26/12/2007

Andreu Martinez - Sounds

Avec tout ça (Noël, les joies et les peines de la vie etc…) je n’ai pas eu le temps de parler du concert du guitariste espagnol Andreu Martinez au Sounds.
C’était le 6 décembre.
Déjà…

J’avais rencontré Andreu lors du Jazz Marathon à Bruxelles.
Il y était en concert, mais je ne l’ai vu que lors de la jam finale au Küdeta.
Son album («Fast Food»), que j’ai écouté entre-temps m’avait vraiment bien tapé dans l'oreille aussi: un bon mélange de blues, de funk et de jazz mâtiné de rock.
Accrocheur et bien ficelé.
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Il n’y avait pas un monde fou ce soir-là (à cause du match de foot à Anderlecht ? Allons, notre triste football serait-il plus intéressant que la musique ??? Ne me dite pas ça…).
Heureusement, en cours de soirée, le club avait retrouvé son affluence habituelle.

Sur scène, ils sont trois: Andreu Martinez à la guitare, Jordi Franco à la basse électrique et Pere Foved aux drums.

D’abord une mise en bouche très blues, un blues gras et rauque comme on l’aime, avant le funky «Fast Food».
Morceau excellent et immédiat.
Ici, le jeu est sec et effilé. La batterie claque et la guitare est tranchante.
Le groupe joue les tensions, retient l’explosivité.
Et puis, Andreu Martinez chante aussi.
Et bien !
Sur un morceau comme «Romantic Woman» (?), par exemple, il module parfaitement sa voix et n’hésite pas à monter dans les aigus.
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La force de ce groupe est due aussi à la facilité avec laquelle il passe du blues brutal au bop, avant de s’enfuir naturellement vers le funk.
Tout ça respire le plaisir.
On ne peut s’empêcher non plus de penser, par moments, à John Scofield dans le jeu de Martinez. Il allie jazz et rock avec autant d’aisance.
Et on entend parfois des riffs à la «Every Breath You Take» ou à la «Suicide Blonde».


Martinez lance ses phrases et lâche les notes par bribes. C’est rapide et ça ressemble à des ricochets sur la rythmique. Les clins d’œil s’échangent.
La basse est discrète, mais soutient fermement le groove, tandis que la batterie affirme un jeu volubile et chaud.

Les effets de guitare restent discrets, ils sont peu appuyés. Martinez fait ressortir ainsi toute la richesse de son jeu et la pureté des sons.
Bien sûr il utilise parfois la wah-wah, mais la personnalité du guitariste est ailleurs, par exemple, lorsqu’il reprend «Epistrophy» de Monk. Le jazz fait place à la soul-funk avant de dévier en délire rock façon Hendrix.
Faut oser. Mais quand c’est bien fait, ça paie.

Andreu Martinez vient d’enregistrer aux States son prochain album avec, entre autres, Charlie Wood (qui fait également une apparition sur «Fast Food»).
Et il devrait revenir au Sounds en janvier.
Vous voilà prévenu.

A+

22/12/2007

Adieu Paolo

Je ne pensais pas devoir, un jour, écrire un billet pareil.
Paolo Radoni nous a quitté.
J’y crois à peine.
J’ai les yeux qui piquent…

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A+ 

09:12 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : paolo radoni |  Facebook |

20/12/2007

Les copains d'abord... Julie et le Singers Workshop.

Vous connaissez Julie Jaroszewski?
… Ha, j’en devine, dans le fond, qui connaissent.

Pour les autres: Julie est une jeune et jolie et brillante chanteuse (et comédienne aussi) que j’ai eu la chance de voir et entendre un soir à la Singers Night du Sounds… (Je suis tombé sur le cul).
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Je l’ai revu et réentendu plusieurs fois par la suite, avec Jean-Paul Estiévenart, Matthieu Van, Sam Gerstmans, Toon Van Dionant, etc... ou lors de jams…

Il y a des gens qu’on aime comme ça… directement.
Pour leur talent, leur gentillesse, leur passion, leur enthousiasme…
Julie en fait partie.

Alors, petit coup de pouce.

Julie organise un workshop pour chanteurs et chanteuses avec Grzegorz Karnas, le gagnant de l'édition 2006 de la compétition Young Jazz Singers au Music Village.

Le stage aura lieu, au Music Village du 8 au 12 janvier, de 10h à 13h, et de 14h30 à 17h. Sous l' oreille attentive de Grzegorz, bien sûr, mais aussi de Sabin Todorov (au piano)
Tout ça pour 200 euros par personne....
Et une jam est prévue le samedi en fin d'après midi.

Moi, si j’étais chanteur, je n’hésiterais pas.

Et comme spectateur, j’y serai.

Des infos ?
Tél. : 0497 85 54 60 

ou par mail : julie_jaroszewski@hotmail.com


A+

Les copains d'abord... Paolo.

Il y a quelques années, au boulot, j’écoutais le disque d’un guitariste belge.

Du bureau, qui était juste à côté du mien, sorti une jeune stagiaire.
Les yeux  ronds et rieurs, les longs cheveux noir profond et le sourire aux lèvres, elle me dit :
«Mais… c’est la musique de mon papa!»

J’ai pas compris tout de suite (d’habitude, on me demande de baisser le son).

En fait, il s'agissait de la fille de Paolo... Paolo Radoni.
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Paolo, guitariste merveilleux que j’ai vu de nombreuses fois en concerts, en jam’s ou… au bar…
Paolo, homme adorable avec qui je discute souvent, simplement et avec beaucoup de plaisir du jazz, de l’art, de l’Italie… de la vie.
Paolo…
Paolo est hospitalisé en ce moment.
Leila (sa fille… l’ex-stagiaire, donc) et les membres de sa famille ont décidé de créer un blog pour nous tenir au courant de son état, pour entendre ses morceaux, pour l’entendre répondre à une interview…

Mais aussi pour le soutenir ou l’encourager à revenir au-devant de la scène via de petits commentaires.

http://paolo.is-a-musician.com

Une visite s’impose.

Paolo, je t’attends !

A très bientôt.

22:34 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paolo radoni |  Facebook |

18/12/2007

VVG Trio and guests - Sounds

Entre les concerts de Chrystel Wautier, Almadav, T-Unit 7 et celui de Véronique Hocq, il y en a encore un qui s’était intercalé.
Et pas des moindres: VVG Trio avec Magic Malik et Jozef Dumoulin en guests.

Direction: le Sounds .
Quand j’entre, le groupe s’installe encore.
Il y a un fatras de fils, de câbles et de prises en tout genre qui jonchent la scène.
Il faut dire que le trio (+2) aime le son presque autant que les mélodies (qu’il ne délaisse heureusement pas).
Pour preuve, Bruno Vansina (sax alto et soprano) n’hésite pas à descendre régulièrement de la scène pour vérifier lui-même l’acoustique dans la salle.
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Les deux premiers morceaux sont construits sur des ambiances sinueuses et bruitistes lancées par Dumoulin. La ligne de basse de Gulli Gudmundsson et le drumming feutré de Teun Verbruggen offrent un tapis merveilleux aux improvisations spectrales de Malik.
Le vent de sa flûte se mélange doucement à celui du soprano de Vansina.
Cette musique évolutive n’est pas sans rappeler par moments le Miles de la période «In A Silent Way».
«Mademoiselle Mabry» rôde dans les parages.
Le groupe joue sur les atmosphères ouatées et aériennes.
Dumoulin, Malik ou Vansina viennent tour à tour improviser et lancer des phrases comme pour redonner de l’élan à la musique.
C’est amusant et étonnant ce mélange d’introspection et de projection de la musique… Ces effets de va-et-vient.
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«Stacks Of Tracks» débute un peu de la même manière, mais ici, très vite, Jozef accentue les effets, Malik sample son chant au travers de sa flûte, la disto se fait plus forte et le drumming plus intense.
On bascule dans le jazz-rock façon Soft Machine.
Gudmundsson, à la basse électrique cette fois-ci, rythme de manière régulière un tempo haletant.

Puis, on revient dans un univers planant et enivrant avec «In Orbit – Part Two».
On flotte dans l’insouciance d’un voyage cosmique. Le Fender et la flûte sonnent de façon irréelle sur des rythmes joyeux... avant une dégringolade surprenante.
Comme un rappel à la réalité.
Un retour sur terre.
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Cet univers a quelque chose de fascinant, de grisant et entêtant.
Le groupe est très soudé et beaucoup se joue sur l’interaction, sur l’écoute et l’attention de chacun.


En mélangeant la Soul, la Drum’n‘bass, le Rock et le Jazz, la musique particulière de VVG en devient presque parfois dansante.
Des riffs viennent régulièrement relancer l’un ou l’autre musicien, le propulsant sur une nouvelle piste, lui ouvrant des espaces musicaux plus larges.
Les impros éclaboussent des thèmes qui ne demandent qu’à être surpris.
Tout comme nous le sommes.
Cette musique demande un peu d’attention pour en apprécier toutes les subtilités, mais surtout beaucoup de relâchement.
Comme on se laisse emporter par une vague.
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Finalement, les effets électro ne semblent intervenir que ponctuellement, comme pour ouvrir ou fermer un morceau…

Alors, doucement, avec ses dernières notes, Jozef referme discrètement ce concert enivrant…


A+

12/12/2007

Chrystel Wautier - Almadav - T-Unit 7 - Véronique Hocq

Retour sur quelques concerts auxquels j’ai assisté ces dernières semaines.
Malheureusement, pas toujours entièrement.
Un set… ou deux, maximum.
Mais ce n’est pas une raison pour les passer sous silence.

Alors, reprenons.
Dans un ordre plus ou moins chronologique.
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Chrystel Wautier, d’abord.
La chanteuse présentait «Between Us…», son premier album, au Sounds.
Autour d’elle, on retrouve Quentin Liégeois à la guitare et Boris Schmidt à la contrebasse (en remplacement de l’habituel Sam Gerstmans).

Ce soir, il était prévu que quelques guests partagent la scène avec le trio. Malheureusement, des problèmes de santé ont empêché Paolo Radoni (g) et Guy Cabay (vib) de répondre à l’invitation. Jean-Paul Estiévenart (tp) par contre était bien là, bon pied bon œil. Mais je n’ai pas pu assister à sa prestation car je «devais» partir à la fin du premier set…

Chrystel nous a donc offert son swing élégant en trio.
«Show Me», «Easy To Love» ou «Born To Be Blue» se succèdent avec délicatesse. Parfois même avec timidité. Étonnant de sa part. Du coup, la voix perd parfois un tout petit peu d’assurance…
Du côté de la rythmique, par contre, le fluide passe avec aisance et la version de «My Favorite Things» est brillante. Courte, sobre, simple et efficace.
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L’album de Chrystel Wautier est un très joli recueil de ballades fines et de morceaux swinguant tendrement. A déguster au coin du feu cet hiver. Tout y est d’une belle justesse et la belle prise de son ajoute à la volupté.


Quelques jours plus tard, je suis passé au Music Village pour écouter les derniers sets d’Almadav, un des groupes d’Alexandre Cavalière qui  avait reçu carte blanche pour 3 jours dans le club de la Grand Place.
Le public habituel, sans doute moins enclin à entendre un jazz fusion assez ouvert n’a pas trop suivi.
Dommage, car je vous assure, et je le répète, Almadav c’est bien !
Ce soir, Sam Gerstmans remplace Cyrille De Haes parti jouer avec le groupe rock français Treize à Table (pour un bout de temps, semble-t-il), et Jereon Van Herzeele était invité à se joindre au groupe.
Les deux premiers morceaux oscillent entre fusion («Tight») et funk («Ramblin’» ??).
Puis, honneur à l’invité du soir, Jereon improvise et booste une jolie ballade qui invite le guitariste Manu Bonetti à répondre par un très beau solo, carré et solide.
Alexandre, lui, s’amuse visiblement à répliquer aux assauts du saxophoniste.
David Devrieze (tb) prend lui aussi un énergique et puissant solo sur «I See The Time» aux rythmes asymétriques qu’affectionne particulièrement l’excellent batteur Xavier Rogé (d’ailleurs, le morceau est de lui).
J’aime décidément bien l’esprit frondeur qui émane du groupe. Entre une énergie à la Mingus et un jazz contemporain qui joue sur les tensions.

