11/09/2006

Ben Sluijs Quartet Live - Jazz in Marni



A ne pas mettre entre toutes les oreilles…
Les concerts de Ben Sluijs ne sont pas à mettre entre toutes les oreilles.
Son dernier album non plus d’ailleurs.

Il nous avait déjà mis sur le chemin avec True Nature où le lyrisme faisait place, petit à petit, à un univers bien plus libre, bien plus ouvert.

En suivant les différents concerts donnés par ce « nouveau » quartet ( enfin, « nouveau »… il a vu le jour en ’03 ), j’ai pu suivre son évolution, ses recherches, ses doutes, ses trouvailles.
Le travail sur une musique exigeante pour les musiciens et le public.

Lors du concert au Théatre Marni ce vendredi, le public était attentif. Et il fallait l’être pour vibrer au son de ce « presque free-jazz… »
Presque.
Oui, car la musique de ce quartet n’est pas aisée à définir.
Même si elle se radicalise, elle est « In Between ».

On y retrouve toujours le travail d’écriture fantastique de Ben, mais on le sent comme bousculé, poussé par la fougue de Jereon Van Herzeele.
Cela forme une alchimie particulière et unique.
Du coup, la musique devient un peu plus « immatérielle », plus fusionnelle, plus intense encore…

Les photos des derniers albums soulignent cette fuite vers « l’ailleurs ».
On est parti des profondeurs aquatiques avec le précédent quartet et Seasounds, pour s’élever et voir le soleil poindre à l’horizon avec True Nature, et atteindre enfin les galaxies avec In Between ( dernier album enregistré « live », qui vient de sortir chez De Werf )*.

Le concert ( tout acoustique ) démarre donc sur les crissements et les frottements de la contrebasse de Manolo Cabras, les souffles plaintifs des deux saxophones, le jeu bruitiste à la batterie de Marek Patrman.
De ce magma se dessine peu à peu une « mélodie », un thème qui sera repris, retravaillé, trituré, développé et détricoté à l’extrême pour créer une tension forte et prenante.
Les musiciens se connaissent bien, et réinventent avec bonheur et intelligence les impros et les délires.
Et..., aussi étonnant que cela paraît, le « sens » de la musique transpire.
Nous voilà parti dans un sacré voyage. Pourquoi s’accrocher ? Laissons-nous aller !

Marek invente lui aussi un univers. Son jeu est à la fois précis, cristallin, nerveux ou incisif et à la fois puissant profond et lourd.
Manolo relance, propose, intervient avec force et impose un jeu limpide comme pour tirer le groupe vers une autre nébuleuse.
Chacun y va de ses propositions, de ses idées. Chacun profite de sa liberté. Et tous se rejoignent.

Les deux sax, à l’unisson, replacent le thème avant de laisser l’un ou l’autre s’échapper vers un solo incandescent ( Jereon… « Bonjour Pharoah », « Bonjour Albert » ) ou un lyrisme débridé jusqu’à l’extase ( Ben… « Bonjour Ornette », « Bonjour Dave » ) et trouver ainsi la véritable identité du groupe.

L’écoute entre les musiciens est primordiale, et l’entente est parfaite.
Le résultat est précieux.
Préparez-vous les oreilles et laissez-vous bousculer par « Schooled Mind », « A Set Of Intervals », « Earth »… vous vous retrouverez « Somewhere In Between ».
Et qu’est ce que c’est bon.

( Ben Sluijs est « nominé » pour les Django d’Or 2006 ainsi que Jef Neve, Erwin Vann, Hans Van Oost, Bart Defoort, Robin Verheyen, Kris Defoort, Bo Van Der Werf, David Linx ( enfin ! ), Diederick Wissels ( re-enfin ! ), Peter Vandendriessche, Peter Hertmans, Ewout Pierreux et Tom van Dijk… Belle brochette, humm ?

A+

*L’album « Flying Circle » faisait partie de la série « Finest In Belgian Jazz »… et la cover était donc… différente.

23:29 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/09/2006

Bojan, Robin, Citizen et autres nouvelles...


Fidèles comme vous êtes, je suis sûr que vous êtes déjà allé sur Citizen Jazz pour lire les dernières nouvelles.

Pour les distraits, je les invite à le faire, et pour les curieux qui voudraient lire ce que j’écris sur ce site, rendez-vous ici.

Il s’agit de la chronique du dernier album de Bojan Z.
Faut-il encore vous dire que c’est un excellent disque ?
Que Bojan est un personnage qui ressemble à sa musique ? ( Je l’ai rencontré pour réaliser une interview – à venir – pour Citizen Jazz. )
Il a l’œil vif et brillant, la gestuelle simple et affûtée, le verbe précis et rieur…
Comme sa musique, en quelques sortes.















Sur Citizen Jazz, vous lirez aussi d’autres choses intéressantes, bien sûr.
Par exemple, un entretien avec Guy Le Querrec ( que j’ai eu aussi le bonheur de rencontrer un jour avec Henri Texier) réalisé par Benoit Lugué, qui vient un peu « en écho » à la conversation que j’ai eu dernièrement avec Guido Marcon…

Le compte-rendu de Damien Rupied du concert d'Alexandra Grimal au "Duc des Lombards" à Paris avec Jozef Dumoulin et Dré Pallemaerts ( encore des belges ).

