23/01/2016

Big Noise aux Riches Claires

 

Si vous voulez savoir ce que veut dire «mouiller sa chemise», allez voir Laurent Vigneron derrière sa batterie avec Big Noise.

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Ce lundi 15 janvier, aux Riches-Claires, le groupe, qui nous a déjà habitué à des soirées enflammées, n'a pas failli à sa réputation et s’est dépensé sans compter. Et l'on espère que le résultat s'entendra sur disque !

En effet, le rendez-vous de ce soir avait pour but l'enregistrement live du prochain album (à sortir chez Igloo). Et pour la deuxième fois consécutivement (le groupe avait fait un concert la veille, au même endroit et dans les mêmes conditions), le public était à nouveau venu en nombre, et parfois même de très loin. Fidèle et enthousiaste, le public, c’est un peu le «cinquième» musicien du quartette. Il faut dire que Big Noise le lui rend bien et n’a pas son pareil pour l’emmener avec lui.

Laurent Vigneron, aux drums donc, impose des tempos de folies auxquels Johan Dupont (p) répond avec un appétit gargantuesque. On les soupçonne de s'amuser à se pousser l’un et l’autre au-delà des limites du raisonnable. Les doigts du pianiste filent et rebondissent comme jamais sur le clavier. Il redouble d’agilité dans des stride hallucinants. Le phrasé est net, précis et puissant.

Au devant de la scène, tel un bateleur, Raphaël D’Agostino alterne le chant et la trompette. Charismatique, décontracté et frondeur, il n'est jamais en reste. La voix est pincée, la trompette est claquante. Derrière, Max Malkomes est complice de tous les instants. A la fois pilier et provocateur, il fait claquer les cordes de sa contrebasse avec vigueur. Il tire dessus comme s'il décochait des flèches... qui atteignent toujours leur cible.

Avec une énergie débordante, Big Noise continue d'explorer les spirituals, traditionnels et autres blues du Mississippi et de La Nouvelle Orléans. On y retrouve, en vrac, les «Down By The Riverside», «Big Chief», «Mardi Gras Mambo», «You Rascal You» et bien sûr «Tiger Rag». Tous ces morceaux ressuscitent, une fois encore, sous les coups de folies des nos quatre gaillards qui s'amusent comme des prisonniers évadés. Car, bien sûr, ce qui fait la magie de cette musique et ce qui la rend authentique, c'est aussi l’esprit dans laquelle elle est jouée. Et pour cela, au-delà de la technique et de l'énergie, il y a l'esprit, la complicité et l'amitié. Ça se voit sur disque et ça s’entend sur scène. Ou vice versa.

Gourmand, le public en redemande encore et encore et il ne faudra pas moins de trois rappels pour le rassasier totalement. (Big Noise, sera au Tournai Jazz Festival en février, ne les ratez pas).

Bref, le troisième volet de Big Noise risque bien de faire du bruit. Tant mieux, on attend que ça.

 

 

A+

 

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