06/04/2017

Vortex Kwintet - Release party à l'Archiduc

Mercredi soir, il y a du monde sur le pas de la porte de l'Archiduc. Il y a du monde dans le bar aussi. Ça sent bon l'encaustique. Tout est ciré, tout est nickel.

Dans un coin, la batterie est montée, juste à côté du piano. La trompette, la contrebasse et le sax attendent sur la banquette. Juste en face, on a déroulé un standy. Dessus est écrit Vortex Kwintet et dessous sont étalés des CD’s à la pochette verte.

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Vortex, c'est le groupe du trompettiste Aristide D’Agostino, du saxophoniste Abel Jednak, du pianiste Alan Van Rompuy, du contrebassiste Emanuel Van Mieghem et du batteur Olivier Penu. C'est ce groupe qui a gagné le Jazz Contest 2016 à Malines. Grâce à cela, il a pu bénéficier d’un enregistrement studio. Et c'est le résultat de cette session qu'il présente ce soir.

Dans une ambiance déjà bien chaude, le groupe attaque de façon tonitruante, et sur un tempo élevé, «Black Katarina»(?). On y retrouve des réminiscences d’un Clifford Brown peut-être, mélangées à un son très actuel. C’est puissant et bourré d’énergie.

«B.I.T.C.» prend aussitôt le contrepied, le morceau se développe en douceur, presque en retenue, tout en gardant un tempo haletant. Il y a comme une fausse lenteur. Le jeu d’Alan Van Rompuy au piano est faussement minimaliste. Très concentré, il fait monter l’intensité.

Vortex a le sens de la scène, il capte l’attention du public, le tient en haleine, ne le lâche pas. Il enchaîne aussitôt avec «Parrots» et, ici aussi, le pianiste n’hésite pas à se mettre en avant. Il plaque les accords, prend des solos brefs, s’amuse avec les tempos qu’il devance ou attend. C'est comme s'il faisait des dérapages contrôlés, prenait des virages serrés ou, au contraire, très larges, à la limite de la sortie de route. Mais bien sûr, la rythmique est bien là et elle assure. Devant, le sax prend le contrepoint de la trompette, ondule avec vivacité entre les harmonies.

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Vortex n’a pas peur d’éparpiller les notes, de les jeter pour aller mieux recoller le puzzle. C’est le cas dans le dernier thème du premier set, qui finit par flirter avec un blues dansant, ou avec «Vortex», le bien nommé, qui démarre presque en free et s’amuse avec les call and response. Si «Song For Emmanuelle» est presque intimiste, «Pharaon 7» oscille entre calypso et valise orientale. La trompette va presque chercher les quarts de tons tandis qu’Abel Jednak étire les notes ondulantes sur son alto. Concis, précis, clair, le groupe a de la suite dans les idées.

Ce soir, l’Archiduc rappelle un peu l'ambiance new-yorkaise du Fat Cat où il faut se battre pour se faire entendre. Pas de souci, chez Vortex, tout le monde se donne.

Il y a toujours cette pulse, ce groove intérieur, ce swing même, parfois. Il y a un mélange de tradition et d’énergie urbaine, bien contemporaine.

Oui, Vortex a déjà un son bien à lui, alors, tenons-le bien à l’oreille…

 

 

Merci ©Mr Andrée pour les images.

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06/09/2016

Jazz Contest Mechelen - 2016

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Mais qu’est ce qui m’a pris d’avoir accepté d’être membre d’un jury pour un concours ?

Remarquez, je l’ai déjà fait quelques fois et… oui, j’aime ça.

Chaque fois c’est excitant, car on découvre des musiciens, des talents, de belles personnes. Et puis, on s’oblige à aiguiser une oreille critique. Mais ce n’est pas toujours simple. D’ailleurs, ce n’est jamais simple !

Il y a autant de jazz qu’il y a de musiciens ! Autant comparer des pommes et des poires.

Bien sûr, il y a des choses que l’on aime spontanément et d’autres un peu moins. Question de goût. Mais, lorsque l’on est dans un jury, il faut pouvoir aller au-delà de ça. Et remettre le compteur à zéro.

