12/03/2017

Reggie Washington - Rainbow Shadow - à l'Archiduc

Dimanche 26 février, il fait gris et pluvieux sur Bruxelles. Vers 17 heures, à l’Archiduc, Reggie Washington, Marvin Sewell, Pat Dorcean et DJ Grazzhoppa s’affairent autour des amplis, pédales, platines et guitares.

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Le quartet s’apprête a présenter du nouveau matériel issu du répertoire de Jef Lee Johnson, fabuleux guitariste américain – et ami fidèle de Reggie Washington - disparu bien trop tôt, en 2013 déjà.

Au vu du succès de « Rainbow Shadow », sorti en 2015, et du nombre de petites perles (encore trop souvent méconnues) écrites par Jef Lee Johnson, ce second opus est bien légitime. Pour cette deuxième salve d’hommage, dont un album est prévu pour l’automne 2017, on filme et on enregistre aussi.

C’est donc la même équipe qui entame le premier concert d’une série de trente à travers toute l’Europe. Petite différence cette fois, Reggie Washington chante beaucoup plus et assume totalement. C'est sans doute, comme il le dit lui-même, une petite voix (celle de Jef) qui l'a conforté et poussé à oser. Et franchement, il a bien fait. Avec simplicité et sincérité, il donne encore plus d'âme aux chansons. Il n'en fait pas des tonnes - cela ressemble d'ailleurs à son jeu de basse - mais c’est tellement juste et indispensable.

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Après « Crow’s Rainbow », qui sert presque d’indicatif, on découvre donc « RSJ », « Moon Keeps Telling Me Things » ou encore « April Rain ».

Reggie Washington, rayonne de bonheur, il dirige sans rien imposer et le groupe joue l'utilité de la musique, dépouillée d'effet, pour ne garder que la sincérité. Bien sûr Marvin Sewel s’échappe dans quelques solos qui mêlent sensualité et rage. Le blues est profond et la stridence de certains riffs claquent comme des cris. Il pince les cordes et les fait résonner avec profondeur, s’accompagne d’un léger vibrato tout naturel et use parfois d’un bottleneck pour apaiser l’ensemble.

Le drumming de Pat Dorcéan est sec et tranchant, puissant et profond aussi. Ses coups de cymbales et ses rimshots apportent des touches de luminosité et de brillance aux morceaux. Et ça groove tout le temps. Et puis, cette fois-ci encore, les interventions de DJ Grazzhoppa sont totalement justifiées. Il vient injecter des sons, quelques samples rappelant la voix de Jef, et des scratches qui nourrissent l'esprit d’une musique autant traditionnelle qu’actuelle.

Ce quartet est une sorte de synthèse entre le jazz, le blues, la soul et le rock. C’est à la fois intense, parfois furieux, brillant et délicatement tourmenté. C’est l’esprit de Jef Lee Johnson qui flotte. Et c'est un vrai bonheur. On se réjouit d’entendre bientôt le résultat sur disque (il s'enregistre ce mois-ci du côté de Marseille) et de retrouver le groupe sur scène au plus vite.

 

 

 

A+

Merci à © Jason Bickley pour les images.

 

 

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01/09/2015

Reggie Washington - Rainbow Shadow - Interview

Reggie Washington a beau être le fabuleux bassiste qui a joué avec les plus grands (Steve Coleman, Branford Marsalis, Roy Hargrove, Chico Hamilton, Oliver Lake, Cassandra Wilson, Don Byron, Lester Bowie, etc.) il n’en reste pas moins accessible et humble.

Serait-ce le fait d’avoir côtoyé de très près le trop sous-estimé (en tous cas par le « grand public ») Jef Lee Johnson ?

Jef Lee Johnson ! Disparu le 28 janvier 2013, laissant derrière lui un vide immense. Il était une référence dans le milieu du jazz et du blues. Vous l’avez sans doute entendu, sans peut-être savoir que c’était lui à la guitare, derrière George Duke, Aretha Franklin, Billy Joel, D’Angelo, Erykah Badu ou encore Al Jarreau, Roberta Flack,The Roots...
Jef Lee Johnson, un être sensible, ultra talentueux et discret. Trop discret. Allez écouter ses albums Hype Factor, Laughing Boy ou The Zimmerman Shadow, pour ne citer que ceux-là, pour vous rendre compte de la perte énorme qu’a été sa disparition.

Reggie Washington était l’un de ses plus proches amis. Très affecté par sa disparition, il ne pouvait rester sans rien faire. Après un concert « hommage »  à Paris, au festival Sons d’Hiver en 2013, il a mûri l’idée de continuer à faire vivre l’esprit du guitariste américain. Rainbow Shadow s’est donc concrétisé sous forme d’un album d'abord et bientôt de concerts. Bien plus que de simples reprises des thèmes de Jef Lee Johnson, c’est une recréation totale et très inspirée qui a vu le jour, et sur laquelle plane l’ombre d’un Corbeau Arc-en-ciel.

