02/01/2018

On commence par quoi ?

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Janvier 2018 va être chaud.

Ce n’est pas une prévision météorologique mais un constat jazzistique.

Quoiqu’on en dise, en matière de jazz en Belgique, on est quand même bien gâté. Il suffit de regarder l’agenda de Jazz In Belgium pour constater qu’il y a, chaque jour, des concerts de jazz à Bruxelles, en Flandre ou en Wallonie. Et encore, certains ne sont pas annoncés (parce qu’ils s’organisent en dernière minute, parce que certains organisateurs n’ont pas encore le réflexe de les signaler, ou parce qu’ils oublient…) ! Merci les clubs, merci les musiciens...

Il y a donc les clubs et puis, il y a les festivals.

 

 

Par ordre d’entrée en scène, il y a d’abord le Brussels Jazz festival à Flagey.
Du 11 au 20 janvier, il n’y aura pas moins de 25 concerts parmi lesquels on notera ceux de Archie Shepp, Jasper Høiby, Tony Allen, Soweto Kinch, Kurt Rosenwinkel, Uri Caine, mais aussi Mäâk (qui fête ses 20 ans !), LABtrio, Enrico Rava, Stijn Cools Book Of Air, Shabaka Hutchings ou Matthew Herbert !

Il y aura des projections (Django, Just Friends) et une expo des dessins de Pieter Fannes, et Yann Bagot qui présenteront leur livre : Jazzconcerten op papier.

 

 

Simultanément, à deux pas de Flagey, au Théâtre Marni mais aussi au Senghor et à la Jazz Station, se tiendra la quatrième édition du River Jazz Festival.

A partir du 12 et jusqu’au 27, ce sont Richard Galliano, Nicolas Kummert avec Hervé Samb, Fabian Fiorini et Yves Teicher, Thomas Champagne, LG Jazz Collective, Steve Houben, Anne Wolf, mais aussi Marc Ribot en solo et Or Bareket en quartette qui feront vibrer les trois scènes ! Et celui qui aura l’honneur de suivre le Maelbeek (l’ancien ruisseau qui reliait Ixelles à St-Josse et qui a inspiré le nom du festival) et de se produire le même soir dans les trois lieux avec trois projets différents, n’est autre que Tuur Florizoone.

Et ici aussi, il y aura des expos (Jorge Gonzalez, Horacio Altuna et Gani Jakupi, auteur du merveilleux «Roi invisible»), des conférences, des concerts pour enfants et des projections.

Mais vous êtes peut-être plus attirés par le jazz manouche ? Pas de problème, sinon peut-être celui de votre agenda très chargé. Rendez-vous à Gent, Antwerpen, Bruxelles, Charleroi, Liège et d’en d’autres villes et villages de Belgique (demandez le programme ! ) pour les Djangofolllies !

Lollo Meier, Minor Sing, la famille Cavalière et son Jazzy Strings, Tcha Limberger, Samson Schmitt et bien d’autres viendront swinguer près de chez vous.

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Et pour terminer cet excitant (épuisant ?) mois de janvier, direction Tournai pour son septième Jazz Festival (du 31 janvier au 4 février) !

Partagé entre la Halle aux Draps, le Magic Mirrors et le Conservatoire (rassurez-vous, tout cela tient dans un mouchoir de poche, autour de la Grand Place), on aura droit à une vingtaine de concerts !

On y verra Lisa Simone, Rhoda Scott, Stacey Kent et Michel Jonasz. Mais aussi Phil Abraham, Elia Fragione, Sacha Toorop, Didier Lockwood, Igor Gehenot, Eric Legnini et son Waxx Up et une carte blanche à Stéphane Mercier qui sera entouré, tour à tour, de Nathalie Loriers, David Linx, Jean-Louis Rassinfosse, Bruno Castellucci, Paolo Loveri, Fabrice Alleman, Vincent Bruyninckx, Nic Thys, Daniel Stockart, Toine Thys, Jean-François Prins, et Charles Loos… Wahoo !

Et bien sûr, pendant ces cinq jours (et nuits), il y aura des animations dans la ville, des expos, des projections…

Quand je vous disais que ce sera chaud…

 

A+

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08/08/2015

Gaume Jazz Festival - Day 1

Soleil de plomb, en fin d'après midi ce vendredi, pour le premier jour de festival. L'orage menace un instant mais n'éclate pas, il fait chaud, il fait lourd et c'est l'occasion, pour bien commencer, de déguster un Orval ou une Rulles bien fraiches. L'ambiance est décontractée, conviviale, douce et «vraie».

