30/03/2010

Fred Becker au Bonnefooi

Le Bonnefooi est un bar situé Rue des Pierres, à cent mètres du Music Village et juste derrière l’Ancienne Belgique.

L’endroit est assez étroit, tout en longueur, avec une très belle mezzanine en fer forgé et de jolis lustres rococo. Il y a pas mal de monde, l’ambiance est plutôt animée et… assez enfumée.

Ce mardi soir, ce n’était pas Toine Thys (comme il le fait tous les quinze jours) qui invitait, mais Fred Becker.

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Ici, on joue à l’énergie. Il est vrai qu’on n’a pas vraiment le choix.

À la batterie, on retrouve Toon Van Dionant, groove nerveux, sec et puissant. À la contrebasse - et à la basse électrique au deuxième set - Axel Gilain, toujours aussi « physique » sur l’instrument. Au Fender Rhodes, Martin Daniel, et bien sûr, en leader, Fred Becker qui alterne le ténor et le soprano. La plupart des morceaux de ce soir sont des compos originales du saxophoniste. Souvent, ses phrases sont courtes, découpées et cinglantes. Il y a une certaine «urgence» dans son jeu. Il y a parfois aussi un côté blues-soul-funk à la Skerik, une furie contenue, une pression constante. Le groupe impose une belle énergie qui ne manque cependant ni de relief ni de mobilité.

D’ailleurs, le groupe ne s’obstine pas à jouer sur un seul registre et, parfois, on flirte avec l’esprit du Miles Electric. La basse électrique d’Axel Gilain et les nappes pseudo psychés, distillées par Martin Daniel, n’y sont sans doute pas étrangères.

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Le quartette propose aussi des morceaux aux effluves de reggae poisseux et chaud. Puis, il se permet des aventures plus free. Le son du sax se fait plus gras, hurlant parfois à en devenir presque aphone, évoquant Albert Ayler ou Pharoah Sanders, tout en gardant des ondulations charnelles. En fin de concert, Toon cèdera sa place à Yannick Dupont pour quelques morceaux aux accents un peu plus chaloupés.

On ressort du Bonnefooi en ayant fait le plein de bonnes vibrations, et l’on se promet d’aller écouter Fred à nouveau. Au Bonnefooi ou ailleurs.

 

A+

 

07/03/2010

Dré Pallemaerts sur Citizen et tout un programme...

Bien cachée, quelque part dans les «entretiens» de Citizen Jazz, l’interview de Dré Pallemaerts que j’ai eu le bonheur de réaliser il y a quelques temps, est en ligne depuis la semaine dernière.

Il y parle de «Pan Harmonie», bien sûr, mais aussi de son parcours et de ses projets.

C’est ici. Bonne lecture.

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D’autres interviews seront également bientôt en ligne… un peu de patience.

Un peu de patience aussi pour la suite du programme sur Jazzques.

Il y aura le concert de Lidlboj à la Jazz Station, ceux de Pascal Mohy et Stefano Bollani au Beursschouwburg, celui de Vijay Iyer et Rudresh Mahanthappa (Raw Materials) à De Singer, à Rijkevorseel près d’Anvers, une rencontre épique avec Fabrizio Cassol et Baba Sissoko à la Foire du Livre de Bruxelles, le concert de Matthieu Marthouret au Sounds et, pour finir, une rencontre avec Yves Budin pour la sortie de son album «Visions de Kerouac» (édité aux Carnets du Dessert de Lune)…

 

Ouf….

Yapluka.

 

A+

(Photo ©Jos Knaepen)

20/09/2009

L'ivre d'images sur son nuage

 

C’est comme ça. On rentre de vacances, plus ou moins détendu, on prend connaissance de ses mails et puis on apprend le décès d’un ami.

C’est le choc.

