02/01/2018

On commence par quoi ?

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Janvier 2018 va être chaud.

Ce n’est pas une prévision météorologique mais un constat jazzistique.

Quoiqu’on en dise, en matière de jazz en Belgique, on est quand même bien gâté. Il suffit de regarder l’agenda de Jazz In Belgium pour constater qu’il y a, chaque jour, des concerts de jazz à Bruxelles, en Flandre ou en Wallonie. Et encore, certains ne sont pas annoncés (parce qu’ils s’organisent en dernière minute, parce que certains organisateurs n’ont pas encore le réflexe de les signaler, ou parce qu’ils oublient…) ! Merci les clubs, merci les musiciens...

Il y a donc les clubs et puis, il y a les festivals.

 

 

Par ordre d’entrée en scène, il y a d’abord le Brussels Jazz festival à Flagey.
Du 11 au 20 janvier, il n’y aura pas moins de 25 concerts parmi lesquels on notera ceux de Archie Shepp, Jasper Høiby, Tony Allen, Soweto Kinch, Kurt Rosenwinkel, Uri Caine, mais aussi Mäâk (qui fête ses 20 ans !), LABtrio, Enrico Rava, Stijn Cools Book Of Air, Shabaka Hutchings ou Matthew Herbert !

Il y aura des projections (Django, Just Friends) et une expo des dessins de Pieter Fannes, et Yann Bagot qui présenteront leur livre : Jazzconcerten op papier.

 

 

Simultanément, à deux pas de Flagey, au Théâtre Marni mais aussi au Senghor et à la Jazz Station, se tiendra la quatrième édition du River Jazz Festival.

A partir du 12 et jusqu’au 27, ce sont Richard Galliano, Nicolas Kummert avec Hervé Samb, Fabian Fiorini et Yves Teicher, Thomas Champagne, LG Jazz Collective, Steve Houben, Anne Wolf, mais aussi Marc Ribot en solo et Or Bareket en quartette qui feront vibrer les trois scènes ! Et celui qui aura l’honneur de suivre le Maelbeek (l’ancien ruisseau qui reliait Ixelles à St-Josse et qui a inspiré le nom du festival) et de se produire le même soir dans les trois lieux avec trois projets différents, n’est autre que Tuur Florizoone.

Et ici aussi, il y aura des expos (Jorge Gonzalez, Horacio Altuna et Gani Jakupi, auteur du merveilleux «Roi invisible»), des conférences, des concerts pour enfants et des projections.

Mais vous êtes peut-être plus attirés par le jazz manouche ? Pas de problème, sinon peut-être celui de votre agenda très chargé. Rendez-vous à Gent, Antwerpen, Bruxelles, Charleroi, Liège et d’en d’autres villes et villages de Belgique (demandez le programme ! ) pour les Djangofolllies !

Lollo Meier, Minor Sing, la famille Cavalière et son Jazzy Strings, Tcha Limberger, Samson Schmitt et bien d’autres viendront swinguer près de chez vous.

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Et pour terminer cet excitant (épuisant ?) mois de janvier, direction Tournai pour son septième Jazz Festival (du 31 janvier au 4 février) !

Partagé entre la Halle aux Draps, le Magic Mirrors et le Conservatoire (rassurez-vous, tout cela tient dans un mouchoir de poche, autour de la Grand Place), on aura droit à une vingtaine de concerts !

On y verra Lisa Simone, Rhoda Scott, Stacey Kent et Michel Jonasz. Mais aussi Phil Abraham, Elia Fragione, Sacha Toorop, Didier Lockwood, Igor Gehenot, Eric Legnini et son Waxx Up et une carte blanche à Stéphane Mercier qui sera entouré, tour à tour, de Nathalie Loriers, David Linx, Jean-Louis Rassinfosse, Bruno Castellucci, Paolo Loveri, Fabrice Alleman, Vincent Bruyninckx, Nic Thys, Daniel Stockart, Toine Thys, Jean-François Prins, et Charles Loos… Wahoo !

