19/09/2016

Charlier Sourisse Hertmans à l'Archiduc

C’était le troisième concert du trio Charlier Sourisse Hertmans.

Le troisième et le dernier. Pour l’instant !

En effet, après l’avoir écouter à l’Archiduc ce dimanche soir, on est en droit de se demander pourquoi l’aventure devrait s’arrêter là ? Et, entre nous, nos trois compères se posent la même question. Il se pourrait donc bien qu’il y ait une suite… On s’en réjouit déjà et on croise les doigts.

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On ne présente plus André Charlier (dm) ni Benoit Sourisse (orgue), l’une des rythmiques les plus infernales de l’hexagone. C’est bien plus qu’une rythmique d’ailleurs. Le duo joue ensemble depuis plus de vingt ans et a porté (et plus encore) les musiques de Didier Lockwood, J.J. Milteau, Captain Mercier, Michel Petrucciani, Jean-Marie Ecay ou Olivier Ker Ourio, pour ne citer que ceux-là… Autant dire que pour Peter Hertmans (doit-on aussi le présenter ?… Ode For Joe, Jean-Pierre Catoul, Greeting From Mercury, BJO, sans oublier son quartette…) c’est une aubaine formidable.

Le guitariste ne se fait donc pas prier pour plonger à pieds joints dans un très vitaminé « I Should Care » puis un « Something You Said », de son cru, tout aussi relevé.

André Charlier fait bourdonner ses fûts en mélangeant baguettes et balais, laisse résonner longuement les cymbales, fait claquer les rimshots… Ça sonne « profond ». Sa frappe est sèche, précise et déterminée. Ici, on ne se cache pas ! De son côté, Benoît Sourisse accentue les lignes de basse et fait s’envoler les harmonies. Il dose avec aisance la virulence et la douceur.

« How My Heart Sings » swingue fébrilement et rappelle que, même sous la mélancolie légendaire de ses ballades, Bill Evans swinguait méchamment, ce que l’on a tendance à oublier un peu vite. Ici, dès l’intro, l'évidence saute aux oreilles. Ça balance et ça groove. Mais ça voyage aussi, car ce thème est sinueux et vallonné, avec de douces accélérations et des suspensions tendues. De Bill Evans, il en est encore question avec « Tomato Kiss », écrit par Larry Schneider, qui figure sur l’album « Affinity » enregistré avec le regretté Toots Thielemans. Peter Hetmans démontre ici qu'il sait, lui aussi, faire monter la température. Il enchaîne les chorus avec frénésie et virtuosité. Quant à Sourisse, une fois encore, il ajoute un supplément de soul et enflamme l’ensemble dans un discours toujours plus élaboré, touffu et vif. Dans une telle frénésie, Charlier ne peut que faire éclater le final dans un solo fabuleux, très découpé et très imaginatif, sur un ostinato obsessionnel du guitariste. La claque !

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Le second set démarre sur chapeaux de roues avec un « Gravé dans la cire » de feu et un « Inner Urge » d'enfer. La rythmique maintient la pression, les lignes de basse de Sourisse, décidemment intenable, pousse Peter Hertmans à être encore plus incisif. Et Charlier monte en puissance avec toujours autant de lisibilité et de précision.

Alors on calme un peu le jeu. Le tempo chaloupé de « La belle Hélène » (de Kenny Wheeler) montre un Hertmans plus blues folk, presque « naturaliste », comme sur « Streched Nude ».

Et puis c’est reparti. « What Is This Thing Called Love » ( ?) est tonitruant et son final surprenant est plein de rebondissements. On mélange blues, jazz et presque du rock. Jusqu'au bout, jusqu’à la dernière note, le trio ne lâche jamais rien. Le plaisir est communicatif, chacun s’amuse à surprendre l’autre et à se découvrir un peu plus à chaque fois. Et jamais ils n'oublient le groove ni le swing. Espérons qu’ils n’oublient pas non plus de se retrouver bientôt et de remettre ça. Nous, on est déjà prêt.

A+

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