11/06/2017

Jorge Rossy, Hamster Axis, Sal La Rocca, Samuel Blaser - Citadelic 2017

Dix ans ! Le festival de jazz et de musiques improvisées, organisé par l’infatigable Rogé Verstraeten fêtait ses dix ans le week-end dernier. Pour l’occasion, Citadelic s’était associé avec Jazz Case à Neerpelt, qui fêtait également ses dix années d’existence, pour partager certains concerts (Llop, Samuel Blaser, Moker et d’autres).

Vendredi soir, direction Gand.

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Il fait doux dans le Citadelpark. Pas de musique intempestive en attendant que les musiciens montent sur scène, pas de grandes banderoles de sponsors qui envahissent le site non plus. Rien de tout ça. Ici, il y a juste, entre deux grands arbres, une scène en bois (fabrication maison) et autour, des tables et des chaises dispersées un peu partout sur le gazon. Et puis, il y a une minuscule tente où l’on déguste une bière locale (les excellentes Suzanne et L’Arogante) ou un plat signé El Negocito ! Sur scène, ou dans l’une des allées du parc, Steiger s’est produit un peu plus tôt (un jeune groupe à suivre, qui était passé très près du premier prix lors du Jazz Contest à Malines en 2014).

Les jours précédents, on a pu voir Lily Joël, De Beren Gieren ou encore Paul Van Gyseghem… Mais ce soir, c'est le band de Jorge Rossy qui occupe le podium. On ne rappelle plus les faits d’armes du percussionniste - et multi instrumentistes - espagnol qui a fait, entre autres, les très beaux jours du trio de Brad Mehldau. On le retrouve ici derrière le vibraphone, entouré d’une belle équipe : Doug Weiss (cb), Jaume Llombart (eg), Mark Turner (TS) et Joey Baron (dm) qui remplaçait au pied levé l’immense Al Foster rentré prématurément aux States pour des raisons familiales.

Sans annonce préalable, enchaînant directement après le sound check, le quintette amorce un concert plein de douceurs. Le groupe joue presque acoustique, l’ensemble est très peu amplifié mais le résultat est parfait. «Who Knows About Tomorrow» puis «Pauletta», deux balades souples et suaves, permettent des dialogues subtils et tendres entre le marimba et le sax. Mark Turner, fidèle à ses habitudes, développe les mélodies dans un souffle chaud et apaisé. Les compositions laissent beaucoup d’espaces aux respirations et à des solos délicats. Ceux de Jaume Llombarts sont discrets mais remplis de sensibilité (sur «Portrait», en particulier). Puis il y a des morceaux un peu plus enlevés, comme «MMMYeah», où les échanges entre Joey Baron et Jorge Rossy sont plus «joyeux», plus nerveux et plus bondissants. On navigue entre le bop et bossa, on prend son temps et on profite, sans se prendre la tête, de deux sets qui louent l’élégance mélodique.

De quoi reprendre la route du retour le cœur léger et d’avoir envie de revenir.

Ce ne sera pas le samedi, mais le dimanche.

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Le parc est inondé de soleil, il y a toujours pas mal de monde. Mais on respire.

Sur scène, Hamster Axis of the One-Click Panther (on va dire Hamster Axis) a entamé son concert. Depuis un petit bout de temps, le groupe développe un projet assez singulier. En effet, lors de régulières résidences à l’Arenberg à Anvers, le groupe propose à un guest de travailler avec lui. Il y a eu Gregory Frateur (Dez Mona), Roland Van Campenhout, Josse De Pauw, Mauro Pawlowski et d’autres. Le principe est immuable : l'invité rejoint le groupe le lundi et le premier concert a déjà lieu le jeudi suivant.