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François Roudot était un ami particulier. Un ami du net. Fan de jazz et illustrateur merveilleux. Roudodoudourou (c’était son «avatar») et son L’ivre d’images avaient rejoint la famille du «Z Band», celle qui se donne rendez-vous chaque trimestre pour publier un billet sur un sujet commun, en quasi-simultanéité.

Roudodoudourou avait 40 ans. Ou pas encore. Ou venait juste de les avoir. Roudodoudourou avait des enfants, une épouse.

Il est mort d’une tumeur cérébrale foudroyante pendant ses vacances à La Rochelle.

Roudodoudourou, je ne le connaissais que par mail et que par la lecture de son blog. Je le connaissais aussi, sans le savoir, pour avoir lu une de ses histoires à mes enfants, il y a quelques années.

Roudodoudourou nous a quitté fin août et je vous jure qu’à la lecture du mail qui annonçait cette triste nouvelle, j’ai pleuré.

 

Avec le «Z Band», nous avons décidé de changer notre programme et de dédier à notre ami commun un morceau qui nous tient à cœur et qui l’accompagnera éternellement…

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«The Prayer». Michel Petrucciani.

«Pianism» est le premier album de Petrucciani sous le label Bue Note.

En 1985, le pianiste n’a que 23 ans et déjà un talent fou.

«The Prayer» est le morceau qui ouvre l’album. «The Prayer» c’est d’abord cette intro. Solo. En tempo moyen. Avec cet effet de vague lente. Des notes suspendues, des harmonies qui balancent de gauche à droite, qui chavirent doucement et qui titubent.

C’est une intro qui progresse doucement vers les aigus, jusqu’à presque se casser la voix. Une intro où l’on sent le musicien perdu. Seul. Se questionnant. Une intro qui appelle la contrebasse en soutien et les balais du batteur à venir panser les cicatrices. C’est une intro qui amène insidieusement la mélodie. Elle s’installe peu à peu. Elle vous fend petit à petit le cœur. Nocturne, élégiaque et bourrée de promesses… et donc de désespoir.

 

Les doigts de Petrucciani défilent, filent, courent, attendent, s’attardent sur deux notes, les font résonner, les répètent… et puis attendent de nouveau. Comme lancées trop haut, les notes retombent en cascade. Elles redescendent en rebondissant, identiques et jamais pareilles.

 

Petrucciani déroule son histoire, nous tient en haleine. La basse et la batterie l’écoutent, l’accompagnent, l’empêchent de tomber de cette corde tendue. De cette corde qui se raidit de plus en plus.

Alors, après 7 minutes, le pianiste lance vers le bassiste ce qu’il croit être ses dernières mots.

«Qu’as-tu à répondre à ma peine?»

Et Palle Danielsson se lance, rassure, trouve les notes justes pour apaiser, pour redonner de la force et de l’espoir. La voix est boisée, chaude et sèche. Comme doit l’être la parole d’un véritable ami.

Pas de faux discours. Pas de lamentation. Pas de tricherie.

«Vas-y mon gars te laisse pas aller, regarde ce que tu as déjà parcouru, regarde devant…»

 

C’est presque irréel !

Mais quelle est donc cette suite d’accords qui vient exciter le canal lacrymal? D’où viennent-elles, ces notes qui vous serrent la gorge?

 

À tordre ainsi la mélodie, à ressasser sans vergogne son humanité, le cœur finit par lâcher.

Alors il  y a ce moment encore plus magique où le piano reprend le pas sur la contrebasse. Petrucciani termine les phrases de Danielsson, vient se blottir dans les cordes épaisses de l’instrument et reprend la conversation comme on reprend vie.

Comment trouve-t-il ces mots qui touchent justes?

Où va-t-il chercher cette précision dans l’impulsion?

 

Écoutez ce toucher. Entendez cette respiration.

Rien de commun ici. Rien de banal. Rien de vulgaire. Rien de sirupeux. Rien qu’un énorme morceau. Grandiose.

Rien qu’un chef-d’œuvre.

