10/09/2016

Jef Neve Solo - Marni Jazz Festival

Après la basse, le sax ou la guitare, c'est le piano qui est à l'honneur au Marni Jazz Festival cette année. Et pour donner le coup d’envoi de l’édition 2016, un concert en solo s’imposait. Et Jef Neve était tout désigné.

marni,jef neve,one

Le pianiste belge a roulé sa bosse un peu partout autour du monde, dans diverses configurations : en trio avec Teun Verbruggen et Piet Verbist, en duo avec Pascal Schumacher ou José James, mais aussi en octet avec un band de soufflants (« Sons Of The New World »). Il a aussi écrit pour le cinéma (« In Flanders Fields » ou « La merditude des choses ».) On l’a vu entouré d’un orchestre symphonique dans un registre de musique classique… Bref, Jef est plutôt actif et avide d’expériences nouvelles.

One est son premier album solo, sorti fin 2014 déjà. Le solo, c’est le passage quasi obligé et une épreuve pas toujours évidente pour un pianiste, que Jef Neve a surmonté avec grand brio, élégance et sensibilité.

Il est huit heures, place au live.

Dans une ambiance toute bleutée et intimiste, le musicien s’installe, tout sourire, devant le grand piano. Il plonge la tête dans le clavier et les mains dans les cordes. L’intro est grondante, grave et intense. Puis, subtilement, le thème de « Lush Life » apparaît, joué avec emphase, presque Gershwinien. Comme sur l’album, on est impressionné et séduit par le chemin qu’il fait prendre à ce morceau emblématique. « Could It Be True » opère un peu sur le même principe et révèle totalement la « Neve Touch » : un lyrisme dans les arrangements, des fulgurances rythmiques, des accords ornementés avec élégance, de la légèreté qui côtoie la noirceur.

Le pianiste donne tout ce qu’il a, il tape du pied pour marquer le tempo, il n’hésite pas à se lever de son tabouret pour accentuer certains passages, il s’accompagne même en sifflant la mélodie. Son jeu est très physique. Il provoque la tempête puis calme les ardeurs, fait des allers et retours entre un jazz « big band » et la musique symphonique.

Et puis vient sa version de « I Mean You » de Monk. Un pur bonheur. La musique s’offre comme dans un striptease. Elle démarre avec puissance et exubérance puis s’effeuille petit à petit pour dévoiler le thème dans une sorte de ragtime des plus dépouillés ! Joli tour de force.

Jef est charismatique et aussi très pédagogue. Il communique beaucoup avec le public, donne son point de vue sur la société, explique ses choix, partage ses sentiments. « A Case Of You » de Joni Mitchell, « Bluesette », en hommage à Toots, ou encore « The Tree Through The Wall » n’en sont que plus touchants. Parfois, il joue aussi sur un motif de percussions samplé ou s’amuse avec les lumières et l’espace. Il refuse un certain conformisme. Tant mieux. Et en rappel, son « Formidable », emprunté à Stromae, nous laisse d’ailleurs presque sans voix.

Jef Neve est un raconteur d'histoires, un musicien ancré dans la société actuelle avec un pied dans le romantisme des années folles, et il dégage toujours cette petite lueur d'optimisme et d’espoir dans des musiques parfois sombres et souvent voluptueuses...

Franchement, de la belle ouvrage.

 

Jef Neve recording 'One' at Abbey Road Studios from Hotmilk Films on Vimeo.

 

Photo : merci à Olivier Lestoquoit

A+

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

00:45 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marni, jef neve, one |  Facebook |

10/03/2014

Tournai Jazz Festival 2014

 

Mais que s’est-il passé à Tournai lors du dernier Festival de Jazz ?

tournai jazz festival,youn sunnah,avishai cohen,jef neve,viktor lazlo

Pour connaître tous les détails – et connaître mes sentiments à ce propos – il suffit d’aller jeter un coup d’œil ici, sur Citizen Jazz.

Entre-nous, c’était une superbe édition… Et on attend déjà la prochaine avec impatience.

A+

 

26/01/2014

Rendez-vous à Tournai

Plus que 9 fois dormir et s’ouvrira à Tournai la troisième édition du Festival de Jazz.

Rappelez-vous, j’avais parlé de deux précédentes éditions, qui avaient tenues toutes leurs promesses, sur Citizen Jazz (d’abord ici et puis ici).

tournai jazz festival,jef neve,ivan paduart,viktor lazlo,daniel willem,toine thys,youn sun nah,avishai cohen,elia fragione,electrophazz

En 2013, les organisateurs avaient tiré les leçons d’un premier essai assez ambitieux (presqu’un coup de maître) avec bonheur. Le Tournai Jazz Festival reprend donc la même formule cette année et l’affine encore un peu plus. Outre le patio et l’habituelle salle Jean Noté, la salle Lucas ouvrira également ses portes pour accueillir au total 11 concerts pendant deux jours.

Du côté de la programmation, Geoffrey Bernard (l’un des principaux initiateurs du projet) et ses amis se sont, une fois de plus, plutôt bien débrouillés pour proposer une affiche originale et bien alléchante.

Voyons ça en images et en musiques…

Vendredi, c’est Elia Fragione (dans un registre pop jazz) qui donnera le coup d’envoi, et l’intenable Daniel Willem et son Gipsy Jazz Band qui fermera le ban.

 

 

Entre les deux, Tournai aura les honneurs de l’excellent Jef Neve (avec son Sons Of A New World) et l’étonnante - et très réussie - évocation de Billie Holiday par Viktor Lazlo (vu l’année dernière au Théâtre Le Public à Bruxelles, je vous le recommande).

Samedi, après le drôle et touchant conte musical pour enfants de Toine Thys, «La Mélodie Philosophale» (vu l’été dernier au Gaume Jazz. Je vous le conseille vivement, même si vous avez passé l’âge), Ivan Paduart se produira en trio, avec Hans Van Oosterhout et Philippe Aerts. Ça commence donc très bien, non ?