Et puis, d’autres choses comme l’article de Sophie Chambon à propos du Tremplin Jazz d’Avignon où nos jazzmen belges ont brillé.
Une fois de plus.
C’est un « concours » qui leur réussi pas mal ces derniers temps : Alexi Tuomarilla en 2001, Pascal Schumacher en 2004… ( ok, ils ne sont pas nés en Belgique, mais ils y vivent et travaillent avec des musiciens belges…).
Cette année, ce sont Saxkartel et Carlo Nardozza qui furent récompensés.

Voilà qui fait plaisir.















Pour avoir vu « Saxkartel » l’année dernière en concert à Liège et « Carlo Nardozza » cette année à Gand ( je mettrai un léger « bémol » aux prestations du guitariste… ), je peux confirmer que ces prix ne sont pas usurpés.

Dans Saxkartel, outre les talentueux Tom Van Dyck, Sara Meyer et Kurt Van Herck ( vous avez écouté le magnifique album « Le Mariage » ?? ), il y a aussi Robin Verheyen.
Robin fut deuxième du Festival à Avignon l’année dernière avec son groupe Narcissus Quartet.
J’ai d’ailleurs réécouté et surtout « redécouvert » cet album cet été.
Un album riche. Bien plus riche qu’il n’y paraît.
Un album bien construit, qui démarre par un coup de poing et qui s’attendrit et s’affine au fil des thèmes. Devenant intimiste même…
Harmen Fraanje, au piano, y est lui aussi excellent.

La dernière fois que j’ai rencontré Robin, il me parlait de son projet d’aller à New York pour y travailler, ainsi que d’un album qu’il avait enregistré avec, entre autres, Giovanni Falzone et Bruno Angelini ( excusez du peu… !! ).

Eh bien voilà, Robin s’est envolé vers NY et l’album sort chez Soul Note ( Italie ) en septembre.

... Curieux d’écouter ça…

A+

22:55 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/09/2006

Truffaz, Singh, Murcof...

Pour le plaisir.
Rien que pour le plaisir.
Certains connaissent déjà tout le bien que je pense d'Erik Truffaz.
Pour être franc, je l'avoue: je suis fan.
Et je sais aussi que certains n'apprécient pas. A chacun ses goûts.

J'ai eu l'occasion de voir beaucoup de ses concerts, de le rencontrer plusieurs fois, de discuter avec lui... C'est un type formidable.

En surfant sur le net, je suis tombé sur une vidéo enregistrée à Montreux cet été.
Erik y joue en compagnie de Murcof, bidouilleur d'electro-ambiant, et Talvin Singh, qu'on ne présente plus...

Sit down and enjoy...



A+

22:22 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

04/09/2006

Fabien Degryse Trio à la Jazz Station


Reprise !
Ça y est, c’est la reprise
Bon, d’accord, le jazz ne s’arrête jamais. Mais il faut admettre qu’en été ce sont plutôt les festivals et les concerts gratuits qui prennent le dessus.

Ce samedi, c’était le lancement de la nouvelle saison à la Jazz Station.
Et… bonne surprise, il y avait du monde.
Même moi j’y étais.
Et Guido Marcon aussi , ( photographe dont j’ai déjà parlé ici ), et avec qui je discute de l’étroite marge de manœuvre dont les photographes professionnels « bénéficient » lors des festivals pour faire leur travail…
Pas simple.

Bref, sur scène : Fabien Degryse et son nouveau projet en trio.











Le trio, c’est Fabien à la guitare accompagné de Bruno Castellucci ( d ) et Bart De Nolf ( cb ).
D’après ce qu’ils m’ont dit, ce groupe s’est formé lors d’un « Master Class » en Thaïlande.
Comme quoi, les voyages ne forment pas que la jeunesse…

Après quelques semaines ( mois ?) de répétitions, le trio se présentait pour la première fois en public.

La plupart des compos sont signées Fabien Degryse… et l’on reconnaît presque instantanément sa patte.
Voyageant entre la bossa, le blues, le jazz et la chanson, Fabien égrène avec finesse et légèreté des thèmes qui paraissent simples et qui pourtant demandent une sacrée dextérité de sa part et une belle écoute entre les musiciens.

Après deux premiers morceaux « tendance bossa » et balade « bluesy » ( « Dreams and Goals » et « Fatima » ), le trio entame un morceau plus enlevé. Entre swing et bop… Ça voyage, ça coule, ça file.
Les échanges entre la guitare et la contrebasse de Bart De Nolf sont d’une extrême beauté. Bart sortira d’ailleurs un magnifique solo, puissant, profond, énergique et limpide.
Ce morceau me rappelle quelque chose… mais quoi ?
Il s’agit en fait d’un travail sur la base de « Oleo » de Rollins ( vous vous souvenez de la version avec Miles sur « Bag’s Groove » ? …hummm ) qu’ils ont intitulé « Aléa ». Excellent.

Un autre moment excellent, le meilleur moment de la soirée à mon avis : « Da Ann Blues » !
Un thème bien « roots », bien gras et bien blues. Fabien y délivrera ses notes avec plus de parcimonie, laissant chanter la basse de Bart ou la batterie de Bruno qui s’amuse à déséquilibrer la structure du morceau pour en donner toute la saveur.
Peu de notes… mais les bonnes. La belle idée. Et ce n’est pas Miles qui me contredira.