Alors, quand il faut désigner un « vainqueur », c’est souvent un déchirement. Ha ! Si seulement il y avait un, et un seul, très bon groupe ou très bon musicien ! Et en face, des mauvais, des très mauvais, ce serait facile. Mais non, le niveau est souvent très élevé. C’est qu’ils jouent bien tous ces jeunes ! Alors, on voudrait que tout le monde gagne, comme chez Jaques Martin (pour les plus vieux d’entre nous qui connaissent) ! Et si, en plus, il n’y a qu’un seul prix (pas de récompense pour le deuxième ni troisième) c’est encore plus terrible.

Cette année, comme il y a deux ans et comme l’année dernière, je participais au Jazz Contest Mechelen. Un concours organisé par la fine équipe de Jazzzolder. Et quand on dit « organisé », c’est vraiment « organisé » ! Tout est parfait, tout est réglé, tout est prévu et l’accueil, tant pour le jury que pour les candidats et le public, est un exemple. Un vrai bonheur.

Cette année, il y avait devant le jury (Anne Wolf (p), Ondine Quackelbeen (Jazz Studio), Mik Torfs (JazzLab Series), Patrick Bivort (Jazzmozaiek, RTBF), le président Chris Joris (perc) et moi) quatre groupes issus des demi-finales (qui s’étaient déroulées quelques mois auparavant). Chacun d’eux avait 30 minutes pour convaincre.

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Fhree est un trio venu tout droit de Hollande. Ils avaient plutôt fait bonne impression lors des « éliminatoires ». Mais ici, ce soir, on les sentait peut-être un peu fébriles. Cela n’a pas vraiment décollé. Même si l’on remarquait quand même les très bons solos du guitariste Jheynner Argote-Frias, le drumming de Guillermo Martin Viana ou quelques belles phrases de Fernan Mejuto Vazquez (keys).

Vortex ensuite, quant à lui, est rentré directement dans le jeu. Un set puissant, dynamique, une attitude sur scène parfaite. Des compos brillantes, qui font un clin d’œil à Ornette Coleman ou à Miles, un pianiste plein de personnalité (Alan Van Rompuy obtiendra d’ailleurs le prix du meilleur soliste), un leader charismatique au jeu bien déterminé (le trompettiste Aristide D’Agostino) et un ensemble qui tient la route (Joos Vanduren au sax, Emmanuel Van Mieghem à la basse et Olivier Penu au drums). Bref un groupe soudé, un jazz généreux et évident.

Il y avait aussi JE Trio (Johannes Engelhardt à la basse, Paul Janoschka au piano et Jonas Kaltenbach aux drums) venu d’Allemagne. Une exécution parfaite, un niveau assez bluffant. Peut-être juste un poil rigide ? Des compos excessivement bien écrites et superbement exécutées. Il manquait peut-être cette toute petite pointe de lâcher prise, de décontraction qui aurait rendu ce jazz encore plus touchant.

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Touchant, c’était le cas de la pianiste Marie Fikry et son quintet. Une belle présence, un jeu très fluide au piano, des compos originales qui flirtent parfois avec la musique du monde. On remarque aussi un percussionniste plutôt prometteur, Simon Leleux, Jordi Cassagne (cb), Artur Hitz (sax), Lucas Venderputten (dm). Une bien belle équipe en fait. C’est du bonheur et de l’intelligence qui flotte dans l’air.

Alors le jury se retire, discute, délibère. Longuement, intensément. Il y a des évidences. Et des doutes. Pas simple. Pas le temps d’écouter Jelle Van Giel Group qui passe sur scène pendant ce temps-là.

Il ne faut qu’un seul gagnant… Et ce sera Vortex.

On est tellement content pour eux. Et tellement frustré de ne pas pouvoir « offrir » d’autres prix aux autres.

Alors, retenez les noms de JE Trio, de Marie Fikry, de Fhree et Vortex bien sûr. Et allez les écouter. Allez les applaudir. Vous verrez, vous ne serez pas déçu.

Et votre présence sera certainement leur plus belle récompense.

 

A+

Pictures : ©silvdbphotography

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