22/05/2016

Airelle Beson à la Jazz Station

Il y a trois ou quatre ans, la trompettiste française Airelle Besson avait sorti un superbe album en duo avec le guitariste Nelson Veras. Un disque tout aussi aérien et poétique que tendu et tranchant. Un petit bijou.

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Cette année, Airelle vient de sortir un passionnant premier album en quartette (Radio One) avec Benjamin Moussay (p, keys), Fabrice Moreau (dm) et la vocaliste suédoise Isabel Sörling. Il faut dire qu’elle aime la voix, Airelle. Elle sait si bien la mettre en valeur (il suffit d’écouter son travail dans la «La Tectonique des nuages», par exemple) et tellement bien l’intégrer à son univers.

La Jazz Station a eu la bonne idée de l’inviter samedi dernier, pour un tout premier concert en Belgique (en tant que leader). Et le public a eu la bonne idée de venir très nombreux.

Discrète, simple, presque effacée, Airelle Besson a ébloui l’auditoire.

L’entrée en matière est douce, presque fantomatique. Le morceau («Pouki Pouki», extrait de l’album avec Veras) est lunaire et apaisant.

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Avec fragilité, Isabel Sörling lâche quelques bribes d’un chant particulier. A la manière d’une Sidsel Endresen, elle déstructure l’harmonie et redessine la mélodie. Elle se tord, se cambre, se plie et accompagne son chant de grands gestes. Il y a un travail physique indéniable de sa part pour sortir ces onomatopées et ces sons cristallins, presque aphones et pourtant tellement chantants.

«Radio One», titre éponyme de l’album, laisse toute la liberté à Benjamin Moussay de développer un solo bouillonnant. Le Fender grésille et bourdonne, Moussay fait flotter les lignes de basse d’une part et trace des motifs complexes de l’autre. Fabrice Moreau, de son côté, martèle les fûts de façon sourde, grave et profonde. Le jeu est toujours incisif.

Airelle plane avec élégance, légèreté et fraîcheur au-dessus de ce tapis luxuriant. Elle souligne, accentue ou laisse s’envoler la mélodie. Elle a l’intelligence du souffle. Son jeu est d’une précision inouïe et d’une clarté rare. On y décèlerait presque un phrasé «classique», nuancé, cependant, de notes bleues ou parfois même orientalistes. Le monde musical d’Airelle Besson est singulier, acéré mais pas brutal, tourmenté mais pas torturé, lyrique mais pas emphatique. Il s’agit plutôt de poésie nordique, ou anglo-saxonne, avec toute l’ambigüité que cela entraine.

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«Candy Parties» est joyeux et mélancolique à la fois, «La Galactée», tout en creux et non-dits, est méditatif mais tellement lumineux… Passionnant.

Le second set du même tonneau, toujours surprenant, toujours envoûtant, toujours différent. Les compositions sont de véritables pièces d’orfèvre, intelligentes et imaginatives. La trompette veloutée, parfois feutrée, se marie à merveille à la voix décidément unique d’Isabel Sörling. «Titi» et «Neige» sont pleins de grâce et de trouvailles. «The Painter And The Boxer», plutôt dansant, libre et pourtant tellement scellé à un riff court et obsédant, permet à Benjamin Moussay d’aller explorer les moindres recoins de son imagination. Sur «Around The World», son intro, qui doit presque autant à Ravel qu’à Cage est brillantissime. Sur ce morceau, Airelle n’intervient presque pas, laissant la magie opérer entre la chanteuse, le pianiste et le batteur. Grande classe.

Le groupe entame alors «No Time To Think» sur un groove bien sautillant, pour le terminer tout en énergie et en puissance. Plaisir du jeu et des formes.

Le public est conquis (depuis longtemps déjà) et le rappel est obligatoire.

Ce quartette possède véritablement un son de groupe et sa musique ne peut qu'exister qu'avec l’interaction et la complicité de chacun. Une belle leçon et un beau coup de cœur.

 

 

A+

(Merci à Roger Vantilt pour les images)

 

09/03/2009

Octurn "7 Eyes" - au KVS

C’est incroyable comme on me reconnaît dans la rue!
Surtout les filles!
Vendredi dernier, sur le chemin qui me mène au KVS, d’exotiques demoiselles, légèrement vêtues malgré le froid, la chevelure folle ou strictement attachée, la jupe courte et le talon haut, la poitrine opulente et le maquillage quelque peu soutenu me lancent des «Salut!», «Bonjour.», «Ça va?»… et même des… «Tu viens?»…
J’avais oublié que ce quartier était aussi accueillant !
Mais non. Désolé, je ne «viens» pas, je dois aller écouter Octurn.