 

11 minutes et 5 secondes en apnée.

Ou plutôt, 11 minutes et 5 secondes en apesanteur.

11 minutes et 5 secondes de trialogue incroyable jusqu’à ce dernier accord qui dit: «merci».

 

On pourra reprocher parfois à Petrucciani d’en faire trop (avez-vous déjà écouté sa version de «Caravan» sur The Complete Concert In Germany? Beaucoup de notes, certes, mais aucune, absolument aucune, n’est de trop !), mais ce «Prayer», dans lequel on sent sans doute aussi l’influence d’un Bill Evans, est touché par la grâce.

Impossible d’y rester insensible.

 

Petrucciani avait écrit ce morceau en remerciement à Eliot Zigmund, le batteur du trio, pour l’avoir hébergé et avoir pris soin de lui lors de son arrivée à New York. Roudodoudourou, si tu rencontres Michel là où tu es, demande-lui de te jouer «The Prayer» qui restera pour moi, à présent, toujours lié à toi et tes images.

Comme le dit Petrucciani dans ce film: «I hate to say goodbye.»


Ciao François.

 

A+

 

Les autres hommages du Z Band à Roudodoudourou:

Mysteriojazz : Billie Holiday

Maître Chronique : John Coltrane & Johnny Hartman

Belette : Night and The City, Charlie Haden

Jazz à Paris : Aretha Franklin

Jazz Frisson : Un passant de Gilles Vigneault par Karen Young

Ptilou's Blog : Michael Blake

La Pie blésoise : Live à Fip, Hadouk Trio

Z et le Jazz : Karma Pharoah Sanders

23:18 Écrit par jacquesp dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : michel petrucciani |  Facebook |

01/08/2008

Pendant ce temps, sur Citizen Jazz

Marcin Wasilewski est le pianiste qui a longtemps accompagné Tomasz Stanko.
Je dis «accompagnait», car je pense qu’actuellement, le trompettiste polonais tourne avec un nouveau projet où l’on retrouve notre ami fino-belge Alexi Tuomarila.

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Bref, ma chronique de «January», sorti chez ECM, est à lire sur Citizen Jazz.

Et toujours sur Citizen, vous pouvez également lire mon article sur le festival Jazz à Liège 2008.
Il suffit de cliquer ici.

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A+

31/07/2008

Dinant Jazz Nights 2008 (Day 3)

Dimanche, vers 15h, rendez-vous dans l’Abbaye Notre Dame de Leffe.

Il y a du monde.
Ça sent la cire et l’encens.

Assise devant les 56 touches et les 1532 tuyaux de l’orgue majestueux de l’abbatiale, inspiré par les instruments construits au début du XVIIIe siècle par le facteur d’orgues Gottfried Silbermann (qui vivait à la même époque et dans la même région que Bach), Rhoda Scott entame la «Toccata» de Bach.
Quoi de plus normal?
Surtout quand on se souvient aussi que l’organiste avait sorti en son temps un superbe album: «Come Bach To Me».

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Mais très vite, Rhoda Scott prend le chemin de «Summertime».
Steve Houben, au sax alto, emboîte le pas et nous voilà parti pour un voyage éblouissant entre gospel, baroque, blues, jazz et soul.

Les thèmes défilent avec élégance, avec vivacité, avec bonheur.
La rencontre entre l’orgue et le sax est majestueuse.
L’heure passe beaucoup trop vite et c’est déjà «Let My People Go».

Applaudissements à tout rompre.
Les musiciens reviennent pour un rappel.
Magnifique!
Sans aucun doute un des plus beaux concerts de ce festival !

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Retour sous la tente pour écouter le délicat duo entre Pascal Mohy (p) et Quentin Liégeois (g).
La musique est très intimiste, mais ne manque cependant pas de swing.
Le duo revisite quelques standards («‘Round Midnight», «Like Someone In Love»), mais propose aussi quelques compositions originales dont «6,4,2» aux motifs répétitifs ou le très sensible «Jojo», équilibré à la manière d’une valse.

