18/09/2016

Igor Gehenot quartet feat. Alex Tassel - Marni Jazz Festival 2016

Après deux albums et plus ou moins six ans d’existence, Igor Gehenot a décidé de mettre au frigo son trio (avec Teun Verbruggen et Philippe Aerts) pour tenter une nouvelle aventure, en quartette cette fois, avec le batteur luxembourgeois Jérôme Klein, le contrebassiste suédois Viktor Nyberg et le bugliste français Alex Tassel.

Il présentait ce tout nouveau projet ce vendredi soir au Théâtre Marni.

igor gehenot,viktor nyberg,jerome klein,alex tassel,marni

La salle est plongée dans le noir tandis que les musiciens s’installent. L’ambiance est très « nordique », spectrale et intimiste. Les notes de piano s’éparpillent doucement, en toute légèreté. Le son feutré du bugle vient dérouler un tapis ouaté.

Puis le groupe attaque un « December 15 » dont l’esthétique n’est pas sans rappeler celle d’E.S.T. Cette rythmique alerte et régulière permet à Gehenot de prendre de belles envolées et à Tassel de développer quelques motifs lumineux dont il a le secret.

On replonge ensuite dans une ballade crépusculaire et romantique (« Sleepless Night »), soutenue par une basse mystérieuse et un drumming douillet. On se rapproche un peu des errances milesiennes, nocturnes et légèrement mélancoliques… Une composition du batteur, introduite lestement par Viktor Nyberg, ravive un peu l’ensemble. Mais tout cela reste peut-être un peu trop compact, cela manque parfois d'éclats et de dynamique. Ça « joue tout le temps » et on voudrait (enfin, moi) un peu plus de respirations. Plus d’élan aussi… Igor et ses acolytes semblent encore hésiter entre deux mondes et, du coup, cela reste « simplement » joli, parfois trop attendu, sans trop de prises de risques. Bien sûr, le toucher d'Igor fait mouche, sur « Abyss » ou « Stay Tuned » notamment, et, sur « Stater Kit », quand les nuances sont plus maîtrisées, Tassel peut vraiment s'exprimer.

On sent le projet encore un peu frais, un peu nébuleux, cherchant encore son équilibre et une véritable identité qui se démarquerait plus clairement du trio.

Mais le quartette n'en est qu'à ses débuts - après tout, c’était le tout premier concert - et il aura encore l’occasion de jouer et d’aiguiser son répertoire. On se fera donc un plaisir de suivre son évolution. Cela n’en sera que plus excitant.

A+

Photo : ©Olivier Lestoquoit

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

07/03/2016

Tournai Jazz Festival 2016

Cinquième édition du Tournai Jazz Festival, et pari gagné. En quelques années seulement, grâce à une organisation parfaite et un sens de l’accueil indéniable, Tournai a inscrit son nom dans la liste belge des festivals de jazz incontournables. Cette année encore, l’affiche était belle, équilibrée et bien pensée. Jazz contemporain, métissé, funky ou bluesy, il y en avait pour tous les goûts et le public a répondu en masse.

...tournai jazz festival,jazzaround,hugh coltman,igor gehenot,dani klein,sal la rocca,dhafer youssef,ulf wakenius,richard bona,remi panossian,big noise

La suite, à lire sur Jazzaround.

(Photos : J.C. Thibaut)

A+

21/02/2016

Cabu Swingue à Tournai

tournai jazz festival,cabu,hugh coltman,dani klein,sal la rocca,ulf wakenius,dhafer youssef,richard bona,big noise,igor gehenot,remi panossian

C’est bientôt la cinquième édition du Tournai Jazz Festival. D’année en année, l’organisation apprend, peaufine, améliore et nous réserve toujours de belles surprises.

Cette fois-ci, du 25 au 27 février (c’est bientôt, dépêchez-vous), on y verra Hugh Coltman, Dani Klein et Sal La Rocca, Richard Bona ou Dhafer Youssef. Mais aussi Igor Gehenot, Ulf Wakenius, Rémi Panssioan ou encore Big Noise, pour ne citer qu’eux.

Une belle affiche, ouverte et éclectique qui devrait attirer autant les «spécialistes» que les curieux ou, tout simplement, les amateurs de belles notes.

Et puis, une autre raison d’aller se balader du côté de La Maison de la Culture, c’est d’aller voir l’exposition consacrée à Cabu.

Cabu Swing, ce sont plus de 70 portraits croqués par le regretté dessinateur aux lunettes rondes, édités ou non dans des recueils, des magazines ou pour des pochettes de disques. Duke, Ella, MahaliaMiles, Monk, Coltrane, mais aussi des jazzmen moins médiatisés, s’y retrouvent dans un dessin parfois drôle, parfois bienveillant, mais toujours d’une justesse inouïe. Le trait est sûr, vif, à la fois sensible et tranchant.

La belle mise en scène, claire et aérée, permet de profiter pleinement de ces petites perles qui feront certainement swinguer dans un coin de votre tête de très bons souvenirs.

 

 

A+

09/08/2015

Gaume Jazz Festival - Day 2

Il fait toujours aussi chaud ce samedi sur le site du Gaume Jazz Festival.

Sur la scène du parc, les P´tits Gaumais (les enfants qui ont participé au stage organisé par les Jeunesses Musicales) reprennent les chansons de Saule. C'est touchant, sympathique et rafraîchissant.

Mais c'est sous le grand chapiteau, sur le coup de 15h30, que se joue le premier concert. C'est le LG Jazz Collective. J'en ai parlé encore dernièrement ici, et tout le bien que j'en pense se confirme : le groupe prend de l'assurance au fil des concerts, prend des risques et se libère de plus en plus. Il entre directement dans le vif du sujet (« Move ») et enchaine les morceaux pour éviter les temps morts. Les sons claques et les solos fusent (Rob Banken (as), le nouveau venu dans le groupe, arrache les notes, Steven Delannoye flirte avec le "out" au ténor et avec les étoiles au soprano, et Jean-Paul Estiévenart est éclatant comme toujours. Le groovy « Carmignano » (de Legnini) trouve facilement sa place, tout comme le lyrique « Dolce Divertimento » (d'Alain Pierre) qui permet une belle prise de parole, très lumineuse, d’Igor Gehenot au piano.

Et, bien sûr, le leader (Guillaume Vierset) se sent pousser des ailes grâce au soutien de la rythmique Felix Zurstrassen (eb, cb) et Antoine Pierre (dm), intenable dans ses relances constantes (comme sur « New Feel », pour ne citer que cela). De la cohérence de cohésion de la complicité et beaucoup de travail... La recette est quand même simple, non?

stephan pougin,gaume jazz festival,gaume jazz,guillaume vierset,alain pierre,antoine pierre,jean-paul estievenart,steven delannoye,rob banken,igor gehenot,felix zurstrassen,orioxy,julie campiche,yael miller,roland merlinc,manu hagmann,arne van dongen,emmanuel baily,philippe lalaoy,kind of pink,sam gerstmans,julien pirlot,emilie lesbrs,kalevi louhivuori,jozef dumoulin,brice soniano,guilhem verger,lionel beuvens,jetsky,jan rzewski,emmanuel louis,pascal rousseau,frank tortiller,janis joplin,jacques mahieu,leonard ciohen,jean-louis pommier,alex herichon

Dans la salle, le public à rendez-vous avec Orioxy, un quartette suisse au set-up original (harpe, voix, shruti box, ...) dont j’avais parlé du premier album ici. À Gaume, Orioxy présentait le fruit de son troisième album (« Lost Child », enregistré suite à la victoire du quartette au tremplin Jazz d’Avignon). Il fait étouffant dans la salle, mais « Song Of Love » nous emmène tout en légèreté dans l'étrange univers, aussi féerique qu'inquiétant, du groupe. Tout est dans le non-dit, dans l'évocation, dans l’intuition... même si l'explosion survient parfois, façon free rock, au moment où l'on ne s'y attend pas. Orioxy joue autant avec les mots (en hébreu, français ou anglais) qu'avec les rythmes (sur l'excellent « Princeless » par exemple) et les tempos graves succèdent aux groove retenus de l’excellent Roland Merlinc. Les expérimentations électros à la harpe (Julie Campiche) et à la contrebasse (Manu Hagmann), ainsi que le travail vocal étonnant de Yaël Miller, qui chante avec autant de conviction que de sensualité, terminent de parfaire l'identité forte et très personnelle de l’ensemble. Orioxy laisse une grande part au rêve et à l’imagination. A découvrir absolument. D'ailleurs, on espère les revoir bien vite, et plus d’une fois, en Belgique.

