10/02/2018

Tournai Jazz Festival - Day 4

Day 4

Et nous voilà déjà samedi 3 février, la journée la plus chargée du Tournai Jazz Festival.

Dès neuf heure du matin, les organisateurs proposaient un brunch musical dans une boulangerie, puis une rencontre avec Stéphane Mercier et Igor Gehenot à la librairie Decallone, une projection du film Manneken Swing, une conférence sur le jazz belge avec Marc Danval au conservatoire, les expos de Fred Médrano et Philippe Debongnie au Fort Rouge, un dîner concert au Comptoir 17, un autre au Bièrodrôme avec les Atomic Ladies. Bref, c’était Jazz sur la ville !

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Tout cela pour nous mener au premier concert de la journée (encore et toujours sold out !) de Rhoda Scott à la Halle aux Draps, sur les coups de 17 heures.

Julie Saury, souffrante, a laissé la place à Thomas Deroineau derrière les tambours. Le Lady Quartet est donc devenu un Lady Trio Plus A Man. Au sax alto et à la clarinette, ce n’est pas non plus Lisa Cat-Berro comme annoncée, mais Aurélie Tropez. Par contre, Sophie Alour est bien présente et Rhoda Scott aussi, plus en forme que jamais !

Et ça swingue dès le premier morceau avec le très boogaloo «We Free Queens», titre éponyme de l’album qui fait sans doute aussi un petit clin d’œil à Roland Kirk.

Rhoda Scott, toujours pieds nus, toujours souriante et d’humeur très blagueuse entraîne son groupe avec énergie. Ça respire la bonne humeur et le bonheur sur scène comme dans la salle. Le groupe est soudé et la musique s’en ressent. On laisse de l’espace, on improvise, on fait monter le groove et les titres s’enchaînent. «Valse à Charlotte» ou «Que reste-t-il de nos amours» balancent voluptueusement au son graineux du ténor de Sophie Alour (aah, cette façon de «laisser traîner» les notes est divine). Sur «You’ve Changed», d’Ellington, c'est Aurélie Tropez qui démontre toute la richesse de son jeu, virevoltant et fin. «Joke», «I Wanna Move», «Moanin'» ou encore « What I’d Say » qui demande la participation du public, font chaque fois monter le groove d’un cran. Carton plein ! Voilà un premier concert plein d’énergie, de rires et de frissons qui nous comble de bonheur.

Petit break avant d’aller retrouver Stacey Kent sur la même scène.

Entourée de son équipe habituelle, son saxophoniste et mari Jim Tomlinson en tête, la gentille chanteuse propose ses chansons jazzy parfaitement mises en place. L’esprit est très cocoon, très ballades, parfois un peu de bossa ou un peu chanson française. Le moment est détendu, délicat et… sans surprise. Stacey chante de sa voix de jeune fille, ne la poussant jamais trop loin, restant dans le même registre du début à la fin. Elle n'est pas du genre à prendre des risques. Tout est propre, lisse et confortable. Pas de place au hasard. Le public apprécie mais, personnellement, je m’ennuie pas mal…

Dans le Magic Mirrors, sur la Grand Place, il y avait nettement plus d'ambiance et ça bougeait nettement plus. Pourtant il s'agit d'un tout jeune groupe d'élèves, encore au conservatoire (classique) ou à l’académie qui, passionnés par le jazz, ont monté un combo : The Outsiders. Et ils n’ont pas froid aux yeux ! Bien sûr il y a encore plein de petits défauts partout, mais il y a tellement d’enthousiasme, une déjà belle façon de se présenter, du groove et du swing que l’on ne peut que les encourager. Et certains solistes ont déjà pas mal de personnalité : Bastien Wibaut (as, baryton) ou William Delplanque (tp), pour ne citer qu’eux. Encore quelques années, un concours ici ou là et... on devrait entendre parler de l’un ou l’autre à l’avenir !

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Avec Didier Lockwood aussi ça déménage. Je craignais un peu le Lockwood fusion-electric-ambiant… Mais, heureusement pour moi, ce ne fut pas le cas. Avec Gary Husband (dm), Darryl Hall (cb) et Antonio Farao (piano), le violoniste français propose un jazz explosif qui renoue un peu avec la tradition (moderne). D’emblée, le curseur est positionné sur «tempi enflammés» ! Le groupe enfile les thèmes sur un rythme soutenu. Et chacun y va de sa «performance», tout en restant soudé au groupe. «Quark», «Positive Life» ou «The Ballad Of Pat & Robin» sont boostés par une rythmique bouillonnante. Antonio Farao est de tous les coups et, lorsqu’il prend ses chorus, la température monte encore. Le touché est vif, puissant et brillant, le pianiste enfile les arpèges et les accords avec une clarté et une vitalité éblouissantes. L’instrument gronde véritablement sous ses doigts.

Et si «Good Morning Lady Sun» commence tout en douceur, il évolue rapidement en un groove furieux. Darryl Hall malaxe les cordes et Gary Husband donne la pleine puissance, excité par le leader qui se contorsionne devant lui, comme la muleta que l’on remue devant un taureau. Emporté par son enthousiasme, le violoniste n’hésite pas non plus, comme Lisa Simone la veille, à descendre dans la salle et à aller communier avec un public électrisé. Même le «Blues Fourth», en rappel, n’est pas moins intense…

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Pas le temps de souffler – surtout que l’on a pris un peu de retard sur l’horaire – et l'on se retrouve pour le dernier concert, au Magic Mirrors, avec Eric Legnini.
Il est déjà tard, mais le public répond présent.

Le pianiste belge (parisien d’adoption) présente son excellent album Waxx Up avec Franck Agulhon aux drums, Julien Hermé (à la place de Daniel Romeo) à la basse, ainsi que la merveilleuse chanteuse new-yorkaise (qui est née au Canada) Michelle Willis.

Alors, bien sûr il faut «re-chauffer» la salle et ce n’est pas si simple après le concert de Lockwood. Mais la musique soul, aux accents groovy, R&B et Hip Hop, et la maestria de Legnini ne tardent pas à produire leurs effets. Le son est chaud et enveloppant. Les coups de baguettes du batteur, sur les peaux ou les pads, sont aussi secs que vibrants.

«Black Samouraï», qui sonne à la façon blaxploitation, est une entrée en matière efficace. Michelle Willis monte ensuite sur scène et donne un supplément d’âme aux «Sick And Tired», «I Want You Back», «Riding The Wave» ou «Night Birds», écrits pour elle ou pour les autres chanteuses invitées sur l’album. Sa voix est à la fois envoûtante et solide. Sa présence sur scène a quelque chose d’hypnotique. Et pourtant, on balance de la tête, on accompagne les rythmes de claquements de doigts et de tapements de pieds.

Sur scène, Legnini a trouvé un son approprié et différent de celui du disque – très produit – ainsi qu’une énergie particulière. Il laisse donc pas mal d’espaces aux impros (les siennes au Fender, sont quand même assez magiques) et aux solos (celui d’Agulhon est magnétique).

Big up, Waxx Up !

 

 

Il est bien plus d’une heure du matin, la salle est encore bien remplie et tout le monde semble vraiment heureux des quatre jours et nuits de jazz proposés par des organisateurs et des bénévoles qui n'ont jamais ménagé leurs efforts pour mener à bien un festival qui compte de plus en plus dans le paysage musical belge.

Bravo et merci à eux !

On se retrouve à Tournai l’année prochaine, sans faute, avec autant de plaisir.

Merci à ©JC Thibaut pour les images.

 

 

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10/01/2018

Daniel Romeo - The Black Days Session live au Sounds

Il n'a pas son pareil pour déplacer les foules et remplir les salles, Daniel Romeo. On peut les compter sur les doigts d’une seule main, ceux qui arrivent à remplir à ras bord le Sounds trois fois de suite. Et puis, il n’a pas son pareil non plus pour chauffer une salle : en deux claquements de basse, la machine est lancée.

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Ces jeudi, vendredi et samedi derniers, notre intenable bassiste présentait son album (enfin !!!) «The Black Days Session». Cela faisait trop longtemps que l’on attendait un disque de Daniel Romeo, cet éternel insatisfait (il doit pourtant y avoir dans sa cave des bandes incroyables jamais éditée, malheureusement pour nous) ! Son dernier disque, «Live At The Sounds and More» (enregistré au Sounds en 1998) datait déjà de 2003 !

Et voilà que, fin décembre 2017, il sort, presque sur un coup de tête, un double album ! Un vinyle, qui plus est ! La grande classe.

«The Black Days Session volume 1» - ce qui nous permet de rêver à une suite (?) - rassemble des morceaux écrits ou enregistrés dans une période émotionnellement difficile (les amis sont éternels, pas les hommes), mais l’énergie, la sensibilité et l’enthousiasme sont bien présents. Daniel sait qu’il n’y a rien de mieux que le partage pour passer au travers des coups durs.

C'est donc avec une équipe au grand complet (Arnaud Renaville au drums, Eric Legnini au Fender, Xavier Tribolet aux claviers, Christophe Panzani au sax, Nicolas Gardel – qui remplaçait «au pied levé» Alex Tassel - à la trompette, David Donatien aux percus et Lorenzo Di Maio à la guitare) qu'il présentait cet excellent album que je vous recommande vivement !

Deux morceaux, funky en diable, pour commencer ! Une basse galopante qui entraine tout le groupe et laisse directement au trompettiste et au saxophoniste plein d’espaces pour exécuter des solos qui montent vite en intensité. La musique tourne et le groove permet à chaque musicien d’improviser. C’est du funk - du «stinky funk» - et du jazz, c’est ça la marque de fabrique de Da Romeo. Ça démarre fort ! Alors on calme un tout petit peu le jeu - sans vraiment le calmer - avec «Serenity» qui fait un léger clin d'œil d’intro à «Lonely Woman».

Et puis, ça repart. Les souffleurs répètent un motif lumineux et solaire. Pas de temps mort. On monte les paliers sans faiblir.

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L'écriture de Daniel Romeo est quand même sacrément bien torchée. On connait le bassiste comme un exceptionnel grooveur, mais ce serait dommage de ne le cantonner qu’à cela. Il faut entendre comment les riffs, les mélodies, les rythmes, les break s’enchaînent et s’entremêlent. C’est bourré d’idées et plein de reliefs. C’est super bien ficelé. On module les temps forts et les temps suspendus (toujours tendus) et puis on laisse éclater des bombes groove incandescentes.

David Donatien et Arnaud Renaville – coups de caisse et de cymbales impeccables de bout en bout – se lancent dans une fight amicale éblouissante. Puis c’est Lorenzo Di Maio qui ne laisse pas le temps au précédent morceau de se terminer pour jeter des riffs funky et propulser le groupe sur un «Fat Cat» jubilatoire. Il lâche des solos hallucinants, entre blues et rock, entre B.B. King, Al McKay et Carlos Santana.

Dans la salle archi bondée ça ondule, ça danse, ça transpire, ça frotte.

Christophe Panzani, aussi à l’aise au ténor qu’au soprano, enfile les chorus. Et l'intensité redouble sous les coups de basse, de batterie et de percus. Ça pulse et ça sonne monstrueux ! Eric Legnini, qui a déjà pas mal éclaboussé de son phrasé fiévreux une bonne partie du concert, est littéralement poussé par le bassiste qui lui fait face. Et on monte encore dans les tours ! Et Xavier Tribolet remet une couche électro-cosmico-funky par dessus tout ça ! Folie furieuse…

On a droit au magnifique et lumineux «Onika», aux ultra-dansants «Pali» et «Escro», au touchant «Vincent». Les nuances, les pleins et les déliés rendent cette musique sensuelle, émotionnelle, excitante, frissonnante.

Alors, avant le rappel, le boss se paie enfin un solo dont il a le secret. Bouquet final !

Quel groupe de folie. Quelle soirée. Quel bonheur ! Quel funk de fun !

Après le disque, la tournée ?

 

 

Merci à ©Christophe Danaux pour les photos !

 

A+

 

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02/01/2018

On commence par quoi ?

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Janvier 2018 va être chaud.

Ce n’est pas une prévision météorologique mais un constat jazzistique.

Quoiqu’on en dise, en matière de jazz en Belgique, on est quand même bien gâté. Il suffit de regarder l’agenda de Jazz In Belgium pour constater qu’il y a, chaque jour, des concerts de jazz à Bruxelles, en Flandre ou en Wallonie. Et encore, certains ne sont pas annoncés (parce qu’ils s’organisent en dernière minute, parce que certains organisateurs n’ont pas encore le réflexe de les signaler, ou parce qu’ils oublient…) ! Merci les clubs, merci les musiciens...

Il y a donc les clubs et puis, il y a les festivals.

 

 

Par ordre d’entrée en scène, il y a d’abord le Brussels Jazz festival à Flagey.
Du 11 au 20 janvier, il n’y aura pas moins de 25 concerts parmi lesquels on notera ceux de Archie Shepp, Jasper Høiby, Tony Allen, Soweto Kinch, Kurt Rosenwinkel, Uri Caine, mais aussi Mäâk (qui fête ses 20 ans !), LABtrio, Enrico Rava, Stijn Cools Book Of Air, Shabaka Hutchings ou Matthew Herbert !

Il y aura des projections (Django, Just Friends) et une expo des dessins de Pieter Fannes, et Yann Bagot qui présenteront leur livre : Jazzconcerten op papier.

 

 

Simultanément, à deux pas de Flagey, au Théâtre Marni mais aussi au Senghor et à la Jazz Station, se tiendra la quatrième édition du River Jazz Festival.

A partir du 12 et jusqu’au 27, ce sont Richard Galliano, Nicolas Kummert avec Hervé Samb, Fabian Fiorini et Yves Teicher, Thomas Champagne, LG Jazz Collective, Steve Houben, Anne Wolf, mais aussi Marc Ribot en solo et Or Bareket en quartette qui feront vibrer les trois scènes ! Et celui qui aura l’honneur de suivre le Maelbeek (l’ancien ruisseau qui reliait Ixelles à St-Josse et qui a inspiré le nom du festival) et de se produire le même soir dans les trois lieux avec trois projets différents, n’est autre que Tuur Florizoone.

Et ici aussi, il y aura des expos (Jorge Gonzalez, Horacio Altuna et Gani Jakupi, auteur du merveilleux «Roi invisible»), des conférences, des concerts pour enfants et des projections.

Mais vous êtes peut-être plus attirés par le jazz manouche ? Pas de problème, sinon peut-être celui de votre agenda très chargé. Rendez-vous à Gent, Antwerpen, Bruxelles, Charleroi, Liège et d’en d’autres villes et villages de Belgique (demandez le programme ! ) pour les Djangofolllies !

Lollo Meier, Minor Sing, la famille Cavalière et son Jazzy Strings, Tcha Limberger, Samson Schmitt et bien d’autres viendront swinguer près de chez vous.

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Et pour terminer cet excitant (épuisant ?) mois de janvier, direction Tournai pour son septième Jazz Festival (du 31 janvier au 4 février) !