Mohy et Liégeois: deux excellents musiciens à suivre et à revoir dans l’intimité d’un club.
Bonheur assuré!

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Changement de style ensuite avec le tonitruant Big Boogaloo Sextet d’Eric Legnini.
Au trio de base - Frank Agulhon (dm) et Fabrice Allamane (b) - se sont joints Flavio Boltro (tp), Stéphane Belmondo (tp) et Julien Lourau (ts).

Les deux trompettistes sont intenables.
Ils dynamitent un set pourtant déjà très explosif à la base!
«Miss Soul» doit bien se tenir entre «Mojito Forever» et «Sugar».

Chacun y va de son chorus, chacun tente de déstabiliser l’autre.
C’est bourré de surprises, de croche-pieds et de bonne humeur.

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David Linx, de passage, s’invitera à la fête pour un émouvant «Autour De Minuit» en hommage à Claude Nougaro.

Et pour clore ce décidemment très sympathique festival: Toots Thielemans et son trio.

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Toujours blagueur, toujours de bonne humeur et toujours aussi bon lorsqu’il souffle dans son harmonica, Toots  fait à nouveau l’unanimité.

Pour l’accompagner ce soir, il y a l’excellent pianiste hollandais Karel Boehlee, le fidèle Hans Van Oosterhout aux drums et le jeune Clemens van der Feen (déjà entendu avec Robin Verheyen) à la contrebasse.

Le répertoire est connu, mais la magie opère toujours.

Quelle pêche! Quel esprit! Quel talent!

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Toots est éternel.
Et il sera le parrain de l’édition 2009 du Dinant jazz Nights!

On parie que l’affiche sera flamboyante ?

A+

06/10/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 4 -

Samedi dernier, toujours à Dinant, avait lieu la remise des Django d’Or.
Pas bête, l’idée d’Ilan Oz d’intégrer cette cérémonie à un festival (l’année prochaine, ce sera au Blue Note Records Festival).

C’est le trio de Philip Catherine qui était invité à soutenir le protocole. C’était l’occasion de revoir avec plaisir, Mimi Verderame à la batterie, mais aussi Philippe Aerts à la contrebasse. Ce dernier me confirmera qu’il fera la tournée européenne de Richard Galliano, mais qu’il devra renoncer, la mort dans l’âme, la tournée mexicaine…

3 morceaux («Letter From My Mother», «They Say It’s Wonderful» (d’Erving Berlin) et «The Postman»), avant d’accueillir le gagnant du Django 2007, catégorie «jeune talent»: Pascal Mohy.
Il «disputait» le titre avec Robin Verheyen. Autant dire qu’il ne devait pas être facile de les départager…

Pascal Mohy jouera 2 morceaux avec le trio de Philip Catherine: une très jolie compo personnelle («Jojo») et «Broken Wings» de Richie Beirach.

La «Muse» de la Sabam fut décernée à Marc Van Den Hoof, figure incontournable du jazz à la radio flamande.

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Et puis, le Django D’or fut remis à Pierre Van Dormael. Surpris et heureux.
Les autres «nominés» étaient Sal La Rocca et Ivan Paduart.

Van Dormael jouera également avec le trio: «Nuage», «All The Things You Are» et «Eternel désir».

J’échange quelques mots avec Pascal Mohy, Pierre Van Dormael et puis  Philip Catherine qui prépare actuellement un album solo… avec deux guitares.
Humm, hummm… A suivre…


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Vers 18h, dans la grande salle, Elisabeth Kontomanou entre sur scène dans une superbe robe blanche de mariée. («Ce soir, je me marie avec vous…» dit-elle, avant de poursuivre dans un large sourire «…et demain ce sera avec d’autres».)

La voix est captivante.
Ce grain, cette profondeur, cette clarté… C’est hypnotisant.

