07/10/2015

Mariana Tootsie - Sounds

Cette fois-ci ce n'est pas l'anniversaire d'un club ou d'un festival que l'on fête, mais celui de Mariana Tootsie.

La chanteuse à la voix de diva soul a rempli par trois fois le Sounds. Jeudi avec son band (Pat Dorcéan, Collin De Bruyne et Alexis Arakis), vendredi avec son projet Tribute to Etta James et ce samedi, fête oblige, dans une formule « carte blanche », avec différents invités.

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En effet, au groupe de base, dans lequel on retrouve Piotr Paluch aux claviers, Cédric Raymond à la basse, Matthieu Van aux drums et Alexis Arakis à la guitare, s'ajouteront, dans un premier temps, Jean-Paul Estiévenart à la trompette et David Devrieze au trombone...

Il est passé 22 heures et le Sounds tremble déjà de bonheur. Le public clappe des doigts et des mains, il a du mal à rester assis, il se dandine sur sa chaise et, finalement, va danser au devant la scène. Il faut dire que Mariana à le « chic » pour vous faire bouillir le sang.

Elle enchaîne « Along The Road », en mode sensuel et tendre, avec des morceaux bourrés de blues et de soul (« The Devil In Love » et « I Don't Need No Doctor »), de façon fougueuse et très énergique. L’ambiance monte vite. Comme une fièvre incontrôlable. Les cuivres claquent et la rythmique assure. Elle pourrait continuer ainsi toute la nuit, mais il faut se ménager et en garder un peu pour le deuxième set. Alors, c’est le moment du doux « Maël Love », en duo avec son frère à la guitare. Alexis Arakis use avec habilité de glissandos qui rappellent la chaleur du Delta. La voix de Mariana est brûlante et puissante, sans jamais être excessive. Il y a du grain, de la profondeur, de l'âme… plein d’âme.

Et elle termine ce premier set, toujours en duo, mais cette-fois avec Piotr Paluch, par un tonitruant et très excité « Live In The Light ». Piotr se déchaîne littéralement sur son clavier, redoublant les accords avec dextérité et célérité. Le jeu est nerveux, serré. La claviériste se lève, appuie les effets, enchaîne les chorus. Il donne tout. Le public adore.

Le break vient à point pour souffler un peu et le deuxième set redémarre en douceur. Mais il reprend vite de la vigueur et « I Just Wanna Make Love To You » puis «Rehab » ouvrent le chemin d’une jam annoncée. Mariana a envie de partager! Ça tombe bien, tous les amis musiciens se sont donnés rendez-vous et s’invitent tour à tour sur scène pour lui faire la fête, pour danser et pour délirer. La nuit va être longue.

Qu’importe le projet, Mariana Tootsie montre qu’elle est une des toutes grandes chanteuses de soul jazz qu’il faut absolument entendre et voir. Et pas que lors de son anniversaire.

Happy birthday, miss !

 

 

 

A+

 

 

 

29/05/2015

Brussels Jazz Marathon 2015

Ça y est, c’est vendredi soir ! Bouffée d'oxygène !

C'est le Brussels Jazz Marathon. 20ème anniversaire (si l'on exclut le Jazz Rally des débuts).

Premier rendez-vous : Grand Place avec le LG Jazz Collective. Je n’arrive malheureusement que pour les deux deniers morceaux. Sur scène, ça groove et ça balance, et j'ai quand même l'occasion d'apprécier les fabuleux solos de Jean-Paul Estiévenart (tp), ceux de Igor Gehenot (p) ainsi que quelques beaux chorus de Steven Delannoye (as). Il n'y a pas à dire le groupe de Guillaume Vierset (eg) est une valeur sûre qui n'a pas fini - espérons le - de nous surprendre grâce à la pertinence des compositions et la qualité d’interprétation des musiciens. (Je vous conseille d’ailleurs l’écoute de l’album New Feel chez Igloo).

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Pendant que l’on prépare la scène pour le groupe suivant, je me dirige vers la Place Sainte Catherine pour aller découvrir Zéro Tolerance For Silence. Le nom dit tout et le groupe d’Antoine Romeo (eg, voc) et de Julien Tassin (eg) joue la carte du noisy-punk-rock puissant plutôt que celle du jazz. Le son, poussé à fond, écrase d’ailleurs un peu trop les nuances. Dommage, car l'originalité et la personnalité du projet en pâtit sans doute un peu.

Au bout de la Rue Antoine Dansaert, au Bravo, l'ambiance est totalement différente et un nombreux public entoure le quartette du pianiste Augusto Pirodda. Ici le jazz est intimiste et laisse une grande part à l’improvisation libre. Il y a une véritable originalité dans la vision et les compositions du leader. Il y a aussi «un son de groupe» plutôt singulier. Le drumming exceptionnel, par exemple, fin et aventureux de Marek Patrman s'accorde tellement bien au jeu épique du contrebassiste Manolo Cabras ! Le jeu de Ben Sluijs (as), à la fois lyrique, ciselé et tranchant, se conjugue à merveille avec celui, très personnel, de Pirodda. C’est cette osmose qui fait de ce groupe, sans aucun doute, l'un des meilleurs actuellement dans sa catégorie en Belgique. (Ecoutez l’album «A Turkey Is Better Eaten», paru chez Negocito Records).

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Retour sur la Grand Place pour danser, bouger, s'amuser et s’éclater avec Bilou Doneux (à la guitare !!) et toute sa bande qui rend un hommage à Bob Marley. La bande - qui met rapidement le feu - ce sont François Garny (monstrueux à la basse électrique !!) et Jérôme Van Den Bril à la guitare électrique, mais aussi Michel Seba et ses percussions endiablées qui répondent au drumming impeccable de Matthieu Van ! Ce sont aussi Bart Defoort (ts) et Laurent Blondiau (tp) qui assurent un max, côté souffleurs... Et ce sont John Mahy aux claviers, et Senso, Tony Kabeya, la remarquable Sabine Kabongo ou la non moins formidable Marianna Tootsie aux chants ! Avec eux, la musique de Bob est vraiment à la fête et Bilou Doneux est heureux comme un poisson dans l'eau.

