21/05/2017

Bart Defoort Quintet - D Jazz à Dinant

Le temps de quitter Bruxelles (après le concert d’Esinam Dogbatse à la Jazz Station), de prendre l’E411, de traverser la belle campagne dinantaise sous le soleil couchant, d’admirer les grosses fermes perdues au milieu de champs de colza, et me voilà arrivé juste à temps pour le concert de Bart Defoort Quintet au D Jazz, au Castel de Pont-à-Lesse. Un véritable petit coin de paradis.

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J'avais raté les concerts de sortie de l’excellent album du saxophoniste, Inner Waves (W.E.R.F. Records), ainsi que le récent concert au Marni quelques jours auparavant. La qualité de ce band méritait bien un déplacement à Dinant (sans compter que l'accueil y est toujours très chaleureux).

Le quintette s’installe sur la vaste scène et entame le très accrocheur «Bright Side». Cela permet directement de démontrer tout le talent de grooveur du leader mais aussi de tout le groupe. Tandis que Toni Vitacolonna martèle sèchement les fûts, soutenu par la contrebasse alerte et ferme de Christophe Devisscher, Hans Van Oost enchaine de magnifiques solos avant de laisser Ewout Pierreux dérouler un jeu de plus en plus grondant. Chacun y va pour tirer le groupe vers le haut. Ça promet !

Le lumineux «The Yearning Song», introduit superbement par Christophe Devisscher, puis «No More Church», sur lequel Ewout Pierreux se fait plus bluesy que jamais, rappellent la qualité des compositions de Bart Defoort. Mélodiste avant tout, il n’en n’oublie jamais la pulsation, le groove, le swing. Il allie le straight à un jazz très actuel et très contemporain. Ceux qui en douteraient devraient tendre l’oreille. Ici, tout est question d’équilibre, de densité, de finesse.

Et puis il y a aussi le son de Bart : pur et déterminé. Il ne va jamais dans l'excès et pourtant son jeu est puissant. Il est toujours sur le fil. C'est un savant dosage entre énergie bien placée et retenues pleines de tensions. Une sorte de force tranquille, à l’image de ces orateurs qui arrivent à faire passer des messages sans hurler, sans vindicte excessive, et qui n'en ont que plus de poids.

«Late Night Drive» file sur un tempo haletant et permet une fois de plus à Ewout Pierreux, décidément intenable, de prendre les commandes dans un solo exaltant.

«Inner Waves», qui est un peu la signature du groupe (outre le fait d'être le titre éponyme de l'album), regorge de cet optimisme, de cette sorte de recherche intérieure entre bien-être et excitation soudaine. Les échanges entre Bart Defoort et Hans Van Oost, dans un jeu souvent tendu, sont nerveux et semblent être une évidence…

Ce quintette groove en permanence et n'a pas peur de se frotter aux mélodies (mine de rien, ce n'est pas évident à faire sans prêter le flanc aux clichés), de s’inspirer des fondamentaux du jazz et de ne pas avoir peur de la beauté.

Il y a encore «Light Red To Dark Blue» ou «To Late To Tell You» construits et joués, eux aussi, d'une façon irréprochable.

Et puis on se quitte en douceur avec, en rappel, «Still» écrit cette fois par Hans Van Oost. L'instant est calme, comme pour nous laisser savourer encore plus le très bon moment que l’on vient de passer.

On retrouvera le quintette à la rentrée (à Renaix, à Jazz in ‘t Park ou à Mouscron) et plus tard à l’occasion d’un Jazz Tour des Lundis d’Hortense. Notez déjà cela dans votre agenda.

 

 

A+

 

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22/03/2016

Rhoda Scott Quartet - Jazz l'F Dinant

La bonne nouvelle était tombée un peu par surprise, il y a quelques temps : Jazz l'f reprenait du service ! On n’y croyait plus.

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Le premier concert (depuis longtemps, bien trop longtemps) aurait lieu ce vendredi 18 mars. «Premier» car, oui, il y en aura d’autres : un tous les mois ! On annonce déjà la venue prochaine de Gonzalo Rubalcaba en solo (deux soirs de suite) et, plus tard, celle du trio de Jonathan Kreisberg avec David Kikoski !

Mais ce vendredi soir, ce sont les amis indéfectibles du club qui ouvraient le bal : Rhoda Scott accompagnée de Félix Simtaine, Steve Houben et Maxime Blesin. Et c'est tout heureux que j'ai pris la route pour aller fêter le grand retour du jazz dans la ville de Monsieur Sax.

Et pour cette première, la salle était comble. Comme quoi, le jazz avait bien manqué à Dinant, et tout le monde semblait heureux de cette résurrection.

Il y a donc un air de fête (et un peu d'émotion aussi) quand l'organiste aux pieds nus entame un «I Found A New Baby» swinguant en diable ! Chacun y va de son solo et la musique tourne.

«There Will Never Be Another You», débuté avec insouciance, s’égare cependant un peu dans un jeu un peu «messy». Ce qui n’est pas pour déplaire. Par contre, «Wave» ne trouvera jamais un terrain d’entente. La bossa, superbement introduite par Maxime Blesin, se liquéfie dans un jeu pour le moins très fluctuant. Steve Houben, à la flûte, trace un chemin que ni Felix Simtaine ni Rhoda Scott ne semblent suivre. Tout le monde se cherche, personne ne se trouve. Etrange moment.

Heureusement, «Lover Man» fera un peu oublier cette incompréhension passagère. Le mariage du sax avec les notes cristallines de l'orgue fonctionne à merveille. Et Maxime Blesin, avec élégance et souplesse, survole l’ensemble. Ouf.

Le second set est beaucoup plus soul et gospel. Et cela marche nettement mieux. Steve Houben intervient dans des solos puissants qui sont aussitôt repris par Rhoda Scott ou Maxime Blesin. Les échanges sont francs et sûrs. C'est chaud et ça groove. Duke Ellington s’invite et se taille une bonne place. Duke ! Quand même… quelle écriture !

Et dans le genre «bien écrit», il faut souligner aussi le morceau de Steve Houben : «Enfance», une véritable petite perle. C’est tendre, sensible et joyeux à la fois.

Alors, après un dernier morceau plus soul, on s’offre encore un Duke, pour finir ce concert en beauté.

A+

03/09/2013

Festivals d'été (Part 1) - Leffe Jazz Nights


C'est la rentrée, on ramasse les copies !

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Kim Versteynen_Tim Finoulst © Jos Knaepen

Il est grand temps de faire le point sur les festivals de l'été auxquels j'ai assisté.
Je vous avais parlé brièvement du Gent Jazz… le dossier complet arrive !

Alors voici déjà le Leffe Jazz Night (ex Dinant Jazz Night).
A lire ici, sur Citizen Jazz.

Viendront très bientôt Gent Jazz, donc, mais aussi le Gaume Festival et Jazz Middelheim.
Soyez encore un tout petit peu patient… Un tout petit peu.
 
Bonne rentrée à tous.
 
A+

28/07/2013

Festivals !

Oui, depuis le début de l’été, le jazz fait son festival. Aux quatre coins du pays.

Dès le mois de juillet, on a eu droit au célèbre festival de Comblain-La-Tour qui accueillait cette année, Michel Portal, Esperanza Spalding ou encore Marcus Miller.

Puis ce fut au tour du Gent Jazz Festival d’accueillir Diana Krall, le BJO et Joe Lovano, Kurt Elling, Ramsey Lewis et Dee Dee Bridgewater ou John Zorn, entre autres. On en parlera ici  (ou plutôt sur Citizen Jazz) bientôt.

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Il y a eu ensuite le merveilleux Brosella (dont vous avez pu lire le compte-rendu ici).

Le week-end du 21 juillet, c’était à Dinant, aux Leffe Jazz Nights, que cela se passait (avec une sélection des meilleurs jazzmen belges dont Philippe Catherine, David Linx, Kris Defoort ou l’incontournable Toots Thielemans. On en parlera également ici et sur Citizen Jazz.

Et bientôt, ce sera le Gouvy Jazz Festival, à partir du 2 août, avec Tom Harrell, Robert Jeanne, Lou Donaldson

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Et ce n’est pas terminé puisque du côté de Rossignol, du 9 au 11 juillet, le grand chapiteau du Gaume Jazz fera le plein avec Eric Legnini, le BJO et Tutu Puoane, Nathalie Loriers et Tineke Postma, Anne Paceo, Manu Codjia, une carte blanche à Eve Beuvens, une création de Toine Thys et bien d’autres surprises et découvertes avec Laurent Blondiau, Too Much & The White Notes, Noa, Nordanians et bien d’autres.

Et si vous pensiez vous reposer le week-end suivant, celui du 15 août, c’est raté car il faudra vous rendre à l’autre bout de la Belgique cette fois, à Anvers, pour le toujours exceptionnel Jazz Middelheim.

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Cette année, on y verra Tigran Hamassyan – plutôt trois fois qu’une, puisqu’il sera en résidence et se présentera avec Harve Henriksen, avec Trilok Gurtu et avec son propre quintette – mais aussi Lobi (de Stéphane Galland), John Scofield, Randy Newman, Charles Lloyd, Antony Braxton, Bill Charlap, Robin Verheyen accompagné de Garry Peacock, Marc Copland et Joey Baron… Rien que ça.

