07/04/2018

Sarah Lancman & Giovanni Mirabassi au Music Village

Tout a commencé par un coup de foudre.

En écoutant les premières notes du disque A Contretemps de Sarah Lancman, que je ne connaissais pas, j’ai tout arrêté pour mieux écouter. J’entendais chez cette chanteuse quelque chose de – si pas différent – en tout cas très personnel. J’entendais un grain, une respiration, un rire, un rythme… une voix.

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Vendredi 30 mars, Sarah Lancman était au Music Village avec le non moins exceptionnel pianiste italien Giovanni Mirabassi, l’étonnant trompettiste japonais Toku et notre excellent contrebassiste belge Janos Bruneel.

Je n’avais pas encore mis les pieds au club de la Rue des Pierres depuis les récentes transformations. L’espace s’est agrandit et la vue sur la scène est plus aisée. Pour le reste, rien n’a changé, l’ambiance y est toujours aussi sobre, chic et cosy. L’écrin parfait pour le jazz que propose la chanteuse parisienne.

Restés à l’écart, dans le fond du club, Sarah Lancman et Toku laissent d’abord le pianiste et le contrebassiste improviser en duo sur «All The Things You Are». S’ils jouent ensemble pour la première fois, la complicité opère pourtant immédiatement.

Après cette délicieuse mise en bouche, Sarah Lancman, rejoint les musiciens en toute décontraction et avec un large sourire. Elle envoie aussitôt le vif et swinguant «Don’t Lose Me», dans un débit impressionnant de clarté, avant de continuer avec le tendre «Ça n’a plus d’importance».

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Il y a, dans l’écriture et la musique de Sarah Lancman, cet esprit jazz à la Michel Legrand dans les films de Jacques Demy. Il y a cette façon, à la fois légère et émouvante, de raconter des histoires d’amours qui pourraient sembler banales si elles ne prenaient pas autant de consistance. La chanteuse (et donc auteure) démontre ainsi, sans avoir l’air d’y toucher, que l’on peut vraiment faire swinguer la langue française et faire rebondir les mots avec élégance lorsqu’ils sont si délicatement choisis pour leur sens et leur sonorité. Tout cela se fait sans maniérisme et sans forcer. Un peu comme le faisait avec brio Claude Nougaro, par exemple.

La voix feutrée et veloutée, et pourtant pleine de clarté, est idéale pour cette poésie swinguante, et le choix de Toku, trompettiste et chanteur (que j’avais eu l’occasion de voir au Sounds avec Philip Catherine et Bart De Nolf, il y a plus de dix ans) est parfait. Celui-ci ajoute un soupçon de blues mélancolique, une pointe de sensualité et scelle une véritable connivence avec la chanteuse sur «I Want Your Love», riant et gentiment coquin.

Au piano, Giovanni Mirabassi enchaîne les suites d'accords avec maestria pour en faire des bouquets mélodiques d’une incroyable brillance, tandis que Janos Bruneel assure la cohésion d’ensemble avec beaucoup d'aplomb (il n’y a pas de batteur ce soir), prenant même plus d’une fois de très jolis solos improvisés. Il faut dire que ces chansons vraiment jazz (Mirabassi y est pour beaucoup dans l’écriture) permettent réellement aux solistes de prendre toutes les libertés. Personne ne se fait prier, chacun en profite et échange avec bonheur.

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Avec charisme et aisance Sarah Lancman présente ensuite le frissonnant «A Contretemps», puis «Tout Bas», avant de s’installer, seule au piano, pour un bel exercice de style qui n’aurait pas déplu à Gainsbourg : «Conjugaison amoureuse».

«Fly Me To The Moon», en trio trompette, basse, piano, ouvre le second set avant que Sarah Lancman et Toku ne rivalisent de scats, aussi vertigineux que joyeux, sur «Love Me Just Your Way». Mirabassi, extraordinaire de fermeté et de délicatesse, s’en donne à cœur joie. Il relance sans cesse, emmène le quartette sur des chemins pas trop balisés, puis revient chercher tout le monde. Pur plaisir.

C’est ensuite le blues lumineux «Wrong Or Right», puis le sautillant «Choro des amants éternels» et, finalement, le délicat «On s’est aimé», en français et… en japonais.

Pour prolonger le plaisir, on aura encore droit à «Body And Soul», ou encore «Inspiring Love» et, en rappel, «Autumn Leaves», en anglais pour Toku et en français pour Sarah. La classe.

L’album m’avait séduit et le concert n’a fait que renforcer tout le bien que j’en pensais.

Sarah Lancman est ne artiste à découvrir, à suivre et à revoir, espérons-le, au plus vite sur nos scènes.