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Samedi après-midi, comme je le fais depuis plusieurs années maintenant, je me retrouve  dans le jury du XL-Jazz Competition (avec Jempi Samyn, Henri Greindl, Jacobien Tamsma et Laurent Doumont). D’année en année, le niveau ne cesse de monter. Ces jeunes jazzmen, encore au conservatoire ou dans une école de musique pour la plupart, ont des idées déjà bien claires et un jeu très solide. Art Brut Quintet, par exemple, qui débute le concours, propose un répertoire très élaboré et original, influencé par la jeune scène New Yorkaise. Déjà très bien en place, mais manquant parfois d’un tout petit peu d’assurance, le groupe ose et surprend. Outre les compositions du leader et drummer Simon Plancke (qui obtiendra l’un des prix de soliste et compositeur), on remarque le jeu intéressant et prometteur du saxophoniste Jonas Biesbrouck.

Gilles Vanoverbeke (p) se présente ensuite avec Cyrille Obermüller (cb) et Lucas Vanderputten (dm) dans le périlleux exercice du trio jazz. Quelque peu influencé par Mehldau ou Jarrett, le groupe répond bien au-delà des attentes. Le contrebassiste ne laisse d’ailleurs pas le jury indifférent qui, après une longue discussion, lui offrira également le prix ex-æquo du meilleur soliste. Un trio à suivre assurément.

Mais le groupe qui fait l’unanimité ce soir est le quartette Four Of A Kind (Maxime Moyaerts (p), Guillaume Gillain (g), Nicolas Muma (cb) et Lucas Vanderputten (dm)) qui propose un set précis, super en place, original et très swinguant. C’est à eux que reviendront les prix du jury et du public.

Marathon oblige, il faut picorer parmi les nombreux concerts proposés dans tout Bruxelles. Sur la Place Fernand Cocq, Henri Greindl (g), Jan De Haas (dm) et Hendrik Vanattenhoven (cb) distillent avec élégance les standards chantés par Viviane de Callataÿ. C'est doux, agréable et bien sympathique à écouter sous les derniers rayons de soleil de la journée.

Un peu plus loin, à L’Imagin’air, dans une jolie salle aux chaleureuses briques apparentes, Barbara Wiernik se produit - pour la toute première fois - en duo avec l’excellent pianiste Nicola Andreoli. Le jeu aérien et lumineux de ce dernier met superbement en valeur la voix chaude de la chanteuse. Entre vocalises et scat, le chant est assuré, profond, riche et hyper mobile (rien n’arrête ses contorsions vocales). Le duo mélange compositions personnelles et standards (si l'on peut appeler «standards» des morceaux de Maria Pia de Vito ou de Norma Winston). Ces moments de poésie et de beauté, qui évitent avec intelligence la mièvrerie, mettent surtout en avant la pureté des thèmes. Une belle expérience à renouveler, sans aucun doute.

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Retour sur la Place Fernand Coq où Chrystel Wautier (voc) a concocté avec Igor Gehenot (p) un répertoire soul funk des plus efficaces. Tandis que Lorenzo Di Maio (eg) s’amuse à lâcher quelques solos incisifs, Thomas Mayade (tp) nous rappelle un peu le Roy Hargrove du RH Factor. Il faut dire que les arrangements de ces morceaux jazz, soul ou pop («American Boy» ou «Comme un boomerang», entre autres) groovent plutôt pas mal. La rythmique (Giuseppe Millaci (eb), Fabio Zamagni (dm)) est solide et Chrystel, la voix souple, ondulante et terriblement accrocheuse, se balade dans ce répertoire avec une aisance incroyable.

Pour terminer ce samedi bien rempli, une dernière étape s’impose : le SoundsLaurent Doumont propose son soul jazz festif. Le club est bourré et le public se balance aux sons de «Papa Soul Talkin», de «Mary Ann» de Ray Charles et même de «Tu vuo' fa' l'americano» de Renato Carosone. Vincent Bruyninckx déroule des solos fantastiques avec beaucoup d’aisance, tandis que Sam Gerstmans maintient le cap malgré la ferveur du jeu d’Adrien Verderame à la batterie. Quant au leader, il passe du chant aux sax (ténor ou soprano) avec un plaisir gourmand. Bref, la fête est loin de se terminer.

Dimanche, le soleil brille et je n’ai malheureusement pas l’occasion de voir Bram De Looze (dont la prestation fut excellente d’après les échos) sur une Grand Place noire de monde. J’arrive pour entendre les premières notes du sextette de Stéphane Mercier.

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Le groupe du saxophoniste est vraiment au point même si, ce dimanche, sa configuration est légèrement différente de l’original : Lionel Beuvens et Cédric Raymond avaient remplacé respectivement aux drums et à la contrebasse les habituels Yoni Zelnik et Gautier Garrigue. Et, franchement, ça sonne et ça déménage. Les compositions de l’altiste sont pleines de reliefs et superbement bien arrangées. «Maël», «Matis», «Aumale Sherif» ou encore «The Jazz Studio», pleins de force et de nuances, nous ballottent entre post bop et swing. Et quand les solistes prennent la main, c’est pour pousser plus loin et plus fort les thèmes. Et à ce petit jeu, on ne peut qu’être admiratif devant les interventions de Jean-Paul Estiévenart (époustouflant de puissance, d’idées et de maitrise) mais aussi de Pascal Mohy (toucher vif et sensuel à la fois), de Steven Delannoye (toujours incisif) et bien entendu, du leader (voix suave, solaire et ondulante). Bref, voilà un groupe vraiment inspiré et toujours surprenant qu’il faut suivre sans hésiter.

