16/01/2016

Laurent Maur à l’Archiduc

Je ne connaissais pas l’harmoniciste français Laurent Maur (il a pourtant partagé quelques grandes scènes, en France ou ailleurs, avec Francis Lockwood ou Mario Canonge, par exemples) et j'avoue ne pas avoir souvent entendu le pianiste Dominique Vantomme (excepté sur un ou deux albums avec Tom Mahieu). Hé oui, on ne peut pas tout connaître. Tant mieux, ça rend curieux.

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Ce dimanche soir (le 10 janvier), à l’Archiduc, Maur et Vantomme étaient accompagnés par Mimi Verderame aux drums et Werner Lauscher (souvent entendu avec l’excellent trio de Michel Bisceglia) à la contrebasse.

Il y a pas mal de brouhaha dans le club et le public est un peu dissipé, mais cela n’empêche pas le groupe de commencer avec «Spleen», une douce ballade ensoleillée de Richard Galliano.

Mais le quartette montre vite sa puissance et se donne plus de libertés sur une composition de Dominique Vantomme. On remarque alors un jeu plus marqué et assez incisif de la part du pianiste, tandis que Laurent Maur s’envole dans des impros très maitrisées, limpides et virevoltantes. Le phrasé de ce dernier est précis et souple. Il mélange avec intelligence la caresse des mélodies et le mordant de certaines harmonies.

La musique est dense et Mimi Verderame, très à l’aise dans ce genre d’exercice, ne se contente pas de marquer le tempo. Il rajoute quelques couches et s’infiltre dans les espaces. Ses baguettes rebondissent avec élégance et fermeté, et son timing est décidément parfait. C’est l’archétype même DU batteur de jazz. On sent vite, dès lors, la connivence s’installer entre les musiciens. Et ça remue pas mal.

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Le quartette sait aussi se faire plus tendre, d'abord avec un thème assez intimiste, qui fait la part belle au piano, ensuite en invitant par deux fois une jeune chanteuse Vanessa Matthys. «She’s A Maniac» est doux et plutôt pop, la voix de la chanteuse est claire, posée et vraiment agréable.

Le quartette explore ensuite divers registres avec un bonheur égal, comme avec ce thème plutôt bop emprunté à Nicholas Payton (et dont le nom m’échappe).

Dominique Vantome passe allègrement du piano au piano électrique. Les couleurs changent mais le groove reste. Un blues d’Eddy Louis fait monter l’ambiance. Laurent Maur enchaîne les chorus avec un sacré aplomb. Il tourne autour du thème avec souplesse et vivacité. Non seulement son jeu est techniquement irréprochable, mais il donne de la matière et de la profondeur aux mélodies. Alors, ça s'enflamme et Mimi Verderame n'est pas le dernier à vouloir relancer.

Et puis, bien sûr, au pays de Toots, un harmoniciste ne peut que rendre hommage au maître. Alors, il nous offre un «Bluesette» joué avec beaucoup de délicatesse et de légèreté.

Voilà donc un musicien à découvrir (si ce n’est déjà fait) et à revoir avec plaisir.

 

 

A+

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