19/11/2017

Fabien Degryse & Joël Rabesolo Duo - Au Marni

À gauche, Fabien Degryse, guitariste droitier, et à droite, Joël Rabesolo, guitariste gaucher

Ils étaient tous deux sur la scène du Marni ce jeudi 16 novembre pour présenter leur tout nouvel album Softly… .

fabien degryse,joel rabesolo,theatre marni,marni,marni club,linley marthe

Joël Rabesolo vient tout droit de Madagascar. Il est arrivé à Bruxelles pour y poursuivre ses études et approfondir sa connaissance du jazz au conservatoire. C’est là qu’il rencontre Fabien Degryse.

L’élève et le maître ? Pas vraiment car le Malgache a emporté avec lui un joli bagage (un premier prix de guitare jazz, une collaboration avec les meilleurs musiciens de son pays au sein du Malgasy Guitar Masters et une série de concerts avec Linley Marthe). Entre Joël et Fabien, la connexion se fait rapidement et chacun voit et entend ce que l’autre peut lui apporter.

Le bar du Marni a fait le plein, la lumière est tamisée et les deux musiciens entament en toute simplicité «Vonianvoko», une chanson populaire malgache, puis une belle version, toute en légèreté, de «Stompin’ At The Savoy».

Les échanges entre les guitaristes sont étonnants de fluidité. Degryse assure d’abord la basse puis les rôles s'inversent en souplesse. Et ensuite tout se mélange, les questions, les réponses, les non-dits. Le dialogue est subtil et vif. C'est un brillant voyage sur une petite route de campagne dans un soleil couchant. Il y a comme un petit parfum de Toots qui flotte, un peu de Grappelli aussi…

La prise de guitare «à l'envers», c’est à dire que les cordes graves se trouvent en dessous, offre un phrasé particulier à Rabesolo. Quant à la maîtrise du finger picking de Degryse, elle n’en est pas mois surprenante.

fabien degryse,joel rabesolo,theatre marni,marni,marni club,linley marthe

«{Six-(E[ight} Bar] Blues)» évoque le sud avec un son comme étouffé par une chaleur sèche alors que la mélodie perle sur les cordes comme autant de gouttes de sueurs. Puis, un autre morceau se fait plus folk. Et un autre plus jazz. Il y a des regards, des échanges, des encouragements et beaucoup de respect. Tout cela se sent. Fabien laisse d’ailleurs le soin à Joël de présenter les titres, de raconter un peu son parcours, de dire qu’ils s’amusent. Et Joël de s’arrêter de jouer pour écouter Fabien improviser du bout des doigts sur la caisse de sa guitare sur «Naufrage en Drôme».

On sent une vraie tendresse entre les musiciens et un réel plaisir à jouer ensemble, à se surprendre, à s'écouter. On cache la virtuosité - ou, en tout cas, elle n'est pas mise en avant – même si elle est indispensable pour pouvoir servir cette musique apparemment simple mais tellement sophistiquée.

«Pagalana» alterne la douceur et le joyeux, «Muir Woods» se fait mélancolique et introspectif. Puis, Rabesolo improvise, en solo, un long morceau qui respire l’Afrique. Et Degryse enchaine à son tour, en solo et en clin d’œil, avec «(In My) Solitude».

Il y aura encore un «Bye Bye Blackbird» touchant et un sifflotant «O17». Et en rappel – les deux musiciens nous épargnant avec humour le coup de la sortie de scène – on aura droit à un emblématique «Softly As In A Morning Sunrise».

Pourquoi s'encombrer de fioritures et de conventions, tout est dans la musique. Et nos deux jazzmen nous l’ont offerte avec beaucoup de générosité et d'élégance.

 

Merci à mon duo de photographes (©Olivier Lestoquoit – pour Joël Rabesolo et ©Roger Vantilt pour Fabien Degryse) pour les jolies images…

 

 

A+

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Les commentaires sont fermés.