14/09/2017

La Chambre Verte

Souvent, je les croise lors de concerts. Souvent, ils sont sont là bien avant le concert. Ils sont là pendant la balance.

Un peu avant aussi.

Ce sont Bastien Paternotte et Vincent Dascotte, casque sur les oreilles, micro à la main.

C’est Arnaud Ghys l’œil collé à l’objectif.

la chambre verte,

Ils captent l’ambiance avant que les musiciens ne montent sur scène, en toute décontraction. Ils échangent.

Puis ils partagent.

C’est du son et des images fixes. Un montage subtil, intelligent et impressionniste, qui révèle l’artiste. Un moment… différent.

C’est La Chambre Verte.

Il y a d’abord eu Erik Truffaz, lors de son passage à Flagey (il a eu droit à son "webdocumentaire" et on espère que les autres jazzmen y auront droit aussi). Puis il y a eu David Linx lors de son concert au Théâtre Marni ensuite Ivan Paduart, Quentin Dujardin et Manu Katché au Tournai Jazz Festival

Maintenant c’est au tour d’Antoine Pierre d’entrer dans la Chambre Verte. C’était lors de son passage à la Jazz Station en mars dernier.

Assez complémentaire avec ce que vous lisez chez Jazzques, non ?

Assez parlé. Assez lu.

Allez écouter. C’est ici !

 

Photo © Arnaud Ghys.

A+

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20/02/2017

Tournai Jazz Festival 2017

Privé des habituelles salles de la Maison de la Culture, à cause de travaux, le Tournai Jazz Festival se devait de trouver un nouvel endroit pour sa 6ème édition. Quand on sait que les salles de spectacles ne sont pas légion dans cette ville, ce n’était pas gagné.

Face à l’adversité, certains auraient jeté l’éponge, mais c’était sans compter sur l’énergie et l’enthousiasme débordant d’une équipe de bénévoles dévouée au jazz et à la bonne cause (rappelons que la plupart des bénéfices sont reversés, via le Fifty One Club, aux plus démunis).

C’est donc en plein centre de la ville, sur la Grand Place, que le festival s’est installé. Et pour cinq jours ! D’une part sous le beau chapiteau du Magic Mirrors et d’autre part à la Halle aux Draps. Le résultat : carton plein ! Le public tournaisien – et même celui venu de bien plus loin - a répondu présent, et le festival a affiché complet du mercredi au dimanche.

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Comme chaque année, les organisateurs avaient alternés concerts de groupes locaux, belges et internationaux. Ce sont les français de Polvèche Quintet qui ont d’abord partagé la scène avec les tournaisiens d’Uncle Waldo et de Glass Museum.

Le lendemain, c’est l’Âme des Poètes qui a émerveillé le Magic Mirrors avant de laisser la place, à la Halle aux Draps, à CharlElie Couture. C’était, pour ce dernier, le seul et unique concert en Europe. Concert bien légitime dans le cadre de ce festival , quand on connaît l’excellent album blues « Lafayette » que le célèbre chanteur français, expatrié à New York, vient de sortir. Et, en trio, ce soir, on peut dire qu’il a conquis tout le monde.

En fin de soirée, Récital Boxon, emmené par la chanteuse Maïa Chauvier, bousculait un peu le public avec ses chansons engagées à la poésie incisive, dans un mélange de jazz, de folk, de rock et de spoken words. Un groupe à suivre.

Vendredi, déjà le troisième jour !

Le Magic Mirrors est l'écrin idéal pour la musique scintillante, groovy et poétique de Lorenzo Di Maio. Le quintette du guitariste a sorti un premier album (Black Rainbow) très réussi qui a été salué par une presse belge et internationale unanimes. Ce soir encore, le groupe démontre tout son potentiel et ses qualités. Du groove d'abord avec « Lonesome Traveller », puis le nerveux « No Other Way » dans lequel Nicola Andrioli (p) et Jean-Paul Estiévenart (tp) surenchérissent de maestria. Les doigts du pianiste s'affolent sur le clavier pour provoquer le trompettiste qui n'attend que ça. Estiévenart invente, malaxe, tord, étire et hache les notes avec un appétit féroce. « Black Rainbow » ou « Détachement », tout en douceur et en esprit americana, laissent divaguer la guitare chaude et languissante de Di Maio, soutenue par la basse sensuelle de Cédric Raymond. On ressent chez ce denier le côté multi instrumentiste qui lui permet de sortir des plans auxquels on ne s’attend pas. Il joue vraiment avec le groupe. C'est un peu pareil pour Antoine Pierre aux drums, qui découpe, précède ou construit, presque abstraitement, les thèmes en gardant une pulsation précise. Avec le très milesien « Open D », boosté par un intenable Nicola Andrioli au Fender Rhodes, suivi du jubilatoire « Santo Spirito », Lorenzo Di Maio Quintet conclu un concert de grande efficacité.