Pour cette édition de Citadelic, c'est Marcel Vanthilt, homme de télé (avec Ray Cokes sur MTV), de radio, mais aussi leader du légendaire groupe électro punk Arbeid Adelt!, qui est venu avec ses textes et ses compos. Le tout a été «hamsterisé» par Lander Van den Noortgate. Le résultat est assez décoiffant. C’est un mix entre spoken word (néerlandais, anglais ou français), rock, musique ethnique et jazz. C’est compact, parfois touffu. Soutenu par une rythmique solide (Frederik Meulyzer aux drums et Janos Bruneel à la contrebasse), les solistes (Andrew Claes au ténor, Bram Weijters au piano et Lander à l’alto) en profitent tour à tour, ou à l’unisson, pour ajouter de l’aspérité aux mélodies parfois déjà tranchantes. (Je vous conseille l’écoute de l’album «MEST» pour vous faire une belle idée de la qualité de Hamster Axis.)

C’est au tour de Sal La Rocca et de son nouveau quartette de monter sur scène et de proposer un mélange intelligent de tradition bop et d'avant-garde. L’équilibre est subtilement dosé et le résultat est très convaincant. Un «Jupiter» de Coltrane en entrée et un thème de Joe Henderson pour suivre, et le cadre est plutôt bien défini. A partir de là, on peut voyager. Et le groupe ne s’en prive pas. C'est là qu'on se dit que l'on n'entend pas assez Pascal Mohy (ici au piano et Wurlitzer !) dans ce registre. Il a une façon bien personnelle d'improviser, d’ouvrir le jeu. Ses attaques, ses retenues, ses progressions, ses digressions sont dignes d'un McCoy Tyner, Hancock ou Herbie Nichols… mais c'est surtout du Mohy ! Ce type est un des secrets les mieux gardés du pays. Avec Jereon Van Herzeele au ténor et au soprano, la connivence est parfaite. Jeroen possède, lui aussi, ce son unique, un peu âcre, légèrement pincé, qui amène cette pointe de liberté et entraine dans son sillage l’imperturbable et attentif Lieven Venken aux drums. Quant à Sal, en parfait leader, il drive et groove avec aisance. Son jeu ferme et fluctuant, juste comme il se doit, permet à tout le groupe de profiter de beaucoup de liberté. Un cocktail parfait qui fait vraiment plaisir à entendre et, on l'espère, à re-entendre très vite.

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Radicalement différent, le trio du tromboniste suisse Samuel Blaser (avec Marc Ducret à la guitare et Peter Bruun aux drums) propose une musique presque totalement improvisée. «On part de rien...», me confiera Samuel Blaser à l’issu d’un concert captivant comme souvent (voir ici leur prestation il y a quelques années à l’Archiduc).

Partir de rien ne veut pas dire faire n’importe quoi. Les trois musiciens s’écoutent, échangent et construisent. Blaser, qui maîtrise comme personne son instrument, semble souvent à la recherche de lignes mélodiques très sophistiquées, très riches mais aussi très lisibles. La musique est parfois tachiste ou très découpée mais, comme c’est le cas pour certaines œuvres d'art contemporain, il faut pouvoir embrasser l'ensemble pour en comprendre les détails et l'histoire. Toutes ces petites molécules musicales finissent par faire un tout. Le dialogue entre les trois musiciens est unique et fascinant. Peter Bruun est toujours aux aguets, il éclabousse, soutient et relance dans un jeu très aérien.

Et puis, il y a Marc Ducret ! Ce qui étonne toujours chez lui, c'est la faculté qu’il a de façonner les sons avec une "simple" guitare et une pédale (là où certains ont de véritables claviers aux pieds) ! Doigts nus ou avec un onglet, s’aidant parfois d’un bottleneck, il invente des phrases pleines de poésies et de tensions qui s’incorporent comme par magie à l’ensemble.

Avec simplicité et bonne humeur, les musiciens enchaînent les morceaux et le public redemande encore de cette musique inventive, passionnante et pleine de contrastes. Normal…

Il se dit qu’un album serait en préparation, on s’en réjouit déjà. En attendant, on peut toujours se replonger dans quelques albums très recommandables de nos trois amis (Metatonal, du double trio de Marc Ducret, Spring Rain de Samuel Blaser, avec Russ Lossing, Gerald Cleaver et Drew Gress, ou encore J.A.S.S. avec Alban Darche, John Hollenbeck, Sébastien Boisseau et Samuel Blaser, bien entendu…)

Merci Citadelic. Et bien vite la onzième édition.