Partagé entre la Halle aux Draps, le Magic Mirrors et le Conservatoire (rassurez-vous, tout cela tient dans un mouchoir de poche, autour de la Grand Place), on aura droit à une vingtaine de concerts !

On y verra Lisa Simone, Rhoda Scott, Stacey Kent et Michel Jonasz. Mais aussi Phil Abraham, Elia Fragione, Sacha Toorop, Didier Lockwood, Igor Gehenot, Eric Legnini et son Waxx Up et une carte blanche à Stéphane Mercier qui sera entouré, tour à tour, de Nathalie Loriers, David Linx, Jean-Louis Rassinfosse, Bruno Castellucci, Paolo Loveri, Fabrice Alleman, Vincent Bruyninckx, Nic Thys, Daniel Stockart, Toine Thys, Jean-François Prins, et Charles Loos… Wahoo !

Et bien sûr, pendant ces cinq jours (et nuits), il y aura des animations dans la ville, des expos, des projections…

Quand je vous disais que ce sera chaud…

 

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04/10/2015

Saint-Jazz-Ten-Noode 30 ans ! Les concerts !

Saint-Jazz Ten-Noode fêtait ses trente ans le week-end dernier. Vous pouvez lire mon compte-rendu des deux premières soirées (jeudi à la Jazz Station et vendredi au Bota) sur Jazz Around.

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©Johan Van Eycken

 

La fête a continué samedi 26 septembre, toujours au Botanique

Sur les coups de dix-neuf heures, et sur les chapeaux de roues, BRZZVLL embrase la rotonde. Deux batteries assènent les rythmes puissants et dansants. Les saxes brillent et Anthony Joseph slame à la perfection. Le funky soul « Liquor Store » critique l'hypocrisie urbaine, les comportements sournois ou les préjugés. Textes acerbes, musique dansante. Le sax baryton (Vincent Brijs) et le ténor (Andrew Claes) se relaient dans la fièvre et Jan Willems, derrière ses claviers, accentue l’esprit soul. Si « Liverpool Highlands » est plus calme, le groove est toujours présent, lancinant et sombre. Geert Hellings, au banjo et Andrew Claes, cette-fois à l’EWI, renforcent cette ambiance inquiétante. Puis ça repart de plus belle dans le funk puissant qui trouve toujours son équilibre entre la fête et la gravité. BRZZVLL et Anthony Joseph perpétuent la tradition des Linton Kwesi Johnson, Gil Scott Heron et autres poètes du genre. Ça remue le corps et l’esprit et « Mind Is A Jungle » tombe bien à propos. Ce tube imparable fait danser et bouger le public, très nombreux et bien serré, de la Rotonde. Une heure intense de toute bonne musique. C'est bien parti pour la soirée groove promise par les organisateurs.

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©Johan Van Eycken

 

Du côté de l’Orangerie, on découvre Ourim Toumim, dont c’est le premier concert en Belgique, qui propose une musique très métissée (entre funk, R&B, soul jazz, gospel et musique du monde). L’excellente et charismatique chanteuse Emma Lamadji, soutenue par une rythmique à poigne (Jon Grandcamp aux drums, Clive Govinden à la basse électrique) ne ménage pas ses efforts. L’ambiance monte assez vite. Ici, les morceaux sont plus sensuels, un poil « nu jazz », comme on dit. Mais Ourim Toumim a la bonne idée d’explorer d’autres terrains. Les rythmes africains (« A Boy » ou « Them », par exemples) sont clairement mis en avant et Emma Lamadji, la voix crayeuse, n’hésite pas à mélanger l’anglais, le français ou (peut-être) le sango. Puis on flirte un peu avec l’électro et la drum ‘n bass, avec un très enflammé « Modjo » dans lequel les guitares de Amen Viana, Jim Grandcamp et Clive Govinden rivalisent de folie avec le piano électrique de Julien Agazar et la batterie furieuse de Jon Grandcamp. Ourim Toumim est à la frontière de différents styles et évite les clichés trop appuyés. Les compos, plutôt élaborées, ne perdent rien en efficacité tant le groupe est soudé et techniquement parfait. Une très belle découverte.

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©Johan Van Eycken

Retour dans la Rotonde où Nicolas Kummert a invité le guitariste ivoirien Lionel Loueke que tout le monde s’arrache (Terence Blanchard, Herbie Hancock, Wayne Shorter, Gretchen Parlato… excusez du peu). Le groove, puisque tel est le thème de la journée, développé par Nicolas Kummert est souvent basé sur des motifs répétitifs, en tempo lent, comme des prières calmes et profondes. « Diversity Over Purity » s’installe donc doucement et insidieusement. Le sax est légèrement plaintif, mélangé à quelques effets de voix dont le saxophoniste s’est fait une spécialité. Karl Jannuska, aux drums, et Nic Thys, à la contrebasse, assurent un tempo maitrisé, juste coloré comme il faut.

Parfois la cadence s’accélère, de façon imperceptible et régulière. On sent l’influence de la musique africaine et des rythmes tribaux sous-jacents. Loueke lâche quelques motifs haletants, s’aidant d’effets électro, phaser et autres. Kummert superpose les couches harmoniques et mélodiques, puis entraîne le public à chanter. « I’ll Be Allright », « Rainbow People » sont clairement des messages d’espoir et d’humanité. Les bases sont jetées pour un projet « arc-en-ciel » qui ne demande certainement qu’à s’épanouir.

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©Johan Van Eycken

Pour que la fête soit complète et totalement réussie, quoi de mieux qu’un concert de Da Romeo et son Crazy Moondog Band ? Le bassiste est en grande forme et propose d’entrée un « You've Got The Choice To Be Fonky Now » diabolique !

Autour de lui, Alex Tassel, au bugle, colore de bleu les groove, tandis que Christophe Panzani, au ténor, vient donner les coups de canif. Julien Tassin attend son heure et balance des riffs de fond. Eric Legnini se fait plus soul que jamais au Fender Rhodes. Ses interventions, sur « No Turning Back », entre autres, sont d’une limpidité et d’une fluidité confondantes. Toujours, il élève la musique. Derrière ses fûts, Arnaud Renanville, infatigable, vif et précis, claque les tempos avec un redoutable timing. Le « boss » peut vraiment compter sur une équipe du tonnerre. Alors, si « Vincent » ou « L’incompreso » font la part belle aux mélodies douces et intimistes, c’est sur un « Cissy Strut » (des Meters) ultra vitaminé que Da Romeo se lâche totalement. Le solo de basse est incandescent. C’est une véritable démonstration de groove. La pression monte, le rythme s'accélère, le son devient de plus en plus puissant, Da Romeo met le paquet. Le public est bouillant. Alors, on reprend petite respiration avant de replonger dans un soul funk aux parfums chics, de terre, de vents et de feux. Le public aura raison de réclamer un « encore » et sera récompensé d’un « Take It Or Leave It » des plus appropriés.

L’anniversaire est très réussi et on attend la prochaine édition du Saint-Jazz-Ten-Noode avec impatience. Parce que trente ans, ce n’est qu’un début !

Merci à Johan Van Eycken pour les images.

A+

 

 

 

18/09/2015

Saint-Jazz-Ten-Noode 30 ans ! L'interview

Saint-Jazz-Ten-Noode fête ses 30 ans cette année !

Voilà qui mériterait bien un bon gros gâteau d’anniversaire !! … Ha non, Dimitri Demannez n’aime pas ça. Il préfère un bon gros plateau de bonnes musiques. Alors, avec Fanny De Marco, ils nous ont concocté une affiche plutôt appétissante.

On regarde ce qu'il y a au menu des trois jours (24, 25 et 26 septembre) avec Dimitri et Fanny ?

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Saint Jazz-Ten-Noode, c’était comment, il y a trente ans ?

Le festival a débuté sur une idée de mon père, Jean Demannez. Il a mis ça sur pied avec quelques amis, dont Pol Lenders, le célèbre patron du Pol’s Jazz Club. Celui-ci avait déjà essayé de faire un festival sur la Place Fernand Cocq, en face de son fameux Bierodrome, mais ça n’a pas trop bien marché. Comme il cherchait un autre lieu, mon père lui a proposé la place St-Josse.

Sous chapiteau ?

Au départ c’était un tout petit podium, en plein air. Mais, dès la deuxième année, ils ont pris une drache formidable et ils ont décidé de faire les éditions suivantes sous tente. Ce qui n’était pas toujours évident pour l’acoustique, mais le public était évidemment enchanté. Il y avait un côté très populaire, c’était la grande fiesta et c’était gratuit.

Mais cela a évolué au fil des années. Il y a eu différents lieux, il y a même eu une édition sur la Place Rogier.

Oui, c’était pour les vingt ans. C’était un plus gros podium qui était impossible à monter sur la place à St-Josse. On avait vu plus large cette année-là, pour marquer le coup. On avait invité Michel Jonasz, par exemple, mais aussi Thomas Dutronc, qui débutait à l’époque. Puis, on est revenu sur la place St-Josse. Mais cela a, en effet, un peu bougé. Quand la Jazz Station s’est créée, on a pris l’habitude d’organiser un concert là-bas. Par la suite, on a décidé de terminer le festival par des concerts à l’Orangerie du Botanique. Il y a trois ans, après les élections, cela est devenu un peu plus compliqué de collaborer avec la commune. Nous avions deux choix : soit arrêter, soit changer la formule. On a proposé au Botanique de collaborer ensemble. Ils étaient ravis d’accueillir du jazz, car cela diversifiait un peu leur offre plutôt centrée sur le rock, la pop ou la chanson française. Et puis là, au moins, on est libre.

Vous avez vu des évolutions, côté public ? Le festival draine-il de plus en plus de monde ?

C’est difficile à dire car au début c’était sous chapiteau et ouvert à tout le monde. Difficile de comptabiliser cela. Mais il y a toujours eu beaucoup de monde. Même depuis que la formule est devenue payante. Mais il faut dire que c’est franchement démocratique : entre 6 et 10 euros pour des têtes d’affiches comme celles que nous présentons, c’est cadeau.

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©Jean-Louis Neveu

 

Parlons de la programmation justement. Y a t-il un fil rouge ? Y avait-il une envie d’inviter les groupes qui ont marqués les éditions précédentes par exemple ? Faire un hommage, retrouver un peu de nostalgie ?

Au départ, nous étions parti dans cette optique. Mais il y avait des artistes que j’avais envie de programmer et qui n’étaient jamais venus, comme Dédé Ceccarelli, que je voulais inviter depuis longtemps, par exemple. Alors, on a un peu mélangé les artistes, en tentant de faire une chouette programmation qui tienne la route. Et on a cherché un thème par soirée. Le premier soir, le jeudi 24 à la Jazz Station, on a rassemblé des guitaristes. Il y a d’abord Lorenzo Di Maio, qui présente son tout nouveau projet personnel avec Jean-Paul Estiévenart, Nicola Andrioli, Cédric Raymond et Antoine Pierre. On est très heureux d’avoir l’exclusivité de cette première. Ensuite, il y a Hervé Samb qui présente son projet avec Reggie Washington, Olivier Temine et Sonny Troupé. Ce n’est pas rien ! Le vendredi 25, au Bota, on propose une soirée plus “jazz”, entre guillemets et le samedi 26, toujours au Bota, une soirée plus “groove”. Et cela se termine au Bravo pour une jam finale !

On passe en revue le menu de vendredi ?

Oui. Fabrice Alleman, qui n’était jamais venu au festival, lui non plus, et que l’on espérait depuis longtemps, viendra avec son quintette présenter Obviously, superbe album sorti en 2013 déjà, chez Igloo. Ensuite, il y aura Toine Thys en trio avec Antoine Pierre et Arno Krijger.

Et puis, ce jour-là il y a André Ceccarelli !

Que je voulais le programmer depuis longtemps. De plus, au studio-école de batterie dans lequel je travaille, l’un des profs ne cessait de me répéter que je devais absolument l’inviter. C’est d’ailleurs lui qui m’a donné les coordonnées d’André. J’ai donc appelé le batteur français en pensant devoir passer par des manager et, en fait, André est un type tellement simple, accessible et enthousiaste, que tout s’est arrangé très vite et très simplement. Il viendra avec Baptiste Trotignon et Thomas Barmerie ! Il n’a pas souvent l’occasion de venir jouer à Bruxelles. En plus, il a décidé de jouer un peu moins souvent en général, c’est pourquoi je suis vraiment très content et très fier qu’il vienne chez nous !

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©kwestion.be

 

Le samedi est donc plus accès groove et jazz fusion.

Il y a d’abord Brzzvl qui était venu il y a trois ou quatre ans et qui avait cartonné. Et cette fois-ci, ils reviennent avec Anthony Joseph. Ça va être terrible pour démarrer la soirée.

Oui, je les avais vu dernièrement à l’Epaulé Jeté, sans Anthony Joseph, et c’était vraiment costaud. De plus, l’album « Engines » est vraiment excellent. Revenons à la programmation de samedi, il y a Ourim Tourim, que je ne connais absolument pas.

Ça c’est le groupe que les gens vont découvrir ! Ce sera une belle surprise, je pense. Ils sont six et pratiquent un afro-jazz un peu soul. Je connaissais le bassiste Clive Govingen, qui a participé à certaines jams ici à Bruxelles et qui était déjà venu au Saint Jazz avec Jerry Leonid et Boris Tchango. Ourim Toumim est un tout nouveau groupe et nous sommes très emballé de le présenter cette année chez nous.

Puis Nicolas Kummert vient en quartette.

Il vient avec un projet inédit. C’est lui qui nous à proposé cette formule et on n’a pas longtemps hésité quand il nous a dit que c’était avec Nic Thys, Karl Jannuska et Lionel Loueke ! C’est quand même un guitariste très en vue à New York, et dans le monde entier d’ailleurs. Il joue régulièrement avec Herbie Hancock, Terence Blanchard, Gretchen Parlato, Avishai Cohen, Jef Ballard ou Robert Glasper... Ça va être fabuleux, j’en suis sûr !

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©nc

 

Et pour finir : Da Romeo. Et là on ne sait pas à quelle heure ça va se terminer !

On a un timing à respecter, même si ça risque de déborder, car il y a la jam finale au Bravo… et là, ça risque de se terminer très tard. Ou très tôt le matin, c’est selon. Donc, Da Romeo sera là avec Eric Legnini, Julien Tassin, Alex Tassel, Christophe Panzani et Arnaud Renaville. Ça va cogner. Et puis, pendant toute la durée du festival, le vendredi et samedi au Bota, il y aura la bourse aux disques qui sera accessible tout le temps, contrairement aux autres années où l’horaire était limité.

 

 

Voilà une superbe affiche de concerts évènements, qui mélange nouveaux projets et talents plus que confirmés.

C’est mieux qu’un gâteau, non ?

 

A+

09/06/2012

Strange Fruit - Fabrizio Cassol au Théâtre National

La veille - le jeudi 31 mai - Fabrizio Cassol et tous ses amis musiciens et chanteurs avaient fait salle comble au KVS.