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Quelques jours plus tard, je suis à la Jazz Station pour écouter le deuxième set de T-Unit 7, le septet du saxophoniste Tom Van Dyck.
«The Chase» est un morceau chaloupé qui prend le temps de s’installer.
La cadence monte petit à petit et me fait un peu penser à l’ambiance «Star People» de Miles Davis… en moins électrique. Le saxophoniste emmène son petit monde entre soul et funk.
Ewout Pierreux, jusque-là aux Rhodes, rejoint son piano et amorce, de façon très lyrique et inspirée, une ballade délicate.
Mais les changements de rythme et de tempos, les brisures et les surprises ne se font pas attendre. Michel Paré (tp) et Fred Delplancq (ts) sont là aussi pour donner du piquant et faire éclater les thèmes.
Il faut aussi souligner les très belles interventions, aux accents parfois un peu boogaloo, du jeune tromboniste Peter Delannoye, qui remplaçait quasi au pied levé Andreas Schikentranz.
T-Unit 7 voyage au travers de différentes contrées d’un jazz tantôt blues, tantôt soul et au groove  parfois nonchalant mais toujours présent.
Belle équipe à revoir et réentendre.

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Pour terminer mon périple, retour au Sounds, quelques soirs plus tard pour écouter Véronique Hocq que j’avais raté au Music Village deux ou trois semaines auparavant.
La voix un peu plus voilée qu’à l’habitude et accompagnée du très lyrique pianiste Mathieu De Wit, la chanteuse nous fait un mini concert très intimiste.
Son timbre colle à merveille sur un «Never Let Me Go» d’une très belle sensibilité.
Sans doute le morceau le plus réussi ce soir.
Quand elle scatte sur des thèmes plus enlevés comme «Whisper Not», on la sent encore un tout petit peu mal à l’aise… Mais au moins, elle ose.
On aimerait cependant que la voix projette plus dans ces moments-là.
C’est d’ailleurs ce qu’elle arrive à faire sur un morceaux plus swinguant («Billie’s Bounce» ??), quand Nicola Lanceroti (cb) et Didier Van Uytvanck (d) viennent prêter main-forte sur scène…

A suivre.

A+

10/12/2007

Jazz'Elles - Mathilde Renault

À l’initiative de «Z» aka «Jazz chroniques et coups de cœur» 8 blogueurs et blogeuses s'associent ce jour pour publier un billet sur les femmes jazzeuses...
Retrouvez ces articles en cliquant tour à tour sur les liens suivants:


Maître Chronique
Belette & Jazz
Jazz Frisson
Jazz chroniques et coups de coeur
Jazz à Paris
Ptilou’s Blog



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MATHILDE RENAULT

La première fois que j’ai entendu le nom de Mathilde Renault, c’était lors d’une conversation avec Jules Imberechts, il me semble.
Puis, un soir, j’ai entendu un extrait de son album à la radio.

Univers particulier.

Intrigué, je me renseigne.
Mathilde est la fille du pianiste belge Jean-Christophe Renault: excellent et discret musicien qui a un pied dans le jazz et un autre… ailleurs. Ecoutez-le sur l’album de Pirly Zurstrassen («Pour L’Ivoire»), ou mieux encore, sur son propre album solo «Là est la question».

Mathilde, elle, a longtemps refusé l’univers musical parental (sa maman est également musicienne), préférant plutôt la peinture, la photo ou le cinéma.
Ce n’est que vers 18 ans qu’elle plonge «sérieusement» dans la musique.

Et en l’écoutant, on ne peut nier une certaine filiation.
Bon sang ne peut mentir.

Cependant, et malgré sa jeunesse, Mathilde possède déjà une très forte personnalité artistique. C’est ce qui fait tout l’intérêt de son disque «OverOceans – Alina Luda».

OverOceans est né de la rencontre entre la pianiste et une jeune violoniste américaine de passage à Bruxelles: Caroline Shaw.
Ce sont ajoutés rapidement au projet, le percussionniste Stephan Pougin (Phinc, Rêve d’Elephant, Steve Houben,…) et le contrebassiste Arne Van Dongen.

À l’écoute de l’album, ce qui frappe d’entrée, c’est la maturité du jeu et des compositions ainsi que cet univers décidément bien personnel.

Voilà un jazz influencé par la musique classique, la musique des Balkans, le folklore latin ou des musiques nordiques…
Mélange de soleil et de vents froids.
La joie côtoie des moments plus mélancoliques, voire presque sombres.

Et si le jeu de Mathilde est sensible et délicat, il ne manque cependant pas d’affirmation. Ses attaques sont franches et quand il faut que «ça balance», elle y va tout de go.
«Rolling Tango» ou «Merengue», plus ouvertement jazz, offrent ainsi de beaux échanges entre piano, percus, violon et contrebasse.

À d’autres moments, Mathilde joue les temps suspendus (comme sur le magnifique «In A Swedish Mood») ou le dépouillement total qui vire soudainement en air de fête (sur «Saynätsälo, une ballade sur un lac gelé en Finlande… une île au milieu du lac…» … oui, oui, c’est le titre !).

Parfois aussi, Mathilde Renault chante. Ou plutôt, elle dépose un souffle léger et ondulant qui accompagne ses accords de piano.
Elle chante des mots sans paroles.
Elle chante à l’unisson, comme le fait parfois le violon (sur «Aliana Luda», par exemple).

Bref, voilà un disque riche, frais et attachant, qui ne manque pas d’idées ni d’humour.
«Un Match Bresil-Bulgarie Dans Les Rues De Stockholm» résume presque à lui seul l’esprit du projet, tant dans l’intitulé que dans la musique.

J’ai rencontré Mathilde lors du Festival Dinant Jazz Nights en septembre.
En me remettant son album, à la fois timide, excitée et finalement soulagée que ce soit moi qui vienne vers elle (car, comme beaucoup d’artistes, elle n’aime pas «se vendre» ...Ouch… le vilain mot !), elle m’a parlé de sa musique et d’OverOceans mais aussi de ses nouveaux projets…
Déjà.

Je suis d'ailleurs curieux et impatient de découvrir ça.

En attendant, et comme je n’ai pas encore eu l’occasion d’entendre OverOceans en concert, je me noie dans cet album hautement recommandable.

Allons, n’ayez crainte et faites comme moi, jetez-vous à l’eau.

A+

08/12/2007

Robert McGregor sur Citizen Jazz

Après un petit coma bien involontaire, Citizen Jazz est à nouveau accessible.
Quelques améliorations par-ci par-là au passage et le voilà tout frais tout beau…

Du coup, vous pouvez lire ma nouvelle chronique à propos de Robert McGregor, un jeune saxophoniste américain assez intéressant…
Je ne sais pas si son album est distribué en Belgique pour l’instant, mais Internet résout (parfois) les choses.
Jetez-y une oreille, on ne sait jamais.
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Bien sûr vous n’êtes pas obligé d’être d’accord avec l'avis des chroniqueurs.
Pour ma part, j’ai avalé de travers en lisant la mini chronique sur Roberta Gambarini. Même si je sais que cet album divise…
Comme quoi, les goûts set les couleurs…

Par contre, je vous invite à lire le compte-rendu de Sophie Chambon à propos du Flemish Jazz Meeting.

A+

23:06 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : citizen jazz, robert mcgregor, chronique |  Facebook |

02/12/2007

Brad Mehldau Trio - Ancienne Belgique

Rattrapons le temps perdu.

Le 15 novembre, l’AB est remplie à ras bord (et deux dates sont prévues!).
J’arrive quelques minutes avant le début et… pas le choix, je serai tout en haut, tout derrière.
Pas grave dans cette salle où l’acoustique est excellente et la vue parfaite.
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Le trio est resserré au milieu de la scène.
Brad Mehldau entouré de Larry Grenadier et de Jeff Ballard entame deux longs morceaux.
Le premier est de Clifford Brown, mais je n’ai pas reconnu le thème ni retenu le titre.
Il est retravaillé dans le plus pur style Mehldau…
Le second hésite entre bossa et rumba lente.
Le thème est évolutif, mais il manque de rebondissements, de tensions.
Pas mal de remplissage en fait.

Les titres s’enchaînent.
Ballard se met un peu en évidence. Heureusement, il est moins envahissant que lors du concert avec Pat Metheny… mais son jeu n’en est pas plus intéressant pour cela.
Le drumming se veut un peu plus «jungle», un peu plus groovy, ça veut un peu bouger…
Mehldau et Grenadier jouent à l’unisson en réponse au batteur.
Tout est basé sur un motif répétitif. C’est un peu plus tendu, un poil plus excitant.

Avant de prendre enfin la parole, Mehldau nous offre encore une ballade faite de jolies déstructurations rythmiques sur lesquelles Grenadier suit magnifiquement à l’archet.

Le pianiste s’adresse enfin au public. Dans un Néerlandais presque parfait (sa compagne, Fleurine, est Hollandaise rappelons-le).
Mon amie (néerlandophone) me propose, agréablement moqueuse, de traduire…
Je lui réponds qu’en tant que francophone, je ne suis demandeur de rien.
Ce qui nous fait beaucoup rire… (Désolé, c’est de l’humour belge de circonstance: mélange de dérision et de désespoir…)

Bref.

Ça s’emballe un peu avec «We See» de Monk.
Enfin, ça swing vraiment. Mehldau recrée à sa manière le jeu inimitable de Thelonious.
Ballard se fait un peu trop démonstratif et, sans nul doute, c’est encore Larry Grenadier le plus intéressant des trois: son solo est lumineux, inventif et fougueux.
Ses lignes sont claires et précises. Du grand art.
0c
Mais l’intensité retombe à nouveau avec une ballade («My April Heart») pourtant très bien introduite par une longue improvisation du pianiste.
Et «Samba e Amor» (de Buarque) ensuite, n’excite pas plus que ça l’assistance.

Malgré tout, le trio revient pour interpréter «Holland» de Sufjan Stevens (Mehldau a toujours aimé reprendre les thèmes pop)…
Bon. Le public à l’air satisfait.
Pour ma part, ce fut un petit concert.
Mehldau m’a déjà habitué à bien mieux.
Ce soir, il semblait peu inspiré et son trio ronronnait un peu.

Vous allez dire que je ne suis jamais content: quand Brad tente des sorties (comme avec «Largo», par exemple), je ne le suis pas vraiment et quand il revient à ce qui a fait son succès non plus…

Enfin, pas cette fois-ci.

Certes.
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Mais, je réécoutais dernièrement encore son enregistrement de ’96 au Village Vanguard («The Art Of Trio Volume Two») … et c’était nettement plus inventif et… plus nouveau.

Allons, je suis sûr que ce sera mieux la prochaine fois.

A+

22:28 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : jeff ballard, ab, brad mehldau, larry grenadier |  Facebook |

28/11/2007

Certified 31% Evil - Jazz Station

La Jazz Station se remplit peu à peu pour finalement faire presque salle comble.
C’est plutôt encourageant quand on connaît la programmation habituelle du club et le genre de groupe invité ce soir.
La Jazz Station prouve ainsi qu’elle n’a pas froid aux oreilles et qu’elle n’a pas peur de l’éclectisme.
Tant mieux.

Car ce soir, c’est free jazz.
Et Certified 31% Evil est certifié 100% free.