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Le nouveau projet d’Octurn s’appelle «7 Eyes».
À part la méditation et la sagesse bien sûr, il n’est pas question ici d’influence d’une quelconque musique indienne (quoique) dans le travail Bo Van Der Werf et de Jozef Dumoulin, auteurs des thèmes proposés.
Intrigué, je demande à Bo, après le concert, la signification de ce nom.
«À l’époque où l’on travaillait sur cette nouvelle musique, je lisais un bouquin sur une divinité Bouddhiste: Tara Blanche. Sa particularité est qu’elle possède sept yeux, qu’elle est attentive à la paix, la longévité… et qu’on la «prie» à n’importe quel moment de la vie quotidienne.»

Suite logique de «21 Emanations» en quelques sortes.

Et pourtant, cet Octurn-ci est encore différent.

Dans le KVS Box, c’est l’empire des sons.
Lynn Cassiers jette les premiers mots qu’elle sample, rediffuse et retravaille «in real time» en complicité avec Gilbert Nouno qui y ajoute rythmes, bruits et autres sons parasites.
La musique se dessine peu à peu. Par cassures, par couches, par voiles successifs.
On joue les avant-plans, les arrière-plans, la stéréophonie.
Les sons envahissent tous les recoins de la salle.
On est plongé dans un univers fantasmagorique et onirique.
Jean-Luc Lehr (elb) amorce un tempo légèrement aléatoire sur lequel Chander Sardjoe (dm) inscrit un groove obsédant.
Nelson Veras (g) phrase par bribes. Bo Van Der Werf (s) développe des lignes mélodiques sinueuses et capricieuses…
Jozef Dumoulin (Fender) et Fabian Fiorini (p) jouent à cache-cache sur des métriques sophistiquées, parfois en superpositions rythmiques décalées, parfois à l’unisson.


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Le chant étrange et rafraîchissant de Lynn (on pense parfois à Susanna Wallumrod) ouvre de nouveaux espaces à Octurn.
Son univers particulier s’intègre parfaitement à celui du collectif.
Elle y insère même, le temps d’une ballade, quelques airs très inspirés des standards vocaux de jazz.
Mais bien sûr, tout cela est travaillé à la sauce Octurn, plus électro-acoustique que jamais.
Le groove - car il y a indéniablement du groove dans ce projet - se mêle aux rythmes impairs et complexes et rend l’ensemble totalement cohérent et… accessible.
La musique est parfois vaporeuse, presque sensuelle, touchante aussi avec le chant enregistré d’un enfant qui reprend «Une Chanson Douce».


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Ce qui est étonnant aussi de la part d’Octurn, ce sont ces alternances de morceaux courts et (très) longs. Là où ils nous avaient habitué à nous tremper longuement dans des thèmes évolutifs, ils nous offrent des petites plages de respiration.

«7 Eyes» est décidément très convaincant… pour qui veut bien se laisser surprendre par l’univers d’Octurn.
Et personnellement, j’y vais les yeux fermés.

Dehors, quelques «groupies» m’attendent encore…
«Non, mesdemoiselles, désolé je n’ai pas le temps… je file au Sounds écouter Pierre de Surgères.»

A+

14/06/2008

Jazz Marathon 2008 (Enfin!)

Et le Brussels Jazz Marathon, c’était comment ?

C’est vrai ça, avec toutes ces activités, je n’ai pas encore eu le temps de vous raconter mon parcours durant ces trois jours.
C’était les 23, 24 et 25 mai. Déjà !
Je vais essayer de rattraper le temps perdu.
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Vendredi soir, temps ensoleillé, direction Place Ste Catherine.
Je voulais absolument voir The Groove Thing, de Jef Neve et Nicolas Kummert.
Sur place, je rencontre toute la petite bande de Slang qui se prépare à jouer juste après.
Manu Hermia revenait d’une tournée en France avec Rajazz, visiblement satisfait.

Sur scène: The Groove Thing porte bien son nom, car, pour groover, ça groove.
Lieven Venken aux drums, Nic Thys à la basse électrique et devant, Nicolas Kummert au sax incandescent et Jef Neve à l’orgue Hammond bouillonnant.
C’est roots en plein ! Entre soul, bop et r&b…  Jamais un gimmick pop vulgaire ou racoleur comme on peut parfois en entendre avec certaines formations qui surfent sur la vague revival.
Ici, ça joue vrai.
On est proche de Lonnie Smith, Jack Mc Duff ou de Jimmy Smith.
Kummert rappelle parfois un Rashaan Roland Kirk lorsqu’il «délire», souffle, respire, parle ou chante dans son ténor. Il y ajoute de temps en temps des effets de disto. C’est chaud et c’est sexy, et ses duels avec Jef (intenable) sont étincelants.
À retenir, à revoir… à suivre !
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Après une courte pause, Slang investit la scène (qu’ils ont décoré de jolies fleurs) et déverse un gros son: énergique et puissant. On connaît la formule, mais on reste ébahi devant une telle vitalité.
Michel Seba est monstrueux aux percus lorsqu’il entre en transe. François Garny, à la basse électrique, assène des tempos saignants. Manu Hermia, au sax et à la flûte, se démène comme un diable dans ce tourbillon de musiques africaines, indiennes, arabes, rock ou reggae. La foule s’est agglutinée au-devant du podium. Elle ondule, bouge, saute et danse aux rythmes des impros parfois énergiques, parfois hypnotiques.

