04/06/2017

Le Jazz - de Stéphane Mercier

Cela ne fait jamais de mal de se replonger dans l’histoire du jazz et de se rafraîchir la mémoire. C’est ce que propose le livre du saxophoniste Stéphane Mercier, intitulé sobrement et clairement : “Le Jazz”.

C’est clair, net et… simple.

C’est d’ailleurs le principe de cette nouvelle collection des éditions Ikor : “C’est si simple”.

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Ce livre est surtout dédié à ceux qui ne connaissent que de loin ou pas du tout le jazz, ou s’en font une très mauvaise idée, mais il plaira aussi aux plus érudits qui prendront beaucoup de plaisir à se remémorer, ou à s’imaginer, la musique des Buddy Bolden, Sidney Bechet, Louis Armstrong, Scott Joplin, Bix Beiderbecke, Duke Ellington ou encore des Lester Young, Charlie Parker, Miles Davis, John Coltrane, Billie Holiday, Ella Fitzgerald et plein d’autres - parfois un peu oubliés - jusqu’à nos jours !

Ce court livre, une petite centaine de pages, arrive à survoler cent ans de jazz (si l’on considère qu’il est né avec le premier enregistrement du Original Dixieland Jazz Band) et à aller bien plus loin encore car Stéphane Mercier, en bon pédagogue, reste concis et utilise un langage très clair et fluide. Et puis, il n’oublie pas de contextualiser ce phénomène d’abord social et politique, et d’expliquer comment l’immigration, la ségrégation, la prohibition, la seconde guerre mondiale ou l’arrivée du rock a fait évoluer cette musique “éponge”.

De plus, en fin de livre, vous pourrez y trouver quelques anecdotes (pour briller en société), ainsi que quelques références discographiques, bibliographiques et même cinématographiques.

Voilà bien un livre à mettre entre toutes le mains, que vous aimiez ou pas le jazz.

Où le trouver ? Ici : Le Jazz - Ikor Editions, mais aussi sans doute dans votre librairie préférée.

A+

 

 

 

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28/08/2011

Jazz et Polar - Bob Garcia

 

« Jazz et Polar ».

Voilà encore un livre que j’avais acheté il y a quelque temps déjà. Je ne l’avais pas trouvé lors de son édition en 2007, mais, à la dernière Foire du Livre de Bruxelles, j’ai pu mettre la main dessus. Et j’ai même eu l’occasion de rencontrer et de bavarder avec son auteur: Bob Garcia.

Bob Garcia écrit des romans policiers, il est musicien de jazz, chroniqueur pour TSF Jazz et aussi Tintinologue (ce qui lui a valu quelques démêlées avec Moulinsart… normal, quand on connaît la rigidité navrante de cette institution).

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« Jazz et Polar » est assez fascinant dans le sens où l’auteur ne s’empêtre pas dans de longues analyses intellectuelles, mais préfèrent étayer son discours de larges extraits.

Autant dire que cet essai se lit quasiment comme un roman noir. C’est palpitant de bout en bout.

Bob Garcia développe son sujet avec méthode.

D’abord, un plan large sur le jazz et son décor. Et puis, petit à petit, il s’intéresse plus précisément aux lieux fétiches, à l’intrigue, aux acteurs et à leur psychologie…

Et l’on survole ainsi les chefs-d’œuvre de Chester Himes, David Goodis, Dashiell Hammett, mais aussi de Nat Hentoff, Ripley, Villard, Manchette, Izzo, Et l’on découvre aussi des auteurs beaucoup moins connus, mais tous aussi passionnants.

Avec ces innombrables extraits, Bob Garcia nous met l’eau à la bouche.

La musique du diable, Le patron de la boîte de jazz, After hours, Le mythe de la chanteuse, l’imprésario véreux, La pute et le mac, Jazz et humour… voilà quelques un des thèmes traités par l’auteur. C’est court, vif, précis et vraiment intéressant.

Et puis, la musique est omniprésente, bien sûr. On l’entendrait presque.

Buddy Bolden, Duke, Bird, Trane, Prez, Maynard Fergusson, Errol Garner, Dexter Gordon… Les références sont infinies.

Et comme si cela ne suffisait pas, la dernière partie du livre recense des centaines de titres, accompagnés presque chaque fois de quelques lignes explicatives. Un boulot d’orfèvre.