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Le temps de traverser la Grand Place et nous voilà à la Halle aux Draps. Soulignons le travail remarquable sur l’acoustique faite par toute l’équipe de techniciens de la Maison de la Culture. Pas facile, en effet, de sonoriser la cour intérieure couverte, d’un édifice tout en pierres datant de la Renaissance. Mais l’endroit est sublime et se prête, ici aussi, merveilleusement bien à la musique toute en atmosphère d'Anouar Brahem. Le oudiste, accompagné par Björn Meyer à la basse, Klaus Gering à la clarinette basse, François Couturier au piano et par l’Orchestre de Chambre de Wallonie conduit par Frank Braley, entame un long morceau contemplatif dont il a le secret. Le tunisien reprend principalement le répertoire de son album « Souvenance », sorti chez ECM en 2015. La basse électrique, au son très mat, fait écho au oud, léger comme le vent. Tandis que les cordes déroulent un tapis ondulant et mouvant, la clarinette basse sonde les mystères de la mélancolie. Le piano quant à lui, dialogue sobrement avec l’orchestre et amène une pointe de fraîcheur. Nous sommes à la croisée de la musique arabe, du jazz et du classique. Quelques rares interludes improvisés des solistes permettent les transitions bienvenues entre les morceaux qui, malgré leur éblouissante écriture, semblent parfois s’étaler juste un peu trop. On voyage dans un grand paysage harmonique, jamais grandiloquent ni étouffant, on plane et on se recueille presque. Il faut remarquer et saluer aussi la qualité d'écoute d’un public subjugué, respectueux, attentif et très enthousiaste. Ce qui est toujours agréable.

La transition est parfaite entre la musique d’Anouar Brahem et celle de Quentin Dujardin et Ivan Paduart, qui présentaient « Catharsis » en quintette, dans un Magic Mirrors noir de monde. Ici aussi, il s’agit de tirer un trait d'union entre la musique méditerranéenne, défendue par le guitariste, et le jazz plus affirmé délivré avec vigueur par le pianiste. Au duo de base, s’ajoutent le magnifique trompettiste Bert Joris – qui vient de sortir une perle avec le BJO - le bassiste électrique Théo de Jong et le batteur Manu Katché. Ici, c’est le groove et le swing moderne qui prennent rapidement le dessus. « Délivrance » puis « Far Ahead » donnent le ton. Les échanges sont vifs mais nuancés. « Retrouvailles » est plus intimiste et la guitare de Dujardin est bien mise en avant. Le jeu est fin, équilibré et brillant. Tout comme Paduart, Dujardin ne cherche pas nécessairement les accords complexes, du moins en apparence, mais essaie toujours de faire passer l'émotion au travers d’un jeu subtil et vivant. Associés au son enrobant mais toujours limpide de Bert Joris, les morceaux délivrent toutes leurs saveurs, à la fois épicées et sucrées. Entre Manu Katché, au jeu sec et tendu et Ivan Paduart, plus aérien mais aussi parfois très percussif, l’entente est parfaite. La musique bouge, se transforme, se déplace. Le jazz se mélange aux rythmes hispanisants et dansants, voire funky, comme sur un « Human Being », par exemple, dans lequel Théo de Jong fait éclater tout son talent avant que Katché ne conclue la soirée d’un solo époustouflant.

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Samedi, ça ne fait que commencer !

Le pari était plutôt osé de programmer le premier concert de samedi à 15 h30. Mais, bonne surprise : même si le Magic Mirrors n'est pas rempli au début du concert, il se comblera très vite pour accueillir le Heptatomic de Eve Beuvens ! Voilà qui confirme une réelle curiosité et un engouement certain du public tournaisien pour le jazz. Au fil du temps, le projet de la pianiste a pris du corps. A l'esprit migusien qui en avait surpris plus d'un lors de sa création au Gaume Jazz en 2013, Heptatomic semble y avoir ajouter une pointe George Russel, de Lennie Tristano ou même peut-être de Gunter Shuller. Toutes ses influences, conscientes ou pas, nourrissent un jazz moderne, acéré et franchement jubilatoire. La musique est angulaire mais ne manque certainement pas de swing. Elle rebondit, elle fonce, elle attend, elle recule pour mieux sauter. Et c'est tout bonus pour les solistes. Sam Comerford (ts), Grégoire Tirtiaux (as) et Jean-Paul Estiévenart se relaient tour à tour pour emmener la musique toujours plus loin. Benjamin Sauzereau inocule l’ensemble de riffs diaphanes dans un jeu très personnel, quant à Manolo Cabras, faisant claquer les cordes de sa basse et Lionel Beuvens à la batterie, ils assurent une rythmique des plus efficaces. Mélangeant nouveaux et anciens thèmes, Eve Beuvens et sa troupe arrivent à capter l'attention du public et à rendre toute cette émotion, énergique ou fragile, avec assurance. Bien équilibré et bien pensé, entre complexité et sensibilité, le set se prolonge par un rappel auquel Eve elle-même ne s'attendait pas, prouvant ainsi la qualité du projet et l’intérêt du public pour celui-ci.

