop Shuffle » en rappel et entamé en solo, il sera concis, direct et intense comme on l’aime.

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A son tour, Manu Katché a fait salle comble et a soigné la mise en scène. Arrivée de star dans la pénombre tandis que le groupe entame l’intro d’ « Unstatic », du nom du très bon album sorti récemment. Comme sur le disque, Katché suit fidèlement l’ordre des morceaux. Il laisse juste l’espace qu’il faut aux saxophonistes, Raffaele Casarano et Torre Brunborg, pour improviser. Jim Watson se partage entre le piano et le Fender, distillant des notes plus soul. Quant à Jérôme Regard, il assure avec fermeté un tempo solide. Il faut quand même laisser à Manu Katché un style et un son particuliers, reconnaissables entre cent. Sa façon de faire sonner les cymbales, de redoubler les coups sur les caisses claires et les toms, tout en gardant un gros son bien marqué, est assez unique. « City », Blossom » ou « Daze Days » défilent. Le groupe reste assez proche des mélodies, très écrites, enregistrées sur l'album. Cela en rassure certains et laisse un petit goût de trop peu à ceux qui aiment les surprises. Mais en rappel, l’éternel « Cherokee » permet à tous de vraiment se lâcher. Et c’est bon ! Trois rappels se succèdent alors pour combler un public très enthousiaste.

Et comme si cela ne suffit pas, le festival a encore prévu un concert ! Il est près de minuit quand le Nu Jazz Project du trompettiste François Legrain monte sur la scène du Magic Mirrors qui ne désemplit pas. « Do You Know Where You’re Coming From ? », « Siegfried », « Keep Me In Mind » s’enchainent. Le public est toujours là et danse sur les rythmes jazz, drum ‘n bass et hip hop du collectif. Le mélange fonctionne assurément bien. Les cuivres sonnent ( Dominique Della-Nave au trombone, Maayan Smith au sax), le drumming de Sylvio Iascio est puissant, DJ Odilon crache les scratchs, soutenu par Brieuc Angenot à la basse. Quant à Dorian Dumont au piano électrique, il s’immisce entre les voix de Soul T et Angela Ricci qui assurent un flow parfait.

 

Come Sunday.

Pour les insatiables et les lève-tôt, l’organisation avait prévu, dès 11h du matin, une série d’animations et de concerts gratuits ! A commencer d’abord par une évocation de Boris Vian, puis des concerts des élèves du conservatoire de Tournai. Vers 16h. c’est le big band JMO, sous la houlette du jeune pianiste Gilles Carlier, qui propose ses compositions originales et des standards peu joués, dans des arrangements qui ne craignent pas la sophistication. Plutôt osé pour un band d’amateurs. Mais le travail et l'audace paie. On remarquera ainsi quelques bons solistes tels que le saxophoniste Thomas Van Ingelgem sur un « Chronométrie » assez complexe, un trompettiste sur « Walkin' Tiptoe » de Bert Joris ou encore l’excellente chanteuse Sarah Butruille, sur « Avalon » de Natalie Cole, entre autres.

Et pour conclure ces cinq jours intenses, Fabrice Alleman met un point d’honneur à offrir un concert sublime et sans faille, malgré un léger problème technique et une courte panne qui prive le chapiteau de lumière, mais pas de musique, pendant quelques minutes. « Obviously » est sorti en 2013 déjà, et ne cesse de bonifier. Ce projet qui allie jazz sensuel et rythmes groovy n’oublie pas la tendresse dans les compositions magnifiées par le jeu aérien et à la fois déterminé de Nathalie Loriers. « Regard croisés » se développe tout en douceur et volupté. « Suite Of The Day » qui se décline en trois parties reste un must du répertoire d’Alleman. Le sax se déploie, crie puis s'amuse et laisse la place au Fender Rhodes, très soul et groovy, de Nathalie Loriers. Et le final, plus funk jazz et un peu canaille, embrase la salle. Lionel Beuvens et Reggie Washington assurent une rythmique parfaite. « Take It As It Is », en duo piano/soprano, et même sifflée, est une ballade sensible et romantique d’où s’échappent de belles notes bleues. Pour terminer, « Open Your Door », rageur et revendicatif, et « Crazy Races », tendu et galopant, vont titiller les limites du « out ». Ces nouveaux morceaux donnent encore plus de corps à un projet qui mêle humanisme et rage, bonheur et inquiétudes. Et qui devrait continuer à évoluer.

