01/12/2012

Aka Moon - 20 ans

Pour fêter les 20 ans d'existence d'Aka Moon, la Jazz Station organise depuis le 22 novembre et jusqu'au 22 décembre une série de concerts "rétrospectives".

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Aka Moon en trio ou avec de nombreux invités (David Linx, Fabian Fiorini, Magic Malik, Benoit Delbecq, Baba Sissoko, Grazzhoppa ou encore Nedyalko Nedyalkov), il y en a pour tous les goûts. Et quand le trio ne joue pas, il invite d'autres groupes (Les Chroniques de l'inutile, Ananke, Pudding oO). Et puis, il y a les lectures de Jean-Pol Schroeder

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Et il ne faudrait pas oublier la très bonne expo qui retrace en photos, affiches, films et documents (des partitions aussi belles qu'étonnantes), cette incroyable aventure!
Bref, allez y faire un tour, vous ne le regretterez pas.

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Bien sûr je vous parlerai très bientôt des concerts qui ont déjà eu lieu… Autant déjà vous dire que c'était… intense.


A+

09/06/2012

Strange Fruit - Fabrizio Cassol au Théâtre National

La veille - le jeudi 31 mai - Fabrizio Cassol et tous ses amis musiciens et chanteurs avaient fait salle comble au KVS.

Ce vendredi 1er juin, la bande - toujours au grand complet – s’est déplacée d’une centaine de mètres, a traversé le Boulevard Jacqmain, et est allée remplir le Théâtre National.

Strange Fruit - c’est le nom du spectacle - est une longue histoire que le saxophoniste d’Aka Moon a trimballé avec lui depuis plus de cinq ans pour la façonner minutieusement, de manière presque secrète.

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Inspiré par la célèbre chanson d’Abel Meeropol, Fabrizio Cassol a créé un étonnant conte musical qui mélange les genres et fait fi des frontières. Le jazz, l’opéra, le classique, le folk, les chants africains… tout y est, tout y passe. Et l'on y entend toutes les influences du musicien, toutes ses émotions et tout son engagement.

On pourrait craindre que cela n’aille dans tous les sens, mais ce serait sans compter sur la clairvoyance et l’intelligence du compositeur qui s'est astreint à garder un discours déterminé et une ligne de conduite éclairée.

Et cette ligne fédératrice, c’est l’humanité. Celle qui permet d’harmoniser toutes les différences.

D’ailleurs, avant d’entamer le concert, Fabrizio laisse la place à deux représentants du Collectif des Maliens de Belgique pour qu’ils exposent et nous sensibilisent à la situation désastreuse du Mali. Les mots sont simples, brutaux, terriblement imagés et d’une force inouïe. Une courte minute de silence s’en suit. Lourde. Pesante.

Alors, comme pour chasser les mauvais esprits et redonner de l’espoir, la voix de Baba Sissoko résonne du fond des coulisses. Il entre sur scène accompagné de trois autres joueurs de Tama qui laissent éclater un chant rassembleur.

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Entre-temps, Stéphane Galland s’installe derrière sa batterie et entre aussitôt dans la danse. Michel Hatzigeorgiou fait de même à la basse électrique. Et puis il y a aussi Hervé Samb à la guitare électrique. Et derrière, il y a Bart Defoort (ts), Laurent Blondiau (tp), Michel Massot (tb) et Magic Malik (flûte). De l’autre côté, Eric Legnini s’est entouré de claviers (piano, Fender, moog).

Mais il y a aussi la Choraline - le chœur des jeunes filles de La Monnaie aux voix sublimes, diaphanes et célestes - qui occupe le fond de la scène. Sous la direction de Benoît Giaux, ces adolescentes d’une quinzaine d’années vont sublimer la soirée de par leur aisance et leurs qualités vocales.

Entrent ensuite en scène Oumou Sangaré, magnifique dans son boubou rose, Marie Daulne, plus sensuelle que jamais dans une robe de voiles noirs et Cristina Zavalloni, divine et troublante comme la reine dans Blanche Neige.