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Vers 17h30, la Halle aux Draps a fait le plein pour accueillir le duo du pianiste Jacky Terrasson et du buggliste Stéphane Belmondo. Ceux-ci présentent le très intimiste album « Mother » sorti l'année dernière. Entre ballades originales et standards, joués sobrement et avec une pointe d'humour, la musique berce l'auditoire avec bienveillance. Il faut un petit temps pour que le concert trouve sa voie, mais quand l'inspiration vient, on sent les deux musiciens totalement complices. Ils n'hésitent pas à parsemer les thèmes de citations. Ils déconstruisent et remontent à leur façon des airs que l’on connaît presque par cœur. Le duo mixe les moments de mélancolie et les moments de totale désinvolture. Le jeu de Terrasson est à la fois romantique et rythmiquement ferme. Belmondo n'hésite jamais à désamorcer la tension qui risquerait d’envahir un peu trop la musique. Du coup, après l’émouvant « You Don’t Know What Love Is » et surtout « La chanson d’Hélène », délivrés avec une sensibilité à fleur de peau, « Les valseuses », « Fun Key » ou encore « Pompignan » se dégustent avec un plaisir non feint.

Sur les coups de 19h 30, la salle est archi comble lorsque Kyle Eastwood monte sur scène. Le démarrage est explosif et ne donne aucun doute sur l'objectif de la musique que le contrebassiste défend. « Proceco Smile » et « Bullet Train » déboulent avec furie. C’est clair, Eastwood veut, comme il le dit lui-même, payer son tribu à la musique des années ‘50, celle des Blakey, Morgan et Silver. Loin d'en faire une simple copie, Eastwood et ses compagnons insufflent un son bien actuel et décomplexé. Quentin Collins à la trompette et Brandon Allen au sax se relaient pour faire monter l’intensité. Ça y va à l'énergie. Franck Agulhon fouette et frappe dans un pulse toute maîtrisée ses fûts, tandis qu’au piano, Andrew McCormack distille des phrases bop bien senties. Le leader impressionne aussi dans son jeu à l’archet, sur « Marrakech » notamment. On le préfèrera à la basse acoustique qu’à l’électrique, qui est pourtant son instrument de prédilection. En effet, la version de « Dolphin Dance » un peu trop respectueuse et « Letter From Iwo Jima » en duo basse électrique et piano, font légèrement baisser l’enthousiasme. Après ce passage un peu plus faible et d’autres moments presque trop pop, le groupe reprend des forces avec « Caipirinha » et un « Big Noise From Winnetka » enflammé. Quant au « Boogie Stop Shuffle » en rappel et entamé en solo, il sera concis, direct et intense comme on l’aime.

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A son tour, Manu Katché a fait salle comble et a soigné la mise en scène. Arrivée de star dans la pénombre tandis que le groupe entame l’intro d’ « Unstatic », du nom du très bon album sorti récemment. Comme sur le disque, Katché suit fidèlement l’ordre des morceaux. Il laisse juste l’espace qu’il faut aux saxophonistes, Raffaele Casarano et Torre Brunborg, pour improviser. Jim Watson se partage entre le piano et le Fender, distillant des notes plus soul. Quant à Jérôme Regard, il assure avec fermeté un tempo solide. Il faut quand même laisser à Manu Katché un style et un son particuliers, reconnaissables entre cent. Sa façon de faire sonner les cymbales, de redoubler les coups sur les caisses claires et les toms, tout en gardant un gros son bien marqué, est assez unique. « City », Blossom » ou « Daze Days » défilent. Le groupe reste assez proche des mélodies, très écrites, enregistrées sur l'album. Cela en rassure certains et laisse un petit goût de trop peu à ceux qui aiment les surprises. Mais en rappel, l’éternel « Cherokee » permet à tous de vraiment se lâcher. Et c’est bon ! Trois rappels se succèdent alors pour combler un public très enthousiaste.

Et comme si cela ne suffit pas, le festival a encore prévu un concert ! Il est près de minuit quand le Nu Jazz Project du trompettiste François Legrain monte sur la scène du Magic Mirrors qui ne désemplit pas. « Do You Know Where You’re Coming From ? », « Siegfried », « Keep Me In Mind » s’enchainent. Le public est toujours là et danse sur les rythmes jazz, drum ‘n bass et hip hop du collectif. Le mélange fonctionne assurément bien. Les cuivres sonnent ( Dominique Della-Nave au trombone, Maayan Smith au sax), le drumming de Sylvio Iascio est puissant, DJ Odilon crache les scratchs, soutenu par Brieuc Angenot à la basse. Quant à Dorian Dumont au piano électrique, il s’immisce entre les voix de Soul T et Angela Ricci qui assurent un flow parfait.

 

Come Sunday.

Pour les insatiables et les lève-tôt, l’organisation avait prévu, dès 11h du matin, une série d’animations et de concerts gratuits ! A commencer d’abord par une évocation de Boris Vian, puis des concerts des élèves du conservatoire de Tournai. Vers 16h. c’est le big band JMO, sous la houlette du jeune pianiste Gilles Carlier, qui propose ses compositions originales et des standards peu joués, dans des arrangements qui ne craignent pas la sophistication. Plutôt osé pour un band d’amateurs. Mais le travail et l'audace paie. On remarquera ainsi quelques bons solistes tels que le saxophoniste Thomas Van Ingelgem sur un « Chronométrie » assez complexe, un trompettiste sur « Walkin' Tiptoe » de Bert Joris ou encore l’excellente chanteuse Sarah Butruille, sur « Avalon » de Natalie Cole, entre autres.

