06/06/2016

Mélanie De Biasio - Blackened Cities à Flagey

flagey,melanie de biasio,pascal paulus,pascal mohy,dre pallemaerts,sam gerstmans,pias,stephan vanfleteren

Elle ne fait rien comme les autres, Mélanie. Depuis le début, elle ne veut pas rentrer dans un moule, ni dans un style. Elle veut exprimer sa propre personnalité, quitte à attendre 7 ans avant de publier son second album No Deal, paru chez Pias en 2013, et dont le titre sonne comme un aveu. Et c’est un succès. Mérité.

La maison de production suit alors l’artiste carolo dans une opération marketing de longue haleine et savamment orchestrée.

On sait qu’avec la chanteuse, il ne faut jamais précipiter les choses, mais on s’impatiente quand même d’entendre la suite de No Deal. 3 ans plus tard, c’est chose faite.

Et si l’on ne s’attendait pas à un album «conventionnel» de sa part, on peut dire que l’on n’a pas été déçu. Le tout neuf Blackened Cities est, en fait, un seul et long morceau de près de 25 minutes…

Et puis c’est tout.

Une seule face de 33 tours. Un seul et long morceau fascinant et envoûtant. Osé.

On était curieux de voir comment, sur scène, elle allait nous embarquer dans son monde, si particulier, et comment elle allait partager avec nous cet ovni.

Ce samedi à Flagey, Mélanie de Biasio a fait salle comble.

La scène est plongée dans le noir. Sur un écran géant, la très belle image charbonneuse de Charleroi de Stephan Vanfleteren se laisse découvrir par parcelles.

Mélanie arrive seule, dans le noir total, et entame «Blackened Cities». Claquement de doigts, souffle saccadé, chant pur et flûte brillante. Puis Pascal Mohy entre à son tour. Dépose quelques notes sublimes sur le piano. Puis c’est Sam Gerstmans qui s’empare de la contrebasse et balafre les cordes de quelques phrases à l’archet. Viennent enfin Pascal Paulus (claviers) et Dré Pallemaerts (dm). Un groove sourd et retenu se repend dans tout le studio 4.

La musique se développe calmement, longuement. Comme dans une transe intériorisée, lente et progressive, la musique enfle. L’excitation monte mais... mais... on n’arrive jamais à la jouissance. La mise en scène est peut-être un peu trop maniérée. C'est un poil trop chichiteux. On reste dans un cocoon trop confortable et ouaté. Dans la pénombre. Un peu frustré.

Après ce long voyage statique de plus de trente minutes, Mélanie revisite, en duo avec Mohy puis avec Paulus, «The Flow», «No Deal» ou «I Feel You». Toujours dans cet esprit minimaliste retenu et souvent sur les mêmes pulsations. Dré Pallemaerts arrive pourtant, à lui seul, à colorer la musique dans un jeu créatif, foisonnant, libre et sensuel. «I’m Gonna Leave You» secoue un peu… Mais le concert s’étire un peu trop. Il se répète presque. On a l’impression que l’on allonge un peu la sauce d’un plat qui aurait pu surprendre d’avantage…

Certains adorent, d’autres restent un peu sur leur faim…

 

 

A+

 

Enregistrer

Enregistrer

09/09/2013

Festivals d'été (Part 2) Jazz Middelheim

 

Continuons les comptes-rendus des festivals jazz de l’été (dans un ordre pas vraiment chronologique).

Sur Citizen Jazz, vous pouvez revivre les grands moments – et il y en a eu plein – du festival Jazz Middelheim.

On y a vu des belges en pleine forme, comme Manu Hermia trio, Mélanie De Biasio, Stéphane Galland et son LOBI et un fantastique Robin Verheyen entouré de Gary Peacock, Joey Baron et Marc Copland ! Et bien sûr… Toots !

middelheim,robin verheyen,melanie de biasio,manu hermia,stephane galland,citizen jazz,charles lloyd,tigran hamasyan

Mais il y avait également l’omniprésence de Tigran Hamasyan – musicien en résidence – qui s’est présenté d’abord avec Arve Henriksen et Jan Bang, puis avec Trilok Gurtu et finalement avec son groupe habituel pour la sortie de son dernier et excitant album Shadow Theater.

Et puis, il y eu John Scofield, Terri Lyne Carrington, Randy Weston, un fantastique Anthony Braxton et un éblouissant Charles Lloyd (avec Reuben Rogers, Eric Harland, Jason Moran).

Oui, on a été gâté.

A suivre, le Gent Jazz Festival et le Gaume Jazz… toujours sur Citizen Jazz.


A+

 

23/03/2013

Mélanie De Biasio - No Deal

melanie de biasio, dre pallemaerts, pascal mohy, pascal paulus, chronique

Tout simplement é-blou-i-ssant !

Mélanie De Biasio.

 

A+

16/01/2011

Winter Jazz Festival - Marni-Flagey

Ça y est, c’est reparti pour une nouvelle saison.

 

Premier festival de l’année: le Winter Jazz Festival, qui commence ce 19 janvier.

Le Winter Jazz Festival - ex Festival Jazz Marni Flagey - se déroule, comme son nom ne l’indique plus, en partie à Flagey et en partie au Théâtre Marni.

aff_Winterjazz-1.jpg

Cette année, c’est la voix qui est mise à l’honneur et c’est Robin Mc Kelle qui ouvre les festivités. Robin Mc Kelle est originaire de Rochester et son style oscille entre jazz, soul et R’nB. C’est souvent énergique même si, à Flagey, elle viendra entourée d’un trio plus “jazz” (Reggie Washington à la contrebasse, Marc Mc Lean aux drums et Sam Barsh au piano). Sa voix, légèrement graineuse, son phrasé sensuel et son sens de la scène devraient nous faire passer un bon moment.

Le lendemain, au Théâtre Marni cette fois, Mélanie De Biasio se présentera en trio (avec Sam Gestmans (cb) et Pascal Mohy (p) ). Je ne vais pas vous redire une énième fois tout le bien que je pense d’elle, il suffit d’aller relire quelques articles ici, ici ou encore . A ne pas rater, bien sûr…

Samedi 22, toujours au Marni c’est Tutu Puoane qui viendra assurement nous charmer. Tutu est née en Afrique du Sud. Venue en Belgique pour parfaire son cursus musical, elle a rencontré le pianiste Ewout Pierreux et, depuis, est restée chez nous. On l’a déjà entendue avec le BJO, pour un projet en hommage à Myryam Makeba (“Mama Africa”), et on la retrouvera cette fois en quartette (Ewout Pierreux, bien sûr, Lieven Venken (dm) et Nic Thys (cb) ), pour nous dévoiler les beautés sensuelles de son dernier album “Quiet Now”.

Il y aura encore des voix à découvrir autour du trio d’Anne Wolf, qui présentera par la même occasion son nouvel album “Moon At Noon”. Amateurs de musiques chaudes et brésiliennes, rendez-vous à Flagey le 26.

Et puis, le 28, un des clous du festival: la première de “A Different Porgy And Another Bess”! Maria Joao, David Linx et le Brussels Jazz Orchestra revisitent le célèbre opéra de Greshwin. Si vous vous souvenez de la précédente collaboration de Linx avec le BJO (“Changing Face”) et si vous avez entendu le fantastique “Follow The Songlines” (avec Maria Joao, Mario Laginha et Diederik Wissels), vous pouvez peut-être - car avec David Linx, on n’est jamais au bout de ses surprises -  imaginer ce que donnera ce nouveau challenge…

 

D’autres concerts vous laisseront peut-être sans voix, ce sont ceux où il n’y en a pas.