Une fois ce concert terminé: direction le Walvis, au bout de la rue Antoine Dansaert.
Je voulais absolument écouter le groupe du batteur (que je croyais Néerlandais, mais qui, en fait, est Anversois) Yvan Van Nistelrooy.
Hard bop ou post bop, avec une tendance à aller parfois vers le free-bop. On frise même parfois le jazz rock avec les interventions de Peter Verhelst à la guitare électrique.

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Devant, l’excellent trompettiste Iwan Cotton (qui joue un peu dans l’esprit de Dave Douglas) échange des phrases fiévreuses avec Roel Van Hoek à l’alto.
Toutes les compos sont de Van Nistelrooy, et l’on sent chez lui les inspirations de Miles (période électrique), Coltrane, Philly Joe Jones, mais aussi de Hamid Drake. Bref un large spectre d’influences.

J’arrête là ou je continue ?
Je rentre, ou je ne rentre pas tout de suite?
Allez, un petit saut à l’autre bout de la ville: le Sounds.

Chouette ! Je trouve facilement une place pour me garer.
Chouette ! C’est le break et je peux me faufiler assez près de la scène du club archi-bondé pour voir le quintette de Rosario Giuliani.

Et là, je n’ai pas regretté le voyage !
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Exceptionnel.
Il est plus d’une heure trente du matin et  Rosario Giuliani, Falvio Boltro, Dado Moroni, Luca Bulgarelli  et Benjamin Henocq jouent avec une fougue, une vigueur et une lucidité hallucinantes.

Le grand Dado Moroni, qui soulève même le piano avec ses longues jambes, fait vibrer l’instrument comme un fou. Boltro joue toutes les couleurs de la gamme. Gras, aigu, souple, sec, en rafale ou en longues notes, il répond et renchéri aux assauts de l’infatigable Giuliani.
L’un comme l’autre ne veut pas abandonner. Chacun veut avoir le dernier mot.
Dans cette lutte fratricide, Henocq imprime un rythme tranchant, d’une justesse et d’une précision diaboliques. On atteint des sommets !
Bien sûr, on joue beaucoup de notes, énormément de notes, mais aucune n’est inutile.
Quel esprit «jazz», quelle débauche d’énergie. Ça joue et ça s’amuse.
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«That’s jazz ! Real Jazz!»
C’est ce que l’on se dit sur le trottoir après le concert avec Erik Vermeulen, Nicolas Kummert, Mélanie De Biasio, Alexis Tuomarilia et d’autres encore…

Samedi, rendez-vous sur la place Fernand Coq pour le concours «XL Jazz Jeunes Talents». Comme l’année dernière, je me retrouve dans ce sympathique jury, avec Jan De Haas, Fabien Degryse, Pirly Zurstrassen, Jacobien Tamsma, Etienne Richard et Henri Greindl.

Le batteur Guillaume Palomba et son quartette ouvrent les «hostilités».
Ce sera un spécial Monk. C’est déjà une preuve de très bon goût. «Eronel», «Criss Cross» ou encore «Ugly Beauty» se succèdent. Malgré de belles interventions du guitariste, Simon Martineau, le groupe ne se lâche pas vraiment et cela reste un peu académique.

Egon, le deuxième groupe, drivé par Louis Favre (batteur également), développe un jazz très rock… voire du rock très jazz. Les plages atmosphériques, mâtinées d’électro (Joachim Searens), succèdent à des moments plus vifs et accrocheurs. Steven Delannoye (as) et l’excellent guitariste Simon Witvrouw font rapidement monter la pression. On sent une belle cohésion et une belle personnalité poindre dans cet ensemble qui fera sans doute encore parler de lui.

Mais le gagnant, car il faut un gagnant, sera Bansuri Collective (ou Collectif… on ne sait plus). Cette fois-ci, le leader est contrebassiste: Ruis Salgado. Il est l’auteur de presque tous les titres. Il mélange subtilement les genres, allant du swing au groove très actuel. Les mélodies sont sinueuses, parfois complexes, mais toujours lumineuses. Il faut signaler le drumming singulier de Frederik Meulyzer, qui recevra d’ailleurs, et à sa grande surprise, le prix du meilleur «soliste».

Je ne m’attarde pas pour écouter le trop caricatural groupe The Dominos et je préfère pousser une pointe jusqu’à Flagey pour écouter Andreu Martinez, toujours aussi punchy, et aussi le trio de Nathalie Loriers.
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Quel bonheur de la revoir dans cette formation.