Une fois de plus, le Tournai Jazz festival a tenu toutes ses promesses. Il y en a eu pour tous les goûts ! C’était un cadeau pour ceux qui ne connaissaient pas le bon jazz, ou s’en faisait une fausse idée, et pour ceux qui ne jurent que par lui.

On se donne déjà rendez-vous en 2018 avec le même plaisir et la même gourmandise.

 A+

Photos : © JC Thibaut

 

02/04/2016

Jean-Charles Thibaut - Photographe - Interview

Vous avez peut-être déjà vu quelques-unes de ses photos sur mon blog ou sur Jazzaround, illustrant certains concerts de jazz. Jean-Charles Thibaut est un grand gaillard qui a commencé par vouloir faire de la peinture avant de se diriger vers la photo. Puis tout abandonner. Puis faire un peu de scène en tant que crooner dans un band. Et puis revenir à la photo.

Rencontre.

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J’ai commencé mes études aux Beaux-Arts à Tournai, en 91, en section peinture avec Christian Rolet. Je peignais surtout des nus que je mélangeais avec des images d’acteurs de cinéma. J’avais aussi des cours de photos et c’est mon professeur de gravure, Alain Winance, qui m’a poussé à prendre des photos de nus moi-même, plutôt que d’aller les chercher dans des magazines. Comme il y avait un studio a disponibilité, j’en ai profité. J’utilisais ces photos pour faire mes peintures. Mais, finalement, mon travail photo était plus intéressant que mes peintures elles-mêmes. Au jury de fin d’année, j’ai d’ailleurs montré plus de photos que de peintures. J’avais fais un travail, style «Le Nouveau Détective», dans lequel je m’étais mis en scène. Je mélangeais photos et gravures sur linoléum. Je mélangeais le vrai et le faux, tant du point de vue des textes que des images. Et j’ai été recalé. Entretemps, un ami qui voulait se lancer dans le mannequinant à Paris avait besoin de photos pour son book. C’est un peu comme cela que tout a démarré. Et je me suis retrouvé comme photographe freelance à l’Agence Dominique à Bruxelles.

Le fait d’avoir fait de la peinture et du dessin t’a permis d’avoir un certain sens du cadrage, des lumières…

Oui sans doute. Le côté non conventionnel aussi peut-être. Je refusais le «commercial». Ce qui n’était pas évident quand il fallait «vendre» un mannequin, avec le grand sourire et les poses convenues. Moi, j’aimais les contrastes, les anachronismes. J’emmenais mon mannequin en robe de soirée dans un supermarché, par exemple. Parfois on ne voyait même pas son visage (rires). Cela n’a pas toujours été bien compris.

Puis tu t’es dirigé vers des photos de concerts ?

Pas du tout. Quand le digital est arrivé, j’ai tout arrêté. On pouvait tout refaire et trafiquer en studio ou en retouches. Ma photo au supermarché aurait été plus simple à faire, mais je ne voyais plus la démarche photographique. Il me manquait le contact avec les gens, l’organisation, les émotions. J’avais un peu de mal avec ça. J’ai tout arrêté.

Qu’est ce qui t’a poussé à revenir à la photo ?

C’était lors du premier festival Tournai Jazz en 2011. Geoffrey Bernard, l’organisateur, que je connaissais depuis longtemps, m’a demandé si je voulais «couvrir» l’événement. Je n’avais plus que mon vieil appareil «argentique». Je n’avais aucun matériel digital. J’ai hésité un peu, en lui disant que si je ratais mes images, il n’aurait rien du tout. C’était un risque, mais il a insisté en me disant qu’il y aurait Toots Thielemans, David Linx, Philip Catherine… Je me suis dit que je pourrais approcher ces musiciens, leur parler… J’ai acheté un appareil, avec un objectif pas trop cher, pas très lumineux… Mais j’ai fait les photos et je me suis dit : «C’est ça ! Je veux capter l’instant, faire des photos de gens». Il y avait le défi de la lumière, de savoir comment cela va se passer sur scène, comment j’allais capter l’émotion.

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Tu travailles avec quels objectifs ?