Et ce n’est pas fini !

Il y aura Electrophazz, Les Swing Hommes

 

 

Mais il y aura aussi, ni plus ni moins, la fabuleuse chanteuse Youn Sun Nah pour un concert envoutant et frissonnant à souhait (je vous le garantis), suivi par le trio de Avishai Cohen, (qui avait mis tout le monde d’accord lors du Jazz Middelheim en 2012 !).

 

 

Ça promet !

Mon petit doigt me dit qu’il ne faut plus tarder à réserver… tout est bientôt sold-out ! Vite !

On se retrouve là-bas ?

A+

 

13/01/2013

Sous les flocons, le jazz.


Deux, trois, petits rendez-vous en ce début d’année.

steve houben,richard galliano,winter jazz festival,djangofolllies,blue flamingo,maak s spirit,flagey,theatre marni,tournai jazz festival,marc ducret,labtrio,jef neve,ibrahim maalouf,sal la rocca,matthew herbert,big noise,manu katche,igor gehenot,les doigts de l homme

Hé oui, les festivals ne se déroulent pas toujours sous le soleil d’été.

Winter Jazz Festival porte d’ailleurs bien son nom. Depuis quelques années, Flagey et le Théâtre Marni proposent une série de concerts, ainsi que quelques projections de films concernant le jazz. Sur le grand écran, on y verra «Petrucciani» de Michael Radford, «Autour de minuit» de Bertrand Tavernier ou encore «Sweet And Lowdown» de Woody Allen.

Et sur scène on verra Mâäk avec Marc Ducret, Metal-o-phone ou encore Too Noisy Fish pour les plus avant-gardistes, Jef Neve, Sal La Rocca, LABtrio et Christian Escoudé, pour les valeurs sûres, Kaja Draksier’s Acropolis ou Elifantree pour les découvertes et Matthew Herbert Big Band pour le plus grand plaisir de tous.

Alors, hop ! Une écharpe, un bonnet et n’hésitez pas à traverser la Place Falgey dans les deux sens.

Mais à côté de la «grosse machine», n’oublions pas non plus nos amis de Muse Boosting et leur Blue Flamingo Jazz Festival, qui continuent à proposer chaque trimestre deux concerts à Molenbeek. Allez vous réchauffer dans cette magnifique salle du Château du Karreveld aux sons de Big Noise et du trio d’Igor Gehenot. Ambiance assurée.

Ça c’est à Bruxelles. Mais il y a aussi Tournai qui propose la deuxième édition de son Tournai Jazz Festival . Cette année, on y verra Ibrahim Maalouf (unique concert en Belgique !!) mais aussi Richard Galliano, Manu Katché, Bojan Vodenitcharov et Steve Houben et quelques jeunes groupes dont Blue Monday People, Mister Dumont, Pia Silva… et encore Big Noise.

Allez-y !

Et puis, il y a aussi les Djanjofolllies dont les concerts s’éparpillent aux quatre coins du pays (Christian Escoudé, Les Violons de Bruxelles, MuZiek de Singe, Les Doigts de l’Homme et bien d’autres).

Et, bien entendu, outre les festivals, il y a toujours les clubs, les clubs, toujours les clubs !

Plongez dans l’agenda du site des Lundis d’Hortense, qui est toujours là pour vous dire où et quand ça se passe. Qu'il neige ou qu'il fasse soleil...

 

A+

19/02/2011

Jef Neve, l'interview sur Citizen Jazz

Quelques semaines après le concert qu'il avait donné au Vooruit à Gand avec son trio, j'ai rencontré Jef Neve pour une interview.

C'est paru cette semaine sur Citizen Jazz, et ç'est à lire ici.

En bonus, une video...

Imaginary Road from toon veraghtert on Vimeo.


A+


 

22:29 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jef neve, interview, citizen jazz |  Facebook |

10/10/2010

Jef Neve Trio - Vooruit in Gent

25 septembre. Il pleut averse sur la route vers Gand. On n’y voit pas à cent mètres.

Devant le Vooruit, il y a foule. La pluie tombe dru et l’on se bouscule dans l’entrée pour s’abriter. Mais si on se bouscule, c’est  aussi parce que, ce soir, c’est la présentation officielle du nouvel album du trio de Jef Neve : «Imaginary Road». Le Vooruit est quasi sold-out et l’on est curieux de découvrir sur scène le nouveau contrebassiste de Jef: Ruben Samama.

jeftrio.JPG

Son arrivée coïncide à une envie d’évolution de la part du pianiste. Décision difficile à prendre lorsque l’on sait que Piet Verbiest était aux côtés de Neve depuis le début (je me souviens des tout premiers concerts du trio lors d’un Jazz Marathon à Bruxelles, près de la place Sainte Catherine, avec Piet et Lieven Venken. J’y étais resté pendant plusieurs sets, faisant l’impasse sur les autres concerts que j’avais listé ce soir-là).

Alors, chamboulement total ? Non. Évolution ? Certainement.

Bien sûr, on reconnaît, dès les premières notes, la patte de notre kid, mais il y a sans doute un côté plus tranchant dans le son du groupe. Une approche peut-être plus concise des thèmes aussi. En tout cas, il y a une indéniable cohésion entre les trois musiciens, et chacun semble être un miroir de l’autre, avec sa personnalité propre.