Ne rentrez pas chez vous tout de suite ! Direction le Broukay, à Eben Emael le week-end suivant, ou au Sympho Jazz à Saint-Symphorien, ou à Liège pour son Jazz04 au fil de l’eau…

Oui, l’été jazz est encore chaud !

A+

 

11/10/2012

Al Foster quartet - Jazz à l'F - Dinant

Dans le cadre du Skoda Jazz Festival, c’est un géant qui était au Jazz l’F à Dinant ce samedi 6 octobre : Al Foster, le batteur de Miles Davis entre - plus ou moins - 72 et 90, (Big Fun, Dark Magus, We Want Miles, Star People, etc.).

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Pas de promotion d’album (son dernier date de 2009) mais une «simple» tournée européenne. Une tournée pour «jouer du jazz pour le plaisir», comme il me le dira. Et c’est vrai que c’est ce qui semble motiver ce musicien qui ne se prend absolument pas pour une star. Souriant, affable, prêt à discuter avec n’importe qui... l’homme est resté simple.

Ce soir, il est accompagné par une belle brochette de jeunes (par rapport à lui) et talentueux musiciens. À la contrebasse, il y a le fidèle Doug Weiss (qu’on a vu aussi aux côtés de Kevin Hayes ou Chris Potter), au piano, Adam Birnbaum (Eddie Gomez, Wallace Roney) et au sax et soprano, l’excellent Wayne Escoffery (Tom Harrel, Mingus Big Band). Bref, du beau monde.

Le quartette nous plonge d'emblée dans le grand bain du post bop, même s’il reprend des thèmes mythiques du jazz modal comme «So What» ou «Jean-Pierre» de Miles.

Assis très bas et caché derrière ses cymbales, accrochées très haut, quasi à la verticale, Al Foster n’a rien perdu de son groove légendaire. Son sens du swing transpire et l’interaction avec ses musiciens est flagrante.

De plus, le batteur n’est pas du genre à focaliser toute la lumière sur lui, chacun des membres du groupe à droit à ses solos. Sur pratiquement chaque morceau, chacun y trouve son espace.

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Celui qui, ce soir, fera la grosse impression est sans nul doute Wayne Escoffery. Dans la lignée d’un Sonny Rollins, peut-être, il enchaîne les phrases et fait monter l’intensité à chaque chorus. Tout en les nuançant régulièrement. Il module le son en alternant le suraigu et les graves les plus profonds. Il n’esquive pas les difficultés, il prend tous les risques et se laisse emporter par une fougue qu’il maîtrise cependant parfaitement. Il ne s’empêche pas de disséquer les accords - quitte à jouer bruyamment avec les clés de son sax - pour les rendre plus incisifs. Ou, au contraire, il maintient - à la façon d’un Roland Kirk - les longues notes en souffle continu pour les emmener à leur paroxysme. Ce qui ne l’empêche pas d’enchaîner la suite avec beaucoup de sensibilité et de sobriété.

La connivence entre Al Foster et Adam Birnbaum est, elle aussi, assez convaincante.

Sur les groove souvent soutenus et toujours nuancés du batteur, le jeu du pianiste est limpide, ses attaques sont franches et ses impros solides… sans pour autant être terriblement originales. Birnbaum essaye plutôt des «servir» les thèmes avec élégance.

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Quant à Doug Weiss, lorsqu’il s’empare d’un solo, il ne le lâche pas facilement. En un jeu vif et sec, il s’exprime avec beaucoup de virtuosité sur des lignes mélodiques chantantes et fermes à la fois. Le jeu est resserré, concis, tendu.

Le groupe enchaîne standards et compositions personnelles, comme un bluesy «Peter ‘s Mood» ou un «Brandyn» assez soul, avec beaucoup d’entrain et de conviction. Ça swingue constamment, l’ambiance est vraiment très jazz et tout le monde prend du plaisir. En fin professionnel, Al Foster sait attendre, relancer la machine, sauter un temps ou, au contraire, le dédoubler pour ajouter encore plus de relief et de profondeur aux morceaux.

Il donne ainsi, avec tout le groupe, de nouvelles couleurs - plutôt bien dans notre époque - à ce jazz dit «traditionnel». Il y a comme un regard jeune, presque neuf. Il y a cette façon de bousculer les principes sans pour autant en mépriser les valeurs.

Oui, joué comme ça, ce jazz est éternel.

A+

 

 

26/02/2011

Grégoire Maret à l'F à Dinant

 

Samedi 5 février, L’F, le club de jazz de Dinant est bondé pour accueillir Grégoire Maret, star montante de l’harmonica, adoubé par Toot Thielemans lui-même. D’ailleurs, ce soir, Toots est venu aussi… en spectateur, et s’est installé au premier rang. Ce n’est qu’échange de politesse car Grégoire à l’habitude d’aller écouter Toots lors de ses passages au Blue Note à New York. Il faut dire que le jeune harmoniciste suisse s’est installé dans la Grosse Pomme voici plus de quinze ans. C’est là, après avoir terminé ses études à la New School University, qu’il a commencé à collaborer avec quelques grands noms du jazz, tels que Pat Metheny, Marcus Miller, Herbie Hancock, Cassandra Wilson et d’autres encore.

À Dinant, il est venu accompagné de Reggie Washington (eb, b), Federico Gonzalez Pena (p) et Clarence Penn (dm).

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La musique de Maret est généralement feutrée, mélodique et lyrique, mais ne manque pas de nervosité par instants. Les deux premiers morceaux sont très doux et caressants. Clarence Penn joue délicatement et utilise principalement les balais. Il s’aide de temps à autre de légers effets sur son electro drum pad et de quelques rythmes préenregistrés. Tout est soyeux, et extrêmement bien mis en place. Il y aura, plus tard quelques solos beaucoup plus vifs où tout le groupe s’amuse sur des métriques plus sophistiquées. Des moments qui, du coup, mettent en valeur la délicatesse des thèmes plus doux.

Grégoire Maret est très charmeur, souvent romantique. Il met peu d’effet dans le son de son harmonica, mais dégage déjà une belle personnalité. De la douceur et du lyrisme, certes ce sont les bases de son style, mais il possède aussi une belle capacité à enflammer certains morceaux. Quelques-uns de ses solos flirtent avec les aigus qu’il maîtrise avec beaucoup d’agilité pour en souligner toutes les nuances.

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Reggie Washington, aussi à l’aise à la contrebasse qu’à la basse électrique s’intègre avec bonheur dans l’ensemble. Il soutient mais n’hésite pas, de temps en temps, à prendre des chemins de traverses. Légèrement funky, toujours subtil, ça balance et ça swingue gentiment.

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Celui qui impressionne le plus est sans doute le pianiste uruguayen Federico Gonzalez Pena. Son toucher est chaud et virtuose. On ressent chez lui cette touche afro-cubaine, à la fois douloureuse et mélancolique et à la fois explosivement optimiste. Il injecte, dans ses phrases et ses rythmes chaloupés, des accélérations subites, pétillantes et ensoleillées. Passant du piano au Fender, ses attaques sont franches et nerveuses, son jeu est acéré. Parfois aussi il instaure des plages plus atmosphériques rappelant des ambiances à la Brian Eno.

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Et puisque Toots est dans la salle, on aura droit à un duo.

Toots reste assis au milieu du public, Grégoire est face à lui. D’abord ils se cherchent. Gregoire donne quelques indications. Toots cherche un peu sa route. Grégoire le met sur la voie… et une fois le déclic trouvé, la magie opère. Il y a soudain un supplément d’âme dans la musique. On joue avec le cœur et l’émotion est palpable.

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Ce soir, c’était un beau concert de club, cosy et chaleureux, parfois peut-être un peu trop sobre, un peu trop sage, le groupe faisant la part belle aux ballades et aux trendres mélodies. Mais on entendra sans doute encore parler de Grégoire Maret et aussi certainement de Federico Gonzalez Pena qui me laissa vraiment une très belle et forte impression.

 

Prochainement, le 5 mars, Jazz l’F accueillera cette fois-ci Enrico Piranunzi (et si vous n’êtes pas à Dinant ce soir-là, vous pourrez vous rattraper en allant écouter le pianiste italien au Sounds quelques jours plus tard, le 10 et 11 mars…)

 

 

A+

 

 

 

25/08/2010

Jazz à Souillac

Non, je n’étais pas aux Dinant Jazz Nights cette année. Hé oui, je sais, l’affiche était pourtant incroyable : Manu Katché, Joshua Redman, Dee Dee Bridgewater, Jan Garbarek, Philip Catherine, Enrico Pieranaunzi et plein d’autres encore.

Je sais, je sais…

L’année prochaine, le parrain sera Joe Lovano. Ça ne risque pas de faire baisser le niveau…

Je n’étais pas en Belgique mi-juillet, car j’étais en France, en vacances.

Et là où j’étais, il y avait un festival de jazz. (Notez, que j’avais prévu le coup : tant qu’à prendre des vacances, autant aller là où il y a du jazz).