Et pour conclure ces cinq jours intenses, Fabrice Alleman met un point d’honneur à offrir un concert sublime et sans faille, malgré un léger problème technique et une courte panne qui prive le chapiteau de lumière, mais pas de musique, pendant quelques minutes. « Obviously » est sorti en 2013 déjà, et ne cesse de bonifier. Ce projet qui allie jazz sensuel et rythmes groovy n’oublie pas la tendresse dans les compositions magnifiées par le jeu aérien et à la fois déterminé de Nathalie Loriers. « Regard croisés » se développe tout en douceur et volupté. « Suite Of The Day » qui se décline en trois parties reste un must du répertoire d’Alleman. Le sax se déploie, crie puis s'amuse et laisse la place au Fender Rhodes, très soul et groovy, de Nathalie Loriers. Et le final, plus funk jazz et un peu canaille, embrase la salle. Lionel Beuvens et Reggie Washington assurent une rythmique parfaite. « Take It As It Is », en duo piano/soprano, et même sifflée, est une ballade sensible et romantique d’où s’échappent de belles notes bleues. Pour terminer, « Open Your Door », rageur et revendicatif, et « Crazy Races », tendu et galopant, vont titiller les limites du « out ». Ces nouveaux morceaux donnent encore plus de corps à un projet qui mêle humanisme et rage, bonheur et inquiétudes. Et qui devrait continuer à évoluer.

Une fois de plus, le Tournai Jazz festival a tenu toutes ses promesses. Il y en a eu pour tous les goûts ! C’était un cadeau pour ceux qui ne connaissaient pas le bon jazz, ou s’en faisait une fausse idée, et pour ceux qui ne jurent que par lui.

On se donne déjà rendez-vous en 2018 avec le même plaisir et la même gourmandise.

 A+

Photos : © JC Thibaut

 

26/01/2014

Rendez-vous à Tournai

Plus que 9 fois dormir et s’ouvrira à Tournai la troisième édition du Festival de Jazz.

Rappelez-vous, j’avais parlé de deux précédentes éditions, qui avaient tenues toutes leurs promesses, sur Citizen Jazz (d’abord ici et puis ici).

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En 2013, les organisateurs avaient tiré les leçons d’un premier essai assez ambitieux (presqu’un coup de maître) avec bonheur. Le Tournai Jazz Festival reprend donc la même formule cette année et l’affine encore un peu plus. Outre le patio et l’habituelle salle Jean Noté, la salle Lucas ouvrira également ses portes pour accueillir au total 11 concerts pendant deux jours.

Du côté de la programmation, Geoffrey Bernard (l’un des principaux initiateurs du projet) et ses amis se sont, une fois de plus, plutôt bien débrouillés pour proposer une affiche originale et bien alléchante.

Voyons ça en images et en musiques…

Vendredi, c’est Elia Fragione (dans un registre pop jazz) qui donnera le coup d’envoi, et l’intenable Daniel Willem et son Gipsy Jazz Band qui fermera le ban.

 

 

Entre les deux, Tournai aura les honneurs de l’excellent Jef Neve (avec son Sons Of A New World) et l’étonnante - et très réussie - évocation de Billie Holiday par Viktor Lazlo (vu l’année dernière au Théâtre Le Public à Bruxelles, je vous le recommande).

Samedi, après le drôle et touchant conte musical pour enfants de Toine Thys, «La Mélodie Philosophale» (vu l’été dernier au Gaume Jazz. Je vous le conseille vivement, même si vous avez passé l’âge), Ivan Paduart se produira en trio, avec Hans Van Oosterhout et Philippe Aerts. Ça commence donc très bien, non ?

Et ce n’est pas fini !

Il y aura Electrophazz, Les Swing Hommes

 

 

Mais il y aura aussi, ni plus ni moins, la fabuleuse chanteuse Youn Sun Nah pour un concert envoutant et frissonnant à souhait (je vous le garantis), suivi par le trio de Avishai Cohen, (qui avait mis tout le monde d’accord lors du Jazz Middelheim en 2012 !).

 

 

Ça promet !

Mon petit doigt me dit qu’il ne faut plus tarder à réserver… tout est bientôt sold-out ! Vite !

On se retrouve là-bas ?

A+

 

29/08/2010

Le Music Village a dix ans.

Une nuit de 1999, je m’étais baladé du côté de la Rue Traversière et étais entré au Travers (lieu mythique du jazz bruxellois, aujourd’hui disparu. Jules - du Travers - s’occupe actuellement de la programmation au Théâtre Marni). Dans le fond de cet endroit sombre et enfumé y jouait le quartette de Ben Sluijs. Pour moi, ce fut une belle claque. Voulant absolument savoir où jouera ce groupe prochainement, je fouille le site Jazz Valley (lui aussi disparu)…

C’est comme cela que, quelques mois plus tard, je découvre le Music Village, à deux pas de la Grand Place, dans une ancienne quincaillerie totalement relookée. L’endroit est intime, chaleureux, cosy. Je me renseigne à l’entrée et apprends que le club a ouvert ses portes, il y a quelques mois à peine… Ouf, je n’ai presque rien raté.

 

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Dix ans plus tard, le Music Village est toujours là, fidèle à l’esprit voulu par Paul Huygens.

