27/08/2016

Stefan Lakatos & Dominique Ponty + Condor Gruppe plays Moondog

Ok, d’accord, ce n’est pas vraiment du jazz. Mais quand même. Et puis, le jazz, ça commence où et ça finit où ? Vaste question.

Ce mardi 23, au Parc de Bruxelles dans le cadre des Feeërieën organisées par l'AB, on rendait hommage à Moondog ! Moondog, ce musicien inclassable qui passa une grande partie de sa vie à jouer sa musique dans les rues de Manhattan. Cet homme que l’on surnomma le « Viking de la 6e avenue » à cause de son accoutrement. Cet homme à la vie étonnante, aveuglé à l'âge de 15 ans par l’explosion d’un bâton de dynamite, marqué à vie par la musique des Indiens d’Amérique qu’il a entendu vers 5 ans, qui rencontra aussi bien Charlie Parker que Leonard Bernstein et qui avait l’oreille absolue.

Ce musicien, rythmicien hors pair et compositeur, disparu en 1999, aurait eu 100 ans cette année.

C’est aux anversois passablement décalés, Condor Gruppe, que l’on a « ouvert la scène » ce soir. Le groupe vient en effet de sortir un très bel album hommage à Moondog : « Frog Bog ».

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Mais avant ça, il y a d’abord le concert en duo du percussionniste Stefan Lakatos et de la pianiste Dominique Ponty, tous deux élèves et derniers accompagnateurs du défunt « Viking »…

A eux deux, ils reprennent le plus fidèlement possible la musique de Moondog.

« Elf Dance », « Carnival », « Canon » sont des œuvres courtes, comme la plupart des compositions de l’artiste. « Car je n'ai pas plus à dire, avait dit le maître. Si vous aimez la mélodie vous pouvez la répéter trois ou quatre fois. Tant que ça vous plait... ».

Mine de rien, c'est complexe et rigoureux. Tandis que Dominique Ponty phrase avec précision et fermeté, Stefan Lakatos mélange les tempos et les rythmes sur la Trimba, l'instrument inventé par Moondog. Il s’agit d’un montage de tubes triangulaires en bois, de différentes sections, sur lesquels Lakatos frappe avec une clave ou des maracas. Le son est hypnotique, flottant, léger et sourd à la fois. La musique est un mélange de menuets, de cantates et de rythmes lancinants inspirés par ceux des Indiens d'Amérique. Ce que Moondog appelait « son jazz ». « Fleur de Lis », « Mood Montreux » ou encore « Mother’s Whistler » sont de véritables petites perles qui se laissent découvrir encore et encore.

Après un petit quart d'heure, le temps de se sustenter et se réhydrater, Condor Gruppe a pris place sur la scène. Sax, trompette, bongos, wurlitzer vintage, guitares, drums… ici, Michiel Van Cleuvenbergen et ses complices exploitent la musique de Moondog de façon plus rock ou funky. On revisite, on réarrange, on s’en inspire. Condor Gruppe brode autour des courtes compositions. Bien entendu, la mélodie, le style incantatoire et le sens de la répétition sont bien là. Et tout le monde danse et s’amuse sur « Bird’s Lament », le « tube » (un peu comme le « Yekermo Sew » de Mulatu Astatke) qui cache une forêt de compos incroyables. Il y «Frog Bog », « Viking » ou encore « All Is Loneliness » (repris en son temps par Janis Joplin) et  une longue version de « Single Foot »…

La nuit est tombée. Des lumières rouges et bleues lèches les arbres et se perdent dans les feuillages. L'air est doux et encore chaud. L'ambiance est détendue, légère et insouciante. Feeërieën porte bien son nom. Moondog n’est pas mort.

 

 

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19/08/2016

Natacha Wuyts trio au Music Village

Cela faisait un bon moment que je voulais aller réécouter Natacha Wuyts. Je crois que la dernière fois que je l’ai vue sur scène, c’était à Jazz à Liège, il y a cinq ou six ans ! C’est dire ! Bien sûr, j’ai continué à suivre son parcours (merci internet) mais, la scène ou les clubs, c’est quand même ce qu’il y a de mieux. Alors, il était temps de remédier à cela.

