27/05/2017

Citadelic ! C'est à Gand

Quand j’ai rencontré Rogé pour la première fois, on disait de lui que c’était un idéaliste.

C’était vrai. Mais c'était plus que ça. Rogé Verstraeten était un fou.

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Il l’est toujours.

Fou de jazz, fou de musiques, de liberté, d’art, de rencontres, fou d’humains. Car il faut être fou de tout ça pour faire vivre des lieux comme El Negocito pendant près d’une dizaine d’années où, dans un bric-à-brac chaleureux et convivial, on y jouait de la musique improvisée en dégustant d’excellents plats sud-américains. Fou pour remettre le couvert avec La Resistenza ! Et puis, en même temps, Rogé organisait aussi Jazz sur l'Herbe et avait développé son propre label : El Negocito Records.

Le label existe toujours - il est d'ailleurs une référence incontournable dans le milieu - et produit régulièrement de véritables perles de jazz contemporain, de musiques improvisées et aventureuses. On y retrouve, par exemples, BackBack, 3/4 Peace, De Beren Gieren, Bart Maris, Ruben Machtelinck, Moker, Manolo Cabras, Les Chroniques de l’Inutile, Llop, Fulco Ottervanger, Seppe Gebruers et tant d’autres…

Quant à Jazz sur l’Herbe, il est devenu Citadelic Festival.

Voici la dixième édition ! Et c’est gratuit !!! Oui gratuit ! De la folie.

Alors, pour rentrer dans ses frais, Rogé compte sur la dégustation d’excellents plats “maison”, des dégustations de vins ou de bières (hmmm la Hedonis !)… Mais toutes autres contributions sont les bienvenues. Renseignez-vous, demandez-lui.

Alors, c’est où ? A Gand, bien sûr, autour du kiosque du Citadelpark. Oui, là où se trouve aussi le S.M.A.K. !

Facile d’y accéder.

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Et c’est quand ? A partir du mercredi 31 mai jusqu’au lundi 5 juin ! Notez, notez !

Et qui verra-t-on ?

Plein de choses intéressantes comme, par exemples, Jorge Rossy Vibes Quintet featuring Mark Turner & Al Foster, le trio de Samuel Blaser avec Marc Ducret, pour commencer. Mais aussi Osama Abdulrasols, Rodrigo Fuentealba et la percussionniste japonaise Tsubasa Hori

Et puis encore le quartette de Sal La Rocca avec Lieven Venken, Jeroen Van Herzeele et Pascal Mohy, Lilly Joel (le duo de Lynn Cassiers et Jozef Dumoulin), le trio Patrick De Groote, Chris Joris et Paul Van Gysegem qui vient de sortir un fabuleux «Boundless», mais aussi Ruben Machtelinckx & Karl Van Deun, Steiger, Fred Leroux, GLiTS (Peter Vandenberghe et Bart Maris) dont l’excellent album vient de sortir également…

Ce ne sont que quelques noms parmi plus de vingt groupes programmés. Le mieux est d’aller voir le programme complet sur le site Citadelic.

Voilà dix ans que ça dure ! Si vous voulez que cela continue, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Allez, hop, tous à Gand ! Pour l’amour du jazz, pour les idéalistes, pour les fous, pour Rogé !

 

 

 

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16/11/2008

Motives Festival (2)

On sait que le Motives Festival est assez attaché à la scène scandinave: Bugge Wesseltoft, Nils Petter Molvaer ou encore Tord Gustavsen sont déjà montés sur la scène du Casino Moderne à Genk.

Arve Henriksen fut plusieurs fois invité aussi (avec Dhafer Youssef et Supersilent) mais avait dû chaque fois renoncer pour cause de maladie.
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Cette fois-ci, il était bien là pour présenter son dernier album en duo avec Jan Bang.

Ce fut un concert d’une incroyable poésie, d’une délicatesse hypnotique.

À l’instar d’un Jon Hassel, le trompettiste norvégien crée des ambiances et des univers tout en apesanteur.

De sa trompette, il tire des sons diaphanes qui peuvent s’apparenter parfois à ceux de la flûte.
On est au plus près du souffle, au plus près de la respiration lente et profonde.
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Jan Bang, de son côté, sample en temps réel les motifs que verse délicatement Henriksen dans les différents micros filtrés spécifiquement.

Les ballades froides et dénudées flottent sur un tempo languissant qui agit comme un roulis calme et apaisé.

Parfois, Arve chante de sa voix haut perchée des paroles en norvégien qui rappellent un peu Jón Pór Birgisson de Sigur Ros.

Tout cela est d’une originalité et d’un lyrisme merveilleux.

Avant cela, Eric Thielemans proposait de découvrir (dans le noir) son Orchestra dans lequel on retrouve Jozef Dumoulin (p, Rhodes), Peter Jaquemyn (b), Hilary Jeffery (tb) et Jean-Yves Evrard (g).

Il s’agit ici d’une unique et longue improvisation qui évolue lentement, telle une coulée de boue qui envahit peu à peu un paysage fantomatique.

Le voyage est vertigineux et parfois éprouvant, car la tension est toujours présente.
Un roulement de caisse claire interminable (marque de fabrique de Thielemans) sert de tapis aux musiciens qui viennent le lacérer de riffs de guitare, le couvrir de postillons gras de trombone, le saupoudrer d’énigmatiques notes de piano. On passe de la douceur à la furie. On frôle parfois aussi le dröne.

Musique inclassable et sens de la performance.
Ce qui ne semble pas avoir plu à tout le monde.
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Plus accessible, Manu Katché, et son groupe Playground, clôtura cette seconde journée.

La plupart des morceaux sont assez courts et tournent souvent autour de la ballade simple aux thèmes très construits.
Cela donne sans doute peu de possibilités aux solistes d’improviser.
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Cependant, sur des titres plus groovy, l’excellent saxophoniste Petter Wettre emballe quelques solos puissants et inventifs.
Il est suivi par Alex Tassel, au bugle, qui donne un esprit un peu soul à la musique.
Les solos de batterie du leader sont incroyables d’énergie!
Jason Robello, au piano, est très complice du batteur et leurs échanges sont efficaces.

Contrairement à DeJohnette la veille, Manu Katché est très présent tout au long du concert en usant et abusant presque de ses toms et cymbales.
Ceci dit, tout est efficace et excessivement bien exécuté. Trop bien peut-être?
Cela enlèverait-il un peu de la spontanéité et de la surprise qui donnent au jazz ce sentiment unique?

A+