Ce vendredi 1er juin, la bande - toujours au grand complet – s’est déplacée d’une centaine de mètres, a traversé le Boulevard Jacqmain, et est allée remplir le Théâtre National.

Strange Fruit - c’est le nom du spectacle - est une longue histoire que le saxophoniste d’Aka Moon a trimballé avec lui depuis plus de cinq ans pour la façonner minutieusement, de manière presque secrète.

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Inspiré par la célèbre chanson d’Abel Meeropol, Fabrizio Cassol a créé un étonnant conte musical qui mélange les genres et fait fi des frontières. Le jazz, l’opéra, le classique, le folk, les chants africains… tout y est, tout y passe. Et l'on y entend toutes les influences du musicien, toutes ses émotions et tout son engagement.

On pourrait craindre que cela n’aille dans tous les sens, mais ce serait sans compter sur la clairvoyance et l’intelligence du compositeur qui s'est astreint à garder un discours déterminé et une ligne de conduite éclairée.

Et cette ligne fédératrice, c’est l’humanité. Celle qui permet d’harmoniser toutes les différences.

D’ailleurs, avant d’entamer le concert, Fabrizio laisse la place à deux représentants du Collectif des Maliens de Belgique pour qu’ils exposent et nous sensibilisent à la situation désastreuse du Mali. Les mots sont simples, brutaux, terriblement imagés et d’une force inouïe. Une courte minute de silence s’en suit. Lourde. Pesante.

Alors, comme pour chasser les mauvais esprits et redonner de l’espoir, la voix de Baba Sissoko résonne du fond des coulisses. Il entre sur scène accompagné de trois autres joueurs de Tama qui laissent éclater un chant rassembleur.

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Entre-temps, Stéphane Galland s’installe derrière sa batterie et entre aussitôt dans la danse. Michel Hatzigeorgiou fait de même à la basse électrique. Et puis il y a aussi Hervé Samb à la guitare électrique. Et derrière, il y a Bart Defoort (ts), Laurent Blondiau (tp), Michel Massot (tb) et Magic Malik (flûte). De l’autre côté, Eric Legnini s’est entouré de claviers (piano, Fender, moog).

Mais il y a aussi la Choraline - le chœur des jeunes filles de La Monnaie aux voix sublimes, diaphanes et célestes - qui occupe le fond de la scène. Sous la direction de Benoît Giaux, ces adolescentes d’une quinzaine d’années vont sublimer la soirée de par leur aisance et leurs qualités vocales.

Entrent ensuite en scène Oumou Sangaré, magnifique dans son boubou rose, Marie Daulne, plus sensuelle que jamais dans une robe de voiles noirs et Cristina Zavalloni, divine et troublante comme la reine dans Blanche Neige.

Tour à tour elles chanteront «Soukoura», «Sehet Jesus», «I Can’t Sleep Tonight». C’est un mélange de voix plus subtiles les unes que les autres. L’émotion transpire, les portes de l’improvisation s’ouvrent.

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Marie Daulne, en duo avec Eric Legnini, donne sa vision de «Strange Fruit», à la fois solennelle et cruelle, dans laquelle elle injecte quelques paroles en français avant d’aller disséquer les mots en anglais. Le frisson perdure lorsque, de sa voix de mezzo-soprano, Cristina Zavalloni reprend le thème, accompagnée par la Choraline.

Puis, Kris Dane, guitare acoustique en bandoulière, vient implorer les grâces d’un poignant «If Jesus…», avant de laisser Oumou Sangaré nous chanter et nous parler de ses «Enfants de la rue». La voix de la diva malienne est sublime et unique (haa... cette patine légèrement graineuse). Elle fait passer toute la générosité d’une vie au travers de son chant.

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Etonnamment, Fabrizio Cassol intervient assez peu dans son spectacle. Mais, il est pourtant bien présent. Il met en valeur l’histoire, la musique et les musiciens, et dirige l’ensemble de main de maître.

Fabrizio invite David Linx à venir enflammer plus encore le Théâtre. Sur «Some Days», le chanteur se lâche complètement et entraîne avec lui Hervé Samb dans des solos incandescents, puis répond aux improvisations toujours surprenantes de Magic Malik avant de dialoguer jusqu’à la folie avec Cristina Zavalloni. Alors, tout le monde revient sur scène et Baba Sissoko fait exploser le final avec un «Farka» tonitruant et délirant.

C’est ça le voyage de Fabrizio. C’est partir de l’Afrique, passer de l’autre côté de l’Atlantique, revenir en Europe et repartir. Ailleurs. Encore. Toujours.

Le public est debout, danse et chante. Fabrizio ne peut se soumettre à un rappel des plus festifs.

Avec un tel line-up (ils sont près de 60) on n’aura pas souvent l’occasion de voir Strange Fruit sur scène (mais, qui sait, les rêves finissent parfois par se réaliser) alors, heureusement, il y a le disque. Il est paru chez Blue Note et il restera sans aucun doute un point de repère inaltérable dans la carrière de Fabrizio Cassol. C’est un album qui défiera le temps car il est unique (un peu comme cet autre monument auquel ont participé la plupart de musiciens ce soir : «A Lover’s Question», de Linx, Baldwin et Van Dormael).

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Bref, cet album risque d’être intemporel. Intemporelle comme l’est aussi la chanson «Strange Fruit», pour laquelle David Margolick a consacré un ouvrage indispensable (paru chez Allia) que je vous recommande tout autant.

 

A+

 

28/02/2012

Tournai Jazz Festival sur Citizen Jazz

La création d’un festival de jazz est toujours réjouissante. Celui de Tournai est d’autant plus à encourager qu’il se situe dans une région un peu trop oubliée des médias. Pourtant, la ville occupe une position géographique assez enviable puisqu’elle est située au carrefour de la Wallonie, de la Flandre et du Nord de la France.

Et puis, du jazz à Tournai, on n’en avait plus entendu depuis bien longtemps.

La suite à lire ici, sur Citizen Jazz...

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Bonne lecture.


A+

 

25/02/2012

Tournai Jazz Festival

Oui, oui, il y a eu le Tournai Jazz Festival. Et j’y étais.

C’était le week-end des 27, 28 et 29 janvier et ça se passait à la Maison de la Culture.

L’ambiance était très bonne et très sympathique. L’organisation parfaite («chapeau» pour une première !).

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A l’affiche, il y a avait Toots, Terez Montcalm, Eric Legnini, le BJO avec David Linx et Maria Joao, Thierry Crommen, Philip Catherine

Les salles étaient plutôt bien remplies et les concerts souvent à la hauteur des attentes. Coup de cœur pour Philip Catherine qui arrive toujours à allier sobriété et efficacité. Ses relectures des grands classiques de Cole Porter sont de pures merveilles.

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Et puis énorme coup de cœur au BJO et le projet «Another Porgy, a different Bess». Fantastique d’un bout à l’autre. David Linx, toujours éblouissant et Maria Joao renversante ! Des arrangements incroyables («A Red-Haired Woman» à tomber par terre, «Summertime» à pleurer…), des solistes formidables, un Big Band unique. On attend le disque avec impatience.

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Bref, tout ça, vous le lirez en long, en large et en profondeur, très bientôt sur Citizen Jazz.

 

A+

 

12/01/2012

Festival de festivals.

 

Qui a dit qu’il fallait attendre l’été pour retrouver les festivals de jazz ?

Allez, hop, tous à vos agendas… et essayez de vous organiser!

Ça commence le 17 avec le Winter Jazz Festival, au Théâtre Marni et à Flagey.

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C’est Philip Catherine - accompagné par le pianiste italien Nicola Andrioli - qui ouvrira les festivités au Marni (le 17) et pas moins de 20 jeunes musiciens venus de 7 pays européens qui donneront un grand concert de clôture à Flagey le 28 : «JazzPlaysEurope Anniversary». Entre ces deux grands moments, on pourra entendre le nouveau et ambitieux projet de Barbara Wiernik avec l’Ensemble des Musiques Nouvelles : «Les 100 Ciels» (le 21 au Marni). Le 26, à Flagey, Sinne Eeg sera l’invitée du Danish Radio Big Band et le lendemain, au Marni, on pourra découvrir Loumèn.

La suite de l’affiche reflétera la liberté des influences dans lequel le jazz évolue constamment: le quartette tchéco-slovaque AsGuest joue la carte de l’improvisation. Autour du piano de Michal Vanoucek on trouvera et d’un vibraphone Miro Herak (vib) et Janos Bruneel (cb) et Joao Lobo (dm) (le 18 à Flagey). Le 19, Frown I Brown apporteront leur touche de hip hop à la note bleue, juste après le vernissage de l’expo consacrée aux esquisses d'un des menbres du groupe, Herbert Celis. Le 25, le trio manouche de Marquito Velez, Martin Bérenger et Dajo de Cauter swinguera pour un soir de rencontre entre le Winter Jazz et les Djangofolllies ! Hé oui, les Djangofollies, c’est aussi en janvier ! Ça commence le 19, ça se termine le 29 et c’est un peu partout en Belgique…

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Un autre Festival, c’est celui du Blue Flamingo, organisé par Muse Boosting au magnifique Château du Karreveld à Molenbeek. Le vendredi 20, on pourra y entendre le quartette de Fabrizio Graceffa (avec Jean-Paul Estiévenart (tp), Boris Schmidt (cb) et Herman Pardon (dm) et le samedi, le trio de Eric Seva (as), Didier Ithursarry (acc) et Olivier Louvel (g, sax). Cerise sur le gâteau, Eric Seva proposera également une Master Class le samedi 21 à 16h. Avis aux amateurs ! Renseignez-vous vite au 02 880 93 26 ou surfez ici

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Et puis, pour que le plaisir soit complet, Tournai organise son premier festival de jazz ! Cela se déroulera le week-end des 27, 28 et 29 janvier à la Maison de la Culture. Et pour une première, les organisateurs n’ont pas fait les choses à moitié. Au programme : Toots Thielemans et Terez Montcalm le vendredi soir, Eric Legnini «The Vox» et le projet Cole Porter de Philip Catherine le samedi. Dimanche ce sera Thierry Crommen qui montera sur scène  avant le final très alléchant: David Linx et Maria Joao accompagnés par le Brussels Jazz Orchestra avec le projet «Another Porgy & Bess»!

Et comme si cela ne suffisait pas, il y aura aussi, pendant tout ce week-end, des ateliers de jazz vocal, des concerts pour les enfants et d’autres concerts (Swing Dealers, Nu Jazz Project…). Ça va swinguer dans la cité des cinq clochers !

A+

 

 

 

20/10/2011

50. Bilan musical.

 

1961. 20 octobre, je nais.

Aucun souvenir.

Le tube du moment c’est « Hit The Road Jack »… ça commence fort.

Jusqu’à mes six ans, je n’ai pas trop de souvenirs marquants. À la radio, qui est allumée en permanence dans le magasin de ma mère ou dans l’atelier de mon père, j’entends sans doute Alain Barrière, Richard Anthony, François Deguelt, Sheila… À la télé, je vois Henri Salvador faire son Zorro. À la fancy-fair de l’école, on danse sur « Enfants de tous pays » et plus tard sur « Yellow Submarine »…

1967. Un samedi après midi, il y a du soleil, je joue au beau milieu de la cour, dans une grande bassine de fortune remplie d’eau. J’entends « Puppet On A String ». J’écoute les 45 tours que ma sœur achète : The Four Tops (« The Letter »), The Monkees, The Bee Gees (« Massachusetts »)… et bien sûr : The Beatles (« Penny Lane » «All You Need Is Love ») et les Stones (« We Love You »). Ma sœur peut enfin acheter un 33 tours ! Pas n’importe lequel : « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band ». Ça tourne en boucle.

 

1968. Dans la chambre avec mes sœurs, on écoute encore les Beatles (« The White Album »). Mais aussi Bob Dylan (« Nashville Skyline »), The Moody Blues…  Mon père, lui, me fait écouter sur un vieux phono des 78 tours de Ray Ventura et de Count Basie

1969. La beatlemania continue. C’est « Abbey Road ». J’écoute aussi « I'll Never Fall In Love Again » de Bobbie Gentry, « Venus » de Shocking Blue et des groupe rock belges (The Peebles « Mackintosh », The Wallace Collection « Daydream »). Un de mes cousins ramène le double album « Chicago Transit Authority ». Choc. Il me fait écouter aussi Canned Heat, Creedence Clearwater Revival. Un copain plus âgé, Philippe, ramène un disque à la couverture étrange (« In The Court Of The Crimson King ») et aussi Led Zepplin ou Procol Harum (« A Salty Dog »)… Je tanne mes parents pour acheter mon premier 45 tours. Je le trouve au Sarma, à Tournai. C’est « Mendocino » de Sir Douglas Quintet.

1970. Entre mes sœurs, mes cousins, mes copains, il y a, d’un côté « Get Ready » de Rare Earth. « Bridge Over Trouble Water » de Simon and Garfunkel, de l’autre « In Rock » de Deep Purple, « Déjà Vu » de Crosby, Stills, Nash And Young, « Lola » des Kinks, puis The Who, The Doors, Black Sabbat, The Beach Boys, George Harrison, John Lennon and the Plastic Ono Band… Et puis, il y a du Belge (Carriage Company) et aussi Polnareff, Georges Moustaki, Georges Brassens, Barbara, Nougaro, Brel… et les Poppys !

1971. Le dimanche, dans l’atelier de mon père, on jouait aux chanteurs avec mon cousin. On pouvait mettre la musique à fond ! Avec un électrophone tourne disques Philips… ça le faisait grave. Je me souviens de Mungo Jerry, de « San Tropez » sur l'album « Meddle » de Pink Floyd, de Jethro Tull, de Deep Purple. Et de « Uncle Albert » sur « Ram » de Paul Mc Cartney ou de « Brown Sugar » des Stones.

 

1972. C’est « Midi Première » avec Danièle Gilbert. Forcément, ça marque. Nicoletta, Julien Clerc, Michel Delpech… et surtout Il était une fois (« Rien qu’un ciel »), ça je l’achète. Et puis, pour les fêtes ou pour son anniversaire, mon père « peut » écouter sa musique : Glenn Miller, Count Basie, Duke Ellington… J’adore ça.

1973. Dans sa chambre, mon copain Philippe me fait écouter Wishbone Ash, Alice Cooper, Genesis (« Foxtrot »), Yes ou Roxy Music. À la radio, j’entends les claquements de doigts sur « Killer Queen ». À la télé (« Tempo » ou « Follies »?), je vois un type bizarre, c’est David Bowie. Et un autre, déguisé en clown, c’est Leo Sayer. Mais c’est aussi l’année de Slade (« Slade Alive ») et de T.Rex (« Telegram Sam ).