Retour sous le grand chapiteau. Kind Of Pink est le projet de Philippe Laloy, entouré de Arne Van Dongen (cb), Emmanuel Baily (g) et Stephan Pougin (perc). Il revisite Pink Floyd, en hommage à son père (avec qui il a découvert le groupe psyché rock, malgré le fait que cela n’était pas de sa génération non plus). Est-ce la raison pour laquelle Laloy prend juste assez de recul pour remanier ces « classics » en évitant les clichés ?

« Money », par exemple, contourne tous les pièges de l'évidence. « Breathe » et « Wish You Where Here » enveloppent la salle des volutes Flodyennes plus bleues que pink. « The Trial » et « Shine On You » sont chantés et se rapprochent, par contre, un peu plus des originaux. Les sons sont feutrés et les thèmes lancinants du mythique groupe anglais se perçoivent derrière des arrangements sobres et fins. Tour à tour, au sax ou à la flûte, Laloy surfe sur les harmonies et ne prend que les notes qui l'intéresse. Il façonne la mélodie, la dilate un peu et l'abandonne parfois pour laisser ses compagnons l’agrémenter à leur façon.

Il est souvent délicat de reprendre des thèmes pop en jazz (ou assimilé), et encore plus lorsqu'il ne s'agit que d'un seul groupe, aussi populaire soit-il (certains ont essayé avec les Beatles, par exemple, avec moins de bonheur), mais Kind Of Pink y arrive sans peine. Et Pink Floyd reste bien intemporel, c'est certain.

stephan pougin,gaume jazz festival,gaume jazz,guillaume vierset,alain pierre,antoine pierre,jean-paul estievenart,steven delannoye,rob banken,igor gehenot,felix zurstrassen,orioxy,julie campiche,yael miller,roland merlinc,manu hagmann,arne van dongen,emmanuel baily,philippe lalaoy,kind of pink,sam gerstmans,julien pirlot,emilie lesbrs,kalevi louhivuori,jozef dumoulin,brice soniano,guilhem verger,lionel beuvens,jetsky,jan rzewski,emmanuel louis,pascal rousseau,frank tortiller,janis joplin,jacques mahieu,leonard ciohen,jean-louis pommier,alex herichon

Dans la cour, Sam Gerstmans (cb) propose un duo particulier. Suite à une participation à un programme de Cap 48 et du Créahm, le contrebassiste a rencontré le jeune artiste Julien Pirlot pour un court projet. L'aventure aurait pu s’arrêter là mais, on a beau être musicien, on n'en est pas moins humain. Et Sam est très humain. Alors, ensemble, et de manière régulière, ils ont continué leur collaboration. Quoi de mieux que le jazz et les musiques improvisées pour s'épanouir et se découvrir ? Entre poésie, ré-apprentissage du langage, des sons et de la musique, le duo touche en plein cœur et souligne les différences qui rapprochent. Le free jazz, le jazz mais aussi la chanson populaire rencontrent l'art brut. Et les histoires abstraites naissent, plus concrètes qu'on ne l'imagine. Un travail qui donne à réfléchir. Un vrai travail utile. Très utile.

La carte blanche aurait-elle le pouvoir de transcender les musiciens? C'est sans doute un peu le but et Lionel Beuvens n'a pas laissé échapper l'occasion de s'aventurer dans un jazz très ouvert. Le voici accompagné de Kalevi Louhivuori (tp), Jozef Dumoulin (p), Brice Soniano (cb), Guilhem Verger (as) et d'une chanteuse, et pas n'importe laquelle : Emilie Lesbros. La française, qui vit à NY, a, entre autres, travaillé avec Barre Philips et autres artistes contemporains. On imagine aisément la trajectoire que veut prendre le batteur… sans peut-être savoir ou cela va le mener...

Si, l’ensemble rappelle un peu le Liberation Music Orchestra, avec de longues évolutions mélodiques tailladées d'interventions libres, ou l'Art Ensemble of Chicago, on pense aussi parfois à Abbey Lincoln et Max Roach, en version contemporaine. On traverse de grands espaces sonores, parsemées de rythmes lancinants et entêtants. Jozef jette les notes, Lesbros déclame plus qu'elle ne chante... Mais parfois, son chant, d’une maîtrise totale, agit comme le sixième instrument du sextette. La trompette est claire et claquante, le sax parfois agressif. Les rythmes se cassent avant de se reconstruire. Parfois, certains thèmes débutent en mode « élégiaque » avant d'évoluer vers la transe ou même la rage. Un petit esprit soixante-huitard plane sur le Gaume. A suivre ?

stephan pougin,gaume jazz festival,gaume jazz,guillaume vierset,alain pierre,antoine pierre,jean-paul estievenart,steven delannoye,rob banken,igor gehenot,felix zurstrassen,orioxy,julie campiche,yael miller,roland merlinc,manu hagmann,arne van dongen,emmanuel baily,philippe lalaoy,kind of pink,sam gerstmans,julien pirlot,emilie lesbrs,kalevi louhivuori,jozef dumoulin,brice soniano,guilhem verger,lionel beuvens,jetsky,jan rzewski,emmanuel louis,pascal rousseau,frank tortiller,janis joplin,jacques mahieu,leonard ciohen,jean-louis pommier,alex herichon

A l’extérieur, Jetsky (Jan Rzewski (ss), Emmanuel Louis (g) et Pascal Rousseau (tuba)), fait revivre l'esprit Nino Rota en le mélangeant aux folklores klezmer ou Roms. Il y a un côté désenchanté et à la fois plein d'espoirs ironiques dans cette musique. Aux thèmes souvent dansant s'ajoute parfois quelques éclats bruitistes (samples de voix et distos de guitare acoustique). C'est festif et différent. Et Jetsky ne se « démonte » pas lorsque la balance de Tortiller, dans le chapiteau tout proche, se fait un peu trop présente. Le trio en a vu d’autres et peut tout affronter, de toute façon, sa musique a quelque chose de fataliste, digne des meilleurs histoires de John Fante.

Frank Tortiller donc. Le vibraphoniste français a décidé de remettre Janis Joplin à l'honneur, et avec son nonnette c'est le blues (parfois très rock et furieux) qui rejaillit. Au chant, Jacques Mahieu, de sa voix légèrement éraillée et grave, reprend avec plus ou moins de bonheur les plus grands thèmes de la chanteuse américaine (« Kozmic Blues », « Move over », « Half Moon », « Piece Of My Heart ») mais aussi un thème de Leonard Cohen : « Chelsea Hotel ». Les riffs de guitare accentuent le côté rock agressif tandis que les cuivres (mentions spéciales à Alex Hérichon et Jean-Louis Pommier) rappellent un peu le jazz chicagoan ou quelques couleurs soul funk. Les arrangements évitent intelligemment l'imitation et le côté prévisible (beau moment sur « Mercedes Benz »), mais le niveau sonore, parfois trop puissant, a tendance à étouffer ces subtilités.

Bel hommage qui donne envie de se replonger dans les rares albums de cette chanteuse plus sensible qu’instable, comme on la trop souvent présentée.

A+

 

09/06/2015

Blue Flamingo - Juin 2015

Entre festival et «pop up» club de jazz, le Blue Flamingo en est déjà à sa cinquième année !

