22/05/2017

La Jérôme - Musiques Nouvelles & The Terminal - Nuits Bota.

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En février, j'avais raté la «première», au Bota, de la sortie de son album.

Cette fois-ci, aux Nuits Bota (maintenant on dit : «Les Nuits») j'y étais !

Ce dimanche 14 mai, La Jérôme, qu'on a connue aux côtés d’Akro, Baloji, Kaer et toute la bande de Starflam, mais surtout aux côtés de Marc Moulin, présentait à nouveau son bébé. Mais, cette fois-ci, sous forme d’une «création». En effet, ce soir, elle est accompagnée par le quatuor à cordes de Musiques Nouvelles dirigé par Jean-Paul Dessy et du groupe rock The Terminal.

Il fait étouffant de chaleur quand la chanteuse, coupe afro et débardeur blanc, arrive sur scène. Et elle ne compte pas faire baisser la température. En hommage à Marc Moulin, elle chante «I Am You» avec le seul quatuor derrière elle. Un tressaillement nous parcourt l’échine.

Avec simplicité et un sens inné de la scène, elle enchaîne «Soul Teacher» avec le band au complet. La voix est graineuse, sensuelle, claire, présente et sans faiblesse. Et la machine soul jazz funk est lancée. «The Prince», «Fruits Of Rooting», «Brain & Bungabunga», que des tubes potentiels, s’enchainent. Le drumming est sourd et sec, soutenu par une basse profonde et des claviers aériens, très vintage. C’est du gros son, du bon groove, de légers effets électro et de rares samples. La présence, le charme et le talent de La Jérôme font le reste. Irrésistible.

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«Bye Buy World», avec ses nappes de violons, prend encore plus de consistance et d'épaisseur. Offre un certain décalage aussi. Ces arrangements, sur une musique sensuelle et mouvante, voire insouciante, accentuent toute l'ambigüité des paroles désabusées et critiques. Tout comme ils accentuent aussi la gravité des propos dans «The Reason» (au piano et violons).

La Jérôme ménage les effets. Elle captive, elle magnétise. Elle tient la salle et son public avec sincérité et bienveillance. Le temps passe trop vite.

Alors, elle termine avec un presque psychédélique «Let Me Talk To You» et un puissant «Stay Bold». On est assez bluffé par la performance.

En rappel, le trompettiste Nicolas Vandooren, qui s’est également occupé des arrangements ce soir, accompagne la chanteuse pour un sensible et émouvant «Promised Land», qu’elle chantait souvent en fin de concert avec… Marc Moulin…

Alors, pour ponctuer cet excellente performance, et pour boucler la boucle, elle reprend, façon presque hard rock cette fois, «I Am You». Comme un exutoire, comme une fête…

Allez voir La Jérôme ! Profitez-en pour la voir, tant qu’il est temps, dans des salles moyennes, avant qu’elle ne s'attaque à de plus grosses scènes.

Merci à ©Olivier Lestoquoit pour les images.

 

 

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28/01/2008

Babel Live au Cirque Royal

Autour de Babel est un programme diffusé le vendredi soir sur Musiq 3, entre 22 et 24 heures.
Comme son nom le laisse supposer, cette émission mélange tous les genres de musiques et de langages. Peu de mots, cependant, mais beaucoup de sons.
Cela va de la musique contemporaine à l’opéra en passant  par le rock, les musiques ethniques, le jazz etc…

Si vous n’avez pas toujours l’occasion d’écouter ces émissions en direct, faites comme moi, réécoutez-les via les podcast. Ça en vaut souvent la peine…
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Ce vendredi soir, au Cirque Royal, on soufflait la première bougie d’Autour de Babel et on avait invité un joli bouquet de musiciens.
Et à 20h. précise, diffusion radiophonique oblige, ils sont placés en cercle au centre de la salle.

L’Ensemble des Musiques Nouvelles siffle le départ de ce curieux voyage tout en surprises et découvertes.
Chaque musicien a amené quelques compos et Jean Paul Dessy a réussi le tour de force de lier le tout avec une belle cohérence.

L’orchestre propose d’abord une pièce classique, entre musique de chambre et baroque.
On glisse alors vers quelques tempos électro –atmosphériques distillés par Franz Treichler (Young Gods), alors qu’Erik Truffaz y dépose de longues notes brumeuses.
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Aussitôt, Boyan Vodenitcharov entame une valse contemporaine, accompagné par des violons aux sons décadents et incertains.

Et on continue ainsi la ronde sans pause ni temps morts.
Tout s’enchaîne avec élégance: l’Ensemble des Musiques Nouvelles créant le lien entre les différents styles de musiques. Bien sûr, parfois, ça manque de rebondissements ou de nerf.
On attend les trublions.
Les voilà.

An Pierlé, accompagnée de son fidèle guitariste Koen Gisen propose une plaintive chanson pop. Le chant est presque romantique. Et c’est émouvant quand le premier violon la reprend sur une note haute pour basculer dans une autre ambiance.
Cet autre univers, c’est celui de Pascal Comelade, avec sa panoplie de minis instruments : violons et piano d’enfants, ukulélé, mélodica…
Sa musique évoque l’enfance, le jeu, l’insouciance… mais aussi les craintes et les peurs.
Moment d’une merveilleuse fraîcheur.
(Pascal Comelade a inspiré un collectif japonais, «Les Pascals», dont je vous recommande l’album «Abiento».)
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Et l’on continue ainsi le voyage avec un morceau de Rachmaninov à la suite duquel Boyan Vodenitcharov improvise de façon magistrale.
(Boyan avait sorti «Les Valses», voici quelques années, en duo avec Steve Houben où se mélangeaient jazz et classique. Un bijou !)
Ici, il improvise avec force et fermeté (quelles attaques!) de façon «classique», avec quelques inflexions jazz. Il invite ainsi Truffaz à interpréter une merveilleuse pièce, «Le Père Avant l’Aube» (écrite par le trompettiste), qu’accompagne l’orchestre.
C’est lumineux et brillant.
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Avec Dhruba Ghosh et son sârangî, nous voilà plongé au cœur des rues de Bombay.
Son instrument chante sous son archet tandis que l’Ensemble joue le rôle du tampura.
Le dialogue entre sârangî et violoncelle est lui aussi un beau symbole de rapprochement, d’échange et d’ouverture. Truffaz intervient à nouveau pour continuer en duo avec le musicien indien.

Et nous voilà reparti pour un tour avec Comelade qui reprend à sa manière, entre valse et musette, un morceau de P.J. Harvey, «Love Too Soon», chanté par An Pierlé.
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Et petit à petit, tout se mélange.
Franz Treichler ponctue la musique d’effets électros et la soprano Elise Gäbele vient chanter magnifiquement un air d’opéra contemporain.
Grand frisson.
Puis, un air de Debussy s’invite à la fête avant le grand final joué par tous les protagonistes.
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Merveilleuse expérience qui prouve une fois de plus que la musique n’a pas de frontière.
Au contraire, elle a ce don particulier de réunir entre eux les hommes et les différentes cultures… Encore faut-il savoir l’entendre.

Ma soirée se termine avec quelques amis et Erik Truffaz à rire et «babeler» (hé, hé…) musique, voyage, littérature (j’étais assez largué, sur ce coup-là…) et art jusqu’à... tard…
De quoi refaire le monde, en quelque sorte…

A+