1974. J’écoute « The Dark Side Of The Moon » chez un copain. Et puis la musique d’un film terrifiant qui passe tout le temps à la radio : « Tubular Bells ». Au cours de musique, à l’école, la prof nous joue « L’arnaque ». J’aime ce rythme syncopé. Pour mon anniversaire, je peux aller voir Maxime Le Forestier, en concert à La Halle Aux Draps à Tournai. J’irai aussi écouter ensuite Jean-Michel Caradec, Julien Clerc, Dick Annegarn

1975. Il y avait un café-théâtre à Tournai, « La Mauvaise Herbe ». J’y vais de temps en temps avec ma sœur. On écoute du folk et de la chanson française « à texte ». J’achète (avec les sous de ma maman) quelques disques… (des 45 tours... faut pas déconner quand même !) Je me souviens de « Bohemian Rhapsody » de Queen, de « La Complainte du phoque en Alaska » de Beau Dommage. C’est l’époque de « La guitare à Dadi ». Je découvre Chet Atkins, Hank Williams… J’ai une période country. Et puis, ça y est, j’ai une guitare, sur laquelle je ne jouerai jamais que « Frère Jacques ». Sur une corde.

1976. Le soir, j’écoute en cachette « La ligne est ouverte » de Gonzague Saint Bris. La musique m’hypnotise. C’est une gnossienne d’Erik Satie. Je vois « Barry Lyndon », je découvre le plaisir de la musique classique. Je vois « Tommy » au cinéma. Je vois « Jaws » au cinéma. J’achète des compiles de musiques de films… Et puis je prends mon vélo pour aller acheter, à Dottignies, à la Maison Bleue, « Sir Duke » de Stevie Wonder.

 

1977. Sur une double page de « Première », il y a une grande photo de Patrick Dewaere qui tient dans ses mains « Crisis, What Crisis ? » de Supertramp. Il me le faut. Je l’achète plusieurs fois car il y a de petites imperfections sur le vinyl et ça m’énerve. Je m’inscris à la Médiathèque (qui s’appelait alors, la Discothèque). Je reviens avec les Andrews Sisters, Art BlakeyProkofiev, Tchaïkovski, RachmaninovGilbert Lafaille, Léo Ferré, Serge Reggiani, … des disques de bruitages aussi… Et puis Klaus Schulze.

1978. Me voilà à St Luc. J’écoute de tout. C’est l’époque où, à la télé le dimanche midi, Antoine de Caunes présente Chorus (en direct du toit de l’Empire). Je découvre Dire Straits, Tom Petty, Steely Dan, Talking Heads, The Jam, Joe Jackson, Blondie, Lene Lovitch… Et Billy Joel me fait faire des recherches sur la 52nd Street (et à l’époque, il n’y a pas Internet). Je fais des K7 de bossa-nova, de salsa, de tango avec les disques loués à la médiathèque. Je vais écouter le Big Band du West Music Club qui joue dans mon ancienne école. Certains s’étonnent que j’aime ça.

1979. Tangerine Dream, Soft Machine, Emerson Lake and Palmer et Vandergraaf Generator se mélangent aux Wings, aux Stones (« Some Girls »), à Kansas, The Cars, Fisher-Z, Police, Machiavel, Patti Smith, XTC, Jo Lemaire, Telex, Kraftwerk… à Cabrel aussi, à Higelin, Souchon, David Mc Neil et Lavilliers. De la médiathèque, je continue à ramener des trucs étranges - je ne sais pas si ça me plait mais j’écoute Pierre Henry et Stockhausen avec fascination... Puis j’écoute, avec encore un peu de difficultés, Charles Mingus, à cause de Shadows, de Cassavetes. Et Miles, à cause d’Ascenseur pour l’échafaud. Et puis, il y a Radio Cité aussi. C’est Chic, funky et soul. C’est Roy Ayers et Earth, Wind And Fire… Do you remember ?

1980. Bruxelles. C’est l’année où Lennon meurt. Je ne sors pas beaucoup (ma mère gère mon budget : « Faut pas qu’il fasse des bêtises mon Jacquot ! »). Je vais quand même pointer mon nez à la Raffinerie du Plan K (on en parle tellement dans la rubrique rock – alors excellente – de Télé Moustique). Je pense y avoir vu Echo and The Bunymen ou Joy Division. Je me balade aussi du côté de chez Pol, au Bierodrome, j’y vois Willy Vande Walle. J’aime cette ambiance très enfumée…

1981. Dans un storyboard que je fais pour l’école dans laquelle je suis, j’imagine une musique de Louis Jordan. Je me souviens avoir expliqué qui il était et quelle musique il faisait. À l’époque je découvre Idir, Oum Kalsoum ou Fairuz grâce à Mouloud, mon beau-frère. D’un autre côté, un copain de classe me fait découvrir Joni Mitchell et Don McCaslin

 

1982. Dans « Beau Père » de Blier, Patrick Dewaere (encore lui) parle de Bud Powell. J’achète une sorte de « best of ». Bud y joue avec Fats Navarro, Charlie Parker, MilesJe pense que c'est dans ce film également qu'on y parle de Lennie Tristano... En tout cas, c'est à ce moment-là que j'achete « Requiem ». Un copain achète « We Want Miles ». On écoute ça à fond.

1983. Je profite de mon service militaire en Allemagne pour acheter des disques, car ils sont moins chers. Et me voilà avec un peu de tout sur les bras, U2, REM, Paul Simon, Alan Parson, Randy Newman, John Hiatt, Frank Zappa, Al Stewart, Donald Fagen… Mais aussi Keith Jarrett, Stan Getz ou Lester Young.

1984. Retour à la vie civile. C’est « Koyaanisqatsi » de Philip Glass. C’est « Rock It » sur MTV. Chez un ami, on écoute Sade. En hommage à Monk, des musiciens se réunissent et publient un double album « That’s The Way I Feel Know ». Je me renseigne sur ce Monk. J’achète « At The Blackhawk ». La claque est monstrueuse.

1985. Le premier janvier, je re-écoute « Star People » de Miles. Un ex-beau-frère, en visite ce jour-là, me lâche : « Du Jazz ? La plupart des gens écoutent ça sans rien comprendre, juste pour se donner une attitude ». J’ai pas trinqué avec lui cette année-là. Et j’ai écouté aussi Liquid Liquid.

1986. Je vois « Down By Law », je découvre John Lurie, Tom Waits. J’écoute The Lounge Lizards. Je vois Joe Jackson pour la tournée « Grand Monde ». Je vois aussi Henri Salvador et je tombe amoureux de Syracuse. Et puis, il y a « Round Midnight » aussi, le film. Ça donne envie de traîner la nuit. La nuit, c’est l’Interférence, un bar près de la Grand Place. On y écoute Isabelle Antena et toutes les musiques des disques du Crepuscule.

1987. Barney Willen et La Note Bleue. J’achète la BD, j’achète le disque et plus tard encore un autre Barney : « Jazz Sur Scène ». Délice.

1988. Ça tourne un peu en rond. Il y a bien De La Soul, Deee-Lite, Prince, « Do the Right Thing » de Spike Lee, Womack and Womack, le rock de Manchester et Nirvana. Et puis il y a « Bird » de Clint.

1989. John Mayall me pousse à écouter du blues. John Lee Hooker, Muddy WatersJe vois Let's Get Lost de Bruce Weber. J'écoute Chet Baker.

1990. Retour à XTC. Un des groupe les plus sous-estimés du rock anglais.

1991. Je ne sais plus pourquoi, mais j’achète des opéras italiens. Verdi. « Il Trovatore », « La Traviata », « La forza del destino »… Je travaille pour un ami qui me paie en cd. Je fais mon choix en me feuilletant le bouquin « les incontournables du jazz » chez Gitane Jazz. À moi Dizzy, Ornette, Bill Evans, Sonny Stitt, Ahmad Jamal

1992. Björk fait son « Debut ». C’est quand même très différent de ce qu’on entend habituellement à la radio. The Commitments me font écouter Wilson Pickett. Et puis... et puis, il y a pas mal de changements dans ma vie sentimentale.

1993. La belle musique des scies, des marteaux, des truelles et des pinceaux. Mais c’est aussi US3, The Digable Planets et Guru Jazzmatazz

1994. Nusrat Fateh Ali Khan se fait une petite place entre Portishead, Geoffrey Oryema, Eels etc… Et puis… Et puis c’est la naissance de ma première fille.

1995. Pirouette, cacahuète, bateau, ciseau… vous connaissez la chanson.

1996. P.J. Harvey, Nick Cave, Beck, Tortoise… J’entends parler d’Aka Moon. J’écoute de la musique indienne. Lors d’un voyage à Paris, je vois Reinette l’Oranaise dans un endroit presque clandestin, dans une ambiance de folie. Inoubliable.

1997. J'ai vu Legnini en concert et j'achète "Rythm Sphere". Je découvre The Last Poets. Et Gil Scott Heron. Il n’est jamais trop tard. Et puis, il y a un peu de tout… Mais il y a surtout la naissance de ma deuxième fille.

1998. Je reviens un peu plus au jazz. Je retourne à la médiathèque. J’écoute et re-écoute « A Love Supreme » de John Coltrane, allongé sur le sol. Je re-écoute Monk, Miles, Art Pepper… Je découvre Brad Mehldau. Au bureau, un collègue me surnomme Jazzques.

 

1999. Je vais voir Truffaz au Bota. Je craque. Je vais au Travers. Je ne sais pas qui je vois, mais j’aime l’ambiance. Et puis… ma fille doit se faire opérer. C’est grave. Je ne vis plus. Il y a un morceau que j’écoute chaque fois que je vais à l’hôpital (et j’y vais souvent) : « Paper Bag » de  Fiona Apple. Fin de l’année, ma fille s’en sort.

2000. C’est très bizarre dans ma vie sentimentale, tout se déglingue. Année de merde. Séparation. Je plonge deux fois plus dans la musique. Kind of Blue, Monk, Billie Holiday remontent à la surface… Au Travers, je vois le groupe de Ben Sluijs pour la première fois. Erik Vermeulen au piano. Choc. C’est bon, je sais ce que je vais écouter les prochaines années.

2001. J’écoute de plus en plus de jazz. Tous les styles. J’essaie à nouveau « Ascension » de Coltrane. Encore trop tôt. J’essaie Aka Moon, Albert Ayler, Cecil Taylor, Steve Coleman. J’ai parfois un peu de mal. Mais je me fais du Dolphy, du Kirk, du Mingus, du Hancock… Je remets les pieds dans les clubs de jazz. Je vais régulièrement aux jam's du Sounds. Il y a Nathalie Loriers et tous les autres... Mais je vois aussi Sussan Deyhim. Et je vois surtout Sœur Marie Keyrouz à l’Opéra. Je suis subjugué.

2002, 2003, 2004. Je m’intéresse de plus en plus au jazz belge. Peu en parlent. Comme on parle peu du jazz en général, d’ailleurs. Je veux aller partout. Tout entendre.

Alors, je vais dans les festivals, les concerts, en club ou ailleurs. Je découvre plein de musiciens, je découvre plein d’autres musiques, j’apprécie celles pour lesquelles j’avais du mal et je reviens toujours vers celles que j’ai aimées. Je rencontre plein de musiciens, jeunes et moins jeunes, qui m’apprennent à connaître toutes les choses que je ne sais pas. Et il y a du boulot !

2005. Il faut que je raconte ce que je vois et entends. Jazzques est né.

2011. Le 20 octobre, j’ai 50 ans.

 

A+

11/06/2011

Brussels Jazz Marathon 2011

 

Plutôt «light» mon Jazz Marathon, cette année.


Sorti tard du bureau vendredi, je suis allé directement sur la Grand Place. J’aurais pu aller écouter Manu Domergue et Etienne Richard au Sablon, ou revoir Borderline à la Place Ste Catherine, mais non… je suis allé voir Eric Legnini. Et Krystle Warren.

Le temps de m’enfiler une pita chez Plaka (ce sont quand même les meilleures) et me voilà devant la scène.

Legnini derrière le Fender, Frank Agulhon derrière la batterie et Thomas Bramerie derrière la «volante» qu’il teste avant de l’emmener en tournée en Asie.

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C’est «Black President», puis «Kitchen Maquis». Ça groove, même si le son de façade est moyen. Eric – et les autres – ont l’air sincèrement heureux d’être là. Entre eux, c’est indéniable, il y a une complicité étonnante. Et quand Krystle Warren arrive pour chanter «Joy», on la sent tout de suite à l’aise dans ce groupe. Sa voix est assez incroyable. Graineuse, grave et claire à la fois. Casquette vissée sur la tête, les mains dans les poches, Krystle a enfilé sa veste, elle trouve le temps un peu frisquet. On a connu des Jazz Marathon sous des cieux bien moins cléments. Les thèmes s’enchaînent, Krystle se réchauffe et empoigne sa guitare, puis se lâche dans des impros vocales profondes sur «The Old And Grey». Entre folk, pop et soul jazz, le trio embarque avec lui un public ravi.

Je descends Rue des Riches Claires, vers le Floreo, pour écouter Alegria. Ben Prischi (p) et Nico Chkifi (dr) terminent le premier set. J’arrive juste au mauvais moment. Le temps de partager une bière avec les musiciens, de discuter un peu avec eux et je remonte vers le Lombard pour écouter Gratitude Trio, c’est-à-dire Louis Favre (dm), Jereon Van Herzeele (ts) et Alfred Vilayleck (eb).

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J’avais pris une belle claque avec ce groupe, l’année dernière au même endroit. J’ai donc tendu l’autre joue avec délectation cette année. Et je ne l’ai pas regretté. Encore plus soudés, encore plus forts et encore plus complices, ces trois mecs y vont à fond! C’est un bouillonnement inouï qui se dégage de ce trio. L’écoute est parfaite entre eux et les challenges qu’ils se lancent sont fantastiques. Il y a une énergie folle qui galvanise les musiciens et le public. On y sent les influences d’Albert Ayler ou de Coltrane. De Peter Brötzmann aussi sans doute. C’est explosif, incandescent. Les musiciens explorent la musique, malaxent les sons, bousculent les idées toutes faites. Jereon dompte l’Ewi puis revient au tenor, Louis fait exploser ses fûts et Alfred déglingue sa basse. C’est de la pyrotechnie excessivement bien réglée !

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Retour sur la Grand Place. Du blues, de la soul et du funk : Marc Lelangue (eg) et sa belle bande d’Heavy Muffuletas font chavirer la foule. Ça balance sec : Laurent Doumont (ts), Jean-Paul Estiévenart (tp) et Alain Palizeul (tb) forment une sacrée section de cuivres! Et quand Mariana Tootsie prend la scène, ça déménage aussi. Quelle voix ! Quelle puissance, quelle aisance, quelle présence. Pas de chiqué, pas de triche, Mariana remet quelques pendules à l’heure. Du bonheur.