 

Jef n’a pas son pareil pour faire monter le climax. Pendant que Teun Verbruggen impose un jeu foisonnant, acéré et léger sur un rythme très rapide, le bassiste joue très «tendu». Et nous voilà embarqué dans le grand huit, dans un tourbillon de frissons et d’émotions. Jef dépose, par couches, des harmonies de plus en plus élaborées, de plus en plus sophistiquées. C’est «The Space We Need». C’est ce même morceau qui ouvre le nouvel album.

imaginary.jpg

Un album qui, malgré sa diversité, ne se disperse jamais et suit une certaine logique de narration. «Imaginary Road» est construit comme un album concept : avec un début, une fin, et un fil rouge tout au long des 58 minutes. Sur scène, le groupe applique le même principe, tout en brodant, improvisant ou en réinventant les histoires. Le trio dose ses effets, en alternant morceaux bouillonnants et ballades romantiques. Les moments sereins sont des amorces pour des temps forts, plus explosifs encore. «For The People» démarre par un ostinato obsédant avant de brasser mille idées, en jouant les breaks, les changements de rythmes, les notes suspendues. Il se termine par un final infernal où Teun improvise sur la mélodie, donnant une dimension supplémentaire au thème. «Colors And Shades» est plein de rebondissements, de déstructurations et d’éclatements et «Endless DC»  est, comme son titre l’indique, une sorte de never-ending story musicale. C’est un peu comme si l’on passait en revue les meilleurs moments de sa vie, de plus en plus vite, en refusant que cela ne s’arrête un jour. Du côté des ballades, «Sofia» est plein de mélancolie (dans la veine d’un «Song-Song» de Mehldau), tandis que «Little Piece For Justin» et «Saying Goodbye On A Small Old Ugly White Piano» sont chargés de tendresse. Ici et là, le trio joue avec quelques légers effets électroniques, quelques bruitages, quelques ambiances sonores qui renforcent encore le lien entre les histoires.

P1120694.JPG

Sur scène, Jef est heureux, n’hésite pas à parler au public, à expliquer de manière amusante ses choix, à raconter quelques anecdotes sur les titres des morceaux. Face au clavier, il bouge, sautille, se lève et s’investit totalement et le concert est sans temps mort. Le trio revient pour deux «encore», avec «Soul In A Picture» et une improvisation libre, pleine d’humour et virtuosité. Il n’y a pas à dire, Jef et son trio savent emballer une salle.

 

Vous lirez bientôt une longue interview que j’ai réalisée avec Jef quelques jours plus tard.

 

Après avoir discuté et fêté ce moment avec les musiciens et quelques amis, je reprends la route, toujours sous une pluie battante, en réécoutant l’album, des images plein la tête.

 


A+

 

 

21/07/2009

Brussels Jazz Marathon 2008... (Never too late...)

Mon Jazz Marathon, c’était aussi le concert du vendredi soir (le 29) sur la Grand Place de «The Groove Thing» avec Jef Neve (Orgue Hammond), Nicolas Kummert (ts), Lieven Venken (dm) et Nic Thys (eb).

Je les avais vu l’année dernière lors du même Jazz Marathon (Place Ste Catherine) et j’avais manqué leur enregistrement «live» à l’AB en avril. On attend le disque avec impatience, même si c’est assurément sur scène qu’il faut profiter de ce moment de bonheur. Car cette énergie débordante et ces groove font un bien fou.

Ce soir, The Groove Thing n’a pas failli à sa réputation malgré un son un peu moyen qui étouffait un peu cette explosivité.
Car sur scène, nos quatre jazzmen se dépensent sans compter.

Jef est intenable à l’orgue, il se lève, se déhanche, grimace et s’évade dans des solos démentiels.
Et il est soutenu par une sacrée rythmique: Nic Thys, impérial dans la «pulse» - qui intervient également dans des solos d’une musicalité et d’une puissance fabuleuses - et Lieven Venken, frappe sèche et sûre, toujours prêt à sauter dans le bon wagon.

Et puis, il y a Nicolas Kummert qui fait hurler son sax entre deux hoquets et éclats de voix. Il chante de plus en plus dans son sax (un peu comme le faisait Roland Kirk) et donne ainsi une couleur toute personnelle à son jeu. 

Vivifiant.

Trop crevé toutefois pour aller écouter Egon. Ce sera pour la prochaine fois, car, ici aussi, c’est un groupe qu’il faut absolument tenir à l’oreille !


P1060182

Le samedi (30) après le concours des jeunes talents, je reste sur la place Fernand Cocq pour écouter Greg Lamy (eg).
Je n’avais plus entendu ce quartette depuis pas mal de temps et je dois dire qu’il gagne en cohésion et en force.
Le groupe (Gautier Laurent, cb - Jean-Marc Robin, dm - Johannes Müller, ts) a pas mal tourné ces derniers temps et cela s’entend.
Il vient même d’enregistrer (à Cologne) un album qui devrait sortir début septembre. Il faudra y être attentif, car avec ce que le quartette nous a montré sur scène, on ne peut qu’espérer le meilleur.

P1060177

Le saxophoniste allemand Johannes Müller n’est sans nul doute pas étranger à cette réussite. Un jeu musclé et souple à la fois, des solos riches, un son gras et fort. Un son ample, à la manière de ces bons vieux hard boppers, qu’il contamine d’accents bien modernes.

Pour l’occasion, le quartette invite Brenda Mada, une toute jeune chanteuse de 12 ans éblouissante de maturité.
Elle vous scatte Ella avec une facilité déconcertante.
Le plus étonnant pour son age est, au-delà d’une présence merveilleuse, une voix extraordinaire.
Prions pour qu’elle garde cette fraîcheur et cette spontanéité le plus longtemps possible, cela fera d’elle une superbe et grande chanteuse de jazz.

Le dimanche (31) après-midi, l’affiche concoctée par les Lundis d’Hortense était très alléchante.