Un 17/50 ou un 70/200. Je travaille souvent en ouverture complète, à 2.8, pour obtenir toute la lumière qu’il me faut. Je ne me concentre ainsi que sur l’obturateur. Je retravaille très peu mes clichés ensuite. Je ne travaille même pas avec Lightroom. Et puis, je dois sélectionner rapidement mes images, surtout quand je travaille pour un quotidien. Je dois vite savoir laquelle me plait, celle qui raconte l’histoire. Savoir si je dois la recadrer ou pas, décider entre la couleur et le noir et blanc…

Qu’est ce qui motive le choix de tes images ?

C’est un coup de cour émotionnel d’abord. Souvent, lorsque je shoote, je sens si j’ai la bonne image. Et c’est souvent celle-là que je vais aller sélectionner. Il y a «l’instant» qui est passé dans le viseur. On le sait, on le sent. C’est très rare que la bonne image arrive dans les 10 premières minutes d’un show. L’artiste n’a pas encore eu le temps de «rentrer dedans». C’est pourtant le temps que l’on donne aux photographes de concerts. Heureusement, au Tournai Jazz, j’ai toute liberté, au Béthune Retro aussi, où certaines photos backstage sont très intéressantes et étonnantes. Je ne les publie pas pour l’instant mais je les garde précieusement. Puis il y a des concerts pour lesquels je n’ai pas d’accréditations, je paie ma place, j’essaie d’être aux premiers rangs. Je dois encore faire mes preuves, je dois encore tricher avec l’organisation…

Tu n’as jamais eu d’ennuis, de réclamations ?

Si, une fois, lors d’un concert de Neil Diamond. J’étais dans le public et par deux fois on m’a demandé d’arrêter. J’ai attendu la fin du concert. J’ai eu ma photo. De toute façon, cette photo n’ira pas bien loin, pas en Amérique… J’avais eu une accréditation pour Vanessa Paradis, qui a été annulée le jour du concert ! La prod avait tout refusé et, ce soir-là, il n’y avait même pas de couloir presse. Aucuns photographes n’étaient acceptés. J’ai quand même pris mon appareil, mon but n’est pas de faire une photo qui nuit à l’image de l’artiste. Au contraire. Mais quand je vois tous les gens dans le public qui prennent d’hyper mauvaises photos et qui les publient, je ne comprends pas pourquoi on refuse les photographes pros. Sinon, j’ai eu l’accréditation pour Selah Sue, par exemple. Mais on n'a droit qu’aux trois premières chansons, puis on doit partir. Alors que c’est plus intéressant d’être «dans» le concert. Il paraît que la règle des trois photos viendrait de l’époque de Joan Baez. Le bruit du rideau de l’appareil photo était assez gênant pour la chanteuse qui chantait du folk assez intimiste. Lors d’un concert, elle a demandé aux photographes d’arrêter de prendre des photos après trois chansons. Cette règle continue maintenant, mais quand on entend le niveau sonore, ce n’est pas le bruit de l’appareil qui est gênant. Maintenant, il y a le droit à l’image ou le fait que certains photographes gênent le public…

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On sait combien le «contrat photo» est devenu strict avec certains artistes.

Oui, mais je joue parfois les rebelles. Pour Tom Jones, au Lokerse Feest, je n’avais pas d’accréditation, je suis entré avec mon reflex dans mon sac. Ils l’ont vu à l’entrée, mais ne m’ont rien dit. J’étais juste derrière le couloir presse. Et j’ai pu photographier comme je le voulais ou presque, en tous cas, bien après les trois chansons autorisées. Et j’ai pu faire une photo dont je suis fier. J’ai envoyé mes photos à Tom Jones, mais, va savoir dans quelles mains elles tombent ! Le manager, la secrétaire ? J’envoie mes photos aux artistes. Parfois j’ai des retours. Toujours positifs. Manu Katché a bien aimé mes images. Triggerfinger aussi. Maintenant, si je n’ai pas de retour, ce n’est pas grave.

Quel est ton objectif alors, ton souhait, ton rêve ?

J’ai auto-produit mon livre. Je ne gagne rien dessus, au contraire. De toute façon, ce n’est pas le but. Moi, je veux que mes photos circulent, qu’elles soient vues et commentées. Qu’elles témoignent. Je ne fais pas des photos pour moi. C’est comme une peinture, on a besoin de partager, de montrer. J’espère un jour trouver un éditeur.

