31/01/2018

Or Bareket quartet - Jazz Station - River Jazz Festival

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Or Bareket est l’un des jeunes jazzmen new-yorkais dont on parle de plus en plus. On l’a vu aux côtés d’Aaron Goldberg, Chris Potter, Peter Bernstein ou encore Hamilton de Holanda… Et personnellement, je l’avais vu à l’Archiduc avec l’excellent pianiste français Fred Nardin et le batteur Rodney Green.

Ce soir à la Jazz Station, dans le cadre du River Jazz Festival, il présentait son tout premier album en leader : OB1. Pour ce premier opus, il s’est entouré de la crème de cette nouvelle vague de jazzmen israéliens partis conquérir la grosse pomme. Ce soir il est entouré de Shachar Elnatan (eg), Nitai Hershkovitz (p) et Ziv Ravitz (dm).

On retrouve donc cet esprit méditerranéen et cette énergie toute new-yorkaise dans sa musique. Mais pas que… Or Bareket est aussi passé par l'Argentine et cela s’entend également.

D’ailleurs, la merveilleuse ballade «La Musica Y La Palabra» de Carlos Aguira, qui ouvre le concert, est déjà un indice. Or Bareket révèle d’emblée qu’il aime les mélodies et les musiques qui racontent des histoires.

On remarque vite aussi, dans ce premier morceau, le jeu exceptionnel de Nitai Hershkovitz au piano. La casquette enfoncée jusqu'aux oreilles, semblant vouloir cacher une fausse timidité ou une certaine réserve, en gestes amples, il développe un phrasé, aussi dense que léger, d’une parfaite lisibilité. Et quand on le lâche, en duo avec le bassiste sur «Elefantes» par exemple, il insuffle de la tension, toute en progression et nervosité, sans jamais verser dans l’agressivité. Un superbe travail d’équilibriste.

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Le guitariste Shashar Elnatan pratique un peu dans la même veine. Il est de cette école new-yorkaise qui mélange à la fois virtuosité, souplesse et énergie, sans jamais aller dans la surenchère démonstrative ni la puissance sonore. Et pourtant, l'énergie est bien là, maîtrisée et catalysée sans doute par le leader. Ziv Ravitz, quant à lui, déroule un jeu souple, inventif, très à l'écoute de ses compagnons, et il maintient de bout en bout un groove tendre et solaire.

Or Barekett aime la musique un peu «à l'ancienne» (et néanmoins très actuelle), celle qui n'a pas peur d'être jolie et sereine. Celle dont se dégage une sorte d'insouciance et de bien-être, mais qui évite totalement la mièvrerie. Et puis, Bareket a une façon très simple et très charismatique de communiquer avec le public, de jouer avec lui, de le faire presque chanter. C’est la force de son écriture qui suscite cela, ce sont ses choix d’accords, ses arrangements, sa poésie.

Dans ce quartette, il se passe toujours quelque chose. Les musiciens, très complices, jouent «à découvert». Personne ne se cache derrière un artifice ou un écran de fumée. Tout se dessine avec clarté. Et le maillage est parfait.

«Patience» joue les montagnes russes, «Snooze» se fait crépusculaire, quant à «Joaquin», il est plus enlevé, genre : «je prends de l’élan et de l’altitude et puis je fonds sur ma proie». Le groupe reprend aussi quelques standards, dont un fabuleux «Whisper Not» remanié de manière étonnante, entre rumba et reggae.

Musique intelligente, à la fois douce et fougueuse, délivrée par un groupe dont il faudra suivre l’évolution avec intérêt, la soirée était parfaite.

 

 

 

Merci à ©Roger Vantilt (Or Bareket) et ©Olivier Lestoquoit (Nitai Hershkovitz) pour les photos.

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