On termine le premier set « en force » avec « Yardbird Suite » de qui vous savez.
Et on reprend le deuxième set de façon plus sensuelle, plus… athmosphérique, sur un rythme brésilien ( est-ce une samba, une bossa… ? ) avant de proposer une belle version de « Manha de Carnaval » de Luis Bonfa où Fabien pourra s’exprimer au chant.
Aahh, il aime ça, le chant. Et le scat aussi… Ça se voit et ça se ressent. Au premier set, il avait déjà chanté sur « Have you met Miss Jones ».
Même s’il chante un peu « à côté » ou sans trop de sûreté, c’est sincère et c’est « vrai ».
Et c’est ce qui est touchant. C’est sûr, c’est moins fluide ou puissant que Phil Abraham ( qui était dans la salle ) ou moins souple que Greg Houben ( pour ne prendre que ces deux exemples belges ), mais sa façon de chanter a du charme…

Après ces moments d’une belle intensité, le concert se terminera avec des thèmes plus jazz blues ou bop, qui me rappelleront un peu le phrasé d’un Joe Pass, sur l’un des deux derniers morceaux par exemple.

Voilà donc un beau projet plein de promesses.

Après le concert, je retrouve Etienne Richard et Véronique Hocq. Histoire de parler… jazz.
De parler de la tournée dans le sud de la France pour l’un, des stages d'été et de projets pour l’autre. De discuter de la beauté et de la difficulté du jazz, de sa médiatisation, des nombreux et talentueux jazzmen…
Bref, histoire de refaire une fois de plus le monde en… jazz.

A

23:31 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/09/2006

RUSH BUSH BRUSH...

Pas eu beaucoup l'occasion de venir raconter énormément de choses à propos de jazz ces derniers temps.
Depuis mon retour de vacances, le boulot n'a vraiment pas manqué et j'ai du faire l'impasse sur quelques bonnes soirées tranquilles à écouter du jazz et faire une croix sur quelques concerts...

Le rush de la rentrée, quoi.

Bref, en rentrant chez moi vers 21h ce vendredi, je m'affale dans le fauteuil et allume machinalement la télé...
Et je tombe sur un reportage ( reconstitution-fictionnelle? ) sur le 11 Septembre.
Il s'agissait d'une sorte de téléfilm.
Pourquoi pas...
Mais le pire était que cela fut doublé en français ( c'était un "document" anglais ).
Et c'était ... ( excusez-moi ) risible et pathétique.
Pourquoi s'obstine-t-on encore à notre époque à diffuser ce genre de choses en "version française" ?
Ou alors, il faut produire cela correctement...

Bref, je n'ai pas insisté et je me suis écouté à nouveau un Lennie Tristano


















Un autre album indispensable du pianiste.
Il est accompagné ici de Warne Marsh, mais aussi de Lee Konitz...
Un bijou de (cool)-Bop qui laisse entendre déjà le jeu singulier de Tristano...





























Et puis, en repensant à cette émission de la télé, je me suis souvenu avoir vu sur le site de Pascal Schumacher, un un petit film d'animation typographique qui reprenait quelques phrases de Bush et consorts.
Pascal en avait fait la musique ( à la machine à écrire !! )
Allez jeter un oeil sur son site. A la rubrique "Extras".
Un bien beau travail.


A+

15:59 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/08/2006

Jazz In 't Park - Gent

Non, je n'y étais pas.
Mais un ami est allé écouter Bert Joris samedi soir. Et il en a ramené un petit film.

Allez jeter un oeil ici.
Bert Joris est à la trompette bien sûr, Dado Moroni au piano, Philippe Aerts à la basse et Dré Pallemaerts aux drums...

Quant aux musiciens qui participent à la "jam" en fin de concert, je ne connais pas leurs noms...
:-))

Hartelijk bedankt voor de filmpje, Koen !

A+

07:05 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/08/2006

A Day In A Life.


On bosse comme un malade toute une journée.

Une grosse journée.
La tête « dans le guidon » de neuf heure du mat' à… maintenant.
1h.

Ring. Ville. Retour. La nuit.

Maison, un verre, musique.

Allongé sur le sol.
Lennie Tristano


















On décolle, on s’envole…

On s’élève.
Enfin.

A+

02:10 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

23/08/2006

Euritmix


Les bagages sont rangés, les maillots de bain aussi, les lessives sont lancées, le ciel est plombé… les vacances sont terminées, c’est sûr et certain.

Dimanche après-midi, du côté de la Place d’Espagne, je décide d’aller écouter un des derniers concert du festival Euritmix, histoire de prolonger encore un peu les vacances.

Dans le joli petit chapiteau, Tuur Florizoone, de retour de Pologne, nous offre un concert « solo ».















J’adore ce gars. J’adore sa musique. J’adore sa présence sur scène…

Et cet après midi, j’étais à nouveau sous le charme.
Tuur est un poète, un artiste, un vrai.
Le genre de mec qui se dévoile en public, qui donne ce qu’il a, qui livre ses états d’âme…
Seul avec son accordéon, il nous emmène souvent loin. Et pas toujours où l’on croit aller, d’ailleurs.
Par exemple, lorsqu’il reprend un air brésilien ( « Assumptio » ?? ) , on est plus dans les Balkans qu’en Amérique du Sud.
Et qu’est ce que c’est beau.
La manière dont il fait respirer son accordéon donne des frissons.