P1060194

Take The Duck d’abord, toujours aussi énergique et sans compromis.
Entre Daniel Noesig (tp) et Toine Thys (ts) l’entente est évidente et nos deux soufflants sont soutenus (propulsés ?) par un  Robert Jukic (cb) plein de ferveur et un Sean Carpio (dm - vu avec Mikkel Ploug) au jeu claquant.
Ajoutez à cela l’inimitable sens de la communication et de la dérision de Toine et votre bonheur est total.
P1060225

C’est ensuite au tour du toujours fantastique Trio Grande de faire danser la Grand Place noire de monde, au son de leur jazz très festif.
Et ce n’est pas les quelques problèmes de son qui empêcheront leurs délires.


P1060260

On reste dans le «dansant» avec Charlier-Sourisse.
Avec eux (Benoît Sourisse à l’orgue Hammond, André Charlier aux drums, Pierre Perchaud à la guitare et au banjo et Emile Parisien au sax) on traverse une bonne partie de la Nouvelle-Orléans.
On passe en revue les fabuleux thèmes («At The Junk Joint», «Trompe-Oreille», «Celebration Station», «Congo Square» et d’autres) de leurs deux derniers albums («Eleven Blues» et «Heritage»).
Un groove d’enfer, un jeu explosif, un enthousiasme débordant, comment ne pas aimer le jazz après ça ?
P1060279

Et pour finir ce marathon dans un tout autre style: Darwin Case.
Jazz électrique et électro.
La bande à Xavier Rogé donne dans le gros son et la puissance.
Sur le fond de la scène sont projetés les dessins (improvisés en temps réel) de Sébastien Lucas. Ceux-ci accompagnent la musique très tendue et souvent très ouverte du quartette.
Spectacle total.
Rogé impose son drumming tellurique et polyrythmique sur lequel Alexandre Cavalière déchire des accords et des phrases improbables sur son violon plus électrique que jamais. Les claviers des Benoît Caudron et la basse électrique de Jean-Luc Lehr (en remplacement d’Olivier Stalon) font le reste.
Explosif !
P1060284

Mais, l’heure, c’est l’heure et il faut arrêter la fête.
Déçu, Cavalière restera encore longtemps sur scène, prostré et muet alors que le public en redemandait encore.

L’année prochaine, on ne pourrait pas éteindre les lumières un tout petit peu plus tard ?

A+

08/03/2009

Jef Neve "Soul In A Picture" sur Citizen Jazz

Et si on écoutait le trio de Jef Neve ?
«Soul In A Picture» est sorti depuis pas mal de temps déjà.
Et ma chronique ne sort que maintenant (pour une fois, ce n’est pas de ma faute).


Soul in a Picture 220

Depuis, Jef a ressorti une seconde version de cet album avec un enregistrement bonus «Solo Live» au lieu de «Replay Silence».

Au mois d’avril, Jef devrait enregistrer un nouvel album… live! Si mes infos sont bonnes.
Faudra y être, car Jef sur scène, ça dépote!

A+

24/08/2008

Sabin Todorov sur Citizen et les J.O.

Petit détour du côté de Citizen Jazz.
Cette fois-ci, c’est pour vous inviter à aller lire ma chronique de «Inside Story» de Sabin Todorov et ensuite, à moins que ce ne soit déjà fait, aller vous procurer  l’album.

Rappelez-vous, j’avais vu le concert du pianiste et son trio à Bruges voici quelques mois.

sabinCD


«Inside Story» est sorti chez Igloo et est dans les bacs des bons disquaires depuis quelque temps déjà.


Autre album sorti récemment et qui trône déjà dans les bacs, c’est «JazzOlympics».
Il me semblait opportun d’en parler après l’obtention d’une médaille d’Or de notre belle, brillante et très sympathique Tia Hellebaut au saut en hauteur

olypcd

L’album est d’ailleurs de couleur jaune, comme l’or, et vous le repèrerez facilement.

«JazzOlympics» est une initiative du COIB afin d’encourager nos athlètes et d’illustrer les valeurs Olympiques. L’album est produit par Jan Hautekiet et Jean Kluger.

Huit «groupes» (le 8 du 8 en 2008 etc…vous connaissez l’histoire), se sont donc donnés rendez-vous pour illustrer huit thèmes chers au Baron de Coubertin. Ainsi, la fraternité, le dépassement de soi, la tolérance, le fair-play etc… sont déclinés par quelques-uns de nos meilleurs jazzmen belges.

Le porte-drapeau de la délégation n’est autre que Toot Thielemans qui ouvre la marche avec un tendre «Best Of Yourself», suivi par David Linx et le BJO pour un «Fraternity» sous forme de chanson optimiste, sautillante et légère.
On retrouve bien sûr Philip Catherine dans un «Friendship» intimiste et recueilli, en duo avec Philippe Decock (keyboards).

Nathalie Loriers, quant à elle, revient en trio (Philippe Aerts (cb), mais aussi pour l’occasion Stéphane Galland aux drums) pour nous offrir l’un des meilleurs morceaux du disque (à mon avis): «Confidence». Thème bâti sur un swing fébrile, fait de tensions et de breaks jubilatoires.
Le toucher de la pianiste et ses arrangements sont de pures merveilles. Ça donne vraiment envie de revoir rapidement Nathalie avec cette formule

 

 

Autres belles surprises de l’album: «Tolerance» de Michel Herr et son Life Lines ainsi que «Solidarity» de Jef Neve.
Pour le premier, on saluera les arrangements finement ciselés qui permettent à Jacques Pirotton (g), Alexandre Cavalière (violon), Fabrice Alleman (ts, ss) ou encore Peter Vandendriessche (as) d’intervenir dans de riches et réjouissantes improvisations.
Le deuxième, Jef donc, explore un peu plus mélodiquement ce qu’il a commencé sur le «bonus CD» de son dernier album «Soul In A Picture»: c’est-à-dire une fusion entre jazz acoustique, loops et électro. Une belle réussite.

HLM (Houben, Loos, Maurane) et Stéphane Mercier font aussi partie de l’équipe et proposent de tendres sympathiques compositions.