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Durant toute une semaine d'août (du 16 au 20) elle chante au Music Village, chaque soir, dans le cadre des Summer Village Concerts. Une occasion à ne pas manquer.

Comme d’habitude dans ce club, l’ambiance est cool, cosy, feutrée. Idéale pour le jazz vocal que Natacha défend.

Elle est accompagnée au piano par Charles Loos et, à la guitare, par Patrick Deltenre.
Pieds nus, comme pour être bien en contact avec la terre et en sentir les vibrations, elle entame d’entrée de jeu un « Body And Soul » sensuel. Vient ensuite un très surprenant et jubilatoire « But Not For Me » ! Ce « tune » est emmené tambour battant, loin des habituels tempos langoureux. Ici, la chanteuse et ses deux compères ont pris le contrepied et le parti de s’en amuser. Ça ne file pas, ça galope ! Mais avec quelle précision et quelle articulation dans le chant ! Natacha se lance alors dans un scat tout aussi maîtrisé que rapide. Elle entraine Charles Loos, qui n’en demandait pas tant, à jouer un stride enflammé. Avec la même ferveur, le trio emballe un « That Old Black Magic » réjouissant.

Mais « l’entertaiment woman » sait doser les effets. Après un « No More Blues » qui sent bon, comme il se doit, la bossa, Natacha Wuyts extrait avec retenue toute la mélancolie et la détresse de « St James Infirmary ». Ici, Patrick Deltenre peut vraiment laisser parler son phrasé très blues, tandis que Loos déploie un jeu ample et lyrique.

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Le trio fonctionne à merveille. Il reprend « Someone To Watch Over Me », « Gee Baby, Ain't I Good To You », mais aussi des thèmes plus pop (« You've Got A Friend » de Carole King), une ou deux chansons françaises (« Ne me quitte pas », introduit magnifiquement à l’harmonica par Deltenre) et quelques rares compos personnelles.

Natacha Wuyts est ce que l’on peut appeler une véritable chanteuse de jazz, possédant une technique de scat époustouflante qui fait passer cet exercice comme facile, simple et évident. Et puis, elle est capable de moduler sa voix avec bonheur, en passant de l'aigu d’une Betty Boop aux graves d’une Big Mama Thornton, comme sur le délirant « Sweet Georgia Brown », par exemple. Chapeau.

Et voilà comment on passe une bien belle soirée.

Bon, hé bien j’espère ne pas devoir attendre cinq ans avant de la revoir.

Merci à ©Bernard Rosenberg pour les photos ( jetez un œil sur son site)

 

 

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18/08/2016

Deux jours à jazz Middelheim ( Part 2/2 )

15 août, c’est la fête des mères à Antwerpen et la fête du jazz au Middelheim.

Retour, toujours sous le soleil, au Parc Den Bandt pour la dernière journée du festival.

Le monde commence déjà a affluer, vers 11h30, tandis que Ashley Kahn évoque une autre facette d'Ornette Coleman avec David Murray (encore lui) et Geri Allen.

On retrouvera les deux musiciens tout à l’heure sur scène en compagnie de Terri Lyne Carrington. Pour l’heure : piano solo !

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Main Stage

Il est 12h30 lorsque Craig Taborn s’installe devant son piano. Il entame une première et longue improvisation, qui tourne autour d’un motif court, cinq notes à peine, et place la barre très haut. Ce leitmotiv, répété à l’envi et ornementé de brillante façon, évoque tantôt Bartok tantôt Stravinsky. Et parfois, en écho, on perçoit quelques pointes de douceurs ellingtoniennes. On est soufflé. La deuxième impro est nettement plus free. Taborn, très concentré, fait gronder le piano après avoir provoquer les notes aiguës. Il plaque les accords, frappe les cordes, fouette les touches, écrase du coude le clavier à la Don Pullen ou à la façon d’un Cecil Taylor. C’est bref, intense et impressionnant. Tandis que le troisième morceau est peut-être le plus « jazz » de tous, plutôt bop à la Monk, la dernière intervention de Craig Taborn lorgne du côté de la musique concrète, parsemée de respirations romantiques. Toutes ces influences, mêlées avec intelligence, font sans doute de Craig Taborn l’un des pianistes les plus excitants du moment. Cette standing ovation et ce rappel n’ont certainement pas été usurpés. Seul sur la grande scène du Middelheim, il a réussi un véritable tour de force. Grand coup de cœur.