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Certified 31% Evil est une belle équipe réunie autour du remuant batteur, et initiateur du projet, Teun Verbruggen.
A la contrebasse : Nic Thys, à la guitare : Jean Yves Evrard, au piano : Erik Vermeulen, aux saxes : Toine Thys et Andrew D’Angelo (entendu aux côtés de Jim Black, Kurt Rosenwinkel…ou dernièrement à Jazz Middelheim avec Nic Thys et les 68 Monkeys).

Ce soir, l’impro est donc totale.


Chacun démarre sans savoir où il va.
Puis il écoute l’autre, va poser une phrase, change de chemin.
Tout le monde se cherche et peu à peu le tourbillon prend naissance.
La musique monte en cercles concentriques.
Comme une onde infinie.
Elle fait des circonvolutions.
Se construit sur presque rien. Surtout sur elle-même..
Elle monte en puissance.
Une terrible puissance initiée par un D’Angelo intenable.

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Les musiciens sculptent les sons comme dans un granit brut. Les éclats jaillissent de partout. Toine Thys ponctue les formes brutes du saxophoniste New Yorkais, comme pour polir les angles.

A la guitare, Jean Yves Evrard - tantôt sur la scène, tantôt devant – cisèle le son à la lame de rasoir, tandis que Teun et Nic maintiennent une pression lourde.

Après avoir atteint des sommets quasi orgasmiques, les notes scintillantes et cristallines du piano viennent offrir un contraste saisissant dans un silence soudain.

Erik Vermeulen frotte, gratte, étouffe les cordes de son piano.
On joue sur les couleurs, les sons et les souffles.

Le temps d’un instant, D’Angelo échange son sax contre une clarinette basse.
Le climat change.
Puis, à nouveau, les saxes crient, hurlent et crissent.
C’est exubérant, exaltant, énergisant…sonnant.

Le deuxième set débutera de manière plus intime.
L’énergie est contenue, voire retenue. La forme est plus grasse, plus ronde. Les cycles plus longs.

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Au paroxysme d’un mouvement, le piano s’encanaille avec la batterie.
Le dialogue est sec, rugueux et nerveux.
Tout devient prétexte à faire de la musique : verres, guimbarde, clochettes, grelots, tamtam. Les rythmes se construisent pour s’effilocher aussitôt.
D’Angelo éclabousse tout le monde. Il est omniprésent.

Evrard impose alors un ostinato oppressant et hypnotique.
Et doucement, la fièvre retombe.

Quel voyage. Quelle montée d’adrénaline.

Je prends un peu l’air, discute avec Mwanji, Nath, Céline ou Christine.
Puis avec Erik, pour essayer de comprendre comment ça se passe dans la tête des musiciens, comment ils tressent cette musique totalement libre.

Fascinant mystère.

Tout le monde décide d’aller jammer au
Sounds.
Il est déjà tard, la journée a été longue et la semaine sera éprouvante.
Mais on trouve l ‘énergie où l’on peut…alors je les suis.

A+

25/11/2007

Money Nation

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Hé oui… ça fait longtemps.
Désolé.
Et merci à ceux qui s’inquiétaient de ce long silence bien involontaire.
C’est que, en ce moment le boulot me submerge.
Et c’est rien de le dire.

Je pourrais chanter, sur l’air de «A cause des garçons»:

«A caus’ du boulot,
J’ai raté Fred Delplancq,
Chris Joris et Strickland…
A caus’ du  boulot,
J’ai pas vu Véronique,
Ni Manu, ni Rollins…
»

Bon, j’ai quand même eu l’occasion d’aller à la Jazz Station écouter Les Doigts De L’Homme et de terminer la soirée avec les gaillards dans un resto espagnol où ils n’ont pas hésité à ressortir les guitares et a chanter jusqu’aux petites heures.
(C’est pas facile, quand il faut bosser le lendemain – un dimanche qui plus est !)
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J’ai vu aussi 31% Evil. Toujours à la Jazz Station.
Avec les frères Thys (Nic et Toine), Teun Verbruggen, Erik Vermeulen, Jean-Yves Evrard et Andrew D’Angelo.
C’était du free.
Du free 100%.
C’était puissant, bouillonnant, excitant… excellent !
Et ça s’est terminé avec les musicos à la jam du Sounds.
Haheum…

Et puis Brad Mehldau à l’AB.
En petite forme, le Brad.
Pas trop inspiré. Joli, mais sans surprise. Ça ronronnait un peu… quand ça ne tournait pas en rond.

Bref, voir des concerts, c’est bien.
Ça décompresse.
Ça donne des bouffées de bonheur.

Trouver le temps d’écrire des choses (plus ou moins) intelligentes, c’est une autre paire de manches.

Car entre-temps, j’ai abandonné plus d’un soir mes filles pour retourner bosser.
Et le week-end, je les ai même emmenées au bureau.
Pas top.
Mais c’était le seul moyen qu’il me restait pour les voir un peu.

Ce vendredi soir, je suis allé écouter Almadav au Music Village (à partir du deuxième set… heu…boulot,  boulot…). Et ce samedi, T-Unit 7 de Tom Van Dijk… à partir du deuxième set aussi. Pour les mêmes raisons évoquées plus haut.

Money Nation.

On vit dans une Money Nation.

Eh oui, le fric, le business, le boulot…
Money Nation.

«Money Nation», c’est ce que chante Marie Daulne (Zap Mama) dans «Toma Taboo» sur son dernier et excellent album «Supermoon».
Elle s’est entourée d’une sacrée bande.
Meshell Ndegeocello, Arno, Fabrizio Cassol, Michael Franti, David Gilmore, Tony Allen… et j’en passe.
Le résultat est parfait ! Je vous le recommande.
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Alors, sur la route, entre Albert Ayler, Dré Pallemaerts, Don Cherry, Elisabeth Kontomanou, Marc Copland, Bobby Jaspar, Mingus, Anoo, Mathilde Renault, Scriabine, Mali Mali (merveilleux projet d’Eloi Baudimont avec Baba Sissoko! J’en reparlerai), Free Desmyter, Ornette Coleman, Rassinfosse et Collard-Neven, Duke Pearson, Beirut , Robert Wyatt, Dylan ou encore Kurt Weil… je me repasse chaque matin «Ten We’ll Be Home» chanté par David Linx avec le BJO !

Ce morceau me donne une patate d’enfer !

«One day soon I’m gonna make
A million dollars of my own
Then I’m coming home…
»

Vous pensez qu’il y a un rapport ?

Allez, je vous promets de venir vous raconter les concerts que j’ai vu.

A+

12/11/2007

Whackabas Trio - Citizen Jazz


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Une simple chronique de ma part ce mois-ci pour Citizen Jazz.
Je ferai mieux la prochaine fois, c’est promis.
(Et d’ailleurs, c’est prévu.)

Il s’agit de l’album de Dan Whieldon, Gavin Barras et Jonas Backman, alias Trio Whackabas.
Si vous aimez la tradition du trio jazz, au jeu tout en délicatesse et subtilité, j’espère que vous ne les avez pas raté jeudi dernier au Music Village.

Sinon (et en attendant de nouvelles dates en Belgique) allez jeter une oreille sur leur site. (Y a même moyen d’acheter l’album).

A+

07/11/2007

Les Doigts de l'Homme - Interview

Début de l’année, j’avais eu l’occasion de voir et entendre les Doigts De L’Homme aux Djangofolllies.
J’en avais parlé ici.
Après ce concert, j’avais interviewé Olivier Kikteff, le «leader» du groupe.
L’interview n’a jamais été publiée.
Mais comme les Doigts De L’Homme revient faire une série de concerts en Belgique à partir de la fin de cette semaine, hop, j’en profite pour ressortir le texte.


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Quel à été ton parcours pour arriver jusqu’aux Doigts De L’Homme ?

J’ai fait beaucoup de choses différentes. En électrique surtout: du rock et du funk. Mais aussi de la musique africaine, de l’Afro-jazz. Et j’ai rencontré la musique manouche il n’y a pas si longtemps : cela fait 6 ou 7 ans maximum. Ça m’a plu car j’avais trouvé le moyen d’attraper le jazz qui me correspondait. J’aime le be-bop, j’aime voir et entendre cette musique, mais elle ne me correspond pas vraiment. Autant cela a été une musique populaire, autant je trouve qu’elle est devenue un peu élitiste. Même si les boppers s'en défendent. Je remarque ça car je fréquente beaucoup de milieux musicaux différents.

Et ce jazz manouche est arrivé comment ?

Par hasard. Une grande partie de ma vie est mue par le hasard. Je jouais dans la rue et des gens m’ont montré des grilles manouches. Ensuite, j’ai écouté et appris le vocabulaire. Mais je joue de la guitare depuis plus de 22 ans et je ne veux pas faire une croix sur ce que j’avais fait avant. C’est pour ça que j’insuffle un peu de rock dans le groupe.

Oui, on entend pas mal d’influences diverses dans Les Doigts De L’Homme: du rock, de la chanson française, de folk… C’est une volonté tous ces mélanges?

Oui. Je trouve que c’est bien qu’il y ait plusieurs voies, qu’on ne reste pas accroché à un style pur et dur. Tu sais, c’est un peu comme le cinéma. C’est bien qu’il y ait un cinéma Art Et Essai, mais il faut aussi un cinéma plus populaire… de qualité. Quand tu vas voir un film Art Et Essai, tu sais qu’il te faut une certaine culture pour l’apprécier. Et donc, ça ne touche qu’une certaine partie du public. Et moi, j’ai envie d’être compris par tous les gens. En concert, j’aime être … dans les gens. J’aimerais bien faire un concert en étant au milieu du public.

Cette proximité est possible dans le jazz aussi, non?

Oui, bien sûr. Mais je trouve que si les gens se déplacent, ce n’est pas seulement pour voir un mec faire des chorus incroyables en regardant ses pompes. Enfin, moi, ce n’est pas comme ça que j’imagine un concert. Chez nous, en concert, il y a parfois des gens qui nous répondent, qui nous parlent, qui nous gueulent dessus parfois! (Rires) C’est perturbant, mais finalement, quand on en arrive là, c’est qu’on a réussi un contact, un dialogue.

Tu penses que ce contact est plus évident avec le jazz manouche?

Oui, surtout dans notre cas où il reste très abordable. On ne déstructure pas l’harmonie ou le rythme. Les gens s’y retrouvent. Même les non-initiés. Et puis, ce que j’aime dans le manouche, c’est l’énergie. Personnellement j’y retrouve un côté très rock and roll. Bien sûr, il y a des groupes manouches qui swinguent gentiment… mais pourtant, quand tu vois le musicien jouer, tu sens une espèce de rage. C’est ça qui m’a attiré. C’est ma culture plus rock qui veut sans doute ça. C’est cette attitude qui m’a décomplexé. Je n’ai pas suivi de cours de musique, je suis totalement autodidacte et j’ai toujours douté de ce que je faisais. Et en montant Les Doigts De L’Homme, cette inculture qui m’a permis de surmonter mes doutes et d’éviter, en plus, les clichés du genre. Et puis, c’était obligé d’avoir un projet différent.
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Ce n’est pas plus mal en effet, car j’imagine que dans le jazz manouche, il y a aussi des règles. Et quand on écoute ton trio, on y trouve un truc en plus…

Oui, enfin, j’ai envie de dire qu’il y a un truc en moins (rires)… Je me rappelle un jour avoir reçu carte blanche lors d’un festival de jazz et j’avais écrit dans le programme que les Doigts De L’Homme s’adressait aux imbéciles (rires)… Bon, sur scène j’ai développé un peu le sujet quand même ! Mais je voulais dire par là, qu’à force de vouloir trop en savoir on ne peut plus écouter la musique normalement. Moi j’ai envie de m’adresser aux gens qui pensent être trop idiots pour écouter du jazz (rires). Mais les autres s’y retrouvent aussi…Enfin, j’espère.

