05/11/2017

Carla Piombino - Salle Dublin à Bruxelles

La salle Dublin à Ixelles s’est faite toute belle et a fait le plein pour accueillir Carla Piombino, jeune chanteuse italienne qui vit en Belgique depuis maintenant 6 ans. Elle y a beaucoup joué, entre autres avec son saxophoniste de mari Angelo Gregorio, mais pas nécessairement dans le circuit «traditionnel» jazz. C’était une découverte pour moi.

Ce soir elle présentait Take A Chance, son premier album.

 

 

Pour l’accompagner, on retrouve quelques jeunes et prometteurs jazzmen déjà entendu ici ou là, comme Lucas Vanderputten aux drums, Julien Gillain au piano et Antoine Guiot à la contrebasse et, plus tard, viendront s’ajouter Pauline Leblond (tp), Abel Jednak (as), Timothé Le Maire (tb) et bien entendu Angelo Gregorio (ts).

Carla Piombino démarre avec un thème folk jazz de Madeleine Peyroux «Don't Wait Too Long» dont elle prend les intonations et l’accent. Et franchement ça fonctionne, si tant est que l'on aime Madeleine Peyroux.

Carla sourit et parle beaucoup, on la sent un peu fébrile, un peu nerveuse et excitée. Ce moment est le sien et elle veut vraiment le partager avec tous.

Alors elle enchaîne standards jazz, chansons pop et quelques compositions originales.

Ça marche bien sur «Nostalgia in Salerno», «To Close For Comfort», avec de belles interventions des soufflants, l’amusant et burlesque «Can’t Take You Nowhere» ou «Everybody’s Song But My Own» aux arrangements de mini Big Band très réussis.

On est moins convaincu sur les chansons pop empruntées à Pino Daniele et surtout sur «Jóga» de Björk. Il y aura encore un «You Don’t Know What Love Is» assez gentil, «Trow It Away» d’Abbey Lincoln un peu trop lisse et quelques traditionnels italiens sympathiques.

Entre jazz un peu convenu, plutôt propre, et chansons bluesy folk, le moment est assez agréable. Carla a une belle présence sur scène, elle est charismatique et toujours souriante et le public semble avoir apprécié.

A+

06/04/2017

Vortex Kwintet - Release party à l'Archiduc

Mercredi soir, il y a du monde sur le pas de la porte de l'Archiduc. Il y a du monde dans le bar aussi. Ça sent bon l'encaustique. Tout est ciré, tout est nickel.

Dans un coin, la batterie est montée, juste à côté du piano. La trompette, la contrebasse et le sax attendent sur la banquette. Juste en face, on a déroulé un standy. Dessus est écrit Vortex Kwintet et dessous sont étalés des CD’s à la pochette verte.

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Vortex, c'est le groupe du trompettiste Aristide D’Agostino, du saxophoniste Abel Jednak, du pianiste Alan Van Rompuy, du contrebassiste Emanuel Van Mieghem et du batteur Olivier Penu. C'est ce groupe qui a gagné le Jazz Contest 2016 à Malines. Grâce à cela, il a pu bénéficier d’un enregistrement studio. Et c'est le résultat de cette session qu'il présente ce soir.

Dans une ambiance déjà bien chaude, le groupe attaque de façon tonitruante, et sur un tempo élevé, «Black Katarina»(?). On y retrouve des réminiscences d’un Clifford Brown peut-être, mélangées à un son très actuel. C’est puissant et bourré d’énergie.

«B.I.T.C.» prend aussitôt le contrepied, le morceau se développe en douceur, presque en retenue, tout en gardant un tempo haletant. Il y a comme une fausse lenteur. Le jeu d’Alan Van Rompuy au piano est faussement minimaliste. Très concentré, il fait monter l’intensité.

Vortex a le sens de la scène, il capte l’attention du public, le tient en haleine, ne le lâche pas. Il enchaîne aussitôt avec «Parrots» et, ici aussi, le pianiste n’hésite pas à se mettre en avant. Il plaque les accords, prend des solos brefs, s’amuse avec les tempos qu’il devance ou attend. C'est comme s'il faisait des dérapages contrôlés, prenait des virages serrés ou, au contraire, très larges, à la limite de la sortie de route. Mais bien sûr, la rythmique est bien là et elle assure. Devant, le sax prend le contrepoint de la trompette, ondule avec vivacité entre les harmonies.

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Vortex n’a pas peur d’éparpiller les notes, de les jeter pour aller mieux recoller le puzzle. C’est le cas dans le dernier thème du premier set, qui finit par flirter avec un blues dansant, ou avec «Vortex», le bien nommé, qui démarre presque en free et s’amuse avec les call and response. Si «Song For Emmanuelle» est presque intimiste, «Pharaon 7» oscille entre calypso et valise orientale. La trompette va presque chercher les quarts de tons tandis qu’Abel Jednak étire les notes ondulantes sur son alto. Concis, précis, clair, le groupe a de la suite dans les idées.

Ce soir, l’Archiduc rappelle un peu l'ambiance new-yorkaise du Fat Cat où il faut se battre pour se faire entendre. Pas de souci, chez Vortex, tout le monde se donne.

Il y a toujours cette pulse, ce groove intérieur, ce swing même, parfois. Il y a un mélange de tradition et d’énergie urbaine, bien contemporaine.

Oui, Vortex a déjà un son bien à lui, alors, tenons-le bien à l’oreille…

 

 

Merci ©Mr Andrée pour les images.

A+

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