J’ai retenu pour vous le retour de Rêve d’Eléphant, qui présentera son nouvel album “Pourquoi pas un scampi?”. Tout un programme! Quand on connait le côté onirique et follement inventif de cette bande de doux poètes déjantés, on ne risque certainement pas de s’ennuyer le 21 au Studio 1.

Autres moments à ne pas rater seront aussi les concerts de Fabien Degryse (dans le cadre d’une collaboration avec les Djangofolllies), qui proposera un programme “manouche” avec ses amis Peter Hertmans et Jacques Piroton aux guitares, Nic Thys à la contrebasse et Yves Teicher au violon; ainsi que le dernier projet de Steve Houben (as), entouré d’une belle brochette de “jeunes” jazzmen (Greg Houben (tp), Julien Delbrouck (bs, clar b), Quentin Liégeois (g), Antoine Pierre (dm) et Cedric Raymond (b, eb). Ça promet.

 

Et puis il ne faudrait pas oublier les 2 concerts “Piknikmuzik” des vendredis midis avec le très jeune et très talentueux Bram de Looze qui jouera une première fois avec Nic Thys et une seconde avec le Momentum Jazz Quartet.

 

Enfin, cerise sur le gâteau: Fabien Fiorini (p) mettra en musique deux chef-d’œuvres de Buster Keaton (“The General” et “Sherlock Jr.”), en duo avec Erik Vermeulen d’une part et avec Jozef Dumoulin de l’autre.

A vos agendas… l’hiver sera chaud!

 

A+

 

02/10/2010

Mélanie De Biasio Trio au Music Village

 

 

En attendant que son deuxième album sorte (avec Dré Pallemaerts, Pascal Paulus et Pascal Mohy), Mélanie De Biasio «est revenue» à la formule en trio (qu’elle n’a jamais vraiment abandonné, il est vrai).


Pour fêter le dixième anniversaire du Music Village, Paul Huygens avait eu la bonne idée de l’inviter. Et Philippe Baron, lui, a eu la bonne idée d’enregistrer le concert pour son émission «Jazz» sur Musiq 3.

Jeudi 16 septembre, pas mal de monde s’était donc donné rendez-vous au club de la Rue des Pierres, à côté de la Grand Place.


Direct radio oblige, le public attend, sagement et en silence, que la régie donne le top départ. 21h.04 précise: courte introduction de Philippe, quelques mots de Paul… et puis, place à la magie.

 

P1120642.JPG

Sur scène, Pascal Mohy au piano et Sam Gerstman à la contrebasse sont prêts. Mélanie est détendue, souriante, rayonnante. Ça me rappelle un peu le temps où elle chantait au PP Palace le dimanche soir, avec Pascal Mohy, déjà, mais aussi avec Steve Houben ou Axel Gilain. Bien sûr ici, au Music Village, le public est nettement moins bruyant et plus attentif.


L’univers de Mélanie est fragile et elle n’aime pas trop qu’on vienne l’altérer. Aussi, aux questions que tente de poser Philippe Baron après qu’elle a chanté quelques morceaux, elle préfère répondre d’un sourire, ou d’un bref «on verra» ou d’un court «oui» étouffé dans un rire. Elle n’en dira pas plus. Ce soir, elle ne parle pas, elle est sur scène et elle est là pour chanter. Et quel chant!

Ce soir elle mélange, plus encore qu’à l’habitude, des standards à ses propres compositions. Elle choisit les standards comme elle les aime. Et elle les chante comme elle les aime. Et c’est sublime. Elle se les réapproprie, évite les clichés, mais ne contourne pas pour autant les difficultés. Mais qu’est ce qu’une difficulté lorsque la passion et la sincérité vous habitent? C’est l’âme qui parle, la vérité qui s’exprime. Et la sincérité ne peut jamais faillir.

 

Les notes crépusculaires de Mohy, au piano, nous attirent comme au fond de la mer. Sam Gertsmans caresse les cordes sourdes de sa contrebasse, Mélanie lâche quelques phrases de «Blue» et laisse aussitôt le piano continuer notre noyade.

«Never Gonna Make It» nous ramène à la surface. Le chant est lumineux, sensuel et swinguant. Pascal Mohy, en grande forme, enchaîne les accords, improvise avec inspiration («Mood Indigo» est sublime de swing et de pétillance). Sam Gerstmans fait tour à tour ronronner ou gronder profondément sa contrebasse. Il est dans son élément, il couvre, dévoile, accompagne, libère. L’ensemble est d’une merveilleuse cohérence.

C’est étonnant comme Mélanie arrive chaque fois à créer ces bulles d’intimité, à la fois langoureuses et élégiaques ou, au contraire, presque frivoles. «Black Coffee» est charmeur, «Yesterdays» est douloureux, «Afro Blue» est émouvant. Ses compositions personnelles s’immiscent sans peine parmi les standards. Et «Convictions» ou «Let Me Love You» ne peuvent nous laisser de marbre.

 

Ce soir, on a encore re-découvert Mélanie De Biasio, fidèle à son univers et pourtant différente. Le bonheur, le partage, le sourire, tout y était. Autant sur la scène que dans la salle.

 

Alors, en attendant que le disque sorte, pourquoi pas une belle tournée en trio ?

Moi, je suis pour.

 

A+

 

29/08/2010

Le Music Village a dix ans.

Une nuit de 1999, je m’étais baladé du côté de la Rue Traversière et étais entré au Travers (lieu mythique du jazz bruxellois, aujourd’hui disparu. Jules - du Travers - s’occupe actuellement de la programmation au Théâtre Marni). Dans le fond de cet endroit sombre et enfumé y jouait le quartette de Ben Sluijs. Pour moi, ce fut une belle claque. Voulant absolument savoir où jouera ce groupe prochainement, je fouille le site Jazz Valley (lui aussi disparu)…

C’est comme cela que, quelques mois plus tard, je découvre le Music Village, à deux pas de la Grand Place, dans une ancienne quincaillerie totalement relookée. L’endroit est intime, chaleureux, cosy. Je me renseigne à l’entrée et apprends que le club a ouvert ses portes, il y a quelques mois à peine… Ouf, je n’ai presque rien raté.

 

musicill10ans.jpg

 

Dix ans plus tard, le Music Village est toujours là, fidèle à l’esprit voulu par Paul Huygens.

 

À partir du 3 septembre, pour fêter dignement cet anniversaire, le club programme une série de concerts «spéciaux». On y verra Phil Abraham, Dave Pike, Gino Lattuca, Ivan Paduart, Amina Figarova, Mélanie De Biasio, les Swing Dealers, Charles Loos et bien d’autres encore.

 

Dix ans, c’est  un bel age et c’est l’occasion de poser dix questions au maître des lieux, Paul Huygens.

 

paul huygensok.jpg

 

1 : Pourquoi le jazz ?

 

Avant tout pour l'atmosphère (sentimentale ou excitante) qui entoure la musique de jazz live. Et, étant surtout amateur de musique classique pendant mon adolescence, je trouve, avec le temps, que le JAZZ est la musique de la VRAIE vie. Pas dramatique, pas extrême, mais faite de rose avec des touches de gris, et de gris avec des touches de rose… bref jazzy. Et bien sûr pour des tas d'autres raisons plus savantes…

 

2 : Pourquoi le nom de "Music Village" ?

 

En référence au Village Vanguard d’abord et ensuite, à l’origine, pour permettre d’ouvrir l’espace à d’autres musiques. Ce qui n’est plus trop d’actualité… Et puis l’idée de «Village» me semblait «cosy» : atmosphère, atmosphère….

 

3 : Pourquoi près de la Grand Place ?