 

À partir du 3 septembre, pour fêter dignement cet anniversaire, le club programme une série de concerts «spéciaux». On y verra Phil Abraham, Dave Pike, Gino Lattuca, Ivan Paduart, Amina Figarova, Mélanie De Biasio, les Swing Dealers, Charles Loos et bien d’autres encore.

 

Dix ans, c’est  un bel age et c’est l’occasion de poser dix questions au maître des lieux, Paul Huygens.

 

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1 : Pourquoi le jazz ?

 

Avant tout pour l'atmosphère (sentimentale ou excitante) qui entoure la musique de jazz live. Et, étant surtout amateur de musique classique pendant mon adolescence, je trouve, avec le temps, que le JAZZ est la musique de la VRAIE vie. Pas dramatique, pas extrême, mais faite de rose avec des touches de gris, et de gris avec des touches de rose… bref jazzy. Et bien sûr pour des tas d'autres raisons plus savantes…

 

2 : Pourquoi le nom de "Music Village" ?

 

En référence au Village Vanguard d’abord et ensuite, à l’origine, pour permettre d’ouvrir l’espace à d’autres musiques. Ce qui n’est plus trop d’actualité… Et puis l’idée de «Village» me semblait «cosy» : atmosphère, atmosphère….

 

3 : Pourquoi près de la Grand Place ?

 

Clairement pour bénéficier d’une visibilité nationale et internationale. Pour être au centre de la capitale de l’Europe et pour cette dernière. Pour ajouter un atout culturel international (qui manquait d’ailleurs…). Et parce que l’Anglais et le jazz, c’est éminemment international et «œcuménique».

 

4 : Quel a été ton premier contact avec le jazz et le premier coup de coeur ?

 

Mon instituteur primaire, en 1ère et 2e, qui s’appelait Charles Denose, jouait en classe de la guitare jazz et du banjo. Voyant mon intérêt, il avait même prêté à mes parents l’intégrale de Django Reinhardt (en vinyle, indeed. Années 1958…).

 

5 : Quel est ton meilleur souvenir, parmi les nombreux concerts, au Music Village ?

 

Le tout premier concert live, en août 2000, quand les premiers accords ont résonné pour un public. J’ai versé quelques larmes, même… (en coulisses, indeed) Il y avait, entre autres, Roger Van Ha et Johan Clement.

 

6 : Si tu n’avais aucune limite de budget, quel artiste rêverais-tu de voir un soir (ou deux, ou trois, ou plus) au Music Village?

 

Jacky Terrasson sans aucune hésitation.

 

7 : Que penses-tu de l’évolution du jazz (en Belgique ou ailleurs) depuis ces dix dernières années ?

 

Probablement qu’il y a un peu plus d’intérêt de la part des plus jeunes pour le répertoire classique. Qu’il y a moins d’ «extrémisme» créatif. Et qu’il y a toujours aussi peu de clubs de jazz… J’essaie d’y travailler au sein du Conseil des Musiques non Classiques.

 

8 : Quel est la plus grande difficulté à surmonter lorsqu¹on est patron d¹un club de jazz ?

 

Arriver à faire un bon mix entre «jazz-art» et de «jazz-entertainment», les 2 piliers du jazz qui sont certainement, selon moi, les seules manières de se projeter dans l’avenir. Cela dit, de manière plus prosaïque, le problème est toujours d’arriver à boucler les budgets, en étant, pour l’essentiel autofinancé (90%).

 

9 : Sur quels critères as-tu établi le programme pour « fêter » ces dix ans ?

 

Je voulais avant tout réunir un maximum de musiciens – belges surtout – qui ont accompagné et compris mon aventure depuis 10 ans.

 

10 : Que nous réserve le Music Village pour les dix ans à venir ?

 

Je veux surtout continuer à soutenir le jazz «classique» et ses musiciens belges, et offrir à un public renouvelé, qui n’est pas toujours spécialiste, une belle introduction vers la musique de jazz. Et, en même temps, présenter ceux qui, parmi la jeune génération, partagent les valeurs éternelles du jazz qui sont pour moi : swing, intelligence, créativité, plaisir partagé… et puis, l’atmosphère !

 

 

Réservez dès maintenant vos places pour le mois de septembre… et les dix années à venir.

Happy birthday, Paul.

 

(Merci à Jos Knaepen pour la photo). 

 

 

A+

 

29/12/2008

Hommage à Pierre van Dormael au Sounds


Plus frustrant encore que de ne pas avoir le temps d’écrire, c’est de ne pas avoir le temps d’aller aux concerts.
Imaginez-vous que le dernier auquel j’ai assisté, c’était le 18 décembre au Sounds : l’hommage à Pierre Van Dormael.
Mais il était mémorable.
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C’est bien sûr une majorité de guitaristes qui s’étaient donnés rendez-vous au club (Alain Pierre, Peter Hertmans, Serge Lazarevitch, Marc Lelangue, Marco Locurcio, Victor Da Costa, Philip Catherine, Alain Pierre et j’en oublie… qu’ils me pardonnent).
Tous les musiciens qui ont compté ou qui ont sans doute beaucoup appris aux côtés de Pierre.
Il y a des guitaristes, bien sûr, mais aussi beaucoup d’autres instrumentistes. Et des amis. Et la famille de Pierre, dont son frère, Jaco.

