02/04/2018

L’Orchestre du Lion au 140

Le pari est un peu fou. Mais le Lion liégeois est un peu fou aussi, on le sait.

Suite à la parution du livre qui retraçait l’histoire du Collectif du Lion, dont je vous recommande vivement la lecture, Myriam Mollet a convaincu Michel Debrule et toute la bande (Rêve d’Elephant, Trio Grande, Babelouze, All Is Pretty et autres) de se réunir et de jouer tous ensemble.

C’est ainsi que L'Orchestre du Lion est né et a publié chez Igloo «Connexions Urbaines».

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Ce mercredi 28 mars au 140, la troupe au grand complet (ils sont seize sur scène) présentait l’album avec enthousiasme. C’est d’ailleurs le très charismatique et très expressif chanteur Thierry Devillers qui nous accueille avec un «Agitprop», rock et électroacoustique, jubilatoire.

Si l’on écoute le disque, on est d’abord surpris par le son qui en émane, un son assez urbain justement, même si le titre de l’album fait plutôt référence au festival liégeois qui a programmé plus d’une fois nos lions. Ce son, à la fois chaleureusement acoustique et férocement électrique, L’Orchestre du Lion le restitue facilement sur scène grâce au savoir-faire précieux de l’indéfectible Christine Verschorren derrière la console.

Cela facilite le voyage de l’auditeur au travers de ces paysages différemment colorés.

«Kakouline», langoureux et mystérieux, s’excite sous la flûte folle de Pierre Bernard, la guimbarde guillerette de Laurent Dehors et les éclats du trombone rugissant et rauque de Michel Massot. Puis, l’Afrique s’invite sous les coups de la grosse caisse de Binche – hé oui ! – de Michel Debrulle en intro à un «Transmigrant» slammé par Adrien Sezuba. Il y a aussi «Reprend» déclamé puis scandé par François Laurent, et puis Gainsbourg qui vient faire une petite visite avec «Intoxicated Man» chanté avec intensité par Thierry Devillers, particulièrement en forme ce soir. Ce dernier prend aussi un malin plaisir à nous offrir, en duo avec David Hernandez, un «Can Your Bird Sing» sensible et plein de dérision. Voilà certainement un titre que l’on pourrait très bien entendre à la radio ! Tout comme - dans un style plus électro groovy déjanté - l’excellent «Trafic en galaxie» boosté par le drumming d’Etienne Plumer et les riffs incisifs de guitare de Nicolas Dechêne.

Hé oui, ça se balade dans tous les sens.

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L’Orchestre du Lion est une sorte de grande famille où chacun des membres possède une personnalité forte, une particularité, un caractère affirmé. Une famille dans laquelle on rit, on s’amuse, où l’on débat et on discute. Ce sont des échanges entre les générations, entre les sages et les fous. Et les fous ne sont pas toujours ceux que l’ont croit.

Les trois percussionnistes (Michel Debrulle, Stephan Pougin et Etienne Plumer) ne se marchent pas sur les pieds et chacun vient en complément de l’autre. Tout comme les souffleurs (Jean-Paul Estiévenart (tp), Clément Dechambre (as), Adrien Lambinet (tb), Véronique Laurent (euphonium), Laurent Dehors (ts, clarinette), Véronique Delmelle (ts, violon) Michel Massot (tuba, tb, sousaphone) et Pierre Bernard (flûte) – je vous disais qu’il y avait du monde ! ) qui soulignent et donnent un relief particulier aux différents morceaux ou qui donnent de la profondeur à l’ensemble en jouant à l’unisson.

Ça bouge tout le temps, ça éclate de brèves fulgurances (Estiévenart sur «Mmm»), de brisures (la guitare rock très «harrisonienne» de Nicolas Dechêne sur «Here I Am») et de frénésie (Laurent Dehors sur «Anus Mundi», par exemple). Ça jazz, ça blues, ça folklore, ça danse, ça hip hop, ça valse. C’est à la fois festif et parfois rageur, parfois tendre, parfois sombre. Bref, ça vit.

Alors on se reprend avec plaisir un «Wind And Rain» en rappel en se disant que ce pari un peu fou est plutôt réussi et que L’Orchestre du Lion pourrait bien trouver sa place dans quelques festivals (jazz et autres) d’été… ou d’hiver, d'automne ou de printemps. Qu’on se le dise.

 

L'ORCHESTRE DU LION Teaser from Collectif du Lion on Vimeo.

 

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