Y a t-il des photographes que tu aimes en particulier, qui t’ont influencé ?

Oui, plein. Pas nécessairement des photographes de scène, bien sûr. Ce sont les Avedon, Newton, Lindbergh… Mais j’aime aussi William Claxton, bien sûr, ou Herman Léonard. Je préfère d’ailleurs ce dernier. Herman Leonard a une certaine vision. Il a photographié les chaussures de Duke ou Billie Holiday par exemples. Il s’attache à certains détails qui révèlent la personnalité des musiciens. Il y a aussi Paul Coerten, un belge, qui a fait beaucoup de belles images dans le rock dans les années 70, ou Baron Wolman qui a été l’un des premiers photographes du magazine Rolling Stone.

Quel est ton meilleur souvenir ?

C’est plus qu’une histoire de photo. Il s’agit du concert de Tony Bennett au Cirque Royal. J’étais au premier rang et je faisais plein de photos. Après avoir chanté «I Left My Heart In San Franciso», le public s’est levé, Tony Bennett a posé le micro sur le piano, est venu droit sur moi et… il m’a donné la main. Rien qu’à moi ! Je suis resté béat. Sinon, ma rencontre avec Manu Katché est un bon souvenir aussi, ou celle avec David Linx qui a fait semblant de chanter pour moi, dans les coulisses. La photo de Kenny Garrett et de Guillaume Perret ensemble a fait son petit bout chemin… Moi je fais le mien. Tout doucement, j'avance.

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A+

 

 

07/03/2016

Tournai Jazz Festival 2016

Cinquième édition du Tournai Jazz Festival, et pari gagné. En quelques années seulement, grâce à une organisation parfaite et un sens de l’accueil indéniable, Tournai a inscrit son nom dans la liste belge des festivals de jazz incontournables. Cette année encore, l’affiche était belle, équilibrée et bien pensée. Jazz contemporain, métissé, funky ou bluesy, il y en avait pour tous les goûts et le public a répondu en masse.

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La suite, à lire sur Jazzaround.

(Photos : J.C. Thibaut)

A+

21/02/2016

Cabu Swingue à Tournai

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C’est bientôt la cinquième édition du Tournai Jazz Festival. D’année en année, l’organisation apprend, peaufine, améliore et nous réserve toujours de belles surprises.

Cette fois-ci, du 25 au 27 février (c’est bientôt, dépêchez-vous), on y verra Hugh Coltman, Dani Klein et Sal La Rocca, Richard Bona ou Dhafer Youssef. Mais aussi Igor Gehenot, Ulf Wakenius, Rémi Panssioan ou encore Big Noise, pour ne citer qu’eux.

Une belle affiche, ouverte et éclectique qui devrait attirer autant les «spécialistes» que les curieux ou, tout simplement, les amateurs de belles notes.

Et puis, une autre raison d’aller se balader du côté de La Maison de la Culture, c’est d’aller voir l’exposition consacrée à Cabu.

Cabu Swing, ce sont plus de 70 portraits croqués par le regretté dessinateur aux lunettes rondes, édités ou non dans des recueils, des magazines ou pour des pochettes de disques. Duke, Ella, MahaliaMiles, Monk, Coltrane, mais aussi des jazzmen moins médiatisés, s’y retrouvent dans un dessin parfois drôle, parfois bienveillant, mais toujours d’une justesse inouïe. Le trait est sûr, vif, à la fois sensible et tranchant.

La belle mise en scène, claire et aérée, permet de profiter pleinement de ces petites perles qui feront certainement swinguer dans un coin de votre tête de très bons souvenirs.

 

 

A+

12/02/2015

Tournai Jazz Festival 2015. Premieres sensations.

La quatrième édition du Tournai Jazz Festival avait lieu vendredi et samedi dernier.

L’affiche était alléchante et le public était au rendez-vous.

Vous lirez un «article» bien plus détaillé dans l’un de vos webzines de jazz préférés (je vous tiendrai au courant).