Exactement. Mais avec votre musique populaire, vous apportez une alternative. Ici, la musique est riche, il y a des textes, un fond, des messages parfois…

Peut-être. On est à cheval sur différentes choses. On est programmé dans des lieux assez différents. Un jour on est dans un festival très jazz, le lendemain avec les Washington Dead Cats et leur rockabilly punk!… Et c’est ça qui est génial pour nous ! On a réussi à placer du manouche là où on ne l’attendait pas vraiment.

Mais comment vous êtes-vous rencontré?

Moi, je jouais dans la rue et un jour un mec m’a proposé d’enregistrer un disque. J’ai dit oui, mais je n’avais pas de morceaux personnels, pas de groupe, rien. Alors, je me suis enfermé trois mois et j’ai bossé…

Dans la rue tu jouais des standards?

Oui. Je mélangeais un peu de tout. Tous les styles. J’étais dans la merde à l’époque et la rue était ma seule solution pour jouer et vivre un peu. Puis, j’ai contacté Tanguy Blum pour qu’il m’accompagne à la contrebasse. On a enregistré et on a eu de bons retours. On a eu envie d’aller défendre ces morceaux-là sur scène. Et je me suis rendu compte qu’en manouche, peu de gens composent. Il y a des musiciens qui jouent comme des fous, mais qui ne composent pas, ou très  peu. Et pour ma part, jouer des standards, c’est bien, mais vu mon niveau, je ne voyais pas ce que je pouvais proposer de mieux en les jouant. Alors, on a bougé, on est allé dans le Sud de la France, on a rencontré d’autres gens, ceux qui ont coproduits notre derniers disque… On a changé pas mal de fois de guitariste aussi. Il y a eu Marc Laverty, maintenant c’est Yannick Alcocer… Puis, au fil des rencontres, on a évolué, notre musique a changé aussi. De disques en disques, la couleur a changé. Ça c’était intéressant et important aussi. Il ne me viendrait pas à l’idée d’acheter tous les disques de Manu Chao par exemple. C’est bien, mais c’est toujours pareil (rires). Je préfère un type comme Jacques Higelin par exemple. Il n’y a pas un seul disque qui ressemble à l’autre. On sent tout le voyage d’une vie chez lui. Ça, ça me touche.
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Tu composes seul?

En général, c’est moi qui amène le matériel. Le projet, c’est moi qui l’ai monté. Et j’ai toujours travaillé comme ça, dans mon coin, en solitaire.

Mais les autres amènent quelque chose aussi…

Bien sûr, mon idée n’est pas de prendre toutes les couvertures. Les autres proposent  des arrangements et parfois aussi des compos. C’est pas fermé. Mais comme j’aime composer et que je n’arrête pas…

Vous avez des projets séparés?

Là-dessus, on ne fonctionne pas comme en jazz. Si on fait un bœuf, on y va tous les trois ensemble. On reste souvent en groupe. Je passe plus de temps avec ces zigues qu’avec ma femme et mon fils. On a fait plus de cent dates, plus les répétitions, les studios, les trajets…

Je suppose que la manière dont vous abordez la scène est aussi particulière. Ça doit être rôdé, il y a un jeu, une théâtralisation…

Oui et j’adore ça. C’est d’ailleurs beaucoup plus préparé que ça en à l’air. Car j’ai en côté bordélique, je me retrouve parfois à parler de trucs incroyables aux gens et je ne sais plus où j’en suis. Mais ça me fait marrer. Et ça permet d’inclure le public aussi. C’est important pour nous aussi.

Le décor a aussi de l’importance: les lumières, le personnage avec la valise…

Oui, l’homme à la valise existe depuis le début. Il symbolise bien l’idée du voyage musical. On ne veut pas de choses figées. Le personnage ne pose jamais ses valises. On veut farfouiller partout, tout goûter…

Vous ouvrez toutes les portes, un peu comme Sanseverino…

Oui, Sanseverino fait ça très bien. Ça fait du bien de sortir des codes. Mais j’ai un profond respect pour la musique manouche et les musiciens qui la font. Ceux qui défendent leur propre culture. Moi, je ne peux pas défendre ça, je ne viens pas de là et je ne veux pas être un menteur.

Quelles sont tes influences en jazz manouche?

J’ai d’abord écouté la nouvelle génération, les Stochelo Rosenberg, Boulou et Elios Ferré… Au départ, je n’arrivais pas à écouter Django. Pour un type qui vient de la culture rock comme moi, écouter des enregistrements de 1930, c’était très bizarre. Plus tard, quand tu comprends, c’est fantastique. Quand Django prend la parole, ça met tout le monde d’accord. On a l’impression que ce qu’il dit est la seule chose qui pouvait être dite à ce moment là. C’est incroyable ce qu’il a fait. Et c’est pas si vieux que ça, en fait. Il n’était pas le seul à faire cette musique à l’époque, mais il a tellement apporté. Il a créé des choses ! Et c’est là que je ne pige pas toujours le truc: tous ces gens qui reprennent des solos de Django à la note près. Ça n’a pas beaucoup de sens. Pour l’apprentissage, ok, mais je ne vois pas trop la raison de le faire sur scène… Bref, après j’ai découvert Biréli Lagrène. Je suis devenu un inconditionnel. Lui aussi, il a bourlingué partout. Il a pu échapper à cette image de bête de foire qu’on voulait lui coller quand il était jeune. Il a été trimballé de campement en campement, il en a eu plein le dos, il est parti jouer avec Jaco Pastorius pour voir autre chose. Puis il est revenu…

Ce sont tous ces mélanges qui t’intéressent, non?

Oh oui. J’adore ça. J’ai même parfois un peu de mal à tout faire rentrer tout ça dans une même boîte. Il y a certains morceaux que je ne pourrais pas mettre sur le disque.

C’est vraiment trop différent?

Oui, il faut quand même garder un minimum de cohérence. Il faut y aller en douce. Même l’ordre des morceaux, c’est parfois un casse-tête.
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Quels sont les projets? Vers quelle musique veux-tu aller?

L’Afrique m’a mis la tête à l’envers. J’ai rencontré là-bas des musiciens vraiment incroyables. Les musiques dites ethniques, avec peu de notes, ont une âme tellement forte ! C’est ce qui est beau et difficile à la fois. Avec 5 notes, ils arrivent à créer un climat incroyable… C’est un peu le contraire de nous quoi (rires). J’aime bien les musiques traditionnelles finalement. Car souvent, elles ont été créées dans des contextes où il n’y avait rien à vendre. Elles ne sont pas perverties par une notion de commerce au départ. J’aime aussi la musique celtique, la musique arabe. J’adore le Oud. J’en joue à la maison…

Tu joues aussi du banjo!

Oui. Je l’ai un peu détourné de sa fonction initiale. J’ai changé l’accordage et j’en joue au médiator. Je joue Bluegrass chez moi, mais dans le groupe, je ne peux pas amener cette couleur. Il faut garder une certaine ligne de conduite. Il y a une trame de départ en concert. On peut s’en éloigner mais pas trop s’y perdre. On ne peut pas mettre n’importe quoi n’importe où. Parfois, j’ai envie de jouer un standard, mais Tanguy me rappelle à l’ordre! (rires) Il a raison. C’est avec nos compos qu’on ramasse les honneurs… ou les claques.

 

A+ 

03/11/2007

Dr. Lonnie Smith - De Werf - Brugge

Je n’avais plus remis les pieds depuis un petit temps au Werf à Bruges.
Le bar à été rafraîchi, re-décoré, re-agencé.
C’est plus lumineux et encore plus sympathique.


Sur l’un des murs blancs, pendant que le public envahit peu à peu l’espace, est projeté un film où je reconnais Jean-Louis Rassinfosse (tout jeune) accompagnant Chet Baker lors d’un festival. Au piano, je pense qu’il s’agit de Michel Graillier.
Il y a aussi un vibraphoniste qui empreinte, un moment, l’archet du contrebassiste pour frotter les lames de son instrument.
En cherchant un peu, il devrait s’agir de Wolfgang Lackerschmid (que j’avoue ne pas connaître).
A vérifier…

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La salle est archi bondée. On a même dû ajouter des chaises
Ici aussi petite amélioration: il y a une vraie scène et la vue n’en est que meilleure.

Turban noir sur la tête, barbe blanche, sourire éclatant, œil brillant et costume élégant, Dr. Lonnie Smith s’installe avec plaisir derrière son Hammond B3.

Autour de lui, le guitariste hollandais Martien Oster (qui est un peu à l’origine de cette tournée européenne, puisqu’il avait proposé à l’organiste de jouer avec lui voici trois ou quatre ans… Si j’ai bien compris ce que Lonnie Smith m’a raconté après le concert), Miguel Martinez (as) et Gijs Dijkhuizen (dm) forment une rythmique dynamique.

Dès les premières notes, le groove saute aux oreilles.
Même sur la ballade très soul «Sweet and Lovely» où le guitariste lance le claviériste vers un solo explosif.
Ça groove toujours sur «Back Track» aux accents sensuels et bluesy. Un boogaloo ralenti et lascif. Dr. Lonnie Smith donne les impulsions en faisant gronder les basses. Des basses infernales  qui semblent émerger du plus profond de la terre.
Lonnie chantonne, grogne, respire.
C’est chaud.

Ça devient torride avec le morceau suivant.
Très rapide. Boogaloo en plein !
On tape du pied, on claque des doigts, on agite la tête.
Le guitariste et le sax prennent chacun un solo. C’est parfois un peu confus et pas trop net tellement la barre est placée haut par Smith.
Difficile de faire courir les doigts aussi vite et aussi précisément que lui.
N’empêche, quel plaisir, quelle énergie.
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Mais quand il annonce, avant la pause, «Come Together» des Beatles, on se raidit un peu.
Mon voisin lâche un «oops» dubitatif.
On demande à voir et à entendre.
Mais le Docteur est intelligent et il connaît sa musique !
Le groupe utilise la grille de base avant d’aller explorer le thème de manière totalement originale. Et à la sauce Soul et R&B, ça fonctionne à merveille.

Toujours aussi joyeux et facétieux, Lonnie Smith entame le second set par une improvisation sur «Un Américain à Paris» de Gershwin avant d’être rejoint par le guitariste et le saxophoniste pour dériver au fil de leurs idées sur une ballade nocturne. Un peu fatiguée, un peu éthylique…

Et puis, retour au funk explosif.
C’est le batteur qui en profitera pour se montrer !
Et on enchaîne avec un standard bop dont le nom m’échappe avant de terminer avec «Witch Doctor» plus soul et bouillant que jamais.
Lonnie Smith joue l’accélération, puis le temps suspendu avant de reprendre de la vitesse.
Il joue avec les silences, les respirations. Tout prend du relief sous ses doigts.
Et ses yeux brillent encore plus !

Rappel obligatoire avec le fameux «Play It Back».
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Que du bonheur.
La salle se vide doucement et j’en profite pour aller échanger quelques mots avec Lonnie Smith. Il est d’une douceur exquise. Affable et souriant…

Sur la route du retour, pas encore rassasié, je m’écoute «Alligator Boogaloo» de Lou Donaldson. Il faut dire que c’est avec cet album que j’avais découvert Lonnie Smith… qui n’était pas encore docteur à l’époque.

A+

01/11/2007

Jazzques en radio

radio
Si vous n'avez rien prévu ce jeudi soir entre 21h. et 23h. vous pouvez toujours vous brancher sur Radio Judaïca (fm, 90.2).

Holà! Pas question pour moi de faire de la politique ou de revendiquer quoi que ce soit, rassurez-vous.

Simplement, Etienne Payen et Ilan Oz m'ont invité à venir partager quelques-uns de mes disques et à papoter un peu dans l'émission "Jazz In Belgium". Alors, pourquoi pas?

C'est diffusé via internet aussi. Il suffit de cliquer ici.

Je ferai mon possible pour ne pas dire trop de bêtises.