Tour à tour elles chanteront «Soukoura», «Sehet Jesus», «I Can’t Sleep Tonight». C’est un mélange de voix plus subtiles les unes que les autres. L’émotion transpire, les portes de l’improvisation s’ouvrent.

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Marie Daulne, en duo avec Eric Legnini, donne sa vision de «Strange Fruit», à la fois solennelle et cruelle, dans laquelle elle injecte quelques paroles en français avant d’aller disséquer les mots en anglais. Le frisson perdure lorsque, de sa voix de mezzo-soprano, Cristina Zavalloni reprend le thème, accompagnée par la Choraline.

Puis, Kris Dane, guitare acoustique en bandoulière, vient implorer les grâces d’un poignant «If Jesus…», avant de laisser Oumou Sangaré nous chanter et nous parler de ses «Enfants de la rue». La voix de la diva malienne est sublime et unique (haa... cette patine légèrement graineuse). Elle fait passer toute la générosité d’une vie au travers de son chant.

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Etonnamment, Fabrizio Cassol intervient assez peu dans son spectacle. Mais, il est pourtant bien présent. Il met en valeur l’histoire, la musique et les musiciens, et dirige l’ensemble de main de maître.

Fabrizio invite David Linx à venir enflammer plus encore le Théâtre. Sur «Some Days», le chanteur se lâche complètement et entraîne avec lui Hervé Samb dans des solos incandescents, puis répond aux improvisations toujours surprenantes de Magic Malik avant de dialoguer jusqu’à la folie avec Cristina Zavalloni. Alors, tout le monde revient sur scène et Baba Sissoko fait exploser le final avec un «Farka» tonitruant et délirant.

C’est ça le voyage de Fabrizio. C’est partir de l’Afrique, passer de l’autre côté de l’Atlantique, revenir en Europe et repartir. Ailleurs. Encore. Toujours.

Le public est debout, danse et chante. Fabrizio ne peut se soumettre à un rappel des plus festifs.

Avec un tel line-up (ils sont près de 60) on n’aura pas souvent l’occasion de voir Strange Fruit sur scène (mais, qui sait, les rêves finissent parfois par se réaliser) alors, heureusement, il y a le disque. Il est paru chez Blue Note et il restera sans aucun doute un point de repère inaltérable dans la carrière de Fabrizio Cassol. C’est un album qui défiera le temps car il est unique (un peu comme cet autre monument auquel ont participé la plupart de musiciens ce soir : «A Lover’s Question», de Linx, Baldwin et Van Dormael).

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Bref, cet album risque d’être intemporel. Intemporelle comme l’est aussi la chanson «Strange Fruit», pour laquelle David Margolick a consacré un ouvrage indispensable (paru chez Allia) que je vous recommande tout autant.

 

A+

 

26/09/2011

Saint Jazz Ten-Noode 2011

Comme chaque année à pareille époque, on a tendu le grand chapiteau blanc sur la place Saint-Josse pour le Saint-Jazz-Ten-Noode. Cette fois-ci, l’événement est sous-titré : « Aux frontières du jazz ». Dimitri Demannez et une belle bande de bénévoles se sont donc coupés en quatre pour nous offrir une affiche plutôt excitante.

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Le public est encore un peu disséminé, quand j’arrive samedi sur les coups de 17h.30. Une bonne partie cherche encore quelques perles rares à la bourse aux disques qui se tient à deux pas, tandis que d’autres écoutent sagement le quartette de Fabrizio Graceffa. Le guitariste, accompagné de Boris Schmidt (cb), Jean-Paul Estiévenart (tp) et Lionel Beuven (dm) nous propose de parcourir son disque « Stories » sorti l’année dernière chez Mogno. L’ambiance est à la plénitude, aux longues harmonies douceâtres, aux développements contemplatifs. Il y manque parfois un peu de surprises. Il faut dire que la finesse des arrangements et la subtilité de l’écriture de cette musique intimiste se perdent un peu sur cette grande scène. A revoir en club pour en profiter pleinement.