 

 

A+

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04/04/2010

Makoto Kuriya au Sounds

Je ne connais pas Makoto Kuriya. Et apparemment, pas mal de gens sont dans mon cas. Résultat, au Sounds, ce mardi 23 mars, il y avait trois pelés et un tondu dans la salle (le tondu, c’était moi). Le plus étonnant, c’est qu’il y n’y avait même pas quelques compatriotes japonais en vue. Étrange, car si on cherche un peu, on se rend compte que Makoto Kuriya n’est pas vraiment le premier venu. Il a longtemps tourné avec Chuck Mangione aux States, à la fin des années ‘80, avant de rentrer au Japon où il a signé quelques gros succès populaires. Ensuite, on retrouve sa trace aux côtés de Curtis Fuller, Arthur Blythe, Daniel Humair et… de notre incontournable Toots !

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Pour accompagner le pianiste, Mimi Verderame à la batterie et Bart De Nolf à la contrebasse sont parfaits. Mimi est l’archétype même du batteur de bop ou hard bop. Brillant et nerveux. Et Bart possède ce jeu ferme et efficace. Ça tombe bien, car Makoto est plutôt du genre flamboyant, énergique et souvent puissant, dans la lignée d’un Erroll Garner.

Alors, le trio enchaîne avec vigueur «One Note Samba» et «Manteca». Les tempos sont souvent rapides et Kuriya swingue! Il plaque les accords avec force, balaie tout le clavier du revers de la main, fait gronder les graves. Mimi s’enflamme sur quelques solos explosifs. Bart fait courir ses doigts sur les cordes. Les absents ont eu tort.

Sur des compositions personnelles, Makoto Kuriya souligne un peu plus ses origines japonaises. Dans une ballade, on hume quelques parfums délicats à la Ryuichi Sakamoto, entre poésie, mélancolie et lyrisme. Mais on le sent aussi attiré par quelques rythmes afro-cubains dans certains arrangements.

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Toujours avec un bel aplomb, le groupe mélange compos originales et standards («Dolphin Dance» ou «Watermelon Man») Quoi, je ne vous ai pas dit ? Makoto Kuriya a également joué avec Herbie Hancock

Bref, ce soir, c’était un jazz traditionnel avec une légère touche d’exotisme, et c’était plutôt réussi.

A+

 

Japon et Europe? Un lien utile : l’association Jazz France Japon.

 

22/02/2010

Fabien Degryse Trio à la Jazz Station

Mercredi 3 février, Fabien Degryse était en trio à la Jazz Station. Il venait présenter le deuxième chapitre de «The HeArt Of The Acoustic Guitar».

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Dans le club, bien rempli comme souvent, je discute d’abord avec Bart De Nolf. Je n’étais pas allé écouter ses concerts avec Dré Pallemaerts et Andy Sheppard, dans le cadre des Jazzlab Series. 9 concerts! Et je n’ai pas eu l’occasion d’en voir un seul! Vous parlez d’une malchance! Pourtant, un projet comme celui-là, valait le coup d’être vu, non? Et ce n’était pas l’envie qui me manquait. De ce trio, je n’ai eu l’occasion que d’entendre quelques morceaux lors de leur passage chez Jef Neve, sur Klara. Et le peu que j’en ai entendu m’avait mis encore plus l’eau à la bouche.

Outre le phrasé incomparable de Sheppard sur ses compositions originales ou celles de Bart De Nolf (lui qui me dit pourtant ne pas être un « vrai » compositeur possède quand même un bien beau talent), on découvre aussi une approche originale et une envie de décomplexer la musique. Bart s’essaie, par exemple, au «scratch». Oui, oui, avec une platine comme un DJ. C’est en Thaïlande, lors d’une série de workshops qu’il donnait là-bas, qu’un(e) DJ lui a appris les principes. À l’invitation de Sheppard, il a intégré cette idée dans le trio.

Mais à propos, comment est-il né, ce trio? De manière très simple et très naturelle. Bart a rencontré Andy Sheppard au sein du groupe du pianiste français Jean-Marc Machado dans lequel ils jouaient tous deux. L’envie de jouer ensemble est née là. Plus tard, à Paris, Bart emmène Andy voir Dré Pallemamerts, qui joue au Duc Des Lombards. Le saxophoniste anglais annonce tout de go à Bart que c’est avec ce batteur qu’il faut former le trio. L’affaire est entendue, ne reste plus qu’à écrire des morceaux, à jouer et à tourner. Jazzlab Series saute sur l’occasion. Quatre ans après, le projet est devenu réalité. Un disque? Peut-être, mais pas tout de suite. (Sheppard va bientôt sortir un album en trio avec le batteur Sebastian Rochford (Polar Bear) et le contrebassiste Michel Benita.) Une nouvelle tournée? En France, Belgique et ailleurs? C’est plus probable. Et c’est tant mieux pour moi, je pourrai enfin refaire mon retard!

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Mais revenons au trio de Fabien Degryse.