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Après la présentation des principaux rendez-vous de ce 31e Gaume Jazz Festival par l'infatigable et toujours très investi Jean-Pierre Bissot, c'est Tali Toké qui est le premier groupe à inviter le public à la danse. En effet ce combo, composé de François Lourtie (ss, sb), Benoît Leseure (violon), Jonathan De Neck (acc), Jérémie Piazza (en remplacement de Jérôme Klein, et vu avec Papanosh il y a deux ans – dm) et Benjamin Sauzereau (eg), propose un savant mélange de klezmer, de folklore balkanique, de jazz de chambre et de brass band underground.

Le groupe travaille les sons très « naturels ». La batterie, fouettée par des fagots, l’accordéon, le sax basse et le violon donnent cette impression d'être proche de la terre et de la matière. Ajoutez à cela des arrangements plutôt originaux, des groove qui s'entremêlent et montent en intensité et un contact facile avec le public et vous avez tout compris. Le voyage est peu commun, et le groupe évite l'obligation du « traditionnel » pour s'ouvrir à des sons plus urbains et actuels. Un beau projet à suivre de près.

Sous le chapiteau Emmanuel Baily (enfant du pays et excellent guitariste, entendu avec Wang Wei, Kind Of Pink…) propose sa carte blanche. Pour cela, il s'est entouré de Xavier Rogé (dm), Jean-François Foliez (cl), Khaled Aljaramani (oud, voc) et Lambert Colson (cornet à bouquin !! ).

L'entrée en matière, très lyrique et raffinée, fait référence à J.S.Bach. Puis la musique dévie vers un certain orientalisme et ensuite vers un jazz plus pop. Le mélange de baroque, de jazz, de musique du monde (le magnifique chant arabe du oudiste syrien Khaled Aljaramani) et même du rock (reprise de « The Eraser » de Thom Yorke) est intéressant. Mais c'est surtout la manière de faire dévier sensiblement les fonctions initiales des instruments qui est intelligente. Le oud, comme cornet à bouquin, résonnent parfois de façon très contemporaine, tandis que la guitare, la clarinette ou la batterie empruntent plus au classique ou aux percussions africaines (il faut souligner le drumming impeccable, fin et inventif de Xavier Rogé).

À l'instar de l'instrumentation, l'écriture est plutôt riche et nous prend parfois à contre-pied (« Goma » ou « Night Stork » par exemples). L'arrangement sur « Les feuilles mortes » est étonnant aussi : totalement démonté, pièce par pièce, mélangé et redistribué de manière presque abstraite. Et c'est plutôt réussi.

Sans esbroufe ni effets trop appuyés, le travail d'Emmanuel Baily a de quoi vous faire perdre un peu de vos repères. Mais ce n’est qu’un début.

Vers 22h30, le chapiteau est plein pour accueillir Stacey Kent. Ballades, samba triste, pop jazzy... On connait le répertoire. Cette femme est vraiment amoureuse - et elle l’est depuis longtemps - de son musicien de mari (Jim Tomlinson). Et cet état d'esprit se ressent dans sa musique. Voilà un vieux couple amoureux. Il n'y a pas un nuage à l'horizon, pas de tensions, pas de questions... que du bonheur.

Rien à redire sur la voix, les arrangements ou les compos, tout est réglé au cordeau, tout est bien en place, bien interprété, bien joué. Aucune faute de goût. C'est raffiné, élégant... C’est du jazz lisse, proche de la chanson. C’est agréable, mais on pourrait paraphraser Gabin dans « Un singe en hiver»: "C'est le bonheur rangé dans une armoire. [...] Mais tu m'... " (je vous laisse compléter…).

A+

 

13/07/2007

Blue Note Festival 2007 - 04

Après une journée «off» lundi (le festival avait laissé la place à l’arrivée du Tour de France), je suis retourné mardi à Gand pour écouter Stacey Kent.

Normalement, j’aurais voulu entendre aussi E.S.T., mais je ne pouvais pas être sur place plus tôt.
Dommage, car on m’a dit que c’était mieux qu’à Liège.