Et bien sûr, pendant ces cinq jours (et nuits), il y aura des animations dans la ville, des expos, des projections…

Quand je vous disais que ce sera chaud…

 

A+

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10/05/2015

MikMâäk au Théâtre Marni

MikMâäk, c'est la grande formation de Mâäk, qui fait la part belle aux souffleurs. On y retrouve en effet pas moins de trois trompettistes (Laurent Blondiau, Jean-Paul Estiévenart, Timothé Quost – en remplacement de Bart Maris), autant de trombonistes et tubistes (Geoffroy De Masure, Michel Massot, Niels Van Heertum, Pascal Rousseau), de flûtistes et clarinettistes (Quentin Menfroy, Yann Lecollaire, Pierre Bernard) mais aussi des saxophonistes (Jereon Van Herzeele, Guillaume Orti, Grégoire Titiaux), le tout soutenu par Fabian Fiorini (p), Claude Tchamitchian (cb) et Joao Lobo (dm).

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Ce combo, créé en 2014 à l’occasion du Gaume Jazz Festival, s’était rôdé auparavant, chaque mois, au Recyclart. Par la suite, MikMâäk avait remis le couvert, presque tout aussi régulièrement, au Théâtre Marni, cette fois. Une sorte de résidence qui permetait à l’ensemble de travailler et de présenter des musiques chaque fois nouvelles ou en perpétuelles évolutions.

Ce jeudi, c’était le dernier concert avant l’enregistrement live prévu à De Werf en juin.

Après un premier titre tout en furie - dans lequel on remarque tout de suite le jeu impressionnant de Timothé Quost - «Litanie», écrit par Fiorini et introduit par le ténor grave et rocailleux de Jereon Van Herzeele, se développe de façon plus insidieuse, à la manière d'une énorme vague qui ne cesse de gonfler.

«Tilt» , lui, écrit par Yann Lecollaire, fonctionne par strates dans lesquelles chaque section (une fois les sax, puis les trompettes et ensuite les flûtes) trouve un terrain de liberté. La musique est à la fois très composée et à la fois hyper ouverte. Le travail sur le son et la volonté de «sonner différent» sont évidentes. On a rarement l’occasion, par exemple, de voir une sourdine - énorme - sur un tuba, qui donne au jeu de l’excellent Pascal Rousseau encore plus de caractère.

Si l’esprit d’ensemble reste très cohérent, les ambiances sont très changeantes. «Cubist March-suite» (de Fiorini) ressemble parfois à une valse désarticulée et désabusée qui met en valeur le jeu souple et inventif de Claude Tchamichian ou le trombone indomptable de Geoffroy De Masure. Calme et nocturne, «Souffle de lune» (de Michel Massot) irradie d’émotions contenues parsemées de quelques scintillements de flûtes mais aussi éclaboussées par le solo lumineux et incandescent  de Jean-Paul Estiévenart.

Et la suite est à l’avenant, aussi déroutante qu’excitante.

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Ce qui est remarquable chez MikMâäk, c'est le travail d'arrangements de chacun des morceaux. Il y a une maîtrise et une sensibilité énormes ainsi qu’une précision et une rigueur qui laissent pourtant plein de d'espaces aux improvisations libres. Les solos ne sont jamais là pour mettre simplement en valeur le talent des musiciens (Lobo et son intro en accélération absolument irrésistible ou Tchamitchian en intro du morceau d’Emler, pour ne citer que ceux-là), ils participent intelligemment à la construction des thèmes. Tout cela est très sophistiqué et complexe mais, finalement, très accessible tant c’est musical.