Fabien n’est pas un guitariste de jazz tout à fait comme les autres. Ce qu’il aime, c’est le son de la guitare acoustique, celui qui vient de l’intérieur. Il cherche toujours cette résonance qu’il s’obstine à magnifier. Du coup, pas de plectre pour lui. Il veut sentir la vibration, le contact direct de ses doigts (et de ses ongles) sur les cordes d’acier. Et puis, dans ses mélodies, que ce soit dans leurs constructions ou dans la façon de les jouer, on sent toujours cette recherche, ce besoin de «nature» révélé par un côté folk prêt à jaillir. Et à écouter sa musique et à lire les titres des morceaux, on ne doute pas que Fabien se sente très impliqué à la cause environnementale («Painting The Planet», «Tears On A Leaf» ou «Some Scary Future!» en sont des exemples clairs.) Tout se tient.

Bien sûr, il y a le fumet du blues et du swing qui plane, englobé dans une intension assez moderne et actuelle. Fabien ne cache d’ailleurs pas son admiration pour Sylvain Luc, Nelson Veras ou encore le très peu connu (pour ma part en tout cas) Tommy Emmanuel. Parmi ces virtuoses, Fabien Degryse n’a pas à rougir. Il suffit de l’entendre en solo sur «Manzaka Mankoyi» aux accents très africains pour s’en convaincre. Et puis, que ce soit dans les ballades («Dream And Goals» ou le tendre et bluesy «The Mazy-k Place» en hommage au club N’8 Jazz) ou dans des thèmes nettement plus groovy («Alea» ou «The Funny Worm» par exemples) Degryse parvient toujours à phraser avec originalité et à surprendre. Jamais il ne semble à court d’idée et ne s’autorise aucun gimmick «attendu». Mais ce n’est pas pour cela qu’il va occulter le travail de ses acolytes: on parle ici d’un trio, un vrai. Sans apport d’un autre instrument harmonique, il faut que l’entente soit parfaite et que la musicalité de tous soit au rendez-vous. Bart De Nolf dialogue avec tendresse et finesse avec le guitariste. Sa contrebasse joue presque le rôle de seconde guitare. Bruno Castellucci, tempère autant qu’il dynamite certains morceaux. Le batteur est d’une rigueur métronométrique et d’une souplesse déconcertantes. On joue avec décontraction des morceaux finement ouvragés.

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Les trois musiciens sont d’une complicité à toute épreuve. Il n’y manque rien. Pourtant, sur l’album qui vient de sortir, Fabien a invité l’excellentissime John Ruocco à venir illuminer de sa clarinette quelques morceaux, ainsi qu’un jeune et prometteur accordéoniste Thibault Dille.

Avec ces deux hôtes, la musique de Fabien Degryse s’envisage sous un autre angle. Elle prend un autre relief. Toujours subtile et aussi délicate. De quoi apprécier le live d’une certaine manière et de continuer le voyage d'une autre avec le cd.

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Si vous voulez voir le trio, allez vous balader du côté de Alost, Ninove ou Denderleeuw pour le Jazz-Madd le dimanche 7 mars, vous aurez trois occasions d’entendre le trio en une seule journée… (infos ici…)

 

A+

 

10/02/2010

Gino Lattuca - Bad Influence

Avant de vous raconter le concert de Mélanie De Biasio à Flagey, de Christophe Astolfi au Sounds et de Fabien Degryse à la Jazz Station, voici un petit texte que j’ai eu plaisir à écrire pour le dernier album de Gino Lattuca: «Bad Influence», sorti chez Igloo.

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Toujours à la recherche du son juste, celui qui coule avec suavité et élégance, Gino Lattuca a attendu près de 18 ans avant de sortir un nouvel album en tant que leader («My Impression» date déjà de 1992). Ho, bien sûr, pendant tout ce temps, notre trompettiste n’est pas resté inactif, au contraire. Il est bien connu qu’au sein du BJO, on ne se repose pas. Alors, au rythme des rencontres et des nombreux projets, Gino en a profité pour travailler encore et toujours son instrument et confirmer ainsi qu’il était bien l’un des meilleurs trompettistes du royaume.

D’ailleurs, si Philip Catherine l’accompagne du début à la fin de ce disque - et pas qu’en simple invité sur l’un ou l’autre titre - c’est qu’il y de bonnes raisons. Et la qualité de jeu de Gino Lattuca n’y est sans doute pas étrangère. Tout au long de ce «Bad Influence», on décèle d’ailleurs un grand respect mutuel de la part de ces deux grands musiciens. Chacun laisse de l’espace à l’autre pour qu’il s’exprime en toute liberté. Tout est une question de dialogues subtils et généreux. Chaque mélodie en est magnifiée. Il suffit d’écouter comment le quartette se réapproprie certains standards pour comprendre combien cette alchimie est assez unique. Amoureux des ballades swinguantes, Gino Lattuca ne pouvait pas passer à côté d’un «Come Rain Or Come Shine» capricieux et  facétieux, «Along Came Betty» merveilleusement ensoleillé, ou «Theme For Ernie» tendrement sensuel. Chaque fois, la musique est lumineuse et limpide. Le jeu de Gino est précis, sensible et caressant. Toujours, il développe un son d’une extrême justesse et d’une grande finesse.

