10/02/2018

Tournai Jazz Festival - Day 4

Day 4

Et nous voilà déjà samedi 3 février, la journée la plus chargée du Tournai Jazz Festival.

Dès neuf heure du matin, les organisateurs proposaient un brunch musical dans une boulangerie, puis une rencontre avec Stéphane Mercier et Igor Gehenot à la librairie Decallone, une projection du film Manneken Swing, une conférence sur le jazz belge avec Marc Danval au conservatoire, les expos de Fred Médrano et Philippe Debongnie au Fort Rouge, un dîner concert au Comptoir 17, un autre au Bièrodrôme avec les Atomic Ladies. Bref, c’était Jazz sur la ville !

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Tout cela pour nous mener au premier concert de la journée (encore et toujours sold out !) de Rhoda Scott à la Halle aux Draps, sur les coups de 17 heures.

Julie Saury, souffrante, a laissé la place à Thomas Deroineau derrière les tambours. Le Lady Quartet est donc devenu un Lady Trio Plus A Man. Au sax alto et à la clarinette, ce n’est pas non plus Lisa Cat-Berro comme annoncée, mais Aurélie Tropez. Par contre, Sophie Alour est bien présente et Rhoda Scott aussi, plus en forme que jamais !

Et ça swingue dès le premier morceau avec le très boogaloo «We Free Queens», titre éponyme de l’album qui fait sans doute aussi un petit clin d’œil à Roland Kirk.

Rhoda Scott, toujours pieds nus, toujours souriante et d’humeur très blagueuse entraîne son groupe avec énergie. Ça respire la bonne humeur et le bonheur sur scène comme dans la salle. Le groupe est soudé et la musique s’en ressent. On laisse de l’espace, on improvise, on fait monter le groove et les titres s’enchaînent. «Valse à Charlotte» ou «Que reste-t-il de nos amours» balancent voluptueusement au son graineux du ténor de Sophie Alour (aah, cette façon de «laisser traîner» les notes est divine). Sur «You’ve Changed», d’Ellington, c'est Aurélie Tropez qui démontre toute la richesse de son jeu, virevoltant et fin. «Joke», «I Wanna Move», «Moanin'» ou encore « What I’d Say » qui demande la participation du public, font chaque fois monter le groove d’un cran. Carton plein ! Voilà un premier concert plein d’énergie, de rires et de frissons qui nous comble de bonheur.

Petit break avant d’aller retrouver Stacey Kent sur la même scène.

Entourée de son équipe habituelle, son saxophoniste et mari Jim Tomlinson en tête, la gentille chanteuse propose ses chansons jazzy parfaitement mises en place. L’esprit est très cocoon, très ballades, parfois un peu de bossa ou un peu chanson française. Le moment est détendu, délicat et… sans surprise. Stacey chante de sa voix de jeune fille, ne la poussant jamais trop loin, restant dans le même registre du début à la fin. Elle n'est pas du genre à prendre des risques. Tout est propre, lisse et confortable. Pas de place au hasard. Le public apprécie mais, personnellement, je m’ennuie pas mal…

Dans le Magic Mirrors, sur la Grand Place, il y avait nettement plus d'ambiance et ça bougeait nettement plus. Pourtant il s'agit d'un tout jeune groupe d'élèves, encore au conservatoire (classique) ou à l’académie qui, passionnés par le jazz, ont monté un combo : The Outsiders. Et ils n’ont pas froid aux yeux ! Bien sûr il y a encore plein de petits défauts partout, mais il y a tellement d’enthousiasme, une déjà belle façon de se présenter, du groove et du swing que l’on ne peut que les encourager. Et certains solistes ont déjà pas mal de personnalité : Bastien Wibaut (as, baryton) ou William Delplanque (tp), pour ne citer qu’eux. Encore quelques années, un concours ici ou là et... on devrait entendre parler de l’un ou l’autre à l’avenir !

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Avec Didier Lockwood aussi ça déménage. Je craignais un peu le Lockwood fusion-electric-ambiant… Mais, heureusement pour moi, ce ne fut pas le cas. Avec Gary Husband (dm), Darryl Hall (cb) et Antonio Farao (piano), le violoniste français propose un jazz explosif qui renoue un peu avec la tradition (moderne). D’emblée, le curseur est positionné sur «tempi enflammés» ! Le groupe enfile les thèmes sur un rythme soutenu. Et chacun y va de sa «performance», tout en restant soudé au groupe. «Quark», «Positive Life» ou «The Ballad Of Pat & Robin» sont boostés par une rythmique bouillonnante. Antonio Farao est de tous les coups et, lorsqu’il prend ses chorus, la température monte encore. Le touché est vif, puissant et brillant, le pianiste enfile les arpèges et les accords avec une clarté et une vitalité éblouissantes. L’instrument gronde véritablement sous ses doigts.

Et si «Good Morning Lady Sun» commence tout en douceur, il évolue rapidement en un groove furieux. Darryl Hall malaxe les cordes et Gary Husband donne la pleine puissance, excité par le leader qui se contorsionne devant lui, comme la muleta que l’on remue devant un taureau. Emporté par son enthousiasme, le violoniste n’hésite pas non plus, comme Lisa Simone la veille, à descendre dans la salle et à aller communier avec un public électrisé. Même le «Blues Fourth», en rappel, n’est pas moins intense…

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Pas le temps de souffler – surtout que l’on a pris un peu de retard sur l’horaire – et l'on se retrouve pour le dernier concert, au Magic Mirrors, avec Eric Legnini.
Il est déjà tard, mais le public répond présent.

Le pianiste belge (parisien d’adoption) présente son excellent album Waxx Up avec Franck Agulhon aux drums, Julien Hermé (à la place de Daniel Romeo) à la basse, ainsi que la merveilleuse chanteuse new-yorkaise (qui est née au Canada) Michelle Willis.

Alors, bien sûr il faut «re-chauffer» la salle et ce n’est pas si simple après le concert de Lockwood. Mais la musique soul, aux accents groovy, R&B et Hip Hop, et la maestria de Legnini ne tardent pas à produire leurs effets. Le son est chaud et enveloppant. Les coups de baguettes du batteur, sur les peaux ou les pads, sont aussi secs que vibrants.

«Black Samouraï», qui sonne à la façon blaxploitation, est une entrée en matière efficace. Michelle Willis monte ensuite sur scène et donne un supplément d’âme aux «Sick And Tired», «I Want You Back», «Riding The Wave» ou «Night Birds», écrits pour elle ou pour les autres chanteuses invitées sur l’album. Sa voix est à la fois envoûtante et solide. Sa présence sur scène a quelque chose d’hypnotique. Et pourtant, on balance de la tête, on accompagne les rythmes de claquements de doigts et de tapements de pieds.

Sur scène, Legnini a trouvé un son approprié et différent de celui du disque – très produit – ainsi qu’une énergie particulière. Il laisse donc pas mal d’espaces aux impros (les siennes au Fender, sont quand même assez magiques) et aux solos (celui d’Agulhon est magnétique).

Big up, Waxx Up !

 

 

Il est bien plus d’une heure du matin, la salle est encore bien remplie et tout le monde semble vraiment heureux des quatre jours et nuits de jazz proposés par des organisateurs et des bénévoles qui n'ont jamais ménagé leurs efforts pour mener à bien un festival qui compte de plus en plus dans le paysage musical belge.

Bravo et merci à eux !

On se retrouve à Tournai l’année prochaine, sans faute, avec autant de plaisir.

Merci à ©JC Thibaut pour les images.

 

 

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