Le batteur belge Dré Pallemaerts a sorti récemment un superbe album (Coutances) qui lui ressemble bien : subtil, habile et impressionniste. Et ce sont la plupart de ces morceaux qu’il présente aujourd’hui sous le nom de « Seva » (l’une des compos de l’album) avec un line-up légèrement différent. Nic Thys s’est ajouté au groupe et Robin Verheyen a pris la place de Mark Turner. Derrière le piano, on retrouve Bill Carrothers et au Fender Rhodes Jozef Dumoulin. Le set est extrêmement bien construit, tout en paliers, en douceur et sans aucune monotonie. On flotte entre deux mers, à la fois brumeuse et indocile. Tout se fait en souplesse, à l'image du jeu, fluide et sensuel de Dré. Le phrasé romantique et lumineux de Carrothers, s’oppose aux notes plus acides et nébuleuses de Jozef. Robin Verheyen, lui, est toujours à la limite de la cassure, toujours sur le fil du rasoir. Parfois rauque au ténor et d'une rondeur acide au soprano. Et tout ce beau monde peut compter sur la basse chantante et discrète de Nic Thys (fini la barbe hipster !). Il y a de la tendresse dans les compositions de Dré (« For Anne », « Mood Salutation ») et de la volupté, comme sur « Where Was I », cette milonga extraite de son précédant album, Pan Harmonie, sorti il y a neuf ans déjà (et « must » également !). De la complicité, de l’interaction… du jazz. Et puis, après une visite à Satie (« Première pensée rose + Croix »), on swingue et on danse sur « Waltz Macabre » ou « Swing Sing Song »… Un très beau concert, maitrisé, plein d'inventivité et de finesse. Un étrange mix entre tradition, désuétude et contemporanéité qui rend la musique de Dré Pallemaerts très personnelle, singulière et très attachante.

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Le Power Trio Geri Allen, Terri Lyne Carrington et David Murray monte sur la scène sous un tonnerre d’applaudissements et démarre en trombe avec « Mirror Of Youth » ! La plupart des morceaux sont extraits de l'album Perfection, enregistré quelques jours après la mort de Ornette Coleman. Si « Perfection » est un morceau de Coleman à qui l’album rend hommage et qui sera joué plus tard, le trio a également une pensée pour Charlie Haden, Marcus Belgrave ou encore Peter O’Brian et son funky foxtrot « For Fr. Peter O'Brien ». La complicité est évidente, mais elle se remarque surtout entre Geri Allen et Terri Lyne Carrington sur « Geri-Rigged » par exemple. L’intensité est forte, Carrington ne quitte pas du regard Geri Allen et la pianiste enchaîne les chorus avec détermination. C’est bouillonnant. Le trio alterne les moments groovy (« The David, Geri & Terri Show », annoncé avec humour) avec d’autres, plus souples (« Barbara Allen »), qui permettent à David Murray de montrer son côté plus suave et moelleux à la Coleman Hawkins. Finalement, le trio se lâche complètement sur une version débridée de « Perfection ». Bel hommage, en effet.

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On attendait beaucoup de Pharoah Sanders. Le disciple inaltérable de Coltrane.
Entouré du pianiste Joachim Kühn et du percussionniste Zakir Hussain, le saxophoniste à la belle barbe blanche semble être bien assagi. Il laisse d’ailleurs beaucoup d’espace à ses partenaires. L’entrée en matière se fait de façon douce, sur une rythmique mystérieuse et psalmodiante. Le son du sax, unique, acre et pincé, est quand même bien là. Les phrases sont sinueuses et semblent se chercher un chemin entre les rythmes indiens de Zakir Hussain et les rivières de notes qui déferlent sous les doigts de Kühn. Le rythme est répétitif, comme une transe. Le dialogue entre Hussain et Kühn a quelque chose de fascinant. Mais c'est le long solo du joueur de tablas qui est plus surprenant. Chants et incantations se mêlent à un jeu d’une incroyable virtuosité. Et tout cela avec pas mal d’humour en plus. Les morceaux s’enchainent, Sanders esquisse quelques pas de danse, chante dans le pavillon de son sax, laisse à nouveau la place à Hussein, puis à Kühn… Le meilleur est passé. On attend un peu, mais… Il y avait trois personnalités sur scène plutôt qu'un vrai trio. Un peu dommage.