Alors, le groupe s'amuse. Sur un «Back And Force» d'Andy Emler (un ami de la famille si l'on peut dire), les musiciens feignent de se disputer sur la façon de jouer avant de s’engager dans un groove plein de rebondissements. Et ça tourbillonne autour du trombone de De Mazure, qui prend des accents très orientaux d’abord, avant se perdre dans un jazz volé à Chicago. La fête aurait pu continuer longtemps. MikMâäk finit par descendre dans la salle et se mélanger au public avant de disparaître dans le fond de la salle sous les cris et les applaudissements nourris.

Contemporaine, ethnique ou de chambre, MikMâäk fait vaciller les piliers classiques de la musique et du jazz. Et pourtant, comme par magie, tout cela tient, tout cela a du sens. MikMâäk explore et défriche sans jamais laissé de côté l'auditeur et, au contraire, l'entraîne sur des terrains étranges et insolites.

Et pour des voyages pareils, on est toujours partant.

 

MikMâäk @ Recyclart, Brussels part I from Mâäk on Vimeo.

 

 

A+

 

26/05/2013

Mâäk Electro - Au Bonnefooi


Laurent Blondiau n’est pas du genre à glander. Il mène bon nombre de projets de front avec Mâäk : Kodjo, Hungarian Project, le Quintet, Ghalia Benali… Ou encore, par exemple, Mâäk Electro (né il y a près de deux ans) que j’entendais pour la première fois ce mercredi soir au Bonnefooi.

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Autour du trompettiste, on retrouve Guillaume Orti (as, keys), Nico Roig (eg), Giovanni Di Domenico (p), João Lobo (dm) et, habituellement, deux danseuses (absentes ce soir vu l’exiguïté du lieu).

Si, au départ, la musique est écrite, elle est aussi, bien sûr, très largement improvisée.

Mâäk débute d’ailleurs en totale roue libre. Puis, à l’intuition, tout se met en place. Petit à petit. Le groupe joue avec les distorsions de sons, puis malaxe les effets larsen et la stridence, s’amuse avec des ondulations Doppler. On est loin de l’électro-jazz comme beaucoup l’imaginent. On est plus proche du Free Jazz ou plutôt du Free-Noisy-Jazz-Rock (si tant est que cette dénomination existe).

Sax et trompette s’additionnent, se complètent, s’estompent, s’éloignent.

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De son côté, João Lobo martèle un tempo lourd et obsédant. Roig fait crier sa basse, y mêle des effets, la fait bourdonner. Orti, lui aussi, triture la musique. Il fait cracher son sax ou l’étouffe avec la jambe, il s’accompagne au chant, fait tinter les grelots ou la cowbel. Mais il pianote surtout le clavier de son vieux Korg MS 20 et en sort des sons invraisemblables. Di Domenico, lui, derrière son Fender, distribue les notes, lance quelques mélodies, soutient le groove. Il explore les sons venus de l'imaginaire.

Parfois, on se met à imaginer que ce que l’on entend aurait pu être joué par le groupe électrique de Miles si ce dernier avait encore été de ce monde. En effet, on pense parfois aux explorations du maître, période «Agharta», quand la trompette de Blondiau résonne - bourrée de réverb’ - et se fond dans l’atmosphère, presque hostile, des cadences instables. Parfois, tout se construit sur un vamp swinguant qui enfle, gonfle et grossit à l’extrême. La musique en devient presque assourdissante… Les rythmes s’enchaînent, se mélangent, deviennent fous. Puis ils se répètent, se répètent et se répètent encore, jusqu’à se vider de leur substance. L’influence de l’Afrique est palpable et la transe affleure.

Après toute cette débauche de décibels et d’excitation, le groupe déroule le lancinant rythme de «Comme à la radio», comme pour chanter une berceuse qui enveloppera les rêves à venir.

Avec se projet, très ouvert, Mâäk casse une fois de plus les codes et donne de la chaleur à l’électro. On en redemande.

 

A+

 

13/01/2013

Sous les flocons, le jazz.


Deux, trois, petits rendez-vous en ce début d’année.