Avec Philippe Aerts (cb) et Joost Van Schaik on retrouve le jeu à la fois lyrique, tendre mais aussi très affirmé de Nathalie.
Au programme un «Someday My Prince Will Come» aux arrangements assez surprenants, un «Forward» très swinguant, un «Walking Trough Walls» dépouillé et nocturne (des inflexions qui rappellent parfois Petrucciani?), un «Mémoire d’O» enlevé, ou encore un sensuel «Ligne Calire», au tempo moyen, dans un esprit assez Jamalien.
Que du bonheur.
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Sous la pluie (ben oui, sinon, ce ne serait pas vraiment le Brussels Jazz Marathon), je remonte vers le Théâtre Marni pour prendre une Orval et une petite dose de The Groove Thing.
Gros succès.
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Puis je rejoins le Sounds, toujours comble, pour profiter encore du quintette de Giuliani.
C’est toujours aussi impressionnant.

Dimanche après-midi, sur la Grand Place, il faut chaud et ensoleillé.
Dingue !
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Jacques Piroton, guitariste dont on sous-estime trop souvent l’immense talent présentait son nouveau quartette.
On connaît l’affection de Jacques pour le jazz rock à la Bill Frisell, Jimi Hendrix ou même Scofield.
C’est tout ça que l’on retrouve, mais travaillé à la sauce Piroton: des riffs tranchants, des solos précis et agiles et des envolées explosives. Jan De Haas à la batterie, Benoit Vanderstraeten en soutien efficace à la basse électrique et surtout un sensationnel Fabrice Alleman à la clarinette et clarinette basse terminent de nous convaincre.
Voilà un mélange peu commun et un résultat qui vaut vraiment le coup d’oreille.
Piroton va enregistrer cet été en… acoustique ! Très curieux d’entendre ça.
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VVG Trio, à savoir Bruno Vansina (as), Teun Verbruggen (dm) et Gulli Gudmundsson (cb) avaient invité Magic Malik et Nelson Verras à venir jouer avec eux.

Peut-être plus à l’aise en salle, où le groupe peut installer plus aisément ses climats étranges, le quintette nous a quand même montré une belle palette de thèmes riches et parfois complexes («Tokio Quantize», «Moon Under» ou encore «In Orbit»).

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Pour finir cet intense week-end de jazz : le Brussels Jazz Orchestra sous la direction de Michel Herr.
Deux longs sets efficaces, swinguants et éclatants.
Les riches compositions du pianiste belge («Song For Lucy», «Bad Fever», «New Pages», etc.) sont servies avec panache par le Big Band.

Haaaaa… l’ostinato de Nathalie Loriers, ou les solos de Pierre Drevet (bugle) et de Kurt Van Herck (as)  sur «Song For Micheline», ce rythme galopant sur «Extreme», la guitare de Peter Hertmans, les interventions de Bart Defoort ou Frank Vaganée sur «New Era»…
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Le BJO n’a plus rien à prouver et l’on aurait pu le laisser jouer un peu plus longtemps encore, mais les règlements stricts de police ne sont pas toujours compatibles s avec l’esprit de fête du Jazz Marathon.
Une petite heure de plus l’année prochaine… Hum ?


A+

25/02/2008

Octurn (Jazz Station) et Gilles Repond (Sounds)

Quand on a la chance d’avoir Octurn en résidence régulièrement dans sa ville, il serait assez stupide de ne pas assister à l’un de leurs concerts.
Surtout que, malgré une très forte personnalité, aucun ne se ressemble.
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À la Jazz Station, Octurn prépare son projet avec Ictus, basé surtout, d’après ce que me dit Bo van Der Werf sur le gamelan.

Est-ce pour cette raison qu’Octurn groove autant ce soir? Danse autant? Swingue presque?

Bien sûr, on y retrouve toujours les évolutions polyrythmiques complexes, les rythmes décalés, les moments suspendus, les ambiances à l’équilibre précaire…
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Chander Sarjoe est toujours aussi surprenant rythmiquement (pour ce projet avec Ictus, ce sera pourtant un autre excellentissime batteur qui participera à l’aventure: Xavier Rogé).
Aux claviers, le duo FioriniDumoulin se complète à merveille.
Nelson Veras apporte toujours sa touche si particulière, comme s’il jouait dans une autre dimension.
Et Malik, et Bo, et Jean-Luc Lehr, et Laurent Blondiau sont toujours aussi surprenants.
(Guillaume Orti n’était pas de la partie ce soir.)

Mais ce soir, j’arrête d’essayer d’analyser la musique.
Je me laisse porter par elle.
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Y aura-t-il un disque avec l’ensemble Ictus?
Peut-être. Peut-être pas.
Raison de plus pour aller écouter Octurn à La Maison de la Musique à Nanterre (le 28 mars) ou au Kaaitheater à Bruxelles (le 16 avril).


Changement de direction et de style.
Me voici au Sounds pour écouter Gilles Repond.