Le club est quasi comble et les bénéfices de la soirée serviront à financer l’édition d’un ouvrage écrit par Pierre « Four Principles to Understand Music » (asbl Art Public).

Christine Rygaert nous a concocté un programme de choix.

Pour l’occasion, Atachin s’était reformé. Le temps d’un soir.
La musique de Pierre flotte instantanément dans la salle.
Et tout au long de la soirée il y régnera un profond respect.

Le public est d’ailleurs très attentif à l’écoute du duo d’Alain Pierre et Peter Hertmans sur un morceau d’Abercrombie.
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Puis, Barbara Wiernik (voc) et Olivier Stalon (el.b) rejoignent Alain Pierre pour interpréter un morceau de Joni Mitchell et aussi «Time After Time».
Deux chansons que Pierre aimait beaucoup.

Avec Charles Loos (p), Nic Thys (b) et Serge Lazarevitch, Barbara enchaîne sur une superbe interprétation de «The Art Of Love» (que l’on retrouve sur l’album incontournable que Pierre avait enregistré avec David Linx et James Baldwin : «A Lover's Question»).
Frissons de plaisir.
Le pianiste dialogue ensuite avec le contrebassiste et le guitariste sur «Le temps qui grandit» et «La voie lactée», celle où Pierre, qui a toujours été très mystique, doit sans doute y briller à l’heure qu’il est.

Marc Lelangue (voc, g), avec Laurent Doumont (s), Nic Thys et Jan De Haas (dm), vient nous rappeler que Pierre connaissait aussi toutes les chansons de Bob Dylan.
Entre folk et blues, la voix profonde de Lelangue se fait vibrante.

On a décidé de ne pas faire de break. Il n’y aura pas de premier, de deuxième ni troisième set. Tout s’enchaînera et la soirée sera très longue.
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Anne Wolf prend place au piano.
Nicolas Kummert, Manu Hermia et Michel Seba (perc) l’accompagnent.
C’est «Estelle sous les étoiles», extrait d’un autre album incontournable de Pierre : «Vivaces», dans lequel jouaient tous ces musiciens.
Avant de continuer sur un air brésilien où l’on retrouve Victor Da Costa à la guitare et un Nicolas Thys dans un solo de basse extraordinaire, le groupe laisse la place à Ivan Paduart et Philip Catherine.
«Between Us» est sobre, sensible, magique.

Olivier Colette s’installe aussi au piano pour jouer (toujours avec Seba, Thys et Hermia) un «Undercover» intensément bluesy et riche. Ici aussi Thys est impérial, bien que ce soit la toute première fois qu’il joue ce morceau.
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C’est la première fois aussi que j’entends Jennifer Scavuzzo en live.
Elle est accompagnée par Marco Locurcio et Nicolas Kummert et «Love Me Always» penche un peu vers la soul music.
La voix de Jennifer est belle, légèrement graineuse et remplie d’émotion.
Superbe moment.
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Nathalie Loriers propose alors deux de ses propres compositions.
D’abord un très lyrique « Plus près des étoiles » et ensuite un swinguant et très «bopish» (comme disent les Américains) «Intuitions & Illusions».
Philippe Aerts est à la contrebasse, Kurt Van Herck au sax et Jan De Haas à la batterie.
Je le répète, et je n’arrête pas de le lui dire chaque fois que je la vois, Nathalie doit refaire un projet en trio ou quartette, c’est vraiment trop bien ! Qu’attend-elle ?
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Après «Mon ami Georgio» joué au piano par Michael Blass, on a droit à un quatuor vocal éblouissant.
Je n’ai pas retenu les noms de ces quatre vocalistes présentées par Kate Mayne, et je le regrette, car elles m’ont littéralement bluffé !
L’ensemble est d’une justesse et d’une maîtrise imparable.
«If I Were A Giant» et «My Little Elephant» subjuguent l’audience autant que moi.
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On change de registre, mais on reste toujours dans l’émotion, avec Chris Joris, au Bérimbau d’abord et avec Toine Thys à la clarinette basse (!!), et ensuite en trio de percussions avec Fred Malempré et Michel Seba.
L’ambiance est bouillante!

Barbara Wiernik revient alors sur scène avec Alain Pierre, Pierre Bernard (fl) et Olivier Stallon.
Puis c’est à nouveau Manu Hermia, et Nicolas Kummert et Pierre Lazarevitch, et puis encore d’autres prennent la place, et puis d’autres… etc.. etc…
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Il est déjà plus de deux heures trente du matin.
La fête à Pierre continue.
Je rentre.

On remettra ça le 28 janvier 2009 au Théâtre Marni, cette fois-ci.
Avec Octurn, Hervé Samb (avec qui Pierre venait d’enregistrer un dernier et merveilleux album), David Linx ou encore Aka Moon
Il ne faudra pas manquer ce rendez-vous-là non plus.

A+

13/11/2008

Ivan Paduart Trio - Music Village

Et pourquoi ne pas aller revoir le trio d’Ivan Paduart?
Ça tombe bien, je sors de l’Archiduc où j’ai été convié au Showcase de Fatima Spar - dont je reparlerai bientôt - et le Music Village est à deux pas.
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J’y serai bien allé la veille également, pour écouter le groupe Folk-Tassignon qui m’avait laissé d’excellents souvenirs l’année dernière.
Malheureusement, quelques impondérables m’ont empêché de m’y rendre.

