29/05/2014

Brussels Jazz Marathon 2014 (part1)

 Au Brussels Jazz Marathon, on ne sait plus où donner de l’oreille. Il y a du jazz partout. Trop, diront certains. Mais c’est l’occasion aussi, pour les "non-initiés", de découvrir cette musique.

Bien sûr, la médaille a aussi son revers et il est parfois difficile, dans certains clubs ou cafés, d’entendre réellement la musique – surtout si elle est subtile - tellement elle est recouverte par le bruit et «l’ambiance»… Mais c’est la fête du jazz après tout, oui ou non?

Pour moi, elle a commencé vendredi soir, sur la Grand Place (je serai bien allé voir Snarky Puppy à l’AB, mais l’accès était difficile à cette heure...). Arrivé bien trop tard aussi pour écouter Chrystel Wautier, je me suis frayé un passage à travers la foule pour entendre une bonne partie du concert de Robin McKelle.

La chanteuse américaine, qui mélange R&B, pop et soul, déborde d’énergie. Son jeu de scène est extrêmement physique et très bien rodé. La voix est puissante et d’une incroyable justesse. Elle est entourée des Flytones (Ben Zecker (keys), Fred Cash (eb), Eric Kalb (dm) et l'excellent Al Street à la guitare électrique) qui soutiennent et relancent sans arrêt la machine. Ce soir, c’est l’esprit «rock» qui est surtout mis en avant, comme sur ce «Good Time» explosif, par exemple. Mais les racines blues et soul ne se cachent pas, d’ailleurs, la reprise de «Take Me To The River» est d’une réelle intensité, forte et profonde.

La soirée ne fait que commencer pour nombre d’amateurs, mais j’ai décidé de me la faire «raisonnable», le week-end est long.

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Samedi, vers 16h, rendez-vous sur la Place Fernand Cocq avec Nathalie Loriers, Jempi Samyn, Henri Greindl et Jacobien Tamsma pour participer au jury du Concours XL Jazz.

Au programme : Pinto, Harrison Steingueldoir et Geoffrey Fiorese Quintet. Une fois de plus, le niveau est élevé (rappelons quelques-uns des précédents lauréats pour nous situer un peu : Peas Project, LAB Trio, Casimir Liberski, Collapse ou encore Lift, pour ne citer qu’eux…).

C’est donc Margaux Vranken (p) et son groupe (Florent Jeunieaux (eg), Vincent Cuper (eb) et Paul Berne (dm)) qui ouvrent le bal avec un morceau plutôt énergique qui donne l’occasion au guitariste de se mettre joliment en avant. Pinto a résolument pris de l’assurance et de la bouteille (je les avais vu à Dinant l’été dernier). Le set est très équilibré, bien mis en place et les compositions de Margaux sont d’une belle richesse harmonique. On y retrouve des influences de Brad Mehldau (dans «Waves», par exemple), mais aussi de Daniel Goyone (les légères déconstructions et les mélanges rythmiques). Diderik Wissels (l’un des profs de la pianiste) ne doit pas être totalement étranger à ces choix. Soulignons aussi une très belle version ralentie (et chantée) de «Billie Jean». Un beau groupe à suivre.

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C’est ensuite au tour de Harrison Steingueldoir de monter, seul, sur scène. Il faut être assez gonflé pour oser présenter dans ce concours (quand même assez grand public) un set en piano solo. Mais c’est ce qui avait séduit et intrigué le jury lors de la présélection. On était donc curieux d’entendre l’élève du conservatoire d’Anvers à l’œuvre. Harrison prend son temps pour présenter les morceaux, il installe un climat convivial entre le public, lui et sa musique. Il arrive à construire une histoire au fil des morceaux. On sent des inflexions à la Keith Jarrett, ou peut-être parfois à la Paul Bley… mais le jeune pianiste arrive à imposer sa propre personnalité. Il fait monter la tension, donne de la force à son phrasé tout en gardant assez de souplesse pour dessiner les mélodies. Un pianiste dont on entendra sans doute parler.