C’était l’occasion de le rencontrer cet été, en toute décontraction, chez lui à Bruxelles, par une belle après-midi ensoleillée.

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Qui était pour vous Jef Lee Johnson, un ami, un musicien, un complice, un frère ?

Il était un peu tout cela en même temps. La musique est une forme de communication, mais peu de musiciens arrivent à communiquer à ce niveau-là. Peu sont capables d’exprimer leurs sentiments véritables à travers leurs instruments ou même leurs paroles. Jef était de ce type de personnes capable d’y arriver. C’était un excellent musicien, bien sûr, mais il parvenait à aller au-delà de la musique, il arrivait à l’élever au plus haut. Il l’amenait à la faute, d’une certaine manière. C’est cela qui fait l’artiste. Oui, pour toutes ces raisons et d’autres, c’était quelqu’un de très spécial pour moi.

Comment l’avez-vous rencontré ?

J’avais déjà entendu parlé de lui vers 1986. C’est le saxophoniste du groupe que je venais de quitter (Ronald Shannon Jackson) qui m’a dit qu’il y avait un nouveau guitariste et que je devais venir écouter ça. « This guy is a beast ! » me disait-il. En effet, je suis allé l’écouter et c’était… spécial. On a un peu parlé. Je n’ai pas eu l’occasion de le voir souvent à l’époque car il tournait beaucoup et moi aussi, un peu partout aux States et ailleurs. Mais quand on se voyait on parlait de musique et de plein d’autres choses, simples et profondes. On s’échangeait nos disques et on se disait qu’on avait envie de travailler ensemble. Mais cela n’a pu se faire qu’en 2002… A Paris, au festival Sons d’Hiver, dans le groupe News From The Jungle de Michael Bland. Avec Jef, la musique de Michael décollait véritablement. C’était wow ! Mais lorsque Jef a joué « Take The Coltrane » en 7, ça m’a scié !

Pourquoi Jef Lee Johnson n’a-t-il pas eu cette reconnaissance du grand public ? Il était pourtant très admiré des musiciens…

Les guitaristes exceptionnels se comptent sur les doigts des mains. Mais les choses que Jef jouait étaient différentes. Son jeu était beaucoup plus personnel, intimement personnel. Il y avait chez lui un feu intérieur, un point de vue artistique unique et très intéressant. De plus, il chantait vraiment bien. Et différemment. Il « était » vraiment sa musique. Ce n’était jamais « cheezy », il n’était pas dans la démonstration. Il ne cherchait pas à plaire ou à faire des choses « faciles » ou déjà faites… il faisait des choses vraies.

C’est pour mettre en lumière ces qualités musicales et humaines, que vous avez décidé de faire ce disque « Rainbow Shadow » ?

Je pense que Jef n’a jamais eu la « récompense » qu’il méritait. Plein de gens ne se rendent pas compte que sur les tubes qu’ils ont aimé, de George Duke à Aretha Franklin, Jef était là. S’il n’avait pas était là cela n’aurait pas sonné pareil. Mais il ne voulait pas être dans « le système ». C’était un type différent. Il voulait garder la brillance en lui. Après que sa femme Trisha décède en 2001, il n’a plus jamais retrouvé l’amour et il a lâché, petit à petit. C’est à ce moment que je me suis rapproché encore plus de lui et de sa famille. Nous avions des choses en commun à nous raconter, ma première femme est morte en 1997 et, comme il le disait, nous faisions partie du Dead Wives Club.

Nous parlions souvent, mais avec peu de mots… Et nous avons plongé dans la musique. Beaucoup de choses peuvent être dites et transmises par la musique. Et, maintenant, je veux continuer à parler avec lui. J’écoute et j’aime les morceaux qu’il a écrits. Quand je joue, j’entends Jef me dire : « Essaie ça. C’est pas mal, mais tu peux faire mieux, plus vrai ». Il m’oblige à faire des choses d’une autre façon, à chercher la vérité.

Le chant, par exemple, était difficile pour moi. Chanter moi-même, je n’y croyais pas. Et là, tout à coup, j’ai senti que je devais le faire ! Et j’entends sa voix me dire « Go ahead man, go ahead, do it ». Alors, j’ai sauté le pas et ça marche. Cela m’a obligé à aller vers d’autres styles, à changer de mode. Cela m’enrichit chaque jour. Et puis, être leader d’un band et chanter, c’est une aventure. Etre leader, c’est être devant et être regardé par tout le monde. Jef m'a aidé, il est toujours resté vrai et humble, c’est le gars le plus humble que j’ai jamais rencontré. Et c’est le genre de musiciens que j’espère être, ou devenir. Il jouait pour la musique, pour le meilleur de la musique. Pas plus, pas moins. Sans jamais faire de démonstrations.