Soutenu par une rythmique qui se connaît bien - et qui le connaît bien (Bart De Nolf à la contrebasse et Mimi Verderame à la batterie) - l’ensemble est extrêmement soudé et attentif. Et Philip Catherine y est élégamment éblouissant. La virtuosité est toujours, ici, au service de la musique.

Gino Lattuca co-signe également deux titres avec Mimi Verderame («Bad Influence» et un «Espresso» bien serré) alors que Philippe Catherine lui offre un swinguant «Adriano» et Michel Herr un irrésistible «Last Minute Blues».

Il n’y a pas à dire, cet album est un véritable disque d’amis. Un vrai disque de jazz.

Mais alors, quelles sont ces «Bad Influences»? Celles de Freddie Hubbard, Harry James, Woody Shaw?  Celles des rencontres de la vie? Qu’importe, puisqu’elles donnent surtout de bonnes vibrations.

 

A+

 

 

13/04/2009

Radoni's Tribe - CD Release au Sound

Voilà plus d’un an, Paolo Radoni nous quittait.
Brutalement.

Paolo était guitariste mais aussi un superbe compositeur.
On s’en rend encore mieux compte à l’écoute de ce très bel album qui lui rend hommage: «Let Me Hear A Simple Song».

Radoni’s Tribe !
La belle idée.
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Cette tribu, dont les membres ont bien connu Paolo, s’est formée simplement, facilement, naturellement. Comme l’aurait aimé Paolo.

C’est Brigitte, son épouse, qui eut l’idée avec Paolo Loveri de réunir Gino Lattuca, Ben Sluijs, Charles Loos, Bart De Nolf, Alex Furnelle et Bruno Castellucci pour revisiter quelques unes des plus belles compositions du guitariste.
Dans cette tribu, on y retrouve aussi Chrystel Wautier, Christine Schaller, Frank Wuyts, Denis Van Hecke, Fanny Wuyts, Peter Hertmans et Philip Catherine… Excusez du peu…

La belle idée, c’est aussi d’avoir demandé à Michel Herr d’en faire les arrangements.
Le résultat est en tout point merveilleux et les mélodies en sont magnifiées.
Quel superbe travail.

Su ce disque, il y a beaucoup de ballades – mais quelles ballades ! – et peu de morceaux rapides («Touch Of Silver» et «My Li’l Angel»). Pourtant, l’album est très varié, car les thèmes et les mélodies sont riches.

Au Sounds, ce vendredi 3 avril, la troupe au grand complet présentait officiellement la sortie du disque.

Il y avait beaucoup de monde, bien sûr, et l’ambiance était chaude et amicale.
Pas trop de nostalgie mais plutôt une envie de faire la fête à Paolo. Sobrement.
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Plutôt que de vous faire le concert dans le détail, je préfère vous conseiller de vous procurer cet album au plus vite.
C’est un petit bijou, je vous dis.

Mes coups de cœur ?
«Let Me Hear A Simple Song» bien sûr, pour les superbes arrangements, pour la voix de Chrystel, pour les interventions de Gino.
Comment ne pourrais-je pas avoir la gorge serrée à l’écoute de ce morceau? Pas qu’il soit triste, au contraire, mais parce que je me souviens l’avoir entendu chanté par Chrystel pour la toute première fois au Sounds en compagnie de…Paolo lui-même.

«Levante», pour son aspect modal, pour cette mélodie mystérieuse et sensuelle. Pour le sax de Ben Sluijs (extraordinaire tout au long de l’album!).

«Chove sol» pour le duo de guitares ente Philip Catherine et Paolo Loveri.

«Cupid’s Wings» pour Charles Loos…

«Trapèze» pour cette ritournelle entre Loveri et Loos qui vous fait siffloter le reste de la journée.

«Milano Per Caso», pour son petit côté «Nino Rota», avec des arrangements décalés de Frank Wuyts…

Et puis, «Ballad For One» pour Peter Hertmans… et le jeu de Castellucci aux balais…

Et puis «Vento»…spectral.

Oh… et puis, tous les autres morceaux aussi…

A+

15/06/2008

4 for Chet - Au Pelzer à Liège

Le 13 mai  dernier, c’était le triste anniversaire de la mort de Chet Baker.
Le 31 mai, un hommage lui était rendu au Jacques Pelzer Jazz Club, à Liège.
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Quoi de plus normal que ce soit là?
Le Pelzer a pris place dans l’ancienne pharmacie que tenait le célèbre saxophoniste liégeois. Dans cette maison, Chet avait sa chambre réservée lors de ses nombreuses visites en Belgique. Et beaucoup se souviennent encore des interminables jams nocturnes qui se tenaient dans la cave.

Pour l’occasion, Jean-Pol Schroeder, infatigable cheville ouvrière de la Maison du Jazz à Liège, avait concocté un montage vidéo, fait de quelques films (parfois très rares) déniché dans ses archives.
La vie de Chet (du moins de ’58 à ’84) passe, non sans émotion, sur l’écran.

