24/04/2017

Amaury Faye Trio à la Jazz Station

Il y a quelques années, j'avais croisé, presque fortuitement, Amaury Faye lors d'une série de tables rondes à propos du jazz, à Flagey. J'étais curieux de le voir et de l'entendre derrière un piano. J'en ai eu l'occasion quelques mois plus tard à l'Archiduc. Il y jouait en solo et j'en avais gardé une forte impression.

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Ce soir, c'est avec son trio (Louis Navarro à la contrebasse et Théo Lanau à la batterie) que le pianiste toulousain présente son tout nouvel album : Clearway (à paraître mi-mai chez Jazz Village).

Après une résidence de quelques jours à la Jazz Station et devant un nombreux public ce samedi, le trio attaque son concert avec « Believe It Or Not », un morceau très inspiré de la tradition post bop. On y descelle rapidement les influences d’un Chick Corea et surtout de Brad Mehldau.

La musique est dense, nerveuse, énergique et Amaury Faye n'est pas avare de notes. Il est sur tous les coups et il s’emploie à remplir l'espace avec ferveur, comme dans l’introduction en solo sur le second morceau. Avec agilité, il enchaîne accords et arpèges sur un rythme effréné et démontre un sens du voicing assez étonnant. Ses deux compagnons d’équipée ne sont pas en reste. Les interventions à la contrebasse de Navarro sont souvent brillantes et très musicales, quant au drumming de Lanau, il est ferme, claquant et bondissant. La cohésion entre les trois musiciens est indéniable. Bien sûr l’architecture des morceaux est plutôt « classique », mais lorsqu’ils sont joués avec un tel aplomb et autant de détermination, on ne peut que prendre du plaisir.

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Le trio calme alors un peu les ardeurs (si peu) avec « Vance », une ballade lumineuse qui se promène sur un rythme chaloupé. Mais il se relance très vite et s'amuse sur « An Oscar For Treadwell » de Charlie Parker. Ils ont dans les doigts l’histoire du bop, c’est certain. C'est toujours aussi rapide et tendu et les trois amis n’hésitent pas à s’éloigner du thème, à tourner autour, à s’en amuser. On retrouve chez eux l'essence et l’esprit de ceux qui ont fait l'art du trio, Mehldau en tête (pas le romantique, mais celui qui swingue). Amaury Faye ne peut cacher son amour pour le pianiste américain, et d’ailleurs, on ne lui en voudrait pas si, parfois, il s'en éloignait un peu.

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Et le trio continue de plus belle, telle une locomotive lancée à pleine allure. Il y a alors le pétillant « Off Roading », puis « Clearway Street », introduit par un excellent Théo Lanau à la batterie. Ensuite, le plus sobre « Bad Surprise » et un jubilatoire « Sunday Morning Blues » ou encore « Journey To The East Coast ». Il y a toujours cette envie d’énergie, de rythmes haletants dans ce trio. Toujours cette envie de faire monter l'adrénaline.

Le public est sous le charme. Celui de Marciac, où le trio aura l’honneur de défendre sa musique cet été, le sera sans doute tout autant.

On est curieux de voir comment évoluera le trio. Lors d’un prochain Jazz Tour peut-être ? A suivre avec intérêt.

 

 

 

A+

Merci, une fois encore à ©Roger Vantilt pour ses belles images.

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19/05/2016

Amaury Faye solo à l'Archiduc

Un samedi, fin de journée, passage à l’Archiduc.

Je sais que, ce soir-là, Amaury Faye est au piano. Pour la première fois en concert solo. Pour la première fois à l’Archiduc.

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Amaury Faye est un jeune pianiste français qui rêvait, quand il était encore plus jeune, de jouer du jazz dans les bars. Comme dans les années trente. Rêveur.

De ce rêve, il a gardé l’élégance d’un Duke, la gaillardise d’un Fats Waller, le décalage d’un Monk. Merde ! Ce gars adore le stride et n'a pas peur d'en user ! Et c’est rare.

Amaury Faye prépare un concert solo prochainement, en France. Alors, il s’essaie. Tente. Ose. Oublie presque qu’on l’écoute. Seuls les salves d’applaudissements le lui rappellent.

Il joue «All The Things You Are», «Angel Eyes», «A Foggy Day», mais aussi «Don’t Think Twice» de Dylan ou «Monk’s Dream»… Le jeu est ferme, franc, affirmé…

Il reprend les thèmes, les relit, les abandonne ou les transforme avec malice. Il s’enfuit dans des contrées plus contemporaines, mêlant harmonies sophistiquées et accords biscornus. Oui, il y a du Monk dans son jeu. Il y a cette dose de folie, d’audace, d’inconscience et toute la poésie et la fragilité qui vont avec. Il reprend les bons côtés d’un Mehldau, laissant le surplus de lyrisme que trop de pianistes ont tendance à retenir pour en extraire le côté incisif. Tout est dense, parfois encore un peu abrupt, parfois trop rapide, mais toujours fiévreux… et, indéniablement, plein d’envie…

Il y a des samedi, comme ça, où l’on est encore plus heureux que d’habitude d’être passé par la rue Dansaert…

A+

00:08 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : archiduc, amaury faye, solo |  Facebook |