Pour terminer le concours, le pianiste français Geoffrey Fiorese et son quintette présentent des compositions originales plutôt élaborées. La musique est franche et vive. Bien construite. On remarque tout de suite la belle complicité entre Tom Bourgeois (as) – dont on soulignera aussi un très beau solo -  et Thomas Mayade (tp). Fiorese - le jeu ferme et sans maniérisme - peut compter aussi sur le soutien d’une rythmique efficace (Cyrille Obermüller (b), Paul Berne (dm)).  Le groupe mélange le jazz très actuel (n’hésitant pas à flirter parfois avec des improvisations très libres) avec celui de ses ainés (un esprit Mingusien, peut-être ?). Il y a du groove, du swing et un son de groupe indéniable.

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Le jury délibère. Le choix n’est pas évident, chacun des candidats possède de belles qualités.

Avant la remise des prix, on observera une minute de silence en hommage aux victimes de la tuerie aveugle et immonde qui vient d’avoir lieu au Musée Juif à la Place du Sablon (les concerts qui devaient avoir lieu là-bas sont, bien entendu, annulés). La haine et la bêtise sont toujours bien de ce monde… et c’est bien triste.

Le prix du jury ira à Geoffrey Fiorese Quintet, celui du meilleur soliste à Harrison Steingueldoir et celui du public à Pinto… Comme quoi, les choses sont parfois bien faites.

Direction centre ville pour aller écouter Billy Hart à l’AB. Hélas, pas moyen d’entrer. La file sur le trottoir est aussi longue que la queue dans un bureau de vote lors d’un problème électronique. Etrange idée que d’avoir programmer ce concert au Club et pas dans la grande salle…

Alors, je vais Place St-Géry. J’écoute quelques minutes Bettina Reuterberg (voc) et Juresse Amie Ndombasi (g), au Zebra Bar, qui mélangent musique africaine et jazz pop scandinave. Joli métissage. Puis j’écoute un ou deux morceaux du trio de Jennifer Scavuzzo (g,voc), Marco Locurcio (g) et Fabio Locurcio (dm). J’adore la voix de Jennifer et sa façon de reprendre les thèmes rock avec beaucoup d’élégance, de fraicheur (mais aussi de puissance) et de personnalité. Calé dans un coin du Mappa Mundo, le trio distille une bien belle énergie.

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Mais ce n’est rien à côté de la tempête qui souffle au Roi des Belges.

Mariana Tootsie, à la voix absolument éblouissante, est montée sur la table et déverse du blues, de la soul, du funk et du gospel avec un cœur gros comme ça. Une véritable show-woman. Derrière elle, Bilou Doneux (dm) marque les rythmes sans faiblir, Jérôme Van de Bril (g) se lance dans quelques beaux solos tranchants, Thierry Rombaux (eb) attise le feu et, derrière son clavier, Matthieu Van fait plus qu’assurer, il s’envole ! A la manière d’un Stevie Wonder de la grande époque. Mariana Tootsie (qui vient de sortir son EP «Dance In The Fire») est vraiment un tempérament ! Et une chanteuse qu’il faut absolument voir et soutenir, car elle offre de la vraie et de la très bonne musique… Ecoutez, vous comprendrez.

 

 

J’aurais pu encore traîner dans quelques bars, mais je reste encore raisonnable. Demain, dimanche, j’ai rendez-vous sur la Grand Place avec Greg, Fabian, Jean-Louis, Pierre, Fabien, Jean-Paul, Eve, Axel et bien d’autres jazzmen…

A+

 

