17/05/2016

Ananke au Cali Club - Album release

Pour la sortie de son tout nouvel album (Stop That Train, chez Igloo), Ananke avait rameuté pas mal de monde au Cali Club !

cali club,ananke,victor abel,alex rodembourg,romeo iannucci,yann lecollaire,quentin manfroy,igloo

Si il a été biberonné à la musique d’Aka Moon, Ananke a réussi, au fil des ans, à trouver sa propre énergie, surtout depuis que le trio de base (Victor Abel, Romeo Iannucci et Alex Rodembourg) s’est enrichi de l’arrivée du flûtiste Quentin Manfroy et du clarinettiste (basse) Yann Lecollaire. (Rappelez-vous, j’en avais déjà parlé ici).

Les compositions, toutes de Victor Abel, sont élaborées, fouillées et denses, mais elles sont aussi très limpides et évoluent souvent sur des motifs tournoyants. Le premier morceau, tout en vagues lentes, ancré au sol par un basse sourde, guidé par un piano mystérieux et survolé par une flûte céleste, se donne même des petits airs Crimsoniens. Une sorte de jazz progressif lumineux, en quelque sorte…

Par rapport aux albums précédents (tous autoproduits), Ananke a gardé l'intensité d’une certaine énergie mais a un peu délaissé le côté « jeunes chiens fous » pour délivrer une musique bien plus maîtrisée encore. Tout est resserré. Polyrythmies, changements de directions, ouvertures, variations surprenantes, tout y est. Le groupe va à l’essentiel.

Dans ce contexte, le drumming, impeccablement dompté par Rodembourg, est hyper important et s’intègre avec autant de souplesse que de force dans la sinuosité des mélodies. La basse de Iannucci est ronflante et sourde, comme le moteur bien règle d’une bagnole puissante qui en garde sous le pied. Quant à Victor Abel, au piano comme au Fender Rhodes, il multiplie les échappées brillantes, parfois cristallines, parfois sombres, mais toujours incisives.

cali club,ananke,victor abel,alex rodembourg,romeo iannucci,yann lecollaire,quentin manfroy,igloo

Ananke joue les contrastes, joue avec les tensions et les espaces, et c’est encore plus flagrant lors du deuxième set. Le groupe parait s’être libéré totalement après avoir posé le cadre de sa musique dans la première partie du concert. La liberté accordée aux solistes semble plus grande. Quentin Manfroy prend de plus en plus de risques et ses interventions, pleines d’idées, sont l’occasion de multiples déviations, tandis que Yann Lecollaire propose des sons plus rocailleux et plus mordants. Ça claque ! Et rien n’est figé malgré la complexité des compositions.

La connivence entre les musiciens et la cohérence des arrangements permettent à Ananke de réinventer les morceaux. Et c’est bien cela que l’on attend d’un live. Voilà donc une raison de plus pour écouter l’album... et puis aller les voir sur scène. Qu'on se le dise.

 

A+

 

Les commentaires sont fermés.