01/06/2017

Daana - Sounds

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J'avais vu le nom d’Anaëlle Potdevin circuler ici ou là, mais j'avais surtout entendu sa voix sur Waxx Up, le dernier album d'Eric Legnini. Da Romeo m'en avait une peu parlé aussi. Normal, notre célèbre bassiste joue avec la chanteuse (qui est aussi comédienne) depuis un petit bout de temps déjà. En duo chez Alice, par exemple, le cocktail bar de Rouge Tomate à l’Avenue Louise, mais aussi et surtout avec leur projet commun, qui prend le temps de se roder au Sounds depuis novembre, Daana.

Vous aurez compris l'acronyme.

En fait, le duo est quintette dans lequel on retrouve Adrien Verderame aux drums, Raf De Baker aux claviers et Lorenzo Di Maio à la guitare. Du beau monde, en somme.

Une visite au Sounds, ce jeudi 25 mai au soir, s’imposait.

Un standard pour ouvrir («The Man I Love»), un autre pour conclure («Just One Of Those Things») et entre les deux, des compositions originales pleines de punch, de sensualité ou de groove. C'est que ça bosse bien chez Daana ! Et pas seulement la musique, mais aussi la présentation - sans aucun temps mort - et la mise en scène avec cette petite lampe de chevet posée dans le fond de la salle qui ajoute une touche intimiste à l’ensemble.

Anaëlle a une façon bien à elle de découper les phrases et de les rythmer. On pourrait y trouver quelques références à Billie Holiday, Amy Winehouse ou encore Selah Sue, mais… Mais c’est encore différent.

Et puis, elle bouge, elle ondule, elle raconte autant avec ses mains qu’avec les mots. Sa gestuelle évoque parfois aussi celle des slameurs et des rappeurs. Entre R&B, funk, soul et jazz, parfois relevé à la sauce dub ou à la musique des Antilles, le répertoire est accrocheur, bien huilé, bien mis en place. Et on se laisse vite embarquer.

Les chansons sont écrites en étroite collaboration avec le bassiste et cela se ressent ! Elles se "construisent naturellement". Les mots, les inflexions, les respirations se fondent aux harmonies et aux mélodies plutôt sophistiquées.

Et puis, chez Daana, on n’a pas oublié de laisser de la place aux impros. Juste ce qu'il faut pour laisser gronder la basse du leader dans quelques solos rageurs, pour permettre aussi à Lorenzo Di Maio des fulgurances dont il a le secret, et à Raf De Baker de distiller avec virtuosité des sons vintages et parfois gospel. Le tout est soutenu par Adrien Verderame, batteur puissant, ferme et redoutable de groove.

Les deux sets, menés tambour battant, passent rapidement. Vraiment, on s’amuse et on se dit qu’il y a quelque chose qui se passe sur scène. C’est efficace. C'est jubilatoire.

Daana devrait certainement provoquer de belles vibrations dans les clubs et sur les scènes jazz… et même sans doute ailleurs aussi.

En tous cas, moi, je suis pour.

 

 

A+

 

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