18/09/2010

Mons en Jazz Festival

Petit passage à Mons vendredi 1er septembre pour assister à l’une des deux soirées de Mons en Jazz. Organisé par Aziz Derdouri, le festival a vu le jour en 2000 (en même temps que l’ouverture de son célèbre et regretté K.Fée qui a accueilli un nombre incalculable de jazzmen belges et étrangers). Après avoir épuisé diverses formules (dans les cafés de la ville, sous chapiteau, etc.), c’est désormais dans la petite salle Abel Dubois (où se trouvait jadis la RTBF) qu’Aziz organise l’événement. Si Mons en Jazz cherche encore un peu sa vitesse de croisière au niveau de l’affluence, sa programmation ne dévie pas de l’objectif initial. Elle se veut pointue sans pour autant être élitiste. Est-ce pour cette raison que le public se fait encore un peu trop timide? Il y a pourtant de quoi attiser la curiosité de tous. Ce week-end, il y avait une place pour le jazz de demain (Adrien Volant), une pour le jazz actuel (Voices de Nicolas Kummert, Hermia-Tassin quartet, Qu4tre, Jean-Louis Rassinfosse trio), une belle place pour le grand Hamid Drake et une autre pour saluer le renouveau du jazz british, (on connaissait Polar Bear, Neil Cowley ou encore Robert Mitchell, voici Get The Blessing, anciens musiciens de Portishead). Avouez que l’affiche était alléchante.

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C’est donc le tout jeune quartette d’Adrien Volant (tp) qui ouvre le bal. Voilà de la fraîcheur, de la passion et du talent comme on en redemande. Entouré des non moins prometteurs Guillaume Vierset (eg), Felix Zurstrassen (eb) et Antoine Pierre (dm), le jeune trompettiste semble avoir de l’ambition et déjà une belle idée du jazz qu’il compte explorer. Entre les reprises de John Scofield («I’ll Catch You») et de Freddie Hubbard («Dear John») il glisse quelques compositions originales («Lunatic», «Don’t Eat This Meat») dont l’orientation est assez claire: un dynamique mélange de post bop et de jazz moderne inspiré de la jeune scène new-yorkaise. Et l’envie de remettre l’énergie, le swing et le groove en avant est évidente. Si je vous dis que le phrasé d’Adrien Volant s’inspire autant de Roy Hargrove que de Ralph Alessi, vous imaginez encore mieux l’ambiance? Malgré leur jeune âge, le groupe est déjà bien soudé et l’on sent chez eux un véritable plaisir à jouer ensemble. Un quartette à suivre de très près.

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Deuxième groupe à monter sur scène, Voices de Nicolas Kummert.

J’avoue que, sur papier, le projet me laissait un peu dans l’expectative, mais sur scène, il ne me fallut pas longtemps pour être conquis. Du jazz, du blues, du reggae, du Monk, du Salif Keita, tout se mélange immédiatement avec justesse, intelligence, modernité, équilibre et créativité. On connaissait déjà l’approche bien particulière de Nicolas au sax (un mélange de souffle et de chant) qu’il accentue ici en  poussant l’idée encore plus loin, puisque, cette fois, il chante «vraiment». Ou plutôt, il déclame d’une voix chantante des poèmes de Prévert… ou pas. Hé oui, l’idée première était de reprendre des textes du poète et de les habiller de musique. Mais, apparemment, les ayants droits ont les idées bien plus étroites que l’auteur des «Feuilles mortes». Heureusement, au-delà de cette bisbille, l’hommage persiste et le résultat n’en est que plus beau.

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Entouré d’une solide brochette de jazzmen, Nicolas nous ballade dans un univers bigarré. C’est tantôt chaud, tantôt dépouillé, tantôt incisif, mais c’est toujours excitant. Nic Thys, à la contrebasse, rebondit sur les mots et donne de l’épaisseur au groove dans un jeu d’une étonnante souplesse. De l’autre côté de la scène, Hervé Samb éblouit par la palette incroyablement riche d’émotions qu’il arrive à faire jaillir de sa guitare. Il invente des sons d’une incroyable limpidité. Au blues, il mélange des rythmes africains, des phrases complexes ou des riffs tranchants tout en soutenant un groove lumineux. Alexi Tuomarilla alterne les notes cristallines et les harmonies lyriques dans un jeu brillant et efficace, tandis que Lionel Beuvens colore, de façon parfois subtile ou parfois intense, un ensemble d’une cohérence parfaite. Nicolas Kummert «Voices» est en tournée avec le JazzLab Series en ce moment, et vient de sortir son album chez Prova. Ne ratez rien de tout ça!

