11/11/2012

Piero Delle Monache - Sounds

Mine de rien, Piero Delle Monache aime bien prendre des risques et explorer la musique à sa manière. “Thunapa” son projet actuel, dont j’avais parlé ici, en est un bel exemple. Et ce samedi 27 octobre, dans le cadre du Skoda Jazz, au Sounds, le saxophoniste se présentait en trio.

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Exit le piano de l’excellent Claudio Filippini, seuls Tito Mangialajo Rantzer (cb) et Alessandro Marzi (dm) étaient du voyage. Un instrument harmonique en moins, voilà qui remet un peu en perspective la musique.

Celle de Thunapa est à la fois très organique - elle repose sur le souffle, les respirations, les caresses - et à la fois très onirique. Et les trois musiciens, très complices, l’ont bien assimilée. Et d’ailleurs, colorés différemment, «Rue des Saisons» ou «Ascolta se piove» ne souffrent pas de l’absence de piano.

Ce «vide» permet même au contrebassiste, par exemple, de s’aventurer dans des improvisations délirantes, sans toutefois tomber dans le saugrenu. Tito Mangialajo Rantzer joue sur la totalité de sa contrebasse. Il pince et frotte les cordes de façon très personnelle, puis il griffe le bois, le frappe, durement ou sourdement. Et, pris dans l’excitation, s’accompagne en sifflant…

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Mais bien vite, le calme revient et Delle Monache dépose délicatement des bribes de mélodies. Le public est à l’écoute, l’ambiance redevient feutrée.

C’est le moment que choisi le leader pour jouer en duo avec son… iPhone. Il lance des conversations et des rythmes enregistrés sur lesquels il improvise, avant que le thème «Thunapa» ne se dessine. Etrange moment - même s'il faut "oser" - qu’on a quand même un peu de mal à situer dans le concert.

Surtout lorsque, juste après, le trio à nouveau au complet invite un saxophoniste (que j’ai déjà entendu avec Manolo Cabras et Erik Vermeulen et dont le nom m’échappe !! Help !! ), et plonge à pieds joints dans un jazz beaucoup plus enflammé et jubilatoire. Ça échange, ça vibre et ça vit.

Et ça se termine sur un «Sentimental Mood» très aérien, histoire de conclure sur une note sensuelle ce délicat concert.


A+

 

 

 

16/10/2012

Piero Delle Monache - Thunapa

On avait quitté Piero Delle Monache sur «Welcome», un très séduisant album - à la pochette rose flashy - de facture plutôt classique avec des compositions assez charnues et un jeu solide entre hard-bop et pop.

On le retrouve cette année avec un projet plus personnel, plus ambitieux et beaucoup plus abouti : Thunapa.

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Inspiré par une légende Bolivienne (un Dieu Inca à la barbe blanche et aux yeux bleus qui donna son nom au volcan cracheur des «larmes» blanches), Piero Delle Monache s’est laissé aller à un long poème musical très joliment maîtrisé.

Accompagné à la contrebasse par Tito Mangialajo Rantzer, au Fender Rodes par Claudio Filippini et aux drums par Alessandro Marzi, le saxophoniste italien nous emmène dans un univers ouaté, onirique et fantasmagorique.

Un fil rouge discret et fluide comme une respiration parcourt cet album singulier. Dès lors, même si l’on peut «picorer» un morceau ici ou là, il est préférable d’écouter l’album en discontinu. Piero Delle Monache (que l’on pourrait situer dans la lignée d’un Mark Turner) esquisse doucement le contour des mélodies, se gardant bien de définir trop précisément les tenants et les aboutissants. Il maintient ainsi une part de mystère dans son discours. «Ascolta se piove» (repris plus loin en solo, avec quelques loops qui en accentuent la transe) ou «Rollin’ Years (Mr Michael Blindlove)» flottent dans cet univers amniotique. Les gouttes de Fender Rhodes s’éparpillent et rebondissent sourdement, tandis que le roulement feutré des mailloches sur les tambours instille un groove sensuel. Si le volcan gronde un moment avec«RW2» sur les improvisations nerveuses du claviériste, c’est pour mieux revenir ensuite à la sagesse.

Ce jeu introspectif et cette ambiance brumeuse ressassent les idées et les questionnements. La porte est toujours ouverte aux possibles résolutions. Les harmonies et les lignes mélodiques, parfois légèrement dissonantes («Rue des Saisons»), accentuent l’incertitude et la fragilité. Delle Monache joue avec les respirations et les espace, et rythme son histoire par chapitre, à l’aide de courtes improvisations en solo qui nous aident à passer d’un état à un autre.