 

Clairement pour bénéficier d’une visibilité nationale et internationale. Pour être au centre de la capitale de l’Europe et pour cette dernière. Pour ajouter un atout culturel international (qui manquait d’ailleurs…). Et parce que l’Anglais et le jazz, c’est éminemment international et «œcuménique».

 

4 : Quel a été ton premier contact avec le jazz et le premier coup de coeur ?

 

Mon instituteur primaire, en 1ère et 2e, qui s’appelait Charles Denose, jouait en classe de la guitare jazz et du banjo. Voyant mon intérêt, il avait même prêté à mes parents l’intégrale de Django Reinhardt (en vinyle, indeed. Années 1958…).

 

5 : Quel est ton meilleur souvenir, parmi les nombreux concerts, au Music Village ?

 

Le tout premier concert live, en août 2000, quand les premiers accords ont résonné pour un public. J’ai versé quelques larmes, même… (en coulisses, indeed) Il y avait, entre autres, Roger Van Ha et Johan Clement.

 

6 : Si tu n’avais aucune limite de budget, quel artiste rêverais-tu de voir un soir (ou deux, ou trois, ou plus) au Music Village?

 

Jacky Terrasson sans aucune hésitation.

 

7 : Que penses-tu de l’évolution du jazz (en Belgique ou ailleurs) depuis ces dix dernières années ?

 

Probablement qu’il y a un peu plus d’intérêt de la part des plus jeunes pour le répertoire classique. Qu’il y a moins d’ «extrémisme» créatif. Et qu’il y a toujours aussi peu de clubs de jazz… J’essaie d’y travailler au sein du Conseil des Musiques non Classiques.

 

8 : Quel est la plus grande difficulté à surmonter lorsqu¹on est patron d¹un club de jazz ?

 

Arriver à faire un bon mix entre «jazz-art» et de «jazz-entertainment», les 2 piliers du jazz qui sont certainement, selon moi, les seules manières de se projeter dans l’avenir. Cela dit, de manière plus prosaïque, le problème est toujours d’arriver à boucler les budgets, en étant, pour l’essentiel autofinancé (90%).

 

9 : Sur quels critères as-tu établi le programme pour « fêter » ces dix ans ?

 

Je voulais avant tout réunir un maximum de musiciens – belges surtout – qui ont accompagné et compris mon aventure depuis 10 ans.

 

10 : Que nous réserve le Music Village pour les dix ans à venir ?

 

Je veux surtout continuer à soutenir le jazz «classique» et ses musiciens belges, et offrir à un public renouvelé, qui n’est pas toujours spécialiste, une belle introduction vers la musique de jazz. Et, en même temps, présenter ceux qui, parmi la jeune génération, partagent les valeurs éternelles du jazz qui sont pour moi : swing, intelligence, créativité, plaisir partagé… et puis, l’atmosphère !

 

 

Réservez dès maintenant vos places pour le mois de septembre… et les dix années à venir.

Happy birthday, Paul.

 

(Merci à Jos Knaepen pour la photo). 

 

 

A+

 

13/02/2010

Melanie De Biasio - Jazz Festival Marni Flagey

 

Rendez-vous avec Mélanie De Biasio, samedi 30, pour clore le Jazz Festival Marni Flagey (pour lequel je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de voir tous les concerts qui me faisaient de l’œil…).

Elle a failli ne pas arriver, Mélanie, à cause de la neige qui avait envahi par surprise une grande partie du pays. C’est ce que la chanteuse raconte pendant son concert. Hé oui, chose rare, Mélanie parle à son public! Avec humour et tendresse !

Mais revenons au studio 1 à Flagey.

Ambiance toujours intime, très feutrée et assez sombre, comme pour faire briller les sons de la voix et des instruments. Car il faut le dire et le répéter, il s’agit d’un groupe et pas d’une chanteuse accompagnée d’un groupe. Le son a donc beaucoup d’importance. Et Mélanie a bien l’intention de creuser encore plus dans ce sens.

db003

Normal donc que Dré Pallemaerts, sans doute l’un des batteurs les plus subtils d’Europe, se sente ici chez lui. Son jeu est d’une justesse et d’une sensualité magnifiques. Il caresse les peaux, effleure les cymbales, souligne d’un claquement sec une intension ou une inflexion. Il crée des ambiances, dessine des climats, colorie certains morceaux de reflets orientaux (à l’aide d’un gong) ou indiens (avec des clochettes).

Entre le piano de Pascal Mohy, aux notes légères, graves ou retenues, et le souffle de la flûte de Mélanie, les passages se font suaves. Le swing est latent, tout en non-dit. Tout en évocation. Pascal Paulus, au clavinet et autres claviers, joue le rôle de la basse disparue volontairement du groupe. Du coup, dans certains morceaux, on y perçoit un écho vintage à la Tangerine Dream ou Grateful Dead (vous voyez, je n’ai pas peur, moi non plus, des grands écarts ni des mélanges). Entre Paulus et Mohy, l’équilibre se fait et chacun y trouve son espace.

db001

Repliée sur elle-même, toujours aussi concentrée et imprégnée par son discours, Mélanie De Biasio, malaxe la matière sonore. Elle jongle entre le chant et la flûte. Féline, elle bouge comme dans un poème de Baudelaire. Tour à tour, elle évoque l’amour brûlant («I Feel You»), la rage contenue, la sensualité chaude et soul (le très Ellingtonien «Mister Django»), les incertitudes de la vie, les décisions libératrices (un swinguant «I’m Gonna Leave You»). La voix est toujours aussi patinée, légèrement graineuse, finement grave. Irrésistible. Elle revient en rappel avec Pascal Mohy pour un lumineux «Softly As A Morning Sunrise». No comment.

 db002

On a hâte d’entendre ce que cela va donner sur disque. Tout est déjà enregistré. Le groupe travaille sur la production. Aux manettes : Dré Pallemaerts, bien sûr… J’en salive déjà.

 

A+

 

09/10/2009

Un Igloo à Toulouse

 

Du 8 au 26 octobre, du côté de Toulouse aura lieu le Festival sur son 31.

Vous allez me dire que si je commence à parler de festivals qui se passent bien au-delà de nos petites frontières, je risque de ne plus du tout m’en sortir. Certes.

Seulement voilà, là-bas, le samedi 24 octobre aura lieu une journée spéciale consacrée au label Igloo. (Oui, il y en a eu en Belgique aussi).

J’avais rencontré Christine Jottard, directrice d’Igloo, à l’occasion des 30 ans du label, il y a quelque temps déjà (rappelez-vous la fête au Théâtre Marni). L’interview n’a jamais été diffusée. Voici une belle occasion de me racheter.

Igloo Team_ok

 

Comment a démarré l’aventure Igloo?

Daniel Sotiaux a d’abord créé un label dédié à la musique expérimentale, à la poésie sonore et à la musique électronique, avec des artistes tels que John Van Rymenant, Jacques Bekaert, etc… Parallèlement à cela, à la même époque, des musiciens de jazz qui s’étaient regroupés au sein de l’association «Les Lundis d’Hortense» ont créé leur label: LDH. Nous avons décidé, après avoir publié chacun quelques albums de regrouper nos forces.

L’optique était de promouvoir les musiciens belges, de pouvoir les enregistrer plus facilement mais surtout d’être plus performant dans la distribution?

Oui, soutenir les jeunes musiciens belges a toujours été une constante chez nous, dès le début. Nous mettons à disposition des jazzmen une structure plus solide. On leur facilite l’enregistrement, mais aussi la production, le suivi, le travail administratif et graphique… Et bien sûr, la distribution au-delà de la Belgique. Cela s’est fait assez rapidement avec la France qui est un marché important pour nous. Le Japon s’est vite développé aussi.