Mais il faut quand même que je vous dise…

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Seul devant le grand Bösendorfer, en ouverture de festival, devant une salle comble, la prestation du jeune pianiste Thomas Enhco est impressionnante de maturité. Un concert solo ! Il faut oser et surtout, avoir quelque chose à dire. Et Thomas Enhco, au-delà d’une technique irréprochable, propose un discours très intéressant, très surprenant et nous tient en haleine d’un bout à l’autre. Plein de force et de nuance. A revoir sans aucun doute et à suivre. Chapeau l’artiste.

Mais ce soir, le public est surtout venu pour Barbara Hendricks. Toute les places sont vendues. La diva chante bien. Très bien, même. Mais… mais, n’est pas chanteuse de jazz qui veut. C’est sage, bien coiffé, bien parfumé et bien trop propre… C’est du jazz de salon. Pour chanter le blues, il faut bien plus que ça. Mais ça plait au public. Moins à moi.

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Heureusement, ensuite, il y a Bai Kamara. Et là, ça sonne, et ça sent le vécu. Les morceaux sont catchy, les musiciens s’amusent et… ça joue. La voix du chanteur est graineuse comme il faut. Aussi douce que puissante. Pur plaisir.

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Le lendemain, vers quatre heures, Bojan Z raconte un peu de son enfance, de sa vie, de ses rencontres. Il explore toutes le facettes de son piano ou du Fender. Concert solo mais Bojan n’est pas seul, en fait. Il est accompagné d’images (ses propres photos mises en rythme de façon très élégante). Et c’est superbe. Poignant. Emouvant. Et tellement humain. Magnifique moment.

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Dans la salle Lucas, le guitariste Hervé Caparros assure avec un jazz parfois rock qui lui va très bien (et que j’aime vraiment beaucoup) et parfois beaucoup plus smooth (trop à mon goût). Belle découverte en tout cas.

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Paolo Fresu et Omar Sosa, dans la grande salle, nous emmènent dans un voyage délicat, fait d’atmosphères éthérées, mais aussi, parfois, plein de rebondissements et de surprises. La complicité entre les deux musiciens est évidente et cela se ressent dans leur musique. Un vrai partage.

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Et puis, après une petite pause, c’est le feu d’artifice avec Kenny Garrett. Dès les premières notes, le saxophoniste américain met la barre du swing et du groove très haut. C’est puissant et brûlant ! Pas un seul temps mort. Des solos du pianiste ou du batteur, d’une inventivité parfaite. Et puis, Garrett n’attend pas le rappel pour en remettre un couche. Et puis une autre. Il pousse le public à chanter, à se lever, à frapper dans les mains. Et le public ne veut plus le lâcher. Le saxophoniste et son groupe resteront une heure de plus sur scène, obligeant Guillaume Perret à retarder le début de son concert... Mais quel concert !

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En duo avec son batteur, le saxophoniste français fait exploser le jazz. Bouillonnant et brillant, d’une puissance et d’une énergie sans borne. A deux, ils captiveront le public jusqu’à la fin. Fort, très fort !

 

 

A Tournai on a eu droit à tous les jazz.

Et j’ai déjà pris mes billets pour l’année prochaine !

A+

(L’article plus «détaillé», c’est pour bientôt)

 

28/01/2015

Pourquoi j’irai au Tournai Jazz Festival.

 

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Tournai Jazz Festival. Quatrième édition !

Le pari lancé par Geoffrey Bernard, avec la complicité de la Maison de la Culture de Tournai (et l’infatigable Frédéric Mariage), d’organiser un festival de jazz à Tournai qui s'installe dans le paysage culturel belge est pratiquement gagné.

Oui ! Le public est venu applaudir Eric Legnini, Toots, le BJO ou encore Philip Catherine, en 2012 pour la première.

Oui ! Il est revenu, plus nombreux encore, écouter Galliano, Manu Katché ou Ibrahim Maalouf l’année suivante… Et oui ! En 2014, il était encore là pour voir Jef Neve, Avishai Cohen, Viktor Lazlo et l’incroyable Youn Sun Nah.

Et chaque année, l’organisation est irréprochable. Et chaque année, l’accueil est formidable et chaleureux (tant pour le public que pour les musiciens).

En 2015, ces 6 et 7 février, Tournai Jazz remet le couvert et nous propose une fois de plus une superbe affiche.

Barabara Hendricks (oui, oui, Barbara Hendricks) viendra chanter le blues de Billie Holiday, Bessie Smith ou encore de Nina Simone.