 

A+ 

 

14:08 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : radio |  Facebook |

29/10/2007

Jazzques écoute - 1

Si vous regardez la colonne de droite, vous avez peut-être remarqué que pas mal de choses sont «tombées» dans ma boîte ces derniers temps (oui, il y a des cd’s achetés aussi, faut pas déconner non plus…)

Beaucoup de choses, donc. Et encore, je n’ai pas tout mis.
On ne va pas laisser passer ça.
Alors, sans suivre un ordre chronologique et si vous me le permettez, voici quelques petites recos parmi tout ce que j’ai écouté (et avant certaines chroniques pour Citizen Jazz).

rouss
D’abord, un album qui m’a donné, dès les premières mesures (et jusqu’à la dernière note) un plaisir fou et un sourire béat.
C’est l’album de  Richard Rousselet et Marie-Anne Standaert «Live At La Laiterie».
Ça m’a rappelé d’emblée Art Farmer, Thad Jones ou encore Kenny Dorham
Hummm, ce swing! Ce bop! Cette énergie fabuleuse!

Et en regardant de plus près, je m’aperçois que le premier morceau est d’Art Farmer! («Mox Nix»)
Ouf ! J’étais plutôt fier de mes oreilles.
Mais il faut dire que Marie-Anne et Richard, les deux trompettistes, parviennnent à rendre cet esprit bop des années ’50 plus vrai que nature…
On y retrouve aussi beaucoup des thèmes de Gillespie («Ow», «Manteca», «Tour de force» etc…). Et c’est joué avec un aplomb extraordinaire.
Il faut saluer aussi la rythmique: Yves Gourmeur au piano, un fabuleux Laurent Mercier aux drums et l’excellent Bas Cooymans à le contrebasse (parfait sur «Brik’s Works»).
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Tout ça, ça m’a donné envie de réécouter Dizzy, bien sûr, mais aussi «Three Trumpets» avec Art Farmer, Donald Byrd et Idrees Sulieman.
Album de ’58 où les trompettes s’entrelacent avec bonheur.
Quel plaisir.

On a attendu longtemps avant de réentendre Richard Rousselet sur disque… mais le résultat en valait la peine.

Je pense que ce quintet donnera plusieurs concerts (dans le cadre du «Jazz Tour» des Lundis d’Hortense) en novembre… A ne pas manquer !

dre
Dans un tout autre genre, je vous conseille aussi «Pan Harmonie» de Dré Pallemaerts.

C’est un disque de batteur? Certes.
Mais je dirais que c’est avant tout un disque de musicien.

Hé oui, il faut entendre sa musique à Dré.
La beauté de ses compositions, l’intelligence de ses arrangements, sa modestie et sa mise en retrait pour faire briller les autres musiciens.
Grâce à lui, Mark Turner et Stéphane Belmondo s’offrent des dialogues d’une justesse et d’un équilibre parfaits.
Le saxophone et la trompette se croisent à l’instar du piano et du Rhodes.
Bill Carrothers injecte, comme seul lui peut le faire, des clins d’oeils habiles et Jozef Dumoulin étonne à nouveau en un jeu subtil et brillant.

Pas de bassiste? Hé non, point.
Mais quelle musique!
Tant dans les compos personnelles («Where Was I», absolument magnifique, «Mode» ou «MJ Rules») que dans les reprises… très personnelles («All The Things You Are» est à tomber par terre).

Bref, un MUST!

resum

On va s’arrêter ici pour l’instant.
La liste est encore longue.

A+

25/10/2007

Notes à acheter. Et free... free.

Jusqu’au 26, vous pouvez acheter une note de la composition de Fabian Fiorini.
En faisant cela, vous soutiendrez les musiciens des écoles de musique dans des pays en conflit (Palestine, Congo, Mozambique etc..)

Bref, c'est une bonne action.
C'est quand même mieux que de leur vendre des armes... non? 

Et un concert a lieu au Singel à Antwerpen ce vendredi soir.
(Il y en avait un ce soir à la Monnaie à Bruxelles)

C’est organisé par Music Fund.
Les détails ici.

cotontige

Et puis, tout autre chose, ou presque, si vous avez envie d’écouter du free jazz pendant 12 heures non-stop, une seule adresse : Taran’s Free Jazz Hour !

Si vous êtes à Angers, allez-y (et saluez Taran de ma part) sinon, écoutez (ou regardez) l’émission via le net
C’est le 27, de midi à minuit.

A+

23:27 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fabian fiorini, free, taran |  Facebook |

23/10/2007

Free Desmyter Quartet - Hopper Antwerpen

J’étais très curieux d’entendre Free Desmyter en concert avec son nouveau projet.
(Oui, avant on écrivait "Fré"... maintenant c'est "Free", car il n'y a pas d'accent en flamand. Bref, ça se prononce toujours "Fré" et ça s'écrit "Free"...)

Mercredi dernier, je suis donc allé au Hopper à Anvers pour l’écouter.
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J’adore quand un groupe décide de lancer toute sa musique au milieu de la scène et que chaque musicien vient y prendre ce qui l’intéresse.
C’est l’effet que je ressens en écoutant le premier thème du quartet.
Enfin, thème… C’est plutôt de l’impro me semble-il.
Une musique très ouverte et généreuse qui me rappelle un peu celle d’Andrew Hill.
Pourtant, en discutant avec Free, il m’avouera ne pas connaître la musique du musicien américain. Et même plus, il écoute très peu de jazz, mais plutôt du classique.
Serait-ce cela le secret de sa musique ?

Le deuxième morceau (dont je n’ai pas retenu le nom) est joué sur un rythme effréné.
C’est touffu et intense.
John Ruocco n’a pas son pareil pour incendier le thème. Suivant toujours une ligne assez claire, il le nourrit de milles idées.
Quant à Marek Patrman, à la batterie, il est explosif.
Tout à fait à l’opposé du jeu qu’il développe sur le morceau suivant: «In Memory», une ballade triste.
Là, Marek utilise des baguettes ultra fines. Le son est fragile, aérien.
Il me dira plus tard, en sirotant son thé, que ce sont … des pailles!
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Les arrangements sur ce morceau sont étonnants. On part sur ce que l’on croit connaître avant que le quartet nous perde. Chacun semble prendre une direction pour donner un point de vue personnel à l’histoire.
Manolo Cabras propose un discours sensible et profond à la contrebasse et John Ruocco développe des lignes déchirantes à la clarinette, sans longueur.
Free, quant à lui, laisse beaucoup d’espaces et de respirations.
Il distribue les notes par vagues, ne se laisse jamais gagner par un romantisme facile.
Il y a de la dignité et de l’intelligence dans son jeu.
Tout le monde s’écoute, le langage musical semble s’inspirer des travaux de Messiaen
Beau moment.

Au deuxième set, le quartet entame une sorte de Calypso… avec grand écart entre bop et moments très libres.
Ruocco termine souvent ses interventions de manière abrupte comme pour provoquer le pianiste. Et les interventions de Free sont souvent courtes, souvent en contrepoints du saxophoniste.
Entre les deux, Manolo et Marek trouvent chaque fois une voie pour ricocher, pour raviver et pimenter le propos. Autant pour le resserrer que pour l’écarteler.
Sur «Thrill» (il me semble), le quarte fait monter la tension d’un cran, en gardant toujours une ligne mélodique forte.
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Le concert se termine avec «Doo The Bop».
Je crois reconnaître un morceau de Parker…mais non.
Monk ? Lacy ? Non plus…
Bien vite, le quartet s’envole. Free Desmyter propulse Manolo vers un solo monstrueux et Ruocco fait taire tout le monde…
Et chacun se retrouve dans un final tendu.
La tension! Toujours garder la tension!

C’est bien ce qu’il fait, Free Desmyter, je vous le conseille.
En plus, son album vient de sortir chez De Werf.

Une dernière «bolleke» avec les musiciens et quelques amis avant de rentrer sur Bruxelles en écoutant le dernier album – magnifique - de Robert Wyatt: «Comic Opera».

A+

20/10/2007

Me Myself An Eye

J’ai rencontré Koen Van Daele lors d’un concert d’Erik Truffaz, voici quelques années déjà.

koen
Je ne sais pas très bien ce qu’il fait au juste.
Il est artiste, sculpteur… Educateur aussi parfois…

Je le rencontre encore de temps en temps à l’AB ou au Brosella, ou à Gand…

Si vous regardez les liens sur mon blog, vous avez peut-être été voir du côté de CineCitta. (Malheureusement inactif depuis quelques mois.)
Là, on y trouvait des animations amusantes, des réflexions sur l’art et des recherches sur le mouvement.
Il y avait aussi des collages ou photomontages genre roman-photo.
Un peu kitch.
Souvent décalés.
Toujours artistiques.
Avec plein de références aux films néo-réalistes italiens ou au surréalisme des années 30 (Bunuel, Breton, Man Ray…).


Bonne nouvelle, Koen est à nouveau sur le net.
Avec une très belle idée. Simple et fascinante.
Toujours basée sur le mouvement… et la sculpture.

Allez voir ça
ici.
Allez jeter un œil sur le portfolio, les flipbooks, mais surtout «
De Vierde filmstad», pour voir ses dernières créations.
Merveilleux.

J’adore ce genre de recherches.
J’avais vu dernièrement sur Arte un reportage sur l’artiste
Carmen Perrin.
C’était fascinant.
carmen

Carmen Perrin travaille, entre autres, sur la perception visuelle.
En effet, suivant l’endroit d’où l’on regarde son installation, on y découvre des images, des zones floues, des zones nettes…
Tout ça en juxtaposant simplement des milliers de pailles et en les plaçant devant une image.

Elle a renouvelé ce même principe à l’Aéroport de Zurich pour «séparer» différentes zones d’attentes pour les passagers.

Une autre façon de voir la réalité, en quelques sortes.

Le rapport avec le jazz? Heu… je ne sais pas vraiment...
mais, je dirais comme Mingus: «Me Myself An Eye»


A+

22:58 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mingus, carmen perrin, art, koen van daele |  Facebook |

18/10/2007

Hertmans (Jazz Station) Bart Defoort & Emanule Cisi (Sounds)

Comme me le disait dernièrement une excellente amie chanteuse: «Jacques, tu es très en retard dans la mise à jour de ton blog !»

Hé oui, c’est vrai, c’est derniers temps, mes journées et mes soirées furent très (trop) remplies…
Heureusement que le Sounds reste ouvert très tard (ce qui permet d’aller boire un verre en sortant du bureau... vers 23h). Ça ne repose pas vraiment son homme, mais ça fait tellement de bien que ça redonne une bonne pêche!

Je reviendrai donc plus tard sur quelques sujets qui me tiennent à cœur (disques, livres, artistes, etc.), mais avant cela, un petit mot sur les concerts de samedi dernier.

D’abord, Peter Hertmans Quartet à la Jazz Station.
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Je suis arrivé pour le deuxième set. (Hé oui… boulot).

Une habitude avec ce groupe...

Après un premier thème assez «groovy» («Pure Soul»), Peter installe le climat tout en retenue de «Cadence 1».
Les phrases du guitariste se font longues et étirées.
On est dans une atmosphère très ECM.
A la batterie, Lionel Beuvens joue avec beaucoup de légèreté et de souplesse. La combinaison avec Théo De Jong (à la guitare basse acoustique « électrifiée ») fonctionne à merveille.
Plus tard, sur un autre thème aux accents un peu plus folk, c’est avec le soprano de Daniel Stokart que la magie opère.

Bien que naviguant entre post-bop et fusion, le quartet élargit parfois le spectre vers une musique plus latine ou un groove qui flirte avec le funk.
L’ensemble a quelque chose de touchant, d’humain. On sent une belle complicité entre les musiciens. Pas de chi-chi, pas de longueurs: ça joue.

Lionel Beuvens  ayant un autre gig, on n’aura pas droit à un rappel.
Dommage, avec le furieux «Doctor Dré», le groupe nous avait mis l’eau à la bouche.

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Direction «Le Sounds» pour écouter Bart Defoort (Jazzhood) et Emanuele Cisi.