A+

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17/09/2011

Belgian Jazz Meeting - De Werf, Brugge

Bruges, De Werf, vendredi 2 septembre, 20 heures.

C'est le Belgian Jazz Meeting.

Pas facile d’ouvrir ce genre de concerts. Une grosse demi-heure, à tout casser, pour démontrer à un public de professionnels (organisateurs, journalistes, agents et autres producteurs venus des quatre coins de l’Europe et même des States) de quoi on est capable.

Alors, c’est Rackham qui s’y colle.

Toine Thys (ts, bc) réactive son projet jazz, rock, ethno-pop, folk (appelez ça comme vous voulez) et présente son nouvel album (et son nouveau line-up). Benjamin Clément (eg) fait toujours partie de la bande, mais avec l’arrivée d’Eric Bribosia (Keyb), Steven Cassiers (dm) et Dries Lahaye (eb) – remplacé ce soir par Axel Gilain – le groupe délaisse un peu le côté agressif pour n’en garder que l’énergie. On se balade entre jazz et pop gentille dans laquelle on retrouve des atmosphères western à la Ennio Morricone. Les interventions (intentionnellement ringardes ?) de Bribosia au Wurlitzer déstabilisent un peu tandis que celles de Benjamin Clément étonnent. A revoir début décembre à Flagey, CC Amay et Gand pour la sortie de l’album «Shoot Them All».

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Plus à l’aise et excessivement bien rodé, «Voices» de Nicolas Kummert fait un tabac. La fusion entre rythmes africains, jazz et chanson est parfaite. Au risque de me répéter, «Voices» est sans doute l’un des plus beaux projets actuels. Ce soir, et comme souvent, Alexi Tuomarila (p) fut magistral.  Ses envolées, à la fois lyriques et rythmiques, font étinceler des mélodies ciselées. Hervé Samb (eg) injecte des effets subtils et groovy avec une justesse incroyable. Soutenu par une rythmique d’enfer (Nic Thys (b) et Lionel Beuvens (dm), éblouissants), Nicolas Kummert «n’a plus qu’à» chanter, souffler et faire chanter la salle. Magique.

Changement de style, ensuite, avec le duo Jereon Van Herzeele (ts) et Fabian Fiorini (p), qui remplaçait le batteur prévu initialement et malheureusement malade, Giovanni Barcella. Mais les deux musiciens se connaissent bien et il ne faut pas longtemps pour qu’ils mettent le feu avec une musique très improvisée, inspirée autant par Coltrane que Ayler. Jereon plonge le sax dans le piano que Fabian fait gronder comme jamais. Explosif et puissant.

Pour continuer dans le même esprit, c’est le trio de Manu Hermia qui monte sur scène et nous emmène en voyage. Et c’est Manolo Cabras (cb) et Joao Lobo (dm) qui nous mettent sur la voie avec une longue intro hypnotisante. Tantôt à la flûte, tantôt au ténor ou au soprano, Manu Hermia transcende les thèmes. L’interaction entre les trois musiciens est lumineuse. Ils peuvent ainsi laisser s'exprimer toutes leurs idées. Et personne ne s’en prive. Fureur, retenue, transe et plénitude, tout s’enchaîne avec une indéniable maîtrise. (Un p’tit rappel ?).

C’est le quintette du pianiste Christian Mendoza qui conclut cette première et roborative soirée. La musique est plus écrite, sans doute, et un peu plus complexe aussi. Ce qui n’empêche pas de laisser aux souffleurs, Ben Sluijs (as et fl) et Joachim Badenhorst (cl), de beaux espaces de liberté. Ici, les thèmes prennent le temps de se développer, d’emprunter des chemins sinueux et de s’enrober d’ambiances étranges. Une musique qui demande de l’attention pour en saisir toutes les nuances. Mendoza mélange les couleurs, ravivées par le drumming nerveux de Teun Verbruggen et laisse parler ses acolytes, les relance, les invite sur d’autres pistes. Un véritable esprit de groupe où tout doit être à sa place pour que ça fonctionne. Et ça fonctionne !