Tuur arrive à imposer le silence et l’écoute attentive à la salle. Elle est captivée.
Mais comment ne pas l’être lorsqu’il joue « 4,3 et 4 » ?
Ou lorsqu'il reprend « Tango » de Goran Bregovic en l’adaptant à son style ?
Et puis il utilise son instrument comme une percussion, en le frottant, le frôlant, le grattant, le faisant souffler, souffrir et puis rire sur « Wat Vindt Je ? ».
Flamboyant.
Tuur Forizoone sera en studio dès ce lundi ( avec ses camarades de Tricycle, dont l’excellent Philippe Laloy qui était invité ce week-end par Karim Baggili à Huy ( à lire: le très bel article de Marlène Britta ici, dans « La Libre » à ce propos.) et Vincent Noiret ( non moins excellent.).
Ça promet.
Surtout lorsqu’on entend « Ode à Lydie » que Tuur interprèta ce dimanche.











Puis, ce fut le tour d’ Ivan Paduart et de Richard Galliano de prendre possession de la scène.

Concert en trois temps.
Ivan interprétant en solo trois de ses compositions ( « Zen », « Blue Landscape » et « Avrö » ), où l’on retrouve à la fois un touché très « Evansien » et un jeu assez « percussif », puis Galliano au tempérament plus latin que Tuur Forizoone, jouera lui aussi trois morceaux ( « Chapitre », « Fou-rire » et un medley de « Des Voiliers », « Giselle » et « Libertango » )

C’est évident, on est plus « populaire », plus joyeux, plus nerveux et plus jazz à la fois.

En duo, ils joueront à la fois des balades ( « Balade pour Marion » ou le toujours très beau et incontournable « Igor ») et d’autres morceaux plus relevés, comme « Horlogerie » par exemple, où le dialogue entre le piano et l’accordéon fonctionne à merveille.

De Galliano, j’ai tendance à quand même préférer ses projets « Piazzola Forever » ( son concert à Tournai il y a deux ou trois ans était éblouissant ) ou le dernier en date : « Tangaria ».
Deux projets où l’on sent l’émotion, la tension… la sueur.
Un autre genre, quoi.
A+

00:08 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

21/08/2006

Jazz à Liège. 2006 - Sur Citizen Jazz

C'était en juin, c'était très bien et pour moi, Jazz à Liège c'était comme ça....

Les photos sont de Jos Knaepen ( Bedankt "Jazzman" ).

Bonne lecture.

A+

22:19 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

20/08/2006

I'm Back ( 1 )


Ha, qu’il est bon de ne rien faire.
Ou du moins, de prendre le temps de flâner, d’écouter le silence et de lire.

Oui, sous le soleil de Montaigu-de-Quercy ( puis de La Bastide de Virac et puis Juliénas…) j’en ai profité pour lire.



















J’ai ainsi relu Free jazz Black power de Carles et Comolli.

Et je suis content de l’avoir fait de manière plus assidue ( pas par bribes, qui me font généralement perdre le fil de l’histoire ).
Car il s’agit bien d’une histoire.
Une brillant analyse de la condition de noirs aux Etats-Unis, de l’esclavage, de la naissance du jazz jusqu’au Free Jazz.
C’est intelligent, précis, clair et cela permet de « comprendre » le pourquoi du Free Jazz.
Même mes filles, intéressées par ma lecture et curieuses d’écouter ce genre de jazz, en ont apprécié quelques morceaux…
Si, si...
Je n’avais pas emmené tous mes disques, bien sûr, mais Love Cry, par exemple ( sans doute pas le plus « radical » d’Albert Ayler, j’en conviens ) fut écouté attentivement et même apprécié.
Comme quoi, la musique n’a pas d’âge.


Puis, entre Libé qui me permit, entre autres, de suivre « Jazz à Marciac », et Le Monde qui m’a bien donné envie de connaitre un peu plus Mayra Andrade, dont j’avais déjà lu de bonnes critiques et entendu quelques morceaux, j’ai lu une « nouvelle » bio de Billie Holiday.
Celle écrite par Sylvia Fol et parue chez Folio.
Hé bien, c’est pas mal du tout. L’écriture est simple et agréable et le sujet semble très complet.
Bien, sûr, il y a parfois quelques passages un peu « racoleurs», mais l’ensemble décrit bien la misère et les tourments de cette incroyable et inclassable chanteuse.

Deux bouquins qui donnent envie d’écouter ( ou de réécouter ) Art Tatum, Lester Young, Bessie Smith, Lennie Tristano, Henry Grimes, Archie Shepp et des centaines d’autres…

En attendant, j’ai trouvé cet enregistrement de Stange Fruit de Billie Holiday.


No comment…

A+

15:12 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/08/2006

Mais aussi...















Il y a eu une nouvelle mise à jour sur Citizen Jazz.

Vous pourrez lire ma chronique à propos de Popup du trio de Patrick Muller.
Trio assez intéressant à la démarche et au son bien personnel…
C'est pas si courant.
Vous pouvez l’écouter et le télécharger sur Madsap.

Oui, je sais, une seule chronique c’est peu cette fois-ci.
J’étais un peu débordé.
Mais je vais me rattraper, promis…

Et puis, dans ma précipitation, j’ai oublié de placer dans mon agenda d’août le Festival d’Art à Huy
D’accord c’est pas « purement » jazz, mais on ne va pas être sectaire quand même !

