21/07/2015

BRZZVLL à L'Epaulé Jeté

L’Epaulé Jeté. C'est la première fois, depuis son ouverture, que je passe dans ce nouvel endroit à la mode du côté de la Place Flagey et qui propose régulièrement (depuis le 30 avril - journée internationale du jazz – tout un symbole !) des concerts de jazz.

Ce soir c'est BRZZVLL qui s’est coincé juste à côté l’escalier en colimaçon.

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Je n'avais plus vu ce groupe sur scène depuis bien longtemps (du temps où il avait encore toutes ses voyelles, c’est dire !), mais j’avais plus ou moins suivi leur parcours discographique (Happy Life Creator et Polemicals).

Le groupe anversois a d’ailleurs publié fin de l’année dernière un excellent album (Engines) avec, ni plus ni moins, Anthony Joseph ! Un conseil : si vous aimez Gil Scott-Heron et le groove intelligent, foncez !

Ce soir, BRZZVLL se présente sans le chanteur mais non sans son énergie habituelle. BRZZVLL, c'est du gros son et du groove puissant. Et il faut bien deux batteries (Stijn Cools et Maarten Moesen) pour marteler les rythmes funky en diable. Dès le premier morceau, le décor est planté. Derrière ses keyboards, Jan Willems, qui déverse un flot continu de courts motifs hyper accrocheurs, est soutenu par les deux saxophonistes qui s’amusent à développer les thèmes avec fougue. Tout en intensité, Andrew Claes (ts) enchaîne les chorus tandis que Vincent Brijs (baryton sax) ponctue grassement les accents funk.

Parfois plus soul, le septette ne relâche en rien la pression et permet même à l’excellent Geert Hellings – guitare électrique aux cordes très flottantes - d’user de distorsions ou de riffs à la Jeff Beck. Le groove est sourd et entêtant. Le groupe marie funk, rock vintage, l’afrobeat à la Tony Allen ou la dance électro actuelle (tendance SBTRKT), surtout quand Andrew Claes se déchaine à l'EWI. Dries Laheye, quant à lui, se fend de quelques courts solos mais assure surtout une pulse continue.

Les morceaux sont souvent solaires et la "tourne" est bien huilée. Les arrangements sont pleins de reliefs. La musique est grasse, profonde et dansante. Les rythmes sont modulés avec subtilité et sensualité et les thèmes sont plutôt riches et assez variés pour que jamais on ne s'ennuie. Alors ça ondule, ça balance et ça tangue dans le public... qui en redemande. Après une bonne heure et demie, les musiciens - en nage - finissent par mettre fin à un concert plutôt torride.

On attend maintenant de revoir BRZZVLL, avec Anthony Joseph cette fois, au prochain festival Saint-Jazz-Ten-Noode. Soyez-y, ça promet !

 

BRZZVLL feat. ANTHONY JOSEPH - MIND IS A JUNGLE from jochem baelus on Vimeo.

 

A+

 

28/07/2008

Dinant Jazz Nights 2008 (Day 1)

Et Dinant Jazz Nights, c’était comment ?

Avant un compte-rendu plus détaillé sur Citizen Jazz prochainement, voici un petit aperçu de mes trois jours dans la cité d’Adolphe Sax.

J’arrive vendredi soir du côté du Parc St Norbert, près de l’Abbaye de Leffe.
À l’entrée, Jean-Claude Laloux m’accueille chaleureusement…
Seulement, il semble un peu contrarié.
Je le comprends lorsqu’il m’explique que Milton Nascimento ne sera pas présent au festival.
Le groupe des frères Belmondo et du chanteur brésilien sera remplacé par Tania Maria.
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En attendant, le premier concert débute.
Il s’agit de Brazzaville, jeune groupe anversois qui a remporté le concours «Jong Jazz Talent 2007» organisé par le Gent Jazz festival.

Brazzaville, c’est deux souffleurs (Vincent Brijs, sax baryton et Andrew Claes au ténor), un guitariste au look de cow-bow (Geert Hellings) un pianiste, qui joue aussi du Rhodes et - puisque Rhoda Scott est programmée au festival - de l’orgue Hammond (Jan Willems), un batteur (Maarten Moesen) et un bassiste (Nicolas Rombouts

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Les présentations sont faites, que la fête commence !
La fête oui, car leur musique, c’est du funk, de la fusion, de la soul, de l’afro beat et bien d’autres choses encore.
Et c’est excellemment joué !
Et sur disque, ce n’est pas moins bon. Je vous le conseille déjà ! (Cherchez par-là)

Le set est enlevé, net, fort.
Pur plaisir.
Ça groove et ça ne se prend pas au sérieux.

Pas plus sérieux ensuite avec Sanseverino.

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Venu avec deux accordéonistes magnifiques: Didier Ithursarry (déjà vu avec l’ONJ de Claude Barthelemy au Théâtre Mani, par exemple) et Vincent Pierani (entendu aux côtés de Manu Codjia, Olivier Calmel, etc…), Sanseverino joue avec les mots à la manière d’un Boby Lapointe et les aiguise comme un François Béranger.

Il s’accompagne à la guitare et donne de grands coups de pieds sur les cymbales disposées devant lui.
Il s’amuse de commentaires parfois douteux (toujours prêt à faire un bon mot, il dérape quand même quelque peu sur la délicate situation politique en Belgique… Mais heureusement, il ne s’y étend pas), il écorne un peu l’église (à l’Abbaye de Leffe, faut oser) et un peu Sarko (un peu facile). Bref, il caricature la société.

C’est de la chanson manouche, swinguante et amusante.
Eric Legnini (parrain du festival) viendra l’accompagner au piano pour une chanson.

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Mais le moment le plus intense restera quand même ce très beau solo à l’accordéon de Pierani, quand il s’accompagne d’un chant plaintif.

Bonne première soirée...

Demain, on continue.