14/06/2009

Name Dropping à Jazz à Liège

Mais oui, bien sûr, j’étais à Jazz à Liège.

Le vendredi soir, je ne pars pas aussi tôt que prévu du boulot.
Alors, je fonce sur l’autoroute car j’ai rendez-vous avec Baptiste Trotignon.
Forcément, j’arrive en retard.
J’assiste au sound-check, je discute un peu avec Franck Agulhon et j’interviewerai Baptiste après son concert.
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En attendant, direction la grande salle des fêtes du Palais des Congrès.
China Moses.
La fille de Dee Dee Bridgewater. Et ça se voit.
Showwoman en diable ! Elle parle, elle rigole, elle danse et… elle chante super bien !
Elle reprend les «tubes» de Dinah Washington en accentuant le côté canaille de la grande dame du jazz! On est sous le charme.
À revoir sans hésiter au Gent Jazz Festival cet été, par exemple.


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Retour pour le concert de Trotignon.
Osmose. Complicité. Energie.
La musique circule entre les trois musiciens avec beaucoup d’inspiration.
Il y a de la surprise et il y a du plaisir. Il y a du jazz quoi.

Dans le grand hall, je croise Thomas Champagne. Malheureusement, je ne pourrai pas voir son concert puisque j’interview Trotignon (bon, vous suivez, ou quoi ?).
Je rate également le concert d’Olivier Hutman.
Je le croise au bas d’un escalier. On se donne rendez-vous au Théâtre Marni le 22. (Malheureusement, je n’aurai pas l’occasion de m’y rendre. Rendez-vous manqué.)

Je discute avec Jean-Pol Schroeder, Yves Budin, Philippe Schoenbrood, Robert Jeanne… les habitués du festival.

J’échange quelques mots avec Joachim Kühn. Avez-vous écouté l’intense «Live At Schloss Elmau» avec cet autre pianiste fabuleux: Michael Wollny ?
J’aimerais bien discuter un jour plus longuement avec Kühn…


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Et puis, je vais voir le concert de Diederik Wissels.
Excellente idée du pianiste que d’avoir ajouté quelques samples de percus: cela donne une couleur différente et une belle ouverture à sa musique.
Très belle surprise.

Je passe dans la grande salle où, DJ Grazzhoppa et son DJ Big Band offrent un spectacle étonnant.
Oui, les DJ’s, employés comme ici, sont des musiciens!
11 DJ’s, trois soufflants et deux chanteuses, autant dire que ça bouge.


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Plus tard, au bar, je discute avec Laurent Blondiau puis, plus longuement, avec Nicolas Kummert qui faisaient partie tous deux du DJ Big Band. Ils me confirment ce que je pensais: il y a beaucoup d’interactivité entre eux et les DJ’s.

Un peu plus loin, je parle avec Barbara Wiernik à propos de son dernier album «Soul Of Butterflies», que je vous conseille vivement. Même si je n’adhère pas à tout, il y a des véritables perles sur cet album comme «Drops Can Fly», «Brown Little Girl» et surtout… «Army Dreamers» (reprise de Kate Bush) absolument magique !
On en reparlera.

Et je termine la nuit sur la péniche avec Diederik Wissels, Jan De Haas et Steve Houben


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Le lendemain.
Natacha Wuyts est sur la scène de la petite salle des 200.
Un son très approximatif gâche le plaisir. On entend fortement le claquement de la contrebasse de Boris Schmidt (excellent, au demeurant) mais quasi rien de la guitare de Manu Bonetti.
Ça gâche vraiment le plaisir.
Dommage, car Natacha à une belle présence sur scène et défend avec un bel enthousiasme de beaux standards de jazz.
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Alors, je vais écouter le nouveau projet de Jean-Philppe Collard-Neven et Jean-Louis Rassinfosse.
Et là… C’est somptueux !
Fabrice Alleman aux sax(s) et le très coloriste Xavier Desandre-Navarre aux percussions s’y sont ajoutés. Le résultat est merveilleux de délicatesse, de musicalité, d’échanges et d’inventivité. Les compos et les interprétations sont magnifiques.
Du grand art.