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Voices de Nicolas Kummert (ts, voc) fait à nouveau monter le niveau. Contrairement au dernier concert que j’ai vu (à Bruges), celui-ci est peut-être un peu plus tendre et doux. Bien sûr, il y a toujours cette spirale ascendante qui nous emmène vers un climax fiévreux (« Folon », introduit magistralement à la guitare par Hervé Samb) ou des moments endiablés (« Affaires de Famille »). Et puis, il y a toujours un Alexi Tuomarilla (p) éblouissant et une rythmique d’enfer (Lionel Beuvens (dm) et Axel Gilain (cb) en remplacement de Nicolas Thys). Du top niveau.

C’est le tremplin idéal pour faire connaissance avec les amis de Baba Sissoko : Stéphane Galland et Boris Tchango aux drums, Reggie Washington à la basse électrique, Alexandre Cavalière au violon et de nouveau Nicolas Kummert au ténor et Hervé Samb à la guitare.

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Avec deux batteurs, le ton est rapidement donné, ce sera festif (pouvait-on attendre autre chose de Baba Sissoko, d’ailleurs?). La place est maintenant totalement remplie et prête à danser. C’est parti pour une heure - et bien plus - d’énergie et de bonne humeur africaine. Baba fait parler son Tama et invite les autres musiciens à la conversation. Ça fuse dans tous les sens et chacun à droit à la parole. Hervé Samb est un des premier à plonger de plain-pied dans la transe. Avec une dextérité peu commune, le guitariste Sénégalais enflamme le chapiteau. Et puis, c’est une «battle» entre les deux batteurs, suivi d’un duel entre Baba et Stéphane Galland, puis entre Baba et Boris Tchango. Et la salle danse et se dandine de plus belle en reprenant en chœur les chants du griot. Que du bonheur !

Le temps d’aller saluer et féliciter ce petit monde et je me dirige vers le Botanique pour les deux derniers concerts à l’Orangerie.

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Belle découverte que celle du trio R&J. Clive Govinden (eb), Jerry Leonide (keyb) et Boris Tcahngo (dm) déballent un jazz qui rappelle parfois la fusion des années ’70 ou la musique de Mario Canonge. Après quelques morceaux sans trop de surprise, la température monte soudainement. Le trio injecte encore un peu plus de funk et de R&B. Yvan Bertrem en profite pour monter sur scène et entame une danse dont il a le secret. Mais bien vite, le service de sécurité (qui n’a rien compris à ce qui se passait) empoigne le danseur et le ramène dans le public. Heureusement, tout cela n’altèrera pas la bonne humeur ambiante. Hervé Samb, décidément partout ce soir, sera invité (sans se faire jeter par le service d’ordre, cette fois) à partager la scène. Brûlant !

Tout cela est parfait pour préparer le terrain au feu d’artifice final : Reggie Washington (eb), Gene Lake (dm) et Jef Lee Johnson (g).

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Nos trois hommes arrivent sur scène avec décontraction et simplicité. «First gig in my hometown», lâche Reggie. Ça en dit long sur son rapport avec sa ville d’adoption. Il y a quelque temps, il en témoignait dans So Jazz, sans aigreur, mais avec juste avec une petite pointe d’incompréhension. Mais ce n’est pas pour ça qu’il va rouler des mécaniques ce soir. Reggie est heureux d’être sur scène et de faire de la musique avec ses potes. Et c’est un vrai concert où le public et les musiciens apprennent à se connaître. Et c’est la musique qui les réunit. C’est blues. Du blues mâtiné de funk sensuel et de soul pure.

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Reggie déroule des lignes de basse avec une fluidité déconcertante. Elles se mêlent aux mélodies imprévisibles d’un Jef Lee Johnson, affalé dans son fauteuil. Gene Lake fait claquer ses drums. C’est sec et fin, vif et malin. Le mélange est détonnant et le trio fait monter la tension sans aucun artifice. Il nous prend par la main et nous emmène plus haut, toujours plus haut. Du grand art. Jef Lee Johnson joue à la limite du larsen avec finesse. Il raconte des histoires insensées avec ses doigts… et puis il chante, de cette voix grasse et fatiguée. L’alchimie entre ces trois artistes est unique. Avec eux, on passe par toutes les émotions. Absolument captivant.

Il paraît qu’un album est en préparation… Ça promet, ça promet…

Les saints du jazz étaient avec nous ce week-end.

