22/06/2017

Adrien Volant feat. Godwin Louis au Sounds

adrien volant,godwin louis,wim eggermont,alex gilson,sounds,smalls

Il y a deux ans ou trois ans déjà, Adrien Volant avait invité le saxophoniste américain Godwin Louis - qu’il avait rencontré au Smalls à New York une année auparavant - à participer à une mini tournée en Belgique. Il n’y eut que quelques dates, mais elles avaient enthousiasmé plus d’un.

L’année dernière, Adrien et Godwin avaient voulu renouveler l’expérience mais les agendas ont eu un peu de mal à s’accorder (Godwin était très sollicité pour de nombreux concerts autour du monde. On n’est pas finaliste du prestigieux Thelonious Monk Institute of Jazz pour rien.)

Adrien a donc patienté jusqu’au mois dernier où, cette fois-ci, six concerts étaient programmés et, cerise sur le gâteau, deux jours de studio étaient réservés à l’enregistrement d’un album.

Le coup d’envoi avait lieu au Sounds, le vendredi 9 juin.

Malgré la chaleur, il y avait un nombreux public, parfois bruyant, dans le club de la rue de la Tulipe.

Sur scène, le groupe se présente «en ligne», rangés les uns à côté des autres, comme pour affirmer l’idée qu’il s’agit d’un groupe et qu’aucun d’eux n’est mis plus en avant. Pourtant, chacun aura bien l’occasion de s’illustrer ce soir.

Ecrit par Godwin Louis, «Present» est un morceau qui évolue par vagues irrégulières dans lequel le sax et la trompette échangent tour à tour. Les musiciens jouent avec les intervalles et les contrepoints, jouent la course poursuite, accentuent la pulse. Ils font monter l’intensité comme dans une transe Voodoo.

Le son de Godwin est plutôt rond et profond. Ses inflexions sont ensoleillées mais ses attaques sont franches et découpées. Il y met beaucoup d’âme mais ne s'apaise pas sur un sentiment et ne le tire pas en longueur, il l'expose clairement puis le lâche, presque comme par pudeur. Malgré son imposante carrure, il danse, se tortille avec souplesse et semble enrober chaque note ou dessiner chaque accord. S’il n’était pas altiste, on pourrait peut-être lui trouver quelques affinités avec un David Murray, en version un peu plus sage.

adrien volant,godwin louis,wim eggermont,alex gilson,sounds,smalls

La section rythmique, quant à elle, est en totale osmose. Wim Eggermont aux drums et Alex Gilson à la contrebasse cravachent les tempos et «Cyclic» de Sam Rivers, boosté au groove, se désintègre sous les coups vigoureux du batteur. Le très bopant «Walk In The Dark» n’est pas moins musclé. «La Mecha», sorte de ballade blues ne refuse pas un petit côté dansant, «Stersito» fait un clin d’œil à «St Thomas», quant à «WTF», il révèle un petit parfum de Miles Electric.

Adrien aime le son qui claque, le son droit et brillant. On le sent poussé par l’énergie du groupe. Mais, en bon leader, il sait aussi emmener lui-même ses acolytes sur des pistes aventureuses, mettant de côté les conventions. Le trompettiste propose un jazz parfois un peu sale, un peu brut, qui frotte et qui se bat. Un jazz qu’on pourrait entendre du côté du Velvet Lounge à Chicago. Un jazz qui sent la transpiration et la liberté. On ressent la spontanéité dans le jeu de chacun et on espère bien retrouver cet esprit dans le futur album.

Et puis, un groupe qui n'oublie pas d’inviter Monk («Pannonica» et «Well You Needn't») pour en faire quelque chose de personnel, ne peut pas être mauvais…

A tenir à l’oreille…

A+

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Les commentaires sont fermés.