05/03/2017

LABtrio à la Jazz Station

Volzet !

Il n’y avait plus une place de libre à la Jazz Station ce samedi 25 mars pour le concert de LABtrio. Pour ses dix ans, le groupe a fait salle (archi) comble.

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Bien sûr, le trio n'a pas attendu dix ans pour remplir les salles ! Il faut dire qu’avec le jazz que proposent ces talentueux musiciens, c'est un peu normal. Ou alors, ce serait à désespérer de tout.

On le sentait venir, il y a dix ans déjà. 10 ans ! C'était hier, au Jazz Marathon, par exemple, lorsqu’ils avaient déjà éclaboussé la place Fernand Coq de leur talent. De l'eau est passée sous les ponts et après Fluxus et The Howls Are Not What They Seem, voici déjà le troisième album : Nature City.

Bram De Looze au piano, Anneleen Boehme à la contrebasse et Lander Gyselinck aux drums s’entendent à merveille pour encore faire avancer l’art du trio. L'art de tendre la musique au maximum, de l'amener toujours plus loin, jusqu’à la limite de la cassure. Rythmiquement c'est assez passionnant et jubilatoire. Dans les méandres de ces constructions plutôt élaborées, un groove sourd monte inexorablement. Tout en évidence. Presque avec désinvolture.

« Elevator », par exemple, ne cesse d’évoluer, d’accélérer imperceptiblement, puis il dévie abruptement. L’entente entre les trois musiciens est bluffante. Ils sont vraiment connectés et peuvent se permettre toutes les acrobaties. Parfois, la contrebasse joue à l'unisson avec le piano, le temps d'exposer le thème, puis les phrases mélodiques se découpent, comme cassées par le jeu tachiste de Lander Gyselinck. C’est fin, nerveux, dégraissé jusqu’à l’os.

LABtrio fusionne l’intellect et le bestial.

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Même si « Ihor » semble plus abstrait, la musique n’en est pas moins limpide. Et que dire alors de ces thèmes de Bach dans lesquels l'improvisation prend tout son sens… On sait que musique baroque, à l'époque, était propice aux improvisations et notre trio nous le rappelle ici de façon brillante. Si la musique évolue dans une sphère proche de celles des Vijay Iyer, Craig Taborn voire même de Kris Davis, l'univers de LABtrio est vraiment personnel. À la fois avant-gardiste et terriblement accessible. Ces trois-là ont un son, une respiration, un timbre bien à eux. « Mental Floss » claque et électrise, « Low Fat » ne manque pas d'humour ni de détachement. Quant à la version de « Twin Peaks », elle est d’une sobriété et d’une intensité hypnotisantes.

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LABtrio malaxe la musique, la sculpte, la fait vivre puis l’arrête, la suspend pour mieux la catapulter. Les musiciens se suivent se relaient, s’accrochent, se propulsent. LABtrio ne se cache derrière aucun artifice et développe un langage bien à lui. Autant de spontanéité et d’inventivité distillées dans des compositions plutôt complexes et tissées de façon aussi précises, forcent l’admiration. Du très haut niveau.

Et ils n’ont que dix ans !

 

A+

Merci à ©Roger Vantilt pour les images

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13/01/2013

Sous les flocons, le jazz.


Deux, trois, petits rendez-vous en ce début d’année.

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Hé oui, les festivals ne se déroulent pas toujours sous le soleil d’été.

Winter Jazz Festival porte d’ailleurs bien son nom. Depuis quelques années, Flagey et le Théâtre Marni proposent une série de concerts, ainsi que quelques projections de films concernant le jazz. Sur le grand écran, on y verra «Petrucciani» de Michael Radford, «Autour de minuit» de Bertrand Tavernier ou encore «Sweet And Lowdown» de Woody Allen.

Et sur scène on verra Mâäk avec Marc Ducret, Metal-o-phone ou encore Too Noisy Fish pour les plus avant-gardistes, Jef Neve, Sal La Rocca, LABtrio et Christian Escoudé, pour les valeurs sûres, Kaja Draksier’s Acropolis ou Elifantree pour les découvertes et Matthew Herbert Big Band pour le plus grand plaisir de tous.

Alors, hop ! Une écharpe, un bonnet et n’hésitez pas à traverser la Place Falgey dans les deux sens.

Mais à côté de la «grosse machine», n’oublions pas non plus nos amis de Muse Boosting et leur Blue Flamingo Jazz Festival, qui continuent à proposer chaque trimestre deux concerts à Molenbeek. Allez vous réchauffer dans cette magnifique salle du Château du Karreveld aux sons de Big Noise et du trio d’Igor Gehenot. Ambiance assurée.

Ça c’est à Bruxelles. Mais il y a aussi Tournai qui propose la deuxième édition de son Tournai Jazz Festival . Cette année, on y verra Ibrahim Maalouf (unique concert en Belgique !!) mais aussi Richard Galliano, Manu Katché, Bojan Vodenitcharov et Steve Houben et quelques jeunes groupes dont Blue Monday People, Mister Dumont, Pia Silva… et encore Big Noise.

Allez-y !

Et puis, il y a aussi les Djanjofolllies dont les concerts s’éparpillent aux quatre coins du pays (Christian Escoudé, Les Violons de Bruxelles, MuZiek de Singe, Les Doigts de l’Homme et bien d’autres).

Et, bien entendu, outre les festivals, il y a toujours les clubs, les clubs, toujours les clubs !