Mais l’hommage ne s’arrête pas là.

Greg Houben avait réuni pour l’occasion le guitariste Quentin Liégeois, le contrebassiste Bart De Nolf et Micheline Pelzer, fille de Jacques, qui fut témoin de cette grande époque puisqu’elle accompagna non seulement Chet, mais partagea aussi la vie de Michel Graillier, pianiste fidèle du trompettiste.
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C’était touchant d’échanger quelques mots avec Micheline (oh, vraiment quelques banalités…il faudrait que je fasse mieux la prochaine fois), surtout que je suis en train de lire actuellement «La longue nuit de Chet Baker» (de James Gavin, chez Denoël) où les témoignages de musiciens qui l’ont côtoyé ne manquent pas.
Évidemment, dans ce livre, on met un peu trop en «valeur» le côté sombre du beau gosse…
Soit.
Chet restera Chet.

Et le concert s’est déroulé dans une ambiance chaleureuse, sympathique et détendue.
«But Not For Me», «Daybreak», «Broken Wings» ou encore d’autres titres moins connus, comme «Maid In Mexico», se succèdent.
L’esprit du grand Chet est bien présent.
Ni imitation, ni relecture, mais une évocation sincère et personnelle.

Greg Houben au bugle ou au chant fait revivre le côté à la fois romantique et déchiré du trompettiste.
Quentin Liégeois souligne délicatement les mélodies chantantes, empreintes de mélancolie ou de sensualité.
La rythmique est sobre et subtile. Le son velouté de la contrebasse de Bart et le jeu amoureux, aux balais, de Micheline font merveille. Il faut dire que ces deux-là se connaissent bien aussi.

Steve Houben vient à son tour participer à cette fête de famille en quelque sorte.
Le plaisir des échanges musicaux entre le père et le fils est communicatif.
Le nombreux public (amis et fatalement connaisseurs) ne cache d'ailleurs pas son enthousiasme.

Après le concert, on profite du temps doux et du jardin aménagé en guinguette pour se remémorer le souvenir de Chet Baker et de ses amis liégeois.

A+

08/04/2008

E.M.T.B. au Sounds

E.M.T.B.
Ce sont les initiales des prénoms des musiciens.
Emi Oshima, chanteuse japonaise (pardon Cambodgienne) vivant à Paris; Michel Perez, excellent mais trop discret guitariste parisien; Tetsuro Kawashima, que l’on dit être un des meilleurs saxophonistes nippons (de passage en Europe pour quelques semaines) et finalement Bart De Nolf, notre contrebassiste national, qui semble être abonné aux musiciens du soleil levant en visites chez nous (il faut dire qu’il connaît très bien le Japon pour y avoir été de nombreuses fois ave Toots, notamment).
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L’ambiance de ce premier set est assez soft, assez classique et sobre.
Voire même un peu convenu.
Le quartette, formé pour quelques dates seulement (dont deux à Paris), joue surtout un répertoire de standards (Star Eyes, East of the Sun, Someday My Prince Will Come…)

Bart De Nolf et surtout Michel Perez tentent d’y mettre une véritable âme, mais le quartette manque un peu d’automatismes. On le sent encore en rodage.
Malgré une très belle technique (on décèle les influences d’un Stan Getz ou d’un Dexter Gordon peut-être ?) Tetsuro Kawashima reste assez sage dans ses interventions. Très respectueux de la grille: il prend peu de risques.
Chacun y va de son solo et ça manque un tout petit peu d’émotion.
C’est un peu pareil pour Emi Oshima.
Elle a un superbe grain de voix. On sent le souffle d’un chant qui vient de loin. Mais, rarement, elle prend le large ou ose s’éloigner d’un chemin tracé, même si ses scats prouvent qu’elle peut aller beaucoup plus loin.

La fraîcheur est amenée par le guitariste.
Son touché particulier est délicat et swinguant. Ses attaques sont franches et sans agressivité. Le jeu est léger, il donne envie de liberté, d’échappées, de balades. Sur l’une de ses compositions («JF», basée sur «Just Friends» dont on reconnaît les citations sur la fin) il donne du souffle, du corps, du rythme. Ça «jazze» enfin.
On s’emballe.
Du coup, sur «Blame It On My Youth» et malgré quelques placements approximatifs, Oshima semble plus assurée, moins timide. Tetsuro, lui aussi, ose un peu plus. Et on le sent tout à fait libéré sur une de ses compositions (dont le titre en japonais m’échappe totalement…)
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Au deuxième set, c’est flagrant.
Que se passe-t-il? On nous aurait changé notre saxophoniste?
Le voilà qui démarre en impro solo de manière beaucoup plus extravertie. Nettement plus assuré.
Et ensuite, le trio joue vraiment ensemble. Le niveau est monté d’un cran et l’on sent une véritable complicité s’installer entre eux.
On oublie un peu les partitions et... ça tape juste.
Même si Emi m’avouera après le concert avoir été un peu fatiguée au cours du deuxième set, son chant s’harmonise vraiment bien avec le trio. On joue plus détendu et «Get Out Of The Town» coule de source.
«Amour Toujours» (de Perez), chanté en français, sonne comme l’une des meilleures compositions de Michel Legrand des années ’60.
C’est très parisien, très fleuri, très joyeux.
Tetsuro est plus incisif, plus mordant, toute sa technique éclate. Il joue avec la colonne d’air, fait siffler l’anche, emballe le thème.
Oshima déroule avec facilité un «Célia» au débit rapide rappelant un peu Lambert, Hendricks & Ross.
Et du coup, en rappel, on aura droit à un «My Funny Valentine» en tempo rapide joué avec enthousiasme par le groupe.