Juste après, Toine Thys ne fait pas descendre la pression. Il faut dire que son projet Grizzly ne manque vraiment pas de pêche. S’il présente son trio (Arno Krijger (Hammond B3) et Karl Januska (dm) qui remplace l’habituel Antoine Pierre) avec beaucoup d'humour, de second degrés et de détachement, la musique elle, est délivrée avec beaucoup de «sérieux». Des thèmes comme «The White Diamond», «Don’t Fly L.A.N.S.A» ou le très tendre «Disoriented» (à la clarinette basse) possèdent tous leur dose de créativité. Quant à «Grizzly», titre éponyme de l’album, c’est un véritable hymne au soul jazz.

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J’aurais pu rester pour voir Mâäk Quintet, mais je voulais écouter Maayan Smith (ts) et Nadav Peled (eg) au Roskam. Le saxophoniste et le guitariste travaillent ensemble depuis quelques années déjà, et ont essayé différentes formules. Cette fois-ci, c’est Matthias De Waele qu’on retrouve aux drums et Jos Machtel à la contrebasse.

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Qu’il s’agisse de compos originales («The Pocket», «That’s Freedom»), ou de classiques («Hanky Panky» de Dexter Gordon ou «Bye-Ya» de Monk), le quartette arrive toujours à imposer sa patte et à donner de la cohésion à l’ensemble. Les échanges entre ténor (le son est parfois gras mais toujours subtil) et guitare (un phrasé souple, entre Jim Hall et John Abercrombie) font mouche. De Waele n’hésite pas à faire claquer sa caisse claire pour contrebalancer le jeu tout en demi-teinte de l’excellent Jos Machtel. Avec ce projet, Maayan Smith remet en lumière un bop parfois un peu trop laissé dans l’ombre. Il y amène, avec l’aide de son complice guitariste, une belle modernité, sans jamais intellectualiser le propos.

Voilà une belle façon de terminer un Jazz Marathon, toujours utile et bien agréable.

A+

 
 

29/05/2014

Brussels Jazz Marathon 2014 (part1)

 Au Brussels Jazz Marathon, on ne sait plus où donner de l’oreille. Il y a du jazz partout. Trop, diront certains. Mais c’est l’occasion aussi, pour les "non-initiés", de découvrir cette musique.

Bien sûr, la médaille a aussi son revers et il est parfois difficile, dans certains clubs ou cafés, d’entendre réellement la musique – surtout si elle est subtile - tellement elle est recouverte par le bruit et «l’ambiance»… Mais c’est la fête du jazz après tout, oui ou non?

Pour moi, elle a commencé vendredi soir, sur la Grand Place (je serai bien allé voir Snarky Puppy à l’AB, mais l’accès était difficile à cette heure...). Arrivé bien trop tard aussi pour écouter Chrystel Wautier, je me suis frayé un passage à travers la foule pour entendre une bonne partie du concert de Robin McKelle.

La chanteuse américaine, qui mélange R&B, pop et soul, déborde d’énergie. Son jeu de scène est extrêmement physique et très bien rodé. La voix est puissante et d’une incroyable justesse. Elle est entourée des Flytones (Ben Zecker (keys), Fred Cash (eb), Eric Kalb (dm) et l'excellent Al Street à la guitare électrique) qui soutiennent et relancent sans arrêt la machine. Ce soir, c’est l’esprit «rock» qui est surtout mis en avant, comme sur ce «Good Time» explosif, par exemple. Mais les racines blues et soul ne se cachent pas, d’ailleurs, la reprise de «Take Me To The River» est d’une réelle intensité, forte et profonde.

La soirée ne fait que commencer pour nombre d’amateurs, mais j’ai décidé de me la faire «raisonnable», le week-end est long.

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Samedi, vers 16h, rendez-vous sur la Place Fernand Cocq avec Nathalie Loriers, Jempi Samyn, Henri Greindl et Jacobien Tamsma pour participer au jury du Concours XL Jazz.

Au programme : Pinto, Harrison Steingueldoir et Geoffrey Fiorese Quintet. Une fois de plus, le niveau est élevé (rappelons quelques-uns des précédents lauréats pour nous situer un peu : Peas Project, LAB Trio, Casimir Liberski, Collapse ou encore Lift, pour ne citer qu’eux…).

C’est donc Margaux Vranken (p) et son groupe (Florent Jeunieaux (eg), Vincent Cuper (eb) et Paul Berne (dm)) qui ouvrent le bal avec un morceau plutôt énergique qui donne l’occasion au guitariste de se mettre joliment en avant. Pinto a résolument pris de l’assurance et de la bouteille (je les avais vu à Dinant l’été dernier). Le set est très équilibré, bien mis en place et les compositions de Margaux sont d’une belle richesse harmonique. On y retrouve des influences de Brad Mehldau (dans «Waves», par exemple), mais aussi de Daniel Goyone (les légères déconstructions et les mélanges rythmiques). Diderik Wissels (l’un des profs de la pianiste) ne doit pas être totalement étranger à ces choix. Soulignons aussi une très belle version ralentie (et chantée) de «Billie Jean». Un beau groupe à suivre.

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C’est ensuite au tour de Harrison Steingueldoir de monter, seul, sur scène. Il faut être assez gonflé pour oser présenter dans ce concours (quand même assez grand public) un set en piano solo. Mais c’est ce qui avait séduit et intrigué le jury lors de la présélection. On était donc curieux d’entendre l’élève du conservatoire d’Anvers à l’œuvre. Harrison prend son temps pour présenter les morceaux, il installe un climat convivial entre le public, lui et sa musique. Il arrive à construire une histoire au fil des morceaux. On sent des inflexions à la Keith Jarrett, ou peut-être parfois à la Paul Bley… mais le jeune pianiste arrive à imposer sa propre personnalité. Il fait monter la tension, donne de la force à son phrasé tout en gardant assez de souplesse pour dessiner les mélodies. Un pianiste dont on entendra sans doute parler.

