06/11/2008

Fanny Bériaux - Marni Club

Pour la deuxième soirée «club», le Marni avait pratiquement fait salle comble pour voir et entendre Fanny Bériaux.
Et c’est chouette un club bien rempli!
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Les premiers morceaux du premier set font l’aller-retour entre le blues et la soul avec parfois une petite tendance funky ou R&B.
La jeune chanteuse possède une très jolie voix graineuse et légèrement voilée.
Elle chante avec beaucoup de sensualité et d’humour mêlés.

Derrière elle, il y a un trio bien soudé qui la soutient avec beaucoup de finesse.
Manu Bonetti à la guitare (sèche et électrique), Boris Schmidt à la contrebasse et Martin Viroux (Viron ?... si quelqu’un pouvait me donner son nom exact, ce serait sympa pour lui**) qui remplaçait l’habituel Jérôme Baudart à la batterie… et à la trompette !
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La plupart des morceaux ont été écrits par Fanny et le guitariste Jarek Frankowski.
Il s’agit souvent d’histoires étranges et romantiques mâtinées d’un humour subtil et décalé.
Tout est douceur et délicatesse.
«Sixty Years Ago» possède ce petit balancement swing, «Crowded Bar» est plus roots, plus soul  et d’autres titres rappellent singulièrement l’univers de Madeleine Peyroux (la configuration du quartette n’y est sans doute pas étrangère).

Fanny reprend aussi quelques titres pop ou encore une chanson d’Erykah Badu qu’elle habille à sa façon.
Parfois aussi, elle se lance dans quelques impros, mais laisse plutôt cela à son guitariste.
Manu Bonetti a quelque chose de Van Ruller ce soir, de Dylan époque «Peggy Day», un zeste de Wes aussi...
C’est à la fois souple, léger et fouillé.
Boris Schmidt  agit avec sa contrebasse comme un énorme coussin moelleux et profond. Avec juste ce qu’il faut de ressort, cependant, pour garder un certain tonus.
Quant au batteur, qui jouait pour la première fois avec le groupe, rappelons-le, il est tout à fait à sa place. Subtil aux balais et élégant aux baguettes (style fagot), il assure sans peine un rythme chaud et swinguant.
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Pour ne rien gâcher du plaisir, Fanny a le contact facile avec le public avec qui elle communique tout en décontraction et humour.
Ce qui ne l’empêche pas de terminer en rappel avec un morceau poignant et… a capella, s’il vous plait.

Un concert très agréable, bien balancé et sans prise de tête.
Qui s’en plaindrait ?

A+

 

**Edit: Et voilà, le nom du batteur est connu: Martin Mereau. Merci pour lui :-)

 


12/12/2007

Chrystel Wautier - Almadav - T-Unit 7 - Véronique Hocq

Retour sur quelques concerts auxquels j’ai assisté ces dernières semaines.
Malheureusement, pas toujours entièrement.
Un set… ou deux, maximum.
Mais ce n’est pas une raison pour les passer sous silence.

Alors, reprenons.
Dans un ordre plus ou moins chronologique.
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Chrystel Wautier, d’abord.
La chanteuse présentait «Between Us…», son premier album, au Sounds.
Autour d’elle, on retrouve Quentin Liégeois à la guitare et Boris Schmidt à la contrebasse (en remplacement de l’habituel Sam Gerstmans).

Ce soir, il était prévu que quelques guests partagent la scène avec le trio. Malheureusement, des problèmes de santé ont empêché Paolo Radoni (g) et Guy Cabay (vib) de répondre à l’invitation. Jean-Paul Estiévenart (tp) par contre était bien là, bon pied bon œil. Mais je n’ai pas pu assister à sa prestation car je «devais» partir à la fin du premier set…

Chrystel nous a donc offert son swing élégant en trio.
«Show Me», «Easy To Love» ou «Born To Be Blue» se succèdent avec délicatesse. Parfois même avec timidité. Étonnant de sa part. Du coup, la voix perd parfois un tout petit peu d’assurance…
Du côté de la rythmique, par contre, le fluide passe avec aisance et la version de «My Favorite Things» est brillante. Courte, sobre, simple et efficace.
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L’album de Chrystel Wautier est un très joli recueil de ballades fines et de morceaux swinguant tendrement. A déguster au coin du feu cet hiver. Tout y est d’une belle justesse et la belle prise de son ajoute à la volupté.


Quelques jours plus tard, je suis passé au Music Village pour écouter les derniers sets d’Almadav, un des groupes d’Alexandre Cavalière qui  avait reçu carte blanche pour 3 jours dans le club de la Grand Place.
Le public habituel, sans doute moins enclin à entendre un jazz fusion assez ouvert n’a pas trop suivi.
Dommage, car je vous assure, et je le répète, Almadav c’est bien !
Ce soir, Sam Gerstmans remplace Cyrille De Haes parti jouer avec le groupe rock français Treize à Table (pour un bout de temps, semble-t-il), et Jereon Van Herzeele était invité à se joindre au groupe.
Les deux premiers morceaux oscillent entre fusion («Tight») et funk («Ramblin’» ??).
Puis, honneur à l’invité du soir, Jereon improvise et booste une jolie ballade qui invite le guitariste Manu Bonetti à répondre par un très beau solo, carré et solide.
Alexandre, lui, s’amuse visiblement à répliquer aux assauts du saxophoniste.
David Devrieze (tb) prend lui aussi un énergique et puissant solo sur «I See The Time» aux rythmes asymétriques qu’affectionne particulièrement l’excellent batteur Xavier Rogé (d’ailleurs, le morceau est de lui).
J’aime décidément bien l’esprit frondeur qui émane du groupe. Entre une énergie à la Mingus et un jazz contemporain qui joue sur les tensions.