Samedi, sur les coups de 20h., on remet ça avec le trio de Pascal Mohy, avec Sal La Rocca (cb) et Antoine Pierre (dm). On connaît le toucher délicat  et romantique du pianiste, mais on se surprend lorsqu’il se réapproprie «Hallucination» de Bud Powell de fougueuse manière !  Et ça lui va tellement bien. Mohy continue son travail en profondeur sur «l’art du trio», façon Bill Evans, et peaufine son univers impressionniste. En laissant un peu de côté sa timidité, Mohy peut encore faire évoluer ce trio et en faire un groupe phare dans son genre. (Avez-vous déjà écouté le dernier album de Bill Carrothers au Village Vanguard, avec Nic Thys et Dré Pallemaerts? Ça pourrait être une bonne piste).

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Pas timide pour un sou, lui, aussi déluré dans son attitude que dans sa musique, Fulco Ottervanger décloisonne les genres avec ses Beren Gieren. Influencé par la musique contemporaine, le rock ou les valses désuètes, le set est incisif et nerveux. Le groupe joue avec les rythmes, les casse, les éparpille, les recolle. C’est parfois tellement éclaté qu’on a du mal à s’y retrouver. Mais de Beren Gieren parvient à capter l’attention. Fulco est très percussif et s’amuse avec les contrastes puissants et ni Lieven Van Pee (b), ni Simon Segers (dm) ne calment le jeu. Encore un peu flou dans les intentions mais diablement prometteur.

Et puis c’est Joachim Badenhorst qui relève le défi d’un solo à la clarinette basse, ténor ou clarinette. Malheureusement, je n’en verrai qu’une partie. Pas facile, dès lors, de plonger en plein milieu de cette musique exigeante et sans concession. Badenhorst, travaille sur le souffle et la respiration. Le cheminement est complexe mais devient vite obsédant et passionnant. La technique au service de l’inspiration. Badenhorst ne laisse personne indifférent. La performance est impressionnante.

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Au tour de Collapse de montrer de quoi il est capable. Ça démarre en trombe avec ce jazz franc inspiré d’Ornette Coleman. Ça trace. Entre Cedric Favresse (as) et Jean-Paul Estiévenart (tp) les échanges sont éclatants. L’un fait crisser son instrument tandis que l’autre le fait chanter avec un sens du placement et de la tonalité impressionnants. On regrettera peut-être, dans ce contexte particulier de «meeting», la série de solos de la part de chacun des musiciens, qui aura tendance à faire légèrement chuter la tension. Collapse en a sous le pied, on a hâte d’entendre la suite.

Hamster Axis Of The One-Click Panther, est aussi remarquable par son nom que par sa musique. Pas facile à cataloguer, les anversois ne se mettent aucune barrière. Emmené par le remuant et expressif batteur Frederik Meulyser, Hamster (faisons court) oscille entre post-bop et échappées free. Sans se prendre trop au sérieux, le groupe affiche une solide technique et permet à Bram Weijters (p), Andrew Claes (st) ou Lander van der Noordgate (ts) d’exprimer une multitude de sensations. Signalons aussi superbe prestation de Yannick Peeters (excellente aussi avec Collapse), qui tenait la contrebasse en remplacement in-extrémis de Janos Bruneel

On prend un verre, en s’abritant de l’orage, sous les tentes dressées dans la rue du Werf. On rencontre d’autres journalistes, des organisateurs, on s’échange des adresses. On discute avec les musiciens. On se félicite de cette entente entre wallon, flamands, bruxellois. On rit (jaune) de la situation politique de notre pays… mais comme disait Roger De Knijf, présentateur de l’événement : «Here, we don’t speak flemish, we don’t speak french, we only speak jazz».  Et on se donne rendez-vous pour le final, dimanche midi avec Rêve d’Eléphant Orchestra et le dernier projet de Tuur Florizoone: Mixtuur.