Avant la coda («Dreamers»), il résume et concentre tous ses sentiments et toutes ses explorations sur un «Thunapa» envoûtant qui donne le nom à cet album décidément très attachant.

Thunapa est comme un vent de fraîcheur, un parfum indéfinissable qui traverse l’instant et révèle en nous des souvenirs flous, réels ou fantasmés. À découvrir !

Piero Della Monache sera en concert en Belgique à La Piola Libri le 26 octobre, au Sounds le 27 octobre (dans le cadre du Skoda Jazz Festival) et les Parisiens pourront l’écouter à l’Institut Italien de la Culture le 29.

 

A+

 

05/06/2010

Brussels Jazz Marathon 2010

Vendredi 28 mai, je marche vers la Grand Place de Bruxelles. Le ciel est clément, il y a même quelques rayons de soleil.

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Sur la grande scène, Mariana Tootsie a donné le départ du quinzième Jazz Marathon. Elle est accompagnée par ses «Chéris d’Amour». Personnellement, et même si cela est sympathique, je ne suis pas convaincu par ce nom de baptême (j’aurais même tendance à m’en méfier). Mais c’est Mariana Tootsie (très grande voix!) et Matthieu Vann (p, keyb) et Jérôme Van Den Bril (eg) et Cédric Raymond (cb) et Bilou Doneux (dm). Et très vite, toutes mes appréhensions se dissipent. Mariana possède décidément une sacrée voix (désolé si je me répète) et son groupe sonne vraiment bien! Ça groove, c’est soul, c’est funky, c’est sec et puissant, c’est un peu frustre, un peu brut… mais qu’est ce que c’est bon! Le temps d’un titre, le groupe invite Renata Kamara, histoire de flirter un peu avec le rap.

Ça démarre fort, ça démarre bien!

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Toujours sur la Grand Place, je découvre ensuite le trio d’Harold Lopez Nussa, dont on m’avait dit beaucoup de bien. Le pianiste vient tout droit de Cuba. Son jeu est vif, brillant, explosif. Sous la couleur d’un jazz très actuel, nourri à la pop, on sent poindre, bien sûr, les rythmes afro-cubains. Le mélange est très équilibré. Entre Harold Lopez Nussa, Felipe Cabrera (cb) et l’excellent batteur Ruy Adrian Lopez Nussa, l’entente est parfaite. Le trio évite le piège du cuban-jazz trop typé pour en délivrer leur vision assez personnelle et bien tranchée. Un trio à suivre de près.

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Je fais un crochet par la Place Sainte-Catherine pour saluer Manu Hermia (as), François Garny (eg) et Michel Seba (perc) occupés à se préparer pour le concert de Slang. Connaissant la bande, je décide d’aller découvrir, au Lombard, le nouveau projet de Rui Salgado (cb), Cédric Favresse (as), Ben Pischi (p) et Nico Chkifi (dm): Citta Collectif.

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Le groupe s’est formé assez récemment et on le sent encore en recherche. Il en ressort cependant déjà de belles idées. Suivant les morceaux, on peut y déceler, ici, les influences d’un Abdullah Ibrahim, là,  «l’urgence» d’un Charlie Parker et, plus loin encore, l’inspiration de ragas indiens. La musique circule, joue le mystère, fait cohabiter les silences et la frénésie. Voilà encore un groupe qui promet.

Changement de crèmerie. Sur le chemin vers la Place St Géry, Raztaboul, met le feu ska-jazz-funk sur le podium du Bonnefooi.

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J’arrive au Café Central. Au fond de la salle, PaNoPTiCon improvise, délire, part en vrille. À un ami qui me demandait ce qu’il fallait aller voir au Jazz Marathon, j’avais cité PaNoPTiCon en lui précisant: «jazz indéfinissable». Domenico Solazzo, le batteur, leader et instigateur du projet invite pratiquement chaque fois des musiciens différents. C’est ainsi que se retrouvaient autour de lui ce soir, Antoine Guenet (keyb), Michel Delville (g), Olivier Catala (eb) et Jan Rzewski (ss). La règle du jeu? Pas de répétition mais de l’impro libre et totale. L’expérience est assez fascinante, déconcertante voire éprouvante, car ici, tout est permis. Le groupe explore les stridences, va au bout des sons et des idées. Certains spectateurs abandonnent, d’autres entrent dans le jeu. Je fais visiblement partie de la deuxième catégorie. Certes, la musique n’est pas facile, mais il y a ce côté expérimental et cette recherche de l’accident qui me captive. Michel Delville injecte des sons très seventies, évoquant le prog-rock et Jan Rzewski fait couiner son soprano. PaNoPTiCon explore les recoins de la musique underground, du jazz-rock, de la musique sérielle, du drone… et du jazz, tout simplement. Il fait s’entrechoquer les mondes. Expérience musicale et spirituelle assez forte.