Voilà un concert qui se termine bien mieux qu’il n’avait commencé. Et c’est tant mieux.
Deux sets assez différents.
Quant au troisième, il se déroule au bar, à discuter avec les musiciens et avec Daniel Min-Tung, initiateur du concert et «promoteur» des échanges franco-japonais.
Intéressant de comparer les différentes cultures (belges, françaises et japonaises) au travers du jazz.
À suivre…

A+

20/08/2007

Jazz Middelheim 2007 - Day 03 -

Toots a envie de jouer ce soir.
Ça se sent, ça se voit.

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Devant une salle pleine à craquer (ça déborde même), accompagné par Hans Van Oosterhout à la batterie, Bart De Nolf à la contrebasse et Bert van Den Brink au piano, Toots  enchaîne avec fougue et passion «Waltz For Sonny», «The Days of Wine and Roses» sur des tempos enlevés avant de poursuivre avec un magnifique mélange de «I Loves You Porgy» et de «Summertime»…

Superbe medley de ces deux titres déposés sur une rythmique qui rappelle «So What».
Sur l’ostinato, à la contrebasse, de Bart De Nolf , le pianiste intervient dans un solo lumineux.
Il redouble le tempo, échange des phrases avec Toots, en grande forme, et emmène finalement tout le monde vers «One Note Samba».
Du grand art.
Du bon jazz avec tout ce que cela implique de groove, d’impro, de swing et de plaisir.

Il n’y a aucun temps mort.
Hans imprime avec beaucoup de justesse des rythmes ondulants.
Toots invite Bart De Nolf à prendre un solo. Merveilleux.
Bart est un discret mais précieux contrebassiste à la sensibilité et à la rythmique sûres.
Son intervention est d’une finesse mélodique rare.

Toots s’adresse au public (enfin! serait-on tenté de dire) pour raconter, avec son humour habituel, comment il a rencontré Lee Konitz avant d’inviter ce dernier à le rejoindre sur scène.

Konitz me semble un peu plus à son aise avec cette petite formation qu’avec le BJO.
Avec Toots, il entame un court dialogue qui les lance sur «Body And Soul».
Puis, ils improvisent ensemble sur «Cherokee» qui se termine de façon un peu confuse peut-être…
Avant que l’invité ne quitte la scène, ils joueront encore «Giant Step».
Morceau que joue chaque jour Toots pour… «pratiquer».

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L’harmoniciste est heureux.
C’est évident.
Alors il nous offre une version sensible de «For My Lady» avant de déclencher l’hystérie dans le public avec les premières notes de «Bluesette».
Sans cabotinage excessif, Toots fut simplement magnifique ce soir.

En rappel, il jouera une version très émouvante de «What A Wonderful World» en hommage à celui qui lui a donné le virus du jazz: Louis Armstrong.

Le public en redemande encore, mais le quartet viendra simplement saluer une salle debout.
On n’en voudra pas à Toots, ce soir il n’en a pas fait trop, mais il l’a fait de manière exceptionnelle.

A+

05/07/2007

Klinkende Munt - Akli D et Chemins Croisés

Petite balade au Klinkende Munt hier soir.
Direction Place du Marché aux Grains où se produit sous la tente Akli D, chanteur kabyle qui vit à Paris.
Résultat, une musique traditionnelle dans laquelle on retrouve des influences de valse, de blues, un peu de folk etc..

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Avec son banjo, qu’il utilise un peu comme un oud, Akli chante l’exil, les sans-papiers, les guerres etc…
Entre rire et gravité, les textes sont souvent enveloppés de musiques dansantes qui hésitent entre le bal à la française et le chaâbi.
Il faut dire que derrière, derbouka, quanoun, batterie et basse électrique ne font rien pour baisser la tension.

Intéressante découverte. Faudrait que j’en parle à Mouloud ;-) .

Je quitte les effluves des petits échoppes qui entourent la place pour me rendre à la Salle Dorée du Beurs où Nathalie Loriers présente ses Chemins Croisés.

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Concert debout, salle comble.

