14/10/2017

Paco Sery Group - Marni Jazz Festival

Paco Sery est un batteur imprévisible.

Sans doute parce qu’il joue la musique « d’oreille » depuis qu’il est petit. Il ne se donne donc aucune limite et aucun obstacle n’est infranchissable pour lui. C’est un fonceur plutôt qu’un calculateur – même s’il sait très bien où mener sa barque – et est capable d’entraîner dans son sillage n’importe quel musicien prêt à jouer le jeu.
Ce soir, au Théâtre Marni qui a de nouveau fait salle comble, ce sont Swaeli Mbappe (eb), Danny Marta (eg), Nicholas Vella (keys) et Eric ‘Rico ‘ Gaultier (as) qui s’amusent avec le maître Ivoirien.

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Arrivé dans un tonnerre de bruits préenregistrés et dans une salle plongée dans la pénombre et la fumée, baskets lumineuses aux pieds, Paco s’installe derrière les futs et lance aussitôt un groove transpirant de sensualité. Derrière son orgue électrique, le claviériste s’accompagne d’un talkbox, tandis que l’immense saxophoniste, aux allures de basketteur, attaque sèchement, répond ou brode avec fougue. La basse galope et les riffs de guitare se mêlent aux frappes puissantes et claquantes de Paco. Le batteur se jette littéralement sur ses tambours se soulève, se tord, se penche en arrière. Ça commence fort.

Et cela n’ira pas en s’assagissant. On passe d’un soul funk à la George Benson à un bop ouvrant la voie aux improvisations délirantes, sans oublier un « Boogie Shuffle » en hommage à Joe Zawinul. L’impro est totale, tant dans la musique que dans la set-list. Rien ne semble avoir été préparé et l’on joue pour le plaisir. A l’instinct. Comme dans une jam… de très haut niveau. Les break et les surprises s’enchaînent. Chacun y va de son solo, poussé dans le dos par le leader. Paco se balade, décide, sur le moment, de la route qu'il va prendre, joue avec des silences parfois long pour mieux surprendre le public et garder la tension entre les musiciens.

Puis, il y a le passage obligé au likembe pendant lequel un dialogue de transe s’installe avec le piano puis la basse. Paco fait le show, raconte ses aventures, quelques anecdotes, se moque gentiment des musiciens, tente avec eux de jouer des morceaux à peine répétés. Et ça marche. Ces gars ont ça dans le sang. Funk, afro beat, tout y passe.

On invite le public à se lever, à participer, à clapper des mains, à chanter, à danser. Et en bouquet final, notre fantastique bassiste national Da Romeo, vient s’emparer de la basse de Mbappe en plein milieu du morceau pour ajouter une dose supplémentaire d’explosivité. Magique.

Paco et sa bande sont heureux, ils saluent le public qui redouble d’applaudissements, avant de quitter la scène. Les lumières se rallument un peu… mais le public en veut encore et insiste ! Et Insiste encore… Alors le groupe reviendra une dernière fois sur scène pour un court, mais très intense rappel.

Que du bonheur pour ce bon concert final d’un Marni Jazz Festival des plus réussis.

Bien vite l’année prochaine !

A+

Merci à ©Olivier Lestoquoit pour les images.

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