Par rapport au groupe que j’avais entendu l’année dernière, c’est Toon Van Dionant qui a pris la place de Max Silvapulle derrière les fûts.
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Le groupe du tromboniste suisse propose un jazz groovy aux tendances parfois un peu funky.
Mais les morceaux sont souvent d’une complexité un peu perfide.
«Barbecue In Lapland», par exemple, est un morceau glissant (ok, le jeu de mot est facile, mais je suis sûr que ce titre n’a pas été choisi au hasard). Ici, les rythmes changent perpétuellement. Ça accélère, ça ralenti, ça change de direction.

Le plus «sage» dans l’histoire, c’est peut-être encore Gilles lui-même. C’est lui, souvent qui vient calmer un peu le jeu.
Il faut dire que lorsque Pascal Mohy est lâché, ça fait mal!
Quel pianiste brillant et fascinant.
Son jeu est précis, rebondissant, époustouflant. (Sur «Meeting Point» ou «Vilnius» c’est du tonnerre qui sort de l’instrument.)
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Alors, Sam Gerstmans en profite, lui aussi pour en rajouter une couche.
Au-delà d’un timing parfait et très sûr, il redouble de puissance dans ses solos.
Ce qui n’est pas pour déplaire à Toon Van Dionant, explosif au deuxième set.

Bien sûr il y a des moments plus tempérés, plus blues, comme le très beau «The Back Of The Death Hand» ou la ballade «Since You». C’est parfois un légèrement plus funky avec une reprise de Steve Wonder, ou plus traditionnel avec «Do You Know What It Means To Miss New Orleans» immortalisé à jamais par Billie Holiday et ce bon vieux Louis Armstrong

Alors, pour finir la fête, le quartette invite Jean-Paul Estivénart et Fred Delplancq à venir partager un «In A Sentimental Mood» et un tonitruant «Milestone».

Et je vous épargne la suite au bar.

A+

27/12/2007

Octurn - Résidence à la Jazz Station

Octurn est régulièrement en résidence à la Jazz Station.
Cela permet au groupe de répéter et de travailler des morceaux que l’on sait ne pas toujours être simples  chez eux.
En plus, Bo Van Der Werf a plutôt l’esprit fertile et les nouvelles compos ou les nouveaux projets ne manquent pas (après Van Dormael, Magic Malik et la musique de Bo lui-même, Octurn prépare un travail avec Ictus).
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Ce qui étonne en entrant à la Jazz Station ce soir-là, c’est la configuration du groupe sur scène.
Enfin, non, justement, pas sur scène. Il est disposé en cercle dans la salle même.
Du coup, on a l’impression de faire partie du collectif. D’être pratiquement dedans…

Le premier morceau est assez nerveux et puissant. Groovy aussi.
Ce sont ici les saxes et trompettes qui sont mis en avant sur un drumming très «carré» de Chander Sardjoe. C’est presque binaire… et bien sûr ça ne l’est pas du tout. Et tout le monde dodeline de la tête.

Le morceau suivant débute de façon beaucoup plus intimiste.
La basse de Jean-Luc Lehr égrène lentement un motif lancinant.
Fabian Fiorini (p) ou Nelson Veras (g) prennent tour à tour des impros scintillantes.
Puis, c’est à Jozef Dumoulin d’introduire quelques phrases immatérielles dont il a le secret.
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Rien n’est jamais monotone chez Octurn et le changement de tempo intervient régulièrement pour lancer le groupe vers de nouvelles directions. La musique ressemble à des couches qui s’empilent, puis se dérobent. Parfois, le piano suit le sax avant de bifurquer sur les lignes de guitare ou de trompette.
Dans un seul morceau, il y a mille saveurs différentes et impossibles à définir.

Les rythmes et les tempos redoublent.
Sardjoe est étourdissant de vitesse. Cela contraste avec le jeu de Veras ou Dumoulin qui tempèrent. Fiorini, lui, joue par tâches, il jette les sons comme Pollock jette sa peinture. Guillaume Orti (as) et Laurent Blondiau (tp) ponctuent en écho ou à l’unisson cette musique exaltante.

La musique de Bo est une recette minutieusement bien préparée qui permet les improvisations les plus improbables.
D’ailleurs, il déplie une partition si longue qu'elle tient à peine sur le pupitre.
Comme me dit à l’oreille Stéphane Galland, en clin d’œil: «Ça ne rigole plus!»…
Quel plaisir !

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C’est de la haute voltige.
Et pourtant tout à l’air tellement simple et accessible. Même pour moi qui ai parfois eu du mal avec la musique d’Octurn: celle-ci est assurément limpide.
Les arrangements sont exécutés au cordeau. La construction est parfaite et l’interaction entre les musiciens est remarquable.

Avant un rappel que le public réclame avec véhémence, Fabian introduit, dans un jeu mi-baroque, mi-classique, un morceau époustouflant d’énergie.

Je l’ai déjà écrit, mais Octurn est sans doute un des groupes les plus créatifs du jazz européen actuel.


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Le groupe vient de sortir un double album enregistré avec Magic Malik («XPs [live]»). L’ambiance est différente de celle du concert de ce soir… mais tout aussi brillante et passionnante.
Comme quoi, la musique d’Octurn, ne se joue jamais de la même façon.