Sur «I Gotta Right To Sing The Blues», elle dialogue magnifiquement avec la contrebasse de Thomas Bramerie ainsi qu’avec la batterie de Donald Kontomanou.
Puis, sur «Waiting For The Sun», c’est Manu Codjia qui électrise le thème.
Codjia est décidemment un guitariste exceptionnel. Dans son jeu, ce soir, on y retrouve du blues, de la soul ou encore du R&B. Chacune de ses interventions est d’une justesse et d’une créativité formidables.
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Dans la voix de Kontomanou, il y a l’histoire de sa vie. Et entre les morceaux extraits de son dernier album «Back To My Groove» (le plus personnel jusqu’à présent car elle en a écrit toutes les paroles…et beaucoup sont autobiographiques), elle doit presque reprendre ses esprits.
Elle vit tellement ses chansons qu’on la sent parfois K.O. debout.

Et son chant!
Elle joue avec les cassures de sa voix comme avec les cassures de sa vie.

«Where I'm Coming From» (en recherche d’identité et de son père qu’elle n’a jamais connu), «The Abuse» (une course effrénée à la «Blue Rondo A La Turk» à propos des femmes violentées), «Summer» (au rythme obsédant) et «Back To My Groove» (entre blues et gospel), sont tous des morceaux d’une profondeur et sincérité évidente.

Après le concert, je bavarde avec Manu Codjia. A propos de son premier disque en leader («Songlines» avec Daniel Humair et François Moutin) et de ses projets avec son trio, qui ne sera pas celui de l’album.

Puis, je discute avec Elisabeth Kontomanou.
Elle est belle et resplendissante.
On sent dans ses propos, dans son regard, dans son sourire un bonheur certain. Aucune haine ou rancune par rapport aux difficiles épreuves de sa vie. Tout est tourné en positif.
Elle me raconte ses débuts, son parcours, son dernier album.
Belle leçon de vie et de caractère.

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Vers 21 heures, Gonzalo Rubalcaba est seul au piano devant une salle pratiquement comble.

Le toucher est souple et tendu à la fois.
Le pianiste fait le vide autour de lui. Il accapare l’attention du public comme rarement.
La technique est éblouissante, mais reste toujours au service d’une mélodie limpide.
Rien n’est simple, rien n’est complexe, tout est évident.
Chaque accord a une signification. Et l’on entre dans son récit sans peine.

On le sent influencé par Tatum, par le rag, le stride et la musique cubaine bien sûr. Et tout ça est exposé avec sensibilité, tendresse, force ou humour. Les phrases courtes sont soutenues par une main gauche qui fait déferler les notes par vagues…
Absolument brillant !

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Pour finir cette longue journée: «Follow The Songlines».
Contrairement au concert de Flagey, pas d’orchestre symphonique ici. C’est pourtant un projet conçu pour cela, et d’ailleurs, l’enregistrement du futur CD se fera de cette manière… au Portugal, sans doute.

Sans cordes, le groupe a quand même très fière allure !
Et comment !
Rythme, fluidité du propos, échanges lumineux entre les pianistes (Mario Laginha aux Rhodes et Diederik Wissels au piano ou inversement), complicité entre les chanteurs (David Linx et Maria Joao), soutien impeccable de Christophe Wallemme à la contrebasse et de Stéphane Huchard à la batterie.

Après un départ tonitruant, on a droit à un superbe moment de sensibilité avec «Parrots and Lions».
Minutes d’une extrême volupté et de légèreté.
On est en apesanteur. On flotte très haut.
On est simplement retenu à la terre par les fines notes du piano.
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Le voyage continue et les vocalistes s’amusent, s’accompagnent, s’encouragent l’un l’autre…
Et comme ils sont tous deux très expressifs, le spectacle n’en est que plus étonnant.