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Hé oui, les festivals ne se déroulent pas toujours sous le soleil d’été.

Winter Jazz Festival porte d’ailleurs bien son nom. Depuis quelques années, Flagey et le Théâtre Marni proposent une série de concerts, ainsi que quelques projections de films concernant le jazz. Sur le grand écran, on y verra «Petrucciani» de Michael Radford, «Autour de minuit» de Bertrand Tavernier ou encore «Sweet And Lowdown» de Woody Allen.

Et sur scène on verra Mâäk avec Marc Ducret, Metal-o-phone ou encore Too Noisy Fish pour les plus avant-gardistes, Jef Neve, Sal La Rocca, LABtrio et Christian Escoudé, pour les valeurs sûres, Kaja Draksier’s Acropolis ou Elifantree pour les découvertes et Matthew Herbert Big Band pour le plus grand plaisir de tous.

Alors, hop ! Une écharpe, un bonnet et n’hésitez pas à traverser la Place Falgey dans les deux sens.

Mais à côté de la «grosse machine», n’oublions pas non plus nos amis de Muse Boosting et leur Blue Flamingo Jazz Festival, qui continuent à proposer chaque trimestre deux concerts à Molenbeek. Allez vous réchauffer dans cette magnifique salle du Château du Karreveld aux sons de Big Noise et du trio d’Igor Gehenot. Ambiance assurée.

Ça c’est à Bruxelles. Mais il y a aussi Tournai qui propose la deuxième édition de son Tournai Jazz Festival . Cette année, on y verra Ibrahim Maalouf (unique concert en Belgique !!) mais aussi Richard Galliano, Manu Katché, Bojan Vodenitcharov et Steve Houben et quelques jeunes groupes dont Blue Monday People, Mister Dumont, Pia Silva… et encore Big Noise.

Allez-y !

Et puis, il y a aussi les Djanjofolllies dont les concerts s’éparpillent aux quatre coins du pays (Christian Escoudé, Les Violons de Bruxelles, MuZiek de Singe, Les Doigts de l’Homme et bien d’autres).

Et, bien entendu, outre les festivals, il y a toujours les clubs, les clubs, toujours les clubs !

Plongez dans l’agenda du site des Lundis d’Hortense, qui est toujours là pour vous dire où et quand ça se passe. Qu'il neige ou qu'il fasse soleil...

 

A+

08/08/2011

Mâäk au Recyclart

 

J’avais vu Mâäk (on ne dit plus Mâäk’s Spirit) au Cercle des Voyageurs fin avril. C’était avec Gábor Gadó (eg), Claude Tchamitchan (b), Tamás Sándor Geröly (dm) et - le noyau dur - Guillaume Orti (as), Michel Massot (tub, tb), Jeroen Van Herzeele (ts) et Laurent Blondiau (tp), bien sûr.

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C’est dans cette formule que le collectif enregistrera son prochain album.

Ce soir-là, je n’avais pas pris de notes, mais le souvenir de la musique résonne encore dans ma tête. Ce qui m’avait frappé, c’était la ligne un peu moins débridée que ce que nous avait offert Mâäk ces derniers temps. Rassurez-vous, Mâäk n’a pas cadenassé ses libertés musicales. L’ouverture, les improvisations et les idées les plus folles sont toujours bien présentes. Les interventions de Massot sont toujours étonnantes. Celles d’Orti et Van Herzeele toujours aussi incandescentes. Quant à Tchamitchan, il donne du corps à l’ensemble et Sándor Geröly colorie autant qu’il dynamite. Il suffit de voir comment Yvan Bertrem danse sur de pareils rythmes… C’est puissant et nerveux.

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Tout cela donc sera à revoir et à réentendre très bientôt.

En attendant, ce vendredi 6 août, Mâäk était au Recyclart. Dans une configuration bien différente. Aux côtés de Blondiau et Orti, on retrouvait Joao Lobo (dm), Giovanni Di Domenico (Fender) et Nico Roig (guitare barytone).