Et me voilà donc à Jazz à Souillac où j’y ai rencontré toute la petite bande du festival, bien sûr, mais aussi Catherine, la pie blésoise.

Au programme, Nguyên Lê, Dee Alexander, Tigran Hamasyan, Stefano Bollani et Enrico Rava.

Vous lirez tout ça en long et en large sur Citizen Jazz bientôt. En attendant, voici déjà un petit aperçu.

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Je n’ai pas eu l’occasion de voir Nguyên Lê qui donna, d’après les échos, un concert sublime, enchanteur et surprenant.

Mais, j’ai vu Dee Alexander.

J’avais remarqué cette chanteuse sur un album («Blissfull») d’Hamid Drake (qui sera au prochain festival Mons en Jazz !!) et j’avais entendu son album, «Wild Is The Wind», d’un tout autre genre. Plus traditionnel, dirons-nous. Dee Alexander possède une voix sensuelle et chaude et est capable de scatter, et même de produire des sons qui imitent les instruments, avec une agilité vocale assez surprenante.

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Ce soir, sur la belle petite Place Pierre Betz de Souillac, la chanteuse est accompagnée par Miguel de la Cerna (p), Youssef Ernie Adams (dm) et Harrison Bankhead, (fidèle contrebassiste du regretté Fred Anderson). C’était un concert en deux temps. Une première partie assez convenue et une seconde - après un morceau éblouissant du contrebassiste en solo - bien plus mordante, plus roots et plus brute aussi. Et, il faut le dire, Dee Alexander est nettement plus convaincante dans ce langage plus soul et gospel.

 

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Bien sûr, ce n’est pas aussi violent et explosif que le concert de Tigran Hamasyan. Contrairement à son concert Liégeois, Tigran n’y va pas par quatre chemins cette fois-ci. Est-ce à cause du froid qui a envahi soudainement la petite place, ou le fait d’avoir dû attendre longtemps avant de monter sur scène (le concert de Dee Alexander fut assez long), qui pousse le jeune pianiste Arménien à dynamiter, dès les première notes, un concert d’une énergie inouïe? Il s’agite, se lève, plonge dans le piano, le frappe, le griffe, le fait sonner comme un fou. Areni, transie de froid, donne de la voix, plus irréelle que jamais. Ben Wendel (ts, ss) devient flamboyant, Sam Minaie (b, elb) matraque sa basse et Ted Poor (dm) frappe comme un vrai rocker. Le concert est court, intense, incandescent. Grand moment.

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Le lendemain, au soleil couchant, Stefano Bollani est seul au piano. On le sent à l’aise dans ce genre d’exercice. Il y a une certaine nonchalance et une telle aisance dans son attitude, que tout ce qu’il fait paraît simple, naturel, évident. Et pourtant, en improvisant pendant plus d’une heure, dans tous les styles (stride, romantique, bop, pop, swing, classique), il invente, réinvente, s’égare, prend des risques et s’amuse toujours. Puis il conclut par son traditionnel medley (une liste de vingt thèmes proposés par le public) et convainc, comme s’il le fallait encore, un auditoire sous le charme.

 

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C’est à l’élégant Enrico Rava que revient l’honneur de conclure ce festival des plus sympathiques. Avec son «jeune» quartette italien (l’excellent Fabrizio Sferra aux drums, Gabriel Evangelista à la contrebasse et le talentueux Giovanni Guidi au piano), il va nous offrir un merveilleux voyage poétique, plein de swing, de tendresse et d’enfièvrement mêlés. Rava nous souffle des histoires avec douceur ou véhémence. Puis, il laisse parler les silences, écoute ses compagnons, les laisse courir, les rejoint. Rava est un vieux sage aux idées toujours modernes. Un maître.


Il fait doux, il fait nuit. Sur le route du retour, je réécoute les interviews que j’ai faites d’Enrico Rava et de Stefano Bollani. Bientôt, vous pourrez aussi les lire sur Citizen Jazz.


A+

 

10/07/2010

Eté Jazz...

C’est l’été, il faut très chaud, les journées sont longues et chargées, les nuits sont courtes et, du coup, j’ai pris du retard dans mes comptes rendus.

Je reviendrai (vite, je l’espère) sur le concert de Collard-Neven et Rassinfosse pour la sortie de leur troisième album (en quartette, cette fois) «Braining Storm», et sur le concert d’Alain Pierre Acoustrees Quintet

Marcin Wasilewski_Manu Katche

Pour vous faire patienter, vous pouvez lire l’interview de Marcin Wasilewski que j’ai réalisée, il y a quelque temps déjà, et qui vient d’être publiée sur Citizen Jazz.

Et je vous en promets d’autres d’ici peu… surprise.

Et puis, n’oubliez pas: c’est la saison des Festivals.

En ce moment, c’est le Gent Jazz. On y a déjà vu un merveilleux Kurt Elling, un poétique Pierre Vaiana, un magique Ornette Coleman, un séduisant Chris Mendoza Group, un efficace Vijay Iyer et un délirant Chick Corea (qui se termina par une incroyable jam où l’on y retrouvait : Vijay Iyer, Christian Mc Bride, Kenny Garrett, Roy Haynes, Ronald Bruner, Hiromi et d’autres…) Et ce n’est pas fini !

 

Et puis, il y a le Brosella, dimanche (Roy Hargrove, Avishai Cohen, Ivan Paduart, Massot - Florizoone - Horbaczewski...)

Bientôt aussi, ce sera les Dinant Jazz Nights avec une affiche incroyable !

Manu Katché, le parrain de cette édition 2010, a invité Joshua Redman, Deedee Bridgewater, Aldo Romano, David Sanborn, Steve Gadd, Jan Garbarek, Philip Catherine, Enrico Pieranunzi, Eric Legnini, Till Brönner, David Linx, André Ceccarelli et d’autres encore.

Go, go, go…


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Moi, je n’y serai pas. Ben oui, c’est les vacances… et j’en profiterai pour aller au Festival Jazz à Souillac, ré-écouter Enrico Rava, Stefano Bollani et Tigran Hamasyan

Et ensuite, ce sera le Gouvy Jazz Festival, Ça Jazz à Huy, le Gaume Jazz, Jazz Middelheim, Jazz In Het Park

L’été est chaud.


A+

 

17/08/2009

Jeunes Talents aux Dinant Jazz Nights 2009

Notre jeune jazz belge se porte bien.
Certes, il mériterait d’être encore plus soutenu, encore plus mis en avant, encore plus entendu… comme tout le jazz en général d’ailleurs.

Notre jeune jazz belge va bien, donc.
La preuve? Allez voir du côte du concours Tremplin Jazz d’Avignon.

Sur la plus haute marche du podium, on retrouve souvent des groupes belges et des musiciens qui roulent leur bosse en Belgique.
Alexi Tuomarila en 2001 (il est finlandais, mais Teun Verbruggen, Nicolas Kummert et Chris Devisscher sont belges), Pascal Schumacher en 2004 (ok, il est luxembourgeois, mais Jef Neve, Chris et Teun sont belges) Saxkartel en 2006 (là, ils sont tous belges), l’année dernière c’était Alexandra Grimal (bon, là, je tire un peu… mais Manolo Carbras vit en Belgique et Di Domenico et Lobo y sont presque résidents permanents)  et cette année, le c’est le groupe de Christian Mendoza (avec Teun Verbreuggen, Brice Soniano, Ben Sluijs et Joachim Bandenhorst) !

Voilà un petit extrait (sublime) de Mendoza, Sluijs et Vercampt (ce n’est pas le groupe qui s’est présenté à Avignon, mais ça donne une idée, non ?)



Notre jeune jazz belge se porte bien et il est prometteur.
Les concours (Jazz Marathon, Gent Jazz et Dinant jazz Nights) en sont les autres preuves.

Cette année, j’étais à nouveau dans le jury des « jeunes talents » à Dinant.

Hamster Axis Of The One Click Panther, (photo)le groupe qui avait gagné l’année dernière ouvrait le festival DJN 2009 et confirma le bon choix qu’avait fait le jury l’année dernière. Bender Banjax (avec Christian Mendoza, tiens, tiens…), vainqueur du concours jeunes talents au Gent jazz en 2008, était également de passage à Dinant cette année.
Et comme on dit: «Ça jouait !»
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Mi-juillet, après une présélection parmi plus de 15 candidats, 5 groupes se sont présentés au concours 2009 à Dinant.

Mr Pringel’s and the Bouyaka Horns, développe un jazz funky, groovy et dansant de très belle facture. Des cuivres brillants, un son parfois un peu chicagoan, parfois un peu brass band… Une belle présence.
J’attendais beaucoup du Winchovski Trio. Malheureusement, le groupe est passé un peu à côté. Ça manquait un peu de cohésion. Il faut pourtant souligner des compos originales et assez recherchées, entre jazz de chambre feutré et stylé, et éclats swinguant et lumineux. Lucien Fraipont est assurément un jeune guitariste à suivre.
The Green Dolphin’s Quartet emmené ici aussi par un très bon guitariste, Guillaume Vierset, renouait avec la tradition, sans cependant soulever trop d’enthousiasme.