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Comment avez-vous sélectionné et choisi les morceaux ? Pourquoi ceux-là plutôt que d’autres ?

Ça n’a pas été simple. Il y a d’abord eu « Reckless Eyballin’ », que je voulais déjà jouer avec lui lorsqu’il était dans mon trio. Mais lui ne voulait pas, il voulait jouer autre chose. Pour cette raison, j’ai voulu absolument le jouer ici. Grazz (DJ Grazzhoppa) m’a poussé aussi à le faire. On avait des sampling de ce que Jef jouait, et on a tourné autour de ça. Pour « Black Sand », je voulais savoir ce qu’il avait vraiment vu et vécu là-bas. Pour comprendre et jouer ça, je devais voir ce qu’il avait vu. J’ai du checker ça à Hawaii. En ce qui concerne « As Free », c’est à nouveau Grazz qui a fait resurgir le morceau et les lignes sur lesquelles nous avons construit le morceau. J’ai choisi aussi ces titres car, en définitive, je les aime et ils me rappellent des moments forts. Comme « Finding » ou surtout « Move/Shannon », que l’on avait joué à Paris. Et puis, Frederic Goaty, de Jazzman Magazine, m’a aussi poussé à l’enregistrer, car c’est un morceau qu’on jouait souvent avec Jef. C’était emblématique. J’étais obligé ! Quant à « Living », je voulais le chanter, mais c’était beaucoup plus difficile que je ne le pensais. J’ai demandé à Lili Añel, une amie proche de Jef et de moi, qui vient de Philadelphie et qui avait été très affectée, elle aussi, par la disparition de Jef. Elle voulait aussi s’impliquer dans le projet. C’est un peu comme cela que j’ai voulu inviter d’autres musiciens et amis sur le disque.

Comment avez-vous travaillé ? Ensemble, en groupe ou à distance ? Quel était le travail préparatoire, les arrangements ?

Nous avons eu la chance de répéter et travailler en studio, avec Marvin Sewell, le guitariste que Jef vénérait, Patrick Dorcéan et DJ Grazzhoppa, à Vannes, chez Alex Tassel. On a pu faire quelques gigs aussi. Nous avions 4 ou 5 jours pour enregistrer. J’étais bien préparé. Trop bien peut-être. Tout était réglé. A la fin, on était prêt à mixer. Mais la petite voix de Jef a raisonné en moi : « Ce n’est pas fait. Attend. Essaye d’autres choses, surprend-toi ». Alors on a tout arrêté, j’ai pris du recul et quelques semaines de vacances. Il fallait que je m’éloigne des émotions et que je décompresse. Puis, la petite voix est revenue. Il était temps de s’y remettre. J’ai réécouté les bandes. Et la petite voix me disait « Je ne t’entends pas. Où est tu ? C’est bien, c’est sympa, mais toi, où es-tu ? » J’ai réécouté les enregistrements de Jef, au casque. Et je me suis souvenu de la façon dont on avait enregistré l'album Freedom avec Jef et Gene Lake.

Jef est un peintre. Il peint la musique. Si tu écoutes bien, si tu fermes les yeux, tu peux voir les mouvements de sa guitare. Il y avait cette magie sur Freedom. Et j’ai voulu capturer ces moments à nouveau. Alors, avec Pat, on a joué et rejoué les morceaux sur les sampling de Jef. Encore et encore. C’était une manière old school d’enregistrer. Il fallait que je bouge avec lui, avec Jef. Et pour le mix avec Patrice Hardy, c’était pareil. C’était très travaillé aussi. C’est alors que j’ai envoyé les tapes à mes invités. J’ai compris que j’avais besoin de mes amis commun à Jef et moi, Chico Huff, Yohannes Tona, Wallace Roney, Dana Leong, Jacques Schwarz-Bart, Lili Añel, Jonathan Crayford… Je leur ai demandé de jouer avec leur cœur de penser à dire quelque chose à Jef plutôt que d’essayer de « penser musique ». Ils m’ont envoyé les takes. Cela m’a permis d’avancer encore. Et j’ai encore rejoué quelques lignes de basses après. Je n’avais jamais fait ça. C’était très inspirant. Et le dernier morceau, « For You Jef » est particulier. C’est une sorte de thérapie. Stefany, ma femme, avait écrit des paroles pour remercier Jef, son esprit et son humanité. On a mis tout cela sur des musiques de Jef, avec quelques lignes de basse. Et j’ai tout donné à Grazz. Il a coupé, édité, demandé à sa femme, la superbe chanteuse Monique Harcum, de chanter ces paroles. C’était chaleureux et vrai.