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Le concert a lieu en plein air, sur le trottoir, devant l’entrée. Il fait plutôt doux - c’est assez rare, cet été, pour être signalé. Au loin, la Grande Roue et le XXL de la Foire du Midi laissent des trainées lumineuses sur le ciel sombre. Sur la petite place, en face, un collectif d’artistes continue son happening. Ce matin, ils ont récupéré plein d’encombrants - vielles portes, mobilier et détritus - pour reconstruire une pseudo maison… «Build Your Own Dream» est inscrit sur les papiers qu’ils distribuent.

Sur le toit de la salle, quelques trains continuent à passer.

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Mâäk attaque, bille en tête.

On y ressent toute l’énergie et l’influence du Miles Electric. Groove, transe, spiritualité, intensité. Mâäk alterne des moments de tension avec des instants de plénitude.

Le Fender, délivrant un son magique et irréel, met des étoiles dans la musique. Roig frappe sa guitare avec des baguettes, puis délie des harmonies avec dextérité. Les pulsations de Lobo s’adaptent aux changements de rythmes. Le batteur reste attentif aux moindres changements de climats. Blondiau et Orti échangent des dialogues vifs aux souffles chauds, puis rauques, puis sensuels. De ce maillage complexe s’extrait un groove intuitif. La musique a un pouvoir hypnotique sur le public.

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Devant le groupe, trois danseurs - Yvan Bertem, Yiphun Chiem et Dan "Furry" - exécutent des figures erratiques. Avec une souplesse inouïe, ils découpent l’air et l’espace. Leurs corps roulent et s’enroulent, se déplient, se recroquevillent. Leurs membres se nouent, se mêlent, se délient. Les danseurs se combattent, s’unissent, se frôlent, s’aiment. Puis ils rampent, rebondissent, ondoient et deviennent hyper sensuels au son de «Comme à la radio» qui clôt un concert magique.

Le public est conquis, il en redemande et Mâäk nous en redonne.

Un supplément d’énergie fait d’une musique qui enfle et se mue en transe explosive.

Toujours différents, toujours déroutant, l’esprit Mâäk est unique et toujours stimulant.

A+

08/09/2008

Mâäk's Spirit "Stroke" - Sur Citizen

«Stroke» est le dernier album de Mäâk’s Spirit.

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Objet hors normes tant par le conditionnement que par la musique elle-même.
Pouvait-il en être autrement de la part de ce collectif toujours à la recherche de sons, de bruits, de rythmes et finalement... de musique ?
Moi, j’adhère totalement à ce genre de démarche, qui va plus loin que la musique et qui, mine de rien, nous fait réfléchir…

Ma chronique pour Citizen Jazz est à lire ici.

Et le disque est à acheter sur le site du groupe (bien qu’on le trouve chez quelques «bons» disquaires).

La sortie de «Stroke» s’était faite quasi simultanément, à l’époque (en février 2008), avec celle des 48 DVD’s: «Il n’y a pas de fraises en été*».
Ce fut l’occasion d’une grande fête familiale au Beurschouwburg, avec des concours de mayonnaise(!!), de pêche aux canards, de performances musicales ainsi que la projection des différents films tournés dans des lieux les plus improbables…
Je n’avais pas eu l’occasion d’en parler à l’époque… alors, voici quelques photos.

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Et puis, pour ceux qui veulent se faire une idée de ce qu’est Mâäk’s Spirit, voici une vidéo filmée lors d’un concert à Flagey en 2006.


A+


* Edit: "Il n'y a pas de fraises en hiver". (Merci Louis).

23:45 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : citizen jazz, maak s spirit, chronique |  Facebook |

12/02/2008

Mâäk's Spirit "Stroke" - au Beursschouwburg

Jeudi dernier, ma fille entre à l’hôpital pour une opération lourde et délicate.
Angoisse.