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Je serai bien allé écouter Fabian Fiorini à Flagey, mais je craignais de ne pas pouvoir entrer, une fois le concert commencé. Alors, j’hésite : la jam à la Jazz Station avec Pascal Mohy, Sal La Rocca et Lieven Vencken ou terminer au Sounds? Allez, juste un détour du côté de la rue de la tulipe. Le trio de Legnini termine son deuxième set. Il y a du monde jusque sur le trottoir. La nuit avance. On bavarde, on rigole, on écoute, on applaudit. Le trio et la chanteuse ne lâchent rien. Ils en donnent au public. Fin du troisième set. Le public se disperse peu à peu. Je bavarde avec Eric, Frank et d’autres musiciens qui se sont donnés un ultime rendez-vous au club.

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Il est plus de 2h30, Eric, Frank et Thomas remontent une dernière fois sur scène. Ils jouent pour moi… Oui, enfin, pour quelques autres irréductibles aussi… Jazz after hours, c’est magique et ça ne s’explique pas.

 

Samedi 16 heures, Place Fernand Cocq.

Jury des jeunes talents. J’adore ça. Pourtant, il faut désigner un gagnant. Un seul. Pas si drôle.

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Il y a  d’abord le quartet de Guillaume Vierset (g). Pas simple d’ouvrir un concours. Le début est un peu timide, puis ça se réchauffe. Le groupe installe des climats, joue l’intimité, puis se s’ouvre un peu. Le vibraphone (Jérôme Klein) apporte une couleur assez intéressante au groupe, une sorte de luminosité légèrement décalée. C’est super bien exécuté, ça groove souvent, mais ça reste peut-être encore un tout petit peu trop sage à mon goût.

 

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C’est au tour de Lift de monter sur scène. Ici, on repère vite de belles personnalités, comme Dorian Dumont aux claviers ou Thomas Mayade au bugle. Et puis il y a, bien sûr, la voix d’Emily Allison. Lift propose une musique assez sophistiquée où l’on devine aisément les influences de David Linx, mais aussi de chanteurs plus pop. Le groupe n’hésite pas à prendre des risques sur des compositions parfois complexes. Les échanges entre voix et bugle se jouent souvent sur le fil du rasoir («Dark Flow»). L’équilibre est parfois précaire et l’exercice difficile.

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Avec Franka’s Pool Party de Marjan Van Rompay (as), on entre dans un autre registre. Ici, on ressent déjà une belle maturité et une vision assez claire. Le répertoire, résolument actuel, a mûri sur le terreau d’Ornette Coleman. Le drumming nerveux et hyper découpé de Jens Bouttery et les envolées de Sep François au vibraphone se mélangent à merveille aux attaques incisives de la saxophoniste. Hugo Antunes ajoute du liant à l’ensemble. Le set est nerveux, précis, clair et sans bavure.

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Le choix n’est pas facile du tout. Le débat au sein du jury est assez animé. C’est indécis. Faut-il primer la justesse, la modernité, la prise de risque, la cohésion, l’originalité, la qualité des compos, la qualité des interprétations? Il faut juger avec le cœur, avec la tête… Peser le pour, le contre. Difficile.

Finalement, c’est Lift qui l’emporte et qui aura la chance d’aller jouer, entre autres, au Jamboree à Barcelone, le 26 juillet. Quant à Jens Bouttery, il emportera le prix du meilleur soliste.

On entendra encore ces trois groupes au Sounds le 24 juin. Venez vous faire une opinion, ça vaudra la peine.

Après cela, je serais bien allé au Théâtre Mercelis écouter Lab Trio puis Kris Defoort. Ou Isabelle Antena au London Calling ou Vincent Thekal à la Fleur en Papier Doré, Laurent Doumont à la Grand Place, Philip Catherine au Sounds, Nono Garcia à la  Jazz Station… mais je suis un peu crevé et dimanche sera un longue journée de boulot… sans jazz… ou presque.

J’avais dit «light», non?


A+

18/04/2011

Le retour ?

Oui, vous avez raison, ce n’est pas sérieux un blog qui reste en rade aussi longtemps.

Pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque de l’alimenter…

Dans mes petits carnets (ceux que j’emmène avec moi en concerts) il y a mes notes sur Gino Lattuca au Music Village, Borderline au Sounds, Kron Trio au Opatuur, Sisters au Sounds…

Mais je n’ai pas encore trouvé le temps de retranscrire tout ça.

J’ai raté pas mal d’autres concerts aussi (Tigran Hamasyan, Oran Etkin, Avishai Cohen, Francesco Bearzatti, Jetsky trio, Fabian Fiorini…)

Heureusement, j’ai quand même eu l'occasion d'écouter pas mal de bonnes choses et j’espère bien en parler l’un de ces quatre. Austin Peralta, par exemple ou le dernier Rêve d’Elephant Orchestra, Seb Llado, Lee Konitz avec Dave Liebman et Richie Beirach ou encore Christian Mendoza… Et puis, des «tueries» comme Apex de Rudresh Mahanthappa, le solo A Fable de Tigran Hamasyan, Tirtha du trio de Vijay Iyer avec Prasanna et Nitin Mitta, le fabuleux Live au Tracteur de Raphaël Imbert ou encore Patience, le dernier John Taylor avec Stéphane Kerecki

Quelques autres découvertes aussi, comme Wen Quartet ou Boris Savoldelli … Mais j’en oublie certainement.

Ça viendra, ça viendra…

Dernièrement, j’ai vu (un set seulement) Greg Houben et Pierrick Pedron (excellent) et puis, je me suis laissé aller jusqu’au bout de la nuit avec Da Romeo, Eric Legnini et toute sa bande pour fêter les 25 ans du Sounds (et là je n’ai pris aucune note ni photo. Faut se lâcher de temps en temps…)

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En parlant d’Eric Legnini, vous pouvez lire ma chronique à propos de The Vox sur Citizen Jazz. Et aussi mon interview avec David Linx

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Allez, on va bientôt revenir aux affaires, c’est sûr! Surtout que se profilent à l’horizon le Jazz Marathon, le Festival Jazz à Liège, Gent Jazz… et plein d’autres belles choses.

À bientôt. Promis.

 

A+

 

 

04/11/2010

Da Romeo - Les coulisses de la liberté

La vie de musicien n’est pas de tout repos. Fin mai, le Festival des Libertés avait proposé à Da Romeo une carte blanche pour le 23 octobre. C’est un délai à la fois long et très court. Un beau cadeau autant qu’un énorme défi. Un concert comme celui-là, ça se prépare. Et l’on s’en rend encore mieux compte lorsque l’on se retrouve plongé au cœur de l’événement. Rendez-vous au Théâtre National samedi 23, le jour du concert, sur les coups de onze heures du matin.

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Les techniciens et roadies sont déjà à pied d’œuvre. On déploie le matériel sur la scène, ça déborde, ça s’étend, ça s’étale et ça s’empile même sur le parterre. Il y a les spots, des flight cases, des câbles en tous genres, des instruments, des tables… c’est un véritable chantier. C’est comme un grand jeu de mécano, un grand puzzle. Chaque technicien sait où il doit placer chaque pièce. Daniel Romeo, orchestre la manœuvre. Il est partout à la fois. Efficace, souriant, apparemment détendu. Pourtant, à l’intérieur, ça doit être un beau stress. Le caractère est bien trempé, il sait où il va, il sait ce qu’il veut et ce qu’il fait, et rien ne transparait. Da Romeo s’occupe de tout, mais aussi de tout le monde. Il a le sens de l’hospitalité. Il sourit. Il est heureux et il m’accueille chaleureusement.

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Eric Legnini est déjà là aussi. Il revient d’Afrique, avant de repartir pour Madagascar et la Martinique pour roder son nouveau projet: Afrojazzbeat (avec - autour de son trio habituel formé par Franck Agulhon et Thomas Bramerie - Krystel Warren (voc), Kyala Nzavotunga (eg), Julien Alour (tp), Boris Pokora (ts) et Jerome Edwards (tb) ). Enregistrement prévu fin novembre. La voix un peu fatiguée. Les dernières répétitions, la veille, ont été intenses. On connait Da Romeo, il ne lâche rien. Il a raison, il ne faut pas se louper car le projet est plutôt ambitieux. 21 musiciens venus d’un peu partout… 21 amis.

Et il aurait aimé en inviter encore plus.

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L’objectif est de mélanger les genres, les influences et les styles, qu’il faut pouvoir gérer,  équilibrer et manipuler avec intelligence pour prouver que toutes les musiques, tous les hommes et toutes les idées peuvent s’entendre. C’est pour cela aussi que Da Romeo a sa place dans ce festival.

 

Dré Pallemaerts arrive à son tour, puis c’est David Donatien, puis Arnaud Renaville et puis encore Paco Sery, blagueur et détendu. C’est qu’il y en a des percus sur le plateau! C’est la réfection que fera d’ailleurs, tout sourire, Yael Naïm lors de son arrivée. Et ce n’est pas fini, Stéphane Edouard installe lui aussi ses différents tambours, tablas, pandeiro et congas au fond de la scène. Juste à côté, Africancuts Amazulu branche ses platines. Les souffleurs sont arrivés aussi. Christophe Panzani teste ses pédales d’effets, Alex Tassel observe, prend ses marques puis s’installe au piano sous le regard amusé d’Eric Legnini et de Bert Gielen qui a déjà installé ses claviers à l’autre bout de la scène. Julien Tassin branche sa guitare sous l’œil intéressé de Nic Thys

Hé oui, il y a vraiment du beau monde.

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Dans le grand spaghetti de fils, chacun s’y retrouve. Incroyable, moi, avec deux fils pour brancher un ordi, je suis déjà perdu. Le grand écheveau de câbles se démêle petit à petit. Des sons résonnent et éclatent d’un peu partout. On accorde les instruments, on tire les peaux, on tend les cordes.


Presque 14 h. Pause déjeuner.


Au retour, la salle est plongée dans l’obscurité. Dirty Monitor effectue les réglages du light show. On projette des images sur les grands panneaux translucides. Des trains défilent, des corps dansent, des architectures se construisent… Les musiciens reviennent un à un pour le sound-check qui commence par les percussions. Pendant ce temps, les trois violonistes et le violoncelliste du High Street String Quartet se sont installés. Nicolas Draps, Nicolas Marciano, Laurent Tardat et François-Jean Yzambart se concentrent pour s’entendre jouer. Michel Herr, qui a assuré les arrangements, s’installe sur un haut tabouret. Rosario Giuliani est arrivé aussi, il rejoint les autres souffleurs, et teste différents micros. Il n’y a pas une minute à perdre. Tout se règle méticuleusement et l’heure tourne vite.

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Nicolas Fiszman, fidèle ami de Daniel est venu aussi pour le conseiller et l’épauler. Entre eux, la complicité et la confiance sont évidentes. Dans un coin, guitare à la main, Yael Naïm répète ses chansons, puis vient s’installer à côté d’Eric Legnini, au piano. Hicham Bilali, avec son guimberi, s’installe à son tour devant le micro. Son chant impose naturellement le silence dans la salle. On a déjà envie d’applaudir. Mais il faut libérer les lieux. Tout est presque au point, mais Daniel Romeo voudrait encore tester quelques sons, quelques mises en places, quelques mises en scène. Non, il ne lâche rien, il ira jusqu’au bout.

Il est presque huit heures… 

Dans l’entrée du Théâtre, il y a de plus en plus de monde. Le public est venu assister aux différents débats, venu voir une pièce de théâtre, venu voir un film, il est venu montrer son intérêt à la défense des droits et des libertés des hommes et des femmes dans le monde. Il est venu pour partager les cultures et les idées, pour démontrer que la fraternité et la solidarité sont une force.

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On se presse devant les portes de la grande salle. Il est 21h.30, le grand rideau noir s’ouvre, le son et la lumière nous sautent au visage. Un son énorme, un son puissant. "Be Fonky Now"! Da Romeo rayonne au centre de cet incroyable band.

Il va chercher Alex Tassel et l’amène devant pour son solo. Panzani plonge à son tour dans un solo rauque et Legnini s’impose dans un break aux accents un peu soul. On bascule ensuite dans une ambiance plus Milesienne, époque "Bitches Brew". Julien Tassin, époustouflant d’énergie et de virtuosité, fait monter la sauce. Son mélange de rock furieux et de blues incandescent fait de lui un guitariste des plus incroyables du moment. Incursion rapide dans le registre rap avec Amazulu aux platines et au micro. Et ça groove à nouveau avec cette fois Rosario Giuliani au son d’un sax pincé. Puis, tout en souplesse, on change de rythmique. Dré Pallemaerts et Nic Thys exposent des couleurs plus jazz avant de reprendre le chemin d’un funk hip-hop à la Herbaliser, soutenu par tout les friends…

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Pendant ce temps, Michel Herr s’installe au pupitre. Le quatuor à cordes entame le Prélude à Vincent. Havre de douceur et de délicatesse. Préambule magnifique pour la ballade que Da Romeo interprète assis. La basse est ondulante et sensuelle. Le bugle de Tassel se fait suave et Legnini, au Rhodes parsème le thème d’étoiles. Avec les cordes en appuis, le band se relance dans un morceau très jungle qui se mélange au trio Thys, Pallemaerts, Legnini. Panzani s’intercale, dans l’esprit d’un Michael Brecker, chaud et tonique à la fois.

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Et ça bouillonne de plus belle. Da Romeo dynamite l’ensemble d’un solo monstrueux, Giuliani s’en mêle et les percus éclatent avec force. C’est un véritable tremblement de terre. Comme un félin, Paco Sery saute sur scène, sanza entre les mains. Il va dialoguer avec Panzani au soprano, puis échange ses phrases avec le quatuor avant d’aller s’installer derrière ses fûts et, en bondissant comme une panthère, instiguer des rythmes afrobeat avec une énergie folle. Stéphane Edouard en rajoute une couche. Dans le public, ça remue, ça danse. Alors, Hisham calme les ardeurs. Seul avec son guimberi, il chante et la salle retient son souffle avant de lui faire un triomphe. Et pour finir en beauté, Yaël Naïm fait son entrée. Après une chanson aux couleurs plutôt folk, elle nous offre son petit dernier "Go To The River", morceau joyeux et sautillant que vous entendrez, à n’en pas douter, sur toutes les bonnes radios. On a le sourire jusqu’aux oreilles. Pour prolonger le plaisir, Da Romeo revient en rappel avec tout le band, plus puissant et déterminé que jamais. Le public en a pris plein les yeux et les oreilles.

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Da Romeo a réussi son pari et la liberté est entre de bonnes mains.

Merci à lui.

 

A+

 

26/06/2010

Fast Forward Festival... Rewind

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11 juin, il est près de 21h., Rockingchair vient de terminer son concert. Je l’ai raté. Je croise Fabrizio Cassol excité et ravi de ce qui vient de se produire sur scène. Il y a du monde. 'Son' Festival commence bien. Je rejoins le foyer du splendide bâtiment qu’est le KVS, et croise furtivement Airelle Besson. J’en profite pour me procurer l’album de Rockingchair. Musique aux multiples influences, nerveuse et ondulante, intelligente sans pour autant être intellectualisante, avec un travail remarquable sur le son… je vous le recommande.