Quel a été le premier disque enregistré sous le label Igloo?

Le tout premier était un disque de poésie musicale, pas vraiment «jazz». Celui que l’on considère comme étant le premier album «jazz» chez Igloo est l’album de Philip Catherine, Jean-Louis Rassinfosse et Chet Baker. C’est d’ailleurs le premier que nous avons sorti lorsque nous sommes passé du vinyle au CD. Ils ont d’ailleurs co-existé sous les deux formes pendant longtemps. Il faut dire que le CD était beaucoup plus cher à fabriquer à l’époque. Le CD fut le premier changement dans la production. On se demandait tous si nous allions pouvoir suivre. Finalement, c’est la matière du support qui a changé, pas notre façon d’écouter ni d’acheter la musique. Ce qui est assez différent, actuellement, avec l’arrivée d’Internet et la musique « dématérialisée ».

Vous subissez ce changement?

On sent une différence, bien sûr. Les générations actuelles sont habituées à recevoir de la musique gratuitement ou à n’acheter qu’un titre plutôt que tout un album. En ce qui concerne le jazz, nous sommes pourtant relativement protégés. Ceux qui écoutent du jazz ont une démarche plus proche de ceux qui écoutent du classique, par exemple. Ils sont encore attachés à l’objet, à la pochette et surtout à l’ensemble de «l’œuvre». Mais il est clair que cela évolue. Le plus inquiétant, c’est qu’il existe de moins en moins de disquaires et de distributeurs. C’est là où le choix se restreint. Il reste les grandes chaînes, mais tout est informatisé, centralisé, analysé… C’est malheureusement plus impersonnel.

C’est pourquoi on achète de plus en plus via Internet. Peut-on acheter les albums sur le site Igloo?

Oui, on peut les commander. Et depuis deux ans, nous sommes en train de remettre tout le catalogue en téléchargement.

Des disques «épuisés» seront donc de nouveau disponibles?

Oui, bientôt. Mais il y a un gros travail de remasterisation à faire. C’est du temps et de l’argent.

Quelles ont été les plus grosses ventes d’Igloo?

Le jazz est quelque chose d’assez intemporel. L’album de Chet, Jean-Louis et Philip continu à se vendre régulièrement, tout comme les albums de Nathalie Loriers. La musque du monde fonctionne bien. C’est difficile à dire. En fait, Igloo est divisé en trois parties. À Igloo Jazz, nous avons ajouté Igloo+, afin de produire des projets plus spécifiques comme celui de Stéphane Collin qui mélange la musique contemporaine, le classique et  le jazz. En 2005, nous avons créé Igloo Mondo suite au projet «Djigui» de Pierre Van Dormael qui avait rencontré des musiciens Maliens.

Comment sélectionnez-vous les artistes que vous allez produire?

Nous recevons beaucoup de démos et nous assistons à bon nombre de concerts. Ensuite, nous nous réunissons, quatre à cinq fois par an, avec des diffuseurs ou des organisateurs. Cela nous permet de confronter nos idées… et de les conforter. Ensuite, nous travaillons essentiellement la production. Nous organisons les enregistrements. Nous travaillons avec de jeunes groupes qui n’ont pas toujours l’habitude du studio. Nous les conseillons, les rassurons.

 iglll

L’ambition d’Igloo est toujours de découvrir et de « pousser » des jeunes jazzmen?

Oui, il y a toujours cette envie d’être attentif à ce qui se passe sur la jeune scène belge, tout en restant attentif aux générations précédentes, bien sûr. Nous essayons de préserver le côté «patrimoine». Nous avons ressorti l’album de Sadi par exemple. Nous avons fait la même chose avec Jacques Pelzer. Et il y a des groupes avec lesquels nous travaillons de longue date, comme L’Âme des Poètes, par exemple.

Certains «jeunes», une fois qu’ils ont «un nom», changent de maison de disques, ce n’est pas frustrant, parfois?

Frustrant? Non. Il faut être conscient de ce que l’on peut faire et être conscient de ses limites aussi. Nous donnons ce que nous pouvons. Les jazzmen qui ont le potentiel de développer une grande carrière peuvent prendre leur avenir en main. Nous n’avons jamais eu la politique de retenir les artistes avec des contrats. Ce n’est donc pas frustrant, au contraire. Si l’artiste arrive à ce résultat, c’est que nous avons rempli notre rôle.

Après la production et la diffusion du CD, y a-t-il un suivi de l’artiste? L’organisation de concerts, de gigs ou autres…?

Au début, nous nous en occupions peu. Mais c’est un axe sur lequel nous travaillons actuellement. Il faut dire qu’il y a un manque d’agents pour les jazzmen. Les rares qui sont sur le marché sont submergés de demandes et ne peuvent pas tout assumer. C’est un énorme boulot et il est très difficile d’en vivre. Quant aux groupes qui se gèrent eux-mêmes, ils n’ont pas toujours le temps de faire toutes les démarches non plus. Les jazzmen sont impliqués dans bon nombre de groupes différents, et adapter les calendriers de chacun est souvent difficile. Alors, nous les aidons de plus en plus au niveau de la promo, de la recherche de concerts. Nous essayons aussi de mieux gérer les sorties d’albums en organisant simultanément des concerts, comme nous l’avons fait à Paris pour Mélanie De Biasio.

Igloo est une ASBL subventionnée par la Communauté Française de Belgique. Impose-t-elle des choses?

Nous avons un cahier des charges avec un nombre d’albums à produire pour une période de cinq ans. Chaque année nous rentrons un rapport qui pourrait nous amener à «justifier» nos choix. Mais jusqu’à présent, nous n’avons jamais eu à le faire. Artistiquement, ils n’interviennent absolument pas et nous font totalement confiance.

En 30 ans, le jazz a évolué. Des «styles» ont été abandonnés au profit d’autres? Y a-t-il un «style» Igloo?

Un style «maison», je ne sais pas. Je dirais peut-être que nous sommes devenu un peu plus sage…

Sage? Pourtant, un album comme celui de Cécile Broché et Etienne Bouyer n’est pas simple ni sage.

Oh oui, bien sûr ! Mais, je parle en général. Si je prends des groupes du début, comme Trio Bravo ou Julverne, c’était osé. C’est normal, ou dommage, mais lorsqu’on rentre dans des circuits de distribution dits «commerciaux», on nous demande d’essayer de définir les genres. Ceux qui ne sont pas clairement définis sont difficiles à «travailler».

Oui, mais c’est ce qui fait aussi l’originalité du jazz. Souvent, les gens se posent la question: «Est-ce du jazz?» Cette musique est tellement «large»…

Tout à fait. Mais on remarque ce phénomène en radio également. Tout ce qui est «entre-deux» a du mal à trouver sa place. C’était plus «ouvert» avant. Il y a eu une période dorée qui s’est un peu perdue depuis que les radios nationales se sont restructurées, thématisées et que les autres radios sont exclusivement «commerciales». Tout ce qui est «jazz» se retrouve dans un créneau de plus en plus étroit.

Est-ce que ce cloisonnement s’est fait aussi entre la Flandre et la Wallonie?  Igloo a peut-être une image assez francophone?

Nous n’avons jamais fait d’exclusive. En jazz belge, les groupes sont souvent mélangés entre flamands et francophones. En plus, pendant longtemps, il n’y avait pas d’équivalent à Igloo en Flandre. De Werf a ouvert une brèche dans les années ’90 et depuis, d’autres labels s’y sont engouffrés.  Nous avons toujours gardé de bons contacts avec la presse, les radios, la distribution. Le projet «Al Funduq» de Pierre Vaiana a été sélectionné par Klara. Non, vraiment, il n’y a pas de problème de ce côté-là, Dieu nous en garde…


Le 24 octobre, le quartette de Manu Hermia, le trio de Steve Houben et le duo Pascal Mohy et Mélanie de Biasio joueront à Toulouse.