Pour terminer le concours, le pianiste français Geoffrey Fiorese et son quintette présentent des compositions originales plutôt élaborées. La musique est franche et vive. Bien construite. On remarque tout de suite la belle complicité entre Tom Bourgeois (as) – dont on soulignera aussi un très beau solo -  et Thomas Mayade (tp). Fiorese - le jeu ferme et sans maniérisme - peut compter aussi sur le soutien d’une rythmique efficace (Cyrille Obermüller (b), Paul Berne (dm)).  Le groupe mélange le jazz très actuel (n’hésitant pas à flirter parfois avec des improvisations très libres) avec celui de ses ainés (un esprit Mingusien, peut-être ?). Il y a du groove, du swing et un son de groupe indéniable.

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Le jury délibère. Le choix n’est pas évident, chacun des candidats possède de belles qualités.

Avant la remise des prix, on observera une minute de silence en hommage aux victimes de la tuerie aveugle et immonde qui vient d’avoir lieu au Musée Juif à la Place du Sablon (les concerts qui devaient avoir lieu là-bas sont, bien entendu, annulés). La haine et la bêtise sont toujours bien de ce monde… et c’est bien triste.

Le prix du jury ira à Geoffrey Fiorese Quintet, celui du meilleur soliste à Harrison Steingueldoir et celui du public à Pinto… Comme quoi, les choses sont parfois bien faites.

Direction centre ville pour aller écouter Billy Hart à l’AB. Hélas, pas moyen d’entrer. La file sur le trottoir est aussi longue que la queue dans un bureau de vote lors d’un problème électronique. Etrange idée que d’avoir programmer ce concert au Club et pas dans la grande salle…

Alors, je vais Place St-Géry. J’écoute quelques minutes Bettina Reuterberg (voc) et Juresse Amie Ndombasi (g), au Zebra Bar, qui mélangent musique africaine et jazz pop scandinave. Joli métissage. Puis j’écoute un ou deux morceaux du trio de Jennifer Scavuzzo (g,voc), Marco Locurcio (g) et Fabio Locurcio (dm). J’adore la voix de Jennifer et sa façon de reprendre les thèmes rock avec beaucoup d’élégance, de fraicheur (mais aussi de puissance) et de personnalité. Calé dans un coin du Mappa Mundo, le trio distille une bien belle énergie.

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Mais ce n’est rien à côté de la tempête qui souffle au Roi des Belges.

Mariana Tootsie, à la voix absolument éblouissante, est montée sur la table et déverse du blues, de la soul, du funk et du gospel avec un cœur gros comme ça. Une véritable show-woman. Derrière elle, Bilou Doneux (dm) marque les rythmes sans faiblir, Jérôme Van de Bril (g) se lance dans quelques beaux solos tranchants, Thierry Rombaux (eb) attise le feu et, derrière son clavier, Matthieu Van fait plus qu’assurer, il s’envole ! A la manière d’un Stevie Wonder de la grande époque. Mariana Tootsie (qui vient de sortir son EP «Dance In The Fire») est vraiment un tempérament ! Et une chanteuse qu’il faut absolument voir et soutenir, car elle offre de la vraie et de la très bonne musique… Ecoutez, vous comprendrez.

 

 

J’aurais pu encore traîner dans quelques bars, mais je reste encore raisonnable. Demain, dimanche, j’ai rendez-vous sur la Grand Place avec Greg, Fabian, Jean-Louis, Pierre, Fabien, Jean-Paul, Eve, Axel et bien d’autres jazzmen…

A+

 

11/06/2011

Brussels Jazz Marathon 2011

 

Plutôt «light» mon Jazz Marathon, cette année.


Sorti tard du bureau vendredi, je suis allé directement sur la Grand Place. J’aurais pu aller écouter Manu Domergue et Etienne Richard au Sablon, ou revoir Borderline à la Place Ste Catherine, mais non… je suis allé voir Eric Legnini. Et Krystle Warren.

Le temps de m’enfiler une pita chez Plaka (ce sont quand même les meilleures) et me voilà devant la scène.

Legnini derrière le Fender, Frank Agulhon derrière la batterie et Thomas Bramerie derrière la «volante» qu’il teste avant de l’emmener en tournée en Asie.

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C’est «Black President», puis «Kitchen Maquis». Ça groove, même si le son de façade est moyen. Eric – et les autres – ont l’air sincèrement heureux d’être là. Entre eux, c’est indéniable, il y a une complicité étonnante. Et quand Krystle Warren arrive pour chanter «Joy», on la sent tout de suite à l’aise dans ce groupe. Sa voix est assez incroyable. Graineuse, grave et claire à la fois. Casquette vissée sur la tête, les mains dans les poches, Krystle a enfilé sa veste, elle trouve le temps un peu frisquet. On a connu des Jazz Marathon sous des cieux bien moins cléments. Les thèmes s’enchaînent, Krystle se réchauffe et empoigne sa guitare, puis se lâche dans des impros vocales profondes sur «The Old And Grey». Entre folk, pop et soul jazz, le trio embarque avec lui un public ravi.

Je descends Rue des Riches Claires, vers le Floreo, pour écouter Alegria. Ben Prischi (p) et Nico Chkifi (dr) terminent le premier set. J’arrive juste au mauvais moment. Le temps de partager une bière avec les musiciens, de discuter un peu avec eux et je remonte vers le Lombard pour écouter Gratitude Trio, c’est-à-dire Louis Favre (dm), Jereon Van Herzeele (ts) et Alfred Vilayleck (eb).