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Avant de rentrer, je vais écouter Piero Delle Monache (ts) et Laurent Melnyk (g)  accompagnés d’Armando Luongo (dm) et de Daniele Esposito (cb). «Ecouter», est un bien grand mot. Le quartette joue sur une scène grande comme un mouchoir de poche, dans un endroit improbable où le public n’en a absolument rien à cirer. Le Celtica est bourré à craquer de gens bruyants, déjà bien imbibés, qui se sont juste réunis pour beugler et boire encore. On se demande bien où est l’intérêt pour les musiciens de se retrouver à jouer dans des conditions aussi indécentes? On appréciera le groupe une autre fois, dans de meilleures circonstances, je l’espère. En attendant, je vous conseille le très bon premier album de Delle Monache: «Welcome» (j’en reparlerai).

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Samedi, Place Fernand Cocq, où les parasols servent de parapluies, me voilà avec Jempi Samyn, Jacobien Tamsma, Fabien Degryse, Henri Greindl et Nicolas Kummert dans le jury du concours Jeunes Talents.

Le premier groupe à se lancer est le Metropolitan Quintet. Voilà déjà plusieurs fois que je les entends, et chaque fois le niveau monte. Le groupe propose une musique clairement influencée par le jazz-rock seventies auquel il ajoute une touche parfois funky, parfois plus contemporaine. C’est très habilement joué et l’on remarque bien vite de belles personnalités, comme Antoine Pierre (dm et leader), qui recevra d’ailleurs le prix du meilleur soliste, mais aussi le saxophoniste Clément Dechambre

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Changement radical de style, ensuite, avec le duo Saxodeon de Julien Delbrouck (ss, baryton, cl.basse) et Thibault Dille (acc.). La mélancolie et le lyrisme mélangés à une touche de new tango ou parfois de bossa, offrent une belle originalité. Le pari est osé, mais manque peut-être encore d’un peu de souplesse, la moindre hésitation se paie cash. Finalement, c’est Raw Kandinsky qui mettra tout le monde d’accord.

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Ce jeune quartette - Johan De Pue (g), Quirijn Vos (tp), Tijn Jans (dm) et Martin Masakowski (cb) – est très affûté, très soudé et énergique. Sorte de neo-bop, un poil rock, un poil funk, qui va à l’essentiel. Pas de bavardage inutile, mais de l’efficacité servie par d’excellents musiciens (à l’image de l’impressionnant contrebassiste). On reverra tous ces groupes au Sounds le 25 juin, venez nombreux, ça vaut le coup d’oreille.

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Allez, hop, je descends dans le centre écouter Jeroen Van Herzeele et Louis Favre. Avant ça, je fais une halte sur la Grand Place pour écouter la fin du concert de Julien Tassin (g) et Manu Hermia (as) que j’avais déjà vu en club (et dont je n’ai pas eu le temps de vous parler... désolé). Musique énergique, spontanée et directe qui s’inspire du funk, de la soul, du rock, de John Scofield ou de Jimi Hendrix. Jacques Pili est à la basse électrique et Bilou Donneux à la batterie. Efficace et groovy en diable! Je vous le recommande!

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Le Lombard s’est vite rempli et le public restera scotché. Pourtant, il n’y aucune concession dans la musique de Louis Favre (dm), Jeroen Van Herzeele (ts) et Alfred Vilayleck (eb). C’est Coltranien en plein! Un long premier morceau évolutif nous emmène haut, très haut. Ça psalmodie, ça rougeoie et c’est incandescent. Le deuxième morceau est emmené à un train d’enfer par Favre. Il y a du Hamid Drake dans son jeu. Van Herzeele fait crier son sax, le fait pleurer, le fait chanter. Les phrases s’inventent et se cristallisent dans l’instant. Fantastique moment!