A+

18/10/2010

Mise à jour

 

Juste une petite mise à jour de quelques articles parus sur Citizen Jazz dernièrement.

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Il me semble que j’ai oublié de vous signaler la mise en ligne (il y a pas mal de temps déjà) de mon compte-rendu sur le Festival Jazz à Liège, avec une très courte interview de Jean-Marie Peterken.

Vous pouvez lire l’article ici.

 

Cet été, j’étais au très sympathique Festival Jazz à Souillac pour lequel j’ai aussi écrit un article pour Citizen Jazz. Il suffit de cliquer ici.

 

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Et tant que nous sommes sur Citizen Jazz, je vous invite aussi à lire l’interview que j’ai faite de Baba Sissoko et Fabrizio Cassol à propos de l’album Aka Moon And The Black Machine. Ce fut une rencontre merveilleuse et  une (longue) soirée mémorable, pleine d’émotions et de fous rires… assez difficile à retranscrire avec des mots… À lire ici.

 

Aka Moon & Baba Sissoko_0.jpg

 

(©Jos Knaepen)

 

Et puis, pour finir, un petit coup de pouce pour un nouvel évènement à venir le week-end prochain.

La première d’une série de trois rendez-vous (pour l’instant) organisés par Muse Boosting: The Blue Flamingo. Ça se passe au Château du Karreveld à Molenbeek vendredi et samedi et tous les détails sont ici.

 

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Pour le reste des «bon plans», il y a toujours l’incontournable agenda des concerts de Jazz In Belgium.

 

A+

 

 

17/03/2010

Bruxelles, Bamako, Genk et Tokyo.

Bruxelles.

Lors de l’ouverture de la 40ème édition de la Foire du Livre de Bruxelles, Baba Sissoko et Fabrizio Cassol étaient invités à venir illustrer le thème de cette année : «Des Clics et des Lettres». Le passage du papier au numérique.

Ok, le rapport est peut-être un peu tiré par les cheveux… Quoique.

Baba Sissoko est un griot. Un passeur. Un passeur d’histoires de génération à génération. On peut y trouver une légitimité. Et puis Baba vient d’Afrique et la Foire proposait également et pour la première fois, «Echappées africaines» : un espace dédié aux littératures d’Afrique et des Antilles. Plus de doute, Baba et Fabrizio avaient leur place ici ce soir.

Ce fut, en plus, l’occasion pour moi de réaliser une interview les deux musiciens à propos de l’excellent dernier disque d’Aka Moon et le Black Machine dont parle si bien mon ami Franpi sur Sunship.

 baba

Bamako

Tout le monde devrait rencontrer Baba Sissoko !

Après leur courte prestation, je retrouve Fabrizio Cassol et Baba Sissoko au stand de La Première, détendus, souriants, heureux.

Un verre de vin blanc, zakouskis en prélude à l’interview. On discute déjà. Simplement. Amicalement. Les deux hommes sont d’une accessibilité étonnante. C’est dans leur nature. Et ce n’est pas nos camarades de Criss Cross Jazz qui me démentiront.

Un petit verre de vin blanc et des zakouskis.

Bavardages, rires, rencontre avec des écrivains et hommes de radio.

Verre de vin blanc et zakouskis.

Fabrizio voudrait faire l’interview rapidement car il sera en studio le lendemain avec Aka Moon et… Baba. Ok, je reconduirai Baba à son hôtel et Fabrizio chez lui après notre entrevue.

Verre de vin blanc, zakouskis.

Je commence l’interview avec Baba pendant que Fabrizio range son matériel et discute avec d’autres amis. Le griot est une montagne de gentillesse, de bon sens et de simplicité. Il est guidé par le destin. Avec lui, tout est lumineux. On comprend tout de la vie… et l’on se pose des questions sur la nôtre. Il parle de la musique comme on parle d’un paysage. Il parle des gens avec un cœur gros comme ça. Son sourire et ses paroles touchent justes. Rien n’est calculé, tout est spontané, naturel, évident.

Un petit verre de vin blanc et des zakouskis.

