02/08/2010

Acous-Trees au Sounds

Bien avant de partir en vacances et avant que le Sounds ne ferme ses portes pour son habituelle hibernation estivale (je sais c’est un contresens) j’étais allé écouter le projet d’Alain Pierre: Acous-Trees.

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Acoustrees c’est, outre Alain Pierre aux guitares acoustiques, Pierre Bernard à la flûte, Olivier Stalon à la basse électrique, le jeune et très prometteur Antoine Pierre (qui remplaçait ce soir Fred Malempré) à la batterie et Barbara Wiernik au chant.

On ne sait pas d’où elle vient cette musique. On dirait qu’elle a été amenée par les vents du monde. C’est une sorte de Tour de Babel musicale. Les influences sont nombreuses, parfois indéfinissables. On y retrouve du folk celtique, du jazz, des mélodies sud-américaines, indiennes et orientales. En plus, le choix et le mélange des instruments donnent quelque chose d’assez original.

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Sur certains morceaux, la flûte vivace et virevoltante de Pierre Bernard évoque parfois même le rock progressif, surtout quand derrière lui, Olivier Stalon et Antoine Pierre soulignent les polyrythmies.

La voix de Barbara fait le lien. Sorte de raga indien, de thumri, entre chant plaintif ou apaisant. C’est un registre qui lui va à merveille. Elle trouve ici un univers parfait pour elle. (Ecoutez-la également aux côtés de Manu Hermia, sur son projet Le murmure de l'Orient. Le disque est toujours en vente chez Igloo).

«Looking For New Skies» continue dans la veine indienne, tandis que «Soubresauts» qui ouvre le deuxième set est plus tendu, enlevé et nerveux. Il y a une touche de jungle dans la frappe d’Antoine Pierre. La complicité avec son père fait mouche. Alain Pierre redouble de virtuosité (aussi à l’aise sur sa douze cordes que sa six cordes). «One For Egberto» ne cache pas ses intensions, même si ce soir, la rythmique s’autorise quelques influences nord-africaines. Le final de ce très beau morceau se terminera d’ailleurs en impro assez déstructurée, ressemblant à un souk musical jubilatoire.

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Pour terminer et souligner une dernière fois le merveilleux touché d’Alain Pierre à la douze cordes, le guitariste reviendra en rappel pour un duo sensible et délicat avec Barbara Wiernik («L’Etoile filante» en hommage à Pierre Van Dormael).

Et pour le plaisir, car il y avait du plaisir sur scène et dans la salle ce soir, le groupe revient au complet pour un morceau sans titre, mais non sans punch. Antoine Pierre s’amuse comme un enfant dans une cour de récré, se donnant à fond et répondant aux assauts des la basse électrique d‘Olivier Stalon. Quand on pense que ce « gamin » rentrera au conservatoire pour la première fois en septembre (sous la bienveillance de Lionel Beuvens et de Stéphane Galland)… Ça promet.

A+