 

Club Stage

Et pendant ce temps-là, entre chaque concert sous la grande tente, le Club Stage fait le comble, lui aussi. Et pour ce dernier jour de festival, c’est Ben Sluijs qui nous offre quatre splendides concerts.

D’abord en duo avec son vieux complice, le pianiste Erik Vermeulen.

Que dire ? Que dire sinon qu’on est envoûté par tant de justesse, de beauté et d’humanité. Le couple reprend des compos personnelles (« Broken », « Little Paris », « Parity ») et quelques « standards » ( « Goodbye », « The Peacocks ») avec la même grâce et élégance. On laisse le temps à la mélodie de s'installer, on joue avec les respirations, le phrasé de Vermeulen est brillant, incisif sans être agressif. Ben Sluijs va chercher au fond de son sax les dernières notes comme on gratte le fond d'un plat pour en extraire les derniers sucs. Le duo ne tombe jamais dans le mielleux et garde toujours cette flamme, cette âme, cette vérité…

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Avec Marek Patrman (dm) et Manolo Cabras (cb), la musique est plus nerveuse, plus rugueuse parfois. Mais elle garde toute son intériorité ! Après un fiévreux et sinueux « Unlike You », « A Set Of Intervals », comme son nom l'indique, nous embarque dans un voyage exceptionnel sur les échelles de notes. Avec une sorte de pédagogie, Ben Sluijs expose le motif avant que le trio ne l'éclate, ne l'étire petit à petit et ne l'explose pour revenir au pont de départ. Magnifique ! Avec ces trois-là, le jazz prend quand même une sacrée dimension.

Toujours en trio, mais avec 3/4 Peace cette fois, c’est-à-dire Brice Soniano (cb) et Christian Mendoza (p), Ben Sluijs revient pour la troisième fois. Ici, c’est une certaine idée de douceur et de swing qui est mise en avant. De façon hyper délicate, en mouvements lents et rassurants, chaque instrument vient prendre sa place en douceur. Et la magie opère. « Hope », l’insouciant, « Arad », le mystique, « Still », l’élégiaque… Le frisson est garanti. Grand moment de délicatesse.

Pour le quatrième et dernier rendez-vous, il y a toujours autant de monde au Club Stage. Le saxophoniste propose une toute nouvelle formation : au piano Bram De Looze, à la contrebasse Leenart Heyndels et à la batterie Dré Pallemaerts ! « Call From The Outside » fonce et fricote un peu avec le Free Bop. On y entendrait presque les influences d’Eric Dolphy. C’est un peu rubato, avec de faux démarrages, des rebondissements, mais toujours proposé avec la souplesse d'un swing. L’intro de Leenart Heyndels est à la fois introspective et forte sur « Song For Yussef », sorte de marche lente sous une lune orientale. Cela permet à la flûte de Ben de planer bien haut. Puis, il y a aussi « Miles Behind » et sa mélodie qui renaît à chaque fois d'on ne sait où, et une version de « Mali » plus sinueuse que jamais. Standing ovation. Rappel mérité. Un sans faute !

De quoi rentrer à Bruxelles, des étoiles dans la tête.

 

 

 

A+

Merci à ©Bruno Bollaert (WahWah) pour les images.

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17/08/2016

Un dimanche au Gaume Jazz Festival

32e édition du magnifique et très convivial Gaume Jazz Festival. Cette année, en plus, c’est sous un soleil de plomb qu’il se déroule. Et sur le coup de quinze heures, ce dimanche, le grand parc semble encore un peu endormi.

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C’est dans la salle du centre culturel de Rossignol qu’il faut aller. Il n’y fait pas plus frais, mais c’est là que le trio de Jeremy Dumont présente la musique de son premier - et très bon - album Resurrection.