Oui ! Cinq ans qu’il propose de façon régulière (4 fois l’an, le temps d’un week-end) des doubles concerts, les vendredi et samedi, dans la très belle, spacieuse et chaleureuse salle du Château du Karreveld à Molenbeek. La dernière fois que j'y avais mis les pieds, c'était il y a trop longtemps (lors de la première édition, en fait). Depuis, la formule n'a pas changée mais l'organisation et l'aménagement des lieux se sont bien améliorés : acoustique, lumière et même une petite - mais délicieuse - restauration tendance bio, sont vraiment au top. À force de travail, d'abnégation et, sans aucun doute, d’une foie inébranlable dans le jazz, Vincent Ghilbert et Christelle (MuseBoosting) ont réussi un pari un peu fou. Je vous invite vivement à vous rendre aux prochaines éditions car, vous verrez, vous y serez gâtés.

blue flamingo,vincent ghibert,vincent ghilbert,muse boosting,raf debacker,cedric raymond,thomas grimmonprez,igor gehenot,laurent barbier,steven delannoye,fabio zamagni,jean-paul estievenart,guillaume vierset,felix zurstrassen,ben sluijs,brice soniano,christian mendoza,stephane mercier,casimir liberski,hendrik vanattenhoven,matthias de waele,jean-francois prins

Ce vendredi soir c'est Raf D Backer Trio (avec Cédric Raymond à la contrebasse et Thomas Grimmonprez à la batterie) qui fait l’ouverture. Si la formule est un peu resserrée, elle n’en est pas moins explosive et groovy. Le premier morceau («Jo The Farmer») – un peu à la Legnini - est vite suivi d'un autre qui évoque, lui, Jimmy Smith ou Les McCann. Il faut dire qu’au piano ou à l’orgue électrique, Raf donne tout ce qu'il a : énergie, ferveur et sensibilité. Et comme tout bon leader qui sait bien s'entourer, il n'hésite pas non plus à laisser de la place à ses acolytes. Cédric Raymond peut ainsi s'évader dans l'un ou l'autre solo aussi virtuose que sensuel. De même, Thomas Grimmonprez peut découper l'espace de claquements sourds ou limpides sans jamais atténuer la tension. Et ça balance et ça ondule lascivement au son d’un gospel lumineux : «Oh The Joy». Le claviériste s’inspire aussi parfois de Bo Diddley et, tout en invitant le public à frapper dans les mains, rappelle l'essence du jazz, de la soul et bien sûr du blues. A ce rythme-là, le pas vers le funk est vite franchi. Mais on revient quand même aux fondamentaux. Et «Full House» précède un hommage à B.B. King avant que «Rising Joy», aux accents très churchy, ne termine un set rondement mené.

blue flamingo,vincent ghibert,vincent ghilbert,muse boosting,raf debacker,cedric raymond,thomas grimmonprez,igor gehenot,laurent barbier,steven delannoye,fabio zamagni,jean-paul estievenart,guillaume vierset,felix zurstrassen,ben sluijs,brice soniano,christian mendoza,stephane mercier,casimir liberski,hendrik vanattenhoven,matthias de waele,jean-francois prins

Le temps d’une courte mise en place, et le LG Jazz Collective monte sur scène.

Le truc du groupe, à la base, c'est de reprendre des thèmes de musiciens belges et de les arranger à sa sauce. Ainsi, «Jazz At The Olympics», de Nathalie Loriers, est retissé à la mode LG, avec verve (le solo de Laurent Barbier (as) est dense) et fougue (Igor Gehenot (p) est en pleine forme). Et «Carmignano», d’Eric Legnini, ou «A», de Lionel Beuvens, ne manquent vraiment pas d’idées. Si Guillaume Vierset laisse beaucoup de place à ses amis pour s'exprimer (comme sur «Move» où il laisse totalement libre Jean-Paul Estiévenart), il n'hésite pas à montrer de quoi il est capable (sur le même «Move», notamment). On remarque aussi l’excellent soutien de Fabio Zamagni qui remplace Antoine Pierre de brillant manière. «Grace Moment» permet aux souffleurs de se faire un peu plus lyriques (comme Steven Delannoye, par exemple, embarqué par Igor Gehenot). Mais, sous ses aspects simples, ce thème laisse apparaitre de tortueuses harmonies. Felix Zurstrassen (eb) – qui prend de plus en plus de risques - défriche alors quelques chemins secrets pour les offrir au pianiste puis au guitariste. La musique semble nous envelopper, comme pour nous étouffer lentement, sereinement, exquisément. Oui, le LG Collective a des choses à défendre et, au fur et à mesure des concerts, prend de l'assurance et se libère. Mais on aimerait qu’il se lâche encore un peu plus et que cela soit encore un poil moins «cadré». Cela pourrait être encore bien plus puissant … pour notre plus grand bonheur.

blue flamingo,vincent ghibert,vincent ghilbert,muse boosting,raf debacker,cedric raymond,thomas grimmonprez,igor gehenot,laurent barbier,steven delannoye,fabio zamagni,jean-paul estievenart,guillaume vierset,felix zurstrassen,ben sluijs,brice soniano,christian mendoza,stephane mercier,casimir liberski,hendrik vanattenhoven,matthias de waele,jean-francois prins

Le lendemain, samedi, 3/4 Peace (Ben Sluijs, Christian Mendoza et Brice Soniano) isole le Château du Karreveld dans une bulle magique. On ne le répétera jamais assez, mais Ben Sluijs est une des très grande voix du sax alto. Toujours en recherche d'absolu et de sensibilité. Année après année, il développe un style unique. Tout en douceur, quiétude, retenue, sensibilité, et créativité. Avec «Glow», la musique est à fleur de peau. Puis, avec «Miles Behind», elle semble sortir lentement de la brume, doucement, sur un tempo qui s'accélère subtilement et se dessine sous les doigts de Christian Mendoza (quel toucher, mes amis, quel toucher !). Le pianiste égraine les notes avec parcimonie, répond en contrepoints à la contrebasse, puis prend des libertés dans un swing ultra délicat et d'une limpidité absolue. Brice Soniano (qui vient de publier un magnifique album en trio – Shades Of Blue – dont les concerts sont prévus en septembre... 2016 !!! Soyez patients…) accroche les mélodies avec une finesse incroyable et un sens unique du timing et du silence. Quant à Ben Sluijs, il survole et plane au dessus de cette musique d'une finesse et d'une transparence (dans le sens de luminosité, de brillance, de clarté et de légèreté) inouïe. Ce trio est unique ! Alors, il y a «Still», magnifique de retenue, puis «Constructive Criticism», morceau plus abstrait, découpé avec une intelligence rare, qui joue les tensions, les éclatements et qui trouve une résolution inattendue. 3/4 Peace parvient aussi à faire briller cette faible lueur d'espoir cachée au fond de la musique sombre et tourmentée qu’est «Éternité de l'enfant Jésus» de Messiaen. Puis il évoque Satie avec «Cycling» et enfin se donne de l’air avec un plus enlevé «Hope».

Grand moment. Très grand moment de musique !

blue flamingo,vincent ghibert,vincent ghilbert,muse boosting,raf debacker,cedric raymond,thomas grimmonprez,igor gehenot,laurent barbier,steven delannoye,fabio zamagni,jean-paul estievenart,guillaume vierset,felix zurstrassen,ben sluijs,brice soniano,christian mendoza,stephane mercier,casimir liberski,hendrik vanattenhoven,matthias de waele,jean-francois prins

L’ambiance est nettement plus swinguante ensuite, avec le quartette du saxophoniste Stéphane Mercier, soutenu par une rythmique solide (Matthias De Waele (dm) et Hendrik Vanattenhoven (cb) ), mais aussi et surtout par l'excellent Casimir Liberski (p). Ce jeune «chien fou» est toujours prêt à casser les règles, à élargir le spectre musical. Sur «Ma Elle», par exemple, ou sur «Jazz Studio», ses interventions sont furieuses et éblouissantes, presque au bord de la rupture. Il faut un solide Hendrik Vanattenhoven pour canaliser sa fougue. Et c’est magnifique d’assister à ce combat entre le feu et l’eau. Stéphane Mercier peut alors doser, comme il le veut, sa musique. Elle est solaire, énergique et pleine d'optimisme (à son image, en quelque sorte) avec «Team Spirit », puis dansante avec «Juanchito» et fianlement lyrique avec le très beau «Samsara». Avant d’accueillir, en guest, Jean-François Prins (eg) - que l’on ne voit peut-être pas assez en Belgique - pour un ou deux standards, Mercier nous offre encore «La Bohème» dans un esprit qui rappelle un peu Barney Willen, tout en langueur et détachement. Et c’est bon.

Voilà une bien belle façon d’achever cette merveilleuse édition du Blue Flamingo.

 

 

A+

 

 

29/05/2015

Brussels Jazz Marathon 2015

Ça y est, c’est vendredi soir ! Bouffée d'oxygène !

C'est le Brussels Jazz Marathon. 20ème anniversaire (si l'on exclut le Jazz Rally des débuts).