La victoire allait donc se jouer entre l’excellentissime nonet Brussels Vocal Project et le non moins excitant groupe anversois Electric Quartet.
Deux formations aux horizons bien différents.
L’un reprenant a cappella des titres d’Aka Moon, Fabian Fiorini ou encore Pierre Van Dormael et l’autre optant pour un jazz électrique rappelant le Miles des années ’70 ou Erik Truffaz.
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La qualité des voix, la mise en place, l’audace et l’originalité du Brussels Vocal Project face à la solidité, l’énergie et l’efficacité de l’Electric Quartet.
Chacun d’eux mélangeant avec intelligence tradition et modernité.
Choix difficile et longues discussions entre les membres du jury.

Alors, j’ai pensé qu’il serait sympathique de demander à ces différents jurés (certains étant assez occupés ou en vacances, je n’ai pas tout reçu) de me donner leurs impressions … en version originale (nous en sommes en Belgique mais vous voulez une traduction, demandez-la moi).

Je les en remercie du fond du cœur.

Peter Anthonissen (Hnita Hoeve Jazz Club ):
"Een zeer goed idee van Dinant Jazz Nights om de jonge groepen die deelnamen aan het concours tussen de acts op het hoofdpodium te programmeren. Dat verzekerde hen meteen van de aandacht die zij verdienden. Even lovenswaardig was de idee om de jury samen te stellen uit Frans-, Nederlands- én Duitstaligen. In de jazzwereld is er sowieso contact tussen de verschillende gemeenschappen van ons land, maar dergelijke initiatieven zijn belangrijk om ons blijvend te verweren tegen oprukkende cultuurpolitieke ideologieën die graag andere signalen uitzenden.

De groepen die in het kader van de wedstrijd aantraden, hadden sowieso al gewonnen. Ze werden immers geselecteerd uit een vijftiental groepen die zich hadden aangediend. Op de eerste dag van de wedstrijd speelden achtereenvolgens Mr. Pringle’s and the Bouyaka Horns, het Winchovski Trio en het Green Dolphin’s Quartet. Ensembles met kwaliteit, zeer zeker, maar in Dinant slaagden ze er mijns inziens niet altijd in die kwaliteit een hele set vast te houden.

De tweede dag kon mij meer overtuigen. Het Brussels Vocal Project stak zijn nek uit door composities van onder meer Aka Moon en Fabian Fiorini te brengen, bewerkt voor negen a capella stemmen. Het geheel miste soms cohesie, maar het Brussels Vocal Project is een aantrekkelijk project met vast en zeker groeimogelijkheden. Met het Electric Quartet uit het Antwerpse bekroonden we als jury uiteindelijk de meest voldragen groep. Net als onder anderen een Wallace Roney en een Terence Blanchard de afgelopen jaren deden, inspireert dit ensemble zich op de vroege “Electric Miles”, maar met een aantal eigentijdse accenten. Opvallend hoe slagwerker Diederik van Remoortere erin slaagde om een voor dit soort muziek merkwaardige lichtheid te bewaren. Leider van het Electric Quartet is trompettist en bugelspeler Glenn Magerman, die ondanks zijn leeftijd op veel ervaring in diverse genres kan bogen. Zijn instrumentale beheersing maakt mee de kwaliteit van het Electric Quartet uit.
"



Georges Tonla Briquet (Brussel Deze Week & Jazzmozaïek):
"Voor de tweede editie van de wedstrijd Jong Jazztalent tijdens Dinant Jazz Nights  waren er veertien inzendingen. Ik maakte deel uit van de selectiejury. Wat meteen opviel was de presentatie van de ingezonden demo’s.

Deze varieerde van een simpele post-it tot een mooi samengesteld dossier.

Gelukkig waren er op muzikaal gebied heel wat aangename verrassingen zodat het uiteindelijk geen evidente opgave werd om slechts 5 groepen te weerhouden.
 
Tijdens de finale in Dinant werd duidelijk dat demo en live soms ver uit elkaar liggen. Dat uiteindelijk Electric Quartet als winnaar uit de bus kwam, had onder meer hiermee te maken. Hun set was samenhangend en gebald, met net genoeg variatie. Elke muzikant had genoeg kwaliteiten, zowel individueel als element van de groep. Ook de link tussen verleden en heden werd mooi uitgebouwd. Er zijn natuurlijk evidente referenties maar de groep bezit  genoeg potentieel om deze  in de nabije toekomst te overstijgen.

Verrassend was ook nog het vocale ensemble The Brussels Vocal Project.
Mr.Pringle's & The Bouyaka Horns, Winchovski Trio en The Green Dolphin’s Quartet had ik al voordien zien optreden en alle drie waren ze duidelijk in een minder goede dag hier in Dinant.

Aan goede jonge jazzgroepen in België is er duidelijk geen gebrek. Nu nog genoeg speelmogelijkheden natuurlijk."


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Jean-Marie Hacquier (Jazz Hot & Président du jury):
"Le festival des Dinant Jazz Nights se tenait cette année à la Collégiale et dans les Jardins du Collège Notre-Dame de Bellevue du 16 au 20 juillet. Pour la deuxième année consécutive, ce fut l’occasion pour de jeunes musiciens de jazz (moins de trente ans) de présenter leur musique aux suffrages d’un jury de spécialistes. Des quinze formations candidates, le jury en avait retenu cinq qui s’affrontèrent en public le dimanche 19 et lundi 20 juillet: le Winchovski Trio, le Green Dolphin’s Quartet, l’Electric Quartet, le groupe Mister Pringel’s and The Bouyaka Horns et le nonet vocal The Brussels Vocal Project.

A l’issue du festival et à l’unanimité des voix, le jury désigna comme vainqueur le groupe Electric Quartet d’Anvers composé de Glenn Magerman (trompettiste, leader), Nick Puylaert (keyboards), Juan Manssens (basse électrique) et Diederik van Remoortere (batterie). Mention spéciale fut accordée au Brussels Vocal Project, arrivé second. Lors de la proclamation du prix, le jury a tenu à motiver son choix par ces mots : « Electric Quartet a été choisi à l’unanimité pour la cohésion du groupe, l’harmonie de l’ensemble, la valeur des solistes et leur approche des valeurs du jazz. Ils bâtissent un pont entre tradition et modernité ».

L’Electric Quartet jouera en lever de rideaux au Gent Jazz Festival et au Festival Dinant Jazz Nights en juillet 2010. D’ici-là, le groupe se voit offrir un minimum de quatre concerts en clubs, en Flandres, en Wallonie et à Bruxelles. Le premier concert aura lieu le 24 octobre 2009 à la Jazz Station de Saint-Josse-ten-Noode. D’autres concerts sont encore prévus au Hnita Jazz Club de Heist-op-den-Berg et au Brassages de Dongelberg."


003


Le jury pluri-culturel de journalistes et organisateurs était placé sous la présidence de Jean-Marie Hacquier du magazine Jazz Hot.
Georges Tonla-Briquet (Brussel Deze Week - Jazzmozaïek) assurait la vice-présidence.
Membres du jury : Peter Anthonissen (Hnita Hoeve Jazz Club), Bernard Lefèvre (Jazzmozaïek), Jacques Prouvost (Citizenjazz.com - Jazzques), Walter Eicher (B.R.F. Eupen), Jean-Pol Schroeder (Maison du Jazz de Liège).
Jean-Pierre Goffin (Groupe L’avenir) avait participé au jury de sélection.


À suivre, bientôt, quelques souvenirs fabuleux du Dinant Jazz Nights (Rava, Scofield, Lovano, Summer Residence, Bart Defoort, Galliano, Toots… et d’autres !).

A+

22/03/2009

Du neuf à Leffe.

Ça y est.
Après bientôt 12 ans de festival, Dinant s’offre enfin un club.
Hé oui, il n’y avait pas de club de jazz dans la cité qui a vu naître le papa du saxophone.
Bien sûr, certains se rappellent la grande époque du Charles Quint (qui a fermé ses portes au début des années 90), mais depuis, c’était le calme plat du côté du rocher Bayard.

Il fallait bien un fondu à qui rien ne fait peur pour décider d’ouvrir un club à l’époque où la plupart d’entre eux tirent la langue… quoique ce soit l’histoire éternelle des clubs de jazz.
Tout le monde connaît la blague: «Comment devenir millionnaire? … Être milliardaire et ouvrir un club de jazz!»

Jean-Claude Laloux n’est pas milliardaire, mais il est un amoureux éperdu du jazz et c’est sans conteste l’une des principales qualités requises pour faire fonctionner un club.

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L’F est donc né.

L’F, parce que le club se situe à deux pas de l’Abbaye de Leffe, dans l’ancienne classe de gym de l’école inoccupée depuis près de cinq ans et qui fut rachetée par les Pères de l’Abbaye. Et ceux-ci l’ont mis gracieusement à la disposition du jazz…

Ce 7 mars, pour le concert d’ouverture, Jean-Claude et ses bénévoles avaient mis les petits plats dans les grands pour proposer une belle et grande jam.