 

Pour tous les autres rendez-vous jazz (en Belgique) voyez l’agenda Jazz In Belgium

 

A+

 

30/07/2009

A chœur et à voix (Part 1)

Comme chaque trimestre, chaque blogueur du « Z Band » publie, au même moment, un texte sur un sujet décidé en commun. (Voir la liste en fin d’article)
Celui de juin était dédié aux voix.

Oui, c’était en juin…mais… malheureusement, et pour diverses raisons, je n’ai pu mettre en ligne mon article à temps. Pourtant, tout était pratiquement prêt.
Mieux vaut tard que jamais… le voici, enfin.

A chœur et à voix

Que dire sur une chanteuse de jazz ?
Que dire qui n’a jamais été dit ?

Et d’abord, de quelle chanteuse parler ?
Faire un choix. Voilà qui n’est pas simple.

Alors, j’ai écouté ma petite voix intérieure qui m’a dit : «Parle des chanteuses qui t’ont un peu, voire beaucoup, bousculées dernièrement ? Des chanteuses parfois à la marge du jazz et pourtant tellement dedans ? C’est celles que tu préfères !».

Quelques noms me sont venus en tête.
Puis, j’ai resserrer ma sélection sur la Belgique…
Mélanie, Lynn, Julie.
Voilà les prénoms qui me sont venus en tête.
Plutôt que d’en parler, j’ai pensé les faire parler.
Je les ai invitées à venir chez moi pour dénouer un peu ce sac de nœuds, de contradictions, de questions, d’interrogations.

J’avais tout préparé. J’avais imaginé faire une sélection de disques et de les laisser choisir suivant leur sensibilité, dans l’idée d’en discuter après.
Ou alors, je pensais faire écouter quelques morceaux et leur demander de réagir.
Genre «blindtest»…
Bof.
J’avais préparé des disques, de Ella Fitzgerald à Roberta Gambarini, de Abbey Lincoln à Sidsel Endresen, de Mahalia Jackson à Aretha Franklin, de Billie Holiday à ...
J’avais relevé quelques phrases, quelques témoignages…
Et puis j’ai changé d’avis.
Et puis, je ne savais franchement plus comment aborder le sujet.


Melanie DeBiasio_04

Le jour J, Lynn Cassiers ne pouvait pas venir, mais Julie Jarozsewski et Mélanie De Biasio étaient là.

Et au lieu de suivre «ma conduite» (plus floue que jamais) c’est parti en improvisation presque totale…

Ça a commencé comme ça:


Vous considérez-vous comme une chanteuse de jazz ? Y a-t-il une définition à la formule «chanteuse de jazz» ?

Julie : Je ne me considère pas comme une chanteuse de jazz. Je suis chanteuse et j’aime le jazz. J’aime le trajet qu’a eu cette musique et les sons qu’elle a posé au monde. J’ai envie d’être un vecteur qui continue à interroger le monde. Alors oui, si le rendez-vous est d’être «chanteuse de jazz» quelques soirs et me servir de ce «média-là» pour interroger et pour m’interroger, oui, je suis une chanteuse de jazz…

C’est plus le message que tu veux faire passer plutôt que d’entrer dans une catégorie…

J : De toute façon, les catégories, je trouve ça dangereux

Mélanie : On est d’accord. Mais moi, je me considère plus comme une musicienne que comme une chanteuse. De jazz ? Je ne sais pas. Je raconte un état, un mood, une intention.

Mais alors, pourquoi avoir choisi le jazz, même si cela reste une étiquette, plutôt que le rock, la pop, le rap… ?

M : parce que ce qui est chouette dans le jazz c’est d’avoir la possibilité de dire ce que tu as envies de dire au moment même. En rock ou en pop – et je dis ça en connaissance de cause - j’ai l’impression que c’est plus «travaillé», répété et proposé comme quelque chose de presque définitif. Dans le rock ou la pop, on se fout pas mal de l’état dans lequel tu es à ce moment-là… Tu joues ce qui a été travaillé. C’est assez statique, finalement. Je me sens vite coincée dans cette formule car ce qui m’intéresse est d’être juste dans ce que j’ai à dire au moment même. C’est pour ça que j’ai choisi le jazz car c’était le «lieu» où cela pouvait se passer de cette manière.

Tu as ressenti ça tout de suite ? Car tu as commencé par jouer avec Orange Kazoo

M : J’étais flûtiste dans le groupe. Ce qui n’est pas pareil. J’ai choisi le jazz parce que mes parents voulaient que je fasse une «école» et que c’était plus «classique». J’ai choisi le jazz par… dépit. Je ne savais pas ce qu’était le jazz. Moi, je voulais chanter.

C’est un peu pareil pour toi, Julie. Tu as fait du théâtre au départ.

J : Oui, mais au départ, mon rêve était d’être chanteuse de jazz. J’entendais Ella Fitzgerald, je chantais ses solos… Pour moi, c’était la joie et la liberté ! Et j’avais tellement envie de ça que… je suis entrée dans une école de théâtre (rires). J’ai fait l’INSAS, j’ai joué et puis j’ai senti que je voulais chanter. J’ai fait des erreurs de parcours… Je suis allée au conservatoire. Je n’ai pas trop aimé, ce n’était pas épanouissant pour moi, j’en ai beaucoup souffert… Et puis, je trouve que le milieu du jazz est très misogyne. Il est d’une telle cruauté par rapport à la femme.

Ha bon ? C’est peut-être dû à l’image de la chanteuse que l’on met devant un orchestre, comme un faire-valoir ?

M : Concernant le côté misogyne, personnellement je ne me suis pas trop posé la question. Je crois que les gens sont cruels en général. Ce n’est pas une question de femme ou pas femme. On a la critique facile et on aime bien mettre les gens dans des petits pots. Mais je peux comprendre, en effet, que c’est un monde très masculin. Et donc il y a certainement quelque chose que l’on doit affirmer… ou au contraire, ne pas affirmer, justement ! Car le fait de «sur-affirmer» quelque chose, c’est peut-être accepter qu’il y ait une faiblesse quelque part.

J : Moi, c’est plutôt le rendez-vous qui est donné à la femme dans cette musique auquel je veux pas réponde. Pour moi, le jazz, c’est la musique du manque. Ce n’est pas moi qui l’ai dit, c’est Kofi Kwahulé. C’est le cri de l’esclave à sa terre. La musique de l’esclave d’Afrique hors de sa terre. C’est une musique qui porte une part du manque. C’est une musique profondément politique pour moi. Quand je vois un standard et les paroles qui sont proposées, ce sont souvent des textes sur le manque qu’il serait réducteur de ne voir qu’en discours de manque de la femme par rapport à l’homme. C’est une manière de poétiser la chose, mais on oublie la source de ces textes, il me semble. Et du coup, c’est ce que l’on propose souvent comme image : une blonde dans une robe noire…. Et moi, ce n’est pas là que j’ai envie d’être.

M : Moi j’ai envie d’être là aussi. J’ai envie d’être partout.


mailJulie Jaroszewski86 copie

C’est peut-être pour cela que certaines personnes sont perturbées lorsque l’on sort de cette image  «fabriquée». Alors que c’est cela que vous défendez un peu : actualiser l’image, la dépoussiérer. Et quand vous chantez des standards il faut, non seulement bien les choisir, mais aussi bien les comprendre.