Avec Ivan Paduart, c’est ambiance jazz club assurée.

On est bien, on est décontracté, c’est une musique qui se fait plaisir, qui ne se prend pas la tête et qui est parfaite pour l’endroit.
Sous les doigts du pianiste, les mélodies s’enchaînent avec volupté.
Un morceau de Kenny Baron succède à une compos originale, «Blue Landscape», jouée dans un style très Evansien, puis «Falling Grace» et l’inévitable et néanmoins superbe morceau fétiche du pianiste: «Igor».

Lionel Beuvens a remplacé l’habituel Joost van Schaik et Philippe Aerts tient la contrebasse.
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Ça faisait longtemps que je n’avais plus entendu Philippe en concert.
La dernière fois, c’était avec Nathalie Loriers lors du Jazz Marathon, je pense.
Ce qui me frappe ce soir, c’est la clarté incroyable de son jeu.
Toutes les notes sont extrêmement bien posées, précisément découpées, clairement exposées.
C’est éblouissant.
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Entre les deux sets, j’en profite pour en discuter avec lui.
J’apprends qu’il s’agit d’une nouvelle contrebasse. Qu’il l’a découverte en Italie, il y a peu, lors d’une interminable tournée mondiale avec Richard Galliano.
J’ai droit alors à un très intéressant point de vue sur les qualités d’une contrebasse, cet instrument «indomptable», voire «instable» diront certains.
On parle de longueur de cordes vibrantes, de distance entre les cordes et le manche, de la forme, du chevalet, du bois et de toute la magie indicible de l’instrument.
Son œil brille lorsqu’il évoque le plaisir de jouer sur une telle contrebasse.
Je le comprends car celle-là lui va superbement bien.

Le deuxième set reprend.
Paduart, toujours aussi romantique ou lyrique, se fait un peu plus incisif. Il y a quelques intonations à la Kenny Werner sur le très vibrant «My Foolish Heart».
Le trio s’échappe avec «Madeira» en forme de calypso, puis revient avec un thème qui porte la griffe reconnaissable de Paduart: «If We Could».
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Ce soir, le groupe nous rejouent l’Art du Trio, celui de l’écoute et du dialogue.

Mais Ivan jouera dans un tout autre contexte le 12 décembre au Cirque Royal, puisqu’il sera entouré de Fay Claassen, de Bob Malach et du prestigieux Metropole Orchestra.

J’espère y être…

A+

01/10/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 2 -

Retour à Ciney, samedi 22.
Affluence accrue. Et c’est tant mieux.

Je n’ai pas eu l’occasion d’entendre le Floreffe Big Band, mais par contre j’étais présent pour le concert de Mélanie De Biasio.

Aujourd’hui, c’est Lieven Venken qui tient les baguettes à la place de Teun Verbruggen.

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Ce qui est fascinant avec Mélanie, c’est l’ambiance qu’elle arrive à créer dès les premières mesures. On entre aussitôt dans son monde. Tout en délicatesse.
Mélanie De Biasio est sans doute une des plus belles choses qui soit arrivée au jazz vocal (au-delà de la Belgique) ces dernières années.
Elle allie le blues, le jazz et la chanson avec élégance et intelligence.

Après un «Blue» tout en nuance, la chanteuse invite Steve Houben à la rejoindre pour partager un «A Stomach Is Burning» intense.
Dialogue merveilleux entre le saxophoniste et la chanteuse qui ressort, pour l’occasion, la flûte.

La contrebasse du fidèle Axel Gilain est toujours aussi envoûtante.
Au piano, Pascal Mohy est volubile et merveilleux d’aisance sur le léger «Never Gonna Make It».
Le drumming de Lieven n’a rien à envier à celui de Teun. Il est délicat, sensible et toujours groovy. D’une autre couleur, certes, mais qui s’accorde très bien à l’univers de la chanteuse.
Pascal Paulus, quant à lui, teinte l’ensemble de sons très ’60. A la fois «soul» et lunaire.
Parfait.

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Avant de terminer en douceur un concret un peu court (la balance et la mise en place avaient pris un peu trop de temps), Steve Houben nous offre un solo brûlant sur «Let Me Love You»…

«Let Me Love You»… qui s’y refuserait ?

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Ce fut ensuite à Ivan Paduart de monter sur scène avec son quintet.
Ce soir, il présente un nouveau projet: «Exile With A Dream» avec Toon Ross (ss, ts), Sam Gerstmans (en remplacement du bassiste Philippe Aerts), Joost Van Schaaik (dm), Stéphane Belmondo (tp), et son amie de longue date - je me demande même si ce n’est pas Ivan qui la présenta à David Linx – la chanteuse hollandaise Fay Claassen.

Les deux premiers morceaux se joueront cependant sans elle.

«I Thought I New» met en lumière le jeu précis et vif de Paduart.
Moi aussi, je pensais que je savais. Je pensais que je connaissais le style du pianiste. Mais sur ce coup-là, et le morceau suivant («Storyteller», où l’on retrouve un esprit «Giant Step»), il m’a bluffé.

