28/04/2018

Ça déménage !

Jazzques déménage.

Rendez-vous désormais sur : jazzques.wordpress.com

Hé oui, Skynetblogs fermera définitivement ses pages fin juin.
Et Jazzques (sur skynetblogs) aussi.

 

Mais vous retrouverez tour, tout, tout à la nouvelle adresse.

jazzques.wordpress.com

 

jazzques

 

A tout de suite !

 

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12:05 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jazzques |  Facebook |

14/04/2018

Felix Zurstrassen Trio - Roskam

Pas simple d’écouter du jazz subtil au Roskam. Surtout ce dimanche premier avril au soir. En tous cas pendant le premier set car, devant les musiciens, se sont amassés quelques clients passablement imbibés confondant sans doute la scène et le bar.

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Est-ce pour cette raison que le trio de Felix Zurstrassen, Nelson Veras et Antoine Pierre s’est augmenté du saxophoniste néerlandais Ben Van Gelder ? Pour se faire entendre ? Bien sûr que non. Mais cela aide.

Si le premier morceau est assez enlevé, et même puissant, le second, «Catabaucalise» semble évoluer par strates douces, par vagues, avec des modulations d’intensités. Le maillage est très élaboré mais la structure est, au final, très lisible.

Les lignes mélodiques complexes, tricotées par Nelson Veras, ont encore un peu de mal à se faire entendre, mais on finit par les suivre et on se laisse vite embobiner. Dès qu’il y a de l’espace, il enquille les arpèges dans un phrasé qui n’appartient qu’à lui. Puis il passe le relais à Ben van Gelder qui, parfois dans l’esprit Don McCaslin, emmène le groupe sur des chemins plus escarpés. Dans le brouhaha ambiant, un standard comme «April in Paris» ou la composition «Nova» - morceau presque bop et qui met en valeur la section rythmique - ça passe mieux.

 

Heureusement, pour le deuxième set, la salle s’est vidée des quelques importuns et il reste un très nombreux public, beaucoup plus respectueux et attentif, autour de la scène. Et là, on profite pleinement des talents de compositeur de Felix Zurstrassen. La plupart de ses morceaux sont écrits avec beaucoup de rigueur mais laissent du champ aux solistes et aux improvisations. Les mélodies sont riches, parfois tortueuses, déposées sur des rythmes rubato, mais elles ne manquent jamais de groove ni d’énergie. Il y a pourtant un certain romantisme triste, une poésie douloureuse qui s’en dégage, mais qui évolue toujours vers quelque chose de positif et lumineux. Et c’est cet équilibre entre douceur et mordant, entre complexité et immédiateté, qui fait l’intérêt de ce cette musique. «Songe d’Or» ou «oMoloMo» sont plus réservés tandis que «Ymakre» est plus swinguant.

Les échanges et les dialogues entre Veras et van Gelder fonctionnent à merveille et chacun trouve une place pour s’exprimer. Quant à Antoine Pierre, toujours attentif et créatif derrière ses fûts, il injecte régulièrement des idées, et se fend, en fin de concert de quelques solos aussi claquants que délicats, dont il a le secret.

Felix Zurstrassen prépare un album avec ce trio (qui deviendrait quartette ?), mais il faudra patienter encore un peu : le contrebassiste n’est pas une tête brûlée, il sait - et il aime - gérer son temps et ses effets. Il préfère construire et consolider encore le groupe. Pour bien faire les choses. Et franchement, ça promet.

 

 

 

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07/04/2018

Sarah Lancman & Giovanni Mirabassi au Music Village

Tout a commencé par un coup de foudre.

En écoutant les premières notes du disque A Contretemps de Sarah Lancman, que je ne connaissais pas, j’ai tout arrêté pour mieux écouter. J’entendais chez cette chanteuse quelque chose de – si pas différent – en tout cas très personnel. J’entendais un grain, une respiration, un rire, un rythme… une voix.

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Vendredi 30 mars, Sarah Lancman était au Music Village avec le non moins exceptionnel pianiste italien Giovanni Mirabassi, l’étonnant trompettiste japonais Toku et notre excellent contrebassiste belge Janos Bruneel.