Très resserrés autour du leader, concentrés et bien décidés à jouer un jazz énergique et dense, Victor Foulon (cb) et Fabio Zamagni (dm) attaquent « On Green Dolphin Street » avec vigueur. Le trio enchaine aussitôt avec « Try » et « Resurrection ». Les interventions du pianiste sont fermes et décidées, la basse claque presque autant que ne résonnent les coups de fouets sur la batterie. Mais surtout, ça groove et ça trace. Et l'intensité ne faiblit pas sur « Matkot » et ses réminiscences klezmer qui laissent transparaitre pourtant une pointe de mélancolie. Et puis, une dernier composition, inédite, confirme la direction bien tranchée que semble prendre le trio : de l’énergie, du nerf et de l’adrénaline. Jeremy Dumont définit de plus en plus précisément le jazz qu’il veut défendre. Et nous, on est prêt à le suivre.

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De l’énergie, la musique de Jean-François Foliez et son Playground n’en manque pas non plus ! Sous le grand chapiteau, qui a fait le plein, le quartette semble ne pas vouloir s’embarrasser de fioritures. Pourtant, le jazz à Foliez est ciselé, plein de raffinements et de subtilités. Mais avec un Casimir Liberski au piano et un Xavier Rogé aux drums, tout est limpide ! Le drumming claquant s'allie superbement aux folies harmoniques et rythmiques du pianiste. Et tandis que Janos Bruneel fait vibrer les cordes de sa contrebasse, le clarinettiste virevolte avec agilité et souplesse au-dessus de ce magma en fusion. Il y a, chez ce dernier, quelque chose de l’extravagance du jazz italien à la Gianluigi Trovesi, parfois. Même dans les plages plus lentes et intimistes, on sent toujours un travail rythmique intense. « Platinium », « Groove #2 » et surtout « Germination » sont époustouflants ! Chacun propulse l’autre un peu plus haut pour le meilleur de la musique. Une bonne heure de jazz bien tassé, entre détente (ha, cette fausse valse qui s'emballe après l’intro en solo de Jonas Bruneel) et tension… Et quelle tension !

Impossible de rentrer dans la salle pour écouter le trio Steve Houben, Stephan Pougin et Johan Dupont. Une tentative, une deuxième… J’abandonne et me laisse tenter par quelques délicatesses dont la Gaume a le secret…

Retour sous le chapiteau, plein à craquer, pour écouter Aka Moon et son Scarlatti Book.

On a beau les voir et les revoir (sur ce projet ou sur d'autres) on est toujours surpris par la puissance mélodique et énergique de ces quatre énergumènes. Et on est toujours ravi de les voir prendre plaisir à jouer et inventer ensemble. Ici, en reprenant Scarlatti, ils ramènent le clavecin et les compositions baroques dans le présent. Sans jamais caricaturer l'une ou l'autre époque. Aka Moon joue avec l'intelligence et la sensibilité de chacun plutôt que sur l'air du temps et les effets de mode. C'est cela qui rend la musique à la fois accessible, prenante et jubilatoire. Même si elle est complexe. Mais on ne cherche plus à comprendre et on laisse faire les artistes. Fabian Fiorini, entre contemporain et classique, déroule un phrasé toujours percussif, Frabrizio Cassol et Michel Hatzigeorgiou rebondissent sur des dialogues irréels qui nous laissent sans voix. Quant au drumming de Stéphane Galland, qui ne peut s’empêcher de surprendre tout le monde y compris ses acolytes, il est unique. Et puis, Aka Moon est unique. Autant les contrastes rythmiques sont marqués, autant les harmonies sont affinées. C'est l'eau et c’est le feu. Et c’est toujours aussi fort !!

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En début de soirée, dans l'église du village, on profite enfin d’un peu de fraîcheur mais aussi de la musique apaisante du duo Lionel Loueke et Nicolas Kummert. La veille, en quartette avec Karl Jannuska et Nic Thys, le saxophoniste avait présenté l'évolution de son travail avec le guitariste béninois (la « première » avait eu lieu ici). Un disque est en préparation et devrait sortir en février. Pour l'instant les deux artistes sont face à un public attentif et silencieux. Quoi de mieux qu'une Gnossienne de Satie pour débuter ? La musique se laisse modeler par le chœur de l’édifice. Tout est souffle, alanguissement, recueillement. La guitare sonne avec respect, plénitude et retenue. Même un morceau de Salif Keita se murmure et danse sensuellement. Nicolas Kummert ne se contente pas de jouer du ténor, il chante aussi. Il aime ça et il le fait bien. Puis c’est Loueke qui chante une berceuse béninoise avant de reprendre le « Hallelujah » de Jeff Buckley de circonstance. Beau moment...