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Maintenant tu te sens mieux après cette « thérapie » ?

Oui, maintenant, c’est autre chose. C’est un sentiment doux amer. Mais je ne dois pas revenir en arrière, ne pas être déçu ou désappointé. C’est une conversation que j’ai eue avec Jef. Il fallait que je lui parle encore. Maintenant, il faut que je lâche, que les gens entendent ça, qu’ils entendent ce que je dis de Jef ou comprennent qui il était. Je dois garder son esprit et aller de l’avant, proposer de nouvelles choses. Comme Jef l’aurait fait. Et je suis excité par ce travail presque « extra musical ». Ce disque est mon bébé, j’ai envie qu’il vive sa vie, qu’il aille voir ailleurs, avec cette petite angoisse de ne pas savoir ce qu’il pourrait lui arriver. Et puis, c’était aussi un travail de groupe. Le groupe est important et je le remarque de plus en plus. Il y a des individualités, qu’il faut préserver, mais nous devons tous être à la même page. On doit être cool envers chacun. Il ne doit pas y avoir de guerre interne.

Tu n’avais jamais ressenti cela avec d’autres groupes ?

La « guerre interne », oui, bien sûr. C’est une énergie de colère et ce n’est pas bon. Il faut une énergie positive. Comme lorsque je jouais avec Steve Coleman à l’époque. On parlait et on se motivait entre chaque gig. L’énergie du groupe était là et on avait envie de jouer ensemble, pour la musique. Dans certains groupes, certains jouent l’intimidation et ça met une très mauvaise ambiance dans le band. On oublie les rapports humains, on ne pardonne rien. Certains te font sentir que tu dois te jeter au feu pour eux, mais ils ne te jetteront jamais un seau d’eau froide ensuite. Ce genre de groupe existe et il vaut mieux s’en éloigner. Avec Jef, c’était totalement différent. C’était un leader loyal. Il fallait vraiment faire quelque chose de très négatif et stupide pour se faire virer. Ce sont des choses que j’ai apprises avec Jef. Et ce band est une sorte de continuation de Music Of the Phase, le groupe avec Jef, Pat et Grazz. On a tous appris de Jef. C’est un héritage.

Quel est l’avenir de Rainbow Shadow ?

On va voir maintenant où cela va nous mener. Nous avons déjà en tête d’autres morceaux, car Jef a écrit beaucoup de belles choses. On ne peut pas les laisser là. Mais avant ça, nous avons quelques belles dates en septembre en Belgique et en Europe. De Singer à Rijkevorsel, à Aix, à Paris au New Morning, au Marni à Bruxelles, en Autriche, Suisse, Pologne…

Puis, on va essayer d’amener le projet au Japon. Au States aussi, à New York mais aussi à Philadelphie, là où Jef est né. Tout ça c’est surtout pour la musique et à la mémoire de Jef. Ce n’est pas une question de business. Je ne veux pas faire de l’argent sur son dos. Je veux partager de l’amour. C’est plus amusant. Les gens doivent comprendre le propos. Il faut rester affamé pour jouer cette musique. Pour jouer toutes les musiques. Il faut avoir envie, avoir faim. On en parlait encore avec James Blood Hulmer à Paris. Il disait qu’il ne comprenait pas toujours le business. Que fait-on quand on joue ? Pour quelle raison on joue ? Quel est le sens de la musique que l’on joue ? Voilà les questions qu’il faut se poser. A quoi ça sert si l’on ne sauve pas une âme ? Il faut toucher les gens à l’âme. Les gens ont besoin de ça. Je me rappelle, après des concerts avec Steve Colman, le nombre de personnes qui venaient lui dire que sa musique avait changé leur vie. Wow !

On a pensé aussi, à un moment, à reformer The Five Elements avec Steve Coleman. On se disait que cela pouvait être amusant. Steve nous a dit qu’il aimerait à nouveau jouer avec nous, mais qu’il fallait que ce soit nouveau, différent, intéressant. Nous sommes, pour l’instant dans un no man’s land, nous sommes trop vieux pour être des « Young Lions », et trop jeunes pour être des légendes ! Donc, il faut trouver son chemin à travers cela et ne pas avoir peur. Il ne faut pas ruiner son développement personnel en faisant une « réunion ». Et c’est la même réflexion que nous avons eue avec Roy Hargrove et son RH Factor. Laissons ça pour le moment. Nous avons beaucoup mieux à faire.

 

 

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