Ils sont donc huit, mais le BJO s’offre un tour d’honneur avec un dynamique et tonitruant «The Hopper», histoire de terminer par un feu d’artifice.

Alors, faites comme Tia, rentrez à la maison avec de l’or.

A+

14/06/2008

Jazz Marathon 2008 (Enfin!)

Et le Brussels Jazz Marathon, c’était comment ?

C’est vrai ça, avec toutes ces activités, je n’ai pas encore eu le temps de vous raconter mon parcours durant ces trois jours.
C’était les 23, 24 et 25 mai. Déjà !
Je vais essayer de rattraper le temps perdu.
001

Vendredi soir, temps ensoleillé, direction Place Ste Catherine.
Je voulais absolument voir The Groove Thing, de Jef Neve et Nicolas Kummert.
Sur place, je rencontre toute la petite bande de Slang qui se prépare à jouer juste après.
Manu Hermia revenait d’une tournée en France avec Rajazz, visiblement satisfait.

Sur scène: The Groove Thing porte bien son nom, car, pour groover, ça groove.
Lieven Venken aux drums, Nic Thys à la basse électrique et devant, Nicolas Kummert au sax incandescent et Jef Neve à l’orgue Hammond bouillonnant.
C’est roots en plein ! Entre soul, bop et r&b…  Jamais un gimmick pop vulgaire ou racoleur comme on peut parfois en entendre avec certaines formations qui surfent sur la vague revival.
Ici, ça joue vrai.
On est proche de Lonnie Smith, Jack Mc Duff ou de Jimmy Smith.
Kummert rappelle parfois un Rashaan Roland Kirk lorsqu’il «délire», souffle, respire, parle ou chante dans son ténor. Il y ajoute de temps en temps des effets de disto. C’est chaud et c’est sexy, et ses duels avec Jef (intenable) sont étincelants.
À retenir, à revoir… à suivre !
002

Après une courte pause, Slang investit la scène (qu’ils ont décoré de jolies fleurs) et déverse un gros son: énergique et puissant. On connaît la formule, mais on reste ébahi devant une telle vitalité.
Michel Seba est monstrueux aux percus lorsqu’il entre en transe. François Garny, à la basse électrique, assène des tempos saignants. Manu Hermia, au sax et à la flûte, se démène comme un diable dans ce tourbillon de musiques africaines, indiennes, arabes, rock ou reggae. La foule s’est agglutinée au-devant du podium. Elle ondule, bouge, saute et danse aux rythmes des impros parfois énergiques, parfois hypnotiques.

Une fois ce concert terminé: direction le Walvis, au bout de la rue Antoine Dansaert.
Je voulais absolument écouter le groupe du batteur (que je croyais Néerlandais, mais qui, en fait, est Anversois) Yvan Van Nistelrooy.
Hard bop ou post bop, avec une tendance à aller parfois vers le free-bop. On frise même parfois le jazz rock avec les interventions de Peter Verhelst à la guitare électrique.

003
Devant, l’excellent trompettiste Iwan Cotton (qui joue un peu dans l’esprit de Dave Douglas) échange des phrases fiévreuses avec Roel Van Hoek à l’alto.
Toutes les compos sont de Van Nistelrooy, et l’on sent chez lui les inspirations de Miles (période électrique), Coltrane, Philly Joe Jones, mais aussi de Hamid Drake. Bref un large spectre d’influences.

J’arrête là ou je continue ?
Je rentre, ou je ne rentre pas tout de suite?
Allez, un petit saut à l’autre bout de la ville: le Sounds.

Chouette ! Je trouve facilement une place pour me garer.
Chouette ! C’est le break et je peux me faufiler assez près de la scène du club archi-bondé pour voir le quintette de Rosario Giuliani.

Et là, je n’ai pas regretté le voyage !
004
Exceptionnel.
Il est plus d’une heure trente du matin et  Rosario Giuliani, Falvio Boltro, Dado Moroni, Luca Bulgarelli  et Benjamin Henocq jouent avec une fougue, une vigueur et une lucidité hallucinantes.

Le grand Dado Moroni, qui soulève même le piano avec ses longues jambes, fait vibrer l’instrument comme un fou. Boltro joue toutes les couleurs de la gamme. Gras, aigu, souple, sec, en rafale ou en longues notes, il répond et renchéri aux assauts de l’infatigable Giuliani.
L’un comme l’autre ne veut pas abandonner. Chacun veut avoir le dernier mot.
Dans cette lutte fratricide, Henocq imprime un rythme tranchant, d’une justesse et d’une précision diaboliques. On atteint des sommets !
Bien sûr, on joue beaucoup de notes, énormément de notes, mais aucune n’est inutile.
Quel esprit «jazz», quelle débauche d’énergie. Ça joue et ça s’amuse.
005

«That’s jazz ! Real Jazz!»
C’est ce que l’on se dit sur le trottoir après le concert avec Erik Vermeulen, Nicolas Kummert, Mélanie De Biasio, Alexis Tuomarilia et d’autres encore…

Samedi, rendez-vous sur la place Fernand Coq pour le concours «XL Jazz Jeunes Talents». Comme l’année dernière, je me retrouve dans ce sympathique jury, avec Jan De Haas, Fabien Degryse, Pirly Zurstrassen, Jacobien Tamsma, Etienne Richard et Henri Greindl.

Le batteur Guillaume Palomba et son quartette ouvrent les «hostilités».
Ce sera un spécial Monk. C’est déjà une preuve de très bon goût. «Eronel», «Criss Cross» ou encore «Ugly Beauty» se succèdent. Malgré de belles interventions du guitariste, Simon Martineau, le groupe ne se lâche pas vraiment et cela reste un peu académique.