J’ai souvent entendu les concerts de ce groupe (au Blue Note, à Charleroi, au Music Village etc…), et je dois dire que ce soir était pour moi l’un des meilleurs.
Acoustique et son impeccable (bravo Michel Andina), groupe soudé, plaisir sur scène, public enthousiate… tout était réuni.

Je remarque une fois de plus combien ce mélange subtil des différentes musiques fonctionne à merveille : la tradition orientale du oud de Karim Baggili, la douce folie presque free de Gianluigi Trovesi et les inflexions jazz de Nathalie Loriers.
Ajoutez à cela un Jan De Haas en pleine forme à la batterie et Bart De Nolf incisif et profond à la contrebasse et le bonheur est parfait.
L’agencement des thèmes est aussi bien pensé.
Entrée fracassante avec « L’auberge des femmes », pour suivre avec le délicat « A pas feutrés ».
Et puis, tout s’enchaîne à merveille.
La rage et la retenue de « Kalila et Dimna », la tendresse du « Voyageur et son ombre », la mélancolie de « L’arbre pleure » (superbe duo piano-oud), la nervosité de « Mister Lee », la retenue de « Zaïak » (superbe échange entre Karim et Bart) et le joyeux « Jour de fête ».

Voilà comment on réussit un beau concert.

A+

02/07/2007

Toku, Bart De Nolf et Philip Catherine au Sounds

Toku est une véritable star dans son pays, le Japon.
Toku est un trompettiste qui aimerait bien se balader un peu en Europe.
Toku est fan de Chet Baker.

Comme Chet Baker, il joue du bugle. Comme Chet Baker, il chante. Comme Chet Baker, il est beau gosse.
Entendons-nous, il ne joue pas comme Chet Baker et ne chante pas comme lui non plus.
Personnellement, je lui trouve quelques intonations à la Kurt Elling, ce qui n’est pas mal du tout, vous en conviendrez.

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Pour les deux concerts qu’il a donné en Belgique (au Sounds ce vendredi) et en France (au Parc Floral dimanche dernier), le trompettiste s’est entouré de deux excellents musiciens belges: Philip Catherine (dont on ne rappellera plus qu’il fut un compagnon de route précieux pour Chet) et de Bart De Nolf (qui connaît bien le Japon pour l’avoir sillonné avec Toots).
Philippe Aerts était annoncé ce soir pour tenir la contrebasse, mais il a dû renoncer - ainsi qu’à la tournée d’été avec Richard Galliano - à cause d’un méchant claquage… Comme quoi, il ne faut pas être footballeur pour que ce genre de chose vous arrive. Bon rétablissement, Philippe.)

Dans le club, l’ambiance est sobre, soft et apaisée ce soir.
La tactique à Toku est de reprendre, essentiellement pour cette tournée, des standards… «My Foolish Heart», «But Not For Me» etc…


Sur un thème enlevé, Philip Catherine vient titiller le trompettiste avec des phrases délicatement groovy dont il a le secret.
Toku tente de répondre, mais il préfère ne pas trop faire monter la sauce. Le phrasé reste doux sans être aussi précis et fluide que celui de son idole ou que d’un Bert Joris par exemple.

Avant la pause, Bart De Nolf tentera aussi de pimenter un peu le concert en prenant un solo éblouissant de sensibilité et de percussivité (oui, je sais, ça ne se dit pas) sur «Béatrice».
La salle est attentive et apprécie ce moment un peu plus épicé.

En début de deuxième set, on aura droit à une très belle version, mystérieuse et swinguante de «Love For Sale». Une version qui s’éloigne un peu de ce que l’on connaît. Philip Catherine injectant dans ce thème quelques excentricités qui élèvent le niveau. Décidement un sideman de luxe.

Puis, ce sera «I Fall In Love Too Easily», «It Had To Be You», «My Funny Valentine» ou encore une version assez «crooner» de «There‘ll Never Be Another You».

Ça manque peut-être encore de personnalité, mais ne boudons pas notre plaisir: réécouter ces standards – que l’on n’entend plus si souvent, du reste - est toujours très agréable.
On reparlera sans doute encore de Toku à l'avenir. Tenons cela à l'œil...
001

Merci à Jos L. Knaepen pour les photos. Après tout, moi aussi j’ai parfois droit à un photographe de «luxe» pour illustrer mon blog…

:-))

A+

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28/05/2007

Le Jazz Marathon et une leçon. (Part1)

Bon, si vous le permettez, mon marathon, je vais vous le raconter en plusieurs étapes.
Il faut savoir ménager l’organisme après une telle orgie…

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Vendredi 27, Grand Place, le monde afflue pour assister au premier concert du Jazz Marathon 2007.
Le soleil (qu’on avait pourtant prévu aux abonnés absents) est de la partie. Pour combien de temps ? Suspens…

Sur scène, le trio de Fabien Degryse, avec Bart De Nolf à la contrebasse et Bruno Castellucci à la batterie.