Je me remémore sa première opération, il y a 9 ans.
Ça avait duré longtemps. Trop longtemps. Il y a avait eu des complications. Elle était entrée en salle d’op' à 7h. du mat’ et en était sortie définitivement vers 1h. du matin… le lendemain…
Elle avait ensuite passé près de trois semaines en soins intensifs. Puis en revalidation.
Pendant tout ce temps-là, j’avais l’impression de vivre à côté de ma vie.
Hors du temps.

A chaque trajet vers l’hôpital, comme un rituel,  j’écoutais «Paper Bag» de Fiona Apple.
Je m’en souviendrai toujours.
Quand je réécoute cette chanson encore aujourd’hui, c’est idiot, j’ai la gorge nouée et les larmes emplissent mes yeux irrésistiblement.
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Ce jeudi soir, pour chasser ces angoisses, je me suis rendu au Beurs pour écouter Mâäk’s Spirit qui présentait son nouvel album «Stroke» avec Samanta7 et Kgafela oa Magogodi en invités.
L’album est nouveau mais a été enregistré en 2004 en Afrique du Sud.

J’avais entendu un extrait à l’époque sur la compilation «Jazztublieft» éditée par Muziekcentrum.
Je désespérais d’entendre l’entièreté du travail.
Mais, tout vient à point à qui sait attendre.
Et franchement, je ne suis pas déçu.
Oserai-je le mot?

Oui. Alors allons-y: «c’est génial» !

On entre dans cet album comme on entre dans un autre monde (comme d’habitude avec Mâäk’s Spirirt: souvenez-vous de « 5 » ou de « Al Majmaâ » ou du « Nom Du Vent »…)
Des univers chaque fois différents qui ne laissent jamais indifférents.

En ce qui concerne «Stroke», l’ambiance vacille entre jazz, trip-hop, spoken word… et musique indéfinissable.

Et c’est formidable d’un bout à l’autre.

Non seulement la musique est différente mais le packaging l’est tout autant.
Le cd est en effet glissé dans une pochette souple fermée par un zip.
L’objet et la musique ne font qu’un.

Hors norme!

A se procurer sans hésiter! Car la musique vaut l’emballage. Et inversement.

Mâäk’s Spirit, ne faisant jamais les choses comme les autres, a aussi fait une série de concerts «happening» dans différents lieux, plus incongrus les uns que les autres, à des heures totalement loufoques (8h. du matin, minuit, midi…).
Ils se sont ainsi retrouvés dans un salon lavoir, une boucherie, un aéroport, un hôpital, une friterie, une école, etc
Bref, 48 lieux différents. …(Je suis arrivé trop tard à la friterie à Flagey et j’ai raté la friterie de St Gilles)
Ils ont filmé toutes ces performances dans le but de sortir 48 DVD ! (Un avant-goût? Cliquez ici).

Un concert aura lieu à cette occasion, toujours au Beurs, le samedi 1er mars à 18h.
A ne pas manquer!
Ne pas manquer comme j’ai manqué le concert de ce jeudi, puisque je suis arrivé bien trop tard… et je ne peux donc rien vous en dire sauf que ça devait (sans aucun doute) être très bien.

Quant à ma fille, après une longue opération, qui s’est bien déroulée cette fois-ci, elle a quitté l’hôpital ce mardi soir, soulagée et souriante. Comme moi.
Plus qu’à suivre les longs mois de rétablissement, réadaptations, kiné…

Et «Stroke», qui porte bien son nom,  accompagnera sans doute encore très longtemps ce souvenir de peur... et de bonheur.

A+

19/08/2007

Jazz Middelheim 2007 - Day 02 -

Comment va jouer Mâäk’s Spirit aujourd’hui ?

Que vont-ils nous proposer cette fois-ci ?