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J’avais pris une belle claque avec ce groupe, l’année dernière au même endroit. J’ai donc tendu l’autre joue avec délectation cette année. Et je ne l’ai pas regretté. Encore plus soudés, encore plus forts et encore plus complices, ces trois mecs y vont à fond! C’est un bouillonnement inouï qui se dégage de ce trio. L’écoute est parfaite entre eux et les challenges qu’ils se lancent sont fantastiques. Il y a une énergie folle qui galvanise les musiciens et le public. On y sent les influences d’Albert Ayler ou de Coltrane. De Peter Brötzmann aussi sans doute. C’est explosif, incandescent. Les musiciens explorent la musique, malaxent les sons, bousculent les idées toutes faites. Jereon dompte l’Ewi puis revient au tenor, Louis fait exploser ses fûts et Alfred déglingue sa basse. C’est de la pyrotechnie excessivement bien réglée !

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Retour sur la Grand Place. Du blues, de la soul et du funk : Marc Lelangue (eg) et sa belle bande d’Heavy Muffuletas font chavirer la foule. Ça balance sec : Laurent Doumont (ts), Jean-Paul Estiévenart (tp) et Alain Palizeul (tb) forment une sacrée section de cuivres! Et quand Mariana Tootsie prend la scène, ça déménage aussi. Quelle voix ! Quelle puissance, quelle aisance, quelle présence. Pas de chiqué, pas de triche, Mariana remet quelques pendules à l’heure. Du bonheur.

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Je serai bien allé écouter Fabian Fiorini à Flagey, mais je craignais de ne pas pouvoir entrer, une fois le concert commencé. Alors, j’hésite : la jam à la Jazz Station avec Pascal Mohy, Sal La Rocca et Lieven Vencken ou terminer au Sounds? Allez, juste un détour du côté de la rue de la tulipe. Le trio de Legnini termine son deuxième set. Il y a du monde jusque sur le trottoir. La nuit avance. On bavarde, on rigole, on écoute, on applaudit. Le trio et la chanteuse ne lâchent rien. Ils en donnent au public. Fin du troisième set. Le public se disperse peu à peu. Je bavarde avec Eric, Frank et d’autres musiciens qui se sont donnés un ultime rendez-vous au club.

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Il est plus de 2h30, Eric, Frank et Thomas remontent une dernière fois sur scène. Ils jouent pour moi… Oui, enfin, pour quelques autres irréductibles aussi… Jazz after hours, c’est magique et ça ne s’explique pas.

 

Samedi 16 heures, Place Fernand Cocq.

Jury des jeunes talents. J’adore ça. Pourtant, il faut désigner un gagnant. Un seul. Pas si drôle.

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Il y a  d’abord le quartet de Guillaume Vierset (g). Pas simple d’ouvrir un concours. Le début est un peu timide, puis ça se réchauffe. Le groupe installe des climats, joue l’intimité, puis se s’ouvre un peu. Le vibraphone (Jérôme Klein) apporte une couleur assez intéressante au groupe, une sorte de luminosité légèrement décalée. C’est super bien exécuté, ça groove souvent, mais ça reste peut-être encore un tout petit peu trop sage à mon goût.

 

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C’est au tour de Lift de monter sur scène. Ici, on repère vite de belles personnalités, comme Dorian Dumont aux claviers ou Thomas Mayade au bugle. Et puis il y a, bien sûr, la voix d’Emily Allison. Lift propose une musique assez sophistiquée où l’on devine aisément les influences de David Linx, mais aussi de chanteurs plus pop. Le groupe n’hésite pas à prendre des risques sur des compositions parfois complexes. Les échanges entre voix et bugle se jouent souvent sur le fil du rasoir («Dark Flow»). L’équilibre est parfois précaire et l’exercice difficile.

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Avec Franka’s Pool Party de Marjan Van Rompay (as), on entre dans un autre registre. Ici, on ressent déjà une belle maturité et une vision assez claire. Le répertoire, résolument actuel, a mûri sur le terreau d’Ornette Coleman. Le drumming nerveux et hyper découpé de Jens Bouttery et les envolées de Sep François au vibraphone se mélangent à merveille aux attaques incisives de la saxophoniste. Hugo Antunes ajoute du liant à l’ensemble. Le set est nerveux, précis, clair et sans bavure.

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Le choix n’est pas facile du tout. Le débat au sein du jury est assez animé. C’est indécis. Faut-il primer la justesse, la modernité, la prise de risque, la cohésion, l’originalité, la qualité des compos, la qualité des interprétations? Il faut juger avec le cœur, avec la tête… Peser le pour, le contre. Difficile.

Finalement, c’est Lift qui l’emporte et qui aura la chance d’aller jouer, entre autres, au Jamboree à Barcelone, le 26 juillet. Quant à Jens Bouttery, il emportera le prix du meilleur soliste.

On entendra encore ces trois groupes au Sounds le 24 juin. Venez vous faire une opinion, ça vaudra la peine.

Après cela, je serais bien allé au Théâtre Mercelis écouter Lab Trio puis Kris Defoort. Ou Isabelle Antena au London Calling ou Vincent Thekal à la Fleur en Papier Doré, Laurent Doumont à la Grand Place, Philip Catherine au Sounds, Nono Garcia à la  Jazz Station… mais je suis un peu crevé et dimanche sera un longue journée de boulot… sans jazz… ou presque.

J’avais dit «light», non?


A+

05/06/2010

Brussels Jazz Marathon 2010

Vendredi 28 mai, je marche vers la Grand Place de Bruxelles. Le ciel est clément, il y a même quelques rayons de soleil.

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Sur la grande scène, Mariana Tootsie a donné le départ du quinzième Jazz Marathon. Elle est accompagnée par ses «Chéris d’Amour». Personnellement, et même si cela est sympathique, je ne suis pas convaincu par ce nom de baptême (j’aurais même tendance à m’en méfier). Mais c’est Mariana Tootsie (très grande voix!) et Matthieu Vann (p, keyb) et Jérôme Van Den Bril (eg) et Cédric Raymond (cb) et Bilou Doneux (dm). Et très vite, toutes mes appréhensions se dissipent. Mariana possède décidément une sacrée voix (désolé si je me répète) et son groupe sonne vraiment bien! Ça groove, c’est soul, c’est funky, c’est sec et puissant, c’est un peu frustre, un peu brut… mais qu’est ce que c’est bon! Le temps d’un titre, le groupe invite Renata Kamara, histoire de flirter un peu avec le rap.