Premier rendez-vous : Grand Place avec le LG Jazz Collective. Je n’arrive malheureusement que pour les deux deniers morceaux. Sur scène, ça groove et ça balance, et j'ai quand même l'occasion d'apprécier les fabuleux solos de Jean-Paul Estiévenart (tp), ceux de Igor Gehenot (p) ainsi que quelques beaux chorus de Steven Delannoye (as). Il n'y a pas à dire le groupe de Guillaume Vierset (eg) est une valeur sûre qui n'a pas fini - espérons le - de nous surprendre grâce à la pertinence des compositions et la qualité d’interprétation des musiciens. (Je vous conseille d’ailleurs l’écoute de l’album New Feel chez Igloo).

brussels jazz marathon,guillaume vierset,igor gehenot,steven delannoye,jean-paul estievenart,antoine romeo,julien tassin,augusto pirodda,marek patrman,manolo cabras,ben sluijs,bilou donneux,francois garny,jerome van den bril,sabine kabongo,matthieu van,mariana tootsie,laurent doumont,vincent bruyninckx,lionel beuvens,henri greindl,jan de haas,hendrik vanattenhoven,nicola andreoli,chrystel wautier,fabio zamagni,giuseppe millaci,sam gerstmans,adrien verderame,toine thys,pascal mohy,stephane mercier,arno krijger,karl januska,maayan smith,nadav peled,matthias de waele,sounds,bravo,jos machtel,simon plancke

Pendant que l’on prépare la scène pour le groupe suivant, je me dirige vers la Place Sainte Catherine pour aller découvrir Zéro Tolerance For Silence. Le nom dit tout et le groupe d’Antoine Romeo (eg, voc) et de Julien Tassin (eg) joue la carte du noisy-punk-rock puissant plutôt que celle du jazz. Le son, poussé à fond, écrase d’ailleurs un peu trop les nuances. Dommage, car l'originalité et la personnalité du projet en pâtit sans doute un peu.

Au bout de la Rue Antoine Dansaert, au Bravo, l'ambiance est totalement différente et un nombreux public entoure le quartette du pianiste Augusto Pirodda. Ici le jazz est intimiste et laisse une grande part à l’improvisation libre. Il y a une véritable originalité dans la vision et les compositions du leader. Il y a aussi «un son de groupe» plutôt singulier. Le drumming exceptionnel, par exemple, fin et aventureux de Marek Patrman s'accorde tellement bien au jeu épique du contrebassiste Manolo Cabras ! Le jeu de Ben Sluijs (as), à la fois lyrique, ciselé et tranchant, se conjugue à merveille avec celui, très personnel, de Pirodda. C’est cette osmose qui fait de ce groupe, sans aucun doute, l'un des meilleurs actuellement dans sa catégorie en Belgique. (Ecoutez l’album «A Turkey Is Better Eaten», paru chez Negocito Records).

brussels jazz marathon,guillaume vierset,igor gehenot,steven delannoye,jean-paul estievenart,antoine romeo,julien tassin,augusto pirodda,marek patrman,manolo cabras,ben sluijs,bilou donneux,francois garny,jerome van den bril,sabine kabongo,matthieu van,mariana tootsie,laurent doumont,vincent bruyninckx,lionel beuvens,henri greindl,jan de haas,hendrik vanattenhoven,nicola andreoli,chrystel wautier,fabio zamagni,giuseppe millaci,sam gerstmans,adrien verderame,toine thys,pascal mohy,stephane mercier,arno krijger,karl januska,maayan smith,nadav peled,matthias de waele,sounds,bravo,jos machtel,simon plancke

Retour sur la Grand Place pour danser, bouger, s'amuser et s’éclater avec Bilou Doneux (à la guitare !!) et toute sa bande qui rend un hommage à Bob Marley. La bande - qui met rapidement le feu - ce sont François Garny (monstrueux à la basse électrique !!) et Jérôme Van Den Bril à la guitare électrique, mais aussi Michel Seba et ses percussions endiablées qui répondent au drumming impeccable de Matthieu Van ! Ce sont aussi Bart Defoort (ts) et Laurent Blondiau (tp) qui assurent un max, côté souffleurs... Et ce sont John Mahy aux claviers, et Senso, Tony Kabeya, la remarquable Sabine Kabongo ou la non moins formidable Marianna Tootsie aux chants ! Avec eux, la musique de Bob est vraiment à la fête et Bilou Doneux est heureux comme un poisson dans l'eau.

brussels jazz marathon,guillaume vierset,igor gehenot,steven delannoye,jean-paul estievenart,antoine romeo,julien tassin,augusto pirodda,marek patrman,manolo cabras,ben sluijs,bilou donneux,francois garny,jerome van den bril,sabine kabongo,matthieu van,mariana tootsie,laurent doumont,vincent bruyninckx,lionel beuvens,henri greindl,jan de haas,hendrik vanattenhoven,nicola andreoli,chrystel wautier,fabio zamagni,giuseppe millaci,sam gerstmans,adrien verderame,toine thys,pascal mohy,stephane mercier,arno krijger,karl januska,maayan smith,nadav peled,matthias de waele,sounds,bravo,jos machtel,simon plancke

Samedi après-midi, comme je le fais depuis plusieurs années maintenant, je me retrouve  dans le jury du XL-Jazz Competition (avec Jempi Samyn, Henri Greindl, Jacobien Tamsma et Laurent Doumont). D’année en année, le niveau ne cesse de monter. Ces jeunes jazzmen, encore au conservatoire ou dans une école de musique pour la plupart, ont des idées déjà bien claires et un jeu très solide. Art Brut Quintet, par exemple, qui débute le concours, propose un répertoire très élaboré et original, influencé par la jeune scène New Yorkaise. Déjà très bien en place, mais manquant parfois d’un tout petit peu d’assurance, le groupe ose et surprend. Outre les compositions du leader et drummer Simon Plancke (qui obtiendra l’un des prix de soliste et compositeur), on remarque le jeu intéressant et prometteur du saxophoniste Jonas Biesbrouck.

Gilles Vanoverbeke (p) se présente ensuite avec Cyrille Obermüller (cb) et Lucas Vanderputten (dm) dans le périlleux exercice du trio jazz. Quelque peu influencé par Mehldau ou Jarrett, le groupe répond bien au-delà des attentes. Le contrebassiste ne laisse d’ailleurs pas le jury indifférent qui, après une longue discussion, lui offrira également le prix ex-æquo du meilleur soliste. Un trio à suivre assurément.

Mais le groupe qui fait l’unanimité ce soir est le quartette Four Of A Kind (Maxime Moyaerts (p), Guillaume Gillain (g), Nicolas Muma (cb) et Lucas Vanderputten (dm)) qui propose un set précis, super en place, original et très swinguant. C’est à eux que reviendront les prix du jury et du public.

Marathon oblige, il faut picorer parmi les nombreux concerts proposés dans tout Bruxelles. Sur la Place Fernand Cocq, Henri Greindl (g), Jan De Haas (dm) et Hendrik Vanattenhoven (cb) distillent avec élégance les standards chantés par Viviane de Callataÿ. C'est doux, agréable et bien sympathique à écouter sous les derniers rayons de soleil de la journée.

Un peu plus loin, à L’Imagin’air, dans une jolie salle aux chaleureuses briques apparentes, Barbara Wiernik se produit - pour la toute première fois - en duo avec l’excellent pianiste Nicola Andreoli. Le jeu aérien et lumineux de ce dernier met superbement en valeur la voix chaude de la chanteuse. Entre vocalises et scat, le chant est assuré, profond, riche et hyper mobile (rien n’arrête ses contorsions vocales). Le duo mélange compositions personnelles et standards (si l'on peut appeler «standards» des morceaux de Maria Pia de Vito ou de Norma Winston). Ces moments de poésie et de beauté, qui évitent avec intelligence la mièvrerie, mettent surtout en avant la pureté des thèmes. Une belle expérience à renouveler, sans aucun doute.

brussels jazz marathon,guillaume vierset,igor gehenot,steven delannoye,jean-paul estievenart,antoine romeo,julien tassin,augusto pirodda,marek patrman,manolo cabras,ben sluijs,bilou donneux,francois garny,jerome van den bril,sabine kabongo,matthieu van,mariana tootsie,laurent doumont,vincent bruyninckx,lionel beuvens,henri greindl,jan de haas,hendrik vanattenhoven,nicola andreoli,chrystel wautier,fabio zamagni,giuseppe millaci,sam gerstmans,adrien verderame,toine thys,pascal mohy,stephane mercier,arno krijger,karl januska,maayan smith,nadav peled,matthias de waele,sounds,bravo,jos machtel,simon plancke

Retour sur la Place Fernand Coq où Chrystel Wautier (voc) a concocté avec Igor Gehenot (p) un répertoire soul funk des plus efficaces. Tandis que Lorenzo Di Maio (eg) s’amuse à lâcher quelques solos incisifs, Thomas Mayade (tp) nous rappelle un peu le Roy Hargrove du RH Factor. Il faut dire que les arrangements de ces morceaux jazz, soul ou pop («American Boy» ou «Comme un boomerang», entre autres) groovent plutôt pas mal. La rythmique (Giuseppe Millaci (eb), Fabio Zamagni (dm)) est solide et Chrystel, la voix souple, ondulante et terriblement accrocheuse, se balade dans ce répertoire avec une aisance incroyable.