Bref, voilà le genre de bouquins que l’on dévore d’un seul coup et vers lequel on risque de revenir souvent pour en grignoter encore et encore quelques pages.

 

A+

16:49 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chronique, bob garcia, livre, livres |  Facebook |

21/08/2011

Wu Ming 1 - New Thing

 

Wu Ming est le nom d’un collectif de cinq auteurs italiens. Il signifie “anonyme” en chinois. Wu Ming est en quelque sorte le groupe émanant d’un précédent collectif nommé Luther Blissett Project (du nom de l’un des premiers footballeurs noirs à avoir jouer au Milan AC et à avoir subi plus d’injures racistes que d’encouragements).

Le Luther Blissett Project s’amusait à faire des canulars médiatiques, à propager de fausses informations, bref, à déstabiliser et à dénoncer certains “mensonges” médiatiques.

Wu Ming 1 est donc le pseudonyme de Roberto Bui. Et “New Thing” est le titre du livre paru en 2007 chez Métailié. Je l’avais acheté lors de la dernière Foire du Livre de Bruxelles, et je n’avais pas encore eu le temps de le lire.

C’est que ce roman (Essai ? Bio ? Ovni ?) ne se lit pas à la légère. Il vaut mieux être attentif et concentré, car sa construction narrative est assez déroutante au premier abord.

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L’écriture est plutôt singulière. Et bien en phase avec le sujet, à vrai dire.

Les styles s’entrechoquent de chapitre en chapitre et il faut un petit temps d’adaptation pour en acquérir le rythme. Témoignages, articles de journaux, poésies, passages romancés, dépositions, tout se mêle à la façon d’un reportage télévisuel où archives, fiction et réalité se télescopent.

L’action de “New Thing” se situe au milieu des années soixante - en 67, pour être précis - en pleine explosion du free jazz et au plus fort de la contestation noire. Ce sont les derniers mois de Coltrane, aussi. Son ombre plane.

New Thing mélange la réalité politique, historique et musicale. On y invente des groupes, des lieux, des rencontres. On garde l’esprit free jazz. L’esprit de son combat, de son discours, de ses revendications.

Il y est donc question de musique, mais aussi de politique et d’enquête policière.

On y croise Ornette Coleman, Bill Dixon, l’Art Ensemble Of Chicago, Archie Shepp, Pharoah Sanders, Sun Ra… On évoque Malcolm X, Bobby Seale, Martin Luther King… Il y a le FBI, le Black Panther, le ghetto. Il y est question des droits (et des non droits, surtout) des noirs. De lutte. D’assassinats mystérieux. Toujours des noirs. Toujours de jeunes joueurs de jazz. De free Jazz.

“New Thing” est bourré de références, d’inventions, d’analyses et de points de vues.

C’est un portrait sans complaisance des différentes organisations, des hommes et du climat incertain de l’époque (de l’époque??).

C’est une enquête, quarante ans après les faits - mi-réels, mi-inventés - pour dénouer le nœud du mystère… et les langues.

C’est pas tout rose et c’est palpitant.

 

A+

12:40 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, livres, wu ming, new thing, metailie, roberto bui |  Facebook |

09/06/2007

Balades en Jazz

Un jour j’écrirai comme Alain Gerber.

…oui, enfin bon... on peut rêver.

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En attendant que j’y arrive, je vous conseille vivement ce petit livre paru récemment chez Folio.
Il s’agit de «nouvelles», ou plutôt d’un recueil d’histoires, vraies ou rêvées, parues (ou non?) dans le magazine Senso.

Avec une plume inimitable, Gerber raconte passionnément le jazz.
Sa passion pour le jazz.
Sa passion pour les jazzmen.

Sa passion tout court.

Il raconte comment il a succombé au jazz, comment celui-ci est entré en lui, comment il a découvert de «The Man I Love» de Miles et Monk, comment le jazz est devenu son oxygène.
Il évoque Stan Getz, Jack Teagarden, Charlie Parker, Chet Baker
Il raconte le jazz au cinéma, le jazz dans les clubs, le jazz dans la rue, le jazz dans la vie…

Il parle des nuits et des odeurs.
Des jours et des aigreurs.

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On déguste les mots si bien harmonisés, si bien choisis.
On relit les phrases pour le plaisir et leur musicalité…

Ce court livre s’écoute avec les yeux.

A+

02:07 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : alain gerber, livre, livres |  Facebook |