Fabrizio nous rejoint. Je retrouve chez lui les mêmes valeurs que chez Baba, exprimées autrement, mais avec autant de sincérité. Complicité, rire et amour de la musique. On pourrait continuer à bavarder encore longtemps. La Foire ferme. Fabrizio aimerait rentrer mais… difficile de résister à une invitation dans un deux étoiles des alentours. Surtout si Baba pense qu’il faut «suivre son destin».

Un dernier vin blanc.

Apéro. Conversation avec quelques personnalités de la Foire.

Baba ressort son Tama. Il le fait résonner et s’en va tourner autour de la grande tablée en chantant. La vie est tellement simple.

Verre de vin, dîner excellent et l’on continue la conversation entre rire et profondeur.

Comme promis, je reconduis nos amis. Détour par un night shop. Il est près de trois heures de matin. Tout le monde est heureux. Et moi, plus que jamais…

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Aka Moon était à Bozar ce mercredi soir pour leur projet avec les musiciens Indiens : The Light Ship Tentra… C’est sûr, je vous en reparlerai. Quant à l’interview de Baba et Fabrizio ce sera sur Citizen Jazz… bientôt.

 

Genk

Sur Citizen Jazz, justement, vous pouvez lire ma chronique du Motives Festival.

J’aime beaucoup ce Festival pour son éclectisme et son ouverture d’esprit. L’année prochaine devrait nous offrir encore de belles surprises puisque le Festival change de lieu afin de mélanger plus encore les différents arts (performances, vidéo, installations etc…).

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Cette année, mon coup de cœur est allé au trio de Jeremy Ternoy, excellent trio français que je ne connaissais que de nom. Il paraît qu’ils sont passés plusieurs fois à Bruxelles. Au Travers (Allo, Jules ? C’était quand ? Pourquoi j’ai raté ça ?). Coups de cœur aussi pour le projet ‘Dowland’ de Chris Mentens, pour Carla Bley et pour Paolo Fresu. Bref, c’est à lire ici.

 

Tokyo

Juste pour vous signaler le passage en Belgique, au Sounds le 23 mars, du pianiste Japonais Makoto Kuriya. Il sera accompagné de Mimi Verderame (dm) et de Bart De Nolf (cb). Il a vécu plus de 10 ans aux Etats-Unis et a joué aux côtes du trompettiste Chuck Mangione ainsi qu’avec Herbie Hancock. On peut lire une critique de son dernier disque ici. Promis, j’en parlerai aussi.

 

A+

07/03/2010

Dré Pallemaerts sur Citizen et tout un programme...

Bien cachée, quelque part dans les «entretiens» de Citizen Jazz, l’interview de Dré Pallemaerts que j’ai eu le bonheur de réaliser il y a quelques temps, est en ligne depuis la semaine dernière.

Il y parle de «Pan Harmonie», bien sûr, mais aussi de son parcours et de ses projets.

C’est ici. Bonne lecture.

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D’autres interviews seront également bientôt en ligne… un peu de patience.

Un peu de patience aussi pour la suite du programme sur Jazzques.

Il y aura le concert de Lidlboj à la Jazz Station, ceux de Pascal Mohy et Stefano Bollani au Beursschouwburg, celui de Vijay Iyer et Rudresh Mahanthappa (Raw Materials) à De Singer, à Rijkevorseel près d’Anvers, une rencontre épique avec Fabrizio Cassol et Baba Sissoko à la Foire du Livre de Bruxelles, le concert de Matthieu Marthouret au Sounds et, pour finir, une rencontre avec Yves Budin pour la sortie de son album «Visions de Kerouac» (édité aux Carnets du Dessert de Lune)…

 

Ouf….

Yapluka.

 

A+

(Photo ©Jos Knaepen)

02/05/2008

Africa Jazz

Dernièrement, j’ai eu l’occasion de rencontrer Dee Dee Bridgewater, avec quelques amis de la presse écrite, pour parler de son projet actuel «Red Earth, A Malian Journey».

Dee Dee sera en concert aux Bozar ce 13 mai.

Vous avez peut-être déjà lu ma chronique de l’album sur Citizen Jazz. Vous aurez prochainement droit à l’interview de la chanteuse.