M : Oui, il faut bien le choisir. Le texte, soit tu le vis, soit tu ne le chantes pas. Il n’y a pas d’entre  deux. Si tu ne t’y retrouves pas dedans, tu ne le fais pas. Chanter «Bye Bye Blackbird», si je n’ai rien à dire sur ce texte, hé bien je ne le chante pas.

J : Ce que je cherche, quand je chante des standards, c’est d’essayer d’avoir l’impudeur de laisser voir comment cela agit sur moi. J’ai envie que ça se voit. Si je n’arrive pas avec les mots, je le fais avec les sons. J’ai envie qu’on voit les charpentes du son… même si j’en suis encore très loin pour l’instant. Mais c’est le chemin que je me trace. J’ai aussi envie de chanter des textes avec lesquels je suis en désaccord, pour les décortiquer.

Et quand tu écris tes propres chansons ?

J : Je n’ai encore jamais chanté mes mots. Je n’arrive pas à écrire mes chansons pour l’instant.

Ça te manque ?

J : Pour l’instant, je me laisse faire par les autres…

Toi, par contre, tu écris ?

M : Oui, j’écris. Mais j’adore interpréter aussi. Je pense avoir cette facilité de prendre les choses qui ne sont pas à moi, et les faire mienne. Si le déclic est instantané, c’est comme si c’était moi qui les avais écrites. Mais c’est vrai que j’ai un besoin d’écrire, car il y a des choses que je dois dire…. C’est bizarre car si tu me demandes de chanter en français, ce serait encore différent. Avec l’anglais, j’ai un certain recul qui fait que je peux dire des choses. Pour trouver la formule et être juste en français, c’est difficile. L’anglais n’est pas ma langue et étrangement, ça facilite les choses. Je n’ai pas encore trouvé le chemin pour dire des choses en français que j’arrive à dire en anglais. La difficulté dans l’écriture est de s’inclure soi-même mais d’y inclure aussi les autres. Sans dire obligatoirement «tu» ou «je». Dire des choses universelles et pas impersonnelles. C’est la difficulté de l’écriture. C’est pourquoi il faut aussi pouvoir dire des choses dans l’interprétation aussi. Et puis, ce n’est pas parce que tu n’écris pas que tu n’as rien à dire. Dans l’interprétation, tu peux dire beaucoup de choses, faire passer une énergie…

J : Oui, l’interprète est un créateur en soi.

Comment travailles-tu cela avec tes musiciens ? Comment te crées-tu ton univers ? Chaque fois que je t’entends chanter, j’entends toujours une histoire, un nouveau discours. C’est souvent bien plus fort que le simple fait de «chanter» une chanson.

J : Justement, j’essaie que ce soit la chanson qui parle. J’essaie de disparaître, de m’abandonner à la chanson pour en souligner le message. Me laisser surprendre par les endroits où elle me mène.

INFLUENCES ?

Quelles ont été vos influences au niveau du jazz ?

J : Bizarrement, j’ai écouté peu de musique jusqu’à mes 18 ans… à part Ella… et Betty Carter.

C’est déjà pas si mal ! (rires) Qu’est ce qui te plaisait là-dedans ?

J : La liberté et l’humour chez Ella. C’était fort ! Elle réinvente à chaque instant, elle cherche. Elle découvre le son en même temps que la personne en face d’elle. C’est cet instant qu’il faut trouver chaque fois. Être autant spectateur de ce qui vient que le spectateur lui-même.
Melanie DeBiasio_03

Et toi, ton initiation musicale s’est faite comment ?

M : Moi, je ne connaissais rien en jazz, je n’en écoutais pas. Je connaissais deux noms : Armstrong et Miles. Donc, quand j’ai passé mon examen au Lemmensinstituut, je ne savais rien. Je ne savais pas ce qu’était un « f » ou un « d ». Je venais du classique, donc : harmonie, cours de petits ensembles de musique de chambre, etc. Je n’avais jamais fait de chant classique non plus, je faisais du rock. J’écoutais Goldman quand j’avais douze ans. Ou alors j’écoutais ce que mes parents écoutaient : Bowie, Pink Floyd, Michael Jackson ! Ensuite, à cause de potes qui cherchaient une flûtiste pour leur groupe, j’ai découvert Jeff Buckley, Nirvana… Alors j’ai créé mon petit groupe de rock où je chantais avec ma sœur. Et je prenais du plaisir à faire de la musique avec les autres. Car l’académie était aussi oppressant que l’école, finalement. Et les seuls moments où je m’amusais étaient lorsque je pouvais improviser à la flûte. Ou prendre les partitions et les interpréter comme je voulais, sans être obligé d’avoir 70%… C’est là que j’ai pris plaisir à faire de la musique. J’étais éteinte à l’école. Et c’est mon père, qui m’entendait toujours chanter et à qui je cassais les oreilles qui m’a proposé de suivre des cours. Classique ou jazz ? J’avais l’expérience du classique à l’académie, alors, j’ai opté pour le jazz. C’est un hasard, finalement.

Toi tu as suivi des cours aussi ?

J : J’ai fait quelques tentatives. Mais l’enseignement n’est pas terrible. Ou alors, je ne suis pas tombée sur les bonnes personnes. Alors, je me suis inscrite à l’INSAS (école de cinéma et théâtre), où j’ai beaucoup appris. Et puis, ça marchait bien. J’étais un peu détachée, car ça n’avait pas trop d’importance, j’étais libérée. Alors, j’ai pu jouer la comédie pendant plusieurs années. C’était super.

Mais alors, quand es-tu montée sur scène la première fois, pour chanter ?

J : C’est lorsque j’ai eu trois mois de pose au théâtre. Je suis partie en Angleterre, car je ne supporte pas ne rien faire.  Comme j’avais besoin d’argent, j’ai trouvé un job de serveuse… et je ne connaissais pas un mot d’anglais. C’était dans un club de jazz. Et il se fait qu’un des guitaristes qui jouait ce soir-là connaissait Alexandre Cavalière avec qui il venait de jouer en Australie. Et il m’a invité à venir chanter un morceau sur scène ! Et la patronne m’a proposé de chanter chaque vendredi ! Je ne connaissais à peine que 10 standards ! (rires) Alors, j’ai foncé ! Je ne connaissais pas les grilles, je prenais de longs solos inspirés… et je retombais sur mes pattes, sans connaître les codes de fin ! Alors, quand je suis rentrée en Belgique, j’ai annulé le théâtre et je me suis inscrite au conservatoire… mais j’ai surtout appris avec Anca Parghel.


mailJulie Jaroszewski110 copie

M : Ceux qui m’ont fait du bien au conservatoire, c’étaient les élèves ou les autres profs, mais pas nécessairement mon prof de chant. La meilleure école à été les concerts et le fait de jouer avec d’autres musiciens, de capter leur sensibilité, de comprendre comment ils travaillaient. C’est comme ça que j’ai rencontré Steve Houben et Pascal Mohy. Mais ça  n’a pas «donné» tout de suite, c’est après le conservatoire qu’on s’est vraiment trouvé.

__


(A Suivre...)


__


A chœur et à voix et le "Z Band"

Belette : Musica Nuda

Jazz Frisson: Karen Young

Jazz à Paris: Jazz Divas

Jazz-O-Centre : Patricia Barber

L'Ivre D'Images : Anthony Joseph

Maîter Chronique : Kurt Elling

Mysteriojazz : Jeanne Lee

Ptilou'Blog : Elisabeth Kontomanou


__

Merci à Jos L. Knaepen et  Jempi Samyn pour les photos.

A+

04/05/2009

Mélanie De Biasio - Jazz Is A Mess

 

Jazz Is A Mess.