Plongez dans l’agenda du site des Lundis d’Hortense, qui est toujours là pour vous dire où et quand ça se passe. Qu'il neige ou qu'il fasse soleil...

 

A+

14/08/2011

LAB Trio - Tremplin Jazz Avignon

 

LAB Trio, vainqueur du Tremplin Jazz à Avignon 2011 !

Non seulement, il remporte le prix du jury (ce qui lui permettra d’enregistrer à La Buissonne et de revenir l’année prochaine en concert), mais il remporte également le prix du public.

Lisez le compte-rendu de Franck Bergerot.

 

 

Le Tremplin réussi plutôt bien aux groupes belges : il y a deux ans, c’était Christian Mendoza qui avait raflé la mise (ce qui lui a permis d’enregistrer l’excellent «Arbr-en-ciel», publié chez De Werf.). Avant lui, il y avait eu Pascal Schumacher Quartet, Saxkartel, Carlo Nardozza, Robin Verheyen… Pas mal, non ?

LAB Trio, je les avais découverts- et plébiscités - lors du concours des jeunes talents du Jazz Marathon à Bruxelles en 2009. Comme quoi, il est toujours intéressant de venir tendre l’oreille du côté de la Place Fernand Cocq ce jour-là…

Je propose d’envoyer l’année prochaine Collapse ou Bansuri Collectif ou Franka’s Pool Party… je suis prêt à parier qu’ils ne reviendraient pas bredouille.

A+

17/07/2009

Les jeunes talents du Brussels Jazz Marathon

Ce qui est bien avec le Brussels Jazz Marathon, outre le fait que tous les concerts soient gratuits et qu’il y en ait plein, c’est que l’on peut aussi découvrir de jeunes groupes.
Surtout lors du concours des jeunes talents.

Je faisais partie du jury en compagnie de Fabien Degryse, Nathalie Loriers, Jan De Hass et Jempi.
Nous nous étions réunis quelques semaines auparavant avec Jacobien Tamsma (principale cheville ouvrière de ce Jazz Marathon) pour sélectionner les trois finalistes parmi plus de 25 groupes.
Croyez-le ou non, pour la moitié des candidats, le choix ne fut pas facile du tout.


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Samedi 30 mai, sur le podium de la Place Fernand Cocq, c’est Triple Eight qui ouvrit le concours.
Ce jeune trio sonne très ’60, dans un esprit qui oscille entre soul et boogaloo.
On sent un peu les influences de Dr. Lonnie Smith ou de Jimmy Smith par exemples…
Un peu normal quand on voit comment est constitué le groupe: Nick Puylaert à l’orgue Hammond, Tim Finoulst à la guitare électrique et Jelle Van Giel aux drums.
Ces jeunes gars ont assurément du talent.
Ça swingue parfaitement.
Quand le guitariste se lâche un peu, on peut sentir chez lui une belle fluidité dans le jeu.
On pourrait en dire autant de l’excellent et très accrocheur batteur.
Certes, le groupe doit sans doute encore un peu affirmer sa personnalité, mais… ça promet !


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Question personnalité, il faut bien admettre que le Baron Fauteuil en possède une solide.
Le trio est composé de Lara Rosseel (cb), David Broeders (dm) – vus précédemment aux côtés d’Hevé Samb et du regretté Pierre Van Dormael– et de Joppe Bestevaar (sax baryton).
Ici, l’ambiance est un peu plus cérébrale, plus feutrée.
Tout se joue dans la subtilité de compositions complexes qui ne manquent pas de swing pour autant.
L’interaction entre le batteur, d’une élégance extrême, et la contrebasse, sensuelle, est un délice.
Bestevaar, n’hésite pas à venir jouer le trouble-fête - avec un bel à propos - en proposant des accords chauds et des rythmes plus chaloupés.

Très beau groupe à revoir avec plaisir.

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Mais sans conteste, le vainqueur de ce concours de très haut niveau fut LABtrio.

Ce dernier groupe est clairement le plus jeune de tous les participants… mais il possède déjà une aisance et une maturité étonnantes !
On pouvait pourtant être un peu sceptique face à la formule très classique du triangle piano, basse, batterie… Mais ces trois jeunes jazzmen nous ont apporté une sacrée dose de fraîcheur.
Anneleen Boehme (cb), Bram de Looze (p) et Lander Gyselinck (dm), voilà assurément des noms à retenir.

Difficile d’expliquer ce qui fait de leur musique quelque chose d’un peu plus «magique» que celle des autres.
Une mise en place parfaite? Un équilibre habile? Une souplesse dans l’exécution?
Le touché de Bram De Looze (à peine 18 ans) au piano sur «Lennie’s Pennies» de Tristano est éblouissant de luminosité.
Il déroule tout cela avec facilité et sans complexe.
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Tandis que Lander innerve un jeu sobre et tendu à la fois, Anneleen démontre une grande musicalité à la contrebasse.

L’écoute et l’échange sont sans doute aussi l’une des clés de ce très beau trio.
La musique évoque parfois Herbie, parfois Bill ou Brad… mais avec cette petite pointe d’originalité qui la rend personnelle.

LABtrio a remporté le prix du jury ainsi que le prix du public.
Grâce à cela, ils ont pu aller jouer au Jamboree à Barcelone et, d’après les échos qui me sont parvenus, ils se sont fait joliment remarquer là-bas aussi.

Normal, le bon jazz, on le reconnaît partout.

La suite du Jazz Marathon, c’est pour plus tard, laissez-moi le temps de retrouver le tempo…

A+