Il y aura par exemple Karim Baggili ( qu’on entend régulièrement avec Nathalie Loriers ) , Kora Jazz Trio ( dont Bob avait parlé sur Citizen Jazz ) , Jacques Stotzem et André Klenes, Slang

Mais il y aura aussi d’autres musiciens que je ne connais que de nom mais qui doivent valoir la peine d’être vu et entendu, comme Alfredo Marcucci , Ialma ( dont Mwanji avait parlé sur Be.Jazz ), ou encore Klezmic Zirkus

Alors, avec Gouvy, Fleurus, Gaume, Jazz In’t Park et le reste… ceux qi resteront en Belgique ne pourront pas se plaindre.

A+

00:59 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/08/2006

Sous le soleil exactement.



Si jamais je vois des trucs bien pendant mes vacances, je vous en parlerai bien sûr.

Je serai à 150 Km. de Marciac. Qui sait si je ne pousserai pas une pointe jusque-là ?

Ou alors, au détour d’une balade dans la campagne, je tomberai peut-être sur un petit festival.
Ou un concert.
Un peu comme l’année dernière, en Italie, où j’ai assisté par hasard à un concert d’ Enrico Rava et son New Generation Quartet.
C’est à dire Mauro Negri ( ts ), Giovanni Guidi ( p ), Francesco Ponticelli ( cb ) et Emanuele Maniscalco ( dr ).

C’était merveilleux.

Des musiciens extraordinaires.
Un batteur fougueux mais léger et subtil à la fois et un pianiste comme seule « l’école italienne » peut en sortir ( style Stefano Bollani ou Danilo Rea si vous voyez ce que je veux dire… ). Un pianiste à l’attaque franche et brillante et où l’on retrouve une pointe de folie dans le jeu. Et une musicalité toute « machiste » et chantante à la fois.

C’était à Gubbio.

Bon, je vais préparer ma valise et surtout sélectionner les disques qui vont m’accompagner sur la route…

A+

23:55 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/07/2006

De Biasio, Mohy and guests au Music Village



Le boulot, la chaleur, les stages des enfants…
Après une grosse orgie ( … oui enfin,... un rythme habituel ) de concerts de jazz ( Liège, Brosella, Klinkendemunt, Blue Note, entrecoupés d’autres concerts… ) j’ai bien été obligé de « lever un peu le pied ».
Pourtant il y avait des choses à voir et à entendre.

Alors, samedi soir, j’ai emmené la petite famille au MusicVillage pour écouter Mélanie De Biasio.

J’aime beaucoup cette chanteuse et j’essaie de la voir régulièrement. Ici ou , par exemple.

En cette fin juillet, le club lui ouvrait la scène pour toute une semaine.
Belle idée qui permet aux différents musiciens de tester différentes formules. Ou pas.
Et ce soir, Mélanie avait invité Teun Verbruggen.
Le trio était donc un quartet.

Ce « petit plus » était bien venu, finalement.
Enrichir sans dénaturer le chant très personnel de De Biasio, c’est ce que Teun a réussi à faire. Chapeau.
Pimentant de quelques frappes sèches et mates à la fois, il ne se contenta pas d’accompagner Mélanie.
Je la voyais d’ailleurs sourire lors des interventions du batteur.

Mais elle reste très attentive, très concentrée et toujours à l’écoute des autres musiciens. Elle dirige sobrement le trio, rebondit sur le chant profond de la basse de Axel Gilain, laisse s’envoler Pascal Mohy vers de belles improvisations…
Elle vit vraiment les standards, se les réappropriant en un chant intime et très convaincant ( « Black Coffee » ou sa chanson fétiche « Come Rain Or Come Shine », par exemples) .
Elle ira même jusqu'à interpréter un morceau plus « swinguant » et enlevé, comme pour prouver qu’elle peut le faire. Et… pas de surprise, elle le fait très bien.

Mais le style de Mélanie, c’est le tempo lent, les phrases déposées délicatement, la profondeur et le sens des silences étirés.
J’adore ces ambiances-là.
Amateur de jazz ou pas, goûtez-y.
On y succombe.
C’était en tout cas l’effet qu’a eu ce concert sur … « ma petite famille »…

A+

23:27 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/07/2006

Brosella '06 ( extension... )

Pour prolonger un peu le Brosella 2006, voici un lien vers FM Brussel, où vous pourrez entendre les impressions de certains artistes présents lors de ce festival.

Les interviews sont réalisées par Jempi.
Certaines sont en néerlandais, d'autres en anglais et français.

( Thanks Bart ! )

A+

17:38 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

20/07/2006

Carte Postale du Blue Note Records Festival 2006


Jeudi dernier débutait le Blue Note Records Festival à Gand.
Je ne vais pas vous faire une revue de détails ( parce que : « article pour Citizen Jazz et bla bla bla ... ». Vous connaissez le discours.)

Alors voilà quelques impressions.

Le concert de Carlos Nardozza qui ouvrait les festivités était en dents-de-scie.
Des moments bien et d'autres... passables.
Le guitariste en faisait souvent trop... Et surtout pour rien.
Le saxophoniste par contre mérite une belle écoute. Impressionnant.