Il y aura aussi des «jeunes» à découvrir, comme Thomas Enhco, brillantissime pianiste - à la fois impétueux et raffiné et toujours surprenant, ou Guillaume Perret  et sa conception musclée du jazz. Ceux qui aiment les sensations fortes en auront pour leur argent. Et ceux qui pensent que le jazz est une musique «plan-plan» risquent bien d’être surpris.

Et puis il y aura aussi au programme : Bojan Z en solo, Paolo Fresu et Omar Soza en duo et Kenny Garrett en quintette ! On ne fait pas les choses à moitié à Tournai.

Il y aura, bien sûr, des belges, comme Big Noise (gare à la fête, comme on dit) ou Bai Kamara (avec Jean-Paul Estiévenart, Stéphane Mercier, David Devrieze ou encore Michel Seba! ) ou le guitariste Hevé Caparros (à découvrir!) avec Sal La Rocca, Lionel Beuvens et Matthieu Van

Vous le voyez, il n’y a aucune raison de rester chez soi ce week-end là.

Réservez vos places tant qu’il en est temps !

Il y a même un pass** «spécial Kenny Garrett / Guillaume Perret» mis en vente au prix de 30€ - pour ceux qui ne peuvent pas se libérer «avant».

Tout est prévu, je vous dis. Voilà pourquoi j’irai au Tournai Jazz Festival.

On se retrouve là-bas ?

 

 

 

A+

**UNIQUEMENT disponible au guichet de la maison de la culture de Tournai ou en téléphonant au 0032 / 69253080. Infos : contact@tournaijazz.be .

 

 

 

10/03/2014

Tournai Jazz Festival 2014

 

Mais que s’est-il passé à Tournai lors du dernier Festival de Jazz ?

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Pour connaître tous les détails – et connaître mes sentiments à ce propos – il suffit d’aller jeter un coup d’œil ici, sur Citizen Jazz.

Entre-nous, c’était une superbe édition… Et on attend déjà la prochaine avec impatience.

A+

 

26/01/2014

Rendez-vous à Tournai

Plus que 9 fois dormir et s’ouvrira à Tournai la troisième édition du Festival de Jazz.

Rappelez-vous, j’avais parlé de deux précédentes éditions, qui avaient tenues toutes leurs promesses, sur Citizen Jazz (d’abord ici et puis ici).

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En 2013, les organisateurs avaient tiré les leçons d’un premier essai assez ambitieux (presqu’un coup de maître) avec bonheur. Le Tournai Jazz Festival reprend donc la même formule cette année et l’affine encore un peu plus. Outre le patio et l’habituelle salle Jean Noté, la salle Lucas ouvrira également ses portes pour accueillir au total 11 concerts pendant deux jours.

Du côté de la programmation, Geoffrey Bernard (l’un des principaux initiateurs du projet) et ses amis se sont, une fois de plus, plutôt bien débrouillés pour proposer une affiche originale et bien alléchante.

Voyons ça en images et en musiques…

Vendredi, c’est Elia Fragione (dans un registre pop jazz) qui donnera le coup d’envoi, et l’intenable Daniel Willem et son Gipsy Jazz Band qui fermera le ban.

 

 

Entre les deux, Tournai aura les honneurs de l’excellent Jef Neve (avec son Sons Of A New World) et l’étonnante - et très réussie - évocation de Billie Holiday par Viktor Lazlo (vu l’année dernière au Théâtre Le Public à Bruxelles, je vous le recommande).

Samedi, après le drôle et touchant conte musical pour enfants de Toine Thys, «La Mélodie Philosophale» (vu l’été dernier au Gaume Jazz. Je vous le conseille vivement, même si vous avez passé l’âge), Ivan Paduart se produira en trio, avec Hans Van Oosterhout et Philippe Aerts. Ça commence donc très bien, non ?

Et ce n’est pas fini !

Il y aura Electrophazz, Les Swing Hommes

 

 

Mais il y aura aussi, ni plus ni moins, la fabuleuse chanteuse Youn Sun Nah pour un concert envoutant et frissonnant à souhait (je vous le garantis), suivi par le trio de Avishai Cohen, (qui avait mis tout le monde d’accord lors du Jazz Middelheim en 2012 !).

 

 

Ça promet !

Mon petit doigt me dit qu’il ne faut plus tarder à réserver… tout est bientôt sold-out ! Vite !