Mélanie De Biasio est en résidence au Music Village jusque fin juin.
Chaque dimanche soir, vers 21 heures, le club se fait écrin idéal pour accueillir l’univers si particulier de le chanteuse.

Lumière basse.
Ambiance noire, moite, veloutée. (Vous souvenez-vous de Blue Velvet de Lynch ?)
db02

Sur scène, recroquevillée sur elle-même, en position quasi fœtale, Mélanie chante, fredonne, murmure…
Jamais, tout au long des deux sets, elle ne se lèvera.
Elle s’est confectionnée un nid entre le piano de Pascal Mohy, la batterie de Dré Pallemaerts et le clavinet de Pascal Paulus.

Mélanie utilise sa voix comme un instrument.
Elle laisse chanter son souffle.
Au travers du micro de sa flûte, elle entame «My Man's Gone Now» et enchaîne avec «A Stomach Is Burning».
Elle nous invite à explorer ce qu’il y a de plus profond en nous.

La voix se mêle aux soupirs de la flûte.
Elle alterne standards et compositions personnelles.
db01

La musique est pétrie de blues, de poussière et de nuit.
Une musique qui fait resurgir les blessures et les peines.
De Nina Simone ou de Billie Holiday, elle reprend l’âme et la douleur en s’abstenant de toute imitation.
Elle va chercher tout ça à la source, aux racines du blues.
C’est la vraie raison de son chant.

En écho au jeu tachiste de Pascal Paulus, elle fait swinguer langoureusement «I’m Gonna Leave You». Puis, en duo avec Dré Pallemaerts, qui frotte la peau de ses tambours comme un félin, elle envoûte «What’s The Deal?». Avec Pascal Mohy, au jeu économe, elle enveloppe un sensuel «Let Me Love You»…

Le groupe crée un climat improbable.
Les tempos sont ralentis.
Le temps s’est arrêté.
On aimerait que ce dimanche soir s’éternise.
Le quartette nous attire dans les abîmes d’un tourbillon sans fin, jusqu’aux silences des plus musicaux.

Mélanie met un beau désordre dans nos têtes.

Que celui qui n’a jamais osé entrer dans monde si singulier de Mélanie De Biasio soit damné à tout jamais.

Les autres iront au Music Village un dimanche soir.

Jazz is really a mess.

A+

24/06/2008

Jazz à Liège - 2008

Je ne vais pas vous faire une revue trop détaillée du festival Jazz à Liège, car un article pour Citizen Jazz est prévu prochainement.
Vous n’aurez pas à lire deux fois la même chose. Non, ne me remerciez pas, c’est tout naturel.

Voilà donc quelques images et impressions.

J’avais décidé, cette année, de choisir mes concerts et de m’y tenir.
De les voir entièrement (du moins essayer) plutôt que de courir d’une salle à l’autre pour écouter ce qui s’y passe et risquer, finalement, de ne profiter de rien.

001

Premier concert, premier coup de cœur: Mélanie De Biasio.
Je sais qu’elle ne fait pas toujours l’unanimité (mais c’est là sa force), et pour moi, ce soir, son concert fut éblouissant! Et fascinant surtout.
Mélanie laisse énormément de place à la musique, aux ambiances et aux musiciens. Elle privilégie le son du groupe plutôt que de jouer «à la chanteuse». Elle va vraiment au bout de sa démarche. Contre vents et marrées. Grand coup de chapeau !
«Summertime», par exemple, était subjuguant !
002

Concert suivant: Andy Sheppard et son hommage à Gainsbourg.
Je me méfie toujours de ce genre de projets. Ce soir, pourtant, le « concept » tenait parfaitement la route.
Bien sûr, lorsque les thèmes du «beau Serge» deviennent trop évidents, je ressens une petite gêne. Mais elle est vite balayée par les impros qui suivent et les arrangements intelligents. Et le groupe, à la composition pourtant un peu hétéroclite (Michel Benita et NGuyên Lê se connaissent très bien, mais Sebastian Rochford ou Angelo Bruschini viennent d’un tout autre univers), fonctionne à merveille.
Si, en plus vous ajoutez l’étrange et sensuelle Ma Chenka au chant… on craque.
003

Avant le final avec Martial Solal, un passage chez Pierrick Pedron.
Quelle bonne idée! Ce quartette pète le feu! Hard bop, post bop et swing bien tassé. Le jeu de Pedron est explosif, précis et rapide. Avec Agulhon à la batterie, Vincent Artaud à la contrebasse et Laurent Coq au piano: «ça joue!», comme on dit.
Et pas un peu.
Voilà du bonheur simple. On en redemande.
005
Y a-t-il un superlatif supérieur à «génial»?
Je ne sais pas, mais en tout cas je n’hésiterais pas à l’employer pour définir le concert de Martial Solal.
Avec les frères Moutin, le pianiste français nous a servi un vrai grand concert de jazz. Moderne, intelligent, swinguant, subtil, intense et d’une musicalité extrême.
Sans aucun doute LE concert de ce festival.
Martial Solal? Mais oui, ça rime avec «génial».
004

Discussion sympathique au bar avec Pierrick Pedron et Frank Agulhon, avec Pascal Mohy et Greg Hoben et bien d’autres amis encore, avant de reprendre la route vers Bruxelles en écoutant l’excellent album «If Duo» de Bruno Angelini et Giovanni Falzone.

***

006

Samedi en début de soirée, dans le club des congressistes, je découvre Fabien Mary.
Le jeune trompettiste a tout compris du hard bop. Il a tout assimilé et tout digéré.
Avec son groupe (et son excellent guitariste Hugo Lippi) il délivre un jazz «classique» bourré de groove et d’énergie.
À revoir et à suivre de près. De très près.
007
Ensuite, dans la salle Dexia: Yaron Herman en trio.
Voilà encore un pianiste qui possède un univers personnel. Un univers qu’il fait partager en mêlant tradition et modernisme. En mélangeant musique classique et pop. Sans intellectualisme outrancier.
Les impros sont tendues, nerveuses et poétiques aussi.
Une poésie brute distillée à coup de petites mailloches qu’il utilise pour frapper son xylophone ou les cordes de son piano.
Fraîcheur et virtuosité.
Grand moment de plaisir !
008
Dans la grande salle du fond, Chris Joris a déjà entamé son concert.
Notre percussionniste passe des tambours au piano avec bonheur. Le groupe mélange jazz et musique africaine, et Baba Sissoko n’hésite pas à faire monter l’adrénaline en frappant son Tamani et en chantant avec une ferveur communicative. Eric Person prend quelques solos fulgurants au sax soutenu par un Bob Steward en belle forme.
La formule devrait tourner plus souvent: succès garanti.
009
Pour terminer: Abdullah Ibrahim en piano solo. Seul concert du festival où il est interdit d’entrer dans la salle lorsque le récital a commencé.
Car il s’agit d’un récital.
Tout se joue sur l’émotion, la retenue et l’introspection.
Le début est cependant assez laborieux. Ibrahim semble se chercher. Au bout de longues minutes, le jeu s’éclaircit un peu… Mais le pianiste sud-africain retombe rapidement dans des motifs répétitifs manquant de tension et même parfois d’intérêt. C’est superbement bien exécuté mais, contrairement au concert que j’avais vu à Flagey, il y a un an ou deux, celui-ci était plutôt… soporifique.