La musique est chaude et sensuelle. Couleur un peu bossa mâtinée de blues, le trio propose la plupart des morceaux qui se trouvent sur le récent album : «The Heart of the Acoustic Guitar».
On remarque toujours la belle fluidité de jeu de Fabien, les interventions profondes de Bart De Nolf et le drumming précis de Castellucci.
Fabien enchaîne «Dream And Goals», l’excellent «Da Ann Blues» ou encore la suite «Away From Your Love – It’s A Long Jorney – Back Home» avec une belle élégance.
Un beau moment de bonheur simple qui place le week-end sur une bonne voie.

Direction Place Ste Catherine.
Autre son de guitare : c’est celui de Greg Lamy.
J’arrive pour les deux derniers morceaux, dommage. Il me semblait pourtant que le groupe aurait eu encore le temps de jouer avant de laisser la place à Soul and Soul Band.
J’aime bien la nouvelle mouture du quartet de Greg : ce mélange bop au parfum de musiques antillaises (pas dans la «construction», mais dans le son que Greg donne à sa guitare : un effet «steel drums» des plus judicieux).
Il est entouré par de solides musiciens français : Gauthier Laurent (b), Jean-Marc Robin (dm) et surtout David Prez (s) qui vient de sortir son premier album chez «Fresh Sound New Talent» avec Romain Pilon, Yoni Zelnik et Karl Jannuska.
Je vous le conseille déjà.

Je discute un peu avec les quatres gaillards en écoutant le groupe Soul And Soul Band dans lequel Lorenzo Di Maio (g) a remplacé Marco Locurcio pour l’occasion.
Comme son nom l’indique : c’est de la soul. Tendance parfois funk ou R&B de très belle facture. Santo Scinta impose une pulsion énergique et parfaite tandis que les interventions de Didier Deruyter à l’orgue Hammond rehaussent encore un peu plus le côté dansant et chaloupé de l’ensemble.

Mais je ne m’attarde pas plus et je vais Place d’Espagne écouter Raffaele Casarano.

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Ça groove bien.
Le piano d’Ettore Carucci est fougueux, la contrebasse de Marco Maria Bardoscia est lourde et Alessandro Napoli imprime un rythme bien senti.
Je préfère d’ailleurs le groupe lorsqu’il prend cette option plus musclée que lorsqu’il déroule un jazz plus traditionnel, fait de balades un peu légères et parfois trop romantiques à mon goût.
J’aime bien le jeu du pianiste quand il se fait incisif avec quelques inflexions monkiennes : Raffaele n’en est que plus explosif.
Pas le temps de discuter avec les musiciens comme promis car je fonce à la Jazz Station pour écouter «Love For Trane».

04

Ce projet, initié par Yannick et Nico de la Jazz Station, n’a rien à voir avec celui qui sera proposé à Gand au Blue Note Festival, comme je l’avais écrit. (Vous me laissez écrire n’importe quoi ! Heureusement qu’Erik Vermeulen m’a remis dans le droit chemin ! …pour une fois… :-) )
N’empêche, il serait dommage que ce projet n’aille pas plus loin que les deux concerts donnés lors de ce Jazz Marathon.

Pour rendre hommage à Coltrane sans tomber dans les platitudes, Bart Defoort a eu la bonne idée d’inviter Jereon Van Herzeele.
L’eau et le feu, en quelque sorte.
Deux facettes du saxophoniste.
Ajoutez à cela Nic Thys à la contrebasse, qui m’a vraiment «scotché» ce soir, Marek Patrman à la batterie et Erik Vermeulen, au piano et vous pouvez vous imaginer le niveau qu’on est en droit d’attendre de cette bande-là.
Hé bien, on n’a pas été déçu !
L’esprit Coltrane était bel et bien présent. Avec, en plus, toutes les influences du jazz d’ «après Coltrane».
Allons-y pour des relectures éblouissantes, étonnantes, bouillonnantes et fiévreuses de quelques-uns des «tubes» du Grand John.
Ce fut incroyable de swing, de groove, de force et de profondeur.
Nic Thys fut impérial, jouant autant sur les longueurs de notes qu’avec une force brute. Et Marek fut plus jazz que jamais, n’oubliant jamais les éclats surprenants dont il est capable.

Les deux saxophonistes se complètent merveilleusement. Il y a une dynamique qui s’installe et un chemin qui s’ouvre au fur et à mesure que le concert avance. On va toujours plus haut, toujours plus loin.
On ressent un véritable esprit de groupe.
Ce n’est pas pour rien qu’ils jouent resserrés au milieu de la scène. Tout acoustique.
Tout acoustique… mais qu’est ce que ça sonne !
Ce n’est plus un hommage, ça va bien au-delà.
Quelle Leçon…

03

Du jazz comme celui-là, on devrait le retrouver multiplié par dix aux quatre coins de la ville pour le prochain Jazz Marathon.

Je termine ma soirée à discuter avec le groupe jusqu’aux petites heures. Le Sounds et Daniel Romeo, ce sera pour demain.

Dehors il pleut.
On s’en fiche, il fera sec demain !

A+