On se retrouve là-bas ?

A+

 

25/03/2013

Tournai Jazz Festival sur Citizen Jazz

Les organisateurs du Tournai Jazz Festival apprennent vite. L’an dernier, pour la première édition, ils avaient déjà bien fait les choses. En grand. Peut-être même un peu trop grand pour un début : le BJO, Toots Thielemans, Eric Legnini, Philippe Catherine, Terez Montcalm et d’autres. Il fallait tenir le rythme pendant trois jours. Et sur la fin, on sentait le public un peu moins assidu.

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Cette année, on est passé à deux jours et on s’est limité à deux salles : le grand patio et la belle grande salle Jean Noté. Résultat : carton plein et une ambiance très festive.

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Compte rendu complet à lire sur Citizen Jazz...


A+


13/01/2013

Sous les flocons, le jazz.


Deux, trois, petits rendez-vous en ce début d’année.

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Hé oui, les festivals ne se déroulent pas toujours sous le soleil d’été.

Winter Jazz Festival porte d’ailleurs bien son nom. Depuis quelques années, Flagey et le Théâtre Marni proposent une série de concerts, ainsi que quelques projections de films concernant le jazz. Sur le grand écran, on y verra «Petrucciani» de Michael Radford, «Autour de minuit» de Bertrand Tavernier ou encore «Sweet And Lowdown» de Woody Allen.

Et sur scène on verra Mâäk avec Marc Ducret, Metal-o-phone ou encore Too Noisy Fish pour les plus avant-gardistes, Jef Neve, Sal La Rocca, LABtrio et Christian Escoudé, pour les valeurs sûres, Kaja Draksier’s Acropolis ou Elifantree pour les découvertes et Matthew Herbert Big Band pour le plus grand plaisir de tous.

Alors, hop ! Une écharpe, un bonnet et n’hésitez pas à traverser la Place Falgey dans les deux sens.

Mais à côté de la «grosse machine», n’oublions pas non plus nos amis de Muse Boosting et leur Blue Flamingo Jazz Festival, qui continuent à proposer chaque trimestre deux concerts à Molenbeek. Allez vous réchauffer dans cette magnifique salle du Château du Karreveld aux sons de Big Noise et du trio d’Igor Gehenot. Ambiance assurée.

Ça c’est à Bruxelles. Mais il y a aussi Tournai qui propose la deuxième édition de son Tournai Jazz Festival . Cette année, on y verra Ibrahim Maalouf (unique concert en Belgique !!) mais aussi Richard Galliano, Manu Katché, Bojan Vodenitcharov et Steve Houben et quelques jeunes groupes dont Blue Monday People, Mister Dumont, Pia Silva… et encore Big Noise.

Allez-y !

Et puis, il y a aussi les Djanjofolllies dont les concerts s’éparpillent aux quatre coins du pays (Christian Escoudé, Les Violons de Bruxelles, MuZiek de Singe, Les Doigts de l’Homme et bien d’autres).

Et, bien entendu, outre les festivals, il y a toujours les clubs, les clubs, toujours les clubs !

Plongez dans l’agenda du site des Lundis d’Hortense, qui est toujours là pour vous dire où et quand ça se passe. Qu'il neige ou qu'il fasse soleil...

 

A+

28/02/2012

Tournai Jazz Festival sur Citizen Jazz

La création d’un festival de jazz est toujours réjouissante. Celui de Tournai est d’autant plus à encourager qu’il se situe dans une région un peu trop oubliée des médias. Pourtant, la ville occupe une position géographique assez enviable puisqu’elle est située au carrefour de la Wallonie, de la Flandre et du Nord de la France.

Et puis, du jazz à Tournai, on n’en avait plus entendu depuis bien longtemps.

La suite à lire ici, sur Citizen Jazz...

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Bonne lecture.


A+

 

25/02/2012

Tournai Jazz Festival

Oui, oui, il y a eu le Tournai Jazz Festival. Et j’y étais.

C’était le week-end des 27, 28 et 29 janvier et ça se passait à la Maison de la Culture.

L’ambiance était très bonne et très sympathique. L’organisation parfaite («chapeau» pour une première !).