Dans la salle, plus de 200 personnes.
Et sur la scène, on a vu défiler Rhoda Scott, David Linx, Steve Houben, Roby Lakatos, Sal La Rocca, Hans Van Oosterhout, Greg Houben, Maxime Blesin, Kalman Olah (qui fut un peu à l’origine de la création des Dinant Jazz Nights) et même le Père Augustin (pour un «C.Jam Blues» mémorable).
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La fête a donc commencé avec Kalman Olah en solo sur «East Of The Sun», rejoint ensuite par Sal La Rocca, Hans Van Osterhout et Steve Houben.
Jazz tout en douceur et décontraction.
Les clins d’œils s’échangent et Maxime Blesin monte sur scène pour un délicat et sensuel «River Of Dreams». Le jeu de Maxime est souple, profond et légèrement swinguant.
Idéal pour glisser vers un «Shifting Down» plus «nocturne» que jamais.
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Quand Rhoda Scott arrive sur scène, c’est avec la ferme intension de bouter le feu à chacun des tunes.
Elle entame «Like Someone In Love» en y mettant toute son âme.
Bien vite la tension monte. On navigue alors entre soul et gospel.
Ça transpire ferme.
Houben déroule des phrases incandescentes et Rhoda enflamme le reste.

David Linx ne fait pas baisser le niveau. Au contraire, électrisé par l’ambiance, il nous sert un troublant et fabuleux «I’ve Got The World On A String» (de Frank Sinatra) à la façon Etta James… Merveilleux !
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On calme quelque peu les esprits avec l’une ou l’autre ballade («My Romance») avant que Roby Lakatos ne vienne à son tour raviver les ardeurs.
Le violoniste hongrois démontre tous ses talents d’improvisateur virtuose.
Le hard bop se mêle aux accents tziganes.
Les échanges entre Greg Houben (remonté par son récent séjour à New York), Rhoda Scott et Maxime Blesin sont éclatants.
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Puissant et d’une justesse étonnante, Hans Van Osterhout a assuré ces rythmes d’enfer durant toute la soirée, sans jamais faiblir… Tout comme Sal La Rocca. Chapeau.

Tout le monde est ravi, la «première» est totalement réussie.

Rendez-vous est pris !
Le mois prochain (le 3 avril), l’F accueillera Eric Legnini et Lionel Belmondo, puis le trio de Greg Houben, puis… puis…

Longue vie à l’F.

A+

25/02/2009

Jazzez jeunesse

Vous êtes jeunes, vous êtes beaux et vous avez du talent !
Pourquoi ne pas participer aux concours des jeunes talents Jazz.

Une première fois au Jazz Marathon et une seconde fois au Dinant Jazz Nights !

Dans les deux cas, je serai dans le jury… hé hé hé
Attention je serai intraitable, intransigeant, incorruptible…
Bon, OK, je ne serai pas seul… il y aura d’éminents collègues et musiciens. Raisons de plus pour s’inscrire sans plus tarder.

Allez, hop !

Tous les renseignements sont ci-dessous.
affiche concour…rathon 2009

Jazz Marathon
Concours XL-JAZZ
Le samedi 30 mai 2009

REGLEMENT DU CONCOURS

Un jury sélectionnera trois groupes qui se produiront le samedi 30 mai 2009 sur le podium de la place Fernand Cocq. (Chaque groupe joue un set de 40 minutes, entre 16h et 18h40 – remise des prix à 19h)

Ce concours s'adresse aux jeunes groupes de jazz belges.
Un membre du groupe minimum doit habiter en Belgique.
La moyenne d'âge des membres du groupe est de 25 ans maximum à la date du concours.
Le groupe ne peut avoir sorti d'enregistrement produit par un label avant la date du concours.
Le groupe fournit un enregistrement sur support CD (toutes les qualités d'enregistrement sont acceptées) de 2 ou 3 morceaux d'une durée totale de 10 à 15 minutes.
Le groupe fournit également le nom, l’instrument joué, l'adresse et la date de naissance de chaque membre du groupe, ainsi que les coordonnées de la personne de contact.

Date limite de remise de l'enregistrement et des informations demandées : le jeudi 12 mars 2009 à 15h à cette adresse :

asbl BRUSSELS JAZZ MARATHON vzw    
Jacobien Tamsma
Boulevard Leopold II-laan 184D
Bâtiment / Gebouw B
Bruxelles 1080 Brussel
T: 02 456 04 60


Les groupes s’étant présentés au concours des années précédentes peuvent se représenter, à l’exception du vainqueur.
Le jury est constitué d’un représentant de la Commune d’Ixelles et de sept autres personnes choisies d’un commun accord par les responsables du Jazz Marathon et la commune d’Ixelles.
Le président est Fabien Degryse.

Pour tout renseignement, contactez :
Jacobien Tamsma – jacobien@jazztronaut.be – 02 456 04 87, ou
Laurent Dennemont/Commune d'Ixelles - laurent.dennemont@ixelles.be - 02 515 69 01

hamster

Au Dinant Jazz Nights

1. Généralités

Depuis 2008, le festival des Dinant Jazz Nights organise un concours qui s’adresse aux jeunes groupes de jazz. Le lauréat 2008 fut le groupe «Hamster Axis of the One Click Panther». Ils ouvriront le prochain festival 2009 sur la scène principale des Dinant Jazz Nights.

Pour l’édition 2009, un jury sélectionnera cinq groupes qui se produiront les 19 et 20 juillet 2009 sur un des deux podiums des Dinant Jazz Nights. L’ordre de passage est laissé à l’appréciation du jury.
Le jury de sélection comprendra des personnalités du monde du jazz choisis indifféremment du rôle linguistique, parmi des journalistes et des programmateurs spécialisés.

L’approche musicale est libre sur la forme et le style; elle doit toutefois rester en accord avec les principes fondateurs de la musique de jazz. Ces critères sont laissés à la seule appréciation du jury de sélection.

Dans ses délibérations, le jury tiendra compte aussi bien de la valeur des solistes que de la musicalité d’ensemble: rigueur de la mise en place, approche harmonique, sensibilité de l’expression. La présence scénique peut influencer le jugement mais elle ne constitue pas en elle-même un critère de rejet.

2. Conditions de participation

Au minimum, deux membres du groupe doivent habiter la Belgique.
L’âge de chaque musicien présent dans le groupe ne peut excéder 30 (trente) ans.
Le groupe ne doit pas avoir sorti d'enregistrement produit par un label avant la date du concours.
Le niveau d’étude n’est pas pris en compte comme condition de participation. Un autodidacte possède les mêmes chances qu’un diplômé.
Le groupe doit fournir un enregistrement sur support CD (toutes les qualités d'enregistrement sont acceptées) de 2 ou 3 morceaux d'une durée totale de 10 à 15 minutes. La date limite de remise de l’enregistrement est fixée au 15 mai 2009 (cachet de la poste faisant foi).
Le groupe doit également fournir: le nom et le prénom de chaque musicien, l’instrument joué, l'adresse et la date de naissance de chaque membre du groupe, ainsi que les coordonnées de la personne de contact.
Les groupes s’étant présentés au concours des années précédentes peuvent se représenter, à l’exception du vainqueur.
Les groupes sélectionnés seront prévenus avant le 1er. juin 2009 et devront fournir au festival Dinant Jazz Nights une fiche technique et un plan de scène avant le 15 juin 2009.
Un piano et une batterie Yamaha ainsi qu’une sonorisation leur seront fournis.
Les groupes qui s’inscrivent s’assureront au préalable que tout le groupe est disponible aux dates de la finale, c’est-à-dire: les 19 ou 20 juillet 2009.

3. Prix

Les gagnants du concours se verront offrir le concert d’ouverture du festival «Dinant Jazz Nights  2010» et quelques concerts en clubs. Les négociations avec les programmateurs sont en cours de finalisation.

4. Le jury

Le jury est constitué d’un représentant des Dinant Jazz Nights et d’au moins quatre spécialistes du jazz en Belgique choisis collégialement par les responsables des Dinant Jazz Nights.
Le président est Jean-Marie Hacquier.

5. Adresse

Adresse pour le dépôt des candidatures et des enregistrements :
Concours Jazz Nights
Jean-Marie Hacquier
Av du Diamant, 91
1030 Bruxelles



5. Informations pratiques

Jean-Marie Hacquier, Président : 02 734 22 27 ou 0477 65 60 12 ou jmhacquier@skynet.be
Georges Tonla-Briquet, Ondervoorzitter : 02 731 93 85 ou georges.tonla.briquet@g-o.be




Bonne chance à tous.

A+

21:04 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jazz marathon, dinant jazz nights |  Facebook |

18/10/2008

Dinant Jazz Nights 2008 sur Citizen Jazz

C’était à la mi-juillet de cette année et ça se passait à Dinant.
C’étaient les onzièmes Jazz Nights.
L’article est paru cette semaine sur Citizen Jazz.
001

À cette occasion, j’avais pensé parler des jeunes groupes qui s’étaient présentés au concours «Jeunes Talents» pendant le festival…
Mais voilà, je cours à gauche et à droite, j’essaie de faire tout ce que je dois faire et je m’aperçois que les journées n’ont que 24h.
Juste un peu trop court !
Bref, mes notes sont rassemblées, il faut que je remette encore un tout petit peu d’ordre là-dedans et surtout que je trouve un peu de temps pour taper tout ça.