J’avais déjà entendu le saxophoniste italien il y a quelques années lors d’un concert au Music Village (avec Michel Benita et… Aldo Romano (??)).
J’étais curieux d’entendre le résultat que pouvait donner les deux ténors rassemblés.

Hé bien, on peut dire que ça fonctionne.
Et plutôt bien !
Il est même d’ailleurs question qu’un enregistrement studio suive.

A quelques exceptions près («Easy Living», un morceau de Kurt Weil ou «The Chase» de Ron Van Rossum), la plupart des morceaux sont des originaux écrits par Emanuele ou Bart.
Et tous les arrangements sont du musicien belge.
C’est fantastique car, à aucun moment, les souffleurs ne se marchent sur les pieds.
Au contraire, ils se complètent magnifiquement.
Il faut les entendre jouer à l’unisson sur «Taïs».

On est dans un tout autre style que lors du concert que Bart avait donné avec Jereon Van Herzeele lors du Jazz Marathon cet été. Ici, on est plus dans un bop moderne. Moins éclaté, mais tout aussi brillant et dynamique.
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Cisi est souvent très énergique, voire parfois explosif. Et ses dialogues avec l’excellent Sebastiaan De Krom (oui, oui, le batteur de Jamie Cullum) furent d’une intensité remarquable.

Le batteur, au drive très sûr et précis, nous offrit une belle démonstration lors d’un de ses solos. Il joue, comme il aime à le faire, avec toutes les parties de la batterie (caisse, supports etc.), il étouffe les sons avec un pied sur les tambours, et nous fait un roulement qui part du tonitruant pour aller vers un touché des plus délicats.

Autant dire qu’avec un tel batteur, Sal La Rocca était aux anges.
Et on le voit jubiler sur «Alma» joué à 100 à l’heure.

Il ne faudrait pas oublier dans ce groupe le pianiste.
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Ron Van Rossum m’a sans doute le plus impressionné ce soir.
Je l’avais entendu quelques fois lors de jams, mais rarement en concert.

J’adore ce genre de pianiste.
Ron a un sens de l’écoute incroyable, une attaque franche, un débit tantôt rapide, tantôt parcimonieux. En l’écoutant, j’avais le sentiment d’entendre l’influence d’un Bud Powel.
Toujours prêt à changer de direction, à lancer des idées. Son touché et son phrasé sont merveilleux. Dans ses solos, il continue à jouer avec la batterie, il laisse des respirations, se relance sur d’autres pistes, cherche, trouve…
Il n’en met pas partout… et pourtant, la musique est là.
C’est grisant.

Je ne demande qu’à réentendre tout ça.
Sur disque, mais aussi sur scène.

Quel plaisir le jazz !
Je discute avec les musiciens au bar jusqu’à une heure très avancée de la nuit.

Je vais avoir une de ces pêches demain matin, moi !

A+

10/10/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 5 -

Après une très courte nuit, je suis retourné très tôt sur Dinant.
Oui, j’aurais pu loger sur place, mais je m’y suis pris comme un manche et, comme d’habitude, beaucoup trop tard…

Pourtant, des hôtels et chambres d’hôtes, ce n’est pas ce qui manque dans la région.
Je me suis d’ailleurs retrouvé en fin de matinée dans un de ces hôtels car j’avais rendez-vous avec Paolo Fresu.

Non seulement Fresu est un trompettiste merveilleux, mais c’est un personnage d’une gentillesse remarquable. Et malgré tous les projets qu’il cumule, je suis stupéfait de sa disponibilité…

Bref, on en reparlera.

Retour au Centre Culturel pour la dernière journée de festival.

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Vers 16h, la scène est ouverte par le duo de Petra Magoni et Ferruccio Spinetti.

Je connaissais les musiciens pour les avoir entendu sur le dernier album de Stefano BollaniI Visionari») et pour avoir entendu l’un ou l’autre morceau de leur album «Musica Nuda».

On pourrait penser qu’un tel duo (contrebasse et voix) peut être austère.
C’est sans compter sur l’esprit italien, très «comedia del arte», ce sens théâtral (tantôt comique, tantôt dramatique), cette diction parfaite, ce jeu de contrebasse unique.

Vraiment, ce fut un excellent moment.
Le duo reprend des chansons folkloriques, quelques rares standards de jazz, mais surtout des chansons pop (la manière de se réapproprier «Eleanor Rigby» ou «Come Together» des Beatles – et dieu sait si je suis sensible au répertoire des Beatles - est hallucinante).
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Petra et Ferruccio ont un sens peu commun du dialogue avec le public.
La chanteuse n’hésite pas à essayer d’expliquer, dans un français approximatif mais extrêmement touchant, le sens des paroles des chansons.
Ainsi, ils «adaptent» en français «Le Due Corde Vocali» qui raconte la séparation (autobiographique?) entre un contrebassiste et sa fiancée.
Le duo improvise, Petra pose des questions, Ferruccio répond en chantant, en inventant, en rajoutant des détails sordides…
On ne peut s’empêcher de rire… et pourtant, la musique et le chant sont diaboliquement parfaits.

On passe du rire aux larmes.
On est ébloui par le débit infernal sur «La Boccia»( ????) et fasciné par ce regard immobile, figé, perdu dans un vide absolu pendant d’interminables minutes sur «My Funny Valentine»…
Subjuguant.

A revoir, je l’espère, au plus vite sur nos scènes nationales.

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Dans un tout autre registre, Susanne Abbuehl, entourée de Wolfert Brederode au piano, Christof May à  la clarinette et clarinette basse et de Joost Lijbaart à l abatterie, nous à emmené dans son monde très poétique et très éthéré.

Certes, elle n’a peut-être pas fait l’unanimité auprès de certains spectateurs, mais pour ma part, je dois avouer que j’étais sous le charme.
On était replongé dans l’ambiance du festival de l’année dernière qui avait accueilli le label ECM.

Le chant, minimaliste et très intimiste, est soutenu par des ondulations pianistiques et un drumming aux balais d’une extrême délicatesse.
Seule la clarinette basse vient, en contrepoint, dialoguer avec la chanteuse.

On voyage dans les plaines désolées, froides et silencieuses.
On flotte dans la lenteur élégiaque d’un chant intérieur et dépouillé.

Abbuehl enchaîne sur un même mode «Children Song», «Yes Is A Pleasant Country» ou encore le glaçant «A Call For All Demons» en s’excusant de ne pas parler entre les chansons: «Pas parce que je ne veux pas vous parler… mais parce que je ne sais pas quoi vous dire».

Elle terminera par «Where Flamigo Fly».
Étrange sensation qui contraste avec le concert précédent.

Avant le concert suivant, je discute avec Dré Pallemaerts à propos de son dernier et excellent album «Pan Harmonie».
Il me raconte le cheminement, la genèse, l’enregistrement de ce petit bijou - que je vous conseille vivement – avant de rejoindre sur scène David Linx et quelques-uns des grands chanteurs américains invités à ce «Be Bop Vocal Summit».

En effet, autour du chanteur belge, on retrouve Sheila Jordan, Deborah Brown, Giacomo Gates et Mark Murphy.

Une belle brochette, avouez-le.
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Et cette petite bande avait vraiment envie de s’amuser.
Surtout l’intenable Mark Murphy.

Chaque chanteur interprète deux ou trois morceaux (accompagné de Dré Pallemaerts (dm), Paolo Fresu (tp), Sal La Rocca(cb) et Kàlman Olah (p) ).
Les transitions étant assurées par l’ensemble des vocalistes, dans le plus pur style Be Bop.

On sent que David a un peu de mal à contrôler ce petit monde qui a envie de faire la fête, qui se lance des vannes…
Et chacun y va de son impro.
A ce jeu, Sheila Jordan, avec un humour grinçant, est sans doute la plus à l’aise.
Giacomo Gates, que je ne connaissais absolument pas, est éblouissant dans ses scats. Beborah Brown, à la voix puissante, est éclatante, Murphy penche un peu du côté crooner et Linx est à nouveau impérial… et heureux.

Bonheur sur scène et dans la salle.

Voilà encore un festival à Dinant très réussi. On en redemande.
J’ai déjà réservé ma chambre d’hôtel pour l’année prochaine !

A+

03/10/2007

Un tour du côté de chez Citizen

Avant de continuer mes comptes-rendus du Festival Dinant Jazz Nights: un petit intermède.

Quelques articles écrits pour Citizen Jazz.

D’abord un retour sur le Blue Note Records Festival de Gand.
Et ensuite, trois nouvelles chroniques de CD’s.

Premièrement celle de Tricycle.
Délicieux album.
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Puis, l'album de Greg Lamy.

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Et enfin, celui du saxophoniste italien Raffaele Casarano.

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Et si vous désirez avoir l’avis de Sophie Chambon (qui n’a pas hésité à estampiller l’album d’un «Elu») à propos de Rajazz, que j’avais également chroniquer pour Citizen Jazz, il suffit de cliquer ici.

Bonnes lectures.

A+

02/10/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 3 -

Le deuxième week-end de cet ambitieux 10ème anniversaire se déroulait à Dinant.

Premier rendez-vous, vendredi soir à la Collégiale pour un concert unique et inédit: Gonzalo Rubalcaba et Omara Portuondo.
La rencontre promettait d’être magnifique… et elle le fut.

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La Collégiale, qui avait accueilli l’année dernière Jan Garbarek et l’Hilliard Ensemble, est décidemment une caisse de résonance idéale à ce genre de rencontres.

Comment une musique peut-elle provoquer autant d’émotions ?

Quand Omara dévie subtilement de «La Siteria» vers «Guantanamera», c’est comme si on retrouvait les couleurs, les saveurs et les odeurs de l’œuvre originale.
Son chant ne ment pas.

Omara est touchante aussi quand elle va se réfugier derrière son pupitre pour ne pas trahir les paroles des chansons qui ont bercé toute sa vie. Le chant est plus vibrant que jamais. C’est à pleurer. On l’écoute la gorge serrée.

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Rubalcaba joue tout en souplesse. Avec amour.
Il anticipe, puis il attend.
C’est de la tendresse, de l’humanité pure.
La chanteuse cubaine laisse sa place, le temps d’une chanson, au parrain du festival (David Linx) avant de revenir nous offrir trois autres morceaux d’une sensibilité rare.

Grande, très grande dame, et concert inoubliable.

De retour dans le centre culturel de Dinant, le Midnight Trio de Kàlman Olah (celui qui fut le déclencheur, voici 10 ans, de ce festival) est prêt pour un concert assez intimiste, dans la tradition club et jazz modal.

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L’entrée en matière est assez originale: le bassiste Jànos Egri pose les bases du thème, le batteur Elemér Balàzs monte sur scène et vient ajouter une seconde voix avant que le pianiste ne les rejoigne pour improviser.

Stéphane Belmondo, autre habitué du festival, rejoint à son tour le trio pour jouer «Footsteps».
Les standards s’enchaînent avec bonheur et simplicité.
Le bassiste tente parfois de déstabiliser le trompettiste. Cela pimente un peu un concert trop tendre. L’ambiance est douce…Un peu trop même, et parfois, on frôle l’ennui.

Le pianiste, au toucher subtil, essaie pourtant quelques échappées contemporaines avant de revenir vers «All Of Me» ou «Round Midnight».

Il est tard.
Le journée de demain sera belle…
Je rentre sur Bruxelles, le cœur léger.

 

A+

 

01/10/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 2 -

Retour à Ciney, samedi 22.
Affluence accrue. Et c’est tant mieux.

Je n’ai pas eu l’occasion d’entendre le Floreffe Big Band, mais par contre j’étais présent pour le concert de Mélanie De Biasio.

Aujourd’hui, c’est Lieven Venken qui tient les baguettes à la place de Teun Verbruggen.

