19/08/2016

Natacha Wuyts trio au Music Village

Cela faisait un bon moment que je voulais aller réécouter Natacha Wuyts. Je crois que la dernière fois que je l’ai vue sur scène, c’était à Jazz à Liège, il y a cinq ou six ans ! C’est dire ! Bien sûr, j’ai continué à suivre son parcours (merci internet) mais, la scène ou les clubs, c’est quand même ce qu’il y a de mieux. Alors, il était temps de remédier à cela.

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Durant toute une semaine d'août (du 16 au 20) elle chante au Music Village, chaque soir, dans le cadre des Summer Village Concerts. Une occasion à ne pas manquer.

Comme d’habitude dans ce club, l’ambiance est cool, cosy, feutrée. Idéale pour le jazz vocal que Natacha défend.

Elle est accompagnée au piano par Charles Loos et, à la guitare, par Patrick Deltenre.
Pieds nus, comme pour être bien en contact avec la terre et en sentir les vibrations, elle entame d’entrée de jeu un « Body And Soul » sensuel. Vient ensuite un très surprenant et jubilatoire « But Not For Me » ! Ce « tune » est emmené tambour battant, loin des habituels tempos langoureux. Ici, la chanteuse et ses deux compères ont pris le contrepied et le parti de s’en amuser. Ça ne file pas, ça galope ! Mais avec quelle précision et quelle articulation dans le chant ! Natacha se lance alors dans un scat tout aussi maîtrisé que rapide. Elle entraine Charles Loos, qui n’en demandait pas tant, à jouer un stride enflammé. Avec la même ferveur, le trio emballe un « That Old Black Magic » réjouissant.

Mais « l’entertaiment woman » sait doser les effets. Après un « No More Blues » qui sent bon, comme il se doit, la bossa, Natacha Wuyts extrait avec retenue toute la mélancolie et la détresse de « St James Infirmary ». Ici, Patrick Deltenre peut vraiment laisser parler son phrasé très blues, tandis que Loos déploie un jeu ample et lyrique.

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Le trio fonctionne à merveille. Il reprend « Someone To Watch Over Me », « Gee Baby, Ain't I Good To You », mais aussi des thèmes plus pop (« You've Got A Friend » de Carole King), une ou deux chansons françaises (« Ne me quitte pas », introduit magnifiquement à l’harmonica par Deltenre) et quelques rares compos personnelles.

Natacha Wuyts est ce que l’on peut appeler une véritable chanteuse de jazz, possédant une technique de scat époustouflante qui fait passer cet exercice comme facile, simple et évident. Et puis, elle est capable de moduler sa voix avec bonheur, en passant de l'aigu d’une Betty Boop aux graves d’une Big Mama Thornton, comme sur le délirant « Sweet Georgia Brown », par exemple. Chapeau.

Et voilà comment on passe une bien belle soirée.

Bon, hé bien j’espère ne pas devoir attendre cinq ans avant de la revoir.

Merci à ©Bernard Rosenberg pour les photos ( jetez un œil sur son site)

 

 

A+

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20/05/2007

Mariana Tootsie - Jazz Station

Quand j’arrive à la fin du premier set, samedi dernier à la Jazz Station, je suis un peu surpris par le style de musique que propose Mariana Tootsie.
Agréablement surpris.

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Je m’attendais à un jazz plutôt swinguant et j’ai eu droit à du jazz-pop. Voire du folk.

Il faut dire qu’elle était entourée du guitariste Patrick Deltenre et du pianiste Philippe De Cock, assez habitués à la scène pop ou de variété (Maurane, Axelle Red, etc…).

Le répertoire et les arrangements sont donc assez pop/folk, bien sûr, ce qui n’empêche pas le trio d’interpréter quelques standards de jazz, comme «Fine And Mellow» par exemple, de manière très, très bluesy pour le coup…

Ce qui renforce cette impression est sans doute dû aussi à l’accompagnement à l’harmonica de Philippe De Cock, qu’il alterne avec le piano.
Alors, on voyage parfois vers la New Orleans de façon très roots et très «canaille» et parfois, on dévie vers la ballade légère, mélancolique et assez «smooth», comme pour «For The Time Being» de Bert Joris.

La voix de Mariana Tootsie me fait penser parfois à Joni Mitchell ou à Rickie Lee Jones.
Mais elle sait aussi se faire grave, veloutée et sensuelle sur une version très personnelle de «My Baby Just Cares for Me» au swing tout en retenue.

Patrick Deltenre est vraiment dans son élément et ses solos, précis et souples, sont souvent brillants.

On est donc dans de la pop-jazzy très tendre et parfois à la limite du «trop doux».

Et comme pour affirmer ce parti pris «pop», le trio nous offre une chanson de Noa après avoir fait ressortir le côté «soul» de la célèbre chanson de Prince : «Kiss».

Mariana s’amuse sur scène.
Elle s’amuse aussi avec les étiquettes.
La preuve: avec Ivan Paduart, Manu Katché et Richard Bona - excusez du peu – elle a enregistré un album assez… pop, qu’on entendra un jour, espérons-le, dès que le groupe aura trouvé un label.

A suivre, donc…


A+