Patience, donc.


mus-deblanc

En attendant, vous remarquerez que l’article sur Citizen Jazz est illustré, cette fois-ci, par les photos de Christian Deblanc.
J’en profite pour le remercier encore et vous rappeler qu’il y a quelques années, Christian avait réalisé avec le journaliste Bernard Legros un très joli et intéressant recueil intitulé «Musiciens de Jazz», paru chez Versant-Sud.
Jetez-y un œil, ça vaut la peine.

Tiens ! Voilà déjà une idée de cadeau pour les fêtes…
Pensez-y déjà… le temps passe si vite.

A+

07/07/2008

Trois festivals et un portrait.

Vous irez sans doute au festival Gent Jazz ?
L’affiche est belle, non ?

Mais… vais-je être conquis par Herbie Hancock? A part les morceaux avec Tina Turner, Wayne Shorter et surtout Leonard Cohen, je ne suis pas trop «fan» de son dernier album, pourtant encensé par une bonne partie de la critique. Heureusement, il paraît que pour cette tournée, il injecte quelques bons «tubes» d’antan.

 

 

Et Metheny? Vais-je enfin succomber?

J’avoue que ce que j’ai entendu de son dernier album m’a plutôt laissé une bonne impression…. Wait and see.

Bon, ça, c’est pour les petites interrogations. Pour le reste: Amina Figarova, Trio Grande, Saxophone Summit (avec Liebman, Lovano et Coltrane) FES & Jimi Tenor, ou encore Wayne Shorter… je m’y rends avec excitation.

 

Mais, vous serez peut-être au Brosella?

 

 

J’y serai aussi.
Si si… Le dimanche.
Il va quand même falloir jouer serré pour être l’après-midi près de l’Atomium et le soir au Bijloke.
Ici aussi, l’affiche est belle. Voire exceptionnelle !
Maria Schneider Orchestra, Rabih Abou Khalil… et… Paul Bley !! Immanquables !
Et aussi Mathilde Renault, Ben Sluijs, Les Doigts de l’Homme

 


Et la semaine suivante, vous serez aux
Dinant Jazz Nights?

 


 
 
Brazzavile, San Severino, Greg Houben et Julie Mossay, Rhoda Scott, les frères Belmondo et Milton Nascimento, Eric Legnini et… Toots Thielemans.
Tout ça, sur trois soirs. Dans le parc de l’Abbaye de Leffe.
Il y a des endroits plus sinistres, non ?
 
Puisqu’on parle des Dinant Jazz Nights, je vous invite à lire l’entretien que j’ai eu avec Jean-Claude Laloux.
C’est ici, sur Citizen Jazz.

Bon, on se rencontrera bien quelque part?

A+

27/05/2008

Stéphane et Lionel Belmondo sur Citizen Jazz

Les frères Belmondo viennent de sortir leur dernier album.
Après une plongée dans la musique de Lili Boulanger, après l’hommage à Stevie Wonder et une collaboration avec Yusef Lateef, les voici en compagnie de Milton Nascimento.


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Comparer cet album à «Native Dancer» - comme je l’ai lu, je ne sais plus où - est absurde.
L’album de Shorter et celui des Belmondo n’ont rien à voir.
Et il serait dommage de se priver de ce dernier.

 

Belmondo Bros+JC Laloux

Stéphane et Lionel Belmondo seront (avec Milton Nascimento, Thomas Bramerie, Dédé Ceccarelli et Eric Legnini) au prochain festival Dinant Jazz Nights (18,19 et 20 juillet). Ils sont un peu chez eux, là-bas...

Réservez déjà vos places ! 

 
J’ai eu l’occasion de les rencontrer.
L’interview, c’est ici

A+

10/10/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 5 -

Après une très courte nuit, je suis retourné très tôt sur Dinant.
Oui, j’aurais pu loger sur place, mais je m’y suis pris comme un manche et, comme d’habitude, beaucoup trop tard…

Pourtant, des hôtels et chambres d’hôtes, ce n’est pas ce qui manque dans la région.
Je me suis d’ailleurs retrouvé en fin de matinée dans un de ces hôtels car j’avais rendez-vous avec Paolo Fresu.

Non seulement Fresu est un trompettiste merveilleux, mais c’est un personnage d’une gentillesse remarquable. Et malgré tous les projets qu’il cumule, je suis stupéfait de sa disponibilité…

Bref, on en reparlera.

Retour au Centre Culturel pour la dernière journée de festival.

001
Vers 16h, la scène est ouverte par le duo de Petra Magoni et Ferruccio Spinetti.

Je connaissais les musiciens pour les avoir entendu sur le dernier album de Stefano BollaniI Visionari») et pour avoir entendu l’un ou l’autre morceau de leur album «Musica Nuda».

On pourrait penser qu’un tel duo (contrebasse et voix) peut être austère.
C’est sans compter sur l’esprit italien, très «comedia del arte», ce sens théâtral (tantôt comique, tantôt dramatique), cette diction parfaite, ce jeu de contrebasse unique.

Vraiment, ce fut un excellent moment.
Le duo reprend des chansons folkloriques, quelques rares standards de jazz, mais surtout des chansons pop (la manière de se réapproprier «Eleanor Rigby» ou «Come Together» des Beatles – et dieu sait si je suis sensible au répertoire des Beatles - est hallucinante).
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Petra et Ferruccio ont un sens peu commun du dialogue avec le public.
La chanteuse n’hésite pas à essayer d’expliquer, dans un français approximatif mais extrêmement touchant, le sens des paroles des chansons.
Ainsi, ils «adaptent» en français «Le Due Corde Vocali» qui raconte la séparation (autobiographique?) entre un contrebassiste et sa fiancée.
Le duo improvise, Petra pose des questions, Ferruccio répond en chantant, en inventant, en rajoutant des détails sordides…
On ne peut s’empêcher de rire… et pourtant, la musique et le chant sont diaboliquement parfaits.

On passe du rire aux larmes.
On est ébloui par le débit infernal sur «La Boccia»( ????) et fasciné par ce regard immobile, figé, perdu dans un vide absolu pendant d’interminables minutes sur «My Funny Valentine»…
Subjuguant.

A revoir, je l’espère, au plus vite sur nos scènes nationales.

003
Dans un tout autre registre, Susanne Abbuehl, entourée de Wolfert Brederode au piano, Christof May à  la clarinette et clarinette basse et de Joost Lijbaart à l abatterie, nous à emmené dans son monde très poétique et très éthéré.

Certes, elle n’a peut-être pas fait l’unanimité auprès de certains spectateurs, mais pour ma part, je dois avouer que j’étais sous le charme.
On était replongé dans l’ambiance du festival de l’année dernière qui avait accueilli le label ECM.

Le chant, minimaliste et très intimiste, est soutenu par des ondulations pianistiques et un drumming aux balais d’une extrême délicatesse.
Seule la clarinette basse vient, en contrepoint, dialoguer avec la chanteuse.

On voyage dans les plaines désolées, froides et silencieuses.
On flotte dans la lenteur élégiaque d’un chant intérieur et dépouillé.

Abbuehl enchaîne sur un même mode «Children Song», «Yes Is A Pleasant Country» ou encore le glaçant «A Call For All Demons» en s’excusant de ne pas parler entre les chansons: «Pas parce que je ne veux pas vous parler… mais parce que je ne sais pas quoi vous dire».

Elle terminera par «Where Flamigo Fly».
Étrange sensation qui contraste avec le concert précédent.

Avant le concert suivant, je discute avec Dré Pallemaerts à propos de son dernier et excellent album «Pan Harmonie».
Il me raconte le cheminement, la genèse, l’enregistrement de ce petit bijou - que je vous conseille vivement – avant de rejoindre sur scène David Linx et quelques-uns des grands chanteurs américains invités à ce «Be Bop Vocal Summit».

En effet, autour du chanteur belge, on retrouve Sheila Jordan, Deborah Brown, Giacomo Gates et Mark Murphy.

Une belle brochette, avouez-le.
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Et cette petite bande avait vraiment envie de s’amuser.
Surtout l’intenable Mark Murphy.

Chaque chanteur interprète deux ou trois morceaux (accompagné de Dré Pallemaerts (dm), Paolo Fresu (tp), Sal La Rocca(cb) et Kàlman Olah (p) ).
Les transitions étant assurées par l’ensemble des vocalistes, dans le plus pur style Be Bop.

On sent que David a un peu de mal à contrôler ce petit monde qui a envie de faire la fête, qui se lance des vannes…
Et chacun y va de son impro.
A ce jeu, Sheila Jordan, avec un humour grinçant, est sans doute la plus à l’aise.
Giacomo Gates, que je ne connaissais absolument pas, est éblouissant dans ses scats. Beborah Brown, à la voix puissante, est éclatante, Murphy penche un peu du côté crooner et Linx est à nouveau impérial… et heureux.