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Rêve d’Eléphant Orchestra, au grand complet, avec ses trois batteurs/percussionnistes (Michel Debrulle, Stephan Pougin et Etienne Plumer), et son sens de la dérision et du surréalisme nous gratifient d’un show exceptionnel. La grande classe internationale. Les musiciens se promènent avec une aisance inouïe dans cette musique tellement personnelle qu’on ne lui trouve pas de référence. Une musique jubilatoire, festive, déjantée. L’écriture est ciselée, chaque musicien apporte une pièce indispensable à l’ensemble. Benoist Eil (g), Alain Vankenhove (tp) ou Pierre Bernard (fl) interviennent par touches, avec un sens inné du collectif. Michel Massot, toujours aussi époustouflant, passe du trombone au tuba avec autant de bonheur. Un orchestre de rêve ! (Pour… mémoire )

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On termine en faisant la fête avec Mixtuur! Mixtuur, parce que Tuur Florizone, bien sûr, mais aussi parce qu’il s’agit d’un projet qui met en lumière ces enfants congolais nés du mélange belgo-zaïrois qui n’a pas laissé que de bons souvenirs dans les années soixante. Alors sur scène, on retrouve quatre choristes africaines, un joueur de balafon (Aly Keita), des percussionnistes (Chris Joris et Wendlavim Zabsonre), mais aussi Laurent Blondiau (tp) et Michel Massot (tuba)… sans oublier Marine Horbaczewski (cello) et bien sûr, Tuur à l’accordéon. Et, de cette mixture sort une musique parfaitement équilibrée, qui mélange les cultures musicales (africaines, européennes, classique, chanson, jazz ) sans jamais plonger dans un extrême.

Quoi de plus beau comme symbole pour conclure ce Belgian Jazz Meeting ?

A+

17/08/2009

Jeunes Talents aux Dinant Jazz Nights 2009

Notre jeune jazz belge se porte bien.
Certes, il mériterait d’être encore plus soutenu, encore plus mis en avant, encore plus entendu… comme tout le jazz en général d’ailleurs.

Notre jeune jazz belge va bien, donc.
La preuve? Allez voir du côte du concours Tremplin Jazz d’Avignon.

Sur la plus haute marche du podium, on retrouve souvent des groupes belges et des musiciens qui roulent leur bosse en Belgique.
Alexi Tuomarila en 2001 (il est finlandais, mais Teun Verbruggen, Nicolas Kummert et Chris Devisscher sont belges), Pascal Schumacher en 2004 (ok, il est luxembourgeois, mais Jef Neve, Chris et Teun sont belges) Saxkartel en 2006 (là, ils sont tous belges), l’année dernière c’était Alexandra Grimal (bon, là, je tire un peu… mais Manolo Carbras vit en Belgique et Di Domenico et Lobo y sont presque résidents permanents)  et cette année, le c’est le groupe de Christian Mendoza (avec Teun Verbreuggen, Brice Soniano, Ben Sluijs et Joachim Bandenhorst) !

Voilà un petit extrait (sublime) de Mendoza, Sluijs et Vercampt (ce n’est pas le groupe qui s’est présenté à Avignon, mais ça donne une idée, non ?)



Notre jeune jazz belge se porte bien et il est prometteur.
Les concours (Jazz Marathon, Gent Jazz et Dinant jazz Nights) en sont les autres preuves.

Cette année, j’étais à nouveau dans le jury des « jeunes talents » à Dinant.

Hamster Axis Of The One Click Panther, (photo)le groupe qui avait gagné l’année dernière ouvrait le festival DJN 2009 et confirma le bon choix qu’avait fait le jury l’année dernière. Bender Banjax (avec Christian Mendoza, tiens, tiens…), vainqueur du concours jeunes talents au Gent jazz en 2008, était également de passage à Dinant cette année.
Et comme on dit: «Ça jouait !»
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Mi-juillet, après une présélection parmi plus de 15 candidats, 5 groupes se sont présentés au concours 2009 à Dinant.