01

Stacey Kent, donc…
Il y a un petit côté suranné, un peu désuet, chez cette chanteuse.
Ce qui ne manque pas de charme, bien sûr, surtout quand elle interprète – très joliment – une vieille chanson de Gainsbourg.
La diction de la chanteuse anglo-américaine est charmante en français et parfaite en anglais (sur «If I Were A Bell» en particulier).

Souvent sur des mid-tempos, elle laisse son mari de saxophoniste, Jim Tomlinson, développer des solos moelleux qui ne feraient pas tache dans le lounge d’un grand hôtel de luxe où l’on s’ennuie en buvant un cocktail…
Maniant avec habileté second degré et humour, Stacey Kent sait aussi se faire sensuelle, comme sur «The Surrey With The Fringe On Top». Par contre, elle n’arrive pas, à mon avis, à mettre une réelle émotion sur «Never Let Me Go»...
N’est pas Shirley Horn qui veut…

Bref, du jazz qui ne fait de mal à personne. C’est bien là l’ennui.

02

Dernier concert de ce mardi: Charlie Haden qui venait fêter les 21 ans de son Quartet West.

À la place du regretté Billy Higgins, c’est Rodney Green qui tient les baguette.
Pour le reste, il s’agit du groupe d’origine: Ernie Watts au sax et l’excellent Alan Broadbent au piano.

Après un démarrage en souplesse et en douceur qui permet d’entendre une ou deux longues interventions du contrebassiste, le concert décolle un peu quand le groupe attaque «Child’s Play» dans un style «calypso».
Ernie Watts, qui me rappelle parfois Georges Coleman, s’emballe, lui aussi, dans un solo plein de ferveur.

Mais avec «Lonely Woman» on passe vraiment à la vitesse supérieure.

03

Le sax flirte avec le free tandis que Broadbent, dans une approche très ouverte aussi, s’engouffre dans une longue improvisation.
Après une attaque assez contemporaine, le pianiste déstructure totalement le thème avant de revenir vers un vamp exaltant.
Haden renchéri et Rodney Green se fend d’un solo puissant.

Le «West» a 21 ans et il se porte très très bien…

04

Mercredi, dans un chapiteau bien rempli où l’on avait retiré les chaises («All That Jazz ?» avec un «?» oblige) Erik Truffaz amorce son concert avec «Akiko» vitaminé à la jungle, puis invite Ed Harcourt pour «Red Clouds».
Le son est énorme et ça aide à faire passer le côté pop du projet.

Après «Snake Charmer Man» et «Next Door», le groupe propose un nouveau morceau, me semble –t-il.
Sur celui-ci, Marcello Giuliani s’offre un grand moment de basse qui donne des idées à Patrick Muller qui frappe son Fender «décapoté» avec frénésie.

Dans ce grand délire très libre, Marc Erbetta en profite pour expérimenter ses «sons de bouche».
Mi pitre, mi batteur, il n’en oublie pas d’imprimer un groove terrible.

A nouveau avec Ed Harcourt, le groupe interprète une version assez «roots» de «Nobody Puts The Baby In The Corner» qui évoque un peu la musique des bordels de la Nouvelle Orléans.
Retour à la gentille pop d’«Anonymous» avant le final un peu foutoir mais énergique à souhait: «Miss Kaba».
Un foutoir comme j'aime.
05

Ambiance planante et jazz atmosphérique, ensuite, avec Cinématic Orchestra.

Sur des thèmes très écrits et évolutifs, le saxophoniste (Tom Chant?) prend quelques libertés bienvenues avant que Heidi Vogel ne rejoigne le groupe.
La voix de la chanteuse est belle, très «lounge», ce qui sied très bien à cette musique aux tempos lents.

La plupart des morceaux joués ce soir sont tirés du dernier album du groupe: «Ma Fleur».
Sous l'impulsion de Jason Swinscoe, caché derrière son laptop, «To Build A Home», «Breathe» et autres chansons intimistes et mélancoliques rythment la soirée.

De temps à autre, le batteur Luke Flowers et le bassiste Phil France se permettent quelques dérives «soul/bop».

C’est sur la toute fin, et juste après leur tube «Evolution», que le Cinematic Orchestra laisse éclater quelques furieux groove… histoire d’annoncer DJ Shadow pour le dernier concert de la soirée (que je ne verrai pas... car parfois, il faut dormir.)

A+