A+

30/05/2007

Le jazz Marathon et un vainqueur (Part2)

Sur la place Fernand Cocq, les premiers spectateurs arrivent par petites grappes pour écouter les trois jeunes groupes qui concourent cette année au «XL-Jazz New Talents».

Au-delà d’un léger mal de crâne qui se dissipe et qui me rappelle que la soirée de la veille fut riche, j’ai dans la tête l’idée qu’un des favoris pourrait être le trio de Ben Prischi.

Mais en jazz, comme en football, rien n’est jamais joué d’avance.

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C’est le quartet du guitariste Laurent Melnyk qui a la lourde tâche de débuter.
L’option choisie est un jazz modal laissant pas mal de place à chacun des musiciens pour improviser sur de longs solos.
Trop longs parfois.
Bien que le leader, David Devrieze (tb) ou Felix Zurstrassen (eb) développent un jeu de haute qualité, il y manque parfois un poil de folie, de surprise.
Du coup, j’ai l’impression que les différents morceaux ont tendances un peu à se ressembler.
Pourtant, l’ensemble est cohérent et possède un beau potentiel. Julien Loutelier à la batterie, par exemple, m’a pas mal plu dans un jeu délicat.
Mais évidemment, quand on est dans un jury, on juge. Alors qu’on aimerait que tout le monde soit ex-aequo.
Finalement, c’est pas plus confortable que d’être sur scène.

Sur scène, justement, monte Ben Prischi entouré de Felix Zurstrassen, à nouveau, et de Guillaume Palomba (dm).
Connaissant et appréciant ce trio, je m’attendais à un set brillant.
Je suis un peu resté sur ma faim.
Il y avait comme une légère distance entre les musiciens et le public. Le set fut assez « classique », moins « fougueux » que ce que propose le trio habituellement.
Vers la fin pourtant, on les sentait un peu plus libérés. Prischi déstructurant quelques thèmes et montrant un talent pianistique indéniable que j’adore.
Palomba développe, lui, un jeu tout en nuances.
Piano et batterie se suivent, se relancent, et une belle alchimie naît toujours entre eux.

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Ce fut ensuite au tour de Collapse , que je pensais un peu déforcé par l’absence du Jean-Paul Estiévenart, de nous offrir une belle surprise.
Ici, on sent plus de maturité dans le projet. Une énergie communicative aussi.
Le groupe ne s’enferme jamais dans une seule voie.
Au contraire, ils jouent sur les ruptures rythmiques et osent les mélanges. On y retrouve des influences de musiques slaves, de Mingus (leur manière de jouer «Fables Of Faubius» est une belle réussite), de Ornette Coleman ou d’Henry Texier peut-être…

C’est donc Cédric Favresse (as), l’excellent Tom Callens (ts), Lieven Van Pee (b) et Alain Delval (dm) que l’on retrouvera le dimanche en ouverture des concerts des Lundis d’Hortense sur la Grand Place.

Mais nous aurons encore l’occasion d’entendre ses trois groupes le 26 juin au Sounds.
Notez déjà cette date et venez nombreux, ça vaut vraiment la peine.

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Direction «centre».
Dans un nouveau bar branché où l’on fume le narguilé, étendu sur des coussins, le Pure Bar accueille Bo Van Der Werf et Nelson Veras.
Choix judicieux.
La musique du duo est à la fois mystique et atmosphérique basée sur une métrique mouvante que maîtrisent à la perfection les deux musiciens.
Bo déroule de longues phrases, parfois abstraites, au sax baryton, sur lesquelles Nelson parsème des accords improbables d’une légèreté magique.
Ambiance, ambiance…

Avant d’aller écouter Marc Lelangue sur la Grand Place, je fais un détour au Café Orts, au coin de la rue Dansaert, pour voir Louis Favre Trio.
L’image est assez surréaliste : le groupe joue presque sur le trottoir, devant la terrasse ouverte.
Il s’agit principalement de standards jazz (pour ce que j’en ai entendu) avec un petit côté soul des années ’60.
Le Fender Rhodes doit y être pour quelque chose.
Sympathique.

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Sur la Grand Place, l’excellent blues de Marc Lelangue résonne.
Avec la voix grave et puissante, le guitariste reprend les meilleures chansons de Ray Charles.
C’est chaud, c’est bon.
Il est entouré d’une fameuse équipe qui n’a pas son pareil pour faire bouger les foules : Daniel Roméo, Patrick Dorcéan, Alain Palizeul, Laurent Doumont etc…
En plus de cela, il y a deux merveilleuses choristes: Nina Babet et Chantal Kashala.
Endroit idéal pour fêter au champagne (ben oui,… on sait vivre!) l’anniversaire d’une amie.
Et ce n’est pas «Hit The Road Jack» qui me fera partir.