Mr Pringel’s and the Bouyaka Horns, développe un jazz funky, groovy et dansant de très belle facture. Des cuivres brillants, un son parfois un peu chicagoan, parfois un peu brass band… Une belle présence.
J’attendais beaucoup du Winchovski Trio. Malheureusement, le groupe est passé un peu à côté. Ça manquait un peu de cohésion. Il faut pourtant souligner des compos originales et assez recherchées, entre jazz de chambre feutré et stylé, et éclats swinguant et lumineux. Lucien Fraipont est assurément un jeune guitariste à suivre.
The Green Dolphin’s Quartet emmené ici aussi par un très bon guitariste, Guillaume Vierset, renouait avec la tradition, sans cependant soulever trop d’enthousiasme.

La victoire allait donc se jouer entre l’excellentissime nonet Brussels Vocal Project et le non moins excitant groupe anversois Electric Quartet.
Deux formations aux horizons bien différents.
L’un reprenant a cappella des titres d’Aka Moon, Fabian Fiorini ou encore Pierre Van Dormael et l’autre optant pour un jazz électrique rappelant le Miles des années ’70 ou Erik Truffaz.
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La qualité des voix, la mise en place, l’audace et l’originalité du Brussels Vocal Project face à la solidité, l’énergie et l’efficacité de l’Electric Quartet.
Chacun d’eux mélangeant avec intelligence tradition et modernité.
Choix difficile et longues discussions entre les membres du jury.

Alors, j’ai pensé qu’il serait sympathique de demander à ces différents jurés (certains étant assez occupés ou en vacances, je n’ai pas tout reçu) de me donner leurs impressions … en version originale (nous en sommes en Belgique mais vous voulez une traduction, demandez-la moi).

Je les en remercie du fond du cœur.

Peter Anthonissen (Hnita Hoeve Jazz Club ):
"Een zeer goed idee van Dinant Jazz Nights om de jonge groepen die deelnamen aan het concours tussen de acts op het hoofdpodium te programmeren. Dat verzekerde hen meteen van de aandacht die zij verdienden. Even lovenswaardig was de idee om de jury samen te stellen uit Frans-, Nederlands- én Duitstaligen. In de jazzwereld is er sowieso contact tussen de verschillende gemeenschappen van ons land, maar dergelijke initiatieven zijn belangrijk om ons blijvend te verweren tegen oprukkende cultuurpolitieke ideologieën die graag andere signalen uitzenden.

De groepen die in het kader van de wedstrijd aantraden, hadden sowieso al gewonnen. Ze werden immers geselecteerd uit een vijftiental groepen die zich hadden aangediend. Op de eerste dag van de wedstrijd speelden achtereenvolgens Mr. Pringle’s and the Bouyaka Horns, het Winchovski Trio en het Green Dolphin’s Quartet. Ensembles met kwaliteit, zeer zeker, maar in Dinant slaagden ze er mijns inziens niet altijd in die kwaliteit een hele set vast te houden.

De tweede dag kon mij meer overtuigen. Het Brussels Vocal Project stak zijn nek uit door composities van onder meer Aka Moon en Fabian Fiorini te brengen, bewerkt voor negen a capella stemmen. Het geheel miste soms cohesie, maar het Brussels Vocal Project is een aantrekkelijk project met vast en zeker groeimogelijkheden. Met het Electric Quartet uit het Antwerpse bekroonden we als jury uiteindelijk de meest voldragen groep. Net als onder anderen een Wallace Roney en een Terence Blanchard de afgelopen jaren deden, inspireert dit ensemble zich op de vroege “Electric Miles”, maar met een aantal eigentijdse accenten. Opvallend hoe slagwerker Diederik van Remoortere erin slaagde om een voor dit soort muziek merkwaardige lichtheid te bewaren. Leider van het Electric Quartet is trompettist en bugelspeler Glenn Magerman, die ondanks zijn leeftijd op veel ervaring in diverse genres kan bogen. Zijn instrumentale beheersing maakt mee de kwaliteit van het Electric Quartet uit.
"



Georges Tonla Briquet (Brussel Deze Week & Jazzmozaïek):
"Voor de tweede editie van de wedstrijd Jong Jazztalent tijdens Dinant Jazz Nights  waren er veertien inzendingen. Ik maakte deel uit van de selectiejury. Wat meteen opviel was de presentatie van de ingezonden demo’s.