Pas de temps à perdre ensuite, je vais voir Steve Grossman.
Ici, l’effet est inverse: grosse déception.
Rien de neuf à se mettre sous la dent. On dirait un gros bœuf entre excellents musiciens (dont les fantastiques Valerio Pontrandolfo (ts) ou Alain Jean-Marie (p) ).
Mais c’est un peu court face à une si grande attente.


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Alors, je retourne écouter Trio Grande.
Je ne pensais que passer et finalement… je suis resté scotché !
Ce groupe est déjanté et cette musique qui semble aller dans tous les sens  - mais qui est jouée avec une rigueur incomparable – me surprend toujours.
Magique.

Magique aussi le «Just Jazz» d’Aldo Romano.
D’un côté, une énergie débordante et un groove soutenu, de l’autre, un mélange improbable de tradition et de modernité. Et les «modernes» ne sont pas nécessairement ceux que l’on pense. Henri Texier et Aldo Romano sont explosifs tandis que Géraldine Laurent apporte un son ample et sinueux. Quant à Lauro Negri (que j’avais vu en compagnie d’Enrico Rava, il y a quelques années en Italie) amène cette touche de fraîcheur toute italienne. Fabuleux concert.


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Je discute un peu avec Henri Texier qui me raconte ses intéressants projets (comme «Prevert Blues» où il mêle poème et jazz). Texier sera de retour en Belgique – au Brosella – avec son groupe.
À ne rater sous aucun prétexte !

En allant vers la grande salle pour écouter Dave Holland, je discute avec Michel Massot, Michel Debrulle, Matthew Bourne et Laurent Dehors. Intéressant d’entre leur façon de concevoir le jazz et la musique en général. C’est rafraîchissant.


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Final avec Dave Holland, donc.
Comment expliquer le fait qu’il y a le très bon jazz et le très très bon jazz ?
Ce quartette n’est pas venu à Liège pour faire de la figuration.
Chris Potter est démentiel. Il va au charbon, le gaillard! (il y va tellement qu’il surprend même son leader.) Et puis, il y a Nate Smith… et Steve Nelson !!!
Grandiose ! La tête d’affiche n’a pas déçu.

Et me voilà à nouveau a bar (hé oui).
Avec Jean-Louis Rassinfosse et Fabrice Alleman, d’abord.
Et puis j’ai une longue et très intéressante discussion avec Jean-Philippe Collard-Neven et Xavier Desandre-Navarre à propos de Messiaen.
Pas sûr d’avoir saisi toutes les subtilités, mais je me dis que de participer à une conversation entre Jean-Phillippe et Bo Van Der Werf (passionné, lui aussi, par l’écriture de Messiaen) pourrait être passionnant.

Et je discute avec Nicola Lancerotti, David Devrieze, Jordi Grognard, Tuur Florizoone et d'autres encore...
Puis avec Jean-Pierre Bissot qui va nous proposer un beau Gaume Jazz ou encore avec Jean-Claude Laloux à propos de la terrible affiche du Dinant Jazz Nights.
L’été sera chaud !

Pas toujours facile le Jazz à Liège (concerts simultanés, va et viens, etc…) mais il y règne toujours une belle ambiance et il y avait du beau monde sur scène… et dans les couloirs.
Qu’est ce que ce sera l’année prochaine pour ses 20 ans ?

A+

PS : Rassurez-vous, un «papier» moins «people» est prévu sur Citizen Jazz.

02/01/2008

Des chroniques sur Citizen Jazz

Débutons l’année avec trois chroniques de CD’s pour Citizen Jazz !
Trois ?
Oui... et trois excellents disques !
deedee
D’adord, celui de Dee Dee Bridgewater.
C’est vrai, je n’ai pas toujours été tendre avec elle. Mais son album « Red Earth » est en tous points magnifique. Vraiment.
Et j’attends impatiemment un concert avec cette formule-là.

diederik
Puis, l’album de Diederik Wissel.
Album solo d’une sincérité merveilleuse.
On y retrouve toute la sensibilité du pianiste. Toute sa pudeur impudique.
J’ai encore eu l’occasion de discuter avec lui dernièrement et… c’est incroyable comme sa musique lui ressemble.

neven
Et finalement, le second «mouvement» de ce superbe duo que sont Jean-Louis Rassinfosse et Jean-Philippe Collard-Neven.
Des musiciens qui établissent des ponts entre différents univers et différents mondes.
Un peu comme Dee Dee ou Diederik.
Des gens comme on aimerait en rencontrer plus souvent.