Egon, le deuxième groupe, drivé par Louis Favre (batteur également), développe un jazz très rock… voire du rock très jazz. Les plages atmosphériques, mâtinées d’électro (Joachim Searens), succèdent à des moments plus vifs et accrocheurs. Steven Delannoye (as) et l’excellent guitariste Simon Witvrouw font rapidement monter la pression. On sent une belle cohésion et une belle personnalité poindre dans cet ensemble qui fera sans doute encore parler de lui.

Mais le gagnant, car il faut un gagnant, sera Bansuri Collective (ou Collectif… on ne sait plus). Cette fois-ci, le leader est contrebassiste: Ruis Salgado. Il est l’auteur de presque tous les titres. Il mélange subtilement les genres, allant du swing au groove très actuel. Les mélodies sont sinueuses, parfois complexes, mais toujours lumineuses. Il faut signaler le drumming singulier de Frederik Meulyzer, qui recevra d’ailleurs, et à sa grande surprise, le prix du meilleur «soliste».

Je ne m’attarde pas pour écouter le trop caricatural groupe The Dominos et je préfère pousser une pointe jusqu’à Flagey pour écouter Andreu Martinez, toujours aussi punchy, et aussi le trio de Nathalie Loriers.
006

Quel bonheur de la revoir dans cette formation.

Avec Philippe Aerts (cb) et Joost Van Schaik on retrouve le jeu à la fois lyrique, tendre mais aussi très affirmé de Nathalie.
Au programme un «Someday My Prince Will Come» aux arrangements assez surprenants, un «Forward» très swinguant, un «Walking Trough Walls» dépouillé et nocturne (des inflexions qui rappellent parfois Petrucciani?), un «Mémoire d’O» enlevé, ou encore un sensuel «Ligne Calire», au tempo moyen, dans un esprit assez Jamalien.
Que du bonheur.
007

Sous la pluie (ben oui, sinon, ce ne serait pas vraiment le Brussels Jazz Marathon), je remonte vers le Théâtre Marni pour prendre une Orval et une petite dose de The Groove Thing.
Gros succès.
008

Puis je rejoins le Sounds, toujours comble, pour profiter encore du quintette de Giuliani.
C’est toujours aussi impressionnant.

Dimanche après-midi, sur la Grand Place, il faut chaud et ensoleillé.
Dingue !
010

Jacques Piroton, guitariste dont on sous-estime trop souvent l’immense talent présentait son nouveau quartette.
On connaît l’affection de Jacques pour le jazz rock à la Bill Frisell, Jimi Hendrix ou même Scofield.
C’est tout ça que l’on retrouve, mais travaillé à la sauce Piroton: des riffs tranchants, des solos précis et agiles et des envolées explosives. Jan De Haas à la batterie, Benoit Vanderstraeten en soutien efficace à la basse électrique et surtout un sensationnel Fabrice Alleman à la clarinette et clarinette basse terminent de nous convaincre.
Voilà un mélange peu commun et un résultat qui vaut vraiment le coup d’oreille.
Piroton va enregistrer cet été en… acoustique ! Très curieux d’entendre ça.
011

VVG Trio, à savoir Bruno Vansina (as), Teun Verbruggen (dm) et Gulli Gudmundsson (cb) avaient invité Magic Malik et Nelson Verras à venir jouer avec eux.

Peut-être plus à l’aise en salle, où le groupe peut installer plus aisément ses climats étranges, le quintette nous a quand même montré une belle palette de thèmes riches et parfois complexes («Tokio Quantize», «Moon Under» ou encore «In Orbit»).

012

Pour finir cet intense week-end de jazz : le Brussels Jazz Orchestra sous la direction de Michel Herr.
Deux longs sets efficaces, swinguants et éclatants.
Les riches compositions du pianiste belge («Song For Lucy», «Bad Fever», «New Pages», etc.) sont servies avec panache par le Big Band.

Haaaaa… l’ostinato de Nathalie Loriers, ou les solos de Pierre Drevet (bugle) et de Kurt Van Herck (as)  sur «Song For Micheline», ce rythme galopant sur «Extreme», la guitare de Peter Hertmans, les interventions de Bart Defoort ou Frank Vaganée sur «New Era»…
013

Le BJO n’a plus rien à prouver et l’on aurait pu le laisser jouer un peu plus longtemps encore, mais les règlements stricts de police ne sont pas toujours compatibles s avec l’esprit de fête du Jazz Marathon.
Une petite heure de plus l’année prochaine… Hum ?


A+

10/07/2007

Blue Note Festival 2007 - 03

Dimanche, sur le coup des cinq heures, le trio de Jef Neve entame de la troisième journée de concerts du festival.

01

J’ai l’impression que la musique du trio s’est encore resserrée et affinée pour aller droit à l’essentiel.
Bien sûr, Jef joue toujours sur cette tension qu’il fait évoluer. On retrouve toujours cette montée en apnée vers les sommets du groove.
Ce rythme incandescent instigué par le pianiste et excité par Teun Verbruggen (dm) et Piet Verbiest (cb).
Mais ici, les développements mélodiques semblent faire fi d’ornements excessifs.
Le jeu du contrebassiste est, lui aussi, plus acéré, vif et profond.

Le trio avait invité le trompettiste italien Flavio Boltro à le rejoindre sur scène.
Ce n’est pas lui, évidemment, qui calmera les ardeurs du groupe.

Le son du trompettiste est ample, parfois «gras», qui rappelle par moments Louis Armstrong.

Le trio (+ un) revisite quelques morceaux des précédents albums de Jef avant d’enchaîner sur «Doctor K» de Boltro.
Groove, swing, hard bop, le pianiste se déchaîne, ses doigts filent sur le clavier, Flavio en remet une couche, les notes déferlent, la trompette couine, hurle…

«Lacrimosa» calme le jeu un moment.
Cette mystérieuse et belle ballade mélancolique dans laquelle Boltro développe un jeu sensible à la «muted Trumpet» introduit un nouveau morceau: «Soul And A Picture».
Teun frappe sèchement.
Dans cette excitation, Piet garde une musicalité extrême, Jef s’envole et Boltro le suit vers l’infernal «Nothing But A Casablanca Turtle Slideshow Dinner».