Je n’avais pas encore mis les pieds au club de la Rue des Pierres depuis les récentes transformations. L’espace s’est agrandit et la vue sur la scène est plus aisée. Pour le reste, rien n’a changé, l’ambiance y est toujours aussi sobre, chic et cosy. L’écrin parfait pour le jazz que propose la chanteuse parisienne.

Restés à l’écart, dans le fond du club, Sarah Lancman et Toku laissent d’abord le pianiste et le contrebassiste improviser en duo sur «All The Things You Are». S’ils jouent ensemble pour la première fois, la complicité opère pourtant immédiatement.

Après cette délicieuse mise en bouche, Sarah Lancman, rejoint les musiciens en toute décontraction et avec un large sourire. Elle envoie aussitôt le vif et swinguant «Don’t Lose Me», dans un débit impressionnant de clarté, avant de continuer avec le tendre «Ça n’a plus d’importance».

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Il y a, dans l’écriture et la musique de Sarah Lancman, cet esprit jazz à la Michel Legrand dans les films de Jacques Demy. Il y a cette façon, à la fois légère et émouvante, de raconter des histoires d’amours qui pourraient sembler banales si elles ne prenaient pas autant de consistance. La chanteuse (et donc auteure) démontre ainsi, sans avoir l’air d’y toucher, que l’on peut vraiment faire swinguer la langue française et faire rebondir les mots avec élégance lorsqu’ils sont si délicatement choisis pour leur sens et leur sonorité. Tout cela se fait sans maniérisme et sans forcer. Un peu comme le faisait avec brio Claude Nougaro, par exemple.

La voix feutrée et veloutée, et pourtant pleine de clarté, est idéale pour cette poésie swinguante, et le choix de Toku, trompettiste et chanteur (que j’avais eu l’occasion de voir au Sounds avec Philip Catherine et Bart De Nolf, il y a plus de dix ans) est parfait. Celui-ci ajoute un soupçon de blues mélancolique, une pointe de sensualité et scelle une véritable connivence avec la chanteuse sur «I Want Your Love», riant et gentiment coquin.

Au piano, Giovanni Mirabassi enchaîne les suites d'accords avec maestria pour en faire des bouquets mélodiques d’une incroyable brillance, tandis que Janos Bruneel assure la cohésion d’ensemble avec beaucoup d'aplomb (il n’y a pas de batteur ce soir), prenant même plus d’une fois de très jolis solos improvisés. Il faut dire que ces chansons vraiment jazz (Mirabassi y est pour beaucoup dans l’écriture) permettent réellement aux solistes de prendre toutes les libertés. Personne ne se fait prier, chacun en profite et échange avec bonheur.

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Avec charisme et aisance Sarah Lancman présente ensuite le frissonnant «A Contretemps», puis «Tout Bas», avant de s’installer, seule au piano, pour un bel exercice de style qui n’aurait pas déplu à Gainsbourg : «Conjugaison amoureuse».

«Fly Me To The Moon», en trio trompette, basse, piano, ouvre le second set avant que Sarah Lancman et Toku ne rivalisent de scats, aussi vertigineux que joyeux, sur «Love Me Just Your Way». Mirabassi, extraordinaire de fermeté et de délicatesse, s’en donne à cœur joie. Il relance sans cesse, emmène le quartette sur des chemins pas trop balisés, puis revient chercher tout le monde. Pur plaisir.

C’est ensuite le blues lumineux «Wrong Or Right», puis le sautillant «Choro des amants éternels» et, finalement, le délicat «On s’est aimé», en français et… en japonais.

Pour prolonger le plaisir, on aura encore droit à «Body And Soul», ou encore «Inspiring Love» et, en rappel, «Autumn Leaves», en anglais pour Toku et en français pour Sarah. La classe.

L’album m’avait séduit et le concert n’a fait que renforcer tout le bien que j’en pensais.

Sarah Lancman est ne artiste à découvrir, à suivre et à revoir, espérons-le, au plus vite sur nos scènes.

 

 

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02/04/2018

L’Orchestre du Lion au 140

Le pari est un peu fou. Mais le Lion liégeois est un peu fou aussi, on le sait.