J’ai bien eu l’occasion, entre deux concerts (ou deux bières) d’aller écouter Nils Petter Molvaer, avec la désagréable impression d’entendre une musique qui a très mal vieilli, ou encore quelques moments du merveilleux duo Petra Magoni et Ferruccio Spinetti, que j’avais vu l’année dernière à Dinant, et que je trouve toujours aussi merveilleux.
J’ai l’occasion, d’ailleurs de discuter un peu avec eux après les concerts et il ne m’étonnerait pas qu’on les revoie encore prochainement en Belgique.
Et ça, ce ne serait pas pour me déplaire.

A+

03/09/2007

1,2,3... CD's !

Les bonnes feuilles de tonton Jazzques.

Enfin, quand je dis «les bonnes feuilles», comprenez: les chroniques de bonnes musiques.
Pour la rentrée, trois albums sur
Citizen Jazz.

01
Chris Joris et son «Rainbow Country».
Album sorti  chez De Werf.
Il contient de petites merveilles.
Prenez le temps (l’album est riche), ça vaut la peine.

02
J’ai chroniqué aussi l’album de Louis Sclavis : «L’imparfait des langues».
Sacré exercice. Pas toujours « simple » mais tellement intéressant.
Un album qui a ses «partisans» et ses «contradicteurs».
Pour ma part, je suis dans le premier groupe.

03
Et puis l’album de Mélanie De Biasio.
Une des toutes grandes réussites de ces derniers mois, à mon avis.
Et je pense ne pas être le seul à le dire.
Ça méritait un «Elu»… Mais, allez comprendre les rédacs chefs…
:-/

 

Allez, bonnes lectures.

A+

27/03/2007

Mélanie De Biasio au Music Village

L’univers particulier de Mélanie De Biasio.
Sa musique envoûtante, profonde, sombre et nocturne.
Sa voix basse. Ses tempi lents.
Je ne m’en lasse pas.

Son tour de force, qu’elle réalise sans effort apparent, est de captiver l’audience.
C’est toujours étonnant comme le public – et moi-même – est absorbé par son chant.
Comme la sirène qui attire le marin.

mel01

Dernièrement, au Music Village, où elle à l’occasion de revenir régulièrement le dimanche, ce fut encore le cas.
Malgré le fait qu’elle me disait ne pas être vraiment satisfaite de sa forme ou de son chant ce soir-là, le résultat fut à nouveau hypnotique.

Il faut dire que son groupe sonne de mieux en mieux. Qu’on sent une véritable cohérence entre les musiciens. Un véritable esprit.

Axel Gilain, par exemple, m’impressionne au fil des concerts. Son jeu devient de plus en plus dense. Il possède une façon unique de palper les cordes de sa contrebasse pour faire résonner les sons grassement. Une façon de faire glisser les doigts pour prolonger la note, de la rendre plus profonde encore.
Et puis, il y a Pascal Mohy au piano qui crée des cascades ondulantes d’harmonies sobres.

Et l’idée d’ajouter à cet ensemble un claviériste supplémentaire, Pascal Paulus, n’est sans doute pas la plus mauvaise qu’ait eu Mélanie.
Derrière son Wurlitzer et autres synthétiser, Paulus drape de nappes parfois fantomatiques les compositions de la chanteuse.

Il y a un parfum éthéré qui plane.

Le groupe ose prendre ses distances par rapport au « format classique » de ce type de jazz vocal.
Mélanie s’éloigne un peu du style Billie Holiday qu’on lui colle un peu trop facilement. La voilà qui dérive vers des chants parfois plus atmosphériques, invitant Pascal Paulus et Axel Gilain à l’accompagner au chant… au souffle presque, sur «Blue» par exemple.

mel02

La voix sensuelle, loin d’être racoleuse, vous embarque aussi vers des rives oniriques... On sent la chanteuse investie d’une musique qu’elle vit intensément.

Comment résister à «Let Me Love You» ? Ou à sa façon d’interpréter «Come Love(Nothing Can Be Done)», sur lequel Pascal Mohy égraine les notes cristallines en les mélangeant à des bourrasques impétueuses ?
Cela permet aussi au batteur, ce soir Wim Eggermont (qui partage la place avec Teun Verbreuggen), de s’envoler dans quelques impros débridées.

Cette petite folie destructrice, ce côté légèrement chaotique, cet équilibre précaire, on le retrouve aussi sur le merveilleux «A Stomach Is Burning» (titre éponyme de l’album).
La basse marque le tempo métronomiquement d’un morceau qui commence à la manière de «Fever», qui monte en puissance, qui se démantèle tel un puzzle qui s’effondre, avant de se reconstruire progressivement.
Un bijou.

Que dire alors de «Old Country», «My man's gone now» ou encore du très sensuel «Les Hommes Endormis»… ?
Rien.

Alors je ne dis plus rien, sinon de vous inviter à aller écouter Mélanie De Biasio.

A+

14/03/2007

Post It pour fin de semaine

L’agenda est chargé.
Je me demande même parfois comment gérer, à l’avenir, la liste des concerts qui s’accumulent dans la colonne de droite de ce blog.

Et comment faire, surtout, pour aller les écouter?

Il m’arrive parfois d’aller voir deux concerts à la suite, quand les horaires le permettent.
Mais parfois, il faut faire des choix…
C’est pénible.

Prenons la date du « 15 », par exemple… Quel dilemme!
Nicolas Kummert au Küdeta ? Ben Prischi au Sounds ? Arthur Kell au Music Village ? Machado – Liebman à Bruges, Tricycle au CC de Woluwe ?

Surtout quand on sait que McCoy Tyner sera à Flagey (le 14 et le 15).

McCoy… Le fidèle pianiste de John Coltrane

Regardez ça…



Qui y a-t-il au-dessus de Coltrane? Dieu...? Encore faut-il qu'il existe.

Bref, la concurrence est rude, non ?

Comme j’écoutais ce matin encore le dernier album «King Size» de Tuur Florizoone et son Tricycle (Philippe Laloy et Vincent Noiret), je me dis que si je le pouvais, j’irais l’écouter ce jeudi soir.

kingsize_225

J’aime beaucoup Tuur et sa façon de relier les différents univers.
Du jazz, du folk des Balkans, des ambiances plus latines…
C’est guilleret, puis c’est sombre. C’est touchant, puis c’est frivole.
C’est toujours émouvant.
Alors, pourquoi ne pas passer une belle soirée au CC Woluwe , hummm ?

PICT0027

Et le 16… vous pensez que c’est plus simple ?
Paolo Radoni au Sounds ? Michel Hatzi en solo à la Jazz Station ? Take The Duck au Music Village ? Pierre Van Dormael et Hervé Samb à l’Arts-O Bases ?

Perso, j’irai sans doute écouter le duo à l’Arts-O-Bases (Je suis sûr que Paolo, Michel ou Toine ne m’en voudront pas cette fois-ci. Et puis, il n’est pas dit que je ne repasse pas par le Sounds après…).

Je suis curieux d’entendre ces deux guitaristes. Le professeur et l’élève.
J’avais vu Hervé Samb (photo floue) avec David Murray lors de son concert à Flagey .
Puis, je suis curieux aussi de redécouvrir (après pas mal de temps) le «nouvel» Arts-O-Bases !
Déjà que le site web est remodelé… !!

Je vous raconterai mes impressions.

En parlant de nouveau site, j’ai remarqué que celui de Igloo Records a lui aussi été remanié. Et de belle façon.
C’est plus clair et plus fourni.

phpthumb-1

C’est ainsi que j’ai vu que l’album de Mélanie De Biasio était prêt à sortir !
A moins qu’il ne soit déjà en vente lors de ses concerts ?
Ça tombe bien, Mélanie sera au Music Village ce dimanche soir…

Et entre vendredi et dimanche, il y a le trio de Michel Bisciglia à la Jazz Station.

Mais… quand est-ce qu’on rentre chez soi, alors ?

A+