Retour dans la petite salle, comble à nouveau, et dans une chaleur étouffante. Cette fois-ci, j’arrive à me faufiler. Tree-Ho, le groupe d’Alain Pierre, a déjà entamé « Aaron & Allen » et « Piazza Armerina ». On peut dire que ça groove ! Et « Joyful Breath » file tout aussi vite, et en toute légèreté, sur la douze cordes du guitariste. Soutenu par une paire rythmique qui se connaît bien (Antoine Pierre aux drums et Felix Zurstrassen à la basse électrique) et qui ne cesse d'évoluer, Tree-Ho propose un jazz vif, mélodieux et résolument optimiste, même dans les morceaux plus intimistes. « Seeking Song » (ou « Sea King Song » ?), un inédit, est fait dans le même bois mais se termine ici en prog rock psyché irrésistible. On sent que le groupe a encore de belles choses à nous faire découvrir. Ça tombe bien, on ne demande que ça.

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Je n’aurais pas l’occasion d’aller écouter le concert d’Orchestra ViVo ! , dirigé par Garrett List, Johan Dupont, Emmanuel Baily, Manu Louis, Marine Horbaczewski… bref, par les 29 musiciens ! Dommage, j’aurais bien voulu entendre et voir l’évolution du nouveau projet, que j’avais eu l’occasion de voir en « première » lors de la résidence de l’Orchestre à La Marlagne (j’en avais parlé ici).

J’aurais voulu être en Gaume les autres jours aussi pour entendre, entre autres, Lorenzo Di Maio, le projet Terrasson, Bekkas, Belmondo ou encore Manu Louis, Pascal Schumacher ou l’étonnante chanteuse Veronika Harsca… Mais… je n’ai toujours pas le don d’ubiquité.

A+

Merci a ©Pierre Embise pour les images !

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16/08/2016

Deux jours à Jazz Middelheim ( Part 1/2 )

Ornette Coleman, décédé en juin de l’année dernière, qui influença nombre de musiciens et fut invité plus d'une fois à Anvers, était assurément le fil rouge de cette trente cinquième édition du Jazz Middelheim. Une édition qui enregistra un record d’affluence avec pas moins 21.000 personnes présentes durant les quatre jours !

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Ce samedi soir, Denardo Coleman est programmé pour rendre un hommage à son père.
Mais en début d'après midi c'est d’abord à un « jazz talk », mené par Ashley Kahn en personne, auquel nous sommes convié. Sur le plateau, Han Bennink, David Murray et Denardo Coleman évoquent, avec force témoignages et anecdotes, l’esprit du légendaire saxophoniste. C’est touchant, inspirant et très intéressant. La personnalité d’Ornette transpire au travers de leurs propos, humbles et simples. Et quelques extraits nous prouvent, comme s’il en était besoin, que sa musique est toujours bien actuelle.

Sur la Main Stage.

Le trompettiste Avishai Cohen est l'artiste en résidence, cette année. Auteur d'un magnifique album, plein de douceur et de retenue, Into The Silence paru chez ECM qu’il a présenté la veille, montait pour la deuxième fois sur scène avec cette fois le projet Big Vicious. Ici, point d’introspection. Comme il le dit lui-même : "Big Vicious n’est pas du jazz, mais il y en a. Ce n’est pas du rock, mais il y en a, ce n’est pas du funk, mais il y en a…" Et cela se confirmera.
Ce projet a quelque chose de très intéressant et malin. Avishai Cohen joue avec les mesures composées qu'il mélange habilement à des tempos binaires puissants. Cela donne une dynamique particulière, pleine des cassures, des relances constantes, de légèreté et d’énergie. Bien sûr, on pourrait évoquer le jazz fusion de Miles ou des essais plus récents d’electro jazz ou de drum ‘n bass. Mais le trompettiste va sans doute plus loin dans la démarche. Les deux batteurs (Aviv Cohen et Dan Mayo) ont toutes les raisons d'être là pour affirmer puissance et une évidente dynamique. Les guitares basses (Yonatan Albalak) et électriques (Uzi Ramirez) sont bourrées d'effets psyché rock, mais le blues trouve aussi sa place. Les effets wahwah à la trompette, sur «Betrayed» par exemple, sont distillés avec nuance. Puis, le groupe déstructure habilement un «Ave Maria» ou joue un riff court qui sert de point de ralliement pour mieux repartir et explorer d’autres chemins rythmiques et harmoniques («October 26»). Il installe une ambiance mystérieuse, fait un crochet vers le métal rock et conclut en douceur par une reprise de «Teardrop» de Massive Attack.
En effet, c’est rock, soul, électro, funk. C’est tout ça et son contraire… Et ça fait du très bon jazz.