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Ce qui est fascinant avec Mélanie, c’est l’ambiance qu’elle arrive à créer dès les premières mesures. On entre aussitôt dans son monde. Tout en délicatesse.
Mélanie De Biasio est sans doute une des plus belles choses qui soit arrivée au jazz vocal (au-delà de la Belgique) ces dernières années.
Elle allie le blues, le jazz et la chanson avec élégance et intelligence.

Après un «Blue» tout en nuance, la chanteuse invite Steve Houben à la rejoindre pour partager un «A Stomach Is Burning» intense.
Dialogue merveilleux entre le saxophoniste et la chanteuse qui ressort, pour l’occasion, la flûte.

La contrebasse du fidèle Axel Gilain est toujours aussi envoûtante.
Au piano, Pascal Mohy est volubile et merveilleux d’aisance sur le léger «Never Gonna Make It».
Le drumming de Lieven n’a rien à envier à celui de Teun. Il est délicat, sensible et toujours groovy. D’une autre couleur, certes, mais qui s’accorde très bien à l’univers de la chanteuse.
Pascal Paulus, quant à lui, teinte l’ensemble de sons très ’60. A la fois «soul» et lunaire.
Parfait.

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Avant de terminer en douceur un concret un peu court (la balance et la mise en place avaient pris un peu trop de temps), Steve Houben nous offre un solo brûlant sur «Let Me Love You»…

«Let Me Love You»… qui s’y refuserait ?

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Ce fut ensuite à Ivan Paduart de monter sur scène avec son quintet.
Ce soir, il présente un nouveau projet: «Exile With A Dream» avec Toon Ross (ss, ts), Sam Gerstmans (en remplacement du bassiste Philippe Aerts), Joost Van Schaaik (dm), Stéphane Belmondo (tp), et son amie de longue date - je me demande même si ce n’est pas Ivan qui la présenta à David Linx – la chanteuse hollandaise Fay Claassen.

Les deux premiers morceaux se joueront cependant sans elle.

«I Thought I New» met en lumière le jeu précis et vif de Paduart.
Moi aussi, je pensais que je savais. Je pensais que je connaissais le style du pianiste. Mais sur ce coup-là, et le morceau suivant («Storyteller», où l’on retrouve un esprit «Giant Step»), il m’a bluffé.

Ces morceaux font un beau tremplin pour les chorus de Belmondo.
Malheureusement, on le sentait un peu mal à l’aise.
À sa décharge, il n’avait pas eu l’occasion de beaucoup répéter et les compos de Paduart ne sont pas si simples que cela.
Toon Roos, plus habitué à Paduart, se mettra bien mieux en valeur. Jeu brillant et agile. Tout en force et sinuosité.
 

Fay Claassen rejoint alors le groupe pour «Life As It Is».
La voix est toujours aussi belle et graineuse, légèrement voilée.
Fay tente parfois des choses très difficiles et on sent dans ces moments ses limites. On les perçoit d’autant plus lorsque David Linx vient chanter en duo avec elle «Crossroad».

Bonne et belle surprise que ce concert. Je suis curieux d’entendre ça sur cd.

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Autre surprise pour moi, fut la découverte sur scène d’Eliane Elias. Il faut dire que la chanteuse/pianiste ne m’a jamais vraiment convaincu sur disque (du moins, ceux que je connais). Mais ce soir, en «live», je fus conquis.
D’abord par son sens du rythme et du placement. Ensuite, par son touché, à la fois percussif et chantant. Très jazz dans un style, évidemment, assez «bossa».
C’est ce mélange des genres, qu’elle réalise avec fluidité, qui m’a étonné.

Après un medley de musiques traditionnelles brésiliennes, où elle invite le fabuleux batteur Satoshi Takeishi à faire monter la pression, elle entonne une jolie ballade: «Call Me».

Toot Thielemans, en invité exceptionnel, vient déposer quelques notes sur «Black Orpheus» (du moins, il me semble).
On sent l’harmoniciste un peu «court», pas trop à l’aise.
Que se passe-t-il ? Pas en forme Toots ?
…Non, il change d’harmonica: « Mon ‘la’ est bouché » dit-il en riant.
Et oui, malgré l’age, Toots est toujours en forme.
Et il le démontre sur «Corcovado» ou «Oye Como va».
Et plus encore, dans une joute amicale et musicale de haut vol avec l’excellent guitariste Ricardo Vogt quand les musiciens se provoquent l’un l’autre.

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Le cadeau d’Eliane Elias à Toots, c’est «Bluesette» chanté en portugais.
L’émotion est palpable.
Le public se lève pour saluer comme il se doit la sortie de notre Toots national.

Le concret ne baissera pas d’intensité par la suite.
«Doralice», «Tangerine» ou encore «Desafinado», achèvent dans l’enthousiasme général cette très belle journée.

A+

29/09/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 1 -

Après Gand, Anvers et Bruxelles, cap sur le festival de Dinant.

Le week-end dernier, c’était le coup d’envoi du Dinant Jazz Nights.
Dixième du nom !
Pour fêter ça, le festival se déroule en deux week-ends. Le premier à Ciney (là où Jean-Claude Laloux avait créé ce premier rassemblement) et le deuxième à Dinant.

La semaine qui sépare ces deux rendez-vous ayant été plus que chargée, je n’ai pas eu l’occasion de vous raconter ce qui s’est passé les 21 et 22 septembre au centre culturel de Ciney. Allons-y!

Le parrain du festival de cette année est David Linx. Normal que ce dixième anniversaire soit dédié au jazz vocal.

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Vendredi soir, Laïka Fatien a conquis un public malheureusement un peu clairsemé.
Pour ma part, je suis resté légèrement (très légèrement) sur ma faim.
Bien sûr Laïka chante très, très bien. Et elle a une belle façon de vivre les textes. Surtout les standards. Enfin, des «nouveaux» standards, tels que «Old Portrait» de Mingus, «Lost» de Wayne Shorter ou encore «A Shade Of Jade» de Joe Henderson. On le voit, et elle l’avoue, elle a un faible pour les saxophonistes. Elle est d’ailleurs accompagnée, comme d’habitude, par l’excellent ténor David El Malek. Celui-ci est un écho parfait à la voix sensuelle de Laïka.
Mais le plus sensationnel dans  ce groupe est sans conteste le pianiste Pierre de Bethmann.
Il est éblouissant de virtuosité, mais surtout d’inventivité et de sensibilité.
Tant sur les morceaux swinguants que sur le classique «Old Devil Moon» ou encore le très soul/boogaloo «Zigaboogaloo (qui porte bien son nom) de Nicolas Payton
Pianiste fantastique.

Avant de revenir en vedette avec le BJO, David Linx rejoindra la chanteuse pour interpréter en duo un morceau tiré de « La tectonique des nuages » de Laurent Cugny… Somptueux.

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Le Brussels Jazz Orchestra, donc.
Le rêve pour le chanteur.
Et le résultat est à la hauteur des espérances.

Le public est plus nombreux, mais ce concert aurait mérité une salle comble.
Linx et l’un des meilleurs Big Band du monde (si, si…) présentaient leur nouveau projet: «Changing Faces».
13 morceaux pour douze arrangeurs différents.
13 styles, 13 couleurs différentes et pourtant une osmose parfaite.
Ce qui est fascinant avec ce projet, c’est d’entendre le BJO sonner comme s’il s’agissait d’une petite formation (dans le sens quartet ou quintet).
Linx, mais aussi Mario Laginha, Michel Herr, Stephane Guillaume et tous les autres arrangeurs, ont eu la belle idée et l’intelligence d’utiliser le band de manière très ouverte. Et ces multiples écritures démontrent le talent incontestable de tous ces musiciens.

Une attaque franche, un suivi en ostinato au piano (Nathalie Loriers) et voilà «Deep Night» sur les rails. Les sons tombent en cascade: les trompettes, les trombones et puis les saxes. Brillant.
Et ce n’est qu’un début.
«Black Crow», de Joni Mitchell et arrangé par Michel Herr, impose une fausse douceur, mais une vraie tendresse. Pas de faux-semblants ici. Pas de triche.
La musique n’en est que plus véritable.

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Philip Catherine viendra nous faire une visite sur quelques titres, histoire que la fête soit complète. Ici aussi, le dialogue est juste. Et vif.

Le BJO propose différentes palettes.
Un peu bossa avec «Bilhete», terriblement swinguant avec «Then We’ll Be Home», très «black» et cru avec «A Day’s Journey» ou encore explosif avec «The Land Of Joy».

Et à aucun moment, l’orchestre ne faiblit.
Les solistes y sont époustouflants (Bart Defoort, Kurt Van Herck, Lode Mertens, Franck Vaganée, Bo Van Der Werf et bien sûr Nathalie Loriers).

Et David Linx ?
Il est au sommet de son art. Il est heureux, léger, parfait.

Haaa… vous auriez du être là !

A suivre…

A+

23/09/2007

The Wild Party - Atelier 210

Ce n’est pas vraiment un concert, pas vraiment du théâtre non plus…
Un monologue?
Oui, en quelques sortes.
Pourtant il y a 5 acteurs?
Oui.
Enfin, 4 musiciens et un acteur. Et parfois, l’acteur se fait chanteur et les musiciens se font acteurs.

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The Wild Party, c’est noir, c’est cru, c’est drôle, c’est cynique, c’est étonnant et, oserais-je le mot?… c’est génial!

Ce spectacle est présenté à l’Atelier 210 jusqu’au 26 septembre.
Dépêchez-vous d’y aller. Franchement, ça vaut vraiment la peine.

On vous raconte l’histoire de Burns, Queenie et Mister Black.
Une histoire d’amour, de sexe et d’alcool qui se termine mal. Très mal.
Ça pourrait être banal, et pourtant, les textes, la mise en scène (de Frederik Haugness), le jeu, la musique et les lumières empêchent cet écueil.

Benoît Verhaert, acteur fabuleux à la gestuelle sûre et aux mille visages, raconte avec conviction cette histoire sauvage et impudique écrite en 1926 par Joseph Moncure March (et aussitôt censurée) sortie une première fois de l’oubli par Art Spiegelman.
L’acteur joue tour à tour les rôles de la femme, de l’amant, du salaud, de la pute, du narrateur…
Tantôt poétique, tantôt grinçant, tantôt drôle, le texte a été superbement adapté à notre époque pour en garder toute la rage, toute la violence et un second degré bien senti. Il tape juste, il tape fort.

Les musiciens ponctuent, illustrent et participent musicalement aux dialogues.
Sommes-nous dans la pièce? Dans le texte? Dans l’impro? Difficile à dire.
Les acteurs mélangent temps présent et passé, jouent avec la réalité et la fiction. C’est un véritable tourbillon.

On flotte entre une ambiance à la Miles, façon «Ascenseur pour l’échafaud», et à la Lenny Bruce (comme me le faisait remarquer justement Manu Hermia).
On y entend quelques standards et un thème récurrent de Mingus. Ambiance !

Chacun endosse les rôles des uns et des autres.
Comme le sperme, l’alcool et le sang, tout se mélange.
Et puis, il faut voir les qualités d’acting du trompettiste Greg Houben (hilarant dans certaines scènes), du pianiste Matthieu Van (en pince-sans-rire cynique), du batteur Laurent Delchambre (mi-Jacques Dutronc, mi-Jacques Gamblin) et du bassiste Sam Gerstmans (détonant et explosif).

Cette pièce (??) ne se raconte pas, elle se vit.
Comme un concert de jazz.

N’hésitez plus une seconde: allez-y !

A+

Klara Festival - Pierre Vaiana

Dans la série des concerts du Klara Festival, Pierre Vaiana avait également été convié à une «carte blanche» pour les « Late Nights ».

Pierre en a profité au maximum en présentant un « groupe » à géométrie variable. Il avait décidé, en effet, de faire des mélanges et de jouer les métissages. Chose qu’il adore et qu’il fait avec beaucoup d’inspiration.