Dianne Reeves. Impeccable, pro, fidèle à elle-même, drôle.
Voix sublime, sens de la mise en place et du contact avec le public.
Mais bien sûr, c’est sans surprise.

















Vendredi, sous la tente, j'ai raté le Sound Plazza de Kris Defoort. J’ai juste entendu les deux derniers morceaux.
Même si c'est "difficile" de plonger à froid ( si l’on peut dire par ces jours de grand beau temps ! ) dans ce genre de musique, c'était du haut vol.
Il paraît que c'était d'ailleurs très bien d'après les échos que j'en ai eu par la suite.
Cela ne m’étonne pas. Et je râle de n’en avoir pas vu plus.

David Murray et le Gwo Ka était assez répétitif. Toujours sur le même rythme.
Peu de folie, de cassures. Si le concert avait été debout, peut-être que cela aurait donné quelque chose de différent, car cette musique frénétique et lancinante est faite pour être dansée....
Bref, moins bien qu'à Flagey, ça c'est sûr.

Par contre JohnZorn !!!! ( 1 ) Fantastique!!!
Une heure à fond. Une heure d'un niveau extraordinaire. Quel groupe!
Quelle claque.Quelle écoute entre eux, quel esprit!
Fantastique!
Zorn est LE boss de la formation et tous répondent au doigt et à l’œil ( au sens littéral ) du chef.

Samedi, Vann – Galland – Washington proposent un set très blues, assez roots.
Assez loin des expérimentations et de l'énergie du concert à l'Archiduc.
Pas mal mais un peu trop sobre…

Eric Legnini trio, fantastique. Comme d'habitude.
Et comme d’hab, c’est ce que je lui dit backstage à la fin du concert…
Du jazz ( soul ) qui ne peut que réjouir un public de festival. Musique immédiate, accrocheuse et exécuté de main de maître.

Jason Moran ( 3 ), vraiment bien.
Mélange de hip hop, stride, blues... Tout cela avec humour. Moins de "dextérité" que Legnini sans doute, mais une sacrée justesse et un sens de la mise en scène.
Ce type à « digéré » toutes les musiques qui l’entourent.
Superbe de modernité et de respect à la tradition.

Wayne Shorter ( 2 ) mmmmmouais.
Très "intello", très écrit ( ?? ).
Une musique qui penche beaucoup vers la musique contemporaine. Pas vraiment d’évidente cohésion entre eux et des impros qui semblent ne mener nulle part.
Ok, il y a bien eu deux chorus assez superbes...
Un batteur délirant ( mais pour raconter quoi ? ), un bassiste impeccable et Danilo Perez au piano. Du beau monde sur scène… certes.
Mais quand on parle à la tête sans passer par le cœur…

















Dimanche, Paolo Fresu (4 ) et son quintet.
Très drôle, sympa, joyeux, détendu. Impeccable. Du Fresu quoi.
En été c'est parfait.
Et puis, il a quand même un super son de trompette et du buggle. Et son saxophoniste, mis à l’honneur pour ce concert ( c’est lui qui a écrit la plupart des pièces jouées cet après-midi ) était lui aussi au top niveau.

Nathalie Loriers, et son projet « Chemins Croisés », était très lyrique, très sensible et assez introverti.
Sobre.
Un poil trop peut-être.
Il y eut peu de place pour Trovesi, duquel j’attendais un peu plus de folie.
Mais l’ensemble fut plutôt agréable et recueilli. Comme il se doit sans doute pour ce genre de musique…

Texier - Sclavis - Romano! ( 5 ) Alors là… de la bombe!
Tout y est là-dedans! Humour, impros, free jazz, cohésion, mélodies...
C’était fort, c’était simple, c’était juste. C’était génial à tous points de vues!
Et j’ai d’ailleurs eu l’occasion de le lui dire backstage aussi.

Quant à Charles Lloyd ( 6 ), dans un tout autre genre, ce fut ici aussi exceptionnel!
Zakir Hussain aux tablas, en duel avec Eric Harland à la batterie ( mais aussi au piano! ) fut magique.
Les rôles des musiciens s’inversent, se mélangent. Ils nous emmènent en voyage et on les suit du début à la fin. Fascinant...

Puis, le Blue Note Records Festival, c’est aussi l’occasion de boire quelques Duvel et de discuter avec Piet ou Tom ( les piliers du Jazz Forum ), Manolo Cabras et Lynn Cassiers, Robin Verheyen, Jempi, Jos Knaepen, Piet Verbiest ou Chris Joris, entre autres… Car même Gégé et Sté avaient fait le voyage pour écouter Dianne Reeves.

A+

21:42 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/07/2006

Brosella '06


Le temps passe trop vite.
Le Brosella, c’était dimanche dernier ( le 9 ) et je n’ai pas encore eu le temps d’en parler.

Le public était nombreux pour cette 30ème édition.
Pour fêter ça, pas de feux d’artifices ni de décors particuliers, mais un superbe programme.















J’arrive quand Richard Galliano monte sur scène. Je n’avais entendu que la fin de sa prestation lors du festival Jazz à Liège. Ce qui m’avait un peu frustré.