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Han Bennink et son ICP Orchestra n’est pas non plus à une contradiction près. Faire voler en éclat la tradition tout en la respectant, voilà le programme. Et ça fait du bien. Le départ est tonitruant, comme si l’on voulait se nettoyer à fond les oreilles ou s'éclaircir la voix. Et puis ça y est, la voie est libre ! ICP Orchestra s’amuse avec «East Of The Sun, West Of The Moon», mais aussi «Lady Sings The Blues»… Des cordes dissonantes (les magnifiques Tristan Honsinger au cello et Mary Oliver au violon), des cuivres et des anches qui se tordent et couinent (l’excellent Michael Moore à la clarinette et l’exceptionnel Wolter Wierbos au trombone !), tout est fait pour nous déstabiliser, mais tout est d’une cohérence parfaite. Chaque mélodie est prétexte à des impros débridées. La musique se vit comme un exutoire. Le groupe joue avec le souvenir d'un passé qu’il veut à la fois aimer et bousculer. Et les émotions sont fortes. Les contrastes sont puissants, tant dans l'instrumentation que dans les arrangements. Quand la clarinette se fait fine et délicate, le trombone vient prendre le contrepied avec des growls furieux. Le bonheur d’un swing léger précède souvent une explosion dévastatrice. C’est fiévreux et jubilatoire.
Tout est permis : des déclamations poétiques sur un jazz très contemporain («Where the Sunflowers Grow» de Charles Ives), à «Criss Cross» de Monk, en passant par le délirant «Jojo Jive» (qui permet à Han Bennik de faire son show : pieds sur les caisses lancé de baguettes), sans oublier les hommages à Misha Mengelberg. Que du plaisir !

 

Pour l'hommage à son père, le batteur Denardo Coleman a réuni une belle bande : Al Macdowell (eb), Tony Falanga (cb), Charlie Ellerbe (eg), René Mclean (as), Abraham Burton (ts), Wallace Roney Jr (tp)… et en invité de dernière minute : David Murray ! Si cela commence sur les chapeaux de roue, cela se passe quand même un peu dans une légère confusion. L'énergie est là mais elle ne semble pas totalement canalisée. Ce qui est amusant à voir, cependant, ce sont les styles différents des trois soufflants. Murray emplit son instrument d'air et de tonnerre, René Mclean est plus fin et sinueux, tandis qu’Abraham Burton est plus agressif et tortueux.

Le classique «Turnaround» remet tout le monde sur la bonne voie et l’on revisite le répertoire d’Ornette. Tout en énergie. Sans se laisser trop le temps de reprendre son souffle. Chacun y va de son solo, l’émotion est là, même si cela ressemble parfois un peu à une grande jam. On notera quand même des interventions décisives de Charlie Ellerbe et l’incessant drumming de Denardo. Seul Wallace Roney n’est pas trop mis en avant. Avishai Cohen vient faire une courte visite surprise, pour que l'hommage soit complet. Bien entendu, le rappel est obligatoire avec l’incontournable «Lonely Woman».

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Cerise sur le gâteau de cette journée : Patti Smith !
Devant une foule monstre, elle lit d'abord un texte d’Allen Ginsberg après s’être «excusée» de ne pas être une chanteuse de jazz, mais une «rock bomb» ! Personne ne lui en voudra. Au contraire.