On peut s’attendre à tout avec eux. Surtout que pour ce concert au Middelheim, ils ont invité Misha Mengelberg ! On peut comprendre que ça fasse peur à certains.
Et que ça aiguise la curiosité des autres.

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La configuration de la  scène surprend déjà.

En avant-plan et au centre : la batterie d’Erik Thielemans. Dos au piano.
Face à lui, Jeroen Van Herzeele (ts), Laurent Blondiau (tp) et Jean-Yves Evrard (g).
A la contrebasse, Sébastien Boisseau.

Improvisée du début à la fin, sans répétition aucune, voilà l’OVNI lancé.
Attachez vos ceintures.

Vin blanc à la main, bob sur la tête, Misha Mengelberg jette quelques notes.
On se cherche, on se jauge…
Petit à petit, chaque musicien se découvre. Le feu couve, la pression monte, l’ouragan éclate. C’est le chaos. Le chaos maîtrisé.

On frotte les percussions, on frappe les cordes. Tout est sens dessus dessous.
Les souffleurs surfent sur le haut des vagues d’une mer houleuse, déchaînée, indomptable…
Mais, Mäâk’s Spirit sait aussi installer un climat quand seuls les balais (quand ce n’est pas des sachets en plastique) de Thielemans soufflent face aux notes dispersées du pianiste et du guitariste.
Et c’est à nouveau la fusion… jusqu’à la fission.

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Encore plus inspiré, le groupe s’envole vers des impros d’une liberté délirante quand Misha se lève, éructe des sons gutturaux. Mäâk’s se disloque… chaque musicien change de place et se ballade sur scène. Jusque dans les coulisses.
On rentre, on sort, on siffle, on voyage…

Terminus. Tout le monde descend.

Moment rêvé ? Cauchemardé ?
Moment intense, excitant et incroyable en tout cas.

Le jazz n’est pas mort et le free jazz (en est-ce ?) n’a pas encore fini de nous étonner.

06

Avec le BJO, c’est une autre histoire.

Lee Konitz s’est fait invité par l’excellentissime Big Band dont la renommée a largement dépassé nos frontières depuis belle lurette.

Ce soir, sous la baguette de Ohad Talmor, qui a fait tous les arrangements, on commence par le très swinguant «Sound Lee».

Essayant ensuite un jeu un peu déstructuré sur «June 5», entre cool et calypso, on ne voit pas vraiment où veut aller l’ensemble. Et Lee n’a pas l’air de suivre.
Pourtant, les interventions à la guitare de Peter Hertmans (excellent), ou le solo grave et presque sombre de Nathalie Loriers au piano laissent entrevoir quelques espoirs…
Mais non, les arrangement restent, par la suite, assez traditionnels et on dirait que Lee Konitz et Ohad Talmor ne profite pas du potentiel du Big Band.
Décidemment, on n’est pas en présence de Maria Schneider, Bert Joris ou de Kenny Werner qui avaient su donner la pleine puissance au BJO.

Konitz, au phrasé rond et suave, répond cependant avec bonheur au chant profond du sax baryton de Bo Van Der Werf, mais peu d’étincelles jaillissent de cette rencontre.
Pourtant, on sent Konitz heureux d’être là…
Alors, laissons rouler «Sweet Rythms», «Ornetty» ou «Remember You» et ne boudons pas notre plaisir, le BJO nous réserve encore bien d’autres (meilleures) surprises.

A+

18/04/2007

En attendant. Mâäk's Spirit sur Citizen Jazz

En attendant que je vous fasse un joli compte-rendu du magnifique concert du trio d’Erik Vermeulen à la Jazz Station et du concert d’Almadav au Sounds, je peux vous proposer d’aller lire ma chronique de l'album "5" de Mâäk’s Spirit pour Citizen Jazz.

5


Enfin, vous faites comme vous voulez...

A+

15:47 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : maak s spirit, citizen jazz |  Facebook |