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Pour célébrer le 25éme anniversaire de l’enregistrement du mythique «A Lover’s Question», il y a, sur la scène du «Bol», une brochette de musiciens incroyables.

C’est Angelique Wilkie, grande prêtresse à la voix profonde et au flow hypnotique, qui déclame d’abord les poèmes de James Baldwin. Le frisson s’installe. Hervé Samb enchaîne. Son improvisation est subjuguante. David Linx et Sabine Kabongo répondent comme en écho. Chacun dans sa tessiture. Entre contraste et équilibre des styles. Tout se tisse et s’entrelace. La force, la rage, l’amour, l’humanité. L’émotion monte encore d’un cran quand arrive le Brussels Vocal Project qui se réapproprie «The Art Of Love» écrit par le regretté Pierre Van Dormael. Le moment est sublime.

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Comme entraîné dans un mouvement de plus en plus frénétique, Stéphane Galland et Sergio Krakowski au pandeiro (sorte de tambourin brésilien) attisent un dialogue fiévreux. Eric Legnini s’immisce et illumine le propos. Dinozord, danseur caoutchouc, entre dans le jeu. Il rebondit, serpente et enchaîne les figures souples, saccadées ou erratiques. Il épouse la musique. Bette Crijns (eg), Hervé Samb (eg) et Michel Hatzi (eb) fertilisent le terrain, Michel Massot (tuba), Fabrizio Cassol (as), Robin Verheyen (ss, ts) et Laurent Blondiau (tp) peignent l’espace. Tout fusionne. Le spectacle est total.

Alors, la voix de Baldwin résonne. Solitaire. Irréelle…

«Precious Lord, take my hand
Lead me on,
Let me stand
I'm tired, I am weak, I am worn…»

Seul Michel Massot l’accompagne… jusqu’au paradis.

Irrésistible. On en a les larmes aux yeux. Le public est debout, réclame deux rappels et nourrit l’espoir de revoir peut-être un jour ce moment de magie suprême.

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À mon grand regret, je n’aurais pas l’occasion d’assister aux concerts de Sabar Ring, ni de Magic Malik, pas plus que je ne pourrais voir Pitié, les jours suivants…

Mais j’arrive à me libérer pour aller écouter Kartet et le trio de Kris Defoort le 16 juin.

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Guillaume Orti (as), Benoit Delbecq (p), Hubert Dupont (cb) et Chander Sardjoe (dm) s’aiguisent les canines sur «Misterioso» de Monk, puis attaque «Y». L’ambiance est très nue et sèche et le jeu d’Orti très découpé. Le son du piano préparé de Delbecq semble chercher celui du sax. La contrebasse s’associe à la batterie. C’est tendu, tout en polyrythmie. Orti ricoche, rebondit et sautille. Il chante et feule dans son instrument. Il invente des champs et des contre-champs. Le jazz flirte avec une musique cérébrale, contemporaine, puis s’amourache de rythmes africains. Kartet joue souvent avec nos nerfs, titille notre sensibilité, invoque presque l’ennui pour le transformer en un déchaînement excitant. Complexe et diaboliquement précise, la musique de Kartet n’est certes pas évidente mais ô combien intrigante.

En deuxième partie de soirée, c’est le trio de Kris Defoort qui prend place sur scène.

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Électrocution? Hydrocution?  Le coup est parti tout seul, sans prévenir. Nous voilà plongé à vif dans l’univers polymorphe du pianiste belge.

Le jeune Lander Gyselinck, aux drums, est d’une efficacité redoutable. Il possède un jeu autant félin que massif. C’est roboratif, vivifiant et délicat à la fois. Kris Defoort distille des harmonies profondes qu’il pare de fins motifs. De ses digressions jaillissent souvent des thèmes lumineux. Et quand il se lance dans des mélodies qu’il laisse ouvertes, c’est Nic Thys qui vient nourrir le thème ou conclure l’affaire. Le jeu du trio est extrêmement soudé, éblouissant de maturité et d’idées. L’ambiance est parfois spectrale avant que le groupe ne désamorce l’ensemble par un trait d’humour. Il y a du Monk, il y a de la pop music, il y a des influences contemporaines… il y a du jazz à tous les étages. Ouaté, atmosphérique ou rêveuse, la musique, pleine de tendresse, est en perpétuel mouvement. Elle prend aux tripes et joue avec nos sentiments. Grande écriture et osmose parfaite entre les musiciens, voilà un groupe à suivre, à revoir et à soutenir absolument !

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Une chose est sûre, avec des musiciens tels que ceux-là, on demande déjà une seconde édition à ce Fast Forward Festival.

 



A+

25/05/2010

Hot week-end...

Le prochain week-end sera chaud. Je ne vous parle pas de météo, mais de jazz.

Une fois n’est pas coutume, et avant de parler des «gros» festivals de l’été, je vous invite à regarder ce qui vous attend à partir de ce vendredi.


 

 

Vous êtes à Bruxelles? Vous n’échapperez certainement pas au Jazz Marathon. Ça démarre le vendredi soir et se termine le dimanche soir par la journée de Lundis d’Hortense. Entre les deux, plus de 125 concerts répartis dans tout Bruxelles. Dites-vous bien que vous ne pourrez pas tout voir. Moi non plus. J’ai pourtant dressé ma «short-list» (dans laquelle je devrais de toute façon sabrer encore). On y retrouve: Mariana Tootsie et ses Chéris d’Amour, Greg Lamy, Slang, Fred Delplancq, Melnyk et Delle Monache, Winchowski Trio, Casimir Liberski, Massot-Florizoone-Horbaczewski, Timescape Project, Chrystel Wautier, Philip Catherine Organ Trio, Ben Sluijs et Erik Vermeulen, PaNoPTiCoN, Jef Neve Trio, Julien Tassin, Sonic Orchestra, Tsu Tsu Trio, Louis Favre Trio, Citta Collectif, Ananke ou encore Flying Fish Jump… je pourrais en rajouter encore (Bruno Grollet, MYH Group, Cash Dedans, Davy Palumbo etc…), mais j’avais dit «short-list»… et la voilà déjà bien longue. Ce qui est sûr c’est que je serai à la Place Fernand Cocq tout le samedi après-midi pour le concours des jeunes talents. Et le dimanche après-midi sur la Grand Place pour écouter Sabin Todorov, dont l’album «Inside Story 2» vient de sortir chez Igloo, Barbara Wiernik et Nathalie Loriers.


 

Mais vendredi 28, vous ne serez peut-être pas à Bruxelles, mais à Huy? Parfait! Le centre Culturel offre une carte blanche à Eric Legnini, l’enfant du pays! Et celui-ci n’a pas hésité. Outre le fait qu’il se produira avec son trio (Thomas Bramerie (cb) et Franck Agulhon (dm)), on y verra aussi Yaël Naïm et David Donatien, Stéphane Belmondo (tp) ainsi que San Severino. Est-ce que cela ne risque pas de balancer un peu de ce côté-là de la Meuse?

Ou alors, ce week-end, vous serez à Liberchies pour la 8ème édition du Festival Django! Django aurait eu 100 ans cette année. De quoi lui faire une plus grosse fête encore!

À Liberchies, son village natal, rappelons-le, vous pourrez y entendre David Reinhardt, Lollo Meier, Fapy Lafertin, le fabuleux John Etheridge (oui, oui, ex-Soft Machine), Les Yeux Noirs et les délirants Doigts de L’Homme… entre autres. Pour les amoureux de Django qui ne pourraient pas se rendre à Liberchies, je vous conseille le coffret CD «Rétrospective» paru chez Saga ou, si vous êtes de vrais malades: «L’intégrale», qui paraît en trois volumes de 14 CD’s, chez Frémeaux. Côté lecture, il y a toujours le très chouette bouquin de Noël Balen aux Editions du Rocher: «Le génie vagabond».

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Quand je pense que vous serez peut-être aussi à Corroy-le-Château, vendredi, pour le concert de Marc Frankinet, Georges Hermans et Jean-Louis Rassinfosse au Théâtre des Deux Marronniers; à Brassages pour le concert de Big Noise; à De Werf pour celui de Michael Musillami; ou à Dinant, à l’F, le samedi pour le concert de François Théberge (qui sera également au Pelzer ce mercredi)… je me demande dans quel état je vais vous retrouver lundi…

 

A+

 

01/02/2010

Fabian Fiorini Trio & Eric Legnini Trio - Flagey

 

Double concert à Flagey, samedi 23, dans le cadre du Marni Flagey Jazz Festival. Fabian Fiorini en première partie et Eric Legnini ensuite.

Le studio 4 est rempli et c’est tant mieux! Je suis prêt à parier que trois quarts de la salle est venu applaudir (avec raison) Eric Legnini. Et je suis tout aussi prêt à parier que l’ensemble a été conquis par Fabian Fiorini.

Particulièrement en forme et visiblement très heureux d’être sur cette grande scène, Fabian Fiorini (p), Chander Sardjoe (dm) et Jean-Luc Lehr (eb) nous ont servi un set de toute grande facture. Cohérent, intelligent, vif, élaboré et accessible.

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Pourtant, on le sait, la musique de Fabian est parfois complexe. Cependant, ce soir, on dirait que le trio s'est adapté à la salle, que le pianiste a élaboré un programme qui tient compte de l’espace. Sans pour cela céder aux concessions, au contraire.

Le jeu souvent percussif de Fiorini se décline de différentes façons, évoquant tantôt l’approche stride d’un Art Tatum, la profusion harmonique d’un Andrew Hill et bien sûr le sens de l’espace d’un Monk. En deux mots: «ça prend aux tripes».

On entre tambour battant dans le concert avec «Contre Stellation» (?), suivi de «Straight, No Chaser» (on parlait de Monk?).

Puis, c’est une relecture magnifique du célèbre «Strange Fruit», couplé à une composition personnelle «Strange Root». Fiorini Découpe ses phrases, joue les silences, alterne fulgurance et le minimalisme. Il mélange la sauvagerie et le fatalisme. Il suspend le mouvement comme on suspend une vie. Jean Luc Lehr joue la mélodie, comme dans un écho. Chander Sardjoe ponctue les moments forts. Et puis, tout devient flamboyant, nerveux, révolté. Les «roots» se rebellent. Comme pour prouver que jamais ils ne mourront.

Chaque morceau est joué avec conviction et avec une énergie communicative. La musique coule entre les trois musiciens. Une ballade romantique, «Entre ici et là», n’a rien de banale. Un tempétueux «Superposition»  trouve l’équilibre entre transe et urgence. Et «Tzärr» est travaillé comme une longue suite où pulsions, tensions et relâchements se relaient avec une fluidité formidable.

Ce trio, dont j’avais chroniqué l’album «Something Red In The Blue» (sorti chez Cypres) et que je vous recommande chaudement, mériterait de tourner beaucoup plus. Sur les grandes scènes, comme dans les clubs. En Belgique, comme à l’étranger! À bon entendeur…

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Après un court break, c’est au tour du trio d’Eric Legnini d’investir la scène. À la batterie Franck Agulhon et à la contrebasse Thomas Bramerie (à la place de Matthias Allamane, en tournée avec Christophe Astolfi, entre autres).

Sans une ni deux, on est dans le soul jazz qu’affectionne tant Legnini.

Ça balance et ça swingue avec «Con Alma», «Trastevere», «Casa Bamako»….

Le trio se connaît et se trouve les yeux fermés. Sur les ballades, on retrouve, dans le toucher sensuel de Legnini, celui des pianistes des années ’50, un peu à la Erroll Garner, avec une main gauche libre et légère.

Puis, Legnini abandonne le piano pour le Fender. Et c’est  «Rock The Day», «Trippin» et «Home Sweet Soul». Le son devient plus funky. Plus churchy aussi. Legnini ne trafique pas l’instrument. Il l’utilise «comme au bon vieux temps», comme pour en retirer l’essence originale. Franck Agulhon se lâche sur quelques solos retentissants, la frappe est ferme et sèche. Thomas Bramerie reste plus discret.

Ça donne envie de bouger, de danser. Et de réécouter le disque.

Après avoir tant jouer à travers toute l’Europe, le trio n’a rien perdu de son enthousiasme. Tout s’enchaîne avec un bonheur égal.

Alors, en bouquet final, c’est «Back Home»: jubilatoire!

Eric, tu reviens à la maison quand tu veux !

 

A+

 

16/10/2009

Eight days a week

Et voilà comment on prend du retard. Voilà comment, en une semaine, on prend six concerts dans la vue et autant de comptes rendus. On pense toujours trouver un moment pour en parler, et puis, le temps passe plus vite que prévu.

Il y a eu Greg Lamy vendredi dernier au Sounds pour la présentation de son nouvel album. Puis, le lendemain, au Hnita Jazz, c’était l’excellent trio d’Omer Klein. Comme si ça ne suffisait pas, dimanche soir, il y avait Robin Verheyen en trio (Nic Thys et Stéphane Galland) au Roskam… Puis, mercredi, c’était à Liège, au Pelzer que ça se passait, avec un quartette allemand que je ne connaissais pas: Klangfahrer. Jeudi, concert à Flagey du trio de Marcin Wasilewski et, dans la foulée, un détour par le Sounds pour écouter Piero Delle Monache en quartette.

Vous pensez bien que j’en ai des choses à raconter.


1-Eric Legnini9707 copie

 

En attendant que je rassemble mes idées et mes petites notes, vous pouvez toujours lire mon interview avec Eric Legnini. C’est sur Citizen Jazz.

Et puis, je ne sais plus si j’en avais parlé, vous pouvez aussi lire l’interview de Dominic Ntoumos. Ça, c’est paru dans Jazz@round. Si vous n’avez pas la version papier, vous pouvez télécharger le magazine en cliquant ici.

 

À très vite

 

22/04/2009

Eric Legnini - Trippin' sur Citizen Jazz

 

On dit de «Trippin’» que c’est le dernier album d’une trilogie.
Eric Legnini, que j’ai rencontré dernièrement, nuançait cependant un peu le propos.


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«Trippin’» est le troisième album du trio, certes.
Et c’est sans doute le dernier dans cette formule… Pour l’instant.
De là à dire qu’il s’agissait d’une trilogie…

Mais il est vrai qu’Eric a d’autres idées en tête.
Par exemple, il a fortement envie d’accueillir une chanteuse dans son groupe.
Mais pas n’importe quelle chanteuse. Et pas pour en faire un disque de «chanteuse».

Si vous connaissez un peu Legnini, vous devez savoir qu’il est très attaché aux racines, à la soul, au gospel, à l’afro jazz.
Alors, d’où viendra cette voix? Rien n’est confirmé pour l’instant, mais il faudra chercher du côté du Mali.

Interview à suivre sur Citizen Jazz prochainement.

En attendant, ne vous privez pas de ce merveilleux album.

Vous voulez savoir ce que j’en pense ?
Lisez ma chronique ici.