Suite à la parution du livre qui retraçait l’histoire du Collectif du Lion, dont je vous recommande vivement la lecture, Myriam Mollet a convaincu Michel Debrule et toute la bande (Rêve d’Elephant, Trio Grande, Babelouze, All Is Pretty et autres) de se réunir et de jouer tous ensemble.

C’est ainsi que L'Orchestre du Lion est né et a publié chez Igloo «Connexions Urbaines».

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Ce mercredi 28 mars au 140, la troupe au grand complet (ils sont seize sur scène) présentait l’album avec enthousiasme. C’est d’ailleurs le très charismatique et très expressif chanteur Thierry Devillers qui nous accueille avec un «Agitprop», rock et électroacoustique, jubilatoire.

Si l’on écoute le disque, on est d’abord surpris par le son qui en émane, un son assez urbain justement, même si le titre de l’album fait plutôt référence au festival liégeois qui a programmé plus d’une fois nos lions. Ce son, à la fois chaleureusement acoustique et férocement électrique, L’Orchestre du Lion le restitue facilement sur scène grâce au savoir-faire précieux de l’indéfectible Christine Verschorren derrière la console.

Cela facilite le voyage de l’auditeur au travers de ces paysages différemment colorés.

«Kakouline», langoureux et mystérieux, s’excite sous la flûte folle de Pierre Bernard, la guimbarde guillerette de Laurent Dehors et les éclats du trombone rugissant et rauque de Michel Massot. Puis, l’Afrique s’invite sous les coups de la grosse caisse de Binche – hé oui ! – de Michel Debrulle en intro à un «Transmigrant» slammé par Adrien Sezuba. Il y a aussi «Reprend» déclamé puis scandé par François Laurent, et puis Gainsbourg qui vient faire une petite visite avec «Intoxicated Man» chanté avec intensité par Thierry Devillers, particulièrement en forme ce soir. Ce dernier prend aussi un malin plaisir à nous offrir, en duo avec David Hernandez, un «Can Your Bird Sing» sensible et plein de dérision. Voilà certainement un titre que l’on pourrait très bien entendre à la radio ! Tout comme - dans un style plus électro groovy déjanté - l’excellent «Trafic en galaxie» boosté par le drumming d’Etienne Plumer et les riffs incisifs de guitare de Nicolas Dechêne.

Hé oui, ça se balade dans tous les sens.

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L’Orchestre du Lion est une sorte de grande famille où chacun des membres possède une personnalité forte, une particularité, un caractère affirmé. Une famille dans laquelle on rit, on s’amuse, où l’on débat et on discute. Ce sont des échanges entre les générations, entre les sages et les fous. Et les fous ne sont pas toujours ceux que l’ont croit.

Les trois percussionnistes (Michel Debrulle, Stephan Pougin et Etienne Plumer) ne se marchent pas sur les pieds et chacun vient en complément de l’autre. Tout comme les souffleurs (Jean-Paul Estiévenart (tp), Clément Dechambre (as), Adrien Lambinet (tb), Véronique Laurent (euphonium), Laurent Dehors (ts, clarinette), Véronique Delmelle (ts, violon) Michel Massot (tuba, tb, sousaphone) et Pierre Bernard (flûte) – je vous disais qu’il y avait du monde ! ) qui soulignent et donnent un relief particulier aux différents morceaux ou qui donnent de la profondeur à l’ensemble en jouant à l’unisson.

Ça bouge tout le temps, ça éclate de brèves fulgurances (Estiévenart sur «Mmm»), de brisures (la guitare rock très «harrisonienne» de Nicolas Dechêne sur «Here I Am») et de frénésie (Laurent Dehors sur «Anus Mundi», par exemple). Ça jazz, ça blues, ça folklore, ça danse, ça hip hop, ça valse. C’est à la fois festif et parfois rageur, parfois tendre, parfois sombre. Bref, ça vit.

Alors on se reprend avec plaisir un «Wind And Rain» en rappel en se disant que ce pari un peu fou est plutôt réussi et que L’Orchestre du Lion pourrait bien trouver sa place dans quelques festivals (jazz et autres) d’été… ou d’hiver, d'automne ou de printemps. Qu’on se le dise.

 

L'ORCHESTRE DU LION Teaser from Collectif du Lion on Vimeo.

 

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