Pour terminer ce samedi bien rempli, une dernière étape s’impose : le SoundsLaurent Doumont propose son soul jazz festif. Le club est bourré et le public se balance aux sons de «Papa Soul Talkin», de «Mary Ann» de Ray Charles et même de «Tu vuo' fa' l'americano» de Renato Carosone. Vincent Bruyninckx déroule des solos fantastiques avec beaucoup d’aisance, tandis que Sam Gerstmans maintient le cap malgré la ferveur du jeu d’Adrien Verderame à la batterie. Quant au leader, il passe du chant aux sax (ténor ou soprano) avec un plaisir gourmand. Bref, la fête est loin de se terminer.

Dimanche, le soleil brille et je n’ai malheureusement pas l’occasion de voir Bram De Looze (dont la prestation fut excellente d’après les échos) sur une Grand Place noire de monde. J’arrive pour entendre les premières notes du sextette de Stéphane Mercier.

brussels jazz marathon,guillaume vierset,igor gehenot,steven delannoye,jean-paul estievenart,antoine romeo,julien tassin,augusto pirodda,marek patrman,manolo cabras,ben sluijs,bilou donneux,francois garny,jerome van den bril,sabine kabongo,matthieu van,mariana tootsie,laurent doumont,vincent bruyninckx,lionel beuvens,henri greindl,jan de haas,hendrik vanattenhoven,nicola andreoli,chrystel wautier,fabio zamagni,giuseppe millaci,sam gerstmans,adrien verderame,toine thys,pascal mohy,stephane mercier,arno krijger,karl januska,maayan smith,nadav peled,matthias de waele,sounds,bravo,jos machtel,simon plancke

Le groupe du saxophoniste est vraiment au point même si, ce dimanche, sa configuration est légèrement différente de l’original : Lionel Beuvens et Cédric Raymond avaient remplacé respectivement aux drums et à la contrebasse les habituels Yoni Zelnik et Gautier Garrigue. Et, franchement, ça sonne et ça déménage. Les compositions de l’altiste sont pleines de reliefs et superbement bien arrangées. «Maël», «Matis», «Aumale Sherif» ou encore «The Jazz Studio», pleins de force et de nuances, nous ballottent entre post bop et swing. Et quand les solistes prennent la main, c’est pour pousser plus loin et plus fort les thèmes. Et à ce petit jeu, on ne peut qu’être admiratif devant les interventions de Jean-Paul Estiévenart (époustouflant de puissance, d’idées et de maitrise) mais aussi de Pascal Mohy (toucher vif et sensuel à la fois), de Steven Delannoye (toujours incisif) et bien entendu, du leader (voix suave, solaire et ondulante). Bref, voilà un groupe vraiment inspiré et toujours surprenant qu’il faut suivre sans hésiter.

Juste après, Toine Thys ne fait pas descendre la pression. Il faut dire que son projet Grizzly ne manque vraiment pas de pêche. S’il présente son trio (Arno Krijger (Hammond B3) et Karl Januska (dm) qui remplace l’habituel Antoine Pierre) avec beaucoup d'humour, de second degrés et de détachement, la musique elle, est délivrée avec beaucoup de «sérieux». Des thèmes comme «The White Diamond», «Don’t Fly L.A.N.S.A» ou le très tendre «Disoriented» (à la clarinette basse) possèdent tous leur dose de créativité. Quant à «Grizzly», titre éponyme de l’album, c’est un véritable hymne au soul jazz.

brussels jazz marathon,guillaume vierset,igor gehenot,steven delannoye,jean-paul estievenart,antoine romeo,julien tassin,augusto pirodda,marek patrman,manolo cabras,ben sluijs,bilou donneux,francois garny,jerome van den bril,sabine kabongo,matthieu van,mariana tootsie,laurent doumont,vincent bruyninckx,lionel beuvens,henri greindl,jan de haas,hendrik vanattenhoven,nicola andreoli,chrystel wautier,fabio zamagni,giuseppe millaci,sam gerstmans,adrien verderame,toine thys,pascal mohy,stephane mercier,arno krijger,karl januska,maayan smith,nadav peled,matthias de waele,sounds,bravo,jos machtel,simon plancke

J’aurais pu rester pour voir Mâäk Quintet, mais je voulais écouter Maayan Smith (ts) et Nadav Peled (eg) au Roskam. Le saxophoniste et le guitariste travaillent ensemble depuis quelques années déjà, et ont essayé différentes formules. Cette fois-ci, c’est Matthias De Waele qu’on retrouve aux drums et Jos Machtel à la contrebasse.

brussels jazz marathon,guillaume vierset,igor gehenot,steven delannoye,jean-paul estievenart,antoine romeo,julien tassin,augusto pirodda,marek patrman,manolo cabras,ben sluijs,bilou donneux,francois garny,jerome van den bril,sabine kabongo,matthieu van,mariana tootsie,laurent doumont,vincent bruyninckx,lionel beuvens,henri greindl,jan de haas,hendrik vanattenhoven,nicola andreoli,chrystel wautier,fabio zamagni,giuseppe millaci,sam gerstmans,adrien verderame,toine thys,pascal mohy,stephane mercier,arno krijger,karl januska,maayan smith,nadav peled,matthias de waele,sounds,bravo,jos machtel,simon plancke

Qu’il s’agisse de compos originales («The Pocket», «That’s Freedom»), ou de classiques («Hanky Panky» de Dexter Gordon ou «Bye-Ya» de Monk), le quartette arrive toujours à imposer sa patte et à donner de la cohésion à l’ensemble. Les échanges entre ténor (le son est parfois gras mais toujours subtil) et guitare (un phrasé souple, entre Jim Hall et John Abercrombie) font mouche. De Waele n’hésite pas à faire claquer sa caisse claire pour contrebalancer le jeu tout en demi-teinte de l’excellent Jos Machtel. Avec ce projet, Maayan Smith remet en lumière un bop parfois un peu trop laissé dans l’ombre. Il y amène, avec l’aide de son complice guitariste, une belle modernité, sans jamais intellectualiser le propos.

Voilà une belle façon de terminer un Jazz Marathon, toujours utile et bien agréable.

A+

 
 

13/09/2013

Belgian Jazz Meeting 2013

 

Après Bruges, il y a deux ans, c’est à Liège que se déroulait le deuxième Belgian Jazz Meeting. Le principe est inchangé. Douze groupes - ou solistes - sélectionnés par des journalistes et des programmateurs belges sont invités à se présenter devant des journalistes et des programmateurs du monde entier.

Un set d’une demi-heure pour convaincre - pas facile, mais c’est le jeu - des speed-meetings (face-to-face entre artistes et invités), des rencontres informelles après ou entre les mini–concerts, voilà le programme. De quoi se faire remarquer et de tenter de décrocher quelques chroniques et articles par ici, des concerts par là ou tournées hors de nos frontières.

A la Caserne Fonck, où francophones et néerlandophones (*) ont uni leurs efforts (vous ne pouvez pas savoir comme ça fait du bien !), l’accueil est des plus sympathiques, bien sûr, et l’organisation parfaite.