Après avoir parlé du Mali et de l’Afrique en général avec Dee Dee, j’ai ressorti 3 disques «Africains» dont je n’ai pas encore eu l’occasion de parler.

Le «moins récent» d’entre eux est celui de Dieudonné Kabongo:
«Kata Ndevu».

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On connaît l’homme en Belgique pour l’avoir vu jouer la comédie au théâtre, dans ses one-man-shows ou encore au cinéma («Lumumba» de Raoul Peck  ou «Le couperet» de Costa Gavras, par exemple).
Le voici chanteur.
Bon, ici, on n’est pas vraiment dans le jazz, on est bien d’accord.
On serait plutôt dans la world ou la chanson africaine.
Parfois intimiste, voire minimaliste, la musique s’ouvre pourtant aux rythmes plus puissants.
Les percussions – derrière lesquelles on retrouve Chris Joris, Frank Michiels et Kabongo lui-même – résonnent alors dans un tourbillon presque hypnotique («Burundi» ou «Kutuntuka»).

Mais il s’agit surtout d’un album de chansons un peu pop («Shitaweza» soutenu discrètement par Cyril Orcel aux claviers), et il faut souligner le beau travail sur les voix. Ce sont elles surtout qui donnent du charme à l’ensemble.
Agréable.

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Plus intéressant, plus «radical» peut-être, et plus «jazz» aussi : J’Afro’zz est un groupe formé par des musiciens Congolais qui allient musique traditionnelle et jazz.

Paul Ngoie, percussionniste et leader, emmène son petit monde dans une musique très solaire, joviale et dynamique.
Il a invité sur quelques titres Pierre Vaiana (ss), Fabrizio Cassol (as) ou encore Boris Tchango (dm) qui injectent aussitôt un «esprit jazz» plus marqué (sur «Bakubass» ou «Rencontre» entre autres).

Ailleurs, on ne reste pas insensible aux rythmes langoureux sur «Yves in Sorrow», qui donne à entendre le très beau jeu de Yves Monama à la guitare, soutenu par une ligne de basse ondulante de Claude Bakubama.

«Ngoma Tempo» est un album de jazz original et intéressant, car il n’est vraiment pas courant d’entendre la musique congolaise traitée de cette façon.

 

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Bien différent encore de tout cela, c’est le projet de Eloi Baudimont et de Baba Sissoko: «Mali Mali».

C’est mon coup de coup de cœur depuis quelques mois déjà.
Il s’agit ici, de l’histoire d’une rencontre entre un Griot et un chef d’orchestre touche-à-tout.
Une belle histoire d’amitié et de musique entre le Mali et la Belgique.

Ce qui est particulièrement touchant dans «Mali Mali», c’est cette musique interprétée par la Fanfare amateur de Mourcourt et une quarantaine de choristes, tous aussi amateurs.
Je sais, on pourrait se méfier.
Mais on aurait tort.
Car ce disque est un véritable bijou de sincérité, de bonheur et de tendresse.
Il est magique.

C’est étonnant, comme le mélange de ces deux cultures fonctionne à merveille.
C’est émouvant de sentir l’application des choristes à faire «groover» les morceaux et de sentir chez eux ce côté hésitant, timide parfois, mais tellement chaleureux.

«Ebi» vous arracherait presque une larme.
«Tunga» ou «Masaya» ne peut que vous faire taper du pieds et claquer des mains. Si ce n’est pas danser.

Quant à la Fanfare, elle est éclatante de vie, de dynamisme et de sincérité.
Sans fard, sans prise de tête, sans crainte, mais avec un cœur «gros comme ça», elle peut tout se permettre. Et elle en profite.
Et ça marche.

Le disque est accompagné d’un DVD qui retrace le voyage d’Eloi Baudimont au Mali, ainsi que l’un des premiers concerts donnés à la Maison de la Culture de Tournai.
On en redemande !

Voilà donc un coffret (CD + DVD) que je vous recommande plus que chaudement.
(En plus, 1 Euro est reversé à l’association «Eau Vive» pour financer la construction de puits en Afrique de l’Ouest).

Bonheur et frissons garantis.

A+