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Après une mise en bouche en trio, avec Felix Simtaine (dm) et Nic Thys (cb), Pierre invitait le fidèle Fabian Fiorini pour interpréter «Aljazaïr» (c’est le nom d’Alger en arabe… et ce n’est pas mon ami Mouloud qui me contredira ;-) ).
La musicalité de ce thème est tantôt incertaine, tantôt évidente sous les doigts du pianiste. Fabian a cette faculté d’inoculer les morceaux de touches personnelles tellement créatives qu’il me surprend toujours. Par exemple, sur un autre morceau plus rapide, il explose le thème et emmène dans son sillage Felix Simtaine qui, tout heureux, n’en demandait pas tant. Impressionnant.

Puis, c’est au tour de François Vaiana (voc.) de monter sur scène pour interpréter «Duke Ellington Sound Of Love» de Mingus.
Et puisqu’on parle de Mingus, on aura droit à deux contrebasses (il faut bien ça pour ce bon Charlie). Lara Rosseel fera donc équipe avec Nic.

C’est ensuite Eve Beuvens qui succède à Fabian au piano pour un «Broken Wings» (en hommage à Chet Baker) de Richie Beirach. Au chant, François Vaiana me paraît bien plus à l’aise que lors de certains concerts où je l’ai entendu. J’ai l’impression que le swing lui va bien. Et avec «Lester Left Town», il est servi.

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Pierre Vaiana, quant à lui, est d’une fluidité et d’une précision redoutables. Tant dans les mélodies complexes en mid-tempo que dans les débits rapides.

Après avoir entendu 2 contrebasses, pourquoi pas deux pianos ?
Fiorini – Beuvens, 2 styles complètement différents qui donnent du goût à un dialogue improvisé, vif et relevé.

Et puis vint David Linx.
Ses impros a cappella (scat ou vocalese?) sont toujours aussi impressionnantes.
Il possède décidément une tessiture incroyable et un sens du timing, du swing et du rythme redoutables.
Ça c’est pour le côté «groove».
Pour le côté «ballade», il n’en est pas moins brillant.
Une version intime et sensuelle de «Luiza», de Jobim, en est la preuve…

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Ce beau concert «patchwork», et à rebondissement, se termina avec le morceau envoûtant: «Chiàchiara Ccu Mia», qui oscille entre prière, psalmodie et transe à la «A Love Supreme», sur des paroles scandées en sicilien.
Chair de poule garanti.
C’est brûlant et enivrant.

Dans le bar du KVS Box, je croise plein de musiciens avec qui je parle de leurs projets (et il y en a !) comme Nelson Verras, Magic Malik, Robin Verheyen, Laurent Melnyk, Fabrizio Cassol, mais aussi Felix Simtaine, David Linx et bien sûr Pierre Vaiana…

Bien belle soirée, donc.
Dommage que je n’ai pas eu l’occasion de participer aux autres concerts prévus… grrr…

A+

16/09/2007

Eve Beuvens - Théâtre Marni

Il y a des années que je me promets d’aller écouter le trio de la pianiste Eve Beuvens.
Mais chaque fois que l’occasion se présentait, j’avais un empêchement.

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Cette fois-ci, je n’ai pas raté cette opportunité.
Il faut dire, à ma décharge (si, si…), que ce groupe ne tourne pas énormément non plus…
Heureusement, dans le cadre des «rencontres jazz» au Théâtre Marni, Jules Imberechts a eu la bonne idée de programmer le «nouveau» trio d’Eve (son frère, Lionel Beuvens a pris la place de Jérôme Colleyn).
Du côté de la contrebasse, pas de changement, il y a toujours Yannick Peeters.

Connaissant Eve, pour l’avoir vu jouer dans différentes formations ou lors de jams, je m’attendais à entendre un trio évoluant dans un esprit Evansien.
Bien sûr on entend, ici et là, quelques influences du pianiste américain, mais, plus d’une fois, le trio s’en éloigne et va plutôt flirter du côté d’un Eric Watson ou d’un John Taylor.
Pour preuve, et pour souligner l’apport de ce dernier dans la démarche musicale d’Eve, le groupe reprend, en fin de concert, un morceau du pianiste.

«Compo 2», écrit par Eve, est d’ailleurs un peu pensé dans cet esprit.
Un peu lunaire, assez intimiste, gardant toujours une délicatesse vacillante, une stabilité quelque peu trouble.

Sur d’autres morceaux, les musiciens n’hésitent pas à ouvrir encore un peu plus le jeu, à improviser de manière assez libre. A oser s’aventurer dans l’inconfort, à créer de surprises. Comme sur le passionnant «Bij Mij» écrit par Yannick Peeters, qui joue les silences et les structures «flottantes».

Les moments intenses - comme pour «North Sea» où Eve joue avec la matière du piano (elle fait craquer le bois, fait crisser les cordes, grincer la pédale, créant ainsi un univers minéral, frissonnant et mélancolique) – se succèdent aux instants plus romantiques et lyriques.
On retrouve alors parfois un touché à la Brad Mehldau ou un groove à la Esbjorn Svensson de la bonne époque (du temps de «From Gagarine’s Points Of View» ou «Good Morning Susie Soho», par exemple).
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Quelques standards sont intelligemment revus et arrangés, comme «Everything I Love» de Cole Porter ou «Alone Togheter». On perd par contre un peu le fil sur «All The Things You Are»…

Avant le très «soul» et joyeux «Little Scorpions», il y eut, à mon avis, un des plus beaux morceaux de la soirée : «Fragile» (écrit par Lionel).
On sentait là tout le potentiel du trio. La musique passait entre les musiciens tel un fluide. Chacun ajoutant sa touche. Un dialogue merveilleux s’installait entre eux.
Excellent.

On sent que ce trio est en train de se découvrir petit à petit un langage personnel.
Et ça, c’est plutôt intéressant.
Alors, tenez-le à l’œil et à l’oreille.
Moi, en tout cas, c’est ce que je vais faire. En espérant ne plus être contrarié dans mon agenda…

A+

15/09/2007

Klara Festival - Michel Hatzi et Puggy

Bousculé de chez bousculé, en ce moment.
J’ai raté plein de concerts prévus (Klara Festival et Marni…).
Et je n’ai pas trouvé le temps de mettre en ligne ceux que j’ai vu…

Alors, allons-y.

Klara Festival, le 3 septembre, premier «Late Night» Concert.
Le principe: un musicien en invite d’autres pour une collaboration unique et inédite.
Ce soir, c’est Michel Hatzi qui s’y collait.

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Il avait invité Puggy dont j’avais déjà entendu parler (chez Nath, par exemple) et écouté quelques extraits sur leur site MySpace.
Puggy est un groupe rock, qui s’est formé à Bruxelles avec des musiciens (plus ou moins «jazz» à la base, si j’ai bien compris…) venant de France, d’Angleterre et de Suède.
Pas banal.

De ce mélange des genres, leur musique s’en ressent.
Énergie, spontanéité, riffs percutants et simples, influences Britpop mais aussi parfois hispanisantes, des touches de folk, de jazz, des références aux Pixies ou à Muse, peut-être? A Jeff Buckley aussi ?  ... Bref, difficile de leur mettre une étiquette.
Et c’est tant mieux.

Puggy décharge donc quelques-uns de leurs morceaux accrocheurs (parfois un peu trop simplistes à mon goût) avant que ne monte sur scène Michel Hatzi pour un hommage à Jimi Hendrix!

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Hatzi a délaissé sa basse pour la guitare électrique.
Et le voilà absolument éblouissant! Plus Hendrixien que nature!
Le son, la disto, la puissance, la dextérité… tout y est.
Epoustouflant.

C’est à ce moment-là aussi qu’on est subjugué par les compositions d’Hendrix.
Aucune chanson ne ressemble à une autre. Elles sont hyper riches. Extrêmement bien construites.
Et ça ne peut être que du Hendrix !
On y sent cette pâte bouillonnante qui vient du blues et de la soul, boostée au rock psychédélique…

Tout ça, Puggy et Hatzi le rendent admirablement bien.
D’ailleurs, en rentrant, je me suis repassé quelques morceaux tirés de «Are You Experienced?» ou «Electric Ladyland», et c’est bien ça que j’ai entendu sur la scène du KVS Box quelques heures auparavant.

Michel Hatzi semblait heureux (parfois hilare) en jouant ces morceaux.
Et Matthew Irons assurait véritablement au chant.

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Autre invitée par Hatzi, Claron Mc Fadden (qui chante avec Aka Moon sur le projet VSPRS) vient exploser un peu plus, de sa voix claire et puissante, un «Foxy Lady» burné, ou un somptueux et sensible «The Wind Cries Mary» (avec Hatzi au Bouzouki!).
Claron possède une tessiture incroyable.
Sur certains morceaux, elle me rappelait  les performances vocales de Clare Torry avec Pink Floyd («The Great Gig In The Sky»).

Belle soirée, pleine de bonnes énergies!
Ça fait du bien...

Puggy à revoir et Jimi à réécouter, encore et encore…

A+

06/09/2007

Boîte à musique et basson


La boîte à musique
est une émission intelligente, amusante et tout à fait accessible, qui parle de musique classique.
Et de musique en général.
J’arrive un peu comme les cavaliers d’Offenbach, car cette émission était diffusée, pour la deuxième année consécutive, pendant les vacances (sur France 2 ... et à une heure très tardive comme toutes les émissions intéressantes).
Et bien sûr, j’en ai raté quelques-unes…

Bref.

Le présentateur, Jean-François Zygel (compositeur, pianiste et professeur) est un pédagogue qui a le don de simplifier – comme tout bons pédagogues, quoi - le propos avec aisance.
C’est ludique et sympathique.
C’est bourré d’exemples courts et pertinents…
Voyez l’extrait ci dessous à propos d’Erik Satie.

 


Et parfois, on a droit à une petite leçon de jazz.
Ici, c’est expliqué par l’excellent pianiste Antoine Hervé.


On y présente aussi un instrument… « rare »… Entre guillemets.
Un instrument qu’on n’a pas trop l’habitude de mettre en avant.
Il y eut la harpe, par exemple. Et la semaine dernière, ce fut le basson.

Si le basson n’est pas trop souvent mis en avant dans la musique classique, imaginez ce que cela doit être dans le jazz !

Et pourtant, dernièrement, j’ai reçu l’album de Daniel Smith qui s’est mis en tête de faire swinguer le basson (il avait déjà fait l’exercice sur le mode be-bop).

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Ce musicien américain de formation classique, dont la réputation dans le milieu est assez grande (il a enregistré 37 concertos pour basson de Vivaldi, entre autres), n’a pas peur d’aller chasser sur les terres du jazz.

Sur cet album, donc, il reprend principalement des standards tels que : « Well You Needn’t », « Mood Indigo », « Summer Samba » et autres « St Thomas »…

Le résultat est assez surprenant de par le son du basson, d’abord -
même si on a l’impression que celui-ci est toujours à l’arrière-plan - mais aussi par quelques arrangements intéressants.
Cependant, on remarque vite les limites de cet instrument dans un tel contexte. Et malgré le grand talent et la dextérité du musicien, on a l’impression que ça part parfois un peu en embrouille…

Daniel Smith est entouré d’une belle rythmique (un peu trop sage) dont certains ont déjà un beau c.v.
Le pianiste Martin Bejerano, par exemple - qui s’est déjà fait remarqué aux côtés de Roy Haynes et qui vient de sortir un album (« Evolution/Revolution ») dont on dit beaucoup de bien Outre Atlantique - s’échappe de temps en temps pour quelques vives impros.
Mais, comme je le disais, l’ensemble reste un peu sage et on aurait aimé un peu plus de folie, de prise de risques et de surprises.
L’album reste assez (trop?) fidèle aux thèmes originaux et du coup, l’exercice devient un peu anecdotique.

Ceci dit, comme vous êtes curieux, n’hésitez pas à y jeter une oreille, c’est sorti chez Zah Zah.

A+