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Après un très court moment, la scène est prête pour accueillir l’événement de la soirée: Hamid Drake (dm, perc) et Pascquale Mirra (vib). Entre ces deux amis circule une énergie souterraine intense. En débutant le concert par «Guinea» de Don Cherry, le duo nous plonge rapidement dans une musique hypnotique et subjuguante. Elle est à la fois onirique et organique. Les deux musiciens jouent d’ailleurs pieds nus, sans doute pour mieux sentir les fluides et les vibrations qui traversent la terre… Entre rythmes et pulsions, entre corps et esprit, la communion est parfaite. Évoquant parfois l’esprit d’un Bobby Hutcherson chez Dolphy, Mirra va chercher au plus profond de lui des improvisations mélodiques d’une grande sensibilité. Drake et Mirra dialoguent avec une grâce incroyable. Ils étouffent les sons pour mieux les laisser éclater, resserrent les rythmes pour mieux les délier, dessinent des paysages abstrait pour mieux parler à notre imagination. Les frappes de Drake sont remplies d’histoires, de poésie, de douceur ou de fièvre.

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C’est encore plus flagrant lorsqu’il se met au Bendir. Les deux musiciens sont alors au service de la musique et même, osons le dire, de l’humanité. Leur complicité est aussi forte que leur amitié, et cela se ressent dans leur musique. Moment magique et concert absolument magnifique.

On aurait bien voulu en entendre plus, mais, festival oblige, il faut laisser la place au dernier groupe de la soirée: Qu4tre.

 

Qu4atre, c’est Jacques Pili (eb), Marco Locurcio (eg), Nicolas Kummert (ts) et Lionel Beuvens (dm) - qui remplaçait ce soir l’habituel Teun Verbruggen.

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Ici, les influences rock et pop sont indéniables. On joue d’abord les boucles sombres et évolutives qui rappellent parfois le groupe Morphine et puis on trace sur des morceaux plus «carrés» et efficaces. Parfois aussi, on s’aventure dans le plus sophistiqué (avec «Balthazar», par exemple). Locurcio se fend de riffs qui peuvent rappeler ceux de John Fusciante mais s’évade aussi parfois sur le territoire d’un  Clapton ou d’un Ry Cooder. Jacques Pili, fait gronder une basse solide et agile, Lionel Beuvens maintient la pression et Nicolas Kummert se faufile à travers tout. Qu4tre est efficace et nerveux, il n’y manque plus - peut-être - que la notion de show scénique, histoire d’aller jusqu’au bout de l’idée.

 

Rendez-vous l’année prochaine à Mons ?

 

 

A+

 

29/12/2008

Hommage à Pierre van Dormael au Sounds


Plus frustrant encore que de ne pas avoir le temps d’écrire, c’est de ne pas avoir le temps d’aller aux concerts.
Imaginez-vous que le dernier auquel j’ai assisté, c’était le 18 décembre au Sounds : l’hommage à Pierre Van Dormael.
Mais il était mémorable.
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C’est bien sûr une majorité de guitaristes qui s’étaient donnés rendez-vous au club (Alain Pierre, Peter Hertmans, Serge Lazarevitch, Marc Lelangue, Marco Locurcio, Victor Da Costa, Philip Catherine, Alain Pierre et j’en oublie… qu’ils me pardonnent).
Tous les musiciens qui ont compté ou qui ont sans doute beaucoup appris aux côtés de Pierre.
Il y a des guitaristes, bien sûr, mais aussi beaucoup d’autres instrumentistes. Et des amis. Et la famille de Pierre, dont son frère, Jaco.

Le club est quasi comble et les bénéfices de la soirée serviront à financer l’édition d’un ouvrage écrit par Pierre « Four Principles to Understand Music » (asbl Art Public).

Christine Rygaert nous a concocté un programme de choix.

Pour l’occasion, Atachin s’était reformé. Le temps d’un soir.
La musique de Pierre flotte instantanément dans la salle.
Et tout au long de la soirée il y régnera un profond respect.

Le public est d’ailleurs très attentif à l’écoute du duo d’Alain Pierre et Peter Hertmans sur un morceau d’Abercrombie.
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Puis, Barbara Wiernik (voc) et Olivier Stalon (el.b) rejoignent Alain Pierre pour interpréter un morceau de Joni Mitchell et aussi «Time After Time».
Deux chansons que Pierre aimait beaucoup.