Ça démarre fort, ça démarre bien!

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Toujours sur la Grand Place, je découvre ensuite le trio d’Harold Lopez Nussa, dont on m’avait dit beaucoup de bien. Le pianiste vient tout droit de Cuba. Son jeu est vif, brillant, explosif. Sous la couleur d’un jazz très actuel, nourri à la pop, on sent poindre, bien sûr, les rythmes afro-cubains. Le mélange est très équilibré. Entre Harold Lopez Nussa, Felipe Cabrera (cb) et l’excellent batteur Ruy Adrian Lopez Nussa, l’entente est parfaite. Le trio évite le piège du cuban-jazz trop typé pour en délivrer leur vision assez personnelle et bien tranchée. Un trio à suivre de près.

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Je fais un crochet par la Place Sainte-Catherine pour saluer Manu Hermia (as), François Garny (eg) et Michel Seba (perc) occupés à se préparer pour le concert de Slang. Connaissant la bande, je décide d’aller découvrir, au Lombard, le nouveau projet de Rui Salgado (cb), Cédric Favresse (as), Ben Pischi (p) et Nico Chkifi (dm): Citta Collectif.

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Le groupe s’est formé assez récemment et on le sent encore en recherche. Il en ressort cependant déjà de belles idées. Suivant les morceaux, on peut y déceler, ici, les influences d’un Abdullah Ibrahim, là,  «l’urgence» d’un Charlie Parker et, plus loin encore, l’inspiration de ragas indiens. La musique circule, joue le mystère, fait cohabiter les silences et la frénésie. Voilà encore un groupe qui promet.

Changement de crèmerie. Sur le chemin vers la Place St Géry, Raztaboul, met le feu ska-jazz-funk sur le podium du Bonnefooi.

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J’arrive au Café Central. Au fond de la salle, PaNoPTiCon improvise, délire, part en vrille. À un ami qui me demandait ce qu’il fallait aller voir au Jazz Marathon, j’avais cité PaNoPTiCon en lui précisant: «jazz indéfinissable». Domenico Solazzo, le batteur, leader et instigateur du projet invite pratiquement chaque fois des musiciens différents. C’est ainsi que se retrouvaient autour de lui ce soir, Antoine Guenet (keyb), Michel Delville (g), Olivier Catala (eb) et Jan Rzewski (ss). La règle du jeu? Pas de répétition mais de l’impro libre et totale. L’expérience est assez fascinante, déconcertante voire éprouvante, car ici, tout est permis. Le groupe explore les stridences, va au bout des sons et des idées. Certains spectateurs abandonnent, d’autres entrent dans le jeu. Je fais visiblement partie de la deuxième catégorie. Certes, la musique n’est pas facile, mais il y a ce côté expérimental et cette recherche de l’accident qui me captive. Michel Delville injecte des sons très seventies, évoquant le prog-rock et Jan Rzewski fait couiner son soprano. PaNoPTiCon explore les recoins de la musique underground, du jazz-rock, de la musique sérielle, du drone… et du jazz, tout simplement. Il fait s’entrechoquer les mondes. Expérience musicale et spirituelle assez forte.

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Avant de rentrer, je vais écouter Piero Delle Monache (ts) et Laurent Melnyk (g)  accompagnés d’Armando Luongo (dm) et de Daniele Esposito (cb). «Ecouter», est un bien grand mot. Le quartette joue sur une scène grande comme un mouchoir de poche, dans un endroit improbable où le public n’en a absolument rien à cirer. Le Celtica est bourré à craquer de gens bruyants, déjà bien imbibés, qui se sont juste réunis pour beugler et boire encore. On se demande bien où est l’intérêt pour les musiciens de se retrouver à jouer dans des conditions aussi indécentes? On appréciera le groupe une autre fois, dans de meilleures circonstances, je l’espère. En attendant, je vous conseille le très bon premier album de Delle Monache: «Welcome» (j’en reparlerai).

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Samedi, Place Fernand Cocq, où les parasols servent de parapluies, me voilà avec Jempi Samyn, Jacobien Tamsma, Fabien Degryse, Henri Greindl et Nicolas Kummert dans le jury du concours Jeunes Talents.

Le premier groupe à se lancer est le Metropolitan Quintet. Voilà déjà plusieurs fois que je les entends, et chaque fois le niveau monte. Le groupe propose une musique clairement influencée par le jazz-rock seventies auquel il ajoute une touche parfois funky, parfois plus contemporaine. C’est très habilement joué et l’on remarque bien vite de belles personnalités, comme Antoine Pierre (dm et leader), qui recevra d’ailleurs le prix du meilleur soliste, mais aussi le saxophoniste Clément Dechambre

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Changement radical de style, ensuite, avec le duo Saxodeon de Julien Delbrouck (ss, baryton, cl.basse) et Thibault Dille (acc.). La mélancolie et le lyrisme mélangés à une touche de new tango ou parfois de bossa, offrent une belle originalité. Le pari est osé, mais manque peut-être encore d’un peu de souplesse, la moindre hésitation se paie cash. Finalement, c’est Raw Kandinsky qui mettra tout le monde d’accord.

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Ce jeune quartette - Johan De Pue (g), Quirijn Vos (tp), Tijn Jans (dm) et Martin Masakowski (cb) – est très affûté, très soudé et énergique. Sorte de neo-bop, un poil rock, un poil funk, qui va à l’essentiel. Pas de bavardage inutile, mais de l’efficacité servie par d’excellents musiciens (à l’image de l’impressionnant contrebassiste). On reverra tous ces groupes au Sounds le 25 juin, venez nombreux, ça vaut le coup d’oreille.