Après le concert, je passe encore un bon moment au bar à discuter avec les musiciens, les photographes (Jos Knaepen, mais aussi Guy Le Querrec) ainsi que les organisateurs de ce très agréable et vraiment très sympathique festival…

En rentrant sur Bruxelles, sur une autoroute déserte, j’écoute «OverOceans» de Mathilde Renault que j’ai rencontré quelques heures auparavant.
Troublant et délicieux voyage…

Une journée de bonheur, quoi...

A+

20/09/2007

Dylan

Avant de revenir vous parler du concert de Pierre Vaiana au KVS box (oui, je sais, je suis très en retard...), je ne résite pas à vous offrir ce petit intermède.

Pas totalement jazz, en plus. 

Faut toujours se méfier des remix (de la plupart en tout cas).
Mais celui-ci est parfait à mon goût.

Décidément, j’aime bien ce Mark Ronson (j'en avais déjà parlé ici).
Il vient de réaliser un remix de “Most Likely You Go Your Way” de Bob Dylan (avec le consentement de celui-ci… Ce qui est rarissime.)

(Désolé pour toute la "pub" qui entoure cette excellente vidéo...) 

 

 


Bien sûr, certains se sont offusqués de ce "sacrilège" (pas de la "pub", mais d'avoir oser toucher à une oeuvre de Dylan)...

Mais, finalement, ce "remix" est assez respectueux de l’original, non?

Serait-ce pour cela que je l'aime?

A+

 

01:03 Écrit par jacquesp dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bob dylan, mark ronson |  Facebook |

16/05/2007

Giovanni Falzone - Meeting at Citizen Jazz

Il y a quelques mois, je vous avais parlé du concert de Giovanni Falzonne au PP Café.
Il est temps de parler du disque.

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Rien de plus simple, allez lire ma chronique parue cette semaine sur Citizen Jazz.


A+

18:45 Écrit par jacquesp dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : citizen jazz, giovanni falzone |  Facebook |

08/07/2006

Klinkende Munt '06

Au bout de la rue Antoine Dansaert, sur la Place Ste Croix, à lieu traditionnellement le Festival Klinkende Munt organisé par le Beursschouwburg.
La programmation ouverte, éclectique et sans œillères fait la part belle au jazz. Qui s’en plaindrait ?

Du jazz qui lorgne donc vers le rock, le rap, les musiques du monde. Bref, du jazz actuel.













Klinkende Munt proposait entre autres Acoustic Ladyland ce jeudi.
Bande de fous furieux anglais dont je ne connaissais que le disque Last Chance Disco.
Et j’avais vraiment envie de voir ce que ça donnait sur scène.

Hé bien, si le disque est déjà bien explosif, nerveux et très rock, sur scène c’est pareil en dix fois plus fort.
Fort dans le sens des décibels, car c’était vraiment face à un "mur du son" que l’on s’est retrouvé.
Le public, qui au début s’était approché de la scène, se retrouve petit à petit derrière ( ou presque ) la table de mixage.
Et le mixage, à propos? Simple : à fond.
Résultat : pas de subtilité, pas de dynamique, pas de modulation.
Acoustic Ladyland joue à fond, façon punk heavy trash metal. C’est amusant un moment. On a envie de danser le Pogo.
Mais à la fin, ça lasse…
Peter Wareham à beau y mettre un cœur gros comme ça et une énergie débordante - à presque ne plus pouvoir souffler dans son sax - on reste plutôt cloué sur place.
Effet désiré inverse en quelque sorte…














Ce vendredi, c’est d’abord Kurt Van Herck, Jacques Pirotton et Mimi Verderame qui débutent la soirée.
Une petite mise en place avec un thème de Monk, avant de poursuivre avec la plupart des morceaux de l’album Le Mariage .
Parfois intimiste ou un peu sophistiquée dans sa construction, cette musique demande une attention particulière pour en apprécier la richesse et la beauté.
Pas facile, quand une partie du public discute bruyamment ou qu’à l’extérieur du chapiteau un match de basket fait rage.

