22/03/2016

Rhoda Scott Quartet - Jazz l'F Dinant

La bonne nouvelle était tombée un peu par surprise, il y a quelques temps : Jazz l'f reprenait du service ! On n’y croyait plus.

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Le premier concert (depuis longtemps, bien trop longtemps) aurait lieu ce vendredi 18 mars. «Premier» car, oui, il y en aura d’autres : un tous les mois ! On annonce déjà la venue prochaine de Gonzalo Rubalcaba en solo (deux soirs de suite) et, plus tard, celle du trio de Jonathan Kreisberg avec David Kikoski !

Mais ce vendredi soir, ce sont les amis indéfectibles du club qui ouvraient le bal : Rhoda Scott accompagnée de Félix Simtaine, Steve Houben et Maxime Blesin. Et c'est tout heureux que j'ai pris la route pour aller fêter le grand retour du jazz dans la ville de Monsieur Sax.

Et pour cette première, la salle était comble. Comme quoi, le jazz avait bien manqué à Dinant, et tout le monde semblait heureux de cette résurrection.

Il y a donc un air de fête (et un peu d'émotion aussi) quand l'organiste aux pieds nus entame un «I Found A New Baby» swinguant en diable ! Chacun y va de son solo et la musique tourne.

«There Will Never Be Another You», débuté avec insouciance, s’égare cependant un peu dans un jeu un peu «messy». Ce qui n’est pas pour déplaire. Par contre, «Wave» ne trouvera jamais un terrain d’entente. La bossa, superbement introduite par Maxime Blesin, se liquéfie dans un jeu pour le moins très fluctuant. Steve Houben, à la flûte, trace un chemin que ni Felix Simtaine ni Rhoda Scott ne semblent suivre. Tout le monde se cherche, personne ne se trouve. Etrange moment.

Heureusement, «Lover Man» fera un peu oublier cette incompréhension passagère. Le mariage du sax avec les notes cristallines de l'orgue fonctionne à merveille. Et Maxime Blesin, avec élégance et souplesse, survole l’ensemble. Ouf.

Le second set est beaucoup plus soul et gospel. Et cela marche nettement mieux. Steve Houben intervient dans des solos puissants qui sont aussitôt repris par Rhoda Scott ou Maxime Blesin. Les échanges sont francs et sûrs. C'est chaud et ça groove. Duke Ellington s’invite et se taille une bonne place. Duke ! Quand même… quelle écriture !

Et dans le genre «bien écrit», il faut souligner aussi le morceau de Steve Houben : «Enfance», une véritable petite perle. C’est tendre, sensible et joyeux à la fois.

Alors, après un dernier morceau plus soul, on s’offre encore un Duke, pour finir ce concert en beauté.

A+

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