Dépêchez-vous d’aller écouter ces perles… car j’en ai encore quelques-unes en réserve.

A+

06/10/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 4 -

Samedi dernier, toujours à Dinant, avait lieu la remise des Django d’Or.
Pas bête, l’idée d’Ilan Oz d’intégrer cette cérémonie à un festival (l’année prochaine, ce sera au Blue Note Records Festival).

C’est le trio de Philip Catherine qui était invité à soutenir le protocole. C’était l’occasion de revoir avec plaisir, Mimi Verderame à la batterie, mais aussi Philippe Aerts à la contrebasse. Ce dernier me confirmera qu’il fera la tournée européenne de Richard Galliano, mais qu’il devra renoncer, la mort dans l’âme, la tournée mexicaine…

3 morceaux («Letter From My Mother», «They Say It’s Wonderful» (d’Erving Berlin) et «The Postman»), avant d’accueillir le gagnant du Django 2007, catégorie «jeune talent»: Pascal Mohy.
Il «disputait» le titre avec Robin Verheyen. Autant dire qu’il ne devait pas être facile de les départager…

Pascal Mohy jouera 2 morceaux avec le trio de Philip Catherine: une très jolie compo personnelle («Jojo») et «Broken Wings» de Richie Beirach.

La «Muse» de la Sabam fut décernée à Marc Van Den Hoof, figure incontournable du jazz à la radio flamande.

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Et puis, le Django D’or fut remis à Pierre Van Dormael. Surpris et heureux.
Les autres «nominés» étaient Sal La Rocca et Ivan Paduart.

Van Dormael jouera également avec le trio: «Nuage», «All The Things You Are» et «Eternel désir».

J’échange quelques mots avec Pascal Mohy, Pierre Van Dormael et puis  Philip Catherine qui prépare actuellement un album solo… avec deux guitares.
Humm, hummm… A suivre…


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Vers 18h, dans la grande salle, Elisabeth Kontomanou entre sur scène dans une superbe robe blanche de mariée. («Ce soir, je me marie avec vous…» dit-elle, avant de poursuivre dans un large sourire «…et demain ce sera avec d’autres».)

La voix est captivante.
Ce grain, cette profondeur, cette clarté… C’est hypnotisant.

Sur «I Gotta Right To Sing The Blues», elle dialogue magnifiquement avec la contrebasse de Thomas Bramerie ainsi qu’avec la batterie de Donald Kontomanou.
Puis, sur «Waiting For The Sun», c’est Manu Codjia qui électrise le thème.
Codjia est décidemment un guitariste exceptionnel. Dans son jeu, ce soir, on y retrouve du blues, de la soul ou encore du R&B. Chacune de ses interventions est d’une justesse et d’une créativité formidables.
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Dans la voix de Kontomanou, il y a l’histoire de sa vie. Et entre les morceaux extraits de son dernier album «Back To My Groove» (le plus personnel jusqu’à présent car elle en a écrit toutes les paroles…et beaucoup sont autobiographiques), elle doit presque reprendre ses esprits.
Elle vit tellement ses chansons qu’on la sent parfois K.O. debout.

Et son chant!
Elle joue avec les cassures de sa voix comme avec les cassures de sa vie.

«Where I'm Coming From» (en recherche d’identité et de son père qu’elle n’a jamais connu), «The Abuse» (une course effrénée à la «Blue Rondo A La Turk» à propos des femmes violentées), «Summer» (au rythme obsédant) et «Back To My Groove» (entre blues et gospel), sont tous des morceaux d’une profondeur et sincérité évidente.

Après le concert, je bavarde avec Manu Codjia. A propos de son premier disque en leader («Songlines» avec Daniel Humair et François Moutin) et de ses projets avec son trio, qui ne sera pas celui de l’album.

Puis, je discute avec Elisabeth Kontomanou.
Elle est belle et resplendissante.
On sent dans ses propos, dans son regard, dans son sourire un bonheur certain. Aucune haine ou rancune par rapport aux difficiles épreuves de sa vie. Tout est tourné en positif.
Elle me raconte ses débuts, son parcours, son dernier album.
Belle leçon de vie et de caractère.