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A l’affiche, il y a avait Toots, Terez Montcalm, Eric Legnini, le BJO avec David Linx et Maria Joao, Thierry Crommen, Philip Catherine

Les salles étaient plutôt bien remplies et les concerts souvent à la hauteur des attentes. Coup de cœur pour Philip Catherine qui arrive toujours à allier sobriété et efficacité. Ses relectures des grands classiques de Cole Porter sont de pures merveilles.

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Et puis énorme coup de cœur au BJO et le projet «Another Porgy, a different Bess». Fantastique d’un bout à l’autre. David Linx, toujours éblouissant et Maria Joao renversante ! Des arrangements incroyables («A Red-Haired Woman» à tomber par terre, «Summertime» à pleurer…), des solistes formidables, un Big Band unique. On attend le disque avec impatience.

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Bref, tout ça, vous le lirez en long, en large et en profondeur, très bientôt sur Citizen Jazz.

 

A+

 

12/01/2012

Festival de festivals.

 

Qui a dit qu’il fallait attendre l’été pour retrouver les festivals de jazz ?

Allez, hop, tous à vos agendas… et essayez de vous organiser!

Ça commence le 17 avec le Winter Jazz Festival, au Théâtre Marni et à Flagey.

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C’est Philip Catherine - accompagné par le pianiste italien Nicola Andrioli - qui ouvrira les festivités au Marni (le 17) et pas moins de 20 jeunes musiciens venus de 7 pays européens qui donneront un grand concert de clôture à Flagey le 28 : «JazzPlaysEurope Anniversary». Entre ces deux grands moments, on pourra entendre le nouveau et ambitieux projet de Barbara Wiernik avec l’Ensemble des Musiques Nouvelles : «Les 100 Ciels» (le 21 au Marni). Le 26, à Flagey, Sinne Eeg sera l’invitée du Danish Radio Big Band et le lendemain, au Marni, on pourra découvrir Loumèn.

La suite de l’affiche reflétera la liberté des influences dans lequel le jazz évolue constamment: le quartette tchéco-slovaque AsGuest joue la carte de l’improvisation. Autour du piano de Michal Vanoucek on trouvera et d’un vibraphone Miro Herak (vib) et Janos Bruneel (cb) et Joao Lobo (dm) (le 18 à Flagey). Le 19, Frown I Brown apporteront leur touche de hip hop à la note bleue, juste après le vernissage de l’expo consacrée aux esquisses d'un des menbres du groupe, Herbert Celis. Le 25, le trio manouche de Marquito Velez, Martin Bérenger et Dajo de Cauter swinguera pour un soir de rencontre entre le Winter Jazz et les Djangofolllies ! Hé oui, les Djangofollies, c’est aussi en janvier ! Ça commence le 19, ça se termine le 29 et c’est un peu partout en Belgique…

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Un autre Festival, c’est celui du Blue Flamingo, organisé par Muse Boosting au magnifique Château du Karreveld à Molenbeek. Le vendredi 20, on pourra y entendre le quartette de Fabrizio Graceffa (avec Jean-Paul Estiévenart (tp), Boris Schmidt (cb) et Herman Pardon (dm) et le samedi, le trio de Eric Seva (as), Didier Ithursarry (acc) et Olivier Louvel (g, sax). Cerise sur le gâteau, Eric Seva proposera également une Master Class le samedi 21 à 16h. Avis aux amateurs ! Renseignez-vous vite au 02 880 93 26 ou surfez ici

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Et puis, pour que le plaisir soit complet, Tournai organise son premier festival de jazz ! Cela se déroulera le week-end des 27, 28 et 29 janvier à la Maison de la Culture. Et pour une première, les organisateurs n’ont pas fait les choses à moitié. Au programme : Toots Thielemans et Terez Montcalm le vendredi soir, Eric Legnini «The Vox» et le projet Cole Porter de Philip Catherine le samedi. Dimanche ce sera Thierry Crommen qui montera sur scène  avant le final très alléchant: David Linx et Maria Joao accompagnés par le Brussels Jazz Orchestra avec le projet «Another Porgy & Bess»!

Et comme si cela ne suffisait pas, il y aura aussi, pendant tout ce week-end, des ateliers de jazz vocal, des concerts pour les enfants et d’autres concerts (Swing Dealers, Nu Jazz Project…). Ça va swinguer dans la cité des cinq clochers !

A+