Ces morceaux font un beau tremplin pour les chorus de Belmondo.
Malheureusement, on le sentait un peu mal à l’aise.
À sa décharge, il n’avait pas eu l’occasion de beaucoup répéter et les compos de Paduart ne sont pas si simples que cela.
Toon Roos, plus habitué à Paduart, se mettra bien mieux en valeur. Jeu brillant et agile. Tout en force et sinuosité.
 

Fay Claassen rejoint alors le groupe pour «Life As It Is».
La voix est toujours aussi belle et graineuse, légèrement voilée.
Fay tente parfois des choses très difficiles et on sent dans ces moments ses limites. On les perçoit d’autant plus lorsque David Linx vient chanter en duo avec elle «Crossroad».

Bonne et belle surprise que ce concert. Je suis curieux d’entendre ça sur cd.

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Autre surprise pour moi, fut la découverte sur scène d’Eliane Elias. Il faut dire que la chanteuse/pianiste ne m’a jamais vraiment convaincu sur disque (du moins, ceux que je connais). Mais ce soir, en «live», je fus conquis.
D’abord par son sens du rythme et du placement. Ensuite, par son touché, à la fois percussif et chantant. Très jazz dans un style, évidemment, assez «bossa».
C’est ce mélange des genres, qu’elle réalise avec fluidité, qui m’a étonné.

Après un medley de musiques traditionnelles brésiliennes, où elle invite le fabuleux batteur Satoshi Takeishi à faire monter la pression, elle entonne une jolie ballade: «Call Me».

Toot Thielemans, en invité exceptionnel, vient déposer quelques notes sur «Black Orpheus» (du moins, il me semble).
On sent l’harmoniciste un peu «court», pas trop à l’aise.
Que se passe-t-il ? Pas en forme Toots ?
…Non, il change d’harmonica: « Mon ‘la’ est bouché » dit-il en riant.
Et oui, malgré l’age, Toots est toujours en forme.
Et il le démontre sur «Corcovado» ou «Oye Como va».
Et plus encore, dans une joute amicale et musicale de haut vol avec l’excellent guitariste Ricardo Vogt quand les musiciens se provoquent l’un l’autre.

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Le cadeau d’Eliane Elias à Toots, c’est «Bluesette» chanté en portugais.
L’émotion est palpable.
Le public se lève pour saluer comme il se doit la sortie de notre Toots national.

Le concret ne baissera pas d’intensité par la suite.
«Doralice», «Tangerine» ou encore «Desafinado», achèvent dans l’enthousiasme général cette très belle journée.

A+

11/07/2006

Mariana Tootsie - Ivan Paduart au Sounds















Pas de « petite finale » sur grand écran ce soir au Sounds. ( Sergio et Rosy se réservaient pour la finale de dimanche… Le choc des chocs.)

Par contre, c’était presque « gala », car Mariana Tootsie avait convié Ivan Paduart, Sal La Rocca et Joost Van Schaik à l’accompagner ce soir.

J’avais déjà entendu Marianna une fois ou deux ( essentiellement lors de jam’s ), mais jamais pour un « vrai » concert.
Bon, c’est vrai que c’était un peu particulier puisque ce n’était pas son groupe habituel ( il me semble qu’on y retrouve plutôt Raph Debacker, Ben Ramos ou Sam Rafalowicz, si je ne dis pas trop de bêtises ).
Mais un concert avec Ivan Paduart, ça ne se refuse pas.

Après un ou deux morceaux joués sans elle, Mariana Tootsie monte enfin sur scène.
Elle possède décidément une très belle voix. Elle a une aisance et un charisme évident…Et cela malgré le fait que le quartet n’ait eu que peu de temps pour répéter.

Alors, démarrer avec « Il Paradiso Dei Cacciotielli » de Maria Pia De Vito, c’est un peu comme courir un 3000 m sans échauffement.
Hé bien, Mariana s’en sort plus que bien. Elle impose directement son style et ne cherche pas à imiter la chanteuse italienne.
Le seul « hic », à mon avis, vient du choix du batteur pour ce genre de concert. Joost est un excellent drummer, mais dans ce contexte-ci, il était un peu trop envahissant. Lors de « My Favorite Things » par exemple c’en devenait presque assourdissant ( ok, j’exagère un peu ). Dommage, car sur ce morceau, il y eut de beaux moments où Ivan Paduart fit de belles digressions et nous offrit de belles impros par exemple.
Sal La Rocca, quant à lui, fut impeccable: justesse, groove, subtilité… Parfait de bout en bout.

Mais la machine se rode peu à peu…
Et on termine le premier set avec un morceau brésilien suivi de « Popsicle Toes » où l’on sent le groupe plus « uni » et Marianna plus à l’aise.

Pour le deuxième set, après avoir à nouveau démarré sans la chanteuse, ( avec le très beau morceau de Paduart « Igor » ) il semble que le « répertoire » soit plus adapté au chant de Tootsie.
On est plus dans le blues, dans le « roots ». Et ça lui va à merveille.
On sent le quartet un peu plus libéré. Ça respire mieux.
Du coup, on a droit à un très beau moment quand Ivan et Marianna entament en duo « The Man I Love » avant que le reste du groupe ne les rejoigne.

Une chanteuse à suivre...
Mais ne vous inquiétez pas, je vous tiendrai au courant !

A+