Bonheur sur scène et dans la salle.

Voilà encore un festival à Dinant très réussi. On en redemande.
J’ai déjà réservé ma chambre d’hôtel pour l’année prochaine !

A+

06/10/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 4 -

Samedi dernier, toujours à Dinant, avait lieu la remise des Django d’Or.
Pas bête, l’idée d’Ilan Oz d’intégrer cette cérémonie à un festival (l’année prochaine, ce sera au Blue Note Records Festival).

C’est le trio de Philip Catherine qui était invité à soutenir le protocole. C’était l’occasion de revoir avec plaisir, Mimi Verderame à la batterie, mais aussi Philippe Aerts à la contrebasse. Ce dernier me confirmera qu’il fera la tournée européenne de Richard Galliano, mais qu’il devra renoncer, la mort dans l’âme, la tournée mexicaine…

3 morceaux («Letter From My Mother», «They Say It’s Wonderful» (d’Erving Berlin) et «The Postman»), avant d’accueillir le gagnant du Django 2007, catégorie «jeune talent»: Pascal Mohy.
Il «disputait» le titre avec Robin Verheyen. Autant dire qu’il ne devait pas être facile de les départager…

Pascal Mohy jouera 2 morceaux avec le trio de Philip Catherine: une très jolie compo personnelle («Jojo») et «Broken Wings» de Richie Beirach.

La «Muse» de la Sabam fut décernée à Marc Van Den Hoof, figure incontournable du jazz à la radio flamande.

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Et puis, le Django D’or fut remis à Pierre Van Dormael. Surpris et heureux.
Les autres «nominés» étaient Sal La Rocca et Ivan Paduart.

Van Dormael jouera également avec le trio: «Nuage», «All The Things You Are» et «Eternel désir».

J’échange quelques mots avec Pascal Mohy, Pierre Van Dormael et puis  Philip Catherine qui prépare actuellement un album solo… avec deux guitares.
Humm, hummm… A suivre…


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Vers 18h, dans la grande salle, Elisabeth Kontomanou entre sur scène dans une superbe robe blanche de mariée. («Ce soir, je me marie avec vous…» dit-elle, avant de poursuivre dans un large sourire «…et demain ce sera avec d’autres».)

La voix est captivante.
Ce grain, cette profondeur, cette clarté… C’est hypnotisant.

Sur «I Gotta Right To Sing The Blues», elle dialogue magnifiquement avec la contrebasse de Thomas Bramerie ainsi qu’avec la batterie de Donald Kontomanou.
Puis, sur «Waiting For The Sun», c’est Manu Codjia qui électrise le thème.
Codjia est décidemment un guitariste exceptionnel. Dans son jeu, ce soir, on y retrouve du blues, de la soul ou encore du R&B. Chacune de ses interventions est d’une justesse et d’une créativité formidables.
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Dans la voix de Kontomanou, il y a l’histoire de sa vie. Et entre les morceaux extraits de son dernier album «Back To My Groove» (le plus personnel jusqu’à présent car elle en a écrit toutes les paroles…et beaucoup sont autobiographiques), elle doit presque reprendre ses esprits.
Elle vit tellement ses chansons qu’on la sent parfois K.O. debout.

Et son chant!
Elle joue avec les cassures de sa voix comme avec les cassures de sa vie.

«Where I'm Coming From» (en recherche d’identité et de son père qu’elle n’a jamais connu), «The Abuse» (une course effrénée à la «Blue Rondo A La Turk» à propos des femmes violentées), «Summer» (au rythme obsédant) et «Back To My Groove» (entre blues et gospel), sont tous des morceaux d’une profondeur et sincérité évidente.

Après le concert, je bavarde avec Manu Codjia. A propos de son premier disque en leader («Songlines» avec Daniel Humair et François Moutin) et de ses projets avec son trio, qui ne sera pas celui de l’album.

Puis, je discute avec Elisabeth Kontomanou.
Elle est belle et resplendissante.
On sent dans ses propos, dans son regard, dans son sourire un bonheur certain. Aucune haine ou rancune par rapport aux difficiles épreuves de sa vie. Tout est tourné en positif.
Elle me raconte ses débuts, son parcours, son dernier album.
Belle leçon de vie et de caractère.

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Vers 21 heures, Gonzalo Rubalcaba est seul au piano devant une salle pratiquement comble.

Le toucher est souple et tendu à la fois.
Le pianiste fait le vide autour de lui. Il accapare l’attention du public comme rarement.
La technique est éblouissante, mais reste toujours au service d’une mélodie limpide.
Rien n’est simple, rien n’est complexe, tout est évident.
Chaque accord a une signification. Et l’on entre dans son récit sans peine.

On le sent influencé par Tatum, par le rag, le stride et la musique cubaine bien sûr. Et tout ça est exposé avec sensibilité, tendresse, force ou humour. Les phrases courtes sont soutenues par une main gauche qui fait déferler les notes par vagues…
Absolument brillant !

05
Pour finir cette longue journée: «Follow The Songlines».
Contrairement au concert de Flagey, pas d’orchestre symphonique ici. C’est pourtant un projet conçu pour cela, et d’ailleurs, l’enregistrement du futur CD se fera de cette manière… au Portugal, sans doute.

Sans cordes, le groupe a quand même très fière allure !
Et comment !
Rythme, fluidité du propos, échanges lumineux entre les pianistes (Mario Laginha aux Rhodes et Diederik Wissels au piano ou inversement), complicité entre les chanteurs (David Linx et Maria Joao), soutien impeccable de Christophe Wallemme à la contrebasse et de Stéphane Huchard à la batterie.

Après un départ tonitruant, on a droit à un superbe moment de sensibilité avec «Parrots and Lions».
Minutes d’une extrême volupté et de légèreté.
On est en apesanteur. On flotte très haut.
On est simplement retenu à la terre par les fines notes du piano.
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Le voyage continue et les vocalistes s’amusent, s’accompagnent, s’encouragent l’un l’autre…
Et comme ils sont tous deux très expressifs, le spectacle n’en est que plus étonnant.

Après le concert, je passe encore un bon moment au bar à discuter avec les musiciens, les photographes (Jos Knaepen, mais aussi Guy Le Querrec) ainsi que les organisateurs de ce très agréable et vraiment très sympathique festival…

En rentrant sur Bruxelles, sur une autoroute déserte, j’écoute «OverOceans» de Mathilde Renault que j’ai rencontré quelques heures auparavant.
Troublant et délicieux voyage…

Une journée de bonheur, quoi...

A+

02/10/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 3 -

Le deuxième week-end de cet ambitieux 10ème anniversaire se déroulait à Dinant.

Premier rendez-vous, vendredi soir à la Collégiale pour un concert unique et inédit: Gonzalo Rubalcaba et Omara Portuondo.
La rencontre promettait d’être magnifique… et elle le fut.

01

La Collégiale, qui avait accueilli l’année dernière Jan Garbarek et l’Hilliard Ensemble, est décidemment une caisse de résonance idéale à ce genre de rencontres.

Comment une musique peut-elle provoquer autant d’émotions ?

Quand Omara dévie subtilement de «La Siteria» vers «Guantanamera», c’est comme si on retrouvait les couleurs, les saveurs et les odeurs de l’œuvre originale.
Son chant ne ment pas.

Omara est touchante aussi quand elle va se réfugier derrière son pupitre pour ne pas trahir les paroles des chansons qui ont bercé toute sa vie. Le chant est plus vibrant que jamais. C’est à pleurer. On l’écoute la gorge serrée.

02
Rubalcaba joue tout en souplesse. Avec amour.
Il anticipe, puis il attend.
C’est de la tendresse, de l’humanité pure.
La chanteuse cubaine laisse sa place, le temps d’une chanson, au parrain du festival (David Linx) avant de revenir nous offrir trois autres morceaux d’une sensibilité rare.

Grande, très grande dame, et concert inoubliable.

De retour dans le centre culturel de Dinant, le Midnight Trio de Kàlman Olah (celui qui fut le déclencheur, voici 10 ans, de ce festival) est prêt pour un concert assez intimiste, dans la tradition club et jazz modal.

03
L’entrée en matière est assez originale: le bassiste Jànos Egri pose les bases du thème, le batteur Elemér Balàzs monte sur scène et vient ajouter une seconde voix avant que le pianiste ne les rejoigne pour improviser.

Stéphane Belmondo, autre habitué du festival, rejoint à son tour le trio pour jouer «Footsteps».
Les standards s’enchaînent avec bonheur et simplicité.
Le bassiste tente parfois de déstabiliser le trompettiste. Cela pimente un peu un concert trop tendre. L’ambiance est douce…Un peu trop même, et parfois, on frôle l’ennui.

Le pianiste, au toucher subtil, essaie pourtant quelques échappées contemporaines avant de revenir vers «All Of Me» ou «Round Midnight».

Il est tard.
Le journée de demain sera belle…
Je rentre sur Bruxelles, le cœur léger.

 

A+

 

01/10/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 2 -

Retour à Ciney, samedi 22.
Affluence accrue. Et c’est tant mieux.