Avec Charles Loos (p), Nic Thys (b) et Serge Lazarevitch, Barbara enchaîne sur une superbe interprétation de «The Art Of Love» (que l’on retrouve sur l’album incontournable que Pierre avait enregistré avec David Linx et James Baldwin : «A Lover's Question»).
Frissons de plaisir.
Le pianiste dialogue ensuite avec le contrebassiste et le guitariste sur «Le temps qui grandit» et «La voie lactée», celle où Pierre, qui a toujours été très mystique, doit sans doute y briller à l’heure qu’il est.

Marc Lelangue (voc, g), avec Laurent Doumont (s), Nic Thys et Jan De Haas (dm), vient nous rappeler que Pierre connaissait aussi toutes les chansons de Bob Dylan.
Entre folk et blues, la voix profonde de Lelangue se fait vibrante.

On a décidé de ne pas faire de break. Il n’y aura pas de premier, de deuxième ni troisième set. Tout s’enchaînera et la soirée sera très longue.
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Anne Wolf prend place au piano.
Nicolas Kummert, Manu Hermia et Michel Seba (perc) l’accompagnent.
C’est «Estelle sous les étoiles», extrait d’un autre album incontournable de Pierre : «Vivaces», dans lequel jouaient tous ces musiciens.
Avant de continuer sur un air brésilien où l’on retrouve Victor Da Costa à la guitare et un Nicolas Thys dans un solo de basse extraordinaire, le groupe laisse la place à Ivan Paduart et Philip Catherine.
«Between Us» est sobre, sensible, magique.

Olivier Colette s’installe aussi au piano pour jouer (toujours avec Seba, Thys et Hermia) un «Undercover» intensément bluesy et riche. Ici aussi Thys est impérial, bien que ce soit la toute première fois qu’il joue ce morceau.
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C’est la première fois aussi que j’entends Jennifer Scavuzzo en live.
Elle est accompagnée par Marco Locurcio et Nicolas Kummert et «Love Me Always» penche un peu vers la soul music.
La voix de Jennifer est belle, légèrement graineuse et remplie d’émotion.
Superbe moment.
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Nathalie Loriers propose alors deux de ses propres compositions.
D’abord un très lyrique « Plus près des étoiles » et ensuite un swinguant et très «bopish» (comme disent les Américains) «Intuitions & Illusions».
Philippe Aerts est à la contrebasse, Kurt Van Herck au sax et Jan De Haas à la batterie.
Je le répète, et je n’arrête pas de le lui dire chaque fois que je la vois, Nathalie doit refaire un projet en trio ou quartette, c’est vraiment trop bien ! Qu’attend-elle ?
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Après «Mon ami Georgio» joué au piano par Michael Blass, on a droit à un quatuor vocal éblouissant.
Je n’ai pas retenu les noms de ces quatre vocalistes présentées par Kate Mayne, et je le regrette, car elles m’ont littéralement bluffé !
L’ensemble est d’une justesse et d’une maîtrise imparable.
«If I Were A Giant» et «My Little Elephant» subjuguent l’audience autant que moi.
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On change de registre, mais on reste toujours dans l’émotion, avec Chris Joris, au Bérimbau d’abord et avec Toine Thys à la clarinette basse (!!), et ensuite en trio de percussions avec Fred Malempré et Michel Seba.
L’ambiance est bouillante!

Barbara Wiernik revient alors sur scène avec Alain Pierre, Pierre Bernard (fl) et Olivier Stallon.
Puis c’est à nouveau Manu Hermia, et Nicolas Kummert et Pierre Lazarevitch, et puis encore d’autres prennent la place, et puis d’autres… etc.. etc…
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Il est déjà plus de deux heures trente du matin.
La fête à Pierre continue.
Je rentre.

On remettra ça le 28 janvier 2009 au Théâtre Marni, cette fois-ci.
Avec Octurn, Hervé Samb (avec qui Pierre venait d’enregistrer un dernier et merveilleux album), David Linx ou encore Aka Moon
Il ne faudra pas manquer ce rendez-vous-là non plus.

A+