Je tente une incursion au PP Café pour entendre Fred Delplancq. Impossible d’entrer, c’est bondé.
Et finalement, je me rends compte que Fred jouait la veille au PP : ce soir, c’est Freefunk

Au Falstaff, ce n’est pas non plus Paolo Radoni qui joue.
Mais ici, ce n’est pas une erreur de ma part : il y a eu, semble-t-il, un changement de programme de dernière minute.
Finalement, ce n’est pas si grave, car l’accueil est plutôt étrange. En effet, on repousse les gens qui sont «dans le passage» ou qui sont assis par terre.
Ici, c’est assis à table ou basta.
Alors basta.

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Au Sounds, bourré comme un œufs, tout le monde peut entrer par contre (s’il y arrive).
Coup de chapeau aux serveuses qui se fraient un passage pour servir les clients avec le sourire.
Voilà l’esprit de fête du jazz.

La fête, c’est aussi Daniel Romeo qui la mène avec son funk endiablé.
Ce soir, il a invité Rosario Giuliani et Eric Legnini.
Quelle énergie, quelle folie.
Ça joue à fond !
Roméo est toujours partant pour relancer la machine et les souffleurs ne sont pas les derniers à emboîter le pas.
Olivier Bodson déchire à la trompette et Laurent Doumont (entre boogaloo et soul) rivalise avec Giuliani.
Erwin Vann montera sur scène le temps d’un set pour participer à ce feu d’artifice.
Il faut dire que la rythmique est solide (c’est rien de le dire) : Adrien Verderame en batteur infatigable et Nicolas Fiszman en guitariste fou sont toujours sur le coup.
Et que dire des aller-retour entre Legnini et Michel Bisceglia aux Rhodes…
Un pur bonheur.

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Du jazz comme celui-là, on devrait le retrouver multiplié par dix aux quatre coins de la ville pour le prochain Jazz Marathon.

Près de quatre heure, il n’a pas plu.
Tant mieux : entre deux sets, on était tous dehors.

Demain, on continue.

A+

05/05/2007

Octurn à la Jazz Station


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Octurn enchaîne projets sur projets ces derniers temps.
Après l’excellent «21 Emanations» avec Dré Pallemaerts et déjà, Magic Malik, le groupe a sorti «North Country Suite» sur des compositions de Pierre Van Dormael.
Et les voilà déjà maintenant à voguer vers d’autres aventures.

Cette foi-ci, Malik a pris un peu plus de place encore et le groupe a accueilli aussi Nelson Veras

Pour «roder» l’ensemble, Octurn s’est offert une résidence à la Jazz Station pour quelques jours.

Je suis allé écouter un des concerts ce mercredi dernier.

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J’avoue ne pas avoir toujours suivi, ni compris la musique d’Octurn à une époque. Si tant est que «comprendre» la musique veuille bien dire quelque chose…
Donc, je rectifie: je n’ai pas toujours ressenti la musique d’Octurn à une époque.
Trop complexe, froide ou distante.

Mais voilà que depuis quelques mois (années), je trouve la démarche du groupe des plus intéressantes actuellement.
Est-ce le fait que le groupe sonne vraiment comme une entité?
Qu’Octurn semble savoir où il a envie d’aller?
Est-ce l’arrive de Malik qui lui donne du «liant» ?

Toujours est-il que je ne reste pas insensible a cette musique, complexe certes, mais tellement captivante.

La musique d’Octurn me paraît plus ramassée, plus concise. On y retrouve toujours cette fluidité, ces espaces et ces évolutions lentes qui, cependant, ne se diluent plus comme lors du concert au Bozar en mars 2006.
Et j’avais, par la suite, déjà beaucoup aimé le prestation suivante au Sounds en juin de la même année.

Le concert de ce soir devait me conforter dans cet esprit.

02

Le premier morceau est, comme à l’habitude, très évolutif. Le groove complexe s’installe peu à peu. Veras dépose quelques lignes harmoniques… «organiques».
La basse profonde de Jean-Luc Lehr se conjugue parfaitement au drumming impeccable de Xavier Rogé (qui «remplace» pour cette tournée Chander Sardjoe).

Ensuite, sur les pas d’une valse désabusée, les souffleurs rendent la mélodie incertaine.
Gilbert Nouno, capte, filtre, trafique les sons des instruments et les redistribue avec ingéniosité.
La musique est toute en relief et profondeur. Elle navigue sur plusieurs niveaux rythmiques et harmoniques. On sent comme des vagues, comme des ondulations qui s’entrecroisent.

Jozef Dumoulin au Fender Rhodes lance des phrases aux effets parfois stridents.
Ses improvisations sont toujours étonnantes. A la fois «free» et parfois «soul» ou «churchy».

Malik chante dans sa flûte.
Un chant fantomatique, lunaire.

L’ensemble est mouvant, riche, parfois groovy et, comme sur le dernier morceau du premier set, presque funky.
Il y a toujours ce mélange d’improvisations collectives complexes et de lignes rythmiques claires qui rendent le projet unique.
Octurn joue sur les tensions et les apaisements.
On ne peut y rester insensible.