Standing ovation.

02

Kurt Elling.
Charisme, classe, présence.
La voix grave, qui pourrait se rapprocher de celle de Frank Siantra, possède ce petit grain supplémentaire qui la rend singulière.
Sourire désarmant, contact facile avec le public, petite pointe d’humour dans la présentation, Kurt n’a plus qu’à dérouler ses ballades swinguantes ou ses bop agiles pour convaincre l’auditoire.

Bien sûr on peut le trouver un peu trop sucré par moments (lors de son interprétation de « Louise » de Jobim, par exemple), mais il est éblouissant sur «Resolution» de Coltrane ou sur «New Body And Soul» inspiré de Dexter Gordon.
Vocalises, scats et impros s’emmêlent. Dans ces moments-là, il me rappelle un peu Jon Hendricks.

Le chanteur laisse beaucoup d’espaces aux excellents musiciens qui l’accompagnent.
Laurence Hobgood, au piano, prend plus d’une fois des solos aux inflexions qui rappellent parfois Monk, et Willie Jones impose quelques impros vigoureuses aux drums.
Rob Amster quant à lui, assure un tempo toujours précis et profond.
Beau concert dans la tradition des grands chanteurs/crooners des années ’60… avec ce petit quelque chose en plus.

03

Avec Soledad, la fin d’après-midi prend une autre couleur.
Voilà le tango argentin.
Après un début très énergique, rendant hommage à Astor Piazzolla le quintet délivre un concert assez académique. Plus classique et virtuose que vibrant.
L’exécution est magnifique. Patrick De Schuyter (g), Manu Comté (violon) et Jean Frédéric Molard (accordéon) nous emmènent vers des chants mélancoliques, voire douloureux.
Les morceaux sont d’une infinie tristesse… mais parfois aussi assez prévisibles.
Le violon se fait un peu tzigane, mais l’ensemble reste souvent très doux, très sobre.
On flirte aussi parfois avec le romantisme (trop poli) sur un morceau où le piano (Eugène Galland) prend un peu plus de place.

L’arrivée de Philip Catherine (alibi «jazz» pour avoir sa place dans ce festival ?) amène un peu de légèreté à l’ensemble.
«Chin Chin» ou «Passage à 5» prennent de la couleur.
«Tanganika», de Catherine, fait un petit clin d’œil à Grappelli et Djnago, ce qui détend un peu l’atmosphère.

Bref, un concert plus «classique» que jazz en quelques sortes.

04

Et voilà le «clou» de la soirée: Chick Corea et Gary Burton.
Détendu, simple et souriant, le duo attaque directement un «Love Castle» très aérien avant de s’attaquer à un thème plus rapide.

Les échanges entre piano et vibraphone sont d’une extrême délicatesse.
Gary Burton, au look de grand père américain sorti tout droit d’un film de Spielberg, se tient droit comme un «i» et joue cependant avec nonchalance.
Mais quel jeu !
Surtout quand le concert s’emballe sur «Bud Powel» puis sur d’autres morceaux de Thelonious Monk («Blue Bolivar Blues» et «Four in One»).

Les deux complices s’amusent dans ces «chases» ludiques.
Corea enfile les notes cristallines sur un jeu parfois «stride».

Après avoir expliqué avec humour comment s’était concrétisée leur rencontre (lors d’une jam, après un festival, où eux seuls avaient répondu présent), Burton et Corea interprètent le morceau fétiche «Crystal Silence».
Légèreté, phrasé magnifique, le concert s’est chargé d’émotion.

Le duo termine en feu d’artifice et avec humour, en jouant ensemble du vibraphone.

Quelle belle journée…

A+

04/06/2007

Get Yourself A Wheelchair

«Get Yourself A Wheelchair».
C’est un morceau étonnant de Jef Neve que l’on peut écouter sur son second album «It’s Gone».

01

C’est un titre qui convient très bien à mon père qui est sorti de l’hôpital.
Enfin .
Évidemment, il n’est pas encore prêt à gambader (mais connaissant le gaillard, il y arrivera) et son seul moyen de déplacement actuellement est une chaise roulante…
On peut dire qu’il est passé par le chas de l’aiguille, celui-là.

En allant lui rendre visite ce week-end, j’écoutais «Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band» des Beatles.
Bon, vous le savez, vous l’avez lu partout, on vous a rabâché les oreilles avec ça: cet album, qui a donné une nouvelle orientation à la pop music, a fêté ses 40 ans.

02

40 ans !

Je me souviens lorsque ma grande sœur est revenue à la maison avec ce disque.
Je me souviens de cette double pochette. Je me souviens des figurines à découper à l’intérieur… Je me souviens des paroles imprimées au verso. Je me souviens de ces couleurs vives. Je me souviens avoir regardé pendant des heures cette pochette mythique. Je me souviens de ce vynil noir estampillé Parlophone tournant sans fin, face A, face B, face A, face B...

40 ans !

J’étais gamin et ce disque m’a marqué à vie.

40 ans plus tard, il reste, à mes yeux, inégalé.
Quel disque ! Quelle créativité ! Quelle diversité !
Chaque titre est un bijou.

Ce week-end, je remarquais ainsi combien ces morceaux sont restés inventifs, mais aussi d’une efficacité rare.
En écoutant simplement «Lovely Rita» par exemple, je me suis surpris à être à nouveau ébloui par autant de concision. Quelle construction limpide, directe, efficace.
Je parlais dernièrement avec Toine Thys de «radio edit». Je me dis que ce morceau est un exemple parfait.
Réécoutez-le, vous comprendrez tout de suite.