Ici, sous le soleil, c’est tout son univers qui étincelle.
Comment le définir ? De la musique argentine d’abord ( et autres musiques sud-américaines ), un soupçon de musique orientale, quelques gouttes de musiques tziganes, un zeste de chanson française, le tout emballé façon jazz…
Galliano, c’est tout ça à la fois. La chaleur et l’âme en plus.
Galliano fait respirer littéralement son accordéon. Mais il fait aussi jouer ses compagnons ( dont l’excellent violoniste Alexis Cardenas ) et construit avec eux une musique tantôt festive, tantôt mélancolique.
Et puis, il joue beaucoup sur les percussions. Non seulement avec celles de Rafael Mejias , mais aussi avec Jean Philippe Viret à la contrebasse, qui la griffe, frotte et frappe. ( A Liège, c’était Philippe Aerts qui tenait ce rôle.)
Superbe moment.

Entre deux concerts, je discute avec Tuur Florizoone venu voir le « maître » avec qui il a déjà joué… Et ça pourrait peut-être se reproduire ( croisons les doigts ).
En lui demandant pourquoi il avait choisi cet instrument, Tuur m’explique son premier contact ( fortuit ) avec l’accordéon, mais me lâche surtout cette phrase merveilleuse : « Tu réalises que c’est l’instrument qu’il te faut. C’est comme si tu découvrais que tu étais homosexuel… et tu te dis wooooo… c’est extraordinaire ça. »
Personnellement, je n’ai aucun point de comparaison, mais ça m’a beaucoup fait rire…














En attendant c’est Amina Figarova qu’on retrouve sur scène.
Un septet énergique qui me fait penser par moments à la formation « Extension » de Nathalie Loriers. Avec, peut-être, la notion d’arrangements pour mini big band en plus.
Le toucher de la pianiste est subtil sur des ballades intimistes comme « Dawn » ou « When The Lights Goes Down », mais aussi très percussif sur d’autres morceaux comme le très bouillonnant « Trying To Focus ».
Le batteur Chris Strik, très expressif et grimaçant, y est sans doute pour quelque chose. Il emmène avec lui Marcel Reys ( tp) mais surtout les saxophonistes Kurt Van Herck et Tom Beck.
Quant à Bart Plateau, il ramène l’équilibre et la finesse avec de superbes envolées à la flûte.

Belle découverte pour moi qui voyais Amina Figarova sur scène pour la première fois.
Sans doute pas la dernière.
















Sur la petite scène, là haut sous les arbres, Bart Quartier avait invité Mike Mainieri.
C’était intéressant d’entendre ces deux vibraphonistes extraordinaires sonner différemment.
Un son un peu plus « rond » pour Mainieri et un autre plus « métallique » pour Quartier.
L’équilibre était cependant parfait et la musique de haut vol.
Après avoir attaqué avec « Tee bag » ( dans lequel il me semble reconnaître quelques influences de Freddie Freeloader ), le quartet enchaîne avec un thème plus latin ,« Pools », où Rassinfosse pourra s’exprimer formidablement. ( Sans oublier d’y introduire ici aussi quelques citations de « Work Song » d’Adderley ).

Puis c’est un très tendre « Stella By Starlight » que le groupe « susurre » au public ( on regrettera d’ailleurs d’être près du bar à ce moment-là, à cause du bruit ) soutenu délicatement par un Jan De Haas impeccable.
Le groupe terminera son set par un blues tendu. Efficace.
Un cd de Bart Quartier devrait bientôt sortir.
Sans Mainieri, mais avec Bart Defoort. C’est la formation que j’avais eu l’occasion d’entendre, il y a un ou deux ans, au Music Village.
Un disque plein de promesses…
















De l’excellent, c’est ce qui nous attendait aussi avec le BJO qui était conduit aujourd’hui par Gian Luigi Trovesi.
Et voilà le BJO qui sonne encore différemment.
La touche italienne est évidente. C’est enlevé, ensoleillé et bourré de clins d’œil.
Peter Hertmans aura plusieurs fois l’occasion de se mettre en avant de belle manière. Parfois même de façon un peu funky.

Sur « From J to J », c’est Gino Latucca qui sera soliste. Et quel soliste !
Je ne le dirai jamais assez, Gino possède un merveilleux son de trompette.
Et dans ce thème, qui voyage entre la musique de film « peplum » et le blues « mystérieux », Dieter Limburg et Nathalie Loriers imposeront aussi leurs touches.
Le big band s’amuse sur le podium, la bonne humeur est visible et la musique s’en ressent.
Entrecoupé de quelques interventions de Trovesi à la clarinette basse ou au soprano, le BJO repart avec des thèmes festifs et délirants qui me font parfois songer au « Sacre du Tympan » de Fred Pallem.
Puis,il revisite le style Count Basie ( façon « Li’l Darlin’ » ), fait un clin d’œil à Irving Berlin ( à la manière de « Puttin' On The Ritz » ) et salue aussi Lalo Schiffrin…
Bref, plein de couleurs et d’influences… mais toujours la maestria unique du BJO.
Franck Vaganée me dira qu’on peut s’attendre à voir ce projet plus régulièrement courant 2007.
Bonne nouvelle.
