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Curieux, je remonte vers le Sablon pour écouter Casimir Liberski. Le retour de l’enfant prodige fraîchement diplômé du célèbre Berklee College of Music. Avec Reggie Washington à la basse électrique et Jeff Fajardo aux drums, le trio nous sert un jazz très (trop) propre, presque aseptisé. On s’ennuie à écouter de longues boucles funky, un peu molles, entendues chez Hancock, par exemple, dans les années 80 (pas la période que je préfère). Bref, ça sent le salon cosy. Liberski prépare un album avec Tyshawn Sorey (dm) et Thomas Morgan (cb), ça devrait, je l’espère, sonner autrement.

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Au Chat Pitre, Mathieu De Wit (p), Frans Van Isacker (as), Damien Campion (cb), Jonathan Taylor (dm) dépoussièrent de vieux standards («The Way You Look Tonight», «Blue Monk», etc.). Sans pour autant les dénaturer, le groupe parvient à leur donner une fraîcheur plutôt originale.

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Et je termine ma longue journée au Sounds pour écouter Philip Catherine (g) en compagnie des fantastiques Benoît Sourisse (orgue Hammond) et André Charlier (dm). «Smile», «Congo Square» et autres thèmes passent à la moulinette d’un groove nerveux et explosif. L’entente est parfaite, le timing irréprochable et le plaisir communicatif. Le bonheur est parfait.

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Dimanche après-midi, sur la Grand Place, le programme est concocté par les Lundis d’Hortense. Sabin Todorov présente son dernier projet avec le Bulgarka Junior Quartet et chasse les nuages. Les chants traditionnels bulgares mélangés au jazz révèlent ici toute leur magie. L’équilibre est subtil entre les voix, l’alto de Steve Houben et le trio de Todorov. C’est souvent dansant, coloré et ça tient vraiment bien la route.

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Je reste, par contre, toujours un peu mitigé par rapport au projet de Barbara Wiernik. C’est tendre et sensible, tous les musiciens sont excellents (Blondiau sur «Drops Can Fly», pour ne prendre qu’un exemple)… mais je n’arrive pas à «entrer dedans».

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Avec Nathalie Loriers, le soleil est définitivement de retour. Sous la direction de Bert Joris (tp), le Spiegel String Quartet (Igor Semenoff (v), Stefan Willems (v), Aurélie Entringer (v) et Jan Sciffer (cello)) fait un sans faute. Nathalie fait swinguer «Neige» et «Intuitions & Illusions» et nous donne le frisson sur «Mémoire d’Ô». Belle réussite que cette association de cordes et avec un quartette jazz

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Comme chaque année, la fête se termine trop tôt (22h15: extinction des feux!!!?? On croit rêver!!), alors je passe par le RoskamBen Sluijs (as) s’y produit en trio, avec Manolo Cabras (cb) et Eric Thielemans (dm). Musique très ouverte, parfois inconfortable, parfois cérébrale mais toujours excitante. Rien à faire j’adore ça…

Rideau.

A+

 

01/11/2009

Piero Delle Monache Quartet au Sounds

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Après le concert de Marcin Wasilewski à Flagey, je remonte vers la Place Fernand Cocq pour rejoindre Le Sounds. Le saxophoniste italien Piero Delle Monache est de retour avec ce qu’il appelle son European Quartet, c’est-à-dire: Nicola Andrioli (p), Hendrik Vanattenhoven, (cb) et Mimi Verderame (dm). Ils se sont rencontrés lors d’un précédent concert au Sounds, en compagnie de Flavio Boltro. J’en avais parlé ici.

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Ce qui frappe avant tout ce soir, ce sont les interventions et les improvisations de Nicola Andrioli que j’avais déjà remarqué lors du mini concert en hommage à Archie Shepp à Liège. Voilà à coup sûr un pianiste qu’il faut garder à l’œil. Il n’en est pas à son premier coup d’essai et a déjà publié plusieurs albums (1 et 2) sous son nom. Son toucher est précis, fougueux et foisonnant d’idées. Il possède un sens du timing qui permet de donner beaucoup de relief aux thèmes. Et avec Hendrik Vanattenhoven, à la contrebasse, le couple fonctionne diablement bien. C’est plein de verve et d’énergie. Mimi Verderame complète le tableau en se fendant de quelques interventions bien senties (son solo sur «Afro-Centric» de Joe Henderson, est incendiaire).

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Piero Delle Monache semble, à mon avis, plus à l’aise dans les blues ou les tempos plus lents, dans lesquels il développe un jeu plus lyrique et plus posé qui lui convient bien. Dans les moments plus intenses, la cohésion du groupe paraît parfois encore un peu fraîche et «Doxy» (de Rollins), dans l’effervescence et l’exaltation de l’instant, part légèrement en vrille. Il faut qu’Hendrik, avec sûreté et poigne y remette un peu d’ordre. C’est sur les compos personnelles de Delle Monache, à la fois lumineuses et complexes, que le quartette révèle tout son intérêt. À suivre donc.