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Vers 21 heures, Gonzalo Rubalcaba est seul au piano devant une salle pratiquement comble.

Le toucher est souple et tendu à la fois.
Le pianiste fait le vide autour de lui. Il accapare l’attention du public comme rarement.
La technique est éblouissante, mais reste toujours au service d’une mélodie limpide.
Rien n’est simple, rien n’est complexe, tout est évident.
Chaque accord a une signification. Et l’on entre dans son récit sans peine.

On le sent influencé par Tatum, par le rag, le stride et la musique cubaine bien sûr. Et tout ça est exposé avec sensibilité, tendresse, force ou humour. Les phrases courtes sont soutenues par une main gauche qui fait déferler les notes par vagues…
Absolument brillant !

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Pour finir cette longue journée: «Follow The Songlines».
Contrairement au concert de Flagey, pas d’orchestre symphonique ici. C’est pourtant un projet conçu pour cela, et d’ailleurs, l’enregistrement du futur CD se fera de cette manière… au Portugal, sans doute.

Sans cordes, le groupe a quand même très fière allure !
Et comment !
Rythme, fluidité du propos, échanges lumineux entre les pianistes (Mario Laginha aux Rhodes et Diederik Wissels au piano ou inversement), complicité entre les chanteurs (David Linx et Maria Joao), soutien impeccable de Christophe Wallemme à la contrebasse et de Stéphane Huchard à la batterie.

Après un départ tonitruant, on a droit à un superbe moment de sensibilité avec «Parrots and Lions».
Minutes d’une extrême volupté et de légèreté.
On est en apesanteur. On flotte très haut.
On est simplement retenu à la terre par les fines notes du piano.
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Le voyage continue et les vocalistes s’amusent, s’accompagnent, s’encouragent l’un l’autre…
Et comme ils sont tous deux très expressifs, le spectacle n’en est que plus étonnant.

Après le concert, je passe encore un bon moment au bar à discuter avec les musiciens, les photographes (Jos Knaepen, mais aussi Guy Le Querrec) ainsi que les organisateurs de ce très agréable et vraiment très sympathique festival…

En rentrant sur Bruxelles, sur une autoroute déserte, j’écoute «OverOceans» de Mathilde Renault que j’ai rencontré quelques heures auparavant.
Troublant et délicieux voyage…

Une journée de bonheur, quoi...

A+

22/06/2007

Follow The Songlines - Flagey

A l’occasion de la journée mondiale du réfugié, David Linx avait été invité avec le Vlaams Radio Orkest à créer une œuvre originale mêlant jazz et musique classique.

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S’inspirant des sons et des rythmes utilisés par les Aborigènes pour retrouver leur chemin dans le Bush, David avait réuni à son tour son fidèle ami Diederik Wissels, mais aussi la fabuleuse chanteuse portugaise Maria Joao et son compagnon Mario Laginha pour l’aider à composer cette œuvre conséquente.

A Flagey, la salle est bien garnie.
Sur la scène, l’imposant VRO, dirigé par Dirk Brossé, s’accorde.
A l’avant-plan, en bas à gauche, le combo jazz s’installe: David et Maria Joao, au micro bien sûr, et Diederik en alternance avec Mario au piano. Et puis aussi, Christophe Wallemme à la contrebasse et Helge Norbakken à la batterie.

Lors des deux premiers morceaux, aux rythmes tendus, je suis étonné par la puissance de l’orchestre.
Tellement puissant qu’il étouffe les voix des deux chanteurs.
Equilibre étrange aussi en ce qui concerne le son du piano. J’ai l’impression (et je ne suis pas le seul) qu’il joue en coulisse.
Ce n’est pas la première fois que j’ai cette sensation à Flagey. Ça gâche un peu le plaisir.

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Heureusement, par la suite, quand l’orchestre se fera plus léger et plus discret (comme dans le deuxième set sur un morceau tout en pizzicato), on profitera mieux de l’extraordinaire voix de Maria Joao.