Alors, elle enchaîne avec «Dancing Barefoot»  et ce sont les premiers frissons ! Patti Smith, c’est quand même la claque. Et c’est la classe ! Même si elle crache comme une véritable punk, qu’elle est restée, entre deux couplets ! Elle impose le silence, le respect, l’écoute. Lunettes sur le bout du nez, elle enflamme le public avec la lecture de «Howl» (Holy ! Holy ! Holy !...) de Ginsberg. Il y a de la ferveur, de l’intensité, de la véracité chez elle. Elle ne cache rien. Elle ne joue pas un rôle. Elle est intègre, combattante, passionnée et passionnante. Elle rend hommage à Prince, à Amy Winhouse («This Is The Girl»), au papa («Frederick») de son fils, Jackson Smith, qui tient la guitare ce soir, et puis bien sûr aussi à Ornette ! Elle dépose les paroles de l’un de ses poèmes («The Second Stop Is Jupiter») sur le thème de «Lonely Woman». Magique.
Et puis, la folie reprend de plus belle. A ceux qui veulent danser elle lance : «Ok, il n'y a pas beaucoup de place mais si vous voulez danser, dansez ! Fuck the chairs !». Magnifique ! Le public devient fou ! La révolte gronde ! Et Patti Smith ira jusqu’au bout de son combat pour la liberté, les droits humains et l’amour ! «People Have The Power», «Ghost Dance», «Because The Night» ou encore «Gloria» sont vécu avec une force incroyable ! Grand moment ! Grande dame, très grande dame !

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Club Stage

Entre tous ces concerts sur la « Main Stage », il ne faut pas oublier ceux qui se déroulent sur la « Club Stage » (qui n'est pas si petite que ça d’ailleurs). Ce samedi, c’est Éric Thielemans qui a l’honneur de montrer quatre facettes de son talent !

L’imprévisible percussionniste se présente d’abord en solo, dans un set un peu trop court à mon goût… Une impro bruitiste qui rappelle un peu le Gamelan, puis un exercice de percussion joué avec de toutes fines baguettes, d’une délicatesse extrême, cristalline et diaphane, et finalement une musique plus méditative, presque divine, jouée à l’archet sur… les rayons d’une roue de vélo !! Sans vraiment se prendre au sérieux, pour laisser les auditeurs entrer dans son univers, Eric Thielemans surprend. Et ça marche. Mais c’est déjà fini...

Pour son deuxième passage, il sera à la batterie face à Billy Hart ! Un duo d’une complicité incroyable qui nous invite dans un long voyage plein d'échanges, de cavalcades et de moments suspendus. Les batteurs prennent tour à tour l'initiative, ils se suivent, se répondent, s’évadent. Ils jouent avec les gongs, comme pour prolonger ce beau moment de zenitude. Une petite merveille de bonheur.

La troisième performance, sera peut-être moins convaincante. Elle est, en tous cas, totalement différente des deux premières et fait référence à Ornette ( «Dancing In Your Head»). Elle est très bruitiste, très noisy rock, très expérimentale. Thielemans est entouré d’une belle bande de fous furieux tels que Mauro Pawlowski, Rudy Trouvé, Jean-Yves Evrard et Roman Hiele. Entre impros totales et brutales et thèmes lancinants, le groupe joue les formes et le son, la distorsion, la stridence et le chaos apocalyptique. Impression mitigée.

Quant à la dernière intervention, elle agit comme une lente progression sourde et fantasmagorique. Thielemans s’occupe d’effets électro tandis que l’on retrouve Jozef Dumoulin aux claviers, Jean-Yves Evrard à la guitare, Niels Van Heertum à l’euphonium, Laurens Smet à la basse, Phillip De Jager et Karen Willems aux percus et Billy Hart à la batterie. Cela fait beaucoup de monde à diriger…

Comme des forces occultes ou souterraines qui donnent une pulsation de plus en plus haletante à l'ensemble, on se dirige vers une musique presque tribale. Les gongs, carillons, timbales géantes, se mêlent aux riffs joués en boucles, aux bidouillages de Jozef et aux déchirements de guitare. L’expérience est étonnante mais peut-être pas totalement aboutie. Et puis, on sent Eric Thielemans dérangé, déconcentré, par le bruit ambiant… Bref, on reste un peu sur sa faim, et lui aussi sans doute, un peu…

N’empêche, on peut remercier le Middelheim d’offrir une scène pareille à ce type d’expériences.

 

 

A+

Photos ©Bruno Bollaert (WahWah)

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