Le jeu de Kurt est quand même d’une grande finesse et d’une belle intensité. Et Pirotton se permet des impros incisives qui montent en puissance. Quant à Mimi Verderame, il assure solidement à la batterie.
Le trio aura finalement les honneurs d’un rappel spontané… et amplement mérité.
Ce qui manquait peut-être à cette formation ( on sait Kurt assez réservé ) était un certain « contact » avec le public… ?
A revoir en club, assurément.

Pendant la pose, je discute avec Mwanji et Ben Sluijs de musique, de la Coupe du Monde ou de comment combattre l’extrème-droite, …
Dans le petit village, je croise Teun Verbreugen, Erik Vermeulen, Marek Patrman, Eve Beuvens, Jérôme Colleyn, Geoges Tonia Briquet, etc…












Tout le monde est au rendez-vous pour écouter The Bad Plus.
J’aurais déjà dû les voir deux fois en concert ( à Anvers et Bruxelles ), mais un sommeil profond m’avait empêché d’être à l’heure pour l'un et une réunion interminable avait eu raison de mon billet d’entrée pour l’autre…

Ce soir, j’étais aux premiers rangs. Et ce fut formidable.

J’avais beaucoup aimé l’album "These Are The Vistas", moins "Give" et étais donc très curieux de voir enfin ce groupe sur scène.
Phénomène éphémère de mode ou vrai style et vraies idées ?
Hé bien, après le concert je penche définitivement pour la seconde proposition.
Une présence sur scène indéniable, de l’humour, du second degré mais un ton et un discours unique.

The Bad Plus développe ce son si particulier entre le rock-pop et le jazz, sans en utiliser les clichés.
Rien n’est compliqué, mais rien n’est simpliste. C’est la force de ce groupe.

Ce qui saute aux yeux tout de suite, c’est Dave King à la batterie. Larges épaules, sourire carnassier et drumming nerveux, efficace et… puissant.
Mais ici, la puissance est distillée, équilibrée, ce qui renforce l’énergie, l’adrénaline, la tension.
Reid Anderson à la contrebasse, ensuite, impose un jeu très harmonique et percussif à la fois. On passe du blues à un jazz des plus déstructurés avec un esprit de cohésion parfait.
Et bien sûr, au piano Ethan Iverson jette les bases des thèmes pour mieux les découdre et les reconstruire.
The Bad Plus passe à la moulinette de manière intelligente ( mi-respect, mi-humour ) des "classiques pop" tels que "Chariots Of Fire" ou "This Guy’s in Love With You" ( de Bacharach, immortalisé par Johnny Mathis ) en passant par le free jazz d’Ornette Coleman, le rock underground d’un groupe New-Yorkais ( Nark ?), des compos personnelles ( comme l’excellent "Rhinoceros is my profession" ), avant de revenir à une version improbable de "We Are The Champions".

L'unité du groupe est merveilleuse, ils jouent avec les silences, les break, les accélérations, les impros. Le son est impeccable, permettant d’entendre vraiment la richesse du jeu de chacun, sans en diminuer l’intensité ni la puissance.
Merveilleux concert.
Et puis, le contact de Ethan avec le public est immédiat. Il présente avec humour et décontraction les musiciens ( à la manière des shows télévisés américains ) ou raconte quelques anecdotes concernant les morceaux…
Que du bonheur.


Et ce n’est pas fini, car après le concert, je rejoins Mwanji en pleine conversation avec les membres du groupe. Et nous nous retrouvons tout naturellement à l’Archiduc en compagnie d'Ethan Anderson pour parler jazz, musique, voyages etc…
Nous sommes rejoins ensuite par Reid Anderson et l’ingénieur du son…
Sympathique et amusant moment qui nous empêchera de voir le dernier concert au Beurs...
Et voilà comment on se retrouve sur le blog de The Bad Plus… :-)

A+

16:12 Écrit par jacquesp dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |