12/12/2007

Chrystel Wautier - Almadav - T-Unit 7 - Véronique Hocq

Retour sur quelques concerts auxquels j’ai assisté ces dernières semaines.
Malheureusement, pas toujours entièrement.
Un set… ou deux, maximum.
Mais ce n’est pas une raison pour les passer sous silence.

Alors, reprenons.
Dans un ordre plus ou moins chronologique.
01
Chrystel Wautier, d’abord.
La chanteuse présentait «Between Us…», son premier album, au Sounds.
Autour d’elle, on retrouve Quentin Liégeois à la guitare et Boris Schmidt à la contrebasse (en remplacement de l’habituel Sam Gerstmans).

Ce soir, il était prévu que quelques guests partagent la scène avec le trio. Malheureusement, des problèmes de santé ont empêché Paolo Radoni (g) et Guy Cabay (vib) de répondre à l’invitation. Jean-Paul Estiévenart (tp) par contre était bien là, bon pied bon œil. Mais je n’ai pas pu assister à sa prestation car je «devais» partir à la fin du premier set…

Chrystel nous a donc offert son swing élégant en trio.
«Show Me», «Easy To Love» ou «Born To Be Blue» se succèdent avec délicatesse. Parfois même avec timidité. Étonnant de sa part. Du coup, la voix perd parfois un tout petit peu d’assurance…
Du côté de la rythmique, par contre, le fluide passe avec aisance et la version de «My Favorite Things» est brillante. Courte, sobre, simple et efficace.
02
L’album de Chrystel Wautier est un très joli recueil de ballades fines et de morceaux swinguant tendrement. A déguster au coin du feu cet hiver. Tout y est d’une belle justesse et la belle prise de son ajoute à la volupté.


Quelques jours plus tard, je suis passé au Music Village pour écouter les derniers sets d’Almadav, un des groupes d’Alexandre Cavalière qui  avait reçu carte blanche pour 3 jours dans le club de la Grand Place.
Le public habituel, sans doute moins enclin à entendre un jazz fusion assez ouvert n’a pas trop suivi.
Dommage, car je vous assure, et je le répète, Almadav c’est bien !
Ce soir, Sam Gerstmans remplace Cyrille De Haes parti jouer avec le groupe rock français Treize à Table (pour un bout de temps, semble-t-il), et Jereon Van Herzeele était invité à se joindre au groupe.
Les deux premiers morceaux oscillent entre fusion («Tight») et funk («Ramblin’» ??).
Puis, honneur à l’invité du soir, Jereon improvise et booste une jolie ballade qui invite le guitariste Manu Bonetti à répondre par un très beau solo, carré et solide.
Alexandre, lui, s’amuse visiblement à répliquer aux assauts du saxophoniste.
David Devrieze (tb) prend lui aussi un énergique et puissant solo sur «I See The Time» aux rythmes asymétriques qu’affectionne particulièrement l’excellent batteur Xavier Rogé (d’ailleurs, le morceau est de lui).
J’aime décidément bien l’esprit frondeur qui émane du groupe. Entre une énergie à la Mingus et un jazz contemporain qui joue sur les tensions.

03
Quelques jours plus tard, je suis à la Jazz Station pour écouter le deuxième set de T-Unit 7, le septet du saxophoniste Tom Van Dyck.
«The Chase» est un morceau chaloupé qui prend le temps de s’installer.
La cadence monte petit à petit et me fait un peu penser à l’ambiance «Star People» de Miles Davis… en moins électrique. Le saxophoniste emmène son petit monde entre soul et funk.
Ewout Pierreux, jusque-là aux Rhodes, rejoint son piano et amorce, de façon très lyrique et inspirée, une ballade délicate.
Mais les changements de rythme et de tempos, les brisures et les surprises ne se font pas attendre. Michel Paré (tp) et Fred Delplancq (ts) sont là aussi pour donner du piquant et faire éclater les thèmes.
Il faut aussi souligner les très belles interventions, aux accents parfois un peu boogaloo, du jeune tromboniste Peter Delannoye, qui remplaçait quasi au pied levé Andreas Schikentranz.
T-Unit 7 voyage au travers de différentes contrées d’un jazz tantôt blues, tantôt soul et au groove  parfois nonchalant mais toujours présent.
Belle équipe à revoir et réentendre.

04
Pour terminer mon périple, retour au Sounds, quelques soirs plus tard pour écouter Véronique Hocq que j’avais raté au Music Village deux ou trois semaines auparavant.
La voix un peu plus voilée qu’à l’habitude et accompagnée du très lyrique pianiste Mathieu De Wit, la chanteuse nous fait un mini concert très intimiste.
Son timbre colle à merveille sur un «Never Let Me Go» d’une très belle sensibilité.
Sans doute le morceau le plus réussi ce soir.
Quand elle scatte sur des thèmes plus enlevés comme «Whisper Not», on la sent encore un tout petit peu mal à l’aise… Mais au moins, elle ose.
On aimerait cependant que la voix projette plus dans ces moments-là.
C’est d’ailleurs ce qu’elle arrive à faire sur un morceaux plus swinguant («Billie’s Bounce» ??), quand Nicola Lanceroti (cb) et Didier Van Uytvanck (d) viennent prêter main-forte sur scène…

A suivre.

A+