23/10/2017

Nathalie Loriers Groove Trio au Sounds

J’étais très curieux d'entendre le trio de Nathalie Loriers dans une nouvelle configuration (avec Thierry Gutmann à la batterie et Benoît Vanderstraeten à la basse électrique) et baptisé pour le coup : Groove Trio !

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Samedi soir, après le concert de FOX à la Jazz Station, je fonce donc au Sounds pour écouter ça.

Je pensais, au vu du nom du groupe, que Nathalie allait jouer du Fender Rhodes, comme elle le fait avec talent dans la formation de Fabrice Alleman. Hé bien non, surprise, ce sera du piano.

Alors bien sûr, au début, même si le trio a déjà joué quelque fois ensemble, il doit trouver ses marques, surtout concernant l’équilibre sonore. Sur le vivifiant «Jazz At The Olympics», par exemple, la rythmique a tendance à dominer et étouffer un peu trop le piano et c'est parfois dommage car, lorsque il y a des changements de tempo comme sur «Canzoncina», par exemple - où la relance est quand même jubilatoire - on ne profite pas totalement des subtilités et de la richesse de jeu de Nathalie…

Mais tout cela s’arrange rapidement et le groupe prend vite sa vitesse de croisière.

Reprenant principalement des compositions de son répertoire, la pianiste en a réarrangées certaines. «Lennie Knows», tout en pleins et déliés, se faufile avec bonheur entre soul jazz et post bop, et chacun des musiciens y trouve un bel espace de jeu. Mais c’est surtout dans la ballade «And Then Comes Loves», plus suave et feutrée, que l’on retrouve le phrasé unique de Nathalie, à la fois incisif et détaché.

Quant à la reprise, en version pseudo calypso, de «Summertime», elle permet à Benoît Vanderstraeten de s’envoler dans un solo éblouissant, ample et souple, et au reste du groupe de s’amuser en toute liberté.

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Le second set continue sur sa belle lancée avec un «Caravan» revu et corrigé. Une intro à la basse d’abord, puis la batterie qui enchaîne en claquant et ensuite le piano qui improvise, explore, file et s’évade. Les longues phrases de Nathalie progressent par vagues, ondulent puis galopent avec beaucoup d’inventivité. On tapote des doigts et on bat du pied.

L’excellent «Dinner With Ornette and Thelonious», parsemé de citations, se prête à merveille, lui aussi, au nouveaux arrangements. Les virages sont serrés et les accélérations surprenantes. Thierry Gutmann relance sans cesse dans un jeu sec tandis que Benoît Vanderstraeten joue ample, ce qui permet à Nathalie Loriers de prendre les chemins qu’elle veut.

«Portrait in Black and White (Zingaro)» de Jobim est certes moins funky, mais n’en est pas moins dansant. Et pour conclure un concert aussi élégant que groovy, le trio se lâche une dernière fois sur un «Funk For Fun» qui n’est pas sans rappeler, dans cet arrangement, un Les McCann ou même un certain Legnini

De belles aventures à suivre, donc.

A+

 

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