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Quelques jours plus tard, je suis à la Jazz Station pour écouter le deuxième set de T-Unit 7, le septet du saxophoniste Tom Van Dyck.
«The Chase» est un morceau chaloupé qui prend le temps de s’installer.
La cadence monte petit à petit et me fait un peu penser à l’ambiance «Star People» de Miles Davis… en moins électrique. Le saxophoniste emmène son petit monde entre soul et funk.
Ewout Pierreux, jusque-là aux Rhodes, rejoint son piano et amorce, de façon très lyrique et inspirée, une ballade délicate.
Mais les changements de rythme et de tempos, les brisures et les surprises ne se font pas attendre. Michel Paré (tp) et Fred Delplancq (ts) sont là aussi pour donner du piquant et faire éclater les thèmes.
Il faut aussi souligner les très belles interventions, aux accents parfois un peu boogaloo, du jeune tromboniste Peter Delannoye, qui remplaçait quasi au pied levé Andreas Schikentranz.
T-Unit 7 voyage au travers de différentes contrées d’un jazz tantôt blues, tantôt soul et au groove  parfois nonchalant mais toujours présent.
Belle équipe à revoir et réentendre.

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Pour terminer mon périple, retour au Sounds, quelques soirs plus tard pour écouter Véronique Hocq que j’avais raté au Music Village deux ou trois semaines auparavant.
La voix un peu plus voilée qu’à l’habitude et accompagnée du très lyrique pianiste Mathieu De Wit, la chanteuse nous fait un mini concert très intimiste.
Son timbre colle à merveille sur un «Never Let Me Go» d’une très belle sensibilité.
Sans doute le morceau le plus réussi ce soir.
Quand elle scatte sur des thèmes plus enlevés comme «Whisper Not», on la sent encore un tout petit peu mal à l’aise… Mais au moins, elle ose.
On aimerait cependant que la voix projette plus dans ces moments-là.
C’est d’ailleurs ce qu’elle arrive à faire sur un morceaux plus swinguant («Billie’s Bounce» ??), quand Nicola Lanceroti (cb) et Didier Van Uytvanck (d) viennent prêter main-forte sur scène…

A suivre.

A+

21/04/2007

Almadav au Sounds

C’est la deuxième fois que je vois Almadav.
J’aime bien ce groupe qui propose un jazz-fusion avec une pointe d’originalité.
En effet, à une base «classique» (basse, batterie, guitare) s’ajoute un violon et un trombone.
Cela donne un son personnel.
Ce qui importe aussi dans ce genre de groupe, c’est l’énergie qu’on y met.
Et de ce côté-là, on peut faire confiance aux membres du groupe.

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Le quintet entame le concert avec un morceau de Corea que je ne connaissais pas: «Tumba Island».
Un groove nerveux aux accents un peu funk initié par Xavier Rogé (dm) et Cyril De Haes (cb). Ce tempo solide et bien en place permet aux trois «leaders» de prendre chacun à leur tour un solo: charnu pour David Devrieze (tb), nerveux pour Manu Bonetti (g) et parfois sexy pour Alexandre Cavalière (violon).

Almadav réussi à varier les plaisirs et les nuances.
Il la joue un peu «jungle» sur «Tight» par exemple et puis un peu plus blues sur «Récurrence»(?). Sur ce dernier morceau, David Devrieze nous offrira une belle improvisation puissante et Alexandre Cavalière quelques fiévreuses envolées aux inflexions orientales au violon.

Avec beaucoup de tempérament, Alamdav s’accapare aussi Mingus, qu’ils ont bien digéré, pour développer une version personnelle et très efficace de «Invisible Lady». On y retrouve l’esprit du grand contrebassiste auquel ils ajoutent une note de fraîcheur et de folie supplémentaire.
Alexandre poussera d’ailleurs Devrieze à sortir un solo explosif fait de growls et de glissando.

Lors de quelques pics nerveux sur une ballade aux accents de valse («Alexonius»), on entendra Manu Bonetti signer quelques belles lignes sauvages au son parfois saturé.
Son jeu semble quelquefois influencé par Kurt Rosenwinkel (que le groupe admire, apparemment, puisqu’ils reprendront même un titre du guitariste américain en rappel.)

Bien sûr, Cavalière est toujours aussi impressionnant de virtuosité. Cependant, il a le bon goût de ne jamais en faire trop ni de noyer le groupe de ses interventions.
Aussi lumineuses soient-elles.

Avant le rappel, Almadav s’éclate sur «Peculiar» de Scofield. Genre baroud d’honneur: à fond et jusqu’au boutiste.

A+