Deze varieerde van een simpele post-it tot een mooi samengesteld dossier.

Gelukkig waren er op muzikaal gebied heel wat aangename verrassingen zodat het uiteindelijk geen evidente opgave werd om slechts 5 groepen te weerhouden.
 
Tijdens de finale in Dinant werd duidelijk dat demo en live soms ver uit elkaar liggen. Dat uiteindelijk Electric Quartet als winnaar uit de bus kwam, had onder meer hiermee te maken. Hun set was samenhangend en gebald, met net genoeg variatie. Elke muzikant had genoeg kwaliteiten, zowel individueel als element van de groep. Ook de link tussen verleden en heden werd mooi uitgebouwd. Er zijn natuurlijk evidente referenties maar de groep bezit  genoeg potentieel om deze  in de nabije toekomst te overstijgen.

Verrassend was ook nog het vocale ensemble The Brussels Vocal Project.
Mr.Pringle's & The Bouyaka Horns, Winchovski Trio en The Green Dolphin’s Quartet had ik al voordien zien optreden en alle drie waren ze duidelijk in een minder goede dag hier in Dinant.

Aan goede jonge jazzgroepen in België is er duidelijk geen gebrek. Nu nog genoeg speelmogelijkheden natuurlijk."


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Jean-Marie Hacquier (Jazz Hot & Président du jury):
"Le festival des Dinant Jazz Nights se tenait cette année à la Collégiale et dans les Jardins du Collège Notre-Dame de Bellevue du 16 au 20 juillet. Pour la deuxième année consécutive, ce fut l’occasion pour de jeunes musiciens de jazz (moins de trente ans) de présenter leur musique aux suffrages d’un jury de spécialistes. Des quinze formations candidates, le jury en avait retenu cinq qui s’affrontèrent en public le dimanche 19 et lundi 20 juillet: le Winchovski Trio, le Green Dolphin’s Quartet, l’Electric Quartet, le groupe Mister Pringel’s and The Bouyaka Horns et le nonet vocal The Brussels Vocal Project.

A l’issue du festival et à l’unanimité des voix, le jury désigna comme vainqueur le groupe Electric Quartet d’Anvers composé de Glenn Magerman (trompettiste, leader), Nick Puylaert (keyboards), Juan Manssens (basse électrique) et Diederik van Remoortere (batterie). Mention spéciale fut accordée au Brussels Vocal Project, arrivé second. Lors de la proclamation du prix, le jury a tenu à motiver son choix par ces mots : « Electric Quartet a été choisi à l’unanimité pour la cohésion du groupe, l’harmonie de l’ensemble, la valeur des solistes et leur approche des valeurs du jazz. Ils bâtissent un pont entre tradition et modernité ».

L’Electric Quartet jouera en lever de rideaux au Gent Jazz Festival et au Festival Dinant Jazz Nights en juillet 2010. D’ici-là, le groupe se voit offrir un minimum de quatre concerts en clubs, en Flandres, en Wallonie et à Bruxelles. Le premier concert aura lieu le 24 octobre 2009 à la Jazz Station de Saint-Josse-ten-Noode. D’autres concerts sont encore prévus au Hnita Jazz Club de Heist-op-den-Berg et au Brassages de Dongelberg."


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Le jury pluri-culturel de journalistes et organisateurs était placé sous la présidence de Jean-Marie Hacquier du magazine Jazz Hot.
Georges Tonla-Briquet (Brussel Deze Week - Jazzmozaïek) assurait la vice-présidence.
Membres du jury : Peter Anthonissen (Hnita Hoeve Jazz Club), Bernard Lefèvre (Jazzmozaïek), Jacques Prouvost (Citizenjazz.com - Jazzques), Walter Eicher (B.R.F. Eupen), Jean-Pol Schroeder (Maison du Jazz de Liège).
Jean-Pierre Goffin (Groupe L’avenir) avait participé au jury de sélection.


À suivre, bientôt, quelques souvenirs fabuleux du Dinant Jazz Nights (Rava, Scofield, Lovano, Summer Residence, Bart Defoort, Galliano, Toots… et d’autres !).

A+