Après avoir discuté avec Piotr Palluch et Wakas en pleine recherche de distributeurs en Europe pour les KMG’s, je suis de retour sous les arbres pour assister au concert de Christophe Astolfi.
Toujours aussi swing et bop, Christophe va pourtant souvent plus loin que le style « Django » pour insérer ici et là quelques distorsions « Hendrixiennes ».
C’est comme cela qu’il introduit la très belle ballade « Les derniers matins ».
Ben Ramos ( b ) et Max Silvapulle ( dr ) assurent une rythmique bien rodée.
L’endroit et le temps est idéal pour écouter « Swing 01 » ou « Rumba Michel ». C’est frais, dansant, agréable et surtout joué avec beaucoup de personnalité et d’investissement.
Il faut y goûter si vous en avez l’occasion, ce n’est que du bonheur.
















Enfin, pour terminer ce week-end d’anniversaire, le Brosella avait invité son « parrain » : Toot Thielemans.

Accompagné par des « jeunes » jazzmen, l’ami Toots nous offrira une très belle prestation.
On a beau connaître par cœur ses anecdotes, ses thèmes… cela reste toujours un plaisir.
Surtout quand Toots est en forme.
Et c’était le cas. Il suffisait de voir comment il balançait les jambes lors de ses interventions.

Ewout Pierreux au piano est d’une merveilleuse délicatesse et le contact avec Toots est parfait.
On ressent la même chose avec Manolo Cabras ( cb ) et surtout Steven Cassiers ( dr ).

Pourquoi Toots n’a-t-il pas enregistré un tel projet avec ces jeunes-là, plutôt que l’insipide « One More For The Road » ( avec Lizz Wright, Madeleine Peyroux, Jamie Cullum…) ?
( Même lui se pose la question. Il suffit de lire l’interview très franche, tellement lucide et honnête de Toots dans le magazine Jazzman de ce moi-ci pour s’en rendre compte. )

Toots égrène donc son répertoire, ses coups de cœur, ses grands succès mille fois entendus, mais dont on ne se lasse pas.
Ainsi on entendra « La Forza Del Destino », qu’il a joué en solo dans « Jean De Florette » et qu’il commente avec humour ( « Ici, Depardieu meurt. », « …Maintenant c’est Yves Montand qui meurt… » ) , puis « Midnight Cowboy »…
Mais il rend aussi hommage à son grand ami Jaco Pastorius avec « Three Views Of A Secret ».
Il mélange « Summertime » et « All Blue » pour recréer un thème unique.
Reprend « Alone Toghether » et termine avec son hymne : « Bluesette » façon brésilienne avant un rappel et une récompense : le Zinneke d’honneur de la ville de Bruxelles… Enfant des Marolles oblige.

Le théâtre de Verdure était noir de monde durant toute la journée.
Et cela, malgré la finale de la coupe du Monde de foot.
C’était pas un beau cadeau pour l’association du Brosella, ça ?

A+

15:42 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/07/2006

Mariana Tootsie - Ivan Paduart au Sounds















Pas de « petite finale » sur grand écran ce soir au Sounds. ( Sergio et Rosy se réservaient pour la finale de dimanche… Le choc des chocs.)

Par contre, c’était presque « gala », car Mariana Tootsie avait convié Ivan Paduart, Sal La Rocca et Joost Van Schaik à l’accompagner ce soir.

J’avais déjà entendu Marianna une fois ou deux ( essentiellement lors de jam’s ), mais jamais pour un « vrai » concert.
Bon, c’est vrai que c’était un peu particulier puisque ce n’était pas son groupe habituel ( il me semble qu’on y retrouve plutôt Raph Debacker, Ben Ramos ou Sam Rafalowicz, si je ne dis pas trop de bêtises ).
Mais un concert avec Ivan Paduart, ça ne se refuse pas.

Après un ou deux morceaux joués sans elle, Mariana Tootsie monte enfin sur scène.
Elle possède décidément une très belle voix. Elle a une aisance et un charisme évident…Et cela malgré le fait que le quartet n’ait eu que peu de temps pour répéter.

Alors, démarrer avec « Il Paradiso Dei Cacciotielli » de Maria Pia De Vito, c’est un peu comme courir un 3000 m sans échauffement.
Hé bien, Mariana s’en sort plus que bien. Elle impose directement son style et ne cherche pas à imiter la chanteuse italienne.
Le seul « hic », à mon avis, vient du choix du batteur pour ce genre de concert. Joost est un excellent drummer, mais dans ce contexte-ci, il était un peu trop envahissant. Lors de « My Favorite Things » par exemple c’en devenait presque assourdissant ( ok, j’exagère un peu ). Dommage, car sur ce morceau, il y eut de beaux moments où Ivan Paduart fit de belles digressions et nous offrit de belles impros par exemple.
Sal La Rocca, quant à lui, fut impeccable: justesse, groove, subtilité… Parfait de bout en bout.

Mais la machine se rode peu à peu…
Et on termine le premier set avec un morceau brésilien suivi de « Popsicle Toes » où l’on sent le groupe plus « uni » et Marianna plus à l’aise.

Pour le deuxième set, après avoir à nouveau démarré sans la chanteuse, ( avec le très beau morceau de Paduart « Igor » ) il semble que le « répertoire » soit plus adapté au chant de Tootsie.
On est plus dans le blues, dans le « roots ». Et ça lui va à merveille.
On sent le quartet un peu plus libéré. Ça respire mieux.
Du coup, on a droit à un très beau moment quand Ivan et Marianna entament en duo « The Man I Love » avant que le reste du groupe ne les rejoigne.

Une chanteuse à suivre...
Mais ne vous inquiétez pas, je vous tiendrai au courant !

A+