N’ayant pas l’occasion de m’y rendre le vendredi soir (le meeting se déroule sur trois jours), j’apprends le lendemain que certains groupes se sont joliment fait remarquer. Le trio de Jean-Paul Estiévenart en particulier (dont le très bon album Wanted - neo hard bop, vif et nerveux - sort sous peu chez De Werf) a marqué des points, Mélanie De Biasio n’a laissé personne indifférent - soit on adore, soit on déteste - et Mâäk, en version tout acoustique, déjanté et festif, a clôturé en beauté.

belgian jazz meeting,lionel beuvens,alexi tuomarila,brice soniano,kalevi louhivuori,joachim badenhorst,kris defoort,nic thys,lander gyselinck,ben sluijs,christian mendoza,nathan daems,marco bardoscia,igor gehenot,sam gerstmans,teun verbruggen,kristof roseeuw,peter vandenberghe

Samedi soir, c’est Lionel Beuvens (dm) qui présente son album (Trinité chez Igloo) devant une salle bien remplie. Lentement, en toute intimité, le groupe installe un climat plutôt «nordique» distillé par le jeu très épuré du trompettiste finlandais Kalevi Louhivuori. Tout se réchauffe et s’anime dès le second morceau qui laisse entendre de magnifiques improvisations du pianiste Alexi Tuomarila au toucher aérien, lumineux et nerveux. Les compositions de Lionel Beuvens ont quelque chose d’enivrant. «Seven», qui clôt ce court set, par exemple, est construit sur une spirale ascendante et terriblement excitante…

Joachim Badenhorst se présente en solo, armé de ses seuls soprano, ténor et clarinette basse. Adepte du jazz avant-gardiste et de l’improvisation libre, Badenhorst n’y va pas par quatre chemins. Clair, précis et direct, il démontre que le difficile exercice en solo – sur une musique pas facile, qui plus est – peut-être très accrocheuse. Badenhorst travaille la texture, le son et la matière. Il roule les harmonies comme on roule les «r». Il va chercher les sons les plus graves, étire quelques notes pointues… En quatre morceaux, il présente l’essentiel de son discours, réfléchi, travaillé, préparé. Et l’on se dit qu’il a encore beaucoup de choses passionnantes à raconter (la preuve avec son prochain disque en septette).

belgian jazz meeting,lionel beuvens,alexi tuomarila,brice soniano,kalevi louhivuori,joachim badenhorst,kris defoort,nic thys,lander gyselinck,ben sluijs,christian mendoza,nathan daems,marco bardoscia,igor gehenot,sam gerstmans,teun verbruggen,kristof roseeuw,peter vandenberghe

Avant la première pause de la soirée, c’est le trio de Kris Defoort qui monte sur scène.

Fraîcheur, ingéniosité harmonique et rythmique, un pied dans la tradition, un autre dans le présent (peut-être même en avance sur son temps), le trio emballe le set de façon unique et jubilatoire. La complicité est réelle entre Nic Thys (eb), Lander Gyselinck (dm) et le pianiste. Je ne redirai pas tout le bien que je pense de ce trio, allez relire le compte-rendu du dernier Leffe Jazz Nights. La qualité des compos («Le lendemain du lendemain» ou «Diepblauwe Sehnsucht») n’a d’égale que la fluidité du propos (la version de «Walking On The Moon» est toujours un régal). Un vrai grand trio qui joue, invente et réinvente. On en redemande… mais le timing, c’est le timing.

Après une courte pause, on retrouve sur scène 3/4 Peace de Ben Sluijs (as,fl), Brice Soniano (cb) et Christian Mendoza (p). Douceur et délicatesse. Le trio, resserré autour du piano, joue tout acoustique. L’ambiance est feutrée et fragile. La musique, d’une grande subtilité, voyage entre les trois hommes. Chacune de leurs interventions est dosée avec finesse et intelligence. Tout est dans l’évocation, dans la subtilité. Parfois la tentation d’un free jazz suggéré et maîtrisé affleure, histoire d’ouvrir d’autres perspectives et de mettre encore plus l’eau à la bouche. La belle intro de Ben Sluijs à la flûte, les interventions très musicales de Brice Soniano à la contrebasse et les envolées de Christian Mendoza au piano sont en tout point exemplaires. Un véritable délice.

belgian jazz meeting,lionel beuvens,alexi tuomarila,brice soniano,kalevi louhivuori,joachim badenhorst,kris defoort,nic thys,lander gyselinck,ben sluijs,christian mendoza,nathan daems,marco bardoscia,igor gehenot,sam gerstmans,teun verbruggen,kristof roseeuw,peter vandenberghe

Pour terminer le tour d’horizon de la journée, Nathan Daems (ts), Marco Bardoscia (cb) et à nouveau Lander Gyselinck (dm) proposent, avec Ragini Trio, un jazz basé essentiellement sur des traditionnels indiens qu’ils modèlent à leur manière. Quand on sait que les références des musiciens passent de Paolo Fresu à Ernst Reijseger ou de John Zorn à la musique des Balkans, on imagine très bien avec quelle ouverture d’esprit ils vont revisiter ces thèmes parfois ancestraux. La Shruti Box lancée, la musique ondule et évolue rapidement sur des rythmes et des groove lancinants. Bardoscia reprend pour lui, à la contrebasse, le principe des onomatopées et des ragas. Lander assure une polyrythmie efficace et Nathan fait chanter son saxophone sur des intonations épicées. Une façon originale d’intégrer le jazz à la musique indienne. A moins que ce ne soit l’inverse…

Après une courte nuit, tout le monde est de retour à la Caserne Fonck le dimanche matin sur les coups de onze heures.

Derrière le piano, Igor Gehenot commence en douceur, dans un esprit très ECM, en distillant avec parcimonie les notes rares. Puis la musique se fait plus précise et plus vive. Sam Gerstmans (cb) et Teun Verbruggen (dm) donnent l’impulsion sur un «Lena» assez enlevé. On décèle chez Gehenot le romantisme parfois torturé d’un Brad Mehldau mêlé à des accents légèrement plus funky ou soul. On sent que le trio prend de la consistance et façonne petit à petit sa personnalité. Et puis, on aime ce mélange de douceur (dans le phraser d’Igor) et d’acidité (dans le jeu sec de Teun).

belgian jazz meeting,lionel beuvens,alexi tuomarila,brice soniano,kalevi louhivuori,joachim badenhorst,kris defoort,nic thys,lander gyselinck,ben sluijs,christian mendoza,nathan daems,marco bardoscia,igor gehenot,sam gerstmans,teun verbruggen,kristof roseeuw,peter vandenberghe

On retrouve de nouveau Teun Verbruggen avec le dernier groupe qui ferme le ban : Too Noisy Fish. J’avais eu l’occasion de les voir en début d’année à Flagey lors d’un surprenant concert. Et force est de constater que le groupe a encore évolué. Le voici encore plus sûr de lui et de son humour décalé. Les trois dissidents du Flat Earth Society (Peter Vandenberghe au piano et Kristof Roseeuw à la contrebasse) s’amusent à mélanger les genres. On sent l’influence de Zappa, de Monk ou de Charlie Parker, mais aussi d’un rock très contemporain ou d’un folklore populaire assumé. On saute d’un tempo à l’autre sans crier gare. Le timing est d’une précision diabolique et les idées fusent. Peter Vandenberghe plaque les accords, puis enchaîne de brèves mélodie avant de suspendre le temps et de jouer avec les silences. Le drumming éclaté de Teun se confond aux glissando de la contrebasse de Kristof. En une demi-heure, Too Noisy Fish nous a offert un concentré de jazz intelligent, joyeux et innovant... A suivre...

Voilà un joli panorama, fidèle – mais restreint bien entendu – du jazz belge : cette scène éclectique aux milles influences qui en fait toute sa singularité.

Il ne reste plus qu’à espérer que les programmateurs étrangers seront bien inspirés de l’exporter un peu partout en Europe.

On fera le bilan dans deux ans, lors du prochain Belgian Jazz Meeting qui se tiendra à nouveau à Bruges.

A+


* Museact (Gaume Jazz Festival, Jazz 04/Les Chiroux, Jazz Station, Maison du Jazz/Jazz à Liège, Les Lundis d'Hortense, Collectif du Lion, Sowarex/Igloo, Ecoutez-Voir), Brosella, Jazz Brugge, Wallonie-Bruxelles Musiques et Flanders Music Centre. La Federation Wallonie-Bruxelles et De Vlaamse Gemeenschap, les villes de Liège et de Bruges.

 

 

 

13/01/2013

Sous les flocons, le jazz.


Deux, trois, petits rendez-vous en ce début d’année.

steve houben,richard galliano,winter jazz festival,djangofolllies,blue flamingo,maak s spirit,flagey,theatre marni,tournai jazz festival,marc ducret,labtrio,jef neve,ibrahim maalouf,sal la rocca,matthew herbert,big noise,manu katche,igor gehenot,les doigts de l homme

Hé oui, les festivals ne se déroulent pas toujours sous le soleil d’été.

Winter Jazz Festival porte d’ailleurs bien son nom. Depuis quelques années, Flagey et le Théâtre Marni proposent une série de concerts, ainsi que quelques projections de films concernant le jazz. Sur le grand écran, on y verra «Petrucciani» de Michael Radford, «Autour de minuit» de Bertrand Tavernier ou encore «Sweet And Lowdown» de Woody Allen.

Et sur scène on verra Mâäk avec Marc Ducret, Metal-o-phone ou encore Too Noisy Fish pour les plus avant-gardistes, Jef Neve, Sal La Rocca, LABtrio et Christian Escoudé, pour les valeurs sûres, Kaja Draksier’s Acropolis ou Elifantree pour les découvertes et Matthew Herbert Big Band pour le plus grand plaisir de tous.

Alors, hop ! Une écharpe, un bonnet et n’hésitez pas à traverser la Place Falgey dans les deux sens.

Mais à côté de la «grosse machine», n’oublions pas non plus nos amis de Muse Boosting et leur Blue Flamingo Jazz Festival, qui continuent à proposer chaque trimestre deux concerts à Molenbeek. Allez vous réchauffer dans cette magnifique salle du Château du Karreveld aux sons de Big Noise et du trio d’Igor Gehenot. Ambiance assurée.

Ça c’est à Bruxelles. Mais il y a aussi Tournai qui propose la deuxième édition de son Tournai Jazz Festival . Cette année, on y verra Ibrahim Maalouf (unique concert en Belgique !!) mais aussi Richard Galliano, Manu Katché, Bojan Vodenitcharov et Steve Houben et quelques jeunes groupes dont Blue Monday People, Mister Dumont, Pia Silva… et encore Big Noise.

Allez-y !

Et puis, il y a aussi les Djanjofolllies dont les concerts s’éparpillent aux quatre coins du pays (Christian Escoudé, Les Violons de Bruxelles, MuZiek de Singe, Les Doigts de l’Homme et bien d’autres).

Et, bien entendu, outre les festivals, il y a toujours les clubs, les clubs, toujours les clubs !

Plongez dans l’agenda du site des Lundis d’Hortense, qui est toujours là pour vous dire où et quand ça se passe. Qu'il neige ou qu'il fasse soleil...

 

A+

02/10/2012

Igor Gehenot Trio - Road Story


Road Story pourrait être le titre d’un album d’un groupe qui a déjà beaucoup roulé sa bosse. Il n’en est rien. Il s’agit du premier album (chez Igloo) du jeune pianiste belge Igor Gehenot (23 ans à peine). Ce n’est donc que le début de l’aventure. L’histoire est encore à écrire, mais elle commence bien.

igor gehenot, teun verbruggen, sam gerstmans, igloo, chronique

Soutenu par deux solides piliers de notre jazz belge (Teun Verbruggen (dm) et Sam Gerstmans (cb) ), Igor peut s’exprimer comme il l’entend. D’un côté, il peut se fier à la rigueur et au swing hard bop, bien gardé par le contrebassiste, et de l’autre, il peut compter sur la fougue et le jeu éclaté du batteur.

Cependant, bien que sa personnalité émerge clairement ici et là, on sent Gehenot encore assez attaché à ses principales influences. La première, celle qui saute immédiatement aux oreilles comme aux yeux est celle d’ECM. Au-delà de l’ambiance générale et du son d’ensemble, l’influence va jusque dans le graphisme de la pochette, illustrée par une photo en noir et blanc, sobre et dépouillée, délimitée aux quatre coins par une typographie simple et discrète.

Au fil des morceaux, le toucher de Gehenot évoque tantôt celui d’un Brad Mehldau («Promenande» ou «A Long Distance Call to JC») ou d’un Marcin Wasilewski («Nuit d’hiver»). On y découvre aussi chez lui un certain goût pour le mystère, voire une noirceur dans le propos («Lena»). Son jeu rythmique est pourtant nerveux et il n’hésite pas à user d’ostinati pour faire monter la pression. Les accords se jettent par grappes, renvoyés par Teun Verbruggen au mieux de sa forme. Alors, le pianiste nuance et découpe son jeu et rappelle même par moments Keith Jarrett… en plus sage. Tout cela est souvent joué sur des tempi généralement ralentis et apaisés. C’est que Gehenot a la sens des contrastes et de la narration. Cela se confirme d’ailleurs dans ses compositions (il est l’auteur des dix titres de l’album) pour lesquelles il n’a rien à envier à personne. Ses constructions sont judicieusement bien balancées et l’équilibre entre tension, timing et dénouement est quasi parfait.

Et bien sûr - comment ne pas l'évoquer - on sent aussi chez Gehenot, l’influence évidente d’Eric Legnini. Dans «Sofia's Curtains», par exemple, et surtout dans «Mister Moogoo» (mais là, l’hommage est clair jusque dans le titre).

Tout cela ne manque décidément pas de talent et les concerts que le trio a donné cet été le confirment.

Et même si tout n’est pas encore clair et totalement défini dans sa tête, il est certain que le jeune pianiste a de l’ambition. Il lui suffit maintenant de faire le tri entre ce qu’il garde dans ses bagages et ce qu’il laisse sur le côté. Doué comme il l'est, il devrait rapidement s'en sortir.

A lui de choisir sa route.

A+

06/12/2011

Igor Gehenot Trio au Sounds (1)


Igor Gehenot est un tout jeune pianiste qu’on a intérêt à tenir à l’œil. Je l’ai déjà vu quelque fois à l’œuvre avec le Metropolitan Quartet ou lors de jams endiablées et, dernièrement encore, lors du dernier Festival Jazz à Liège avec son propre trio.

igor gehenot,antoine pierre, felix zurstrassen, teun verbruggen, sam gerstmans, sounds, igloo, lionel beuvens

Depuis début octobre, Igor Gehenot est en résidence, un mardi sur deux, au Sounds – une expérience qui se prolongera encore au mois de janvier.

C’est l’occasion pour lui d’essayer de nouvelles choses, par exemple : changer de batteur. Avec le très talentueux Antoine Pierre, son ami de longue date, les automatismes devenaient peut-être un peu trop évidents. Il faut dire aussi que le jeune batteur était aussi sollicité par quelques grands noms du jazz belge (Philip Catherine ou Steve Houben, par exemples) auxquels il est difficile de décliner l’invitation (ce qui serait idiot d’ailleurs).

Alors, c’est Teun Verbruggen qui, installé derrière les fûts, a ouvert de nouveaux horisons à notre jeune pianiste. C’est donc avec lui et le fidèle Sam Gerstman à la contrebasse que Gehenot enregistrera bientôt son premier album à paraître chez Igloo.

Le 29 novembre, c’était pourtant Lionel Beuvens qui tenait les baguettes et Felix Zurstrassen la contrebasse. Alors, même si “comparaison n’est pas raison”, et que le 13 décembre je compte bien aller revoir le trio “officiel” (avec Gerstmans et Verbruggen, donc), je parlerai plus tard - et en un seul “papier” - de ces deux concerts en…“parallèle”…

On se donne rendez-vous d’abord au Sounds le 13 et un peu plus tard ici?

A+

21/05/2011

Jazz à Liège 2011

Avant de revenir sur quelques concerts plus anciens (Mâäk’s Spirit, The Sisters) et avant de parler de ceux qui ont suivi - ce qui est assez logique – voici un petit tour d’horizon de mon passage à Jazz à Liège (en attendant un article sur Citizen Jazz).

La foule arrive petit à petit au Palais des Congrès, ce vendredi 13 mai.

jazz a liege, greg houben, pierrik pedron, neil cowley, igor gehenot, antoine pierre, sam gerstmans, erik truffaz, anna aaron, oran etkin, stefano di batistta, jonathan kriesberg, jeff ballard, francesco puglisi, julian oliver mazzariello, david murray, chris beck, steve colson, jaribu shahid, tony allen, jimi tenor, jacques schwarz bart, retroviseur

Mon premier objectif est d’aller voir et écouter le quartette de Greg Houben avec Pierrick Pedron. Je les avais entendus (un set seulement) lors de leur dernier passage au Music Village. La rencontre entre le trompettiste belge et le saxophoniste français est une belle réussite. D’abord ça swingue, puis c’est tendre, puis ça claque à nouveau. Les cinq musiciens s’entendent à merveille et chacun d’eux arrive à pousser l’autre plus loin. Ou ailleurs. Après le concert, je passe un moment avec Greg et Pierrick pour une interview (à lire prochainement sur Citizen Jazz). Simplicité, second degré, humour et complicité… pareil que sur scène.

Du coup, je ne suis pas allé écouter The Sisters (Hatzi et Galland) que j’avais vu quelques semaines auparavant au Sounds lors d’un concert détonnant. Il paraît que ce vendredi, au Club Maison du Jazz, c’était tout aussi brûlant. M’étonne pas.

jazz a liege, greg houben, pierrik pedron, neil cowley, igor gehenot, antoine pierre, sam gerstmans, erik truffaz, anna aaron, oran etkin, stefano di batistta, jonathan kriesberg, jeff ballard, francesco puglisi, julian oliver mazzariello, david murray, chris beck, steve colson, jaribu shahid, tony allen, jimi tenor, jacques schwarz bart, retroviseur

Je vais voir Neil Cowley (p) dans la grande salle. J’avais vu ce trio lors du Motives Jazz Festival à Genk en 2008. Basé, la plupart du temps, sur des longues montées en puissance, le trio reste un peu trop dans le systématisme. Neil ne manque pas de charisme et l’interaction entre les trois musicien est forte…

jazz a liege, greg houben, pierrik pedron, neil cowley, igor gehenot, antoine pierre, sam gerstmans, erik truffaz, anna aaron, oran etkin, stefano di batistta, jonathan kriesberg, jeff ballard, francesco puglisi, julian oliver mazzariello, david murray, chris beck, steve colson, jaribu shahid, tony allen, jimi tenor, jacques schwarz bart, retroviseur

Je préfère aller écouter un jeune qui promet (encore!?): Igor Gehenot. Accompagné à la contrebasse par Sam Gerstmans et à la batterie par Antoine Pierre, Igor démontre un sens inné du rythme. Son jeu est clair, vif et précis. Il y a chez lui autant de lyrisme et de sensibilité qu’il  y a de fougue et d’exaltation. Le trio mélange habilement standards et compositions originales qui ne manquent pas de personnalité. À suivre.

jazz a liege, greg houben, pierrik pedron, neil cowley, igor gehenot, antoine pierre, sam gerstmans, erik truffaz, anna aaron, oran etkin, stefano di batistta, jonathan kriesberg, jeff ballard, francesco puglisi, julian oliver mazzariello, david murray, chris beck, steve colson, jaribu shahid, tony allen, jimi tenor, jacques schwarz bart, retroviseur

Retour dans la grande salle, bourrée, pour écouter Erik Truffaz. Avec son “nouveau” claviériste, Benoit Corboz, le groupe laisse un peu de côté le rock pour se rapprocher peut-être de la soul ou même du funk… à la sauce Truffaz bien sûr, entre groove et moments plus éthérés. Ce n’est qu’en rappel qu’on aura droit aux morceaux chantés, non pas par Sophie Hunger comme sur l’album “In Between”, mais par Anna Aaron à la voix graineuse et légèrement voilée, dont l’univers est à découvrir assurément.

Je retrouve Erik Truffaz et sa bande et j’en profite pour faire une courte interview (à lire bientôt sur Jazzques).

Puis, je rejoins la fameuse péniche pour assister à la jam. L’ambiance est chaude et les musiciens se succèdent sur la petite scène. Ambiance.

Mais il commence à se faire très tard…

jazz a liege, greg houben, pierrik pedron, neil cowley, igor gehenot, antoine pierre, sam gerstmans, erik truffaz, anna aaron, oran etkin, stefano di batistta, jonathan kriesberg, jeff ballard, francesco puglisi, julian oliver mazzariello, david murray, chris beck, steve colson, jaribu shahid, tony allen, jimi tenor, jacques schwarz bart, retroviseur

Samedi 14, Oran Etkin est sur scène. Oran avait fait sensation l’année dernière à Comblain avec sa musique qui mélange jazz, klezmer et musique malienne. C’est joyeux, parfois étonnant et toujours prenant. Oran arrive à trouver l’équilibre entre ces mondes et à fabriquer son univers propre. J’en discute avec lui après le concert et vous pourrez bientôt lire son interview… En attendant, si vous voulez le découvrir, amis français, rendez-vous au Sunside et au Sunset à Paris, fin juin.

 

Stefano Di Battista, un peu enrhumé, était venu présenter son dernier album “Woman’s Land”, entouré d’une belle équipe (l’efficace Jeff Ballard (dm), le jeune et impétueux Julian Oliver Mazzariello (p), Francesco Puglisi (cb) et Jonathan Kreisberg (g) ). Ça swingue rondement. C’est enlevé et ça tourne bien. Stefano entretient la tradition jazz avec toute la chaleur et le charme italien.

jazz a liege, greg houben, pierrik pedron, neil cowley, igor gehenot, antoine pierre, sam gerstmans, erik truffaz, anna aaron, oran etkin, stefano di batistta, jonathan kriesberg, jeff ballard, francesco puglisi, julian oliver mazzariello, david murray, chris beck, steve colson, jaribu shahid, tony allen, jimi tenor, jacques schwarz bart, retroviseur

J’en profite pour interviewer Jonathan Kreisberg (je l’avais découvert au Sounds en 2009 et j’avais raté le rendez-vous qu’on s’était donné au Jamboree à Barcelone récemment). Guitariste à découvrir.

jazz a liege, greg houben, pierrik pedron, neil cowley, igor gehenot, antoine pierre, sam gerstmans, erik truffaz, anna aaron, oran etkin, stefano di batistta, jonathan kriesberg, jeff ballard, francesco puglisi, julian oliver mazzariello, david murray, chris beck, steve colson, jaribu shahid, tony allen, jimi tenor, jacques schwarz bart, retroviseur

David Murray sur scène, c’est magnifique. Avec son Black Saint Quartet, il met le feu à une salle comble. Démarrage tonitruant, passage obligé par la musique des îles et retour à la tendance free (quand Murray fait dire ce qu’il veut, dans tous les tons, à son saxophone, on reste scotché.) Autour de lui il y a l’impassible et excellent pianiste Steve Colson, le puissant Chris Beck aux drums et Jaribu Shahid à la contrebasse. Quartette exceptionnel.

jazz a liege, greg houben, pierrik pedron, neil cowley, igor gehenot, antoine pierre, sam gerstmans, erik truffaz, anna aaron, oran etkin, stefano di batistta, jonathan kriesberg, jeff ballard, francesco puglisi, julian oliver mazzariello, david murray, chris beck, steve colson, jaribu shahid, tony allen, jimi tenor, jacques schwarz bart, retroviseur

Un petit passage chez Jacques Schwarz-Bart et un coup d’œil chez Tony Allen et Jimi Tenor. Tout ça balance bien. Et il y a du monde partout..

jazz a liege, greg houben, pierrik pedron, neil cowley, igor gehenot, antoine pierre, sam gerstmans, erik truffaz, anna aaron, oran etkin, stefano di batistta, jonathan kriesberg, jeff ballard, francesco puglisi, julian oliver mazzariello, david murray, chris beck, steve colson, jaribu shahid, tony allen, jimi tenor, jacques schwarz bart, retroviseur

 

Il y a beaucoup de monde aussi dans le club où se produit Rétroviseur.

Ha! La belle révélation! Une bande de jeunes français qui détourne les instruments et balance un jazz à la limite du rock et de l’expérimental. Tout cela avec une ligne de conduite bien précise et une liberté insolente. C’est intense et fascinant. Ça joue fort, c’est plein de surprises et ça fait un bien fou.

Une belle façon de clôturer un très bon festival.

À suivre, donc…

 

À+