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Sur un autre morceau (la plupart, ce soir, sont de Bo Van Der Werf ou de Malik), une sorte de «lullaby» étrange, Fabian Fiorioni à l’instar de Veras précédemment, égrène les notes de façon très scintillantes. À la fois brutales et nerveuses, mais aussi pleines d’amplitudes. Entre classique et contemporain.

Malik intervient à nouveau au chant, mais c’est surtout Guillaume Orti qui improvisera de manière très physique. On le sent véritablement investi par la ferveur.

Bien qu’il intervienne de manière ponctuelle et avec beaucoup de sensibilité (comme lors de son solo en début de concert), j’ai l’impression que Laurent Blondiau, à la trompette «muted», vient plus souvent en soutien qu’en véritable soliste dans cet ensemble.
C’est un peu la même impression que j’ai vis-à-vis de Bo Van Der Werf, bien que lui aussi, viendra prendre sa place pour quelques solos d’une extrême beauté.

J’ai le sentiment que le groupe est vraiment en train de trouver son son. Ce que me confirmeront Xavier Rogé, Jean-Luc Lehr, Gilbert Nouno ou Nelson Veras après le concert.

Un beau projet, de très haut niveau, qui ouvre encore d’autres voies au jazz.
A suivre, bien sûr.

A+

06/01/2007

Stéphane Galland - Nelson Veras au CC Ans

Je ne n’avais encore jamais entendu, ni vu, Stéphane Galland et Nelson Veras en duo.
Bien sûr je connaissais Veras sur l’album « Weaving Symbolics » de Steve Coleman ainsi que sur son propre album « Nelson Veras », où il était entouré de Armen Franje, Magic Malik et déjà de Stéphane Galland.

Je suis donc allé à Ans vendredi soir.
A Ans? Alors que le duo passe plus près de chez moi (Wavre, Jazz Station…) ? Ben oui, à Ans.
N’hésitez pas à y aller d’ailleurs, au CC Ans, si vous êtes du coin. L’accueil y est très sympa et Jean Mallamacci (entre autres), se démène comme un beau diable pour programmer régulièrement du jazz.
C’était aussi l’occasion de lui souhaiter une excellente année 2007.

Et je n’ai pas regretté mon déplacement.

veras-galland

Bien sûr la musique développée par le guitariste et le batteur n’est parfois pas « simple », mais comme elle reste souvent très mélodique, on ne s’y ennuie jamais. Au contraire.
On se fait surprendre, mais on ne se perd jamais.
Et puis, si on s’y perd un peu, ils nous retrouvent.

C’est amusant de constater les croisements entre les deux musiciens. Quand l’un joue des polyrythmies insensées (vous avez deviné, c’est Stéphane), l’autre joue les harmonies, la mélodie, la douceur.
Puis, les rôles s’inversent, Galland se fait hyper délicat (jouant des balais, effleurant les cymbales…) quand Veras joue des phrases courtes et rythmiques.

Les deux virtuoses s’écoutent, se regardent, se jaugent et se défient.
Ils s’amusent à déstructurer des thèmes connus (« All The Things You Are » ou « Body And Soul ») pour en faire une relecture excitante.
Puis, ils improvisent sur leurs propres compositions ou sur le célèbre « Saidas e Bandeiras » de Milton Nascimento que l’on reconnaît par bribes et qui ne garde qu’une très pâle couleur brésilienne.
Dans le même ordre d'idées, il faut entendre aussi leur version de « Besame Mucho »: une véritable synthèse entre boléro et jazz contemporain.
Magnifique réussite.
Stéphane Galland accélère les rythmes, les ralentit aussitôt puis relance la machine. Les musiciens s’arrêtent, redémarrent, redoublent le tempo avec précision, justesse et… simplicité.
Un langage particulier se crée. On les comprend, on les suit.

Le guitariste brésilien n’est jamais démonstratif tellement on le sent « facile » dans la dextérité. Il y a une élégance et une grâce qui émane de son jeu.
Il multiplie les prouesses, jouant avec délicatesse dans les graves pour pallier l’absence de contrebasse.
Il y avait de la créativité et de la brillance ce soir…

Ce fut deux sets de musique intense, forte et personnelle qu’on a eu l’occasion d’entendre avec deux musiciens sur la même longueur d’onde.

Une expérience à renouveler et à suivre sans aucun doute…

Après le concert, j’ai eu l’occasion de bavarder pas mal de temps avec Nelson (que l’on reverra à nouveau en Belgique avec Octurn, entre autres) à propos de son parcours, son jeu, ses projets. Et aussi avec Stéphane (qui a un agenda assez chargé avec VSPRS).

Bref, une bien belle soirée pour démarrer 2007 en force.

Merci encore Jean.

A+

20:39 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ccans, nelson veras, stephane galland |  Facebook |