Je n’ai pas eu l’occasion d’entendre le Floreffe Big Band, mais par contre j’étais présent pour le concert de Mélanie De Biasio.

Aujourd’hui, c’est Lieven Venken qui tient les baguettes à la place de Teun Verbruggen.

04
Ce qui est fascinant avec Mélanie, c’est l’ambiance qu’elle arrive à créer dès les premières mesures. On entre aussitôt dans son monde. Tout en délicatesse.
Mélanie De Biasio est sans doute une des plus belles choses qui soit arrivée au jazz vocal (au-delà de la Belgique) ces dernières années.
Elle allie le blues, le jazz et la chanson avec élégance et intelligence.

Après un «Blue» tout en nuance, la chanteuse invite Steve Houben à la rejoindre pour partager un «A Stomach Is Burning» intense.
Dialogue merveilleux entre le saxophoniste et la chanteuse qui ressort, pour l’occasion, la flûte.

La contrebasse du fidèle Axel Gilain est toujours aussi envoûtante.
Au piano, Pascal Mohy est volubile et merveilleux d’aisance sur le léger «Never Gonna Make It».
Le drumming de Lieven n’a rien à envier à celui de Teun. Il est délicat, sensible et toujours groovy. D’une autre couleur, certes, mais qui s’accorde très bien à l’univers de la chanteuse.
Pascal Paulus, quant à lui, teinte l’ensemble de sons très ’60. A la fois «soul» et lunaire.
Parfait.

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Avant de terminer en douceur un concret un peu court (la balance et la mise en place avaient pris un peu trop de temps), Steve Houben nous offre un solo brûlant sur «Let Me Love You»…

«Let Me Love You»… qui s’y refuserait ?

06
Ce fut ensuite à Ivan Paduart de monter sur scène avec son quintet.
Ce soir, il présente un nouveau projet: «Exile With A Dream» avec Toon Ross (ss, ts), Sam Gerstmans (en remplacement du bassiste Philippe Aerts), Joost Van Schaaik (dm), Stéphane Belmondo (tp), et son amie de longue date - je me demande même si ce n’est pas Ivan qui la présenta à David Linx – la chanteuse hollandaise Fay Claassen.

Les deux premiers morceaux se joueront cependant sans elle.

«I Thought I New» met en lumière le jeu précis et vif de Paduart.
Moi aussi, je pensais que je savais. Je pensais que je connaissais le style du pianiste. Mais sur ce coup-là, et le morceau suivant («Storyteller», où l’on retrouve un esprit «Giant Step»), il m’a bluffé.

Ces morceaux font un beau tremplin pour les chorus de Belmondo.
Malheureusement, on le sentait un peu mal à l’aise.
À sa décharge, il n’avait pas eu l’occasion de beaucoup répéter et les compos de Paduart ne sont pas si simples que cela.
Toon Roos, plus habitué à Paduart, se mettra bien mieux en valeur. Jeu brillant et agile. Tout en force et sinuosité.
 

Fay Claassen rejoint alors le groupe pour «Life As It Is».
La voix est toujours aussi belle et graineuse, légèrement voilée.
Fay tente parfois des choses très difficiles et on sent dans ces moments ses limites. On les perçoit d’autant plus lorsque David Linx vient chanter en duo avec elle «Crossroad».

Bonne et belle surprise que ce concert. Je suis curieux d’entendre ça sur cd.

08

Autre surprise pour moi, fut la découverte sur scène d’Eliane Elias. Il faut dire que la chanteuse/pianiste ne m’a jamais vraiment convaincu sur disque (du moins, ceux que je connais). Mais ce soir, en «live», je fus conquis.
D’abord par son sens du rythme et du placement. Ensuite, par son touché, à la fois percussif et chantant. Très jazz dans un style, évidemment, assez «bossa».
C’est ce mélange des genres, qu’elle réalise avec fluidité, qui m’a étonné.

Après un medley de musiques traditionnelles brésiliennes, où elle invite le fabuleux batteur Satoshi Takeishi à faire monter la pression, elle entonne une jolie ballade: «Call Me».

Toot Thielemans, en invité exceptionnel, vient déposer quelques notes sur «Black Orpheus» (du moins, il me semble).
On sent l’harmoniciste un peu «court», pas trop à l’aise.
Que se passe-t-il ? Pas en forme Toots ?
…Non, il change d’harmonica: « Mon ‘la’ est bouché » dit-il en riant.
Et oui, malgré l’age, Toots est toujours en forme.
Et il le démontre sur «Corcovado» ou «Oye Como va».
Et plus encore, dans une joute amicale et musicale de haut vol avec l’excellent guitariste Ricardo Vogt quand les musiciens se provoquent l’un l’autre.

07
Le cadeau d’Eliane Elias à Toots, c’est «Bluesette» chanté en portugais.
L’émotion est palpable.
Le public se lève pour saluer comme il se doit la sortie de notre Toots national.

Le concret ne baissera pas d’intensité par la suite.
«Doralice», «Tangerine» ou encore «Desafinado», achèvent dans l’enthousiasme général cette très belle journée.

A+

29/09/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 1 -

Après Gand, Anvers et Bruxelles, cap sur le festival de Dinant.

Le week-end dernier, c’était le coup d’envoi du Dinant Jazz Nights.
Dixième du nom !
Pour fêter ça, le festival se déroule en deux week-ends. Le premier à Ciney (là où Jean-Claude Laloux avait créé ce premier rassemblement) et le deuxième à Dinant.

La semaine qui sépare ces deux rendez-vous ayant été plus que chargée, je n’ai pas eu l’occasion de vous raconter ce qui s’est passé les 21 et 22 septembre au centre culturel de Ciney. Allons-y!

Le parrain du festival de cette année est David Linx. Normal que ce dixième anniversaire soit dédié au jazz vocal.

01
Vendredi soir, Laïka Fatien a conquis un public malheureusement un peu clairsemé.
Pour ma part, je suis resté légèrement (très légèrement) sur ma faim.
Bien sûr Laïka chante très, très bien. Et elle a une belle façon de vivre les textes. Surtout les standards. Enfin, des «nouveaux» standards, tels que «Old Portrait» de Mingus, «Lost» de Wayne Shorter ou encore «A Shade Of Jade» de Joe Henderson. On le voit, et elle l’avoue, elle a un faible pour les saxophonistes. Elle est d’ailleurs accompagnée, comme d’habitude, par l’excellent ténor David El Malek. Celui-ci est un écho parfait à la voix sensuelle de Laïka.
Mais le plus sensationnel dans  ce groupe est sans conteste le pianiste Pierre de Bethmann.
Il est éblouissant de virtuosité, mais surtout d’inventivité et de sensibilité.
Tant sur les morceaux swinguants que sur le classique «Old Devil Moon» ou encore le très soul/boogaloo «Zigaboogaloo (qui porte bien son nom) de Nicolas Payton
Pianiste fantastique.

Avant de revenir en vedette avec le BJO, David Linx rejoindra la chanteuse pour interpréter en duo un morceau tiré de « La tectonique des nuages » de Laurent Cugny… Somptueux.

03
Le Brussels Jazz Orchestra, donc.
Le rêve pour le chanteur.
Et le résultat est à la hauteur des espérances.

Le public est plus nombreux, mais ce concert aurait mérité une salle comble.
Linx et l’un des meilleurs Big Band du monde (si, si…) présentaient leur nouveau projet: «Changing Faces».
13 morceaux pour douze arrangeurs différents.
13 styles, 13 couleurs différentes et pourtant une osmose parfaite.
Ce qui est fascinant avec ce projet, c’est d’entendre le BJO sonner comme s’il s’agissait d’une petite formation (dans le sens quartet ou quintet).
Linx, mais aussi Mario Laginha, Michel Herr, Stephane Guillaume et tous les autres arrangeurs, ont eu la belle idée et l’intelligence d’utiliser le band de manière très ouverte. Et ces multiples écritures démontrent le talent incontestable de tous ces musiciens.

Une attaque franche, un suivi en ostinato au piano (Nathalie Loriers) et voilà «Deep Night» sur les rails. Les sons tombent en cascade: les trompettes, les trombones et puis les saxes. Brillant.
Et ce n’est qu’un début.
«Black Crow», de Joni Mitchell et arrangé par Michel Herr, impose une fausse douceur, mais une vraie tendresse. Pas de faux-semblants ici. Pas de triche.
La musique n’en est que plus véritable.

02
Philip Catherine viendra nous faire une visite sur quelques titres, histoire que la fête soit complète. Ici aussi, le dialogue est juste. Et vif.

Le BJO propose différentes palettes.
Un peu bossa avec «Bilhete», terriblement swinguant avec «Then We’ll Be Home», très «black» et cru avec «A Day’s Journey» ou encore explosif avec «The Land Of Joy».

Et à aucun moment, l’orchestre ne faiblit.
Les solistes y sont époustouflants (Bart Defoort, Kurt Van Herck, Lode Mertens, Franck Vaganée, Bo Van Der Werf et bien sûr Nathalie Loriers).

Et David Linx ?
Il est au sommet de son art. Il est heureux, léger, parfait.

Haaa… vous auriez du être là !

A suivre…

A+