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Allez, hop, je descends dans le centre écouter Jeroen Van Herzeele et Louis Favre. Avant ça, je fais une halte sur la Grand Place pour écouter la fin du concert de Julien Tassin (g) et Manu Hermia (as) que j’avais déjà vu en club (et dont je n’ai pas eu le temps de vous parler... désolé). Musique énergique, spontanée et directe qui s’inspire du funk, de la soul, du rock, de John Scofield ou de Jimi Hendrix. Jacques Pili est à la basse électrique et Bilou Donneux à la batterie. Efficace et groovy en diable! Je vous le recommande!

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Le Lombard s’est vite rempli et le public restera scotché. Pourtant, il n’y aucune concession dans la musique de Louis Favre (dm), Jeroen Van Herzeele (ts) et Alfred Vilayleck (eb). C’est Coltranien en plein! Un long premier morceau évolutif nous emmène haut, très haut. Ça psalmodie, ça rougeoie et c’est incandescent. Le deuxième morceau est emmené à un train d’enfer par Favre. Il y a du Hamid Drake dans son jeu. Van Herzeele fait crier son sax, le fait pleurer, le fait chanter. Les phrases s’inventent et se cristallisent dans l’instant. Fantastique moment!

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Curieux, je remonte vers le Sablon pour écouter Casimir Liberski. Le retour de l’enfant prodige fraîchement diplômé du célèbre Berklee College of Music. Avec Reggie Washington à la basse électrique et Jeff Fajardo aux drums, le trio nous sert un jazz très (trop) propre, presque aseptisé. On s’ennuie à écouter de longues boucles funky, un peu molles, entendues chez Hancock, par exemple, dans les années 80 (pas la période que je préfère). Bref, ça sent le salon cosy. Liberski prépare un album avec Tyshawn Sorey (dm) et Thomas Morgan (cb), ça devrait, je l’espère, sonner autrement.

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Au Chat Pitre, Mathieu De Wit (p), Frans Van Isacker (as), Damien Campion (cb), Jonathan Taylor (dm) dépoussièrent de vieux standards («The Way You Look Tonight», «Blue Monk», etc.). Sans pour autant les dénaturer, le groupe parvient à leur donner une fraîcheur plutôt originale.

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Et je termine ma longue journée au Sounds pour écouter Philip Catherine (g) en compagnie des fantastiques Benoît Sourisse (orgue Hammond) et André Charlier (dm). «Smile», «Congo Square» et autres thèmes passent à la moulinette d’un groove nerveux et explosif. L’entente est parfaite, le timing irréprochable et le plaisir communicatif. Le bonheur est parfait.

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Dimanche après-midi, sur la Grand Place, le programme est concocté par les Lundis d’Hortense. Sabin Todorov présente son dernier projet avec le Bulgarka Junior Quartet et chasse les nuages. Les chants traditionnels bulgares mélangés au jazz révèlent ici toute leur magie. L’équilibre est subtil entre les voix, l’alto de Steve Houben et le trio de Todorov. C’est souvent dansant, coloré et ça tient vraiment bien la route.

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Je reste, par contre, toujours un peu mitigé par rapport au projet de Barbara Wiernik. C’est tendre et sensible, tous les musiciens sont excellents (Blondiau sur «Drops Can Fly», pour ne prendre qu’un exemple)… mais je n’arrive pas à «entrer dedans».

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Avec Nathalie Loriers, le soleil est définitivement de retour. Sous la direction de Bert Joris (tp), le Spiegel String Quartet (Igor Semenoff (v), Stefan Willems (v), Aurélie Entringer (v) et Jan Sciffer (cello)) fait un sans faute. Nathalie fait swinguer «Neige» et «Intuitions & Illusions» et nous donne le frisson sur «Mémoire d’Ô». Belle réussite que cette association de cordes et avec un quartette jazz

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Comme chaque année, la fête se termine trop tôt (22h15: extinction des feux!!!?? On croit rêver!!), alors je passe par le RoskamBen Sluijs (as) s’y produit en trio, avec Manolo Cabras (cb) et Eric Thielemans (dm). Musique très ouverte, parfois inconfortable, parfois cérébrale mais toujours excitante. Rien à faire j’adore ça…

Rideau.

A+

 

24/02/2009

Marc Lelangue au Sounds

Rattrapons le temps perdu (troisième épisode)

Des journées interminables, qui commencent tôt, se terminent souvent tard et m’empêchent d’aller écouter tous les concerts qui m’intéressent, c’est un peu mon lot quotidien ces derniers temps.

Vendredi treize (jour de chance?), ma semaine ne se termine pas trop tard et j’arrive juste à la fin du premier set, au Sounds, pour écouter Marc Lelangue.
Voilà qui va me faire du bien !
Un concert qui va chasser la fatigue et me redonner la pêche, c’est sûr !
001

Et voilà. Bingo !
Le blues-funky-R&B de Marc Lelangue agit sur mon métabolisme.

Autour de Marc, ce soir, il y a du beau monde: les Heavy Muffulettas !
Un truc qui tient au corps, si vous voyez ce que je veux dire (le Muffuletta est un pain fourré de salami, mortadelle, fromage qu’on trouve en New Orleans).

Des soufflants époustouflants: Olivier Bodson (tp), Laurent Doumont (ts), Alain Palizeul (tb). Une rythmique rageuse: Patrick Dorcéan (dm) et Augustin Foly (elb). Un Pianiste en grande forme: Philippe Reul, et deux chanteuses puissantes et sensibles avec de l’humour à revendre: Mariana Tootsie et Camille de Bruyne.

Marc Lelangue est un vrai bluesman. Il ne joue aucun rôle, il est sur scène comme à la ville. Le blues transpire par tous ses pores.
J’aime bien chez lui son côté désabusé, presque fataliste, cynique parfois.
Sa générosité aussi, sa simplicité.