A+

23:13 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : citizen jazz, eric legnini, chronique |  Facebook |

03/11/2008

Ntoumos "Transition" - CD Release à la Fnac

 

Dominic Ntoumos vit maintenant à Londres.
C’est là qu’il y trouve l'énergie et l'inspiration pour écrire et jouer sa musique.
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Du jazz des débuts, il a évolué vers la drum ’n bass et a continué son petit bonhomme de chemin vers le hip-hop.
Depuis pas mal de temps déjà, il travaille avec les rappeurs Rob-Li et HKB :Finn, mais aussi avec DJ Grazzhoppa, tout en gardant dans son entourage le batteur Maxime Zampieri (qui n’a pas son pareil pour jouer «jungle»), les frères Chainis (eb et g) ou Loris Tills

Ntoumos a fait un petit tour en Belgique ces derniers jours pour promouvoir la sortie de son dernier album «Transition» (distribué chez nous par Bang !).

Il ne s’agissait pas de véritables concerts mais plutôt de «showcase».
Ceux-ci ont eu lieu dans les différentes Fnac du pays.
À Bruxelles, bien sûr, j’y étais.
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Et pas de doute, Ntoumos était bien au rendez-vous aussi: du bas des ascenseurs, les basses et les tempos lourds et marqués se font bien entendre.

Sur le petit podium, Ntoumos tente de faire bouger un public un peu timide.
Pourtant, sa musique se veut des plus dansantes.
Elle oscille entre hip-hop, funk, rock et prend parfois les couleurs du dub.

La trompette est claire, sonnante et claquante!
À la batterie, c’est Ludovic Legrand qui a pris la place de Zampieri (en tournée avec Magic Malik actuellement) et l’on peut dire qu’il ne ménage pas ses efforts.
Rob-Li déroule les paroles avec aisance.
Mike et Greg Chainis font rouler la machine à coup de basse bien sentie et de riffs tranchants.
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«Everybody Needs Love» bien funky, «Healing Vibration» mélangeant hip-hop et rythmes tex-mex, «Show Bizz» très hip-hop ou encore «Autoroute» très jungle, déferlent avec puissance… Tout est dans l’énergie.

L’album ne cache pas ses ambitions: squatter le haut des charts et permettre à Ntoumos de jouer dans les salles pas nécessairement… jazz…
Et quelques clips circulent déjà sur les chaînes musicales à la TV.
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Pourtant, «Transition» a été produit par un de nos meilleurs jazzmen: Eric Legnini (qu’on appelle «Moogoo» dans ces cas-là).
Et l’album a été mixé par, ni plus ni moins, Mad Professor (Lee Scratch Perry, The Orb ou «No Protection» de Masive Attack, entre autres)!

Vous voyez le mélange?

On en reparlera, c’est sûr.

A+

31/07/2008

Dinant Jazz Nights 2008 (Day 3)

Dimanche, vers 15h, rendez-vous dans l’Abbaye Notre Dame de Leffe.

Il y a du monde.
Ça sent la cire et l’encens.

Assise devant les 56 touches et les 1532 tuyaux de l’orgue majestueux de l’abbatiale, inspiré par les instruments construits au début du XVIIIe siècle par le facteur d’orgues Gottfried Silbermann (qui vivait à la même époque et dans la même région que Bach), Rhoda Scott entame la «Toccata» de Bach.
Quoi de plus normal?
Surtout quand on se souvient aussi que l’organiste avait sorti en son temps un superbe album: «Come Bach To Me».

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Mais très vite, Rhoda Scott prend le chemin de «Summertime».
Steve Houben, au sax alto, emboîte le pas et nous voilà parti pour un voyage éblouissant entre gospel, baroque, blues, jazz et soul.

Les thèmes défilent avec élégance, avec vivacité, avec bonheur.
La rencontre entre l’orgue et le sax est majestueuse.
L’heure passe beaucoup trop vite et c’est déjà «Let My People Go».

Applaudissements à tout rompre.
Les musiciens reviennent pour un rappel.
Magnifique!
Sans aucun doute un des plus beaux concerts de ce festival !

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Retour sous la tente pour écouter le délicat duo entre Pascal Mohy (p) et Quentin Liégeois (g).
La musique est très intimiste, mais ne manque cependant pas de swing.
Le duo revisite quelques standards («‘Round Midnight», «Like Someone In Love»), mais propose aussi quelques compositions originales dont «6,4,2» aux motifs répétitifs ou le très sensible «Jojo», équilibré à la manière d’une valse.

Mohy et Liégeois: deux excellents musiciens à suivre et à revoir dans l’intimité d’un club.
Bonheur assuré!

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Changement de style ensuite avec le tonitruant Big Boogaloo Sextet d’Eric Legnini.
Au trio de base - Frank Agulhon (dm) et Fabrice Allamane (b) - se sont joints Flavio Boltro (tp), Stéphane Belmondo (tp) et Julien Lourau (ts).

Les deux trompettistes sont intenables.
Ils dynamitent un set pourtant déjà très explosif à la base!
«Miss Soul» doit bien se tenir entre «Mojito Forever» et «Sugar».

Chacun y va de son chorus, chacun tente de déstabiliser l’autre.
C’est bourré de surprises, de croche-pieds et de bonne humeur.

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David Linx, de passage, s’invitera à la fête pour un émouvant «Autour De Minuit» en hommage à Claude Nougaro.

Et pour clore ce décidemment très sympathique festival: Toots Thielemans et son trio.

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Toujours blagueur, toujours de bonne humeur et toujours aussi bon lorsqu’il souffle dans son harmonica, Toots  fait à nouveau l’unanimité.

Pour l’accompagner ce soir, il y a l’excellent pianiste hollandais Karel Boehlee, le fidèle Hans Van Oosterhout aux drums et le jeune Clemens van der Feen (déjà entendu avec Robin Verheyen) à la contrebasse.

Le répertoire est connu, mais la magie opère toujours.

Quelle pêche! Quel esprit! Quel talent!

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Toots est éternel.
Et il sera le parrain de l’édition 2009 du Dinant jazz Nights!

On parie que l’affiche sera flamboyante ?

A+

30/07/2008

Dinant Jazz Nights 2008 (Day 2)

Et le deuxième jour à Dinant Jazz Nights, c’était comment ?

Hé bien, c’était bien !
Après avoir un peu flâné dans la ville et ses environs, après avoir eu le temps le temps d’écrire quelques lignes pour Citizen Jazz et après avoir eu l’occasion de lire le très long et très intéressant article de Brad Mehldau à propos de la créativité musicale dans Jazzman (je vous en recommande la lecture), je suis retourné sur le site du Festival.

Je faisais, en plus, partie du jury pour le concours des jeunes talents jazz, en compagnie de Jean-Pierre Goffin (Vers l’Avenir / Showcase) et de Jean-Marie Hacquier (Jazz Hot). Mais je vous en parlerai plus tard, dans un billet spécial.
Ça vaut bien ça.

2001

En attendant, se produisait sur scène le groupe de Greg Houben et Julie Mossay.
Leur projet, que j’avais découvert en 2006 lors du festival Jazz à Liège, est bâti en partie sur des œuvres de Fauré et de Debussy.
À cela, ils ont mélangé des chansons brésiliennes (Buarque, Jobim…) ainsi que du jazz.

Le résultat m’avait déjà emballé la première fois et je suis encore resté sous le charme de cette belle idée, intelligemment mise en musique.

Greg et Julie, entourés de Pascal Mohy (p), Stephan Pougin et Lionel Beuvens (dm), Quentin Liégeois (g), Mathieu Vandenabeele (Rodhes) et Sal La Rocca (cb), avaient aussi invité Steve Houben (fl) sur un ou deux thèmes.

2002

Le résultat est magnifique, lyrique (voix merveilleuse de Mossay), sensuel (le chant et la trompette de Greg Houben), groovy (les percus), poétique (le piano et la guitare) et bien dans son temps (les effets électro justes de Mathieu).
Une fusion originale qui exclut avec brio les clichés.

Autre grand moment très attendu: Rhoda Scott et Eric Legnini en duo.

Même Guy Le Querrec ne voulait pas rater ce moment.

2003

Piano et orgue Hammond.
Jazz, soul et gospel.
L’interaction est idéale dès le début.
Rhoda déroule d’abord le tapis sous les notes enivrantes de Legnini («Trastevere», «It Could Happend To You») avant que le pianiste ne renvoie l’ascenseur sur «I Love The Lord»...

2004

Ça swingue, ça chauffe et tout le monde s’amuse.
Même Toots Thielemans montera sur scène pour accompagner nos deux claviéristes pour un brillant «Sunny Side Of The Street».

2005

Pour clôturer la soirée, et en remplacement de Milton Nascimento qui avait donc déclaré forfait la veille du festival, Tania Maria et son quartette feront danser gentiment le chapiteau.

2008

Mélange de classiques («One Note Samba» ou «Agua de Beber») et de compositions originales, l’ensemble est servi avec élégance par Marc Bertaux (eb), Tony Rabeson (dm) et toujours l’excellent Mestre Carneiro (perc).

Toots, toujours dans le coin et toujours bon pied bon œil, fera à nouveau un passage sur scène pour notre plus grand plaisir.

2007

Moins délirante que la dernière fois où je l’ai vu (Jazz Middelheim), la pianiste brésilienne nous a quand même offert un excellent concert, frais et joyeux.

2006

Allez, une bonne Leffe au fut, quelques discussions et fous rires avec musiciens et amis et… au lit (la journée commence tôt dimanche: 15h à l’Abbaye pour un duo absolument magique – oh oui ! - entre Rhoda Scott (sur les grandes orgues) et Steve Houben au sax).

A+

28/07/2008

Dinant Jazz Nights 2008 (Day 1)

Et Dinant Jazz Nights, c’était comment ?

Avant un compte-rendu plus détaillé sur Citizen Jazz prochainement, voici un petit aperçu de mes trois jours dans la cité d’Adolphe Sax.

J’arrive vendredi soir du côté du Parc St Norbert, près de l’Abbaye de Leffe.
À l’entrée, Jean-Claude Laloux m’accueille chaleureusement…
Seulement, il semble un peu contrarié.
Je le comprends lorsqu’il m’explique que Milton Nascimento ne sera pas présent au festival.
Le groupe des frères Belmondo et du chanteur brésilien sera remplacé par Tania Maria.
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En attendant, le premier concert débute.
Il s’agit de Brazzaville, jeune groupe anversois qui a remporté le concours «Jong Jazz Talent 2007» organisé par le Gent Jazz festival.

Brazzaville, c’est deux souffleurs (Vincent Brijs, sax baryton et Andrew Claes au ténor), un guitariste au look de cow-bow (Geert Hellings) un pianiste, qui joue aussi du Rhodes et - puisque Rhoda Scott est programmée au festival - de l’orgue Hammond (Jan Willems), un batteur (Maarten Moesen) et un bassiste (Nicolas Rombouts

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Les présentations sont faites, que la fête commence !
La fête oui, car leur musique, c’est du funk, de la fusion, de la soul, de l’afro beat et bien d’autres choses encore.
Et c’est excellemment joué !
Et sur disque, ce n’est pas moins bon. Je vous le conseille déjà ! (Cherchez par-là)

Le set est enlevé, net, fort.
Pur plaisir.
Ça groove et ça ne se prend pas au sérieux.

Pas plus sérieux ensuite avec Sanseverino.

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Venu avec deux accordéonistes magnifiques: Didier Ithursarry (déjà vu avec l’ONJ de Claude Barthelemy au Théâtre Mani, par exemple) et Vincent Pierani (entendu aux côtés de Manu Codjia, Olivier Calmel, etc…), Sanseverino joue avec les mots à la manière d’un Boby Lapointe et les aiguise comme un François Béranger.

Il s’accompagne à la guitare et donne de grands coups de pieds sur les cymbales disposées devant lui.
Il s’amuse de commentaires parfois douteux (toujours prêt à faire un bon mot, il dérape quand même quelque peu sur la délicate situation politique en Belgique… Mais heureusement, il ne s’y étend pas), il écorne un peu l’église (à l’Abbaye de Leffe, faut oser) et un peu Sarko (un peu facile). Bref, il caricature la société.

C’est de la chanson manouche, swinguante et amusante.
Eric Legnini (parrain du festival) viendra l’accompagner au piano pour une chanson.

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Mais le moment le plus intense restera quand même ce très beau solo à l’accordéon de Pierani, quand il s’accompagne d’un chant plaintif.

Bonne première soirée...

Demain, on continue.

07/07/2008

Trois festivals et un portrait.

Vous irez sans doute au festival Gent Jazz ?
L’affiche est belle, non ?

Mais… vais-je être conquis par Herbie Hancock? A part les morceaux avec Tina Turner, Wayne Shorter et surtout Leonard Cohen, je ne suis pas trop «fan» de son dernier album, pourtant encensé par une bonne partie de la critique. Heureusement, il paraît que pour cette tournée, il injecte quelques bons «tubes» d’antan.

 

 

Et Metheny? Vais-je enfin succomber?

J’avoue que ce que j’ai entendu de son dernier album m’a plutôt laissé une bonne impression…. Wait and see.

Bon, ça, c’est pour les petites interrogations. Pour le reste: Amina Figarova, Trio Grande, Saxophone Summit (avec Liebman, Lovano et Coltrane) FES & Jimi Tenor, ou encore Wayne Shorter… je m’y rends avec excitation.

 

Mais, vous serez peut-être au Brosella?

 

 

J’y serai aussi.
Si si… Le dimanche.
Il va quand même falloir jouer serré pour être l’après-midi près de l’Atomium et le soir au Bijloke.
Ici aussi, l’affiche est belle. Voire exceptionnelle !
Maria Schneider Orchestra, Rabih Abou Khalil… et… Paul Bley !! Immanquables !
Et aussi Mathilde Renault, Ben Sluijs, Les Doigts de l’Homme

 


Et la semaine suivante, vous serez aux
Dinant Jazz Nights?

 


 
 
Brazzavile, San Severino, Greg Houben et Julie Mossay, Rhoda Scott, les frères Belmondo et Milton Nascimento, Eric Legnini et… Toots Thielemans.
Tout ça, sur trois soirs. Dans le parc de l’Abbaye de Leffe.
Il y a des endroits plus sinistres, non ?
 
Puisqu’on parle des Dinant Jazz Nights, je vous invite à lire l’entretien que j’ai eu avec Jean-Claude Laloux.
C’est ici, sur Citizen Jazz.

Bon, on se rencontrera bien quelque part?

A+

21/08/2007

Jazz Middelheim 2007 - Day 04 -

Belle surprise que le quintet du tromboniste allemand Nils Wogram.
Je ne connaissais que son album en duo avec Simon Nabatov, «Starting Stories», et n’avais jamais été plus loin.
Erreur !

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Le groupe présent sur scène cet après-midi («Root 70») n’hésite pas à mélanger les genres.
D’un bop assez classique au dub ou au reggae, en passant par un jazz très contemporain, Nils Wogram et ses compagnons élargissent les frontières sans se poser trop de questions et proposent un jazz jouissif et très expressif.