40 ans !

Chaque morceau est bourré de nouvelles idées. Pas des embryons d’idées, non, des idées abouties.
Les Beatles et George Martin avaient frappé fort. (129 jours de studio quand même…)
On passe d’univers totalement différents à chaque titre et pourtant tout s’enchaîne. Comme pour la parade en l’honneur du célèbre «Mister Kite».
Premier «concept-album».
Ils ont tout utilisé: guitares, violons, fanfare, orchestre symphonique, électro, musique indienne, sampling, passer les bandes à l’envers, effets de voix… tout était bon.
Et tout est magique.

40 ans !

Pour fêter ça, le «clip» de ce morceau monstrueux: «A Day In A Life».



40 ans !

On parie que dans 40 ans, ce disque tiendra toujours la route ?

Quant à moi, dans 40 ans, j’espère ne pas être dans un fauteuil roulant…

a+

23:21 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : jef neve, the beatles, george martin, sgt pepper |  Facebook |

06/04/2007

Fred Delplancq Quartet à la Jazz Station

Pour moi, c’est chaque fois un plaisir d’aller écouter Fred Delplancq.
Ce saxophoniste joue toujours avec ferveur, avec passion... Il ne se cache pas. Il semble ne rien calculer. C’est franc et direct.
C’est ce que j’aime dans son jeu : cette honnêteté, cette véracité qui s’en dégage, que ce soit dans des ballades ou des hard bop aux tempos échevelés.

001

Fred travaille à la préparation de son prochain disque.
Le précédent date déjà de 2004.
Mais, après tout, il a sans doute bien raison de ne pas trop de se précipiter afin de donner une digne suite à ce très beau premier opus.

Avoir Jef Neve au piano, en « sideman », est sans doute une preuve supplémentaire que la musique de Delplancq en vaut la peine, non ?
Espérons d’ailleurs que Jef continue à trouver le temps pour encore pouvoir jouer avec ce quartet. Je sais, en tout cas, que ce n’est pas l’envie qui lui manque.
A la batterie, il y a le tempétueux Kris Duerinckx. Frappe sèche et jeu précis.
Et à la basse Guus Bakker à l’assise ferme et solide.
On le voit, Fred sait s’entourer.

002

A la Jazz Station, samedi dernier (enfin… c’était déjà le 24 mars), le quartet a ouvert le concert avec un hommage à Ravi Coltrane (cela situe les références). Non pas en reprenant un des thèmes du saxophoniste américain, mais en jouant une compo personnelle qui lui est dédiée : «Mister Ravi».
C’est une belle entrée en matière : souple et évolutive.
Sur l’introduction sourde et résonante de la basse, Jef pince et frotte les cordes de son piano. Tout se met en place par touches pour décoller doucement mais sûrement vers un groove pêchu.

Puis, sur«Triste», le jeu de Fred oscille entre tradition et modernisme.
Il ajoute cette petite pointe de folie qui lui permet d’échafauder des mélodies harmonieuses et puissantes à la fois.

Avec «The Gale», c’est Jef qui se mettra en évidence dans un solo époustouflant.
Et comme chacun à l’occasion de se mettre en évidence, c’est au tour de la basse hypnotique et profonde de Guus, desoutenir un autre remarquable solo de Jef sur «Tendre Cecile», … mais à la sauce soul cette fois-ci.
Cela nous permettra d’entendre aussi un Delplancq très sensible.
Et pour terminer ce premier set, on aura droit à une ballade,«Talisman», avec un jeu tout en «cascade» du sax qui n’est pas sans rappeler le très beau «Witches Dance».

003

Le second set débutera de manière plus «furieuse».
Le sax rageur de Fred, les solos impitoyables de Jef et la fureur de Duerinckx à la batterie, élèvent le niveau d’un cran. Le thème qu’ils jouent n’a pas encore de titre, mais je parie que nous le réentendrons souvent, tellement il regorge d’énergie et d’idées en germes.

Ensuite, tout en douceur, à la manière d’une valse/tango qui emprunte parfois le chemin du blues, «Le Voyageur» nous invite à un beau dialogue entre le sax et la contrebasse.
Le feu couve cependant toujours sous les doigts de Jef qui vient de temps en temps redonner un petit coup de flamme.
Tout le monde jubile et le groupe fait tourner le thème pour en extraire toute la subtilité.

Enfin, avant le rappel, le quartet interprètera «Witches Dance» !
Merveilleux morceau.
J’adore cette mélodie mélancolique et douce-amère. Ce sax plaintif et déchirant qui ne tombe jamais dans la mièvrerie.
C’est normal, car l’honnêteté et la véracité du propos, comme je l’évoquais plus haut, se révèle ici avec encore plus d’évidence.

Alors, attendons la suite… mais plus trop longtemps…

A+

31/01/2007

Bojan, Jef et Giovanni sur Citizen

Et revoici la petite mise à jour du mois.

Si vous allez vous promener du côté de Citizen Jazz , vous aurez l’occasion de lire plein de choses intéressantes écrites par mes camarades de jeu… mais aussi, bien sûr, quelques articles de ma plume.

Bojan Z

D’abord une interview de Bojan Z que j’avais eu l’occasion de rencontrer lors de la sortie de son excellent album Xenophonia.
Bojan sera en concert solo ce 4 février à Turnhout à De Warande, si vous êtes du coin (ou pas), allez tendre l’oreille de ce côté-là…

Ensuite, au rayon disques, vous pourrez lire ma chronique sur le dernier opus (comme on dit) de Jef Neve . Il vous suffit de cliquer ici….
Une interview du kid suivra prochainement.

jef-giovanni_225

Et pour finir, vous pouvez lire aussi ma chronique à propos de Cantopiano de Giovanni Mirabassi, un petit bijou de simplicité et de nostalgie.


A+