Entre les morceaux («Such A Night» - fabuleux thème de Dr.John – «Who Shot The La La», «Ooh Poo Pah Doo», «Let’s The Good Time Roll», «I Don’t Need No Doctor», «Georgia»…), Marc Lelangue prend un malin plaisir à souligner avec tendresse nos petits défauts, nos petites fêlures, nos faiblesses.

Puis il entonne de sa voix grave, éraillée et profonde tous ces tubes avec une énergie formidable. On tape du pied, on a le sourire aux lèvres... alors le cœur s’allège.

On alterne le blues et le folk, la country et la soul.
Les cuivres donnent de la voix et les chanteuses aussi.
On ne fait pas dans la demi-mesure…
Et la musique est bien servie, bien tassée.

On ne m’avait pas menti, le Muffuletta façon Lelangue, c’est du costaud.

A+

20/05/2007

Mariana Tootsie - Jazz Station

Quand j’arrive à la fin du premier set, samedi dernier à la Jazz Station, je suis un peu surpris par le style de musique que propose Mariana Tootsie.
Agréablement surpris.

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Je m’attendais à un jazz plutôt swinguant et j’ai eu droit à du jazz-pop. Voire du folk.

Il faut dire qu’elle était entourée du guitariste Patrick Deltenre et du pianiste Philippe De Cock, assez habitués à la scène pop ou de variété (Maurane, Axelle Red, etc…).

Le répertoire et les arrangements sont donc assez pop/folk, bien sûr, ce qui n’empêche pas le trio d’interpréter quelques standards de jazz, comme «Fine And Mellow» par exemple, de manière très, très bluesy pour le coup…

Ce qui renforce cette impression est sans doute dû aussi à l’accompagnement à l’harmonica de Philippe De Cock, qu’il alterne avec le piano.
Alors, on voyage parfois vers la New Orleans de façon très roots et très «canaille» et parfois, on dévie vers la ballade légère, mélancolique et assez «smooth», comme pour «For The Time Being» de Bert Joris.

La voix de Mariana Tootsie me fait penser parfois à Joni Mitchell ou à Rickie Lee Jones.
Mais elle sait aussi se faire grave, veloutée et sensuelle sur une version très personnelle de «My Baby Just Cares for Me» au swing tout en retenue.

Patrick Deltenre est vraiment dans son élément et ses solos, précis et souples, sont souvent brillants.

On est donc dans de la pop-jazzy très tendre et parfois à la limite du «trop doux».

Et comme pour affirmer ce parti pris «pop», le trio nous offre une chanson de Noa après avoir fait ressortir le côté «soul» de la célèbre chanson de Prince : «Kiss».

Mariana s’amuse sur scène.
Elle s’amuse aussi avec les étiquettes.
La preuve: avec Ivan Paduart, Manu Katché et Richard Bona - excusez du peu – elle a enregistré un album assez… pop, qu’on entendra un jour, espérons-le, dès que le groupe aura trouvé un label.

A suivre, donc…


A+

11/07/2006

Mariana Tootsie - Ivan Paduart au Sounds















Pas de « petite finale » sur grand écran ce soir au Sounds. ( Sergio et Rosy se réservaient pour la finale de dimanche… Le choc des chocs.)

Par contre, c’était presque « gala », car Mariana Tootsie avait convié Ivan Paduart, Sal La Rocca et Joost Van Schaik à l’accompagner ce soir.

J’avais déjà entendu Marianna une fois ou deux ( essentiellement lors de jam’s ), mais jamais pour un « vrai » concert.
Bon, c’est vrai que c’était un peu particulier puisque ce n’était pas son groupe habituel ( il me semble qu’on y retrouve plutôt Raph Debacker, Ben Ramos ou Sam Rafalowicz, si je ne dis pas trop de bêtises ).
Mais un concert avec Ivan Paduart, ça ne se refuse pas.

Après un ou deux morceaux joués sans elle, Mariana Tootsie monte enfin sur scène.
Elle possède décidément une très belle voix. Elle a une aisance et un charisme évident…Et cela malgré le fait que le quartet n’ait eu que peu de temps pour répéter.

Alors, démarrer avec « Il Paradiso Dei Cacciotielli » de Maria Pia De Vito, c’est un peu comme courir un 3000 m sans échauffement.
Hé bien, Mariana s’en sort plus que bien. Elle impose directement son style et ne cherche pas à imiter la chanteuse italienne.
Le seul « hic », à mon avis, vient du choix du batteur pour ce genre de concert. Joost est un excellent drummer, mais dans ce contexte-ci, il était un peu trop envahissant. Lors de « My Favorite Things » par exemple c’en devenait presque assourdissant ( ok, j’exagère un peu ). Dommage, car sur ce morceau, il y eut de beaux moments où Ivan Paduart fit de belles digressions et nous offrit de belles impros par exemple.
Sal La Rocca, quant à lui, fut impeccable: justesse, groove, subtilité… Parfait de bout en bout.

Mais la machine se rode peu à peu…
Et on termine le premier set avec un morceau brésilien suivi de « Popsicle Toes » où l’on sent le groupe plus « uni » et Marianna plus à l’aise.

Pour le deuxième set, après avoir à nouveau démarré sans la chanteuse, ( avec le très beau morceau de Paduart « Igor » ) il semble que le « répertoire » soit plus adapté au chant de Tootsie.
On est plus dans le blues, dans le « roots ». Et ça lui va à merveille.
On sent le quartet un peu plus libéré. Ça respire mieux.
Du coup, on a droit à un très beau moment quand Ivan et Marianna entament en duo « The Man I Love » avant que le reste du groupe ne les rejoigne.

Une chanteuse à suivre...
Mais ne vous inquiétez pas, je vous tiendrai au courant !

A+