«Eat It» est, à ce propos, un bel exemple.
Après avoir démarré sur un chaos bruitiste, on s’envole vers un thème aux accents latins. Puis, on joue les stop and go et les questions-réponses qui donnent une sacrée dynamique au morceau.
Simon Nabatov, très percussif, joue toujours la surprise, le rebondissement.
Il ouvre des pistes, relance le tromboniste et le saxophoniste qui se complètent très bien …
Le saxophoniste Hayden Chisholm, justement, sonne parfois comme Paul Desmond sur les thèmes plus intimistes.

Dans les moments intenses, comme sur «The Myth», on sent comme l’influence d’un Mingus. Le groupe est soudé, énergique et rageur.
Et Nils, dirige ce petit monde avec vigueur.

Mélange très savoureux et groupe à suivre assurément.

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Moins explosif ou fonceur qu’à l’habitude, le trio d’Eric Legnini nous gratifie d’un concert posé et détendu, laissant de la place aux mélodies et aux thèmes pour se développer.
Cela nous permet d’apprécier encore mieux la qualité des compositions du pianiste.

Avec Dré Pallemaerts à la batterie, exceptionnellement à la place de Franck Agulhon, le trio offre des versions poétiques de «Trastevere» et de «Night Fall» avant d’attaquer vivement «Miss Soul», introduit par un long  et beau solo de  Matthias Allamane à la contrebasse.

Un «Mojito Forever» fait monter la fièvre à la manière d’un alcool qui tape vite à la tête.
Sous l’œil rieur de Legnini, Dré s’amuse d’un solo à mains nues sur ses tambours.
On déguste. On sourit.
Il faut dire que, juste avant, Eric m’a presque fait pleurer avec une improvisation magnifique en intro de «La Starda».
Il remettra ça avec un «Back Home» plus gospel et churchy que jamais.
Merveilleux.

Après le concert, je discute un peu avec Eric.
Heureux de sa prestation et de ses 130 derniers concerts.
Et ce n’est pas fini, puisque dès fin septembre, il ira jouer en Allemagne, en Pologne et à nouveau en France, avant de s’envoler pour le Japon.
Un enregistrement spécial sera d’ailleurs réalisé pour le pays du soleil levant.
Puis, il travaillera sur un projet avec les frères Belmondo et Milton Nascimento pour un concert à La Villette en septembre.
Voilà de quoi nous rendre impatient…

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Découverte totale ensuite, avec Dez Mona.
Est-ce du jazz ? Est-ce du rock ? Est-ce de la pop ?
Le chanteur, Gregory Frateur, aux airs de Diva, ne le sait pas lui-même.

Toujours est-il qu’on cherche un peu le lien entre sa musique et un festival de jazz. Un titre de Nina Simone, en rappel, suffit-il ?

Le chant particulier rappelle un peu Klaus Nomi.
La voix est grave et nasillarde.
On y trouve aussi, par moments, des intonations à la Tom Yorke (Radiohead) ou Brian Molko (Placebo).

Les ambiances et les thèmes sont généralement sombres, voire assez dépressifs, et se teminent presque à chaque fois en explosions hystériques.

On nage entre ambiant, pseudo-classique et rock progressif.

Bram Weijters au piano et Roel Van Camp à l’accordéon accentuent par leurs interventions le côté noir et désespéré des paroles.

Frateur se fait parfois un peu crooner et parfois aussi un peu «folkeux» (avec une reprise de «Who Knows Where The Times Goes» de Sandy Dennys , ex-chanteuse de Fairport Convention dans les années ’70).

Impression bizarre.
Bien qu’intéressant par moments (il faut souligner quelques performances vocales étonnantes) l’ensemble est crispant et parfois tellement excessif que cela en est peu touchant.


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Pour terminer ce quatrième jour: délire total et bonheur complet avec le Matthew Herbert Big Band.

Je suis depuis longtemps ce «bidouilleur» de génie («Dr Rockit», «Radio Boy») qui mélange la dance intelligente (le merveilleux «Bodily Functions» en 2000) et les expérimentations musicales hors normes, comme sur le récent «Plat Du Jour».
Ce dernier album est enregistré uniquement  avec des bruits de déglutitions, de mastication, de cris de cochons, de poules en batteries et autres sons en rapport avec la (mal)bouffe…
Et c'est absolument génial. Et étonnant.

Aussi étonnant que son Big Band ce soir.

Basé sur le même principe que ses expérimentations, Matthew Herbert échantillonne en temps réel toutes sortes de sons et crée des beat.

Ce soir, tout a commencé avec un «cliquetis» de verre de vin rouge sur les dents…
Une fois le rythme lancé, le Big Band monte sur scène.

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Le mélange «électro» (je n’ai pas trouvé d’autre terme) et orchestre swing, dans la grande tradition de Glenn Miller, fonctionne à merveille.
Et ce qui marche sur disque (album «Goodbye Swingtime») marche encore mieux sur scène.
C’est qu’ici, le spectacle est visuel aussi.

Allons-y pour faire de la musique avec des journaux déchirés (ce qui amène une belle bataille de boulettes de papiers) ou avec des ballons de baudruche, ou même, en rappel, avec des flash d’appareils photos.

On passe d’une ambiance «Coton Club», à du blues sensuel («The Trhee W’s») et à la dance la plus incandescente («Missprint»). Et Valérie Etienne, à la voix soul, n’est sans doute pas pour rien dans l’histoire.

Matthew Herbert, derrière ses machines (ou son accordéon rose), s’amuse autant que ses musiciens et que le public.

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Voilà sans aucun doute une façon des plus intelligentes de mêler house et jazz.
Le public (même les jazzeux) ne s’y trompe pas.
Et c’est évidemment un gros (très gros) succès mérité pour le musicien anglais.

 

A+ 

30/05/2007

Le jazz Marathon et un vainqueur (Part2)

Sur la place Fernand Cocq, les premiers spectateurs arrivent par petites grappes pour écouter les trois jeunes groupes qui concourent cette année au «XL-Jazz New Talents».

Au-delà d’un léger mal de crâne qui se dissipe et qui me rappelle que la soirée de la veille fut riche, j’ai dans la tête l’idée qu’un des favoris pourrait être le trio de Ben Prischi.

Mais en jazz, comme en football, rien n’est jamais joué d’avance.

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C’est le quartet du guitariste Laurent Melnyk qui a la lourde tâche de débuter.
L’option choisie est un jazz modal laissant pas mal de place à chacun des musiciens pour improviser sur de longs solos.
Trop longs parfois.
Bien que le leader, David Devrieze (tb) ou Felix Zurstrassen (eb) développent un jeu de haute qualité, il y manque parfois un poil de folie, de surprise.
Du coup, j’ai l’impression que les différents morceaux ont tendances un peu à se ressembler.
Pourtant, l’ensemble est cohérent et possède un beau potentiel. Julien Loutelier à la batterie, par exemple, m’a pas mal plu dans un jeu délicat.
Mais évidemment, quand on est dans un jury, on juge. Alors qu’on aimerait que tout le monde soit ex-aequo.
Finalement, c’est pas plus confortable que d’être sur scène.

Sur scène, justement, monte Ben Prischi entouré de Felix Zurstrassen, à nouveau, et de Guillaume Palomba (dm).
Connaissant et appréciant ce trio, je m’attendais à un set brillant.
Je suis un peu resté sur ma faim.
Il y avait comme une légère distance entre les musiciens et le public. Le set fut assez « classique », moins « fougueux » que ce que propose le trio habituellement.
Vers la fin pourtant, on les sentait un peu plus libérés. Prischi déstructurant quelques thèmes et montrant un talent pianistique indéniable que j’adore.
Palomba développe, lui, un jeu tout en nuances.
Piano et batterie se suivent, se relancent, et une belle alchimie naît toujours entre eux.

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Ce fut ensuite au tour de Collapse , que je pensais un peu déforcé par l’absence du Jean-Paul Estiévenart, de nous offrir une belle surprise.
Ici, on sent plus de maturité dans le projet. Une énergie communicative aussi.
Le groupe ne s’enferme jamais dans une seule voie.
Au contraire, ils jouent sur les ruptures rythmiques et osent les mélanges. On y retrouve des influences de musiques slaves, de Mingus (leur manière de jouer «Fables Of Faubius» est une belle réussite), de Ornette Coleman ou d’Henry Texier peut-être…

C’est donc Cédric Favresse (as), l’excellent Tom Callens (ts), Lieven Van Pee (b) et Alain Delval (dm) que l’on retrouvera le dimanche en ouverture des concerts des Lundis d’Hortense sur la Grand Place.

Mais nous aurons encore l’occasion d’entendre ses trois groupes le 26 juin au Sounds.
Notez déjà cette date et venez nombreux, ça vaut vraiment la peine.

08

Direction «centre».
Dans un nouveau bar branché où l’on fume le narguilé, étendu sur des coussins, le Pure Bar accueille Bo Van Der Werf et Nelson Veras.
Choix judicieux.
La musique du duo est à la fois mystique et atmosphérique basée sur une métrique mouvante que maîtrisent à la perfection les deux musiciens.
Bo déroule de longues phrases, parfois abstraites, au sax baryton, sur lesquelles Nelson parsème des accords improbables d’une légèreté magique.
Ambiance, ambiance…

Avant d’aller écouter Marc Lelangue sur la Grand Place, je fais un détour au Café Orts, au coin de la rue Dansaert, pour voir Louis Favre Trio.
L’image est assez surréaliste : le groupe joue presque sur le trottoir, devant la terrasse ouverte.
Il s’agit principalement de standards jazz (pour ce que j’en ai entendu) avec un petit côté soul des années ’60.
Le Fender Rhodes doit y être pour quelque chose.
Sympathique.

07

Sur la Grand Place, l’excellent blues de Marc Lelangue résonne.
Avec la voix grave et puissante, le guitariste reprend les meilleures chansons de Ray Charles.
C’est chaud, c’est bon.
Il est entouré d’une fameuse équipe qui n’a pas son pareil pour faire bouger les foules : Daniel Roméo, Patrick Dorcéan, Alain Palizeul, Laurent Doumont etc…
En plus de cela, il y a deux merveilleuses choristes: Nina Babet et Chantal Kashala.
Endroit idéal pour fêter au champagne (ben oui,… on sait vivre!) l’anniversaire d’une amie.
Et ce n’est pas «Hit The Road Jack» qui me fera partir.

Je tente une incursion au PP Café pour entendre Fred Delplancq. Impossible d’entrer, c’est bondé.
Et finalement, je me rends compte que Fred jouait la veille au PP : ce soir, c’est Freefunk

Au Falstaff, ce n’est pas non plus Paolo Radoni qui joue.
Mais ici, ce n’est pas une erreur de ma part : il y a eu, semble-t-il, un changement de programme de dernière minute.
Finalement, ce n’est pas si grave, car l’accueil est plutôt étrange. En effet, on repousse les gens qui sont «dans le passage» ou qui sont assis par terre.
Ici, c’est assis à table ou basta.
Alors basta.

09

Au Sounds, bourré comme un œufs, tout le monde peut entrer par contre (s’il y arrive).
Coup de chapeau aux serveuses qui se fraient un passage pour servir les clients avec le sourire.
Voilà l’esprit de fête du jazz.

La fête, c’est aussi Daniel Romeo qui la mène avec son funk endiablé.
Ce soir, il a invité Rosario Giuliani et Eric Legnini.
Quelle énergie, quelle folie.
Ça joue à fond !
Roméo est toujours partant pour relancer la machine et les souffleurs ne sont pas les derniers à emboîter le pas.
Olivier Bodson déchire à la trompette et Laurent Doumont (entre boogaloo et soul) rivalise avec Giuliani.
Erwin Vann montera sur scène le temps d’un set pour participer à ce feu d’artifice.
Il faut dire que la rythmique est solide (c’est rien de le dire) : Adrien Verderame en batteur infatigable et Nicolas Fiszman en guitariste fou sont toujours sur le coup.
Et que dire des aller-retour entre Legnini et Michel Bisceglia aux Rhodes…
Un pur bonheur.

10

Du jazz comme celui-là, on devrait le retrouver multiplié par dix aux quatre coins de la ville pour le prochain Jazz Marathon.

Près de quatre heure, il n’a pas plu.
Tant mieux : entre deux sets, on était tous dehors.

Demain, on continue.

A+

27/02/2007

La route enchantée

Depuis un mois, un CD était bloqué dans le lecteur de ma voiture.
C’était celui d’Elisabeth Kontomanou.
J’aime beaucoup, mais de là à l’écouter en boucle, chaque fois que je fais un trajet en voiture, il y a une marge…

hihihiAlors, il me restait la radio.
J’ai donc fait un peu de zapping entre Pure FM: du bon (Damien Rice, Clap Your Hands, Thom Yorke, etc…) et du moyen, Classic 21: avec bouffées de nostalgie à gogo entre Dire Straits, Genesis, Clash etc..., Studio Brussel: souvent excellent (Roots, Arcade Fire,etc…) et qui n’a pas peur de mélanger les genres: electro, rock, jazz et dance, La Première: pour l’info du matin et «Culture Club» du midi, MJM oui, oui: même si on reste dans le jazz très très sage, il y a de bonnes choses, si si…, Campus: une programmation de dingues, des trucs tordus qui vous plongent dans un autre monde. Toujours surprenant. J’adore!
Puis, il y a aussi Musiq3: pour Philippe Baron, bien sûr, mais également pour le classique. Comme sur Klara
Plus difficile à capter, c’est Radio Panik…Dommage.
Puis les radios que je fuis après trente secondes: RTL, Fun, NRJ…

Un bon (mini) tour d’horizon du PAB…

01

Bref, aujourd’hui, mon lecteur cd a retrouvé la parole et j’ai pu ré-écouter mes disques dans les embouteillages de la ville.

Mes passagers du jour étaient d’abord : Nina Simone «Sings The Blues».
Un sommet !
C’est du brut de décoffrage avec ces déchirures d’harmonica, cette voix unique, ce rythme lourd…
Du vrai blues, quoi…

02Ensuite, c’est Yusef Lateef et son «Three Faces of…» qui a fait un bout de chemin avec moi.
D’abord à la flûte, puis au sax et enfin au hautbois (ha là lààà, «I’m Just Lucky So And So» ou «Salt Water Blues»… c’est magique!).
Demain je ressors «The Golden Flute» de ma discothèque!

03

Et puis, il y a eu aussi un peu d’Archie Shepp et son «Prayer» ou «The Cry Of My People» sur l’album du même nom.
Quel fantastique musicien, lui aussi.
Quelle vérité dans ses chants, quelle rage contenue dans sa musique… C’est toujours aussi brûlant!

04Et quelques notes du dernier Eric Legnini («Big Boogaloo») aussi joyeux, mais moins surprenant évidemment, que «Miss Soul»…

Chouette, demain, je reprends la route!

A+