 

A+

 

16/10/2009

Eight days a week

Et voilà comment on prend du retard. Voilà comment, en une semaine, on prend six concerts dans la vue et autant de comptes rendus. On pense toujours trouver un moment pour en parler, et puis, le temps passe plus vite que prévu.

Il y a eu Greg Lamy vendredi dernier au Sounds pour la présentation de son nouvel album. Puis, le lendemain, au Hnita Jazz, c’était l’excellent trio d’Omer Klein. Comme si ça ne suffisait pas, dimanche soir, il y avait Robin Verheyen en trio (Nic Thys et Stéphane Galland) au Roskam… Puis, mercredi, c’était à Liège, au Pelzer que ça se passait, avec un quartette allemand que je ne connaissais pas: Klangfahrer. Jeudi, concert à Flagey du trio de Marcin Wasilewski et, dans la foulée, un détour par le Sounds pour écouter Piero Delle Monache en quartette.

Vous pensez bien que j’en ai des choses à raconter.


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En attendant que je rassemble mes idées et mes petites notes, vous pouvez toujours lire mon interview avec Eric Legnini. C’est sur Citizen Jazz.

Et puis, je ne sais plus si j’en avais parlé, vous pouvez aussi lire l’interview de Dominic Ntoumos. Ça, c’est paru dans Jazz@round. Si vous n’avez pas la version papier, vous pouvez télécharger le magazine en cliquant ici.

 

À très vite

 

28/03/2009

Delle Monache feat. Flavio Boltro au Sounds

 

Flavio Boltro avait laissé un excellent souvenir lors du dernier jazz marathon au Sounds. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles le club était à nouveau bondé ce 21 mars au soir…
On sait qu’avec lui, ça va groover sec.
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Le trompettiste était l’invité de Pierro Delle Monache (ts), que je n’avais jamais entendu en concert. Je ne le connaissais que vaguement, car Sergio m’avait déjà fait écouter quelques extraits de l’album «A24», sur lequel il joue en compagnie du guitariste de ce soir: Francesco Diodati.

Aux trois musiciens italiens, se sont ajoutés Mimi Verderame (qui a lui aussi du sang italien) à la batterie et Hendrik Vanattenhoven à la contrebasse.
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Un premier morceau comme un tour de chauffe, histoire de régler le moteur avant de lancer la machine.

Boltro prend un chorus, puis un autre et l’intensité monte rapidement.
Il n’a peur de rien et, dès le départ, il trace !
Le contraste avec le jeu très souple, presque feutré, de Delle Monache, est d’autant plus saisissant. Le saxophoniste est tendre, rappelant parfois le Coltrane des ballades.
Plutôt que sur la puissance ou la technicité, le saxophoniste italien semble miser beaucoup plus sur ses compositions souvent très intéressantes, pleines de diversités, de chausse-trapes et remplies de virages à 180 degrés.
La musique est à la fois directe et complexe.
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Le guitariste développe avec une agilité discrète des harmonies pas toujours simples et son jeu fonctionne très bien avec celui de Delle Monache. À eux deux, ils tissent comme un tapis idéal pour le jeu frénétique du trompettiste.
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Derrière ce beau monde, il ne faudrait pas oublier Hendrik Vanattenhoven. Une présence totale avec une faculté de rebondir sur les thèmes, de les tonifier ou, au contraire, de les contenir. Mine de rien, Hendrik Vanattenhoven à l’étoffe des grands !

Alors, sur «Tutto Va Bene», Boltro - qui joue dans les aigus, les graves, la trompette bouchée ou encore le growl - se lance dans des chorus incendiaires.
Qui va suivre ?
Qui ?
Mimi Verderame, bien sûr ! Mimi le tellurique !
Rarement, je l’avais entendu frapper si fort et si puissamment !
Et toujours avec une précision et une musicalité redoutables !
Alors, la musique circule à toute vitesse entre le sax, la guitare et la trompette…
Un véritable feu d’artifice.
Vraiment… tutto va bene !
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Deux sets d’une toute belle intensité !
Voilà de quoi réjouir le public (parfois très bruyant lors des moments plus «light»), Sergio et tous les musiciens.

Nul doute que l’on reverra nos «italiens» traîner à nouveau en Belgique… pour notre plus grand plaisir.

A+