Elle ne chante pas, elle fait bien plus.
Elle joue, elle raconte en chanson et en mime des histoires de voyages et de gens. Des histoires emplies de rires et de rage.
C’est éblouissant, prenant, émouvant.
David Linx, visiblement heureux d’être là, semble être le miroir vocal de la chanteuse.
Sans jamais forcer, ils s’échangent les scats et les vocalises.

Ensuite, le VRO joue seul un morceau qui me rappelle un peu Sibelius ou certains compositeurs russes. Les chanteurs s’intègrent alors avec subtilité dans cette symphonie d’une extrême élégance.
C’est une introduction idéale à une relecture lumineuse de «Parrots And Lions».
Moment sublime.
Le premier set se clôturera sur une note optimiste avec un furieux et éclatant «Land Of Joy».

A la reprise, après un morceau lancinant au tempo lent, David s’adresse au public, nous rappelant qu’il s’agit d’une célébration.
D’une fête.
Qu’il faut y trouver la joie et l’espoir. Mais ne pas oublier non plus les réfugiés qui cherchent leurs voies dans un monde souvent rude.
Ne pas oublier Sémira Adamu par exemple… Ce que le public semble avoir fait.
A moins qu’il n’ait pas compris, car une fois de plus, l’acoustique n’était pas des plus optimale. Un comble pour cette salle réputée pour ces qualités-là justement…

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La musique reprend sa place. Diederik et Mario partagent le clavier sur «I Will Build Myself A Nation».
Christophe Wallemme paraît un peu perdu face à la forêt de violoncelles et contrebasses de l’orchestre.
Helge Norbakken continue à montrer une belle aisance rythmique. Il joue la plupart du temps avec de grands balais (on dirait des brosses larges) qui donnent un son ample et profond à la batterie.

Standing ovation et rappel.
David et les jazzmen auraient bien joué un morceau supplémentaire, mais Dirk Brossé avait apparemment un autre avis.

Aura-t-on un jour l’occasion de réentendre ce projet, sur scène ou sur disque? Mystère.

En tout cas, ce qu’on aimerait ne plus voir ni entendre, ce sont ces chiffres nauséeux de 24 millions de réfugiés dans le monde…

A+

14/05/2007

Diederik Wissels à Flagey

Le week-end dernier, après le festival de jazz à Liège, je m’étais promis: «Cette semaine, pas de concert!».
Un peu comme je dis chaque matin: «Ce soir, tôt au lit.»

Autant dire que c’est le genre de promesse que je n’arrive jamais à tenir.
Et jeudi dernier, j’ai craqué.
Une invitation et hop, je me suis retrouvé à Flagey pour le concert solo de Diederik Wissels.
Résister? Impossible!
Bien sûr j’avais vu dernièrement Diederik à Strombeek. Mais c’était juste avant la sortie de son disque Together (piano Solo).

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J’ai remarqué une chose ce soir, c’est que le jeu du pianiste se dirige toujours vers la lumière.
Comment dire?
Oui, voilà: les moments les plus intimistes, les plus mélancoliques, les plus sombres se terminent souvent de manières très positives, très ouvertes.

Cela se remarquait aussi ce soir dans l’éclairage très restreint du début qui se terminait de façon plus intense.

Après avoir entamé la soirée avec un thème très intime et romantique, Wissels fait gronder le piano.
On imagine la tempête qui fait claquer les vagues contre les rochers. Il frappe le clavier à la manière, peut-être, d’un Keith Jarrett, faisant résonner autant les cordes que les silences.
Diederik construit, détruit, improvise et nous emmène finalement dans une ballade groovy…
Etais-ce «Bridges Built And Burnt»?
Je le pense.

Ensuite, avec une version éblouissante de «Afterthough», Diederik nous fait oublier ce maudit grincement de pédale de piano, seule (grosse) faute de mauvais goût ce soir.
Grand prince, le pianiste feindra de ne jamais l’entendre.

Les escapades joyeuses alternent avec des moments plus sobres. La main droite s’envole plus d’une fois dans des combinaisons d’une légèreté incomparable.

La main gauche n’est pas en reste. Sur «Braggtown Boogie», qui est un peu le cousin de «Raggin‘» sur l’album «One Heart, Three Voices» avec David Linx, on la retrouve martelant un ostinato soutenu et profond.

Le musicien explore différents aspects du jazz, en titillant le «stride», en caressant le «blues» et en excellant dans les valses.

Avant les deux rappels bien mérités, on aura droit à une version sensible de «Along Goes Betty», à moins que ce n’était «Song Of You»?

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Diederik semble tellement à l’aise et heureux, seul derrière son piano, que je suis prêt à parier qu’il renouvellera l’expérience encore et encore… et qu’un autre disque en solo – plus tard - n’est pas à exclure.
Ok, c’est vrai que je ne prends pas trop de risques à oser ce pari, puisque l’info me vient directement de Diederik.
Mais ne soyons pas trop pressé, et profitons «together» encore de ces très beaux moments.

A+

23:29 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diederik wissels, flagey |  Facebook |

06/03/2007

Diederik Wissels Solo - CC Strombeek

Vous connaissez Strombeek ?
Moi, pas trop.
Ce vendredi soir c’était peut-être la deuxième fois de ma vie que j’y mettais les pieds (pourtant, ce n’est pas bien loin de chez moi).

Ce soir, c’est parce qu’il y avait le concert de Diederik Wissels en solo au Cultuurcentrum .
Je ne pouvais pas manquer ça.

Diederick m’avait déjà parlé de ce projet, de cette envie de jouer seul, lors d’une interview que j’avais faite avec lui.
Ce soir, après le concert, il m’a confirmé que l’album était enregistré et qu’il devrait sortir bientôt chez Nocturne.
Encore un tout petit peu de patience…

diederick_solo

On avait disposé sur la scène même, des chaises, des petites tables basses et des bougies qui entouraient le piano.
Histoire de créer une ambiance intime.
Par hasard, je me suis retrouvé juste à côté de Bart Quartier, venu écouté son ancien prof de composition…

Mais déjà le pianiste entre sur scène.

Diederiek commence par un morceau très intimiste qui évolue doucement vers une sorte de valse lente et lumineuse.
Puis il propose un morceau entre «stride» et romantisme. Les notes claques sèchement avant de laisser la place à de belles ondulations qui permettent à la main droite de s’envoler très loin, très haut.
Wissels joue avec beaucoup d’ampleur, il voyage et navigue sur tout le clavier.
Il explore aussi beaucoup d’univers différents, ne s’attardant que très peu sur les thèmes. Une fois exposés, il ne les dilue pas de bavardages superflus. Pas de virtuosité inutile, pas de cabotinage, mais la recherche de la mélodie et de la narration simple… Et donc efficace.
Et donc touchante.

On a droit, par exemple, à un blues extrêmement poignant où la main gauche enfonce gravement les notes alors que la main droite chante littéralement.
On se croirait dans les champs de coton.
Puis, Diederik passe sur une interprétation de «Song Of You» des plus dépouillées.
Revient avec un morceau plus rageur
Il nous attire ensuite dans une sorte de marche funèbre obsédante comme du Steve Reich et mélancolique comme du Satie.
Il contraste ensuite avec un thème qui penche du côté du boogie, enchaîne ensuite avec un morceau de Steve Swallow ou encore avec «Rachid» de Michel Petrucciani

Bref, ce fut un beau et long voyage qui ne fut jamais monotone, mais au contraire toujours captivant.

Après le concert, je discute avec Bart et Diederick ainsi qu’avec un jeune et talentueux pianiste anglais, Dan Whieldon , que l’on voit souvent «traîner» dans les clubs bruxellois et dont je vous recommande le disque en trio «Live at Zeffirellis».


Même si il est déjà tard, je fais un crochet par le Sounds en espérant écouter encore un peu du concert du pianiste Martin de Marneffe et Stéphane Mercier(s)… mais je n’entendrai que le dernier morceau (de Miles, me semble-t-il) malheureusement.
Ce sera pour une prochaine fois…

Je discute quand même avec Stéphane, David Devrieze(tb) et François Descamps(g) à propos du «Jazz Station Big Band», dont on dit le plus grand bien et que je n’ai pas encore eu l’occasion d’entendre (mais ça ne saurait plus tarder…).

Puis je prends un intéressant petit cours d’histoire du blues avec Marc Lelangue.

Mais il est plus que tard, il faut